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ETUDE DE 4 MEDICAMENTS
DE FOND DU MODE SYCOTIQUE
A L'INTENTION DU CHIRURGIEN-DENTISTE
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NATRUM SULFURICUM: le sulfate
de sodium
La
"sensibilité à l'humidité sous toutes ses formes et au froid humide
constitue un trait dominant, mais il est commun aux médicaments cités
ici. La "rétention d'eau" dans tout l'organisme constitue également une
caractéristique essentielle.
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Photo J. Jouanny |
Il est possible de formuler une règle dégagée de la pratique :
chaque fois que des troubles, quels qu'ils soient, sont influencés
par l’humidité, il faut rechercher les signes de NATRUM SULFURICUM,
qui peut être indiqué soit comme remède de l'épisode aigu, soit
comme remède de fond. . Certes, au tout début de la mise en oeuvre
du mode sycotique, ceux-ci sont forcément discrets. En bout
d’évolution, le type sensible de ce remède apparaît dans toute sa
splendeur. L’image ci-contre en donne un aperçu : sujet souvent de
morphologie bréviligne, devenu corpulent par adiposité et rétention
d’eau, infiltré notamment au niveau de l’abdomen et des cuisses, au
comportement habituellement lent, apathique, indolent, facilement
déprimé, de mauvaise humeur (le matin au réveil). |
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NATRUM SULFURICUM est le principal remède de fond de la
phase hydrogénoïde du mode sycotique. Il est donc logique de
retrouver parmi ses circonstances étiologiques celles de ce mode
réactionnel : d’abord les facteurs de perturbation du métabolisme de
l’eau dont l’humidité (chaude ou froide), le froid humide provenant
aussi bien du climat que de l’habitat. Il ne faut pas oublier les
traumatismes crâniens dont ce médicament est le principal remède.
Ensuite, les facteurs de dérèglement du système immunitaire :
vaccinations, antibiotiques, diurétiques, quinine, etc..., ainsi que
les infections répétées et récidivantes qui entraînent à leur tour
une pollution médicamenteuse.
Il n’est pas
question ici de développer toute la Matière médicale de ce
médicament, que l’on peut synthétiser ainsi.
Au départ, le
sujet n’a pas encore sa silhouette enveloppée. Mais il est
déjà très sensible à l’humidité et peut venir consulter pour des
douleurs dentaires. Il peut venir
aussi consulter pour des sensations de brûlure de la bouche ou de
la langue (langue en carte de géographie possible), pour des aphtes
et même pour une gingivite érythémateuse banale = la gencive est en
feu comme par du poivre. Ces signes buccaux peu significatifs en
eux-mêmes s’inscrivent souvent dans un contexte digestif : blocage
de l’émonctoire intestinal exprimée par une constipation avec selles
dures, noueuses, grosses, alternant avec une diarrhée jaillissante,
aqueuse, avec beaucoup de gaz. On peut retrouver déjà quelques
signes d’imbibition hydrique = signe de la bague que le sujet peut
retirer facilement le soir mais pas le matin au réveil, diarrhée
matinale peut après le petit déjeuner. Ces deux signes peuvent
s’expliquer ainsi : pendant le sommeil, l’eau stagne, notamment dans
les régions déclives. Les doigts sont ainsi imbibés le matin. L’eau
apportée par le petit déjeuner relance la cinétique de l’eau qui est
alors chassée par la diarrhée.
Un peu plus
tard, ce sujet se décompensant un peu plus, son foie se
congestionne, apparaît une certaine flatulence ou des troubles
biliaires. Parallèlement, la gencive reflète l’état digestif :
gingivite ulcéreuse, poches et alvéolyse, avec mauvaise haleine,
brûlure, aphtes, etc... Dans le même temps, le sujet devient de plus
en plus sensible à l’humidité ce qui explique les douleurs
articulaires avec enraidissement, le tout amélioré par le mouvement
lent (Rhus toxicodendron). Il s’enrhume au moindre froid humide,
avec un écoulement épais, une toux grasse, parfois un asthme.
Progressivement la silhouette se précise, l’obésité se développe.
La peau s’infiltre et en même temps présente certains troubles :
prurit pire au déshabillage, verrues (cuir chevelu, face, paupières,
parties génitales, anus...), condylomes, mycoses (dont la mycose
buccale).
Comme toujours,
le comportement se trouve modifié dans le sens de la dépression avec
mélancolie et tristesse, humeur chagrine avec irritabilité,
impressionnabilité (la musique le fait pleurer). Sur le plan
bucco-dentaire, la gingivite ulcéreuse évolue vers une maladie
parodontale de plus en plus grave qui impose souvent des extractions
multiples. Et ce d’autant plus que NATRUM SULF. est un remède
éventuel d’insuffisance thyroïdienne du fait du ralentissement
métabolique général.
En résumé :
Ce médicament
joue un rôle capital dans la mise en œuvre du mode sycotique dans sa
phase hydrogénoïde. R. ZISSU recommande de ne pas l’oublier chez
l’enfant, mais celui-ci n’a pas de problèmes bucco-dentaires
particuliers. Le traumatisme crânien d’origine obstétricale en
fait un remède de prescription fréquente chez le nourrisson.
Ce qui dit
LATHOUD au chapitre "Bouche et dents":
·
La bouche est pleine d'un mucus épais,
tenace, visqueux, en même temps qu'elle peut avoir un goût amer.
·
Sécheresse brûlante de la bouche,
comme par du poivre.
·
Les gencives brûlent comme du feu;
elles sont rouges et ulcérées.
·
Odontalgie lancinante aggravées par
les boissons chaudes et soulagées par les boissons froides et par
l'air frais.
·
Les dents deviennent branlantes et
tombent facilement.
·
Langue recouverte d'un enduit gris
vert brun, surtout marqué à la racine, ou langue "en carte de
géographie" (Arsenicum album, Kali bichromicum, Natrum
muriaticum, Phytolacca, Taraxacum).
·
Vésicules aphteuses au palais qui est
sensible au toucher.
Le chirurgien-dentiste peut voir ces patients pour
l'une des causes décrites ci-dessus, et tous ces patients ne
présentant pas forcément la silhouette représentée plus haut.
Imaginons un patient venant consulter pour "une gingivite ulcéreuse
avec des douleurs brûlantes". Le premier geste consiste à supprimer
toutes les causes locales, en commençant le plus souvent par un
détartrage, puis la prescription d'un bain de bouche. Le patient
s'en trouve rapidement amélioré. C'est le cas le plus fréquent. Mais
il y a parfois récidive, parfois plusieurs fois en quelques
semaines. Dans ce cas-là, il est logique de s'interroger sur la
présence d'une cause extra-buccale et un homéopathe pense aussitôt
au "terrain". C'est alors que l'on pose au patient des questions qui
peuvent lui paraître sans rapport avec sa gingivite. Il faut lui en
expliquer la raison.
Si l'on peut mettre en évidence l'état hydrogénoïde, on perçoit sans
difficulté l'action préventive possible car "les dents deviennent
branlantes et tombent facilement", comme disent les matières
médicales dans le langage du XIX° siècle.
Imaginons maintenant qu'un patient vienne consulter pour des
douleurs dentaires. Le premier geste consiste à recherche une cause
dentaire qui les expliquerait. On en trouve souvent et on les
supprime par le traitement ad hoc. Mais si le patient revient
quelques temps plus tard, il est logique de se poser la question
d'une cause encore inconnue, dentaire ou autre. Le dentiste
homéopathe pense alors aux causes climatiques à condition que l'on
retrouve la même à chaque épisode douloureux. Ce peut être
l'humidité froide. Et le mécanisme intellectuel s'enclenche.
Nous avons rapporté plusieurs fois le cas d'une aphtose buccale
récidivante depuis plus de 18 mois et qu'aucun traitement ne
parvenait à guérir. Un interrogatoire méticuleux finit par révéler
un traumatisme crânien quelques jours avant l'apparition de la
première poussée d'aphtes. Natrum sulfuricum s'est montré
très efficace.
THUYA OCCIDENTALIS:
Ce
médicament est considéré comme le remède central du mode sycotique
parce qu’il se trouve indiqué dans les deux phases, même si les
troubles de la phase hydrogénoïde sont plus nombreux. Toute la
physiopathologie du mode sycotique se retrouve dans la matière
médicale de THUYA, en commençant par toutes les circonstances
étiologiques : atteintes du système immunitaires (vaccinations,
sérothérapies, pollutions chimiques et médicamenteuses dont les
antibiotiques, la cortisone, la pilule contraceptive..., les
infections itératives et tenaces avec leurs traitements chimiques,
les stress répétés. THUYA est également sensible au froid humide qui
perturbe le comportement, produit des douleurs variées (notamment au
niveau de l'ovaire gauche et à la face). Le type sensible est
façonné par le mode sycotique : silhouette infiltrée (surtout tronc,
hanches, cuisses mais pas les membres qui restent maigres), peau
grasse, huileuse par endroits comme le visage et les ailes du nez,
sèche par ailleurs. La peau offre diverses productions cellulaires =
éruptions papulo-vésiculeuses ou pustuleuses, et surtout des
verrues. |
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Photos J. Jouanny |
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Deux signes objectifs de THUYA = face à la peau
huileuse, surtout au niveau des ailes du nez: sillon naso-labial marqué –
ongles striés longitudinalement.
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Le comportement est bien connu : il s’agit le plus souvent d’une
tendance à la dépression consécutive à la chronicité et à la ténacité
des troubles qui finissent par engendrer une cancérophobie. A l’image de
l’eau qui stagne, les idées et pensées stagnent également = remède
central des idées fixes. Les éliminations de type sycotique
(persistantes, rebelles aux traitements, récidivantes, tenaces) se
manifestent un peu partout mais plus particulièrement au niveau
génito-urinaire et rhino-pharyngé, avec des sécrétions et excrétions
épaisses et verdâtres.
Voici donc le contexte général dans lequel vont apparaître les troubles
bucco-dentaires. Comme pour tous les médicaments du mode sycotique, tous
les troubles, quelle que soit leur localisation, sont progressifs dans
leur évolution vers l’aggravation. Aussi, comme par exemple pour
GRAPHITES ou pour NATRUM SULFURICUM, les troubles bucco-dentaires de
THUYA débutent par des lésions réversibles : irritation de la muqueuse
buccale, aphtes, douleurs dentaires par le froid humide, brûlure dans la
bouche et notamment à la pointe de la langue. C’est un remède très
fréquent de glossodynies et stomatodynies.
La
carie dentaire présente plusieurs aspects très intéressants :
·
Chez l’enfant =Les dents
commencent à se carier à la base dès qu’elles poussent : il
s’agit alors le plus souvent d’un enfant bréviligne du type CALCAREA
CARBONICA qui a subi la série de vaccinations réglementaires dès sa
naissance puis dans sa petite enfance, qui a ensuite présenté des
rhino-pharyngites à répétition du fait de sa sensibilité au froid humide
et de sa tendance aux engorgements lympho-ganglionnaires, traitées par
antibiothérapie itérative. Dès leur éruption, les dents permanentes
voient des caries à leur collet, symptôme que l’on retrouve aussi bien
dans CALCAREA CARBONICA que dans THUYA. La prévention homéopathique
prend ici tout son sens car la connaissance des modes réactionnels
permet de deviner les risques potentiels qui menacent la dent, entre
autres organes ou appareils. Les dentistes qui ignore cette conception
constatent que leurs obturations ne suffisent pas à éviter la récidive
de ces caries du collet, ils incriminent alors les mauvaises habitudes
alimentaires comme le syndrome du biberon et les excès de sucreries, qui
ne sont ici qu’un épiphénomène.
·
Chez l’adulte : on retrouve deux
autres types de caries.
1.
Les dents se déchaussent et sont très sensibles,
la racine des dents se carie, leur couronne reste intacte. On
trouve ce même symptôme dans MEZEREUM. Cela signifie à l’évidence qu’il
existe une maladie parodontale. Cette dernière peut se développer
progressivement à la suite d’une gingivite qui est devenue ulcéreuse. Ou
encore on peut constater une alvéolyse précoce sans signe inflammatoire,
c’est une manifestation du vieillissement prématuré qui caractérise
entre autres le mode sycotique.
2.
Les dents se carient au niveau des faces distales,
sous le collet, en commençant par les molaires les plus postérieures et
en évoluant progressivement vers l’avant. Ce type de carie a été décrit
par Roger SCHMITT. |
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·
Chez l’enfant et plus rarement chez
l’adulte : les dents se carient sur le bord tranchant,
s’émiettent et deviennent jaunes, symptôme partagé par STAPHYSAGRIA. Nous
n’avons pas d’explication rationnelle. Il faut simplement rappeler que
STAPHYSAGRIA chez l’enfant est un remède de troubles polydiathésiques,
surtout de rachitisme, à comparer à SILICEA.
La
gingivite de THUYA = elle est certes présente, mentionnée d’ailleurs
plus dans le Répertoire de KENT que dans les ouvrages de Matière médicale.
C’est que THUYA n’est qu’exceptionnellement indiqué dans une forme aiguë.
C’est essentiellement un remède de gingivite chronique et son choix repose
davantage sur les signes psychiques et généraux.
THUYA est également un
remède possible de petites tumeurs buccales, dont l’épulis, la
grenouillette. On l’a cité dans le traitement de fond des granulomes
apicaux, on a même dit qu’il avait une action préventive. Personnellement,
nous pensons que le seul traitement de ces lésions apicales relève de
l’endodontie. Les varices sub-linguales sont citées dans tous les ouvrages.
Enfin, il faut rappeler l’indication de THUYA comme remède de fond des
mycoses, en général, buccales en particulier, à condition de retrouver
quelques signes psychiques et généraux et surtout de le prescrire longtemps.
La mycose est bien une affection à l'image des troubles sycotiques, tenace,
récidivante, rebelle aux traitements.
On retrouve
chez ces sujets des douleurs dentaires par temps froid humide. Il y a un
autre signe curieux = douleurs dentaires pires en buvant du thé ou chez les
buveurs de thé. C'est un signe curieux mais pas si rare que cela. Nous en
avons vu plusieurs cas et ces douleurs concernent surtout les molaires
inférieures du côté gauche.
Encore une fois,
lorsque le type sensible de ce médicament se trouve renforcé par quelques
signes (étiologiques, psychiques, généraux ou locaux), le diagnostic est
facile. Tout le problème se complique lors que ces signes sont très discrets
ou lorsque le type sensible n'est pas (encore) évident.
Bien d'autres
médicaments mériteraient un développement dans ce chapitre, notamment ceux
que l'on appelle les "remèdes carrefours" comme GRAPHITES, KALI CARBONICUM,
MERCURIUS, etc....., qui se trouvent impliqués dans différents troubles de
la phase intermédiaire entre le mode psorique et le mode sycotique.
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CAUSTICUM :
C’est un
médicament de composition complexe, originale, mise au point par HAHNEMANN.
Comme remède de fond, il correspond à la phase sclérogène du mode sycotique
= à ce titre, il peut débloquer une situation paraissant désespérée parce
qu’il parvient à débloquer les émonctoires devenus insuffisants (peau,
muqueuses avec reprise des sécrétions). Mais cela impose une prescription en
temps utile, c’est-à-dire avant que les processus de sclérose soient
confirmés (R. ZISSU). Ceux-ci s’expriment le plus souvent au niveau de la
peau (prurit sénile, verrues sous-unguéales ou au visage dont les lèvres
et le bout du nez, eczéma suintant, éruptions pustuleuses, mauvais effet de
la suppression d’éruption qui rappellent le mode psorique longtemps mis en
œuvre) - au niveau de l’appareil ostéo-articulaire (tendinite avec
sensation de tendons trop courts, raideur et rétraction, crampes (des
écrivains, faiblesse musculaire). Le système nerveux est concerné à tous les
niveaux = psychique (dépression, anxiété, sensiblerie excessive aux malheurs
d’autrui), motricité avec des parésies et surtout des paralysies a frigore,
des spasmes et des convulsions, ou des crampes.
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Les verrues sous-unguéales de CAUSTICUM
(photo J. Jouanny) |
Chronologiquement, sa première indication concerne le nourrisson ou l’enfant
à la suite de traumatismes obstétricaux ou même durant la grossesse, même
les stress de la mère. C’est aussi un gros remède de troubles psychogènes :
peur, choc, peur de l’abandon, carence affective, chagrin, déception,
etc..., le tout aboutissant à des troubles psychiques ou physiques (énurésie
ou encoprésie par paralysie, blocage de type psychotique. Tout cela aboutit
à un retard d’évolution avec une dentition difficile. Mais le dentiste est
rarement consulté à ce propos. Il peut être un remède utile dans la
prévention de certains troubles orthodontiques.
Le plus
souvent, le chirurgien-dentiste voit un sujet CAUSTICUM dans l’une des
circonstances suivantes :
·
Névralgie ou paralysie faciale a frigore par
suite de froid sec = douleurs déchirantes, brûlantes,
sensation de plaie à vif (soude caustique), le tout souvent associé à une
sensation de raideur articulaire avec des craquements dans les A.T.M. -
Paralysie unilatérale des muscles de la langue avec tendance aux morsures de
celle-ci ou de la face interne de la joue ou encore aux dysphagies avec
risque de fausse route du bol alimentaire, surtout chez le vieillard.
·
Gingivite d’aspect scorbutique avec des
gingivorragies abondantes, douleurs de plaie, brûlures, Cette gingivite
évolue vers une véritable maladie parodontale avec des poches suppurant
beaucoup, souvent, récidivant, fistules.
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Nous répétons
une fois encore que la mise en évidence de ce médicament au stade des
névralgies dentaires, avant la maladie parodontale, doit inciter à la
prévention de cette dernière. L’indication de CAUSTICUM signifie le plus
souvent la mise en œuvre du mode sycotique dans sa phase sclérogène. C’est
alors qu’apparaît une modalité importante qui est tout le contraire de celle
de la phase hydrogénoïde = l’amélioration par l’humidité.
MEDORRHINUM :
C’est le
biothérapique du mode sycotique, préparé à partir de sécrétions
gonococciques prélevées chez plusieurs malades. La pathogénésie a été
réalisée par SWANN (année ?).
Il est normal
de retrouver dans sa pathogénésie tout ce qui concerne à la fois la
gonococcie ou la blennorragie et le mode sycotique. Comme tous les
biothérapiques diathésiques, on peut le prescrire soit à partir de la
similitude des symptômes comme les autres médicaments, soit pour parfaire un
traitement de fond, le compléter après la prescription d‘autres médicaments
comme THUYA, NATRUM SULFURICUM ou CAUSTICUM.
MEDORRHINUM se
trouve indiqué dans les suites d’infections d’allure sycotique : torpides,
récidivantes, chroniques, rebelles, ou après la suppression d’un écoulement
urétrale (blennorragie mal soignée par une antibiothérapie arrêtée trop tôt
par exemple). Ces infections des muqueuses s’accompagnent de sécrétions
jaunâtres, épaisses, irritantes et prurigineuses (leucorrhée verdâtre fétide
et irritante, urétrite avec écoulement jaune abondant, rhinorrhée avec
écoulement postérieur, bronchite avec expectoration, blépharo-conjonctivite
purulente, etc...).
La peau est
évidemment concernée. Déjà chez le nourrisson qui présente un érythème
fessier dont l’autre grand remède est CALCAREA CARBONICA et qui est une
manifestation typiquement sycotique. On retrouve ensuite les verrues,
souvent petites et nombreuses au visage, des condylomes génitaux, des
molluscums un peu partout, de l’herpès génital, un eczéma suintant, etc...
Les
articulations ne sont pas oubliées : douleurs avec raideur et faiblesse <
par temps froid et humide ou avant l’orage, agitation douloureuse des jambes
et des pieds, talalgies, dorsalgies, etc... Rhumatismes dégénératifs ou
inflammatoires améliorés au bord de la mer, etc...
Le psychisme est
important : c’est un sujet agité, hypersensible (bruit, toucher), anxieux
(ne peut rester en place mais se fatigue vite), nombreuses peurs (obscurité,
de mal agir). Il a des troubles de la mémoire (faits récents, chiffres,
noms, orthographe, perd le fil de la conversation). C'est un sujet qui a un
conflit avec le temps = soit le temps passe trop lentement (un événement
passé la veille semble vieux de 8 jours - au cabinet dentaire 5 minutes
d’attente lui paraissent une demi heure) - soit le temps passe trop vite
(il ne finit pas un travail commencé, ne peut se concentrer trop
longtemps..., d’où un comportement précipité, agité, affairé qui rappelle
ARGENTUM NITRICUM). D’une manière générale, ce patient est bourru, de
mauvaise humeur et triste dès le lever puis son comportement s’améliore le
soir, il est même gai la nuit. D’où la modalité : aggravation le jour,
amélioration la nuit. Cependant, le sommeil peut être troublé : insomnie de
la première partie de la nuit, avec peur de s’endormir par crainte de
cauchemars, position à plat ventre et surtout genu-pectorale.
Comme PSORINUM,
ce sujet a une faim vorace, même après le repas avec un désir insatiable
pour les liqueurs, moins grand pour la bière et les sucreries. Il a de gros
problèmes digestifs : brûlures de l’estomac, coliques hépatiques, nausées,
éructations, constipation avec des selles argileuses, collantes, difficiles
à évacuer (doit se pencher en arrière), hémorroïdes, prolapsus rectal,
etc...
Chez l’enfant :
La Matière
médicale précise les signes dentaires suivants :
dents fragiles, jaunâtres avec bords friables (THUYA). Il
est donc utile de prévenir les troubles de la minéralisation des dents aussi
tôt que possible. L’érythème fessier est une sonnette d’alarme qui doit
inciter à une prévention. Aussi est-il utile de rechercher les signes
d’appel de ce médicament afin de le prescrire en temps utile.
MEDORRHINUM se manifeste par quelques-uns des signes suivants:
·
Agitation jour et nuit, sommeil troublé par
des cauchemars ou des terreurs nocturnes, énurésie, position genu-pectorale
(qui serait un signe caractéristique).
·
Difficultés scolaires : manque de
concentration, fatigue rapide à l’effort scolaire, dysorthographie.
·
Blépharite = paupières collées le matin
(GRAPHITES)
·
Rhino-pharyngites ou angines à répétition avec
écoulement épais, nez bouché d’où un écoulement postérieur.
·
Asthme amélioré au bord de la mer.
·
Enfant plus grand ou adolescent = fugues
(LUESINUM).
Si l’on trouve
quelques-uns de ces signes évocateurs, il est indispensable de proposer un
traitement préventif s’il est encore temps, en collaboration avec le médecin
traitant.
Signes d’appel chez
l’adulte :
La Matière
médicale précise : aphtes, ulcères rongeants, haleine fétide, bouche sèche
et semblant comme brûlée, gingivite allant jusqu’à la « pyorrhée ».
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On doit penser à
MEDORRHINUM si l’on trouve quelques-uns des signes d’appel suivants :
·
Agitation, précipitation, anxiété
d’anticipation, conflit avec le temps, ne finit pas ce qu’il a commencé
à à comparer à ARGENTUM
NITRICUM ;
·
Problèmes de mémoire
·
Rhumatismes = arthrose des grosses
articulations, déformation des doigts, sciatique (gauche)..
·
Troubles digestifs : désir d’alcool, faim
importante, constipation....
·
Troubles cutanés = très comparables à ceux de
THUYA.
Lorsque
l’attention du praticien est ainsi alertée, il convient à l’évidence
d’approfondir la consultation pour confirmer l’indication de MEDORRHINUM.
Puis il faut le prescrire. Comme l’écrit R. ZISSU : remède qui couvre tous
les stades du mode sycotique, mais surtout la phase sclérogène avec
inversion du courant hydrique (de l’imbibition vers la déshydratation), qui
favorise les éliminations en partie entravées et soulage d’autant les tissus
envahis par la sclérose - remède à la fois préventif et curatif (à condition
que les lésions ne soient pas irréversibles).
CONCLUSION
DE CE CHAPITRE
Le mode
sycotique a bien évolué depuis le « miasme » d’HAHNEMANN. La blennorragie
est très en retrait. Ce mode réactionnel paraît actuellement au premier plan
du fait de la multiplication de ses facteurs étiologiques, aussi bien ceux
qui concernent le système immunitaire (médicaments chimiques, vaccinations,
pollutions, etc...) que ceux qui perturbent le métabolisme de l’eau
(fréquence des traumatismes crâniens notamment, du fait des voyages en
voiture ou des difficultés obstétricales).
Le
chirurgien-dentiste est directement concerné par ce mode réactionnel qui
conditionne les inflammations de la muqueuse buccale, depuis la gingivite
jusqu’à une véritable maladie parodontale qu’il est parfois possible de
prévenir par une prescription précoce. « La pyorrhée est toujours de
signification sycotique et même cancérinique » affirme Jacques MICHAUD.
C’est encore une absurdité à son actif, mais elle comprend une part de
vérité. La maladie parodontale concerne chaque mode réactionnel, le contexte
de chacun est différent. La minéralisation des dents peut être perturbée
plus ou moins profondément chaque fois que ce mode réactionnel est mis en
œuvre chez le jeune enfant, et c’est hélas fréquent. |
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