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C’est justement parce que les éliminations ne sont plus assurées avec la même efficacité que les grandes fonctions de l’organisme sont atteintes par des pathologies fonctionnelles d’abord, puis organiques et enfin lésionnelles. Dont l’insuffisance rénale n’est souvent q’un élément. Autrement dit, le SULFUR insuffisant rénal a perdu de sa superbe et la prescription de ce médicament pose de gros problèmes = bien choisir le moment, le faire précéder de remèdes complémentaires, souvent à visée émonctoriale, bien choisir la répétition et la dilution, etc… On ne peut ici décrire à nouveau les différentes étapes de la décompensation. Rappelons seulement les signes bucco-dentaires principaux: · Eruptions diverses (dont l’herpès) autour de la bouche, sur les lèvres et dans la bouche… · Aphtes ou vésicules brûlantes. Ulcérations à tendance phagédénique. · Sécheresse buccale et sensations de brûlure… · Gingivite banale au début avec des gingivorragies fréquentes, puis évolution vers la gingivite ulcéreuse, puis parodontopathies de plus en plus graves, au fur et à mesure que la décompensation s’accentue. · Hahnemann écrivait : « Les dents se gâtent, elles se déchaussent, les gencives se rétractent et découvrent les dents.. . ». Il est bien évident qu’entre la gingivite érythémateuse du tout début et la maladie parodontale plus ou moins grave qui motive la consultation, il s’est passé beaucoup de temps. Il est fort probable que le patient ait été suivi ou est suivi depuis cette époque lointaine pour divers troubles bucco-dentaires banales. Il est aussi certain que ce patient soit déjà traité pour des troubles nutritionnels plus ou moins graves, ou pour une hypertension artérielle avérée et parfois sévère ou enfin pour une insuffisance hépatique plus ou moins avancée. L’abstention chirurgicale chez ces malades est la règle. Tout au plus le chirurgien-dentiste se limitera à compenser les lésions parodontales, à prescrire tel ou tel médicament à action locale. Mais tout cela ne doit pas empêcher le praticien de se pencher sur les signes présents qui confirment SULFUR : · L’appétit reste souvent conservé malgré les troubles et le régime strict qui est imposé = besoins fréquents de manger, désirs d’alcools, de café, de bière, de sucreries, souvent dégoût de la viande… Appétit souvent vite rassasié. · Abdomen rapidement ballonné après le repas avec sensation de plénitude post prandiale somnolence (mais on est loin de NUX VOMICA coléreux, irascible et actif – GRAPHITES et LYCOPODIUM s’annoncent). · Diarrhées périodiques qui soulagent la céphalée ou améliorent l’état général (il s’agit toujours d’une élimination !). Présence fréquente d’une pathologie veineuse par aggravation de la stase portale et cave = varices, plaies variqueuses, risques d’ulcères variqueux.. .), hémorroïdes brûlantes et saignantes (mais attention à leur suppression !). · Céphalées congestives ou/et migraines périodiques. · Perturbations des constantes biologiques = lithiase, cholestérol, oxalurie, urémie… Ce patient qui autrefois se moquait des facteurs climatiques est devenu frileux, tout en craignant la chaleur, surtout confinée, en raison de nombreuses irrégularités vasculaires apparues progressivement : · Sensations de brûlure et de chaleur (aux pieds notamment = besoin de les sortir du lit) · Parties congestionnées et chaudes alors que d’autres sont froides. · Aggravation par la chaleur sous toutes ses formes car elle accentue la congestion… · Hypertension artérielle avec tendance à la sclérose vasculaire. · Crampes musculaires (les mollets la nuit ou la plante des pieds en marchant)… · Douleurs rhumatismales, voire goutteuses qui annoncent les rhumatismes. · Troubles de la fonction rénale (entre autres) = congestion rénale, pollakiurie surtout nocturne (il y a souvent un diabète gras), brûlures du méat pendant la miction, persistant après… Bref, nous avons ici affaire à un sujet qui s’est décompensé par un mode de vie très défavorable et qui paye les conséquences dont il a été prévenu de longue date. Ce sujet n’élimine plus et pourtant il en a besoin plus qu’un autre = ses émonctoires se sont fermés par surcharge (peau, intestin, reins, séreuses articulaires). Ses troubles pathologiques autrefois sthéniques et vite surmontés laissent place à une pathologie de plus en plus chronique, lente, difficile à guérir. Dans ce contexte, il est évident que les troubles parodontaux ne sont qu’un épiphénomène. Toute thérapeutique chirurgicale est vouée à l’échec et même pire = chez ces patients qui n’arrivent plus à éliminer, il est nécessaire de tenter de réactiver les émonctoires. Ce qui est le travail du médecin. Mais il est impératif de na pas aggraver les éliminations qui sont encore tentées par un organisme débordé. Tous les auteurs soulignent les effets néfastes des solutions trop souvent opposées aux divers troubles = sclérose des varices ou des hémorroïdes, ablation des hémorroïdes, recours trop systématique aux anti-inflammatoires ou aux corticoïdes, etc.. Le dentiste ne doit pas ajouter à cette litanie car le curetage parodontal peut être parfois considéré lui aussi comme un blocage éliminatoire.
CARBO VEGETABILISLe charbon végétal est cité au degré fort dans la présente étude et pourtant le chirurgien-dentiste n’a que très rarement l’occasion de le prescrire, à moins de bien connaître les modes réactionnels qui permettent de comprendre et de deviner une évolution fâcheuse. Pourtant les signes d’une maladie parodontale grave sont très nettement présents et tous les auteurs sont unanimes : · « Les gencives sont rétractées, spongieuses, saignant facilement en les touchant ou même par simple succion ; elles sont très sensibles et même très douloureuses pendant la mastication ou en serrant simplement les dents. Suintement de sang aux gencives par le brossage des dents" (Phosphorus) (Lathoud). · « Gingivite avec déchaussement et saignement, surtout au niveau des incisives inférieures ; ébranlement des dents. Ulcérations bleuâtres brûlantes, saignant. Gingivite, pyorrhée, scorbut ; stomatite ulcéreuse, aphtes, parotidites… » (Henri DUPRAT). Lorsque ces signes buccaux sont réalisés dans toute leur splendeur, le patient se trouve en général dans un état général très atteint et le plus souvent les solutions prothétiques s’imposent. Mais heureusement, tous les patients ne viennent pas consulter à un stade aussi tardif sur le plan buccal et il ne faut pas alors manquer la prescription, pour « sauver » ce qui peut l’être encore. Selon Henri VOISIN, les sujets Carbo veg. sont des anciens (très anciens ?) NUX VOMICA qui ont continué d’abuser largement des excès de table. Ce sont donc des « psoriques » très décompensés et il y a une certaine logique à ce que dominent largement les troubles digestifs. Mais ce qui frappe lorsque le patient entre dans le cabinet dentaire, c’est la pâleur quasi mortelle avec des sueurs froides sur le visage. Tout semble froid = l’haleine, le corps, la face, les pieds, mais ce patient qui aime être couvert du fait de sa frilosité ne supporte pas pour autant la chaleur confinée, il y a besoin d’air frais, il veut être éventé parce qu’il est en état d’hyposphyxie. Par ailleurs, il a de gros problèmes circulatoires = stases veineuses (coloration bleue des ongles ou des lèvres, ecchymoses cutanées et hémorragies capillaires au moindre choc). Autrefois utilisé dans les états d’agonie, les sujets Carbo veg. ont de gros problèmes respiratoires = cyanose, oppression, dyspnée, râles muqueux, bronches envahies de mucosités qu’il ne peut expectorer qu’avec de grandes difficultés. De son Calcarea carbonica d’origine, il a gardé, outre la frilosité et la lenteur, une tendance aux peurs = anxiété en fermant les yeux, rêves de fantômes, de revenants, peur du noir…). Malgré son état de faiblesse, ce sujet a gardé de Nux vomica un gros appétit avec désirs de café, d’aliments sucrés ou salés, aversion pour les graisses, la viande et le lait. Le moindre alcool provoque une brusque et intense rougeur du visage. Après les repas, il a des éructations presque constantes, rances, graisseuses ou putrides, avec une sensation d'acidité dans la bouche et à l'estomac. Et puis peu après le repas, parfois au cours de celui-ci, le patient éprouve une flatulence fétides, brûlantes avec une distension abdominale intense, le tout amélioré par des gaz. Le foie est douloureux, hypertrophié, paresseux, la stase portale a provoqué des hémorroïdes qui saignent facilement et la stase cave a suscité des varices douloureuses améliorées jambes allongées horizontalement. On pourrait continuer ainsi en passant en revue tous les organes et appareils, dont le rein et la fonction rénale qui ne vont pas bien évidemment. Bien entendu, si par hasard, un patient répondant à ce tableau venait consulter pour ses problèmes dentaires, il est bien évident qu’aucune praticien, même ne connaissant rien à l’homéopathie, n’entreprendrait une intervention chirurgicale parodontale, d’autant moins que le simple examen dentaire ou parodontal déclenche un abondant saignement gingival = hémorragie passive et continue de sang noirâtre, décomposé, non coagulable.
Quelle peut être la conduite à tenir ? Il faut bien entendu
entreprendre tout ce qui peut l’être pour supprimer ou corriger les épines
irritatives locales (extraction des débris dentaires fréquents, détartrage,
etc…) avec les précautions habituelles. ARNICA pour le traumatisme et CHINA
pour la tendance hémorragique avec asthénie et anémie sont ici très
indiqués. Mais il ne faut pas hésiter à donner CARBO VEGETABILIS 7 CH une à
trois fois par semaine, avec éventuellement l’avis du médecin homéopathe
s’il en consulte un. ARSENICUM ALBUM
On nous a habitué à considérer ARSENICUM ALBUM comme un remède d’évolution vers une aggravation locale lors d’un processus inflammatoire ou générale au cours d’une maladie générale. Et il est bien vrai que ce médicament fait souvent des miracles ! Mais ces indications ponctuelles font parfois oublier qu’ARSENICUM ALBUM peut être un remède de fond, le plus souvent chez un sujet longiligne ayant longtemps réagi sur le mode tuberculinique, épuisé par des séries de troubles de plus en plus graves. Lorsque l’on pense à ARSENICUM ALBUM, on pense presqu’exclusivement à sa toxicité qui domine sa pathogénésie et l’on oublie que l’arsenic est naturellement présent dans quelques tissus = peau, sang, cellules, glandes dont la thyroïde. Sa présence dans la peau et ses nombreuses indications en dermatologie laisse supposer son rôle dans les éliminations par la voie cutanée et évoquent des rapprochements avec SULFUR à sa phase asthénique (ou sthénique en cas de dermatose grave) et surtout avec PSORINUM dont il partage de nombreux signes (manque de réaction, frilosité, anxiété…). Roland ZISSU rappelle qu’ARSENICUM ALBUM est un dys-thyroïdien et un hypo-surrénalien (type maigre). La toxicité de l’arsenic s’exprime en premier lieu au niveau de l’appareil digestif = gastro-entérite avec des vomissements et de la diarrhée qui peut prendre une forme cholériforme avec les risques habituels de la déshydratation consécutive. Cela explique son indication et son efficacité dans toutes les maladies infectieuses ou toxiques qui s’accompagnent d’un syndrome cholériforme. C’est un médicament qu’il est prudent d’emporter avec soi lors de vacances dans des pays à risques. Après les signes digestifs viennent les signes urinaires puis nerveux. On note d’abord une oligurie puis une anurie avec albumine. L’atteinte nerveuse s’exprime par des paralysies flasques, l’abolition des réflexes (membres), puis par des troubles de la sensibilité nerveuse. L’intoxication chronique permet à l’arsenic de développer une action bien plus profonde, plus insidieuse certes mais menaçante. = troubles digestifs – troubles cutanés – troubles respiratoires – troubles nerveux et in fine une atteinte profonde de la nutrition. Voici les principaux signes de ARSENICUM ALBUM que l’on doit retrouver peu ou prou avant de la prescrire en pathologie générale et en odonto-stomatologie. · Le sujet ARSENICUM ALBUM (chronique) a une nette tendance à la cachexie d’où les traits creusés, la face maladive, les petits sacs remplis d’eau sous les paupières… · La peau est froide, sèche, ratatinée, finement squameuse. · Frilosité importante mais avec besoin d’air frais, recherche et besoin de chaleur mais crainte de la chaleur confinée (il dort bien couvert dans son lit avec la fenêtre entrouverte. · Ce qui ne peut échapper au dentiste = caractère impatient, irritable, critique, susceptible, anxieux et agité. Ses nombreuses peurs se manifestent surtout lorsqu’il est seul, il a peur de l’obscurité, des voleurs, de la mort, de la solitude. Il se croit incurable et redoute l’inutilité des soins, ce qui aggrave son anxiété et son agitation, mais celle-ci alterne avec des périodes de prostration. · C’est un sujet économe, voire avare (surtout avec l’âge par peur des vieux jours), minutieux et méticuleux jusqu’à la maniaquerie agressive. Il est impossible de décrire ici tous les signes de ce polychreste et le recours à la matière médicale s’impose. Rappelons seulement quelques troubles que l’on peut observer au cabinet dentaire : Au niveau de la bouche :
Ces signes bucco-dentaires sont retrouvés quelle que soit par ailleurs l’état de santé de ce patient. Les troubles rénaux qui nous intéressent ici sont présents = néphrite, urines peu abondantes, tendance à l’albumine, mictions douloureuses avec brûlures de l’urètre pendant la miction, faiblesse consécutive ressentie dans l’abdomen. Il peut exister des œdèmes. De même, il est très fréquent que le sujet Arsenicum album soit atteint d’une dermatose = peau sèche, rugueuse, écailleuse, desquamation fine comme de la farine. Toutes les éruptions provoquent des douleurs brûlantes et pruriantes, < par le froid, > par la chaleur, exacerbation entre minuit et 3 heures du matin ou en se déshabillant. Ce patient peut avoir aussi des troubles cardiaques ou /et respiratoires (en particulier un asthme dont la crise survient souvent entre minuit et 3 heures du matin. Tous les troubles s’accompagnent toujours d’anxiété et d’agitation. Un patient calme et serein ne correspond pas à ARSENICUM ALBUM.
PHOSPHORUSCe médicament, éminemment important du fait de sa double action métabolique et toxicologique, présente deux aspects opposés : son rôle métabolique explique son indication dans des troubles typiquement oxygénoïdes du sujet jeune longiligne réagissant sur le mode tuberculinique. Son action toxicologique concerne en fait une pathologie lourde ou grave chez n’importe quel sujet, quel que soit le biotype et diverses manifestations scléreuses du sujet âgé. Ses circonstances étiologiques sont les suivantes : le surmenage intellectuel, les convalescences de maladies graves, les pertes de liquides organiques, les poussées de croissance trop rapide, les atteintes toxiques ou infectieuses du foie (hépatite virale par exemple). Toutes ces circonstances devraient entraîner des indications fréquentes, voire quotidiennes. C’est peut-être le cas en médecine générale, mais personnellement nous ne trouvons qu’exceptionnellement son indication chez l’enfant tuberculinique, peut-être un peu plus fréquemment chez l’adolescent. Il faut sans doute s’en réjouir. Avant les antibiotiques, PHOSPHORUS était utilisé avec succès dans la tuberculose ostéo-articulaire, mais avec beaucoup de risque d’aggravation dans la tuberculose pulmonaire, qui reste aujourd’hui encore une contre-indication. Est-il utile de rappeler son type sensible ? Il est à l’évidence le même que CALCAREA PHOSPHORICA, car le phosphore a donné son nom à la constitution longiligne, longtemps appelée « phosphorique ». L’image de la flamme de phosphore qui s’embrase très vite mais s’éteint aussi vite illustre bien les troubles oxygénoïdes de l’enfant tuberculinique : sujet hypersensible, hyper-émotif, vite exalté et passionné, mais instable, aussi vite déprimé ou épuisé. C’est un hyper-thyroïdien, un hypersympathicotonique, un « cérébral » (de SIGAUD). La cyclothymie est encore plus manifeste que dans les autres médicaments de la série. A la phase sthénique, l’enfant peut être actif, brillant sur le plan scolaire, dominateur, charmeur, puis la phase dépressive apparaît avec apathie, aversion pour tout effort physique et surtout mental. Il devient alors susceptible, indifférent, pleure facilement. Ce sujet a toujours besoin de récupérer après un effort, il a besoin de dormir longtemps et beaucoup, il mange beaucoup et souvent, même la nuit, avec désir d’aliments salés et froids, sensation de vide et de défaillance s’il ne mange pas. Bref, on trouve des signes qui évoquent soit NATRUM MURIATICUM, soit IODUM, ou d’autres comme PHOSPHORIC ACID. son complémentaire aigu. Les troubles bucco-dentaires de PHOSPHORUS ne sont pas spécifiques : · Lèvres sèches et parcheminées, saignement facile. · Gencive enflammée, œdématiée, ulcérée, suppurante et surtout gingivorragies très abondantes. · Aphtes sur la face interne des joues et des lèvres. · « Les dents se gâtent rapidement. Les gencives saignent et découvrent les dents » (Kent). · « Enflure, hypertrophie de la mandibule, nécrose et ostéite. Déchaussement des dents avec gingivorragies faciles » Ce qui domine c’est la tendance hémorragique. En pratique courante, PHOSPHORUS est donné chaque fois que la pathologie locale évolue vers l’aggravation, malgré la prescription du remède correspondant qui semble pourtant bien indiqué, PHOSPHORIC ACID. par exemple lors d’une gingivite ulcéreuse aiguë. Ou encore lorsque NATRUM MURIATICUM semble inefficace. Alors que le phosphore est un néphrotoxique important, les matières médicales n’insistent pas trop sur les signes rénaux = tendance à la dégénérescence graisseuse du foie, du cœur, du pancréas et des reins (urines peu abondantes, troubles, blanchâtres et à sédiment rougeâtre…). Dans PHOSPHORUS, il y a une nette tendance aux troubles osseux = ostéites, tendance à la nécrose et à la suppuration, en autres au niveau des maxillaires. S’il y a conjonction de l’insuffisance rénale, de la détérioration de l’état général et d’une maladie parodontale et si l’on trouve les signes de PHOSPHORUS, nous conseillons personnellement de confier le traitement à un médecin homéopathe. PHOSPHORUS n’est pas un médicament facile à prescrire. Il faut se méfier des dilutions basses, en dessous de 5 CH ; des prises répétées, sans oublier la contre-indication absolue chez le tuberculeux.
NATRUM MURIATICUM
Le chlorure de sodium joue un rôle métabolique essentiel dans la régulation des échanges ioniques entre les cellules et le milieu intérieur. Aussi les fuites minérales dont le sodium, le chlore et le potassium entraînent-elles des troubles de la nutrition (amaigrissement prédominant à la moitié supérieure du corps et infiltration cellulitique de la moitié inférieure), une atteinte des muqueuses (avec alternance de sécheresse et d’un état catarrhal), des troubles cutanés (face huileuse, peau sèche ailleurs, eczéma « solaire », acné, urticaire, verrues, etc...), enfin des perturbations psychiques (déprime, asthénie psychique et physique, repliement sur soi avec besoin de solitude, aggravation par la consolation, etc...). Il est classique de présenter les sujets répondant à NATRUM MURIATICUM comme des longilignes, maigres ou amaigris, réagissant électivement sur le mode tuberculinique. C’est le premier médicament de la déminéralisation cellulaire, conséquence de la déshydratation, elle-même consécutive aux fuites minérales. Mais il ne faut pas perdre de vue que le sodium est hydratant, et de plus déprimant et irritant. Autrement dit, avec le chlorure de sodium, il existe des perturbations du métabolisme de l’eau par conséquent de la fonction rénale. Aussi, existe-t-il des sujets dont le remède est NATRUM MUR. et qui ont tendance à la rétention d’eau, aux œdèmes, qui n’ont certes rien à voir avec ce que l’on retrouve dans NATRUM SULFURICUM. NATRUM MURIATICUM est l’un des médicaments de l’insuffisance rénale, de la néphrite chronique avec rétention chlorurée, proche dans ce cas de ARSENICUM ALBUM du fait de la tendance à la cachexie, à l’amaigrissement avec asthénie et anémie. On constate une augmentation des urines qui sont colorées, chargées en sels, contenant un sédiment rouge comme de la brique pilée. Les envies sont fréquentes, il y a parfois une incontinence en marchant, ou même en éternuant. Malgré quelques œdèmes plus ou moins discrets, il s’agit plutôt de bouffissures ici ou là, le sujet insuffisant rénal du type Natrum muriaticum est amaigri, visiblement déprimé, au comportement réservé, voire secret, qui répond par monosyllabes et avec une mauvaise volonté évidente. Il supporte mal les tentatives de compréhension, devient alors irritable. En l’interrogeant, on apprend qu’il souffre de céphalées battantes, de palpitations cardiaques à l’effort ou aux émotions. Il a parfois des crises d’asthme aggravées dans une pièce chaude et fermée, améliorées au grand air. Sur le plan digestif, malgré la maigreur, l’appétit est souvent conservé, mais vite rassasié. On ne retrouve pas systématiquement le désir d’aliments salés et la soif vive qui ne s’expriment que durant des périodes de déshydratation. En mangeant, des sueurs huileuses apparaissent au visage. Quelquefois, la déglutition est difficile par manque de salive. Enfin, il y a souvent une tendance à la constipation atonique par sécheresse avec de temps en temps une diarrhée aqueuse. Voici donc le cadre général à grands traits dessinés dans lequel apparaissent les troubles bucco-dentaires. Le patient vient consulter pour : · Une gingivite souvent importante, parfois d’aspect scorbutique avec un œdème gingival et des gingivorragies importantes. · Le patient se plaint d’une sensation de sécheresse buccale alors que l’on constate le plus souvent une salive importante. · Les aphtes sont fréquents. · La langue est rarement intacte. Il y a des vésicules brûlantes, des ulcérations, des zones dépapillées, des sensations de brûlure (NATRUM MURIATICUM est un remède important de glossodynies).
·
Enfin, il existe de nombreuses douleurs
dentaires, pouvant aller jusqu’à de vraies névralgies faciales (suivant la
courbe solaire). PULSATILLALa variabilité des symptômes, avec parfois un côté paradoxal laissant perplexe, caractérise la première phase du mode tuberculinique. Il se passe quelque chose, mais les prémisses ne suffisent pas à préciser quoi exactement. Il y a augmentation des oxydations, puis destruction cellulaire et l’ensemble des déchets de cellules détruites provoque un encombrement de la circulation veineuse. C’est le stade de PULSATILLA. En quelques mots voici les signes les plus caractéristiques de ce grand médicament : variabilité des signes psychiques (humeur changeante, pleurs faciles, consolation rapide et recherchée, « enfant du soleil et des giboulées ») et physiques (douleurs erratiques, selles variables) - congestion et stase veineuse - écoulements épais et doux, non irritants, de toutes les muqueuses - absence de soif même au cours de la fièvre - plus mal le matin que le soir - aggravation par la chaleur et amélioration par le frais ou les applications froides. La congestion veineuse est le trait dominant de PULSATILLA. Or celle-ci se produit dans deux cas : 1. La congestion veineuse peut se voir en cas d’atteinte de la fonction hépato-digestive surchargée par un mode vie défavorable = sédentarité, excès alimentaires, caractéristique du mode réactionnel psorique. Les éliminations se font mal, la congestion artérielle s’établit, de même que la congestion cave et porte. PULSATILLA est ici un complémentaire éventuel d’un sujet chez lequel SULFUR se trouve dépassé. 2. La congestion veineuse peut être expliquée par l’encombrement de la circulation veineuse par suite des destructions cellulaires par déminéralisation. C’est le mode tuberculinique, le sujet ayant besoin de minéraux pour accélérer ses oxydations, seule moyen de défense dont il dispose. Pour ces raisons, on peut dire que PULSATILLA est un remède « carrefour » impliqué dans deux modes réactionnels = psorique ou tuberculinique. Dans le premier cas, il se trouve proche de GRAPHITES par la tendance aux ralentissements, aux difficultés éliminatoires, mais ce dernier est un frileux très sensible au froid, alors que PULSATILLA est certes un peu frileux, mais il craint surtout la chaleur sous toutes ses formes qui provoquent et aggravent de nombreux troubles, dont des douleurs dentaires en rentrant par exemple dans une pièce surchauffée en venant du froid. Dans le second cas, PULSATILLA se trouve proche de SEPIA, qui est son remède d’aggravation, lorsque la congestion veineuse se concentre sur un organe et notamment au niveau du petit bassin. Mais heureusement, de nombreux signes les différencient même s’ils sont reliés par la physiopathologie = le comportement psychique est opposé. Même s’il ne s’agit de notre part que d’hypothèses, il semble que l’insuffisance rénale de PULSATILLA résulte de la tendance à la congestion veineuse. Les signes urinaires ne sont pas spécifiques, ni caractéristiques. Il en va de même pour les signes bucco-dentaires, banals en eux-mêmes = sécheresse buccale, sans soif, gingivite banale avec tendance aux parodontopathies, dysgueusies, douleurs dentaires. L’indication repose donc avant tout sur le comportement psychique fait de dépendance affective, de recherche éperdue de la sympathie ou de l’amour, d’émotivité larmoyante, sujet passant facilement des larmes aux rires, facilement vexé, irrésolu et résigné, souvent triste, mais adorant être consolé (tout le contraire de NATRUM MURIATICUM et de SEPIA. Ensuite,
la congestion veineuse périphérique est la critère essentiel de la
prescription avec notamment l’intolérance à la chaleur sous toutes ses
formes, la très grande variabilité des symptômes qui laisse perplexe le
praticien. LYCOPODIUMLYCOPODIUM (« pied de loup », plante herbacée dont on utilise les spores) a une action élective sur le foie et sur l’appareil digestif (métabolisme de l’acide urique, de l’urée, du cholestérol, etc...), sur l’appareil rénal (lithiases) et génito-urinaire, sur la peau et les muqueuses et enfin sur le système nerveux (asthénie physique et mentale). En fait tout découle de l’atteinte hépatique et tous les troubles se manifestent progressivement et s’aggravent vers une dénutrition générale. Il se passe donc du temps entre les premières atteintes facilement réversibles et les troubles graves. C’est ce que l’on constate également au niveau des dents et de leurs tissus de soutien. Au début, les signes bucco-dentaires évoquent un autre médicament, notamment NUX VOMICA = gingivite banale, gingivorragies abondantes (le foie joue un rôle capital dans les mécanismes de la coagulation), ou encore aphtose buccale périodique. Les signes concomitants restent très banals: sécheresse buccale avec absence de soif (signe inconstant, en tout cas pas aussi caractéristique que dans PULSATILLA), dysgueusies (goût amer, de fromage, de moisi). Les troubles digestifs qui précèdent ou accompagnent les troubles bucco-dentaires évoquent également NUX VOMICA: dyspepsie flatulente, pyrosis, distension abdominale (même s’il mange peu), sensation de plénitude, constipation avec besoins inefficaces, défécation souvent douloureuse par constriction spasmodique de l’anus ou présence d’hémorroïdes procidentes et douloureuses (< au toucher, assis et > par un bain chaud), on ne retrouve pas l’antipéristaltisme, ou du moins aussi prononcé que dans NUX VOMICA. Mais LYCOPODIUM a une faim vorace vite rassasiée que n’a pas NUX VOMICA, de même qu’une faim nocturne (qui annonce sans doute PSORINUM et que l’on retrouve aussi dans PHOSPHORUS, autre « grand » remède du foie). Au début, il n’est pas facile de distinguer ces deux remèdes car les signes ne sont pas très différenciés. Progressivement, les différences apparaissent: NUX VOMICA est aggravé juste après le repas, avec besoin de desserrer sa ceinture, besoin de faire une sieste qui améliore. LYCOPODIUM est aggravé deux ou trois heures après le repas, entre 16h et 20H, période de la digestion qui fait participer le foie. Dans une deuxième période, l’état général se trouve atteint, comme d’ailleurs les troubles digestifs et bucco-dentaires: éructations et brûlures intenses, ulcère gastro-duodénal, dyskinésie biliaire pouvant aller jusqu’à la lithiase ou à la colique hépatique, gingivite ulcéreuse avec parodontopathies, herpès croûteux et pruriant des commissures labiales, éruptions vésiculeuses dans la bouche. Enfin, dans un troisième tableau, l’aggravation est manifeste aussi bien sur le plan général qu’au niveau des différents appareils. Le sujet tend à maigrir mais garde un gros ventre, l’asthénie physique apparaît et contraste durant une période plus ou moins longue avec un intellect conservé. Les constantes biologiques sont perturbées: acide urique, urée, cholestérol, acides gras, triglycérides, etc... L’appareil rénal et génital n’échappe pas: lithiase urinaire, coliques néphrétiques, urines avec dépôt de sable rouge non adhérent, acétonémie avec vomissements, prostatisme, impuissance avec désirs conservés, etc... Sur le plan bucco-dentaire, la maladie parodontale domine et surtout s’aggrave.
Le patient en est conscient et ressent sa sensibilité comme une faiblesse qu’il cache par un comportement orgueilleux, autoritaire, susceptible, irritable avec des colères relativement rares mais violentes, intolérance à la contradiction. De nombreux signes évoquent encore une fois NUX VOMICA, mais ce dernier semble plus instinctif = il réagit d’abord et réfléchit ensuite, tout le contraire de LYCOPODIUM. Tous deux ont un réveil difficile avec mauvaise humeur. La posologie ne pose pas de problème au début du fait du fonctionnement encore satisfaisant des émonctoires. Une 7 CH deux à trois par semaine donne de bons résultats. Avec la décompensation, ce médicament devient difficile à prescrire. Il faut souvent nécessaire de le faire précéder par des complémentaires d’action ponctuelle, traitement qui revient au médecin.
SEPIAL’indication de ce médicament d’origine animale signifie que les conséquences des facteurs étiologiques psoriques ont fini par susciter une congestion veineuse importante, notamment au niveau du petit bassin. L’originalité anatomique féminine explique sans doute que ce médicament soit plus fréquent chez les femmes. Mais, comme cela a été dit plusieurs fois, lorsqu’un seul mode réactionnel ne suffit plus à maintenir l’équilibre de santé, d’autres modes sont alors utilisés, c’est le cas pour SEPIA, médicament de troubles du mode psorique, mais également ici du mode sycotique (productions tumorales = polypes, papillomes - torpidité de certaines manifestations comme les dermatoses comme le psoriasis ou les mycoses...). Le mode psorique est tout de même dominant et précède le mode sycotique = alternances et successions d’affections cutanées et muqueuses, dont pour ces dernières la muqueuse buccale. Par ailleurs, la congestion veineuse qui prédomine dans SEPIA explique son indication fréquente dans le traitement de troubles typiquement tuberculinique. Et les élastopathies et les ptôses qui s’en suivent donnent à SEPIA un rôle dans le traitement de certains troubles luétiques. C’est donc un médicament poly-diathésique. Les troubles de la fonction hépatique résultent selon notre hypothèse, comme ceux de PULSATILLA, de la congestion veineuse. La gingivorragie est sans doute la sonnette d’alarme de la congestion veineuse portale ou cave. La gingivite apparaît également, HAHNEMANN avait déjà remarqué que « la gencive gonfle et devient douloureuse, ulcération de la gencive, saignement de la gencive, les dents se gâtent rapidement, branlement des incisives inférieures, toutes les dents deviennent branlantes et douloureuse... ». Kent ajoute « Les gencives se rétractent et découvrent les dents ». VANNIER et POIRIER parlent de « pyorrhée ». Mais, et c’est encore un leitmotiv, tous ces troubles apparaissent progressivement, ce qui permet dans certains cas une action préventive. Les troubles bucco-dentaires ne sont pratiquement jamais isolés et font partie de l’atteinte de l’appareil digestif et des conséquences sur la circulation veineuse, portale d’abord, puis cave, enfin général. Comme LYCOPODIUM, SEPIA représente une étape d’aggravation du mode psorique = d’abord du fait du blocage des émonctoires (peau surtout, muqueuses ensuite dont la constipation). LYCOPODIUM se caractérise par une atteinte directe du lobule hépatique, SEPIA par une atteinte préférentielle du système porte. On se reportera à la Matière médicale pour rafraîchir ses souvenirs sur l’ensemble des troubles de ce médicament, notamment sur le comportement psychique largement décrit.
CONCLUSIONL’insuffisance rénale n’est pas du ressort thérapeutique du chirurgien-dentiste, c’est une évidence. Comme c’est autre évidence que les insuffisants rénaux ont très souvent de gros problèmes bucco-dentaires, dont les parodontopathies ne sont qu’un élément. Tout le problème est celui de la prescription par le dentiste de médicaments homéopathiques, certes indiqués par le contexte local qui lui revient, mais qui ont obligatoirement une action générale. En fait tout est une question de choix, de réflexion, afin de ne pas nuite au patient. Chaque fois que possible, nous conseillons la collaboration avec un médecin homéopathe.
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ASSOCIATION ODONTO-STOMATOLOGIQUE D'HOMEOPATHIE
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