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STAPHYSAGRIA
médicament de plus en plus actuel
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C’est surtout en Provence et dans le sud de l’Europe que l’on trouve cette
plante de la famille des Renonculacées appelée Delphinium staphysagria
ou encore plus communément l’herbe aux poux. Au premier siècle de
notre ère, DIOSCORIDE préconisait cette plante contre la rage de dent. Puis,
l’utilisation de ses graines a été étendue aux convulsions, à l’épilepsie,
aux tics de la face. Enfin l’usage populaire en a fait un parasiticide, d’où
son nom populaire d’herbe aux poux.
Pour l’usage
homéopathique, on utilise les graines à l’état sec, au titre alcoolique de
65c. C’est, une fois encore, à HAHNEMANN que l’on doit la première
pathogénésie qu’il réalisa en 1819 avec dix collaborateurs. Du fait de sa
très grande toxicité, Staphysagria provoque de très nombreux
symptômes, souvent banals par eux-mêmes, rendant ainsi sa prescription
difficile.
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Comme il s’agit d’une plante et donc d’une substance qui n’appartient pas
à l’organisme, elle ne peut avoir qu’une action toxique et celle-ci se
développe comme toujours en deux phases : une première d’excitation dite
sthénique parce que l’organisme a encore tout son pouvoir réactionnel,
la seconde de dépression dite asthénique justement parce que
l’organisme a perdu plus ou moins ses possibilités réactionnelles. C’est la
seconde phase qui domine dans STAPHYSAGRIA.
Ensuite, chaque
substance toxique a une action prépondérante sur un ou sur plusieurs
appareils ou fonctions. Ainsi, LYCOPODIUM voit-il son action toxique se
focaliser essentiellement sur le foie, NUX VOMICA sur le système nerveux de
l’appareil digestif, etc...
Pour STAPHYSAGRIA, l’expérimentation montre 5 cibles = le système nerveux
(central et neuro-végétatif) - les muqueuses (surtout
génito-urinaires) - les ganglions lymphatiques - les tissus osseux
(et dentaires) - la peau.
1 -
ACTION SUR LE SYSTÈME NERVEUX :
L’action sur le système nerveux central
= le comportement de STAPHYSAGRIA
Il découle de
l’action toxique une longue dépression qui domine et conditionne le
comportement, et sur ce fond quelques signes d’excitation.
Staphysagria se présente comme un sujet affaibli,
asthénique, déprimé, pâle, parfois avec des yeux cernés et
enfoncés dans leur orbite. La cause de cette fatigue n’est pas toujours
évidente pour le praticien, car le comportement psychique de ce patient est
dominé par l’introversion ou l’intériorisation des
frustrations ou des peines. Cette fatigue trouve très souvent, mais
non exclusivement son origine dans des conflits de la vie sexuelle, dont le
sujet n’aime pas parler. A cela s’ajoute une susceptibilité exacerbée
qui s’exprime par des colères violentes mais dissimulées, camouflées par une
apparente indifférence. Cependant la colère peut s’exprimer dans le cercle
familial. On retrouve ce trait dans d’autres médicaments de colère. Ainsi,
on présente souvent et à juste titre Nux vomica comme un coléreux
n’arrivant pas à se contrôler, tyran domestique, violentant son entourage
familial et professionnel. Cependant Nux vomica sait très bien se
dominer dans certaines circonstances, notamment lorsqu’il se trouve avec ses
supérieurs hiérarchiques ou avec des personnes qu’il ne connaît pas.
Dans sa
"Matière médicale", J. T. KENT (1849-1916) décrit ainsi le
sujet STAPHYSAGRIA : « Un homme bien élevé a une discussion avec un
individu grossier et qui se termine par des insultes. L’homme bien élevé se
contient, tourne le dos à l’autre et s’en va. Rentré chez lui, il ne dit
rien de tout cela, se domine, mais il en est malade. Il ne dort plus la
nuit, le jour il est fatigué, son cerveau ne fonctionne plus. Il ne peut
plus calculer, fait des erreurs en écrivant ou en parlant. Il a la vessie
irritable, des coliques, etc... ". Philippe GEOFFROY SAINT-HILAIRE a
publié une observation très intéressante d’une crise d’épilepsie chez un
homme jeune (25 ans) survenue quelques heures après un traumatisme au menton
au cours d’une séance de judo. Or ce traumatisme était tout à fait banal en
lui-même, il n’est pas à l’origine de la crise comitiale, mais le patient a
eu la conviction d’un geste volontaire de son partenaire et en a été
profondément vexé et humilié. C’est donc sur cette notion de « suite de
vexation » que devait se faire la valorisation.
Ainsi, il faut
retenir la dépression de fond avec asthénie physique et mentale, mais
accompagnée d’une excitabilité elle-aussi physique et mentale qui s’exprime
par une susceptibilité exacerbée. Dès le matin, le patient est de mauvaise
humeur, il est triste, pleure facilement (quand il est seul). Il se vexe
facilement, s’indigne et s’irrite pour des riens mais se contient,
« rentre » ses peines ou ses colères, cache ses frustrations (qui pourtant
l’obsèdent et le tourmentent) et les exprime parfois au niveau de différents
appareils, surtout au niveau génito-urinaire. H. VOISIN décrit une multitude
de signes somatisés, en voici trois :
·
Diarrhée après une colère ou après une
punition chez l’enfant.
·
Peur ressentie au niveau de l’estomac ou au
creux épigastrique.
·
Chair de poule après une peur, une colère, une
indignation.
On peut ajouter
un type de carie dentaire caractéristique = dentine réactionnelle noire ou
brune, très dure, d’évolution très lente, faisant suite à une frustration,
souvent mais non exclusivement d’ordre sexuel.
Les troubles
sexuels ou urinaires d’origine psycho-somatique sont très importants et sont
parfois difficiles à mettre en évidence, du moins quant à leur origine
psychique, du fait de l’introversion. Classiquement et autrefois, on
décrivait des troubles urinaires comme la pollakiurie ou des orgelets
survenant chez des jeunes mariées déjà frustrées par la découverte de la
sexualité et qui ne répondait sans doute pas à leur attente. Mais les choses
ont changé !
« Le sujet a souvent une grande timidité, une
gêne et parfois du mépris vis-à-vis du sexe opposé, mais son excitation
sexuelle physique l’attire irrésistiblement vers ce sexe...ou l’onanisme »
(Henri VOISIN)
Comme cela a été
précisé, HAHNEMANN a fait la pathogénésie de STAPHYSAGRIA en 1819 et Denis
DEMARQUE (1915-1999) fait remarquer qu’il n’a pas parlé « de relation entre
les nombreuses manifestations morbides et une étiologie (sic) exclusivement
psychique. Il n’insiste pas sur les symptômes d’ordre sexuel ». JAHR, élève
et collaborateur de HAHNEMANN, dans un livre publié en 1834 indique tout de
même : « Suite fâcheuse de l’onanisme - Mauvaise suite de chagrin, de
souci, de chagrin avec indignation... ». Nous avons plusieurs fois déploré
que D . DEMARQUE oublie ou minimise l’apport de plusieurs générations de
praticiens homéopathes à la Matière médicale Homéopathique qui comprend
trois sources complémentaires : la pathogénésie proprement dite, la
toxicologie et l’expérience clinique des praticiens. Ainsi, ce
n’est pas parce que la pathogénésie ne précise pas tel ou tel signe que ce
signe n’existe pas, s’il a été par la suite constaté et vérifié. Par
exemple, tout ce qui concerne les circonstances étiologiques ne
découle pas de la pathogénésie, mais exclusivement de l’expérience des
praticiens. Il en va aussi de Staphysagria pour ce qui concerne les
troubles somatiques d’origine psychogène, et plus particulièrement le
retentissement des frustrations professionnelles ou surtout sexuelles. Pour
la raison évidente que lors de la pathogénésie, ce ne peut être que l’action
toxique qui provoque ces troubles et ce n’est qu’ensuite seulement que
l’expérience clinique des praticiens a pu rattacher ces troubles à une
origine psychogène.
Sur ce fond
dépressif se manifeste une irritabilité qui peut être importante,
aussi bien sur le plan psychique que sur le plan physique :
·
Hyperesthésie cutanée avec intolérance au
toucher ou au contact.
·
Irritation de la vessie avec pollakiurie après
le coït ou après un accouchement.
·
Excitation sexuelle aussi physique que
psychique avec une grande sensibilité de la vulve au toucher, prurit génital
voluptueux. Or, ce sujet est le plus souvent très timide, il est obsédé par
des rêves lascifs et des désirs sexuels, il se sent attiré par le sexe
opposé et en même temps le craint, d’où les frustrations fréquentes, très
mal vécues et surtout somatisées. Avec comme conséquence = une tendance à
l’onanisme s’il ne peut réaliser ses désirs ou des excès sexuels dans le cas
contraire, mais cette activité sexuelle est suivie très souvent de troubles
génito-urinaires comme les pollutions, la pollakiurie, la prostration, la
tristesse, et le lendemain faiblesse des genoux et parfois lumbago.
·
Toux par la fumée du tabac ou en se lavant les
dents.
Remarque : le
brossage des dents, banal en lui-même et naturellement fortement recommandé
pour l’élimination de la plaque dentaire, peut être à l’origine de petits
inconvénients !
Þ
Tension des extrémités en se brossant les
dents = Phosphorus (1°d).
Þ
Nausée en se brossant les dents = Coccus cacti
(1°d).
Þ
Douleurs dans les dents en se brossant les
dents = Bryonia (3°d), Carbo vegetabilis (1°d), Lachesis (3°d), Lycopodium
(1°d), Staphysagria (2°d).
Þ
Toux en se brossant les dents = Coccus cacti
(1°d), Staphysagria (1°d).
L’action sur le système nerveux sympathique :
Il s’agit
d’une action dépressive, comme pour le système nerveux
central, qui se manifeste au niveau des organes contrôlés par le système
sympathique : ralentissement essentiellement fonctionnel, jamais lésionnel,
avec relâchement vasculaire = bradycardie, hypotension artérielle, stases
veineuses variées, le tout localisé notamment au niveau abdominal,
thoracique, céphalique et plus particulièrement à la sphère génito-urinaire
(cible privilégiée).
2 -
ACTION SUR LES MUQUEUSES :
L’action
diphasique d’excitation et de dépression se traduit au niveau des muqueuses
par des troubles sensoriels (phase d’excitation), fonctionnels (les deux
phases) et organiques (phase dépressive). Cette action se manifeste
essentiellement sur les muqueuses génitales et urinaires, cet appareil étant
la cible privilégiée de ce médicament.
La plupart du
temps, les troubles urinaires sont liés à une perturbation de la vie
génitale, liée aux répercussions psychiques déjà évoquées.
·
Inflammation de la vessie avec pollakiurie =
chez des jeunes mariées déçues (ou chez la jeune fille après les premiers
rapports sexuels), ou chez tous après le coït, non satisfaisant ou ne
répondant pas à l’attente, ou après un accouchement surtout difficile.
·
Inflammation urinaire avec brûlure de l’urètre
entre les mictions, disparaissant pendant la miction (il ne s’agit pas d’une
cystite infectieuse), et surtout = sensation qu’une goutte d’urine coule
continuellement le long de l’urètre.
·
Chez le vieillard asthénique et prostatique =
besoins fréquents d’uriner, miction faible, demandant des efforts, parfois
miction douloureuse ou suivie de douleurs, après la miction perte d’urine
goutte à goutte (la goutte retardataire est quasi pathognomonique de ce
médicament, selon R. ZISSU, mais on la trouve certes dans un contexte
différent dans BENZOIC ACID. (troubles prostatiques avec urine fétide),
CLEMATIS ERECTA (rétrécissement de l’urètre), CAUSTICUM (par sa tendance aux
parésies).
Ces troubles
urinaires accompagnent souvent des troubles sexuels :
·
Règles irrégulières, douleurs dans les
cuisses, névralgies dentaires intenses pendant les règles (>
par la chaleur ou en serrant les dents = Phytolacca).
·
Spermatorrhée avec faiblesse et lumbago, < la
nuit ou au réveil, < après le coït, accompagnée de sensation de brisure dans
les muscles des mollets.
·
Fréquence soit d’une hypertrophie de la
prostate, soit d’un fibrome utérin, mais Staphysagria n’a d’action que sur
les troubles fonctionnels.
Dans les
deux sexes, il y a une excitation sexuelle très importante, mais avec une
grande sensibilité des organes génitaux au toucher (Platina) et le tout sous
l’égide d’obsessions sexuelles constantes, compliquées par la timidité
maladive et la crainte du sexe opposé.
Les muqueuses
oculaires sont une autre cible = blépharite, orgelets, chalazions. Mais
ces orgelets ou chalazions ne parviennent pas à la suppuration et laissent
place à des nodosités indurées des paupières. Selon Henri VOISIN, ces
lésions seraient la signature du mode sycotique. En tous cas, ces lésions
ont souvent une connotation psychogène (frustration sexuelle pour les
orgelets).
3 -
ACTION SUR LES GANGLIONS LYMPHATIQUES :
Staphysagria
provoque une hypertrophie des ganglions lymphatiques avec
induration, sensibilité et inflammation. Cette action correspond à la
physio-pathologie du mode réactionnel luétique. Mais le plus souvent, cette
hypertrophie ganglionnaire n’est pas isolée et s’inscrit dans un contexte
général que l’on appelait autrefois la scrofule. Ce terme est
devenu aujourd’hui obsolète mais il n’a pas été remplacé, car on se trouve
contraint à définir cet état par plusieurs mots = déminéralisation,
dénutrition, adénopathies, amaigrissement , etc... Sur le plan
homéopathique, on constate cet état chez les enfants répondant à la mise en
œuvre de deux modes réactionnels : tuberculinique et luétique.
Cet état de
dénutrition correspond en clinique à un enfant faible, frileux, irritable,
de mauvaise humeur, insatisfait. Outre cela, il présente :
·
Des dents noires, ou striées de noir
(fuliginosités), cariées précocement dès leur éruption, s’effritant
facilement. Cela peut être le tableau de la mélanodontie ou d’une denture
imprégnée de fluorisme chronique.
·
Des hypertrophies indurées des formations
lymphatiques, dont les amygdales.
·
Un gros ventre avec des coliques abdominales
aggravées après avoir mangé ou bu, améliorées par la pression. Avec une
tendance diarrhéique après punition ou réprimande.
·
Une blépharite chronique avec sécrétion
irritante, des orgelets fréquents.
·
Des coryzas avec un mucus épais au début,
laissant place ensuite à un écoulement fluide et irritant.
·
Des éruptions prurigineuses et suintantes
(liquide âcre de mauvaise odeur formant des croûtes) = occiput, sur et
derrière les oreilles, paupières. Le prurit change de place après grattage.
·
Des sueurs nocturnes de mauvaise odeur.
4 -
ACTION SUR LES TISSUS OSSEUX ET DENTAIRES:
Au niveau du tissu
osseux :
On constate
essentiellement des douleurs. Il ne faut pas oublier que STAPHYSAGRIA est
avant tout un remède fonctionnel.
·
Douleurs dentaires au cours des règles
chez une femme faible, nerveuse, hypersensible (sur le plan psychique et
physique è vulve,
ovaires).
·
Douleurs dentaires sur dents cariées chez des
enfants déminéralisés, ce qui est trop banal pour être retenu dans
l’équation de la similitude.
·
Douleurs dentaires apparaissant ou aggravées
après avoir mangé, par l’air froid, par des aliments ou des boissons froids.
·
Douleurs osseuses et/ou périostées survenant
la nuit, < au toucher è
surtout chez des sujets luétiques, mais ces douleurs osseuses n’ont pas le
caractère ostéocope habituel dans ce mode réactionnel.
·
Douleurs lombaires après des rapports sexuels,
des excès sexuels, la masturbation, < au lit, la nuit, le matin avant le
lever.
·
Névralgie crurale avec douleurs vives dans les
fesses s’étendant à la hanche et au bas du dos.
·
Céphalées après contrariété, colère rentrée,
indignation è douleur
sourde, engourdissante, située au front ou à l’occiput, sensation de « boule
pesante, fixe » entre les deux yeux.
Au niveau des tissus dentaires :
Il existe deux
formes de caries qui seront décrites plus loin = l’une précoce dès
l’éruption des dents, l’autre tardive et d’évolution très lente chez un
«frustré ».
Photo de gauche = carie
d'évolution très lente, avec une dentine réactionnelle très dure et de
couleur sombre, n'ayant généralement que très peu de douleurs.
Photo de droite = nombreuses
dents cariées, rapidement après leur éruption.
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5 - ACTION SUR LA PEAU :
STAPHYSAGRIA
provoque surtout :
·
Des éruptions cutanées ayant les
caractères suivants = prurit (le grattage soulage
momentanément mais le déplace) + croûtes + suintement
abondant et fétide. Par exemple : un eczéma apparaît, d’abord sec,
puis une croûte se forme et laisse suinter un liquide âcre et fétide. De
nouvelles croûtes se forment aux environs des précédentes, comme si le
contact de ce liquide âcre en était responsable. Ces éruptions siègent plus
volontiers à la tête, près des oreilles ou derrière, ou à la nuque, ou
autour des yeux et aux paupières (orgelets, nodosités indurées). Le
prurit peut être aggravé lors d’un problème psychique.
·
Des constructions cellulaires :
condylomes, verrues, excroissances pédiculées ou en forme de chou-fleur
(Nitri acid., Thuya), lichen invétéré.
·
Sensation de vers qui rampent notamment au
niveau des organes génitaux féminins externes.
Tout d’abord, il
convient de décrire les circonstances étiologiques de ce médicament, notions
qui découlent de l’expérience clinique.
1/ Tous les facteurs de
déminéralisation évoquant ceux du mode réactionnel tuberculinique
comme les carences alimentaires, certaines avitaminoses, le surmenage
intellectuel, expliquant les caries précoces dès l ‘éruption des dents ou
les douleurs osseuses. A cela s’ajoutent les facteurs déclenchants du
mode réactionnel luétique, la conjonction de ces deux modes
aboutissant à des graves troubles de la croissance en général et de la
minéralisation des dents en particulier.
2/ Les facteurs
psychogènes avec intériorisation et somatisation = indignation,
vexation, reproches ou réprimandes, colère « rentrée », injustices (réelles
ou ressenties comme telles), chagrins, déceptions sentimentales, deuil,
contrariétés, frustrations (de toutes natures, mais surtout sexuelles,
mauvais effets de la masturbation ou des excès sexuels), jalousie, mépris
(sensation d’avoir été méprisé, réelle ou ressentie comme telle), etc...
3/ L’auto-intoxication
pour certains troubles digestifs par suite de sédentarité, d’excès de viande
ou par tabagisme. Ces facteurs évoquent le mode psorique surtout si l’on
ajoute les mauvais effets de suppression = condylomes, éruptions,
transpiration.
4/ Le traumatisme,
notamment intellectuel (surmenage) et chirurgical = plaies chirurgicales,
incisions, notamment sur l’abdomen ou au niveau de l’appareil
génito-urinaire = sujet qui, depuis une opération, est devenu hypersensible
au le plan physique ou psychique, avec des douleurs aggravées au toucher de
la zone opérée - blessures par instruments tranchants (ce médicament calme
la douleur et active la cicatrisation).
5/ Le froid et
notamment le froid sec pour certains troubles urinaires ou pour des douleurs
dentaires.
6/ La dentition (à
comparer à CHAMOMILLA dont la colère est explosive).
LES ENFANTS "STAPHYSAGRIA"
On peut décrire
deux types d’enfants répondant à STAPHYSAGRIA.
Il y a d’abord
un type déminéralisé, adénopathique, asthénique de fond, irritable, de
mauvaise humeur, tel qu’il est décrit dans tous les ouvrages. Cet enfant
était appelé autrefois « scrofuleux », et chez lui les troubles somatiques
entraînaient les troubles psychiques. Chez ces enfants, STAPHYSAGRIA est un
remède somato-psychique.
Il y a ensuite
un second type ressemblant trait pour trait au STAPHYSAGRIA adulte,
c’est-à-dire un enfant chez lequel prédominent les causes psychogènes de
frustrations, d’indignation, de refoulement, etc...
Cette dualité
explique pourquoi STAPHYSAGRIA est souvent « oublié » des praticiens chez un
jeune enfant du premier type car si l’on s’obstine à rechercher chez un tout
jeune enfant le refoulement, la frustration, les obsessions sexuelles, il
est bien évident que l’on ne trouvera jamais ce remède. Jacques LAMOTHE
affirme « qu’il s’agit d’un remède difficile à voir car ces « clients » sont
parmi ceux qui cachent le mieux leur jeu ». Cela est vrai chez l’enfant
comme chez l’adulte.
1/ L’enfant
« déminéralisé » :
Il correspond à
un enfant défavorisé sur le plan héréditaire ou acquis, chez lequel on
constate la mise en œuvre de deux modes réactionnels (tuberculinisme et
luétisme ), modes aboutissant à des troubles plus ou moins graves du
développement ostéo-morphologique, avec comme conséquence le rachitisme, la
dénutrition et des adénopathies. Et c’est chez ce type d’enfant que les
dents se carient dès leur apparition, s’effritent, sont tachées de noir et
sont douloureuses.
Voici quelques
signes qu’il faut retrouver chez un enfant pour confirmer le choix de
STAPHYSAGRIA :
·
Enfant faible, frileux, irritable, de mauvaise
humeur et insatisfait.
·
Dents noires ou tachées de noir, le plus
souvent vite cariées et s’effritant peu après leur éruption.
·
Ganglions lymphatiques hypertrophiés, durs, un
peu enflammés, sensibles au toucher.
·
Hypertrophie des amygdales.
·
Gros ventre avec = fréquence des oxyures, des
coliques abdominales (< après avoir mangé ou bu, > par la pression).
Diarrhée après réprimande ou punition ;
·
Coryza chronique avec un mucus épais au début,
fluide et irritant par la suite.
·
Eruptions prurigineuses laissant suinter un
liquide âcre, irritant et fétide, formant des croûtes (occiput, sur et
derrière les oreilles, paupières) = le grattage déplace le prurit.
·
Verrues le plus souvent pédiculées.
·
Douleurs osseuses nocturnes (non ostéocopes).
Dans ces états
de rachitisme et de dénutrition, plusieurs médicaments sont souvent indiqués
et il est parfois très difficile d’en distinguer un seul. Cela pose
d’ailleurs le problème de la pratique homéopathique. Chacun sait que les
homéopathes se divisent grosso modo entre les unicistes et les
pluralistes. Personnellement, nous penchons vers la pratique moins
manichéenne, nous prescrivons volontiers un seul médicament mais à condition
que son indication soit nettement évidente, qu’il n’y ait aucun doute,
aucune hésitation, à condition enfin que son action soit contrôlée par des
consultations rapprochées autant que nécessaire. Pourquoi ? Parce que la
minéralisation des dents est un phénomène continu, il n’y a jamais de retour
en arrière dans ce processus, ce qui est « raté » l’est pour la vie entière.
On ne peut donc se tromper. Il en va autrement pour d’autres pathologies.
Par exemple, si le médicament unique prescrit pour une aphtose chronique
n’est pas le vrai simillimum par suite d’une erreur de choix, la maladie
évolue sans être influencée par le traitement inadéquat, ce qui peut être
gênant pour le patient mais n’obère en rien son avenir, n’a aucune
conséquence irréversible. Ce n’est pas le cas lors de la minéralisation.
Quels sont les
autres médicaments impliqués dans les troubles de la minéralisation et du
développement morphologique ? Tout d’abord, les trois CALCAREA, et plus
souvent CALCAREA PHOSPHORICA et CALCAREA FLUORICA. Ces trois CALCAREA ont un
rôle prophylactique évident et il convient de ne pas en priver le jeune
patient, surtout si l’on pense qu’il y a des risques pour sa minéralisation
dentaire. Ensuite, il faut penser à NATRUM MURIATICUM, SILICEA, TUBERCULINUM
pour le mode tuberculinique, FLUORIC ACID., MERCURIUS SOLUBILIS et LUESINUM
pour le mode luétique. Et il ne faut pas oublier la fréquence de la mise en
œuvre du mode sycotique chez les enfant du fait des vaccinations
systématiques, massives, répétées et trop précoces.
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Ainsi et pour résumer, un enfant « tuberculino-luétique » se défend mal
contre les agressions de la vie et les conséquences peuvent être
dommageables sur le plan du développement et de la croissance, surtout au
niveau des dents du fait de l’irréversibilité des processus de
minéralisation dentaire. Aussi est-il indispensable de ne pas risquer de
passer à côté de l’effet bénéfique du traitement homéopathique en raison
d’un choix thérapeutique uniciste reposant davantage sur un entêtement
doctrinal que sur la recherche de l’efficacité. Chez ce type d’enfants, il
est fréquent et normal d’hésiter entre plusieurs médicaments parce que les
symptômes sont souvent communs, ou parfois mal définis par des modalités
précises. Il est donc préférable, à notre avis, de proposer une construction
thérapeutique à partir de médicaments complémentaires et ce, dans le seul
intérêt du jeune patient. |

Cet enfant maigre et chétif correspond aussi bien à
SILICEA qu'à STAPHYSAGRIA
(photo J. Jouanny) |
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MEDICAMENTS A COMPARER DANS
LES CARIES DENTAIRES PRÉCOCES :
Sur le seul signe « Les dents se carient peu après leur éruption
= dents noires, s’effritant facilement », STAPHYSAGRIA doit être comparé à
ANTIMONIUM CRUDUM et à KREOSOTUM.
Chez un enfant
prématuré, et toujours pour la carie, le Répertoire de Kent précise
plusieurs médicaments = Calcarea carbonica, Calcarea fluorica,
Calcarea phosphorica, Coffea, Fluoric acid.,
KREOSOTUM et STAPHYSAGRIA.
ANTIMONIUM CRUDUM :
Remède proche de
CALCAREA CARBONICA dont il constitue une étape d’aggravation vers GRAPHITES
en raison de deux groupes de signes communs (avec quelques nuances)=
aggravation des troubles digestifs par excès alimentaires aboutissant à un
blocage de l’émonctoire intestinal et aggravation des troubles cutanés
traduisant le blocage de l’émonctoire cutané (éruptions croûteuses laissant
suinter un exsudat épais comme du miel), ANTIMONIUM CRUDUM est un enfant
gras, voire obèse par gloutonnerie, maussade, grognon (lorsqu’on le regarde,
qu’on le touche ou qu’on s’occupe de lui notamment quand il est malade). Il
a horreur d’être lavé à l’eau froide. Malgré ce qu’affirme KENT dans son
Répertoire, les différents auteurs ne citent pas la carie dentaire comme un
trait dominant.
Pourquoi peut-on
le rapprocher de STAPHYSAGRIA ? Nous en voyons une raison, qui n’est
peut-être pas pertinente : les médicaments comme CALCAREA CARBONICA,
ANTIMONIUM CRUDUM ou GRAPHITES correspondent à un ralentissement métabolique
qui explique le développement bréviligne. Mais qui explique sans doute aussi
un repli sur soi = la lenteur métabolique influence aussi le comportement
psychique, le sujet trop lent pour s’adapter au rythme de la vie moderne se
sent décalé, dépassé, en rupture de rythme, ce qui explique notamment les
multiples peurs de CALCAREA CARBONICA. Or STAPHYSAGRIA est également un
introverti. On retrouve là le côté sycotique de ce remède favorisé par
l’humidité et le froid humide et surtout par les atteintes du système
immunitaire constituées par les vaccinations et par les médicaments
chimiques opposés aux fréquentes rhino-pharyngites ou autres pathologies de
ce type, le tout aboutissant à un ralentissement des échanges
intercellulaires et donc l’introversion des réactions psychiques ou
physiques.
KREOSOTUM :
KENT affirme que
trois symptômes caractérisent KREOSOTUM = des écoulements excoriants + des
pulsations dans tout le corps + un saignement profus par de petites plaies.
Inutile de dire que ces trois symptômes ne sont d’aucune utilité pour la
prévention de la carie dentaire ! Et d’autant plus que cet auteur parle, à
propos des signes buccaux, de gingivite ulcéreuse, de rétractions
gingivales, de gencive spongieuse, de petites ulcérations, d’aphtes, mais
pas de carie dentaire qu’il signale pourtant au degré moyen et au degré fort
pour la carie des enfants prématurés dans son Répertoire ! ! !
NASH affirme
que : « Un enfant qui a la bouche pleine de dents cariées, avec des
gencives enflammées et douloureuses, trouve son meilleur ami dans
KREOSOTUM ».
KREOSOTUM
s’adresse à des enfants plutôt minces, voire maigres, grandissant trop vite,
d’aspect plus âgé que leur âge, ayant une face pâle et des yeux cernés. Ces
enfants ont une tendance aux irritations des orifices = paupières, narines,
commissures labiales, qui sont rouges, fissurées et saignent facilement. Ces
enfants sont frileux, grincheux, têtus, grognons, jamais satisfaits. Dès le
première enfance, la dentition leur donne des soucis = nervosité, diarrhée,
douleurs. Puis les caries dentaires apparaissent peu après l’éruption des
dents, avec des lésions noires, un effritement rapide et des douleurs (< par
les boissons froides et > par la chaleur). Ces dernières modalités évoquent
ARSENICUM ALBUM, autre remède de troubles graves évoluant vers la cachexie.
Cet aspect des
lésions dentaires et leur précocité évoquent évidemment STAPHYSAGRIA,
d’autant plus que ces deux remèdes ont également des troubles urinaires.
KREOSOTUM a sans doute une gingivite ou une stomatite plus marquée.
Comme on peut
le constater, KREOSOTUM est surtout un remède lésionnel. Il est difficile de
prévenir son indication faute d’un guide clinique comme les modes
réactionnels. Il y a certes avec ce médicament une atteinte de la nutrition
générale avec ralentissement métabolique et amaigrissement cachectique.
C’est d’ailleurs à partir de ces troubles que l’on a découvert les vertus
thérapeutiques homéopathiques de la créosote. Celle-ci était utilisée pour
fumer les viandes afin de les conserver et c’est chez des marins consommant
quasi exclusivement de la viande fumée que l’on a constaté les lésions
décrites, dont la gingivite ulcéro-nécrotique d’allure scorbutique.
PEUT-ON
PRÉVENIR L’INDICATION DE STAPHYSAGRIA CHEZ UN ENFANT ?
Nous restons
fixés ici sur le problème de la minéralisation des dents qui concerne le
dentiste en priorité mais aussi le médecin, sans oublier le contexte
clinique. Deux critères peuvent et doivent guider notre réflexion.
Tout d’abord,
les facteurs de dénutrition et de déminéralisation doivent être recherchés
et supprimer chaque fois que possible. C’est plutôt le rôle du médecin qui
voit le nourrisson. Ces facteurs évoquent à l’évidence le mode réactionnel
tuberculinique. Ensuite, il faut rappeler que les carences minérales et
vitaminiques sont aussi une cause du mode luétique. De même que les
intoxications par métaux lourds ou autres substances comme le fluor. Or, on
peut constater de très grandes similitudes entre les lésions carieuses des
dents victimes de la fluoration excessive accidentelle ou volontaire par
prophylaxie et celles de STAPHYSAGRIA ou de KREOSOTUM.
Sur le plan
thérapeutique, il semble évident de citer deux médicaments du mode
réactionnel tuberculinique = NATRUM MURIATICUM et SILICEA. Le premier joue
un rôle capital dans le métabolisme de l’eau et dans les échanges de
minéraux entre les cellules. La « sonnette d’alarme » est apportée par la
sécheresse extrême des muqueuses qui se manifeste occasionnellement,
accompagnée alors d’une soif intense et d’un désir anormal de sel ou
d’aliments salés. On retrouve de plus des similitudes dans le psychisme.
Comme STAPHYSAGRIA, NATRUM MURIATICUM est un introverti, un hypersensible,
un susceptible qui cache ses peines aux autres mais les ressent
profondément, parfois même durant des années. Il recherche alors la solitude
pour ressasser ses déceptions. Mais il faut noter que les lésions carieuses
de NATRUM MURIATICUM ne ressemblent pas à celles de STAPHYSAGRIA. Il a
surtout les caries des faces proximales avec une atteinte plus élective de
la dentine et ses caries évoluent rapidement, comme celles de SEPIA, son
remède d’aggravation lorsque la congestion veineuse s’accentue. SILICEA
semble plus proche de STAPHYSAGRIA par l’aspect des lésions carieuses qui
évoluent lentement. SILICEA est également un timide introverti. Nous avons
donc là un trio de médicaments bien précieux pour prévenir les troubles de
la minéralisation des dents.
SILICEA est un
remède dit « polydiathésique ». Sa déminéralisation et son rachitisme le
rattachent bien sûr au mode tuberculinique. On retrouve dans ses facteurs
étiologiques les carences alimentaires, les troubles de l’assimilation des
minéraux, les suites du surmenage intellectuel. Mais il y a aussi les
mauvais effets des vaccinations et la sensibilité au froid et au froid
humide qui expliquent sans doute les inflammations des muqueuses toujours
chroniques et évoluant chaque fois vers une suppuration interminable avec
les réactions lympho-ganglionnaires habituelles. Il ne faut pas oublier les
conséquences des médicaments chimiques donnés au long cours chez cet enfant
du fait de la chronicité et de la répétition des inflammations suppurées.
Un autre
médicament de fond doit être évoqué = MERCURIUS SOLUBILIS. Il correspond sur
le plan thérapeutique aux côtés luétiques de STAPHYSAGRIA. On peut même dire
que ces deux médicaments sont complémentaires sur le plan bucco-dentaire.
Les caries sont plus évidentes dans STAPHYSAGRIA et MERCURIUS est cité au
degré fort dans le Répertoire de KENT. Mais si la gingivite est bien
présente dans STAPHYSAGRIA, elle l’est bien davantage dans MERCURIUS, qui a
alors des liens de similitude avec KREOSOTUM.
On peut ajouter
d’autres médicaments. Cela signifie tout simplement que la réalité clinique
est toujours plus complexe que la matière médicale homéopathique, dans
laquelle chaque médicament semble bien délimité. La répertorisation surtout
informatique rend des services précieux dans l’individualisation du remède
indiqué sur le moment. Mais à une condition = retrouver chez le patient
quelques signes ou symptômes bien établis. Or et c’est là un vrai problème =
lorsqu’on recherche une action préventive, les matériaux symptomatiques
manquent parfois de précision suffisante, ils sont forcément discrets. Et
c’est là, sur ce chapitre précis, que la conception des modes réactionnels
rend d’immenses services. C’est là enfin que la stratégie pluraliste
s’impose à notre avis. D’abord parce que les signes sont suffisamment
imprécis pour laisser place au doute et ensuite parce que l’objectif
recherché, la minéralisation optimale des dents, interdit le droit à
l’erreur, dans l’intérêt de l’enfant. Les considérations théoriques,
conceptuelles ou doctrinales viennent loin derrière, très loin.
2/ L’autre « type » d’enfants STAPHYSAGRIA:
On peut trouver
l’indication de STAPHYSAGRIA chez des enfants qui n’ont pas les mêmes
problèmes de développement ou de minéralisation dentaire que les précédents,
ils peuvent donc avoir n’importe quel biotype mais chez lesquels le génie
de STAPHYSAGRIA s’exprime au niveau du comportement psychologique avec les
retentissements somatiques déjà décrits et que l’on trouve peut-être plus
fréquemment chez les adultes.
Ce sont des
enfants hypersensibles, notamment sur le plan émotif. Ils sont
particulièrement sensibles aux remontrances, aux reproches, aux punitions,
surtout lorsque ils les pensent injustifiés. Il en va de même avec les
vexations, les humiliations auxquels les enfants sont exposés de la part des
petits « copains » de classe, cruels involontairement.
Henri BERNARD le
compare à LYCOPODIUM : « A le voir, il rappelle LYCOPODIUM, mais alors que
chez celui-là, la colère éclate, vindicative et violente, chez STAPHYSAGRIA
tout se passe à l’intérieur, il se domine, on n’en sait rien. Mais il en
souffre doublement ». Mais ne pas oublier que LYCOPODIUM, comme
d’ailleurs NUX VOMICA, peuvent très bien masquer leur colère en présence de
tiers, notamment hiérarchiquement plus élevés.
J. BARBANCEY
cite une observation du Dr Bottger, ainsi résumée : un enfant de 9 ans
habituellement calme et bon élève est devenu distrait et bagarreur, il se
bat avec ses copains à la récréation parce qu’ils se moquent de leur
institutrice. Cet enfant aime beaucoup sa maîtresse mais ne peut pas, n’ose
pas l’avouer. Il ne supporte donc pas les moqueries de ses copains à l’égard
de cette femme, il ne peut le dire, alors il frappe !
Cependant, il
faut rappeler que STAPHYSAGRIA est une plante, c’est-à-dire une substance
étrangère à l’organisme qui ne peut avoir qu’une action toxique et celle-ci
s’exprime toujours en deux phases successives : excitation puis dépression.
Si la deuxième domine avec ce médicament, la première s’exprime par une
irritabilité et une hypersensibilité physique à la douleur, aux sensations
sensorielles comme les bruits, les goûts, les odeurs. Dans ces cas-là,
STAPHYSAGRIA peut exprimer sa colère avec violence. Il peut faire des
« colères bleues », jeter des objets sur son entourage ou les casser, ou
encore les jeter au feu. On retrouve également un signe partagé avec NATRUM
MURIATICUM et SEPIA = l’aggravation par la consolation, l’amélioration étant
seul.
On constate donc
chez ces enfants l’importance des causes psychogènes. Mais ces enfants ne
seraient pas STAPHYSAGRIA s’il n’y avait pas la somatisation des déceptions
et des frustrations. Certes, on ne trouve pas chez le jeune enfant les
problèmes psycho-sexuels qui n’apparaissent que vers ou après la puberté,
qui explosent ensuite à l’adolescence et après chez l’adulte. Mais on trouve
parmi les troubles somatisés, comme chez l’adulte :
·
Des troubles digestifs = coliques après
émotion ou causes psychogènes, diarrhée (après colère, punition, émotion,
avec beaucoup de gaz fétides et des selles à odeur d’œufs pourris),
ballonnement, renvois, nausées... et même une hernie inguinale !
·
Des troubles urinaires = envies
fréquentes d’uriner, énurésie nocturne...
·
Des troubles respiratoires =
respiration difficile, oppression, aphonie, besoin d’avaler souvent...
·
Des éruptions diverses = orgelets,
verrues, prurit, éruptions croûteuses rétro-auriculaires, ou péri-anales, ou
au niveau de la nuque, avec prurit changeant de place au grattage..
·
Des douleurs dentaires après les repas,
< par les boissons froides ou par un courant d’air froid.
·
Une sialorrhée avec gingivite « spongieuse »
et hémorragique. Parfois des ulcérations n’importe où dans la bouche.
·
Carie dentaire = dentine réactionnelle
noire ou brune et surtout très dure. |
|
L'ADULTE "STAPHYSAGRIA"
Tout ce qui précède permet de mieux comprendre la personnalité
réactionnelle de STAPHYSAGRIA.
Chez l’adulte
dominent les facteurs psychogènes qu’il est la plupart du temps très
difficile de mettre en évidence au cabinet dentaire. La tendance à
l’introversion rend délicate la consultation et l’interrogatoire. On ne peut
attendre une grande compréhension de ces patients, de même que ceux qui
répondent à NATRUM MURIATICUM ou à SEPIA.
Chez l’enfant
dominent deux modes réactionnels, le mode tuberculinique et le mode
luétique. Nous avons maintes fois insisté sur les mauvais effets sur la
minéralisation des dents de la mise en œuvre simultanée de ces deux modes
défavorables, dont la mélanodontie peut rendre compte éventuellement
ou le signe dentaire majeur cité dans tous les ouvrages = dents cariées
et noires, qui s’effritent peu après ou sitôt après leur éruption. Ces
enfants deviennent adultes et offrent la même denture ayant subi de très
nombreux soins conservateurs ou prothétiques. Cela signifie que ces deux
modes réactionnelles se retrouvent chez l’adulte. Mais le mode sycotique est
lui aussi souvent sollicité par le mode de vie, comme par exemple les
infections génito-urinaires itératives et leurs traitements par des
médicaments chimiques. Ou encore le mode psorique par une vie sédentaire
déréglée aboutissant à une auto-intoxication chronique. Et enfin, chez
l’adulte vont dominer très souvent les problèmes psychiques liés le plus
fréquemment à la sexualité, mais sans exclusivité. C’est alors que
STAPHYSAGRIA s’affiche en tête des médicaments de troubles psycho-somatiques.
Pour quelles pathologies
un ADULTE STAPHYSAGRIA consulte-t-il son dentiste ?
Voici d’abord
les données brutes que donnent les Matières médicales :
·
Dents noires ou striées de noir, qui ne
peuvent être tenues blanches. Elles tombent en morceaux, se carient sur les
bords.
·
Odontalgie pendant les règles (dents
saines ou cariées), pendant la grossesse..
·
Odontalgies provoquées par le contact des
aliments (solides ou liquides) mais non par la mastication (selon Lathoud,
mais au second degré dans le Répertoire de Kent). Douleurs immédiatement
après le repas, aggravées par les boissons froides ou par un courant d'air
froid.
·
Gencives « spongieuses », saignant facilement
avec sialorrhée et ulcérations ou vésicules dans toute la bouche. Le
Répertoire de Kent précise : douleurs de la gencive (2°d), gencives enflées
(2°d), fistules (2°d), pâles (2°d), rétractées (2°d), saignant (2°d),
spongieuses (1°d), ulcérées (2°d).G
·
Grenouillette.
·
Verrues sur la langue.
Tous ces signes
bucco-dentaires sont certes intéressants en eux-mêmes mais il est cependant
nécessaire de les insérer dans leur contexte général, car ils sont partagés
par de nombreux médicaments. D. DEMARQUE a noté à juste titre que le nombre
et la banalité des symptômes de STAPHYSAGRIA rendent difficile son
individualisation. Et c’est bien vrai, car il n’est pas aisé de mettre en
évidence l’origine psychogène de certains de ces troubles du fait du
comportement introverti de ce patient.
G. DEMANGEAT
rapporte une observation très intéressante, ainsi résumée : Une femme de 41
ans, employée des PTT, consulte pour une constipation opiniâtre et des
douleurs gastriques. Elle a subi peu après son accouchement une
cholescystectomie sans doute pour lithiase biliaire. Peu après est apparue
une constipation sans besoins et avec selles dures qu’aucun traitement ni
laxatifs n’ont pu maîtriser. Les douleurs gastriques ont été attribuée à un
ulcère et traitées comme tel, sans succès. Un professeur de faculté affirme
que ces troubles sont psycho-somatiques et propose du Calcibronat et
du Sodothiol, traitement couronné d’un succès certain mais de courte
durée. La patiente sombre ensuite dans une dépression, traitée par du
Valium, entre autres. Et c’est ainsi qu’elle consulte le Dr DEMANGEAT
qui note : « C’est une personne fort loquace, qui cherche visiblement le
contact et recherche la sympathie. Elle aime son travail et s’entend avec
ses collègues. Cependant son travail lui est très pénible, son chef est
tatillon et désagréable. Il multiplie les vexations et il s’acharne
particulièrement sur elle. De ce fait elle est mal à l’aise avec ses
camarades qu’elle croit favorisées. Elle sait que c’est faux mais ne peut
s’empêcher de le penser. Elle doit se contenir, mais elle est crispée,
tendue. Elle a des crampes qui l’empêchent d’écrire à la main. Elle tape ses
lettres de travers à la machine. Elle a eu pendant quelque temps un autre
chef, tout allait mieux..., Elle est détendue à la maison, quand elle s’est
calmée par une colère violente. Elle crie, essaie de se dominer, mais est
constamment irritée et ne peut supporter le bruit que fait son fils en
jouant de la musique pop ». STAPHYSAGRIA 15 CH, 3 doses à 21 jours
d’intervalle et la malade revient quelques semaines plus tard : « radieuse
et confiante plus que jamais ».
Voilà donc la
clef des troubles de STAPHYSAGRIA chez cette malade. Ses troubles
fonctionnels étaient d’origine psycho-somatique, ce qui explique que tous
les traitements classiques aient été sans effet. Il en aurait été de même
avec des médicaments homéopathiques choisis sur la symptomatologie locale.
On peut voir de
la même manière des patients venir consulter pour des douleurs dentaires ou
pour une gingivite banale. La suppression des causes éventuelles (traitement
des caries, détartrage, etc...) n’entraîne pas d’amélioration, ou alors de
manière passagère. On peut voir des cas semblables chez des patients qui
commencent à réagir sur le mode sycotique et qui sont devenus sensibles au
froid humide qui déclenche et aggrave des douleurs dentaires. Dans le cas de
STAPHYSAGRIA, c’est un problème psychique qui explique les troubles locaux
et le chirurgien-dentiste n’est pas toujours bien placé pour le déceler. Et
cela rappelle une règle méthodologique bien décrite par HAHNEMANN, celle de
la nécessité de la « totalité des symptômes », ainsi que la règle de la
hiérarchisation qualitative des symptômes qui place au premier rang les
« circonstances étiologiques ».
Il
existe une forme de carie dentaire qui signe Staphysagria !
On retrouve là la forme de carié évoquée plus haut = Cette forme n’a
plus rien à voir avec celle décrite dans les Matières médicales. Il s’agit
d’une lésion carieuse qui évolue très lentement, sans manifestation
douloureuse et qui se présente avec une dentine réactionnelle noire ou
brune très dure. La carie provient sans doute d’une mauvaise
minéralisation de l’émail, la dent s’effrite alors mais la réaction
pulpaire entraîne l’élaboration d’une dentine secondaire très dure et de
couleur sombre.

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ASPECTS DIATHÉSIQUES DE STAPHYSAGRIA
CHEZ L’ADULTE
Comme on l’a vu
au début de ce texte, l’action toxique de STAPHYSAGRIA se manifeste en de
nombreux points d’impacts, ce qui peut expliquer que ce médicament
n’appartienne pas à un seul mode réactionnel, mais à plusieurs, voire aux
quatre. C’est donc de ce fait un « remède satellite » complémentaire
d’autres médicaments de fond, plus impliqués dans tel ou tel mode
réactionnel. Ce qui offre autant de tableaux cliniques différents, ce qui
rend compte aussi de la complexité clinique.
Alors que les
mode tuberculinique et luétique dominaient chez l’enfant déminéralisé et/ou
rachitique, ce sont les modes psorique et sycotique qui vont s’exprimer avec
le plus d’éclat chez un adulte devenu progressivement
« Staphysagria ».
STAPHYSAGRIA et le mode réactionnel psorique :
On retrouve
parmi les circonstances étiologiques de ce médicament le mode de vie
sédentaire avec ses erreurs hygiéno-diététiques et notamment des abus de
viande et le tabagisme. On trouve également les suites de suppression =
condylomes, éruptions, transpiration, etc...Dans ce contexte étiologique du
mode psorique, il n’est pas étonnant de voir surgir l’indication de
LYCOPODIUM, médicament très proche de STAPHYSAGRIA. Ce rapprochement est
d’autant moins surprenant que parmi les facteurs étiologiques du mode
psorique, il y a certes les causes hygiéno-diététiques communes à ces deux
médicaments mais également les conséquences des stress psychiques, souvent
oubliés et dont ces deux médicaments rendent bien compte. Dans le programme
informatique AIDE-HOMEO, enrichi par nous, si l’on sélectionne les 8 signes
suivants : Suite de sédentarité + Suite d’humiliation + Suite de vexation +
Colère violente + Colère avec chagrin silencieux + Colère avec indignation +
Colère rentrée + Suite de tabagisme = deux médicaments « sortent » avec les
mêmes coefficients de valeur è
LYCOPODIUM et STAPHYSAGRIA.
Comme nous
l’avons souligné très souvent, les distinctions entre médicaments à partir
des signes précisés dans la Matière médicale semblent aisées ou évidentes
parce que ces signes ou symptômes sont bien définis, valorisés par des
modalités elles-aussi très précises. Mais la clinique se montre beaucoup
plus nébuleuse, et d’autant plus que nos patients ne sont pas toujours
« malades », ce qui signifie que leur symptomatologie est souvent frustre et
discrète et leurs modalités bien trop souvent floues.
Le point de départ de la décompensation de LYCOPODIUM est le
foie, celui de STAPHYSAGRIA est la frustration. C’est en cela
qu’ils se distinguent, même si ensuite « ils font un bout de chemin
ensemble ». Ne jamais oublier que LYCOPODIUM est un sentimental
hypersensible, qu’il le sait et considère cela comme une faiblesse qu’il
masque par des colères ou un comportement autoritaire ou cassant qui peuvent
le rendre odieux, ce dont il souffre. Mais il peut aussi camoufler ses
colères en les intériorisant, de la même manière que STAPHYSAGRIA, ou encore
comme SEPIA (curieusement ces deux derniers médicaments ont des douleurs
dentaires au moment des règles).
Il est peut être
utile de souligner que les différents troubles suivent un itinéraire
physio-pathologique différent. Alors que ceux de LYCOPODIUM commencent par
l’atteinte hépatique et se répercute ensuite jusqu’au comportement
psychique, alors que ceux de SEPIA débutent avec la congestion veineuse qui
se localise au niveau du petit bassin pour troubler ensuite le comportement
psychique, ceux de STAPHYSAGRIA trouvent le plus souvent leur origine dans
le comportement et à partir de là se localisent au niveau de l’appareil
génito-urinaire, ou de l’appareil digestif ou de la peau. Dans certains cas
cliniques, il peut être aisé pour le praticien de distinguer ces
médicaments, mais parfois la symptomatologie manque de précision et plus
particulièrement au plan psychique car ce sont trois patients qui ne se
confient pas facilement. On peut alors profiter de leur complémentarité.
STAPHYSAGRIA et le mode réactionnel
sycotique :
Plusieurs causes
favorisent la mise en œuvre du mode sycotique. D’abord le blocage des
éliminations, soit par surcharge, soit par erreur thérapeutique
(suppressions, médicaments chimiques...). Depuis Roger SCHMITT, on connaît
la formule « La psore c’est l’expulsion manu militari. La sycose, c’est la
prison ». STAPHYSAGRIA va rejoindre THUYA par le blocage des échanges et la
fixation des idées qui deviennent obsédantes. STAPHYSAGRIA va se focaliser
sur des frustrations, des indignations, des humiliations ou vexations,
souvent à partir d’une vie sexuelle qui ne le satisfait pas et somatise
l’ensemble sur l’appareil génito-urinaire ou d’autres. On va donc retrouver
les troubles chroniques et tenaces qui caractérisent ceux de THUYA, dont les
mycoses génitales, puis les condylomes et les verrues.
Sur le plan
odonto-stomatologique, la pathologie reste ce qu’elle est, c’est-à-dire
banale en elle-même. Mais le contexte l’éclaire d’une lumière que
seuls les homéopathes peuvent voir et comprendre.
EN CONCLUSION
STAPHYSAGRIA
offre un exemple de remèdes dits poly-diathésiques. Entre l’enfant
déminéralisé, asthénique, rachitique qui souffre de caries dentaires
importantes et précoces et l’adulte frustré et introverti qui vient
consulter pour des caries d’évolution lente et avec une dentine
réactionnelle dure et de couleur sombre, ou pour une gingivite banale, il y
a différents tableaux cliniques qui s’expliquent par la pluralité des points
d’impact de cette plante toxique et qui reflètent la complexité de la
réalité clinique. Aussi est-il tout à fait compréhensible que la praticien
hésite parfois entre différents médicaments d’action profonde, selon la
prédominance à un moment donné de tel ou tel mode réactionnel.
Il faut donner STAPHYSAGRIA assez longtemps
du fait de la chronicité de ses troubles et de la pérennité de leurs causes,
surtout psychogènes. Et surtout, il faut savoir l’associer à tel ou tel
médicament de fond selon le contexte clinique. |
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