INTRODUCTION
Le titre de cette conférence exprime
bien les problèmes et le but que nous envisagerons : faire connaissance
avec l’univers de PSORINUM, c’est-à-dire l’environnement dans le temps
et dans l’espace de ce grand biothérapique.
Idée conceptuelle
La pathogénésie d’un remède est un
tout, ses signes essentiels sont incontournables, mais leur
distribution est fonction de facteurs dont les principaux
se réfèrent à la clinique et celle-ci est différente selon
les âges de la vie, liée à l’évolution de l’être humain depuis sa
naissance : la biologie de tout l’être se modifie selon l’âge,
tributaire du développement anatomique et physiologique des différents
tissus, des fonctions, des sécrétions hormonales, des organes, au cours
de la vie.
La matière médicale homéopathique
est une collection de signes : verticale dans
l’espace (de la tête aux pieds) - horizontale dans le
temps, mais limitée, ce qui exclut le plus souvent le devenir
des signes disons contemporains.
Or en face, en similitude,
il y a le malade avec ses signes en relief dans l’espace, mais
variables de siège dans le temps et non obligatoirement limité, avec
le plus souvent juxtaposition de signes contemporains et de
signes précédents et suivants.
C’est dire que si
théoriquement l’équation malade/remède semblable paraît
simple, elle est beaucoup plus complexe dans son application. Il faut en
conséquence faire un tri en fonction côté malade : de son
passé, de son présent et des prévisions d’avenir - côté remède :
il n’y a pas de passé, il y a un présent plus ou moins long et seulement
une prévision d’avenir. Mais de plus la clinique étant différente selon
les âges, un deuxième tri doit se faire quant aux signes qui y
correspondent.
La pathogénésie est une,
mais les signes doivent s’adapter à la clinique selon les âges,
avec cependant un tronc commun, représenté par les
grands signes caractéristiques, et dans l’ordre :
étiologiques, psychiques et généraux.
Mais
disons-le tout de suite, il existe dans notre approche deux
écueils à éviter :
1.
La distorsion du
remède, c’est-à-dire vouloir coûte que coûte qu’il soit le simillimum au
moyen d’une interprétation abusive de certains signes, et nous
n’évoquerons même pas ce que SCHMIDT, l’éminent homéopathe de Genève
appelait le « torpillage » de l’interrogatoire du malade, autrement dit
orienté dans le sens voulu par le praticien. Pour l’éviter, il faut
avoir constamment à l’esprit l’autonomie du remède.
2.
La prise en charge
exclusive de la clinique, dont les signes par rapport au
simillimum ne sont pas forcément pathogénétiques, mais
interprétatifs. Attention DANGER.
C’est en ayant en tête ces
deux menaces, en référence à une lecture linéaire de la
symptomatologie, qu’à l’ombre de notre expérience, nous avons repris
l’étude des grands remèdes de la Matière médicale dans son adaptation
aux divers âges de la vie. Nous en proposons la
démonstration avec PSORINUM.
PLAN
·
Etude des causalités
·
Rappel de l’action
générale
·
Synthèse = son univers
·
L’essentiel dans la
pratique
·
PSORINUM et les âges de
la vie :
*
Le nourrisson
*
L’enfant
*
L’adolescent(e)
*
L’adulte
*
Le sujet âgé.
oOo
Classiquement dernier
remède du mode réactionnel psorique, caractérisé
précisément par une défense organique tellement débordée qu’elle ne
répond plus à aucune agression exo et/ou endogène, d’ordre aigu,
subaigu ou chronique et c’est ce manque de réaction,
cette anergie qui le caractérise, l’individualise et le
« poursuit » tout au long de sa pathogénésie. De SULFUR chaud à PSORINUM
froid.
Mais son espace
dépasse le mode psorique, dans la mesure où l’anergie peut être
également l’aboutissant d’autres modes réactionnels « débordés », dont
surtout le mode tuberculinique, plus rarement le mode sycotique à sa
phase terminale scléreuse.
Suivons à présent le plan
ci-dessus.
RAPPEL DE L’ACTION GENERALE
Quatre chapitres :
A - Le BLOCAGE progressif ou
chronique des éliminations :
1/ A la PEAU :
atone, sèche, rugueuse, d’aspect sale, de mauvaise odeur, avec horreur
de l’eau froide (cf SULFUR).
Sur ce fond :
a)
Les sueurs : sur cette
peau sèche, les sueurs de la face et du front grasses, huileuses, au
plus petit exercice, ou après une maladie aiguë débilitante. Elles
soulagent momentanément.
b)
Les éruptions : elles
sortent mal, < en hiver, par le froid (PETROLEUM), disparaissent
l’été (contraire = GRAPHITES). Elles siègent n’importe où, mais surtout
rétro-auriculaires (GRAPHITES), aux plis articulaires (SEPIA), au cuir
chevelu (CALCAREA CARBONICA), interdigital (SELENIUM). Elles sont : ou
sèches et écailleuses (ARSENICUM ALBUM) ou pustuleuses ou vésiculeuses
(RHUS TOX.), ou croûteuses ou suintantes (GRAPHITES, MEZEREUM) avec un
écoulement aqueux, irritant, fétide. Le prurit est
important, pire à la chaleur du lit (SULFUR, GRAPHITES), pire par le
lavage (SULFUR), amélioré à l’air frais malgré la frilosité.
c)
Deux caractères
capitaux : la chronicité et les alternances : peau,
muqueuses, centres nerveux, c’est-à-dire organes de transmission et
d’élimination, sur fond d’asthénie (contraire = SULFUR).
2/ Au niveau des muqueuses :
quel que soit le siège = irritations catarrhales chroniques, difficiles
à extérioriser, éliminations fétides. Surtout :
a)
ORL, respiratoires :
·
Coryza chronique avec
perte de l’odorat, évoluant vers l’ozène (muqueuse en voie de
destruction) ?
KALI BICHROMICUM, NITRI ACID.
·
Amygdalite caséeuse
(KALI MURIATICUM, MAGNESIA CARBONICA).
·
Toux chronique hivernale
sèche ou avec expectoration difficile d’un mucus jaune verdâtre à goût
salé (SEPIA).
·
Asthme < l’hiver, >
couché à plat, bras écartés pour augmenter l’ampliation thoracique
(LAUROCERASUS : cardio-pulmonaire, les remèdes bien indiqués n’agissent
pas).
b)
Appareil oculaire :
blépharite, ophtalmie chronique avec photophobie (les MERCURIAUX - dans
un registre d’aggravation : MERCURIUS SOL.
?
MERCURIUS BIIODATUS à gauche, PROTOIODATUS à droite (MERCURIUS CORROSIVUS).
c)
Au niveau des oreilles :
otorrhée chronique avec pus ichoreux et fétide, interminable (SILICEA).
d)
Au niveau des muqueuses
digestives : sur constipation chronique de fond par inertie rectale : la
diarrhée intermittente, impérieuse, fétide, matinale : de 1h à 4h
(horaire avant SULFUR). Nombreux remèdes dont PODOPHYLLUM.
e)
Au niveau des muqueuses
uro-génitales : écoulement prostatique avant la miction - urétrite
chronique indolore - leucorrhée fétide avec douleurs sacrées (HYDRASTIS,
KREOSOTUM).
3/ Cinq caractères communs
de ces éliminations cutanées et
muqueuses : fétides, chroniques,
difficiles et aspect dense, alternantes (asthme et
eczéma - eczéma et diarrhée - diarrhée et manifestations articulaires,
etc...), de désespoir (synthèse).
B - L’ATTEINTE PROFONDE DU SYSTEME
NERVEUX : le MANQUE DE REACTION.
Tout le système nerveux est concerné :
1 - De la vie de relation avec
atteinte :
a)
Du psychisme = la
triade :
·
Tristesse profonde avec
désir de solitude et de rester couché (SEPIA).
·
Désespérance désabusée
et fatalisme.
·
Conséquence des deux :
complexe d’infériorité avec pessimisme ,
se sent incurable (ARSENICUM ALBUM).
b)
De la motricité :
faiblesse physique et musculaire fonctionnelle, > couché, > en mangeant
(se lève la nuit pour manger) = nombreux remèdes.
c)
De la sensibilité aux
impressions extérieures, aux changements atmosphériques, au froid
(avec phobie) = nombreux remèdes.
2 - Du système neuro-végétatif :
par son intermédiaire, tous les appareils sont atteints :
a)
Digestif : atonie de
haut en bas.
b)
Respiratoire : ne
respire mieux que couché.
c)
Urinaire : gêne
vésicale, miction lente avec efforts.
d)
Génital : frigidité,
impuissance, aversion pour le coït.
Par son intermédiaire, les sécrétions
glandulaires s’amenuisent, avec hypofonctionnement glandulaire, surtout
thyroïdien, expliquant la frilosité - surrénalisme justifiant
l’asthénie.
C - LES TROUBLES DE LA NUTRITION :
1)
Troubles de l’anabolisme
entraînant la déminéralisation avec amaigrissement (à comparer avec les
remèdes tuberculiniques).
2)
Troubles du catabolisme
expliquant les signes trophiques (ongles - dents - cheveux).
3)
Troubles de l’excrétion
cellulaire, aboutissant à la sclérose des organes nobles.
Deux conséquences : < par le froid - >
en mangeant, même la nuit, dans une suprême tentative de réactivation
des métabolismes.
D - LES ALTERNANCES ET LA
PERIODICITE :
Sous l’égide de deux
diathèses principales : le mode psorique dans le
« désespoir » réactionnel - le mode tuberculinique avec sa
note déminéralisante.
Les alternances
morbides sont :
1)
Multiples (migraines -
asthme - pollinose - diarrhée - éruptions - sueurs).
2)
Continuelles, car peu
efficaces et éphémères < par le froid, > en été sauf la pollinose.
La périodicité :
variable - rythmée par l’hiver sauf la pollinose annuelle - 8, 15, 21
jours (migraines) - à la pleine lune (incontinence d’urines, par parésie
vésicale) - sans périodicité nette pour la peau et les muqueuses.
SYNTHESE
PSORINUM est
soit un
AUTO-INTOXIQUE psorique chronique - soit un DEMINERALISE tuberculinique.
L’AUTO-INTOXIQUE est l’aboutissant de
la série inaugurée par SULFUR.
C’est le plus souvent un adulte
ou un sujet âgé, plus rarement un enfant (après
suppression d’une éruption et apparition d’un asthme), plus rarement
encore un nourrisson « scrofuleux » à lourde hérédité
polydiathésique.
LE DEMINERALISE est un tuberculinique
sur fond psorique, sous
l’effet de maladies anergisantes (NATRUM MURIATICUM
?
SILICEA ?
ARSENICUM ALBUM) ou après suppression éliminatoire ou pertes
liquidiennes. C’est le plus souvent un enfant ou un adolescent,
plus rarement un adulte ou un sujet âgé.
ETUDE DES CAUSES
A - ACQUISES :
Quatre essentielles :
1)
La suppression externe
des éliminations, spontanée ou provoquée (éruptions - écoulements
cutanés ou muqueux).
2)
Les pertes répétées ou
abondantes de liquides vitaux.
3)
Des maladies aiguës
graves à convalescence longue, traînante, débilitante, à rechutes.
4)
Une succession de longs
surmenages nerveux, chroniques.
B - HEREDITAIRES :
Surtout les modes psorique
ou tuberculinique à leur phase asthénique, accessoirement le mode
luétique.
SYNTHESE = SON
UNIVERS
Il est intéressant de
considérer la vie de PSORINUM à travers les remèdes gravitant
autour de lui et qu’on retrouve en clinique et ceci en considérant
successivement :
1 - SES ORIGINES :
SEPIA
* SULFUR
â
HEPAR SULFUR BARYTA CARBONICA
LYCOPODIUM
GRAPHITES
* CALCAREA
CARB. THUYA
â
CAUSTICUM
KALI CARB.
* CALCAREA
PHOSPHORICA â
NATRUM MUR. â
SILICEA
2 - SON DEVENIR :
* ARSENICUM ALBUM
â
CARBO VEGETABILIS
3 - SES SATELLITES :
* PETROLEUM
â
SILICEA â
NATRUM MUR.
a
TUBERUCLINUM
* BARYTA
CARBONICA
* SEPIA
â
SULFUR
* THUYA
(GRAPHITES) â
CAUSTICUM a
TUBERCULINUM RESIDUUM
4 - SES REMEDES PAROXYSTIQUES :
* Remèdes froids :
CAMPHORA - CISTUS CANADENSIS
KALI CARB. â
CARBO VEGETABILIS
* Remèdes cutanés :
PETROLEUM )
RHUS TOX. )
â
ARSENICUM ALBUM
HEPAR SULFUR )
SON PROFIL
HIERARCHISE
1/
Suites de
= maladie antérieure aiguë ou chronique mal résolue,
une
suppression externe d’éliminations,
pertes abondantes de liquides vitaux,
longs surmenages nerveux à répétition.
2/
L’ANERGIE
se manifeste par deux ordres de signes :
a)
Le malade ne réagit pas
aux remèdes homéopathiques même bien choisis ou à une tentative sur les
facteurs étiologiques.
b)
Les alternances morbides
sont moins marquées et s’espacent avec une périodicité allant jusqu’à
l’annuité.
3/ Il en résulte une
dépression profonde :
·
Sur le psychisme :
désespéré, se croit incurable, anxieux et peureux, manque total de
confiance en soi et aux autres, se replie sur lui-même.
·
Sur le physique :
avec la triade = frilosité extrême, se couvre beaucoup, <
par le froid, < l’hiver, < par les changements de temps, < par l’orage,
> par la chaleur, en été - amaigrissement progressif
malgré une faim anormale - le malade n’est bien que couché.
4/ Alternances morbides
de désespoir, à répétition, rebelles, mais : le patient se sent
anormalement bien avant le déclenchement d’un processus morbide ou
encore de son aggravation.
5/ Fétidité
du corps, des sécrétions et
excrétions.
6/
Prurit intolérable
à la chaleur du lit (malgré la frilosité), même sine materia et
fréquentes éruptions sur une peau malsaine.
L’ESSENTIEL DANS LA
PRATIQUE
1 - Remède pilier
en tant qu’aboutissant de processus pathologiques, en permettant
l’utilisation des dernières réserves bien que bloquées du potentiel
réactionnel de l’organisme en sollicitant les voies centrifuges et les
émonctoires. Donc remède de dernier recours, de possibilités
réactionnelles de « désespoir », la fin d’une lignée allant de SULFUR à
PSORINUM.
2 - Trois moments de sa
prescription à ne pas « rater » :
1)
Comme tout remède
suivant ses signes pathogénétiques : attention à l’aggravation éphémère
mais difficile à supporter chez un tel sujet, d’où l’intérêt des
satellites. En tout cas, dilutions croissantes espacées, de la 7 CH une
à deux fois par semaine à la 30 CH tous les 30 ou 40 jours.
2)
Pour lever un barrage
(le plus souvent psorique) : 3 doses en échelle à 24 heures d’intervalle
(9 CH - 15 CH - 30 CH dans cet ordre).
3)
Comme « antipsorique »
de fond, dans le cas de persistance de l’évolution diathésique (hautes
dilutions à alterner avec le remède de fond, tous les mois ou deux
mois).
TYPES SENSIBLES
ET CLINIQUES SELON LES AGES
Chez lui, le tableau se précise, il
est plus typé.. Enfant maigre, voire athrepsique, sans raison apparente,
sinon une carence alimentaire à toujours recherchée, à l’air maladif,
maussade, replié sur lui-même, d’aspect sale, enclin à la fringale, à
peau sèche, rugueuse, fissurée, avec fréquent prurit, souvent sine
materia. On retrouve l’insomnie avec le peu de sommeil agité, voire
accompagné de cris.
D’où vient cet enfant ?
1/ Le mode psorique s’est dégradé
d’une façon acquise soit en raison d’une suppression d’éruption, soit
d’une maladie débilitante, anergique, mal résolue, traînante (maladies
éruptives mal sorties par exemple, avec complications ou formes graves
d’emblée). La convalescence a été longue, l’enfant s’est mal remis.
2/ Le mode psorique est retrouvée dans
les antécédents maternel et/ou paternel, avec notamment une succession
de morbidités périodiques ou alternantes (peau et/ou muqueuses - organes
ou tissus internes).
L ‘enfant a présenté,
étant nourrisson, de l’eczéma, puis vers 3 ou 4 ans, soit concurremment
soit après disparition de l’eczéma, apparition d’un syndrome
asthmatiforme puis d’un asthme véritable, enfin une alternance
eczéma/asthme.
Les signes indicateurs du
remède, rappelons-les , sont : la frilosité, le manque de réaction et
les manifestations cutanées torpides.
3/ Un mode tuberculinique peut avoir
été amorcé à la suite de la suppression d’une éruption, ou de la perte
d’un liquide vital, ou d’une affection très débilitante, bloquant les
fonctions anaboliques et faisant « basculer » l’enfant vers les
propriétés caractéristiques de ce mode réactionnel. Dans cette
éventualité, PSORINUM serait l’aboutissant de NATRUM MURIATICUM ou de
SILICEA. Ne pas oublier ensuite TUBERCULINUM et le CALCAREA
constitutionnel cimentant la situation.
Indications cliniques chez cet enfant
PSORINUM :
1.
Les convalescences
traînantes des affections anergisantes.
2.
Les pathologies
chroniques des psoriques frileux ou des tuberculiniques déminéralisés
ayant besoin d’air malgré leur frilosité.
3.
Les alternances morbides
signant le mode réactionnel primitif ; eczéma rentré puis asthme ou
entéro-colite, le plus souvent.
·
Chez le garçon, rien de
particulier par rapport à l’enfant, sinon une sexualité déjà retardée et
mal établie (est-ce une fonction de luxe para rapport aux autres ?),
participant aux perturbations nutritionnelles, donc hormonales.
·
Chez la fille, la
puberté est difficile : règles irrégulières, peu abondantes, courtes,
pouvant ne durer que quelques heures, pâles - ou trop prolongées (NATRUM
MURIATICUM ou HEPAR SULFUR) - leucorrhée abondante, épaisse,
nauséabonde, avec douleurs vives dans le sacrum - acné menstruelle,
prurigineuse (SILICEA ou encore HEPAR SULFUR ou GRAPHITES , SABINA sur
THUYA).
L'ADULTE
Ce qui domine, c’est le manque de
réaction vitale et les mêmes causes héréditaires et acquises déjà vues
précédemment se renforcent, se multiplient.
Aux modes réactionnels
psorique et tuberculinique, s’ajoute le mode sycotique authentifié par
les infections subaigües et chroniques à dominante génito-urinaire
et :ou O.R.L. Chez ce sujet fragilisé par le mode psorique,
les autres modes réactionnels ont plus de prise.
PSORINUM complétera les
indications soit d’un SULFUR ancien, soit de NATRUM MURIATICUM, soit de
THUYA ou de CAUSTICUM plus récent, ces dernières indications
extériorisées par les « orages » génitaux ou sexuels.
Les pathologies, elles
aussi, se diversifient sous l’égide de l’anergie :
·
Les éruptions cutanées
interminables et périodiques, pires l’hiver.
·
Les éliminations
muqueuses, également chroniques, rebelles et torpides.
·
Les migraines alternant
avec d’autres pathologies et périodiques. A noter : l’amélioration
générale la veille de la migraine, qui s’accompagne de fringales.
·
Les alternances morbides
de toutes sortes avec asthénie et manque de réaction, l’état général
s’améliorant transitoirement lors des poussées éliminatoires.
·
Les syndromes psychiques
à type de psychasthénies, évoluant en fonction des manifestations
somatiques.
·
Les troubles de
déminéralisation et de sclérose, résultant de l’action à long terme des
modes réactionnels en cause.
PSORINUM fait partie des
remèdes froids, qui peuvent stimuler les dernières réactions vitales
d’un âge où domine la sclérose.
HUIT REMEDES gravitent autour
de lui et le précéderont dans sa prescription, avec pour chacun un
secteur et des signes qui les différencient et n’en font adopter le plus
souvent qu’un seul :
1.
BARYTA CARBONICA et sa
sclérose cardio-vasculaire.
2.
CARBO VEGETABILIS et son
asthénie circulatoire, surtout capillaire et veineuse.
3.
CAUSTICUM et ses
parésies, voire paralysies.
4.
KALI CARBONICUM et les
deux précédents indiqués dans les bronchites chroniques, voire
bronchoplégie.
5.
AMMONIUM CARBONICUM et
son action sur le métabolisme de l’urée.
6.
SILICEA dans son rôle de
remède de sclérose d’origine tissulaire conjonctive (cf PHOSPHORUS =
sclérose des organes nobles).
7.
PETROLEUM, voisin
d'AMMONIUM CARBONICUM pour les troubles du métabolisme protidique et ses
manifestations torpides et fissuraires cutanées.
8.
GELSEMIUM, proche de
CAUSTICUM, avec à la fois parésie du système nerveux central et
congestion vasculaire passive, soit cérébrale, soit cardio-vasculaire.
PSORINUM, parmi l’un des
ces 8 remèdes, peut soit mordancer leur action en apparence inefficace
malgré la similitude, soit compléter leur impact lorsque celui-ci est
éphémère. C’est en principe dans la réalité clinique le rôle et l’action
d’un biothérapique diathésique.
R. ZISSU