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SILICEA
matière
médicale - clinique
stomatologie |
Selon l’Encyclopédie Encarta : silice = nom
usuel du dioxyde de silicium, de formule SiO2, constituant principal du
sable. Sous forme de quartz, la silice est le composant essentiel des roches
magmatiques et un composant majeur des roches métamorphiques, tel le
schiste; le quartz est également très abondant dans certaines roches
sédimentaires, comme le grès.
Poudre blanche, remarquablement
inerte et insoluble, sauf dans l’acide fluorhydrique qui l’attaque avec
dégagement de fluorure de silicium. Pour l’usage homéopathique, on procède
d’abord par trituration jusqu’à
la 2° CH puis par dilutions alcooliques.
La silice est présente dans
l’organisme en très faible quantité, environ 60 à 70 centigrammes pour un
homme de taille moyenne, soit 5 fois moins que le fer ! Malgré sa faible
quantité, la silice joue un rôle métabolique important :
·
Du fait de sa
dureté et de sa résistance, elle joue un rôle de soutien, elle est
particulièrement active dans les tissus durs de l’organisme = os et dents.
·
Elle joue un rôle
de protection des tissus conjonctifs. Ce qui explique en cas de troubles de
son métabolisme, une moindre résistance de ces tissus et explique une
tendance à la suppuration, essentiellement chronique.
·
Enfin, la silice
participe activement malgré sa faible quantité aux réponses immunitaires,
expliquant encore une fois, en cas de carence ou de troubles de son
métabolisme, une tendance aux inflammations et aux suppurations chroniques.
La silice est également un toxique
puissant, responsable en particulier de la silicose, maladie hélas
bien connue. D'ailleurs, cette maladie a été une source de
renseignement pour la matière médicale de Silicea.
Cette action toxique se caractérise par une
action lente dans le temps et donc durable, ce qui explique que le
médicament SILICEA concerne essentiellement des troubles chroniques. Ceci
explique également que Silicea doive être prescrit longtemps.
oOo
MATIÈRE
MÉDICALE
Pour ce qui l’aurait oublié,
nous étudions la matière médicale d’un médicament selon la double
hiérarchisation des signes et symptômes proposée par Roland ZISSU et
Michel Guillaume.
1 – D’abord les
circonstances étiologiques = quels sont les facteurs qui déclenchent des
troubles correspondant à Silicea ?
Roland ZISSU les divise en deux
groupes = les causes acquises et les causes héréditaires. La
connaissance de ces facteurs déclenchants ne relève que de l’expérience
clinique des praticiens, ils ne relèvent pas de la pathogénésie proprement
dite.
Les causes acquises
= elles ne sont pas tout à fait les mêmes chez l’enfant et chez l’adulte.
Chez l’enfant :
L’organisme ayant besoin de minéraux, dont
la silice, surtout pendant la croissance, les carences minérales sont
une cause très importante. Il peut s’agir de carences d’apport par une
alimentation mal équilibrée ou défectueuse. Ou il peut s’agir d’une
absorption intestinale insuffisante pour différentes raisons =
excès de
boissons acides, maladies intestinales comme les entérites, etc... Le tout
aboutit une déminéralisation et la silice n’est pas la seule concernée.
Les vaccinations sont un autre facteur
étiologique important chez
l’enfant car elles sont fréquentes et répétées à cet âge, souvent dès la
naissance et en particulier, la vaccination antivariolique souvent répétée
parce sans succès. Heureusement, cette vaccination tend à disparaître, du
moins dans les pays développés. Les homéopathes ont remarqué que très
souvent des nourrissons ou des jeunes en bonne santé commençaient une série
de troubles (rhinopharyngites ou angines ou otites ou bronchites à
répétition, suivis d’asthénie, d’amaigrissement, de frilosité, de sueurs des
pieds fétides…), après une vaccination ou une série de vaccinations. La
prise de Silicea, souvent associé à Thuya permettait un
rétablissement de l’équilibre de santé.
Chez l’adulte :
Les troubles justiciables de Silicea
apparaissent au cours d’affections débilitantes, traînantes, chroniques
et torpides. Ou encore après un surmenage intellectuel prolongé et
intense ou encore après des pertes de liquides organiques ou
après des séances de radiothérapie ou enfin, constatation des
homéopathes = après suppression intempestive de la transpiration des pieds.
Nous avons vu à deux ou trois occasions des névralgies dentaires après la
suppression des sueurs des pieds.
Henri VOISIN précise: "Nous
avons vu que le sujet déminéralisé type Silicea transpirait
des pieds et que ces sueurs étaient fétides. Si cette transpiration est
arrêtée et que cette suppression produise de l'aménorrhée, le remède est
alors particulièrement indiqué mais il l'est aussi pour toute aménorrhée
provoquée par la suppression de la sueur des pieds lorsqu'en même temps
le sujet devient faible, frileux et maigrit".
Pour l’étude des « causes »
liées au « terrain », un chapitre spécial sera consacré aux différents
aspects diathésiques de Silicea. Ce chapitre ouvrira également celui de son
étude clinique.
2 – LES SIGNES ET
SYMPTÔMES PSYCHIQUES :
On peut résumer le comportement
psychique par quelques mots = fond dépressif par faiblesse irritable. La
Matière médicale précise :
·
Epuisement mental
avec découragement.
·
Hypersensible,
irritable, tressaille au moindre bruit, hyperesthésie générale et réflexes
exagérés, sommeil agité avec rêves anxieux et réveils en sursaut, voire
somnambulisme.
·
Timide, anxieux et
en même temps têtu, obstiné, avec tendance aux idées fixes (notamment phobie
des épingles = il en rêve, les perd, les compte...!).
Ces signes seront revus lors de l’étude clinique, en les expliquant « en
situation ».
3 - LES SIGNES ET
SYMPTÔMES GÉNÉRAUX :
·
Débilité physique
qui correspond à celle mentale par manque de réaction et par dénutrition.
·
Frilosité et
aggravation générale par le froid. Et pourtant, le sujet se couvre peu, sans
doute par conviction que cela ne servira à rien.
·
Extrémités toujours
glacées et malgré la sensation de froid, transpire de la tête et des pieds
(fétides).
·
Amaigrissement
progressif, surtout du corps et des membres, mais la tête et l’abdomen
restent gros (image d’enfants dénutris par la famine). Rachitisme.
·
Tendance aux
inflammations chroniques, traînantes, avec évolution vers la suppuration, la
fistulisation, l’induration et la sclérose. Toute petite plaie tend à
suppurer, peau malsaine.
·
Désir d’aliments
froids, de sable ( ?!!). Aversion pour les aliments chauds et pour le lait
maternel.
·
Douleurs aiguës,
piquantes, névralgiques = après courant d’air (froid), après suppression de
la sueur des pieds, après vaccinations. Douleurs accompagnant les processus
inflammatoires, du moins au début, car la chronicité est un trait dominant.
4 – LES MODALITÉS
GÉNÉRALES :
Les aggravations : <
·
< par le froid sous
toutes ses formes
·
< par l’humidité,
surtout le froid humide.
·
< pendant les
règles
·
< à la nouvelle
lune
·
Kent précise =
aggravation par les températures extrêmes.
Les améliorations : >
·
par la chaleur, en
s’enveloppant chaudement la tête (lors d’une céphalée)
·
l’été et par temps
chaud et sec.
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PLACE DE "SILICEA"
PARMI LES MÉDICAMENTS
DES MODES RÉACTIONNELS
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Les élèves, très nombreux, de Roland ZISSU ont certainement toujours présent
à l’esprit ce qu’il nous a répété très souvent = la priorité doit
toujours revenir à la matière médicale. Ce n’est qu’ensuite que l’on
peut tenter d’expliquer les signes et symptômes que celle-ci révèle par
l’expérimentation pathogénétiques, méthode exclusivement homéopathique et
ensuite par l’expérience clinique de plusieurs générations de praticiens.
Roland ZISSU a toujours expliqué
l’action des « grands médicaments » homéopathiques selon leur
physiopathologie, puis selon l’âge. Les pathogénésies ont été exclusivement
réalisées chez des adultes. Il est évident que de nombreuses différences
distinguent l’action du même médicament chez l’enfant, l’adolescent,
l’adulte et le vieillard et c’est justement sur ce chapitre que l’expérience
clinique des praticiens joue un rôle éminent. Ensuite, chaque médicament
possède une sorte de génie thérapeutique selon sa nature, son action
toxicologique et/ou métabolique, ses points d’impact dans l’organisme.
LE MODE
RÉACTIONNEL TUBERCULINIQUE
En partant de la matière
médicale de SILICEA, on constate que son génie physiopathologique concerne
avant tout la minéralisation des tissus durs. Il s’agit d’un minéral
appartenant à l’organisme et il y joue un rôle éminent, même s’il n’est
présent qu’en quantité modeste. Les troubles de son métabolisme entraînent
une déminéralisation. Cette dernière évoque à l’évidence le mode
réactionnel tuberculinique.
Peut-être n’est-il pas inutile
de rappeler les rapports entre ce mode réactionnel tuberculinique et le
problème des minéraux.
A partir de plusieurs signes
cliniques, les praticiens ont élaboré une explication qui a subi des
évolutions en fonction du progrès des connaissances médicales. Nous avons
maintes fois expliqué ces problèmes dans des textes antérieurs et nous
conseillons nos lecteurs à se reporter à nos publications, notamment sur le
site de notre Association sur Internet.
Tout se passe comme si le sujet
dit « tuberculinique » ne disposait pas d’une défense immunologique bien
structurée. Pour quelle raison ? Parce qu’il souffre d’une insuffisance
hépatique congénitale, pensait Antoine NEBEL (1870-1954) et
quelques-uns de ses contemporains. Ces auteurs avançaient l’hypothèse de
l’action de la toxine tuberculeuse dans une lignée familiale, action centrée
sur le foie et la fonction hépatique.
Pour ces raisons, qui
mériteraient certes un développement approfondi, le sujet tuberculinique
réagit à une agression microbienne ou virale par une brusque accélération du
métabolisme que l’on peut constater en clinique par divers signes
= l’enfant n’est pas bien durant deux à trois jours, « Il couve quelque
chose » dit sa maman. Ses lèvres deviennent sèches et se fendillent avec de
petites squames, la bouche est sèche, l’enfant a soif, devient pâle, se
fatigue encore plus vite que d’habitude. Il peut souffrir de maux de tête,
surtout durant les efforts scolaires. Il devient grognon, irritable, veut
rester couché. Puis une fièvre modérée apparaît, les signes s’aggravent. Le
tout évolue en plusieurs jours, puis l’amélioration apparaît, et l’enfant
entame alors une convalescence qui peut durer une ou deux semaines, au cours
de laquelle il maigrit, alors qu’il est déjà habituellement maigre. Il a peu
d’appétit.
La déshydratation des muqueuses
s’accompagne d’une fuite minérale que l’on constate dans la polyurie
avec des urines chargées de phosphates comme dans NATRUM MURIATICUM. L’extrême
variabilité des symptômes et la congestion veineuse se retrouvent
dans PULSATILLA. Il est logique de penser que la déshydratation des cellules
entraîne aussi et parfois leur destruction du fait de la fuite de l’eau et
des minéraux. Les déchets cellulaires en résultant peuvent encombrer la circulation de
retour, ce qui explique la congestion veineuse. Dans un deuxième temps, on
constate une fixation des troubles au niveau d’une muqueuse ou d’un
appareil : muqueuses respiratoires, rhinopharyngées et appareil
broncho-pulmonaire par exemple, avec une prédilection certaine pour ces
cibles. Ou encore les muqueuses digestives dont la muqueuse buccale et
l’appareil intestinal. Cela permet à Michel CONAN-MERIADEC (1921-2000) de
proposer la définition suivante, dans son ouvrage : « L’homéopathie
- conception médicale à la dimension de l’homme » (Boiron 1990) =
« Le mode réactionnel tuberculinique est une
tendance générale à réagir aux facteurs pathogènes par une destruction cellulaire avec
hypersensibilité
réactionnelle, évoluant de l’instabilité à la fixation, de
la variabilité des symptômes à la destruction cellulaire. Le
mode tuberculinique procède d’abord par des réactions successives, labiles
et variées sur tel ou tel appareil, avant de se fixer sur l’un d’eux et d’y
développer sa réaction spécifique : une accélération du catabolisme,
entraînant une désassimilation, que les homéopathes qualifient
improprement de déminéralisation ».
Cette définition présente, à
notre avis, l’avantage d’expliquer en grande partie la pathologie
bucco-dentaire qui concerne donc directement le chirurgien-dentiste, sans
occulter d’autres aspects généraux.
En effet, le tuberculinique a
toujours des problèmes avec ses minéraux, qui sont, avec l’oxygène, son
principal « carburant ». Dès qu’il est agressé par un microbe, il réagit par
une poussée thermique = consommation d’oxygène et de minéraux (Cl, Na, K, P,
Ca, Si, etc. ). Puis il se déshydrate (ce que le psorique ne fait pas
d’ailleurs, autre différence importante entre ces deux modes réactionnels) =
perturbation des métabolismes du chlore, du sodium et du potassium. Ensuite
avec sa polyurie, il perd ses phosphates (on retrouve cela dans NATRUM
MURIATICUM). Enfin, pour reconstruire ses cellules détruites, il a encore
besoin de minéraux. On comprend ainsi que chez l’enfant qui est en train de
minéraliser ses dents, qui a donc besoin de minéraux pour cette tâche, ces
mêmes minéraux peuvent momentanément manquer à leur niveau puisqu’ils sont
utilisés ailleurs pour des réactions défensives sans doute plus urgentes. Ce
qui explique la tendance aux caries dentaires qui se révèlent précocement,
peu après l’éruption des dents, avant même que les facteurs étiologiques
comme la plaque dentaire ou les excès de sucreries n’exercent leurs effets
nocifs. La dent se carie rapidement parce qu’elle est mal minéralisée.
Ceci est une évidence clinique, même s’il faut souligner et rappeler qu’il
n’y a pas de fatalité. Dans ces processus, le carbone, le phosphore, la
silice, le fluor et d’autres jouent un rôle capital.
Chez l’adulte, l’organisme a
également besoin de minéraux aussi bien pour assurer ses métabolismes
fondamentaux que pour réagir occasionnellement à telle ou telle agression
microbienne. S’il n’y a aucune carence d’apport ou d’assimilation, il n’y a
pas de conséquences. Mais dans le cas contraire, l’organisme puise dans les
réserves que constitue le tissu osseux, os alvéolaire compris. Voilà ce qui
peut expliquer des mobilités dentaires transitoires au cours de maladies
infectieuses et dans la période de leur convalescence. C’est ce que l’on
peut observer également au cours de certaines grossesses. Il n’est pas
impossible que ces mobilités dentaires favorisent des caries proximales par
inefficacité temporaire des points de contact des dents. Mais contrairement
à ce que l’on dit depuis longtemps, une dent bien minéralisée ne se carie
pas en perdant ses minéraux par métabolisme. Les sels de calcium de la dent
se trouvent dans un état non soluble.
Ce très gros besoin de minéraux
explique d’autres faits. Par exemple, les sujets réagissant sur le mode
tuberculinique sont généralement affamés, ils ont toujours faim, mangent
souvent, généralement peu à la fois mais d'une manière répétée. Et
pourtant ils ne grossissent pas, restent maigres et même maigrissent à la
moindre occasion. Ensuite, leur très gros besoin d’oxygène oblige
l’appareil respiratoire à des efforts répétés. Or, ces sujets ont
habituellement une constitution longiligne caractérisée entre autres par une
cage thoracique étroite et aplatie. Ce qui peut expliquer la fréquence de la
pathologie respiratoire, broncho-pulmonaire notamment, qui peut rendre
compte de la fréquence autrefois de la tuberculose pulmonaire constatée chez des
populations défavorisées répondant à ce type morphologique longiligne. Ce
qui était fréquent au temps de NEBEL.
Dernier fait de
constatation courante: les sujets tuberculiniques se fatiguent très vite,
aussi bien physiquement qu’intellectuellement. Il sont incapables de fournir
un effort physique et surtout mental prolongé. C’est sans doute parce qu’ils
consomment beaucoup de minéraux, notamment des phosphates. Or
le métabolisme des cellules cérébrales en exige beaucoup et rappelons que la
dentine est constituée à environ 85% de phosphate tricalcique. Et c’est
sans doute là que l’on peut trouver une explication à la fréquence des
troubles tuberculiniques chez des sujets longilignes appelés « phosphoriques »
par NEBEL et d’autres auteurs.
On peut voir là à travers
l’appétit une autre différence entre le mode psorique et le mode
tuberculinique. Un psorique, surtout lorsqu’il est déjà engagé dans la
sédentarité, non seulement peut supporter une diète transitoire, mais il
s’en trouve bien mieux sur le plan général. Alors qu’un tuberculinique est
incapable de supporter une diète même très courte. Il se trouve vite « en
manque » et fait un malaise. Et curieusement, on retrouve une fois encore
NATRUM MURIATICUM, l’un des principaux remèdes de l’anorexie mentale de
l’enfant ou de l’adolescent, avec SEPIA ou même LYCOPODIUM.
Où la place de SILICEA se
trouve-t-elle ?
Roland ZISSU précise que l’on
peut considérer SILICEA comme un Natrum muriaticum
aggravé.
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C’est un remède très important du rachitisme,
il est donc logiquement le complémentaire de CALCAREA PHOSPHORICA et/ou
de NATRUM MURIATICUM dans une évolution vers l’aggravation progressive
du rachitisme. Bien entendu, le médecin vérifiera s’il y a une carence
en vitamine D et donnera éventuellement le traitement nécessaire |
Qu’est-ce qui explique l’indication de SILICEA ?
D’abord le froid sous toutes ses formes : SILICEA est un
frileux qui n’arrive pas à se réchauffer. Et l’on n’a pas l’aggravation par
la chaleur confinée de CALCAREA PHOSPHORICA ou NATRUM MURIATICUM.
Ensuite,
SILICEA
se
trouve souvent indiqué chez l’enfant tuberculinique après des
vaccinations répétées et mal adaptées, comme notamment le B.C.G.
trop précoce. Il faut ajouter comme autre facteur étiologique les
traitements chimiques des rhino-pharyngites ou autres troubles ORL ou
respiratoires provoqués et aggravés par le froid, médicaments qui ont une
action dépressive sur le système immunitaire. Et qui peuvent déclencher,
chez certains malades, la mise en œuvre concomitante du mode réactionnel
sycotique.
Tout cela explique une autre caractéristique
de ce médicament = la tendance aux suppurations chroniques
avec participation ganglionnaire (gonflement douloureux et induration). On
voit ainsi chez des enfants tuberculiniques des dents de lait délabrées et
présentant des fistules asymptomatiques. L’expérience de laboratoire montre
que la silice a une action sur les macrophages dans le sens de
l’inefficacité, ce qui explique les suppurations interminables
(B. POITEVIN « De l’utilisation de Silicea en homéopathie à l’effet
des hautes dilutions de silice sur les macrophages » - Les Annales
homéopathiques françaises n°1 de 1975).
SILICEA peut avoir une action
préventive et/ou curative sur le rachitisme à condition de le donner en temps utile et
longtemps. Lorsque l’on constate de nombreuses caries chez un enfant
tuberculinique, cela signifie qu’il a eu dans sa première enfance une
période de rachitisme qui a été préjudiciable sur le plan dentaire car les
séquelles sont définitives. Dans ce cas, il est trop tard évidemment pour
l’action préventive, mais les soins dentaires seront assurés d’une certaine
pérennité à condition de donner le remède de fond correspondant qui peut
être SILICEA si l’on en trouve ses signes caractéristiques. Et de le
donner suffisamment longtemps.
LE MODE RÉACTIONNEL
SYCOTIQUE
On retrouve deux causes majeures
dans la mise en œuvre du mode réactionnel sycotique et dont les troubles,
dentaires entre autres, peuvent relever de l’indication de Silicea = les
mauvais effets du froid humide et les vaccinations massives et
répétées.
Les vaccinations répétées et
massives dès le plus jeune âge peuvent déprimer le système immunitaire,
sans doute chez des enfants prédisposés. Le froid humide provoque
très souvent des infections hivernales, notamment du carrefour ORL, le plus
souvent itératives. L’enfant passe toute la saison froide sous traitement
antibiotique, les antibiotiques étant eux même facteurs sycotisants.
Chez ces enfants, on trouve
comme remèdes de fond très fréquents = THUYA et SILICEA et il y a une
logique qui semble évidence aux homéopathes.
Chez l'adulte, notamment
d'âge mûr, on retrouve la pathologie tumorale bénigne ou maligne.
LE MODE RÉACTIONNEL PSORIQUE
La place de Silicea dans les
traitements des troubles du mode psorique semble moins évidente. Il est
évident que le psorique sthénique n’en a aucun besoin. Mais il lui suffit
d’attendre, un jour les troubles chroniques apparaîtront, d’autant plus
précocement que le sujet cèdera aux sirènes de la sédentarité et de la
« bonne bouffe ». Le signe curieux de Silicea "Douleurs dentaires après
suppression de la sueur des pieds" peut-il être interprété comme un blocage
éliminatoire du type psorique ? C'est à voir.
SILICEA trouve sa place dans
diverses pathologiques traînantes, comme en particulier les suppurations
chroniques, sans fin. Mais alors, le patient a perdu l’aspect sthénique de
SULFUR. Les éliminations centrifuges du début des processus psoriques qui
amélioraient le sujet, ne se font pas ou plus. Diverses pathologiques
lésionnelles se développent, particulièrement tenaces et récidivantes,
évoluant vers la sclérose. SILICEA a donc sa place, à côté de CARBO
VEGETABILIS ou PSORINUM, mais aussi bien d’autres.
LE MODE RÉACTIONNEL LUÉTIQUE
La place de Silicea est plus
évidente, en particulier chez l’enfant dans les manifestations du
rachitisme car les facteurs étiologiques des modes tuberculinique et
luétique sont souvent intriqués. L’association CALCAREA FLUORICA et SILICEA
est alors très précieuse = laxité ligamentaire et déminéralisation
expliquent, entre autres, les troubles orthodontiques et ceux de la
minéralisation des dents (qui seront étudiés plus loin).
Mais aussi chez l’adulte
d’âge mûr ou chez le vieillard dans les troubles articulaires et dans les
manifestations scléreuses, de tous les tissus.
Conclusion pour ce chapitre
=
C’est par souci didactique que
les modes réactionnels sont ici séparés car la réalité clinique est bien
plus complexe, hélas. Si l’on tente de proposer un traitement à partir des
données réactionnelles, on risque à l’évidence de ne rien comprendre. Aussi,
il faut garder à l’esprit ce que disait Roland ZISSU, ce que nous avons
rappelé plus haut = priorité à la matière médicale.
Il faut d’abord rechercher les
signes cliniques, objectifs et subjectifs, de chaque patient pour déterminer
son « médicament semblable ». Ensuite, mais ensuite seulement, on peut
tenter de comprendre le canevas diathésique.
oOo
L'ENFANT "SILICEA"
C’est le problème de la
minéralisation des dents
(dont les séquelles sont irréversibles)
On peut "naître" Silicea
ou le devenir !
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Un enfant peut
sembler tout à fait en bonne santé et l'être réellement. Mais une série
de facteurs peut faire apparaître l'indication de Silicea, qui ont déjà été décrits = des carences minérales par sous-alimentation
ou troubles digestifs répétés, nombreuses vaccinations, une maladie ou
des maladies infantiles ayant entraîné une convalescence très difficile. |
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Cet enfant devient pâle, maigrit, voit sa frilosité s'accentuer, devient
nerveux, voire craintif, avec un regard caractéristique (photo de J.
Jouanny), il se fatigue vite à l'école. Le signe qui révèle
Silicea = des sueurs fétides des pieds apparaissent,
inhabituelles.
Sur le plan digestif, on peut voir le plus souvent une anorexie ou au
contraire une boulimie inhabituelle, mais dans tous les cas une
constipation provoquée ou aggravée par le lait de vache et une diarrhée
par le lait maternel chez le nourrisson ! |
 |
L'enfant né Silicea semble
heureusement plus rare aujourd’hui du fait de la surveillance de la
grossesse. Peut-être n'est-ce qu'une impression personnelle car les facteurs
étiologiques qui l'expliquent sont toujours présents. L'enfant n'a pas
souffert de maladies particulières, ses vaccinations obligatoires semblent
ne pas avoir entraîner de troubles. Et pourtant, un examen attentif, tant
pédiatrique que stomatologique oriente vers Silicea. Chez un tout
jeune enfant, il faut s'en préoccuper car la croissance est en marche et les
répercussions bucco-dentaires sont parfois graves, sans négliger les autres
conséquences.
En l'absence de facteurs
étiologiques directs chez l'enfant, il faut envisager des causes qui
concernent les parents. Roland ZISSU décrit 4 types de causes.
-
La tuberculose latente ou déclarées des
procréateurs = deux types d'enfants en résultent => type SILICEA ou type
PHOSPHORUS. Or la tuberculose n'a pas été éradiquée, les autorités
sanitaires françaises dénombrent entre 5000 et 8000 cas par an, certes
concernant surtout des populations immigrées, avec de plus une résistance
du BK aux antibiotiques.
L'enfant SILICEA a généralement des yeux
bleus (mais pas obligatoirement) largement ouverts, le front est large alors
que la mandibule est souvent atrésique, ce qui explique les problèmes ODF.
Cet enfant est particulièrement sensible sur le plan affectif = émotif,
craintif (peurs irraisonnées), terreurs nocturnes, crises de colère, etc...
Il a une tendance aux parasites intestinaux. Mais le pire danger est le
rachitisme avec ses conséquences osseuses et bucco-dentaires.
-
La syphilis, qui n'a jamais disparue et
qui est elle aussi en recrudescence, surtout depuis l'apparition du SIDA.
-
L'alcoolisme, des parents en général et de
la mère plus particulièrement durant la grossesse, problème dont on parle
de plus en plus actuellement avec de plus l'usage de drogues.
-
Des procréateurs trop âgés et à plus forte
raison débilités. La tendance actuelle de favoriser des grossesses chez
des femmes âgées est heureusement compensée par la prise en charge
médicale.
Les conséquences bucco-dentaires chez enfants:
Georges HODIAMONT (1906-1984) annonçait la couleur:
"Le manque de
fixation des minéraux fera de lui un maigre, un malingre, éventuellement un
rachitique… Cela pourra conduire à de graves troubles de la croissance, à
des troubles de la dentition…".
Le premier risque est donc celui d’une
minéralisation défectueuse des dents
au cours de l’enfance. L’enfant tuberculinique, lorsqu’il est décompensé, a
une croissance irrégulière, il grandit vite avec des poussées de croissance
à la suite d’épisodes fébriles. Il est souvent pâle par anémie. Il est
fatigable, frileux, constipé. Lorsqu’il ne supporte plus l’air confiné, la
chaleur confinée, il faut se méfier, c’est une sonnette d’alarme car il a
besoin d’oxygène et il en manque dans ces circonstances, plus qu’un autre.
Il maigrit facilement malgré un appétit souvent au dessus de la moyenne.
Lorsqu’il perd son appétit, c’est encore une sonnette d’alarme parce qu’il a
besoin de minéraux et que l’anorexie le prive de la seule source d’apport.
Enfin, il est vite fatigué et notamment le travail scolaire l’épuise et
provoque parfois des céphalées. C’est encore une sonnette d’alarme. Pendant
ces périodes, il y a conflit avec les minéraux. Il faut aussi se méfier
particulièrement des troubles digestifs, surtout intestinaux. Car il y a un
risque très important de malabsorption alors que l’apport peut être
suffisant. Les troubles de la minéralisation des dents sont irréversibles,
alors que le rachitisme a moins de conséquence sur le squelette.
Alors que peut faire le
chirurgien-dentiste ? Normalement, il ne lui appartient pas de prendre en
charge le traitement de fond car les problèmes dentaires ne sont là qu’un
épiphénomène. Il peut demander la collaboration du médecin homéopathe, mais
il a aussi le devoir de prescrire le médicament de fond correspondant pour
amorcer le traitement, surtout si les parents ne souhaitent pas consulter un
médecin homéopathe. Heureusement, les parents sont généralement très
réceptifs aux conseils concernant leurs enfants et l’homéopathie est de
mieux en mieux acceptée.
Le second risque est aussi
menaçant pour la dent = c'est celui de la mise en œuvre simultanée
du mode réactionnel luétique, du fait de facteurs étiologiques chez les
parents, comme la syphilis et/ou l'alcoolisme. Chaque dentiste sait que la
minéralisation d'une dent nécessite à l'évidence des minéraux mais également
un système vasculaire optimal. Or le mode réactionnel luétique peut
perturber la vascularisation des bourgeons dentaires. D'où une situation
clinique complexe = les minéraux sont présents mais ne peuvent être utilisés
favorablement par troubles vasculaires. Ou bien, les minéraux manquent, au
moins par périodes. De toute façon, la dent est mal ou insuffisamment
minéralisée.
LE PROBLÈME DE LA CARIE
DENTAIRE
DE « SILICEA »
Tout d'abord, voici ce qu'écrivait
J.T. KENT, dans sa Matière médicale = "Les dents se gâtent par suite de
l'altération de leur émail, chez un sujet qui manque de silice, la dentine
contient beaucoup de silicate de chaux; chez un tel individu, la surface de
la dent devient rugueuse, perd son apparence émaillée et la carie s'installe
peu à peu, surtout au niveau des collets. Les dents sont jaunes, se
gâtent rapidement et au niveau des collets, elles se déchaussent, la
gencive se rétractant".
Il est évident que ce type de carie ne peut
survenir que chez des sujets ayant une lourde hérédité tuberculinique et
luétique, développant plus ou moins un rachitisme. Cette photo montre les
différentes étapes
|
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-
Une dent devient sensible au froid et une
vague opalescence apparaît dans sur l'émail.
-
L'opalescence devient une tache blanche,
plus ou moins étendue.
-
La surface devient rugueuse, la couleur
devient progressivement brune et une perte de substance débute.
-
Une carie est alors présente, la dentine
devient brune ou sombre.
-
La perte de substance devient beaucoup
plus importante.
-
L'image correspond à Silicea,
mais aussi à Kreosotum et à Staphysagria.
Cette forme de carie acquise peut survenir à
n'importe quel âge, mais elle semble peut-être plus fréquente à
l'adolescence ou chez des adultes jeunes, sans exagération sur cette
fréquente. Ce que nous voyons, ce sont des jeunes gens qui se plaignent de
douleurs au froid sur des dents en apparence saines = air froid, boissons
froides. Puis les lésions carieuses se développent heureusement très
lentement.
Quelle peut-être l'attitude du chirurgien-dentiste ?
Il faut bien le reconnaître, au stade de
vagues douleurs au froid sur des dents saines, il est exceptionnel qu'un
chirurgien-dentiste quelconque s'en préoccupe outre mesure, il se contente
le plus souvent de conseiller des applications de fluor, qui améliorent très
souvent.
Que ce soit chez l'enfant ou
chez l'adulte, l'attitude du chirurgien-dentiste homéopathe est déterminée
par le contexte:
Il n'y a pas encore ébauche d'une lésion
carieuse:
La prévention classique s'impose
par des applications de fluor, des conseils d'hygiène. Puis il faut penser à
la prévention homéopathique = anamnèse complète et minutieuse à la
recherche du "remède de fond", souvent Silicea.
Il ne faut pas oublier que ce
type de pathologie exige un traitement de longue durée, il faut prévenir le
patient. C'est particulièrement le cas pour Silicea qui a une action lente
du fait de son métabolisme. Ensuite, la silice n'est pas le seul minéral qui
peut poser des problèmes et il ne faut pas oublier la vitamine D.
Il y a déjà une ou des lésions:
Les lésions peuvent être plus ou moins
discrètes (taches blanches) ou plus avancées (pertes de substances). De
toute façon, il faut dispenser les soins dentaires et entreprendre le
traitement homéopathique.
Nous avons vu souvent des taches blanches
disparaître après plusieurs semaines de traitement, la sensibilité au froid
diminuant progressivement, ce qui est un excellent signe.
LES COMPLICATIONS DE LA
CARIE
Même actuellement, il est courant de voir
des dentures très délabrées avec des lésions carieuses particulièrement
abondantes ayant abouti à des destructions quasi totales. On peut voir aussi
et encore aujourd'hui des dents traitées insuffisamment depuis longtemps présenter
des fistules.
Si le traitement endodontique est conduit correctement, la fistule
disparaît plus ou moins rapidement. Si tel n'est pas le cas, trois
médicaments peuvent être prescrits selon le contexte clinique:
·
Surtout
SILICEA, remède de la
suppuration chronique sans tendance à la guérison, sans signe
inflammatoire. Remède d'élimination de corps étranger (pâte canalaire en
excès dans le péri-apex). Commencer par une basse dilution d’action
centrifuge deux fois par jour, puis élever la dilution jusqu'à
amélioration (action lente).
·
FLUORIC
ACID. (acide
fluorhydrique) a une action élective sur la suppuration osseuse avec
fistule très pruriante, pus corrosif et irritant, élimination
d'esquilles osseuses. Son indication exige une similitude plus grande
que les seuls signes locaux: sujet dystrophique, ne supportant pas la
chaleur, ayant une tendance aux caries dentaires délabrantes, notamment
par atteinte de l'émail (mode réactionnel luétique).
·
HEKLA
LAVA (lave volcanique du
Mont Hekla en Islande) est un "petit" remède (pathogénésie limitée) de
suppuration osseuse plus ou moins chronique avec induration douloureuse de
la zone atteinte, notamment de parodontopathies. On le donne en 5 CH une à
trois fois par jour jusqu'à l'amélioration
Les photos ci-dessous montrent des fistules
d'origine dentaire:
|
 |
 |
LA MALADIE PARODONTALE
elle concerne plus
particulièrement l'adulte
La matière médicale est
explicite (et elle a la priorité !): "La gencive se
rétracte" (Kent), "Mal de dents dont la douleur est profondément située,
dans le périoste, dans la gaine fibreuse des racines et qu'un abcès s'est
formé. Abcès à la racine des dents. Pyorrhée; abcès aux gencives…"
(Lathoud).
Silicea n'est
pratiquement jamais un médicament de début de maladie, notamment dans les
maladies parodontales. Certes, il est évidemment possible, voire fréquent,
de voir des patients arriver à la consultation avec une maladie
parodontale déjà très grave et ayant besoin de Silicea.
Lorsque l’on voit un patient présentant
une maladie parodontale, il est évident qu’il faut
commencer par réaliser les soins nécessaires. Silicea est
prescrit après
une étude minutieuse des symptômes locaux et généraux, et même après une
anamnèse précise. Mais, Silicea n’a pas d’action immédiate, il a au
contraire, une action lente, très lente. D’ailleurs, sa pathogénésie a été
surtout réalisée chez des sujets atteints de silicose.
Il est donc utile de proposer
des médicaments d’action plus rapide et plus ponctuelle sur les signes
buccaux, notamment sur la suppuration. On peut penser à l’un des
médicaments suivants :
HEPAR SULFUR :
Ce médicament est préparé en
calcinant en parties égales de la fleur de soufre (Sulfur) et du
carbonate de chaux impur provenant de la couche moyenne de l’écaille
d’huître (Calcarea carbonica). Sa pathogénésie reflète ses deux
composants mais le mode de préparation explique la présence de symptômes
différents de ses deux composants, qui en font un remède de fond de
nombreux troubles, dont la carie dentaire et le rachitisme.
Sa prescription dans un processus suppuré aigu est justifiée lorsque les
signes suivants sont présents :
·
Inflammation aiguë
avec suppuration et avec des douleurs violentes (la sensation
d’écharde décrite dans les livres n’est pas constante lors d’un abcès
dentaire).
·
Hyperesthésie sensorielle à la douleur
= le patient ne supporte pas le moindre attouchement ou contact de la zone
douloureuse (il est donc difficile d’apprécier le stade évolutif).
·
Aggravation par le froid et surtout les courants d’air
(le patient s’enveloppe souvent la tête dans un foulard).
·
Amélioration par
la chaleur (compresses chaudes).
·
Souvent le pus a
une odeur désagréable qui rappelle le “ vieux fromage ” (signe inconstant
dans un abcès dentaire).
·
Suppuration
parfois chronique, que l’on oublie trop souvent.
En fait Hepar sulfur
« couvre » toutes les étapes de la suppuration, le plus souvent dans les
cas aigus. Mais ne pas oublier que c'est aussi un médicament de fond avec
deux versants = le versant « carbonique » dû à Calcarea
carbonica et le versant éliminatoire dû à Sulfur. La
dilution tient compte de l’état de la suppuration = s’il y a une
suppuration, même discrète, il faut commencer par une 4 ou 5 CH et
poursuivre en élevant la dilution.
PYROGENIUM :
Il s’agit d’un biothérapique
que l’on utilise en homéopathie depuis 1880 et qui est préparé à partir
d’un lysat septique de viandes animales et de placenta humain. Il
contiendrait des produits de dégradation, des germes variés et des
substances pyrogènes. Il a fait l’objet d’une pathogénésie mais c’est
surtout l’usage clinique qui a confirmé son activité dans tous les
processus infectieux et suppurés : abcès, furoncles, anthrax, plaies et
blessures infectées, otites, sinusites, fistules, etc....
La matière médicale ajoute :
·
Suite de tous
états septiques avec prostration, agitation (le lit paraît
trop dur), endolorissement général, sensation de meurtrissure, de
courbature, de brisure.
·
Discordance entre le pouls et la température.
·
Fétidité
de toutes les sécrétions
et excrétions: haleine, sueurs, urines.
·
Autre indication =
suite d’intoxication alimentaire par produits avariés (Arsenicum album).
Bien entendu, on le prescrit sur la seule
notion de processus suppuré sans attendre le tableau clinique d’une grave
atteinte de l’état général.
ECHINACEA ANGUSTIFOLIA :
 |
Cette composée est utilisée empiriquement en homéopathie contre les
suppurations de toutes sortes. Des études récentes ont montré que la
plante fraîche avait bien une activité immunostimulante et
anti-inflammatoire en basse dilution (3 à 6 DH) et immunosuppressive
en haute dilution. |
La matière médicale montre bien quelques
signes = asthénie, adynamie, sensation d’épuisement, courbatures
ressenties dans les membres. Mais il est essentiellement prescrit lors
d’un processus suppuré, quel qu’il soit, soit en 4 CH, soit en 6 DH
(quelques gouttes dans un peau d’eau deux à trois fois par jour), le plus
souvent associé à d’autres remèdes.
CALENDULA :
Utilisée empiriquement dans
les plaies infectées, cette composée (le souci des jardins) a vu, elle
aussi, son action confirmée par des études récentes.
Ses différents composants
expliquent une action anti-infectieuse, antibiotique, antifongique,
anti-inflammatoire, etc...
On l’utilise souvent en bains
de bouche (quelques gouttes de T.M. dans un peu d’eau), soit en 4 ou 5 CH
deux à trois fois par jour, soit au cours et après la chirurgie dentaire à
titre préventif, ou à titre curatif.
On peut envisager également :
SIEGESBECKIA :
|

|
L’herbe divine
peut être un petit remède de suppuration surtout chronique. Sa
pathogénésie limitée le confine à une action ponctuelle,
complémentaire éventuellement de Silicea = suppuration
n’importe où dans l’organisme, indiqué aussi bien lorsque le pus est
collecté ou lorsqu’il est en train de se collecter, avec ou sans
douleur (contact) et accompagnée ou non de fistulisation. Il complète
bien Silicea.
On le donne classiquement dans les ostéites, les
mastoïdites, les otites, etc... |
Le plus utile sans doute = MICA
Le plus
utile parce qu’il s’agit d’un double silicate d’alumine et de potassium.
La matière médicale précise : "Les dents se déchaussent et remuent
dans leurs alvéoles".
Cependant, ces signes ne suffisent pas. Il
faut que le patient ait une mauvaise nutrition par mauvaise assimilation,
qu'il manque de chaleur "vitale", qu'il soit sensible au froid. Le
comportement évoque également Silicea = sujet découragé, désespéré
de guérir, dégoûté de la vie, constamment irritable et de mauvaise humeur,
ne veut pas manger (toute nourriture l'écoeure et surtout il ne voit pas
l'intérêt de prolonger une vie aussi triste !).
Ce médicament est sans doute
plus utile chez des sujets insuffisants cardiaques, asthéniques, avec des
engourdissements cutanés et des douleurs dans les membres.
On voit donc qu'il complète
bien Silicea. On le prescrit en 5 CH une à deux fois par jour puis en 9 CH
dès amélioration.
oOo
On vient de voir que SILICEA a
besoin d’être encadré par des médicaments d’action limitée et ponctuelle
qui le complètent. Il y a aussi une explication = la lenteur de l’action de
ce minéral. Il faut le donner durant plusieurs semaines, voire plusieurs
mois. Cela ne pose pas de problème devant une parodontopathie déjà
évoluée, qui nécessite de nombreux traitements, chirurgicaux souvent. On
peut même dire que si l’on se contente de cureter les poches parodontales,
il y a une forte probabilité de récidive, faute d’une action sur le
« terrain ».
Ceux qui ont suivi
l’enseignement de Roland ZISSU connaissent ses fameux tableaux. Il en
proposait à toutes occasions, tout en affirmant qu’ils étaient forcément
incomplets. Mais cependant, avec un peu d’habitude, ils donnent une bonne
appréciation de la place d’un médicament parmi les autres, auxquels il
succède ou qu’il précède dans une suite médicamenteuse.
Il faut lire ces tableaux de
haut en bas. En haut, les médicaments du départ, c’est pour cette raison
que l’on y trouve des médicaments constitutionnels, les trois « Calcarea »
de base. En bas du tableau se trouvent les médicaments d’aboutissement
dans la décompensation. On peut ainsi suivre une éventuelle évolution.
Pour chaque médicament, il est intéressant d’ouvrir une matière médicale
et relire les circonstances étiologiques pour comprendre quels sont les
facteurs qui expliquent cette évolution. Chaque médicament est « entouré »
de médicaments qui complètent l’action de ce dernier.
Voici un tableau de R. ZISSU
sur les relations de Silicea.
Attention = le tableau ci-dessous
représente les relations de Silicea sur un plan général. Il convient d’en
extraire les enseignements utiles en pratique bucco-dentaire.
|
 |
Sous Calcarea
carbonica, on peut voir les étapes du mode psorique. Sous Calcarea
phosphorica, celles du mode tuberculinique et sous Calcarea
fluorica, celles du mode luétique. En fin du tableau, on trouve les
biothérapiques diathésiques, ce qui est logique.
Comme on peut le voir sur le tableau,
l’évolution vers l’aggravation se fait de Natrum
muriaticum vers Silicea est classique, du moins chez
les sujets réagissant sur le mode tuberculinique. Elle se comprend par les
troubles de la minéralisation. Lorsqu’une cellule se déminéralise, il y a
d’abord des perturbations du métabolisme de l’eau. La cellule se
déshydrate et perd ses minéraux. C’est le stade couvert par Natrum
muriaticum, car le chlorure de sodium joue un rôle métabolique
important dans ces mécanismes. Ensuite vient le stade de Silicea
qui est l’un des minéraux impliqués, mais pas le seul.
La gingivite de Natrum muriaticum
s’aggrave vers la maladie parodontale dont Silicea est le remède de
premier niveau, notamment lorsque des poches suppurées apparaissent et
surtout tendent à la chronicité. Une étude déjà ancienne a montré l’action
de dilutions de silice sur les macrophages.
Rappels de conseils de posologie =
Silicea
doit être donné longtemps car son action est essentiellement chronique. En
cas de suppurations, il faut commencer par les basses dilutions à action
centrifuge = 4 CH, puis 7 CH, puis 9 CH , etc.....Compléter par des
« petits médicaments » à action ponctuelle.
LES AUTRES INDICATIONS
BUCCO-DENTAIRES DE SILICEA
D’abord voici ce que l’on peut lire dans la matière médicale de J. A.
LATHOUD :
" Il y a, au niveau
des lèvres, des symptômes marqués. D'abord la lèvre supérieure est souvent
gonflée comme dans Hepar sulfur. D'une manière générale, les
lèvres sont gercées, sèches, fendillée, squameuses, particulièrement au
niveau du bord externe; il y a tout le long de leur rebord un liseré
crevassé, croûteux. Egalement, leurs commissures peuvent être ulcérées,
crevassées (Ammonium carbonicum, Arum triphyllum, Condurango,
Graphites, Natrum muriaticum, Nitri acidum, Hepar sulfur).
La bouche
est sèche et cela peut s'accompagner d'une soif vive.
La langue
est revêtue d'un enduit brunâtre, est tuméfiée, excoriée, paraissant
engourdie. On a noté à ce niveau un symptôme particulier: sensation
d'un cheveu sur la langue au degré fort = Allium sativum
(a cette sensation au degré faible, marquée surtout la nuit et le matin) –
Natrum muriaticum – Natrum phosphoricum
(surtout à la pointe de la langue) – Kali bichromicum (à la
base de la langue).
Les
dents se gâtent par suite de l'altération de leur émail chez le
sujet qui manque de silice, chez lequel la déminéralisation de Silicea
est marquée. La dentine contient en effet beaucoup de silicate de chaux et
chez un tel individu, la surface de la dent devient rugueuse, perd son
apparence émaillée et la carie peu à peu s'installe. Ceci est surtout
marqué au niveau du collet (Kent).
Les dents
font mal quand le temps est humide et froid; maux de dents par un temps
pluvieux.
Les dents
sont jaunes, elles se gâtent rapidement et au niveau des collets, elles se
déchaussent, la gencive se rétractant (Kent).
Violent mal
de dents la nuit, quand ni la chaleur ni le froid ne soulagent et après
que le sujet a eu très froid aux pieds.
Cependant,
il faut noter que, d'une manière générale, les maux de dents de Silicea
sont améliorés dans une chambre chaude, par les boissons chaudes.
Mal de
dents dont la douleur est profondément située dans le périoste, dans la
gaine fibreuse des racines et qu'un abcès s'est formé; fistules dentaires;
abcès à la racine des dents. Pyorrhée (Mercurius
solubilis). Gencives gonflées et sensibles au froid.
Chez
l'enfant, la dentition est difficile.
Gonflement
et induration des glandes salivaires, surtout des parotides; les parotides
grossissent à chaque rhume et deviennent dures…".
Commentaires:
Comme on peut le constater les
signes bucco-dentaires de Silicea sont nombreux. On peut constater
aussi que chacun d'entre eux évoque tel ou tel médicaments. C'est là tout
le problème de l'homéopathie car, pour résoudre l'équation de la
similitude, il est nécessaire de faire la synthèse et de déterminer le
médicament qui a le plus de signes du malade, de préférence des signes
hautement hiérarchisés.
C'est là que le recours à
l'informatique rend d'immenses services par la rapidité, le temps gagné
sur la recherche manuelle pouvant être consacré à l'approfondissement de
l'observation.
Cependant, il ne faut pas
croire que le répertoire informatisé va dispenser le praticien de tout
effort intellectuel !!! Pour commencer, il faut apprendre à s'en servir.
Par exemple, le terme de "perlèche" n'est pas dans le Répertoire de Kent,
qui classe les symptômes tels qu'apparus lors de l'expérimentation
pathogénétique sans corrélation avec une maladie précise.
« L’homéopathie soigne des malades, non des maladies ». Il faut donc
chercher à "Lèvres crevassées, aux commissures". Et l'on trouve 25
remèdes. Ce problème n’est pas spécifique des logiciels d’homéopathie car
ceux-ci ne sont généralement que la traduction informatique des
répertoires en papier.
Une indication souvent méconnue ou oubliée :
l’élimination de corps étrangers
Silicea a un
pouvoir éliminateur étonnant vis-à-vis de corps étrangers ou de séquestres
osseux ou encore d'un débris dentaire laissé volontairement ou non lors
d'une extraction. Henri VOISIN (1896-1975) précise qu’il semble que
cette action soit encore plus manifeste lorsqu’il existe ou a existé un
commencement de suppuration ou si le séquestre est dû à une ostéite ou une
arthrite chronique suppurée.
Mais l’action est également
efficace lorsque le corps étranger est enkysté et entouré de tissus
fibreux. Il faut y penser en cas par exemple d’un apex dentaire oublié ou d’un
séquestre osseux après extraction.
Il est évident qu’il faut
commencer par une basse dilution d’action centrifuge suffisamment
longtemps et contrôler l’évolution du séquestre par des radios.
CONCLUSION
SILICEA est le type même de
médicament de fond, ce qui s'explique par sa double action = métabolique
et toxique.
La première action,
métabolique, s'explique par la présence de silice dans l'organisme dans
lequel elle joue un rôle éminent dans la croissance et le développement
osseux et dentaire, alors même qu'elle n'est présente qu'en faible
quantité. La silice joue également un rôle dans les systèmes immunitaires.
La perturbation de son métabolisme explique le rôle de Silicea dans
les processus suppurés. Mais, à l'image de son métabolisme très ralenti,
Silicea n'intervient que la suppuration chronique.
L'idéal est de pouvoir le
prescrire suffisamment longtemps avant les troubles, ce qui suppose une
consultation précoce et tout de même quelques signes d'appel encore très
discrets, comme par exemple de légères opalescences de l'émail ou une
sensibilité anormale au froid.
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