Introduction
Le mode
réactionnel tuberculinique a fait une entrée tardive dans la pensée
homéopathique, longtemps après la proposition de la conception des maladies
chroniques miasmatiques de HAHNEMANN et même longtemps après sa mort.
On peut s’étonner qu’HAHNEMANN n’ait pas parlé, du moins à notre
connaissance, de la tuberculose qui existait pourtant de son temps, Frédéric
CHOPIN et bien d’autres illustres personnages contemporains en ont été
atteints.
On sait que
HAHNEMANN définissait trois maladies chroniques = la psore, la plus
universelle, regroupait toutes les conséquences de la suppression d’une
éruption cutanée, considérée comme un exutoire, sa suppression « enfermant »
la maladie. A son époque, les maladies cutanées pruriantes étaient
considérées comme d’origine galeuse. Ce qui explique le nom de psore
(gale en grec). Mais HAHNEMANN distinguait la gale, maladie
sarcoptique, de la psore, conséquence de la suppression d’une
éruption cutanée. Dans son Traité des maladies chroniques paru
en 1828, il ne parle jamais du sarcopte que pourtant il connaissait. Les
deux autres maladies chroniques étaient pour HAHNEMANN = la syphilis
(ou luese venerea), maladie élargie aux conséquences de la
suppression du chancre et la sycose, maladie chronique la
moins importante, la moins grave dans ses suites, qui réunissait les
conséquences de la suppression d’un écoulement urétrale non syphilitique.
Après la
découverte des microbes et de leurs toxines, les « miasmes » de HAHNEMANN
étaient devenus obsolètes. Aussi était-il logique que quelqu’un tentât une
actualisation de ces conceptions, dont chacun reconnaissait la valeur
clinique, jamais contestée, même de nos jours. C’est Antoine NEBEL
(1870-1954) qui entreprit ce travail d’actualisation et qui décrivit le
premier une conception basée sur des « diathèses » à l’origine desquelles il
attribuait une intoxination microbienne, qui pouvait de plus influencer la
croissance par le biais de la thyroïde et du système endocrinien. C’est
encore NEBEL qui proposa le premier l’existence d’une diathèse
tuberculinique, qui dans son esprit remplaçait en fait la psore de
HAHNEMANN.
Aussitôt
connues les conceptions de NEBEL, les homéopathes se divisèrent une fois
encore. Certains acceptèrent ces nouvelles conceptions et l’identité de la
psore et du tuberculinisme. D’autres rejetèrent la diathèse
tuberculinique, considérée comme une hérésie, voire un apostat du fait
qu’HAHNEMANN n’en avait jamais parlé et que par conséquent elle ne pouvait
exister ! !
A la fin du
siècle dernier et au début de l’actuel, il y a avait une autre querelle qui
agitait le corps médical classique et homéopathique, celui de la
tuberculose. Certains défendaient la thèse d’une contagiosité directe
par transmission du bacille découvert en 1882 par Robert KOCH (né en 1843,
année de la mort de HAHNEMANN), d’autres affirmaient que l’organisme pouvait
être préalablement infesté par la toxine tuberculinique sans que le germe
lui-même n’intervienne. « La toxine précède le microbe », c’est-à-dire
prépare le « terrain ». Seuls les sujets dont la lignée familiale était
imprégnée de la toxine se montraient sensibles au bacille. La découverte de
formes cliniques atypiques de la tuberculose et celle d’ultra-virus
renforcèrent la conviction des homéopathes de l’existence d’une diathèse
tuberculinique = l’imprégnation de la lignée expliquait par la suite le
développement d’une constitution longiligne appelée « phosphorique » et d’un
ensemble de troubles aboutissant à la déminéralisation, au rachitisme et in
fine à la cachexie, troubles semblables à ceux de la tuberculose et dont le
traitement homéopathique comprenait, outre certains médicaments à base de
phosphore, des tuberculines en hautes dilutions. Les homéopathes ont su
éviter le piège des tuberculines utilisées à dose trop forte par les
officiels, avec des conséquences désastreuses. Rappelons en passant que
Bertrand de Névrezé (1877-1951), médecin stomatologiste et
orthodontiste, véritable pionnier de l’homéopathie bucco-dentaire,
a pu faire la triste expérience des tuberculines à dose trop forte chez l'un
de ses ami et patient et qu'il est devenu homéopathe après un traitement
personnel comprenant une tuberculine à dose infinitésimale, cette fois
instauré par le Dr Léon VANNIER (cela se passait juste avant la première
guerre mondiale).
A partir de ces
idées, NEBEL proposa une nouvelle conception des diathèses et surtout
développa une conception originale des constitutions humaines. Il décrivit
trois constitutions de base à partir des types sensibles de trois
médicaments impliqués dans l’ostéogenèse :
·
La constitution carbonique répond au
type sensible de CALCAREA CARBONICA, constitution qui est pour NEBEL celle
qui a le mieux réagi aux intoxinations syphilitiques et tuberculeuses au
prix d’un ralentissement métabolique.
·
La constitution phosphorique répond au
type sensible de CALCAREA PHOSPHORICA, constitution qui semble la plus
sensible à la toxine tuberculinique. L’atteinte hépatique engendrée par
cette toxine interdit l’élaboration d’une défense immunitaire spécifique et
suscite une réaction défensive par accélération du métabolisme aboutissant à
une croissance toute en longueur.
·
La constitution fluorique répond au
type sensible de CALCAREA FLUORICA et apparaît comme hérédo-syphilitique,
avec pour première conséquence une croissance défectueuse et des
dysminéralisations dento-maxillaires.
Il est facile
de voir les rapports entre la constitution carbonique et le mode sycotique,
entre la constitution fluorique et la luèse de HAHNEMANN ou le mode luétique
actuel. Par élimination sans doute, la constitution phosphorique ne pouvant
être que d'origine tuberculinique, NEBEL en conclut que psore et
tuberculinisme ne sont qu’une même diathèse à laquelle on peut laisser
le nom de psore : « Si le nom de psore ne méritait pas d’être maintenu pour
honorer la mémoire de HAHNEMANN, nous pourrions le remplacer par le mot
tuberculinisme ». C’est alors le départ d’une nouvelle querelle
conceptuelle.
Dans le courant
des années 1930, l’un des chefs de file de l’Ecole physio-pathologique en
homéopathie, Maurice FORTIER-BERNOVILLE (1896-1939) affirme : « En
réalité, le tuberculinisme chronique c’est la psore de HAHNEMANN et le champ
dévolu à la psore de HAHNEMANN, s’il comprend peut-être d’autres domaines,
paraît correspondre, dans la très grande majorité des cas, aux états
tuberculiniques ». Cependant, FORTIER-BERNOVILLE admet qu’il existe bien
d’autres domaines de la psore qui ne cadrent pas avec le tuberculinisme.
Un peu plus
tard, Henri BERNARD (1895-1980), qui est l’auteur d’un bouleversement
des conceptions homéopathiques sur la biotypologie, à partir de la
génétique, partage cet avis : « HAHNEMANN ne prononce pas le mot de
tuberculinisme, car on ne connaissait pas à son époque, les travaux de
LAENNEC, ni ceux de KOCH, mais somme toute, cette diathèse psorique qu’il
décrivait avec tant de précision n’est autre que le tuberculinisme ».
Bien
entendu, tous les auteurs ne sont pas d’accord. Léon VANNIER (1880-1963),
chantre et épigone de NEBEL, continue de distinguer psore et
tuberculinisme. Il a même conservé une diathèse cancérinique, idée
développée d’abord par NEBEL, puis abandonnée par la suite. Et enfin, D.
DEMARQUE (1915-1999) dans la première édition de son ouvrage
« L ‘Homéopathie, médecine de l’expérience » affirme que « tous les
tuberculiniques sont des psoriques, mais tous les psoriques ne sont pas
tuberculiniques ». Et plus récemment, en 1989, cet auteur réduit les
diathèses à deux : la psore qui comprend le tuberculinisme en un
sous-groupe et la sycose, il considère le luétisme comme une erreur
sémantique. Alors que son livre comprend près de 300 pages, DEMARQUE décrit
sa conception des deux modes réactionnels en 8 lignes ! Selon lui le mode
réactionnel I (psorique) comprend « un sous-groupe tuberculinique (qui)
semble acquis et correspondre à l’action thérapeutique des tuberculines ».
C’est un peu court à notre avis, car les tuberculines ne sont pas les seuls
médicaments du mode tuberculinique. Et s’il suffit qu’un médicament révèle
son efficacité, on pourrait décrire un mode réactionnel « belladonique » ou
« bryonique » car ces deux médicaments sont efficaces également, et on
pourrait ajouter ainsi plusieurs centaines d’autres modes réactionnels,
autant que de médicaments homéopathiques efficaces ! ! ! Et puisqu’HAHNEMANN
ne les a pas décrits, on les inclurait dans le mode psorique, en autant de
sous-groupes.
Aujourd’hui, la
tuberculose et la syphilis ont été acquittées de tous les griefs et procès
qui leur étaient faits depuis des décennies. Et puis surtout bien d’autres
causes ont été incriminées qui rendent mieux compte de la réalité clinique
des diathèses, devenues entre temps des « modalités réactionnelles ».
Si l’on veut
bien permettre à un dentiste de mettre son grain de sel dans ces querelles,
nous ferons remarquer que le mode psorique est un mode physiologique mis en
œuvre par n’importe quel organisme, ce qui explique son universalité,
remarquée par HAHNEMANN (mais qu’il expliquait par la contagiosité extrême
de la gale). Chaque organisme a des besoins énergétiques. S’il peut les
assumer en qualité et en quantité, il reste en équilibre de santé. S’il y a
insuffisance d’apport ou d’assimilation, compte tenu des besoins, il fait
des carences dont le mode tuberculinique peut rendre compte. S’il y a excès
d’apport, l’organise réagit en éliminant le surplus, c’est la phase
sthénique du mode psorique et lorsqu’il ne peut plus éliminer les excès par
insuffisance des émonctoires par exemple, il s’intoxique ou s’auto-intoxique,
c’est la phase asthénique du mode psorique, puis la mise en œuvre du mode
sycotique qui lui fait souvent suite, l’organisme stockant les déchets qu’il
n’élimine plus ou mal, en les retenant dans les espaces péri-cellulaires ou
dans des constructions cellulaires. Cependant, un psorique peut réagir
occasionnellement sur le mode tuberculinique, si certaines circonstances
sont réunies. Le tuberculinisme est déjà plus engagé dans la pathologie,
alors que le psorique ne l’est pas au début. Ainsi peut-on comprendre
l’affirmation de D. DEMARQUE = tous les tuberculiniques sont des psoriques,
tous les psoriques ne sont pas tuberculiniques.
Si l’on compare
la réaction de deux enfants à une maladie infectieuse, une rougeole par
exemple, on constate que : l’enfant psorique type SULFUR devient
brusquement malade, fait une poussée thermique violente, le lendemain
l’éruption apparaît et deux ou trois jours après, il retrouve une santé
éclatante. L’enfant tuberculinique type CALCAREA PHOSPHORICA ne se sent pas
bien pendant quelques jours, présente une température modérée, perd
l’appétit, devient pâle et fatigué. Quelques jours après, l’éruption
apparaît. Il lui faut 7 ou 8 jours pour la voir disparaître et une ou deux
semaines pour qu’il reprenne le dessus, pendant lesquelles il maigrit. Peu
de temps après il fait une poussée de croissance de un ou deux centimètres.
Même maladie infectieuse, mais deux réactions bien différentes. Peut-on en
conclure qu’il s’agit d’un même mode réactionnel ?
Aussi longtemps
que des arguments plus convaincants ne nous seront pas apportés, nous
resterons partisan de l’existence de 4 modes réactionnels généraux, dans le
sillage de R. ZISSU et de M. CONAN-MERIADEC, et de bien d’autres.
LE MODE TUBERCULINIQUE
En évitant les
hypothèses et en restant uniquement sur la clinique, on constate que
certains sujets réagissent d’une manière commune aux agressions microbiennes
d’abord par une déshydratation des muqueuses, puis par une extrême
variabilité des symptômes exprimant une congestion veineuse
périphérique, enfin par un amaigrissement accompagné d’asthénie et de
pâleur. On remarque également que les sujets qui réagissent de cette
manière ont en commun le plus fréquemment mais non exclusivement une
constitution longiligne. Là ce sont des faits cliniques incontestables et
d’ailleurs non contestés. Ensuite, on peut tenter d’expliquer.
La
déshydratation des muqueuses s’accompagne d’une fuite minérale
que l’on constate dans la polyurie avec urines chargées de phosphates de
NATRUM MURIATICUM. L’extrême variabilité des symptômes et la
congestion veineuse se retrouvent dans PULSATILLA. Il est logique de
penser que la déshydratation des cellules entraîne aussi et parfois leur
destruction du fait de la fuite de l’eau et des minéraux. Ces déchets
cellulaires peuvent encombrer la circulation de retour, ce qui explique la
congestion veineuse. Dans un deuxième temps, on constate une fixation des
troubles au niveau d’une muqueuse ou d’un appareil : muqueuses respiratoires
et appareil broncho-pulmonaire par exemple et avec une prédilection
certaine. Ou encore muqueuses digestives dont la muqueuse buccale et
l’appareil intestinal. Cela permet à Michel CONAN-MERIADEC (1921-2000)
de proposer la définition suivante :
« Le mode
réactionnel tuberculinique est une tendance générale à réagir aux facteurs
pathogènes par une destruction cellulaire avec hypersensibilité
réactionnelle, évoluant de l’instabilité à la fixation, de
la variabilité des symptômes à la destruction cellulaire. Le
mode tuberculinique procède d’abord par des réactions successives, labiles
et variées sur tel ou tel appareil, avant de se fixer sur l’un d’eux et d’y
développer sa réaction spécifique : une accélération du catabolisme,
entraînant une désassimilation, que les homéopathes qualifient
improprement de déminéralisation ».
Cette
définition présente, à notre avis, l’avantage d’expliquer en grande partie
la pathologie bucco-dentaire qui concerne donc directement le
chirurgien-dentiste, sans occulter d’autres aspects généraux.
En effet, le
tuberculinique a toujours des problèmes avec ses minéraux, qui sont, avec
l’oxygène, son principal « carburant ». Dès qu’il est agressé par un
microbe, il réagit par une poussée thermique = consommation d’oxygène et de
minéraux (Cl, Na, K, P, Ca, etc.. ). Puis il se déshydrate (ce que le
psorique ne fait pas d’ailleurs, autre différence importante entre ces deux
modes réactionnels) = perturbation des métabolismes du chlore, du sodium et
du potassium. Ensuite avec sa polyurie, il perd ses phosphates (on retrouve
cela dans NATRUM MURIATICUM). Enfin, pour reconstruire ses cellules
détruites, il a encore besoin de minéraux. On comprend ainsi que chez
l’enfant qui est en train de minéraliser ses dents, qui a donc besoin de
minéraux pour cette tâche, ces mêmes minéraux peuvent momentanément manquer
à leur niveau puisqu’ils sont utilisés ailleurs pour des réactions
défensives sans doute plus urgentes. Ce qui explique la tendance aux caries
dentaires qui se révèlent précocement, peu après l’éruption des dents, avant
même que les facteurs étiologiques comme la plaque dentaire ou les excès de
sucreries n’exercent leurs effets nocifs. La dent se carie rapidement
parce qu’elle est mal minéralisée. Ceci est une évidence clinique,
même s’il faut souligner et rappeler qu’il n’y a pas de fatalité.
Chez l’adulte,
l’organisme a également besoin de minéraux aussi bien pour assurer ses
métabolismes fondamentaux que pour réagir occasionnellement à telle ou telle
agression microbienne. S’il n’y a aucune carence d’apport ou d’assimilation,
il n’y a pas de conséquences. Mais dans le cas contraire, l’organisme puise
dans les réserves que constitue le tissu osseux, os alvéolaire compris.
Voilà ce qui peut expliquer des mobilités dentaires transitoires au cours de
maladies infectieuses et dans la période de leur convalescence. C’est ce que
l’on peut observer également au cours de certaines grossesses. Il n’est pas
impossible que ces mobilités dentaires favorisent des caries proximales par
inefficacité temporaire des points de contact des dents.
Ce très gros
besoin de minéraux explique d’autres faits. Par exemple, les sujets
réagissant sur le mode tuberculinique sont généralement affamés, ils ont
toujours faim, mangent souvent, généralement peu à la fois mais d'une
manière répétée. Et pourtant ils ne grossissent pas, restent maigres et même
maigrissent à la moindre occasion. Ensuite, leur très gros besoin d’oxygène
oblige l’appareil respiratoire à des efforts répétés. Or, ces sujets ont
habituellement une constitution longiligne caractérisée entre autres par une
cage thoracique étroite et aplatie. Ce qui peut expliquer la fréquence de la
pathologie respiratoire, broncho-pulmonaire notamment, qui peut rendre
compte de la fréquence de la tuberculose pulmonaire constatée chez des
populations défavorisées répondant à ce type morphologique longiligne. Ce
qui était fréquent au temps de NEBEL.
Dernier fait de
constatation courante: les sujets tuberculiniques se fatiguent très vite,
aussi bien physiquement qu’intellectuellement. Ils sont incapables de fournir
un effort physique et surtout mental prolongé. C’est sans doute parce qu’ils
consomment beaucoup de minéraux, notamment des phosphates. Or le métabolisme
des cellules cérébrales en exige beaucoup et rappelons que la dentine est
constituée à environ 85% de phosphate tri-calcique. Et c’est sans doute là
que l’on peut trouver une explication à la fréquence des troubles
tuberculiniques chez des sujets longilignes appelés « phosphoriques » par
NEBEL et d’autres auteurs.
On peut voir là
à travers l’appétit une autre différence entre le mode psorique et le mode
tuberculinique. Un psorique, surtout lorsqu’il est déjà engagé dans la
sédentarité, non seulement peut supporter une diète transitoire, mais il
s’en trouve bien mieux sur le plan général. Alors qu’un tuberculinique est
incapable de supporter une diète même très courte. Il se trouve vite « en
manque » et fait un malaise. Et curieusement, on retrouve une fois encore
NATRUM MURIATICUM, l’un des principaux remèdes de l’anorexie mentale de
l’enfant ou de l’adolescent, avec SEPIA ou même LYCOPODIUM.
Après ces
commentaires qui n’engagent que leur auteur, il convient d’étudier ce mode
réactionnel en détail.
LE SUJET TUBERCULINIQUE :
On peut
reconnaître un tuberculinique à son type sensible caractérisé par :
·
Une tendance à l’asthénie et à la
fatigabilité : incapable de fournir un effort prolongé, points de côté à la
course avec palpitations, sensation de vide cérébral après un travail
intellectuel avec céphalées, incapacité à soutenir une réflexion prolongée,
etc...
·
Une frilosité avec besoin d’air, aggravation à
la chaleur confinée.
·
Une instabilité thermique : poussées fébriles
inexpliquées (FERRUM PHOSPHORICUM), alternances de pâleur et de rougeur de la face
(FERRUM METALLICUM), congestion veineuse périphérique (PULSATILLA), épistaxis
(PHOSPHORUS), etc...
·
Ses modalités générales : aggravation au bord
de la mer (sans doute par des perturbations métaboliques du chlore, du
sodium ou de l’iode), amélioration à la montagne (peut-être parce l’air est
plus oxygéné), aggravation par une élimination (parce celle-ci exprime une
destruction cellulaire et un encombrement veineux). Cette dernière modalité
oppose les deux modes psorique et tuberculinique.
LES FACTEURS
ETIOLOGIQUES :
Rappelons que
chaque individu reçoit en « héritage » un ensemble de prédispositions que le
mode de vie et l’environnement vont révéler, exacerber ou inhiber. Ainsi
chez les sujets longilignes, mais non exclusivement, tout ce qui peut
accélérer les métabolismes, accroître la catabolisme cellulaire avec sa
consommation de minéraux, peut être considéré comme facteur étiologique du
mode tuberculinique. A savoir :
·
A l’évidence la tuberculose, aujourd’hui rare,
mais également la cuti-réaction, l’intradermo réaction à la tuberculine, et
surtout le B.C.G. rendu obligatoire en France et massivement injecté dès le
plus jeune âge, sans discernement.
Remarque : l’assimilation du tuberculinisme à la tuberculose latente
ou familiale reste ancrée dans l’esprit de nombreux auteurs, même
contemporains, qui n’ont pas compris que n’existait entre ces deux notions
qu’une similitude réactionnelle, sans information sur l’étiologie, ni
relation de cause à effet. Ainsi, le Dr P. BAQUES
a tenté de mesurer les anticorps antituberculines chez des sujets
manifestement tuberculiniques sur le plan clinique. Et il a été étonné de ne
pas en trouver d’une manière significative chez tous ces sujets, même si son
étude le conduit à penser qu’il y a tout de même une certaine imprégnation
familiale.
·
Les maladies anergisantes comme la rougeole,
la coqueluche, l’hépatite virale, la mononucléose infectieuse. Chez ces
sujets réagissant mal aux agressions microbiennes, ce qui traduit une
mauvaise réponse immunitaire, les agressions de ce système n’arrangent
rien : vaccinations, antibiothérapie itérative, etc... Certains s’étonneront
sans doute de voir cités là des facteurs habituellement reconnus pour le
mode sycotique. En fait tous les sujets, quelles que soient leurs
prédispositions, subissent les mêmes agressions. Mais la dominante
diathésique individuelle s’exprime dans les réactions : un sycotique réagit
aux vaccinations multiples par exemple par des verrues, ou une
sensibilisation à l’humidité, latente jusque-là et qu’il n’avait pas encore
exprimée. Un tuberculinique réagit aux mêmes agressions par un
amaigrissement, une asthénie, une frilosité exacerbée, ou par une anorexie.
·
Les erreurs hygiéno-diététiques = régimes de
carence volontaires (pour garder la ligne ! !) ou involontaires (famines,
régimes mal équilibrés végétariens ou végétaliens), excès d’aliments acides
(jus de fruits surtout industriels, fruits acides, yaourts, ...), excès de
pain au son qui absorbe le calcium présent dans l'intestin... Tous ces
facteurs favorisent une acidité du tube digestif, non propice à l’absorption
des minéraux. Autre facteur incriminé : le chauffage par le sol qui favorise
la congestion veineuse des membres inférieurs chez certains sujets.
·
Les agressions du système nerveux : aussi bien
les stress, les chocs affectifs, les chagrins que le surmenage intellectuel
qui épuisent certains sujets, comme par hasard et volontiers les
tuberculiniques qui sont toujours en équilibre instable vis-à-vis de leurs
minéraux. Il est de constatation courante de voir les enfants
tuberculiniques maigrir, pâlir, devenir plus frileux, etc.. lors du
troisième mois du trimestre scolaire.
CLINIQUE DU MODE TUBERCULINIQUE
Lors d’une
agression, le mode tuberculinique est mis en œuvre en deux temps = une
première phase de réaction encore sthénique, puis une seconde phase de
dépression. Au cours de la première on trouve un ensemble de symptômes
variables, puis la fixation sur un appareil ou une muqueuse se précise.
Lors de la première phase :
C’est la phase
dite « oxygénoïde » caractérisée par une augmentation rapide des
oxydations et consommation accrue d'oxygène.
Alors que chez
un psorique sthénique type SULFUR les prodromes d’une manifestation
pathologique aiguë sont quasi inexistants (vite atteint, vite rétabli =
ACONIT), un sujet tuberculinique met plusieurs jours à exprimer sa maladie.
Durant ces quelques jours, il se sent fatigué, il a de la température (mais
peu élevée), il devient pâle, parfois anorexique, il craint la chaleur
confinée, a besoin d’air. Bref, « il se passe quelque chose ».
Pendant cette
phase la variabilité des symptômes laisse perplexe. On la retrouve
dans PULSATILLA, ainsi que la congestion veineuse périphérique, qui
l’explique.
Puis, une
affection s’exprime enfin, le plus souvent au niveau d’une muqueuse, parfois
au niveau d’une séreuse, ou encore au niveau de la peau. C’est alors une
inflammation aiguë, ou sub-aiguë, avec sécheresse des muqueuses et les
signes généraux qui se précisent ou s’aggravent : asthénie (par
hypo-surrénalisme), manifestations hypersympathicotoniques (éréthisme
cardio-vasculaire = palpitations, polypnée, hypersensibilité à la douleur,
etc...). On reconnaît ici l’indication de BRYONIA. La congestion veineuse
périphérique s’accentue avec intolérance à la chaleur confinée et besoin
d’air, alors que ces sujets sont généralement très frileux et s’enrhument
facilement par temps froid.
Ces
inflammations sont interprétées comme des éliminations, mais elles se
distinguent nettement de celles du psorique, ce qui constitue un argument
supplémentaire en faveur de la distinction de ces deux modes réactionnels.
Contrairement à ce qui se passe chez un psorique qui voit son état général
nettement amélioré par une élimination, une inflammation chez un
tuberculinique ne lui apporte aucune amélioration, au contraire, elle est le
plus souvent suivie d'une convalescence plus ou moins difficile.
Aussi, ces
éliminations sont-elles interprétées comme la conséquence de l’encombrement
de la circulation veineuse par des déchets provenant de la destruction
cellulaire du fait de l’accélération du métabolisme avec utilisation des
minéraux des cellules. Comme elles n’apportent aucun soulagement, qu’elles
ne sont que la conséquence d’un processus métabolique avec destruction
cellulaire, ces éliminations ne sont pas à respecter comme celles du
psorique. Il n’y a pas risque de métastase sur un autre appareil,
comme c’est le cas chez un psorique. Encore une différence
appréciable entre ces deux modes réactionnels.
Enfin, ces
éliminations n’ont aucun caractère d’alternance, comme c’est le cas chez le
psorique. Elles sont très variables dans leurs manifestations, mais ces
variations concernent la même muqueuse ou le même appareil = rhinite avec
écoulement abondant ou sécheresse du nez - diarrhée sur constipation de fond
- bronchite avec expectoration abondante ou toux sèche.
M.
CONAN-MERIADEC
souligne «qu’aux atteintes digestives et pituitaires du nourrisson et du
petit enfant vont succéder les atteintes respiratoires de l’enfant, puis les
manifestations génitales de la puberté, avec leur coloration affective et
psychique particulière, pour prendre ensuite une orientation élective à long
terme : digestive, respiratoire, génitale ou psychique. Les premières
risquent d’évoluer vers l’ulcération et la nécrose par désassimilation, la
dernière vers des états proches de la cyclothymie, de la dépression ou de la
schizophrénie ».
Pendant la seconde phase :
Ses troubles
sont déjà amorcés lors de la première phase, mais il y a une aggravation
progressive car l’augmentation des oxydations est contrariée par la
déshydratation qui empêche la circulation des éléments nutritifs, qui
accentue également l’accumulation des déchets qui ne peuvent être éliminés.
Ainsi peut-on expliquer la fixation des troubles sur la muqueuse ou
l’appareil atteints.
Ainsi des
troubles transitoires que l’on constate lors de la première phase comme
l’amaigrissement passager, l’asthénie, la dépression vont-ils devenir plus
durables et plus profonds, parfois avec une allure insidieuse mais toujours
progressive. C’est ce que les homéopathes appellent la déminéralisation,
en lui donnant un sens différent de celui de la médecin classique.
Ces deux phases
se succèdent lors d’une inflammation. Mais progressivement chez l’enfant
débilité ou chez l’adulte décompensé, la deuxième phase va dominer
progressivement, aboutissant à des états de dénutrition plus ou moins graves
avec une répercussion psychique vers la dépression et même parfois vers une
pathologie franchement psychiatrique.
Les conséquences bucco-dentaires
du mode tuberculinique
Il est évident
que l’appareil bucco-dentaire ne peut rester indifférent aux troubles du
mode tuberculinique. Et même comme la bouche se trouve au carrefour de
l’appareil digestif et de l’appareil respiratoire, deux appareils très
souvent atteints chez les tuberculiniques, elle se trouve pourrait-on dire
deux fois menacée ou concernée.
Chez l’enfant =
le premier risque est celui d’une minéralisation défectueuse des dents
au cours de l’enfance. L’enfant tuberculinique, lorsqu’il est décompensé, a
une croissance irrégulière, il grandit vite avec des poussées de croissance
à la suite d’épisodes fébriles. Il est souvent pâle par anémie. Il est
fatigable, frileux, constipé. Lorsqu’il ne supporte plus l’air confiné, la
chaleur confinée, il faut se méfier, c’est une sonnette d’alarme car il a
besoin d’oxygène et il en manque dans ces circonstances, plus qu’un autre.
Il maigrit facilement malgré un appétit souvent au dessus de la moyenne.
Lorsqu’il perd son appétit, c’est encore une sonnette d’alarme parce qu’il a
besoin de minéraux et que l’anorexie le prive de la seule source d’apport.
Enfin, il est vite fatigué et notamment le travail scolaire l’épuise et
provoque parfois des céphalées. C’est encore une sonnette d’alarme. Pendant
ces périodes, il y a conflit avec les minéraux. Il faut aussi se méfier
particulièrement des troubles digestifs, surtout intestinaux. Car il y a un
risque très important de malabsorption alors que l’apport peut être
suffisant. Les troubles de la minéralisation des dents sont irréversibles,
alors que le rachitisme a moins de conséquence sur le squelette.
Alors que peut
faire le chirurgien-dentiste ? Normalement, il ne lui appartient pas de
prendre en charge le traitement de fond car les problèmes dentaires ne sont
là qu’un épiphénomène. Il peut demander la collaboration du médecin
homéopathe, mais il a aussi le devoir de prescrire le médicament de fond
correspondant pour amorcer le traitement, surtout si les parents ne
souhaitent pas consulter un médecin homéopathe. Heureusement, les parents
sont généralement très réceptifs aux conseils concernant leurs enfants et
l’homéopathie est de mieux en mieux acceptée.
Chez l’adulte =
le risque majeur est celui de l’alvéolyse puis de la maladie parodontale
par déminéralisation de l’os alvéolaire. On sait que la congestion veineuse
favorise une déminéralisation osseuse. Par conséquent, la gingivite doit
être combattue dès que possible. Il est capital de ne pas laisser perdurer
un état inflammatoire de la muqueuse buccale et surtout de la gencive. On
sait que l’inflammation est elle-même iatrogène par dépassement de la
réponse immunitaire. Par conséquent, il faut commencer par supprimer
toutes les causes d’irritation locale. Ensuite, il faut donner le traitement
symptomatique ou de fond surtout dès lors que la gingivite tend à la
chronicité. Tous les autres troubles comme la gingivorragie, les herpès, les
aphtes, la sécheresse buccale, les névralgies sont et doivent être compris comme des
sonnettes d’alarme.
Suite = problèmes
bucco-dentaires des tuberculiniques