|
Retour
HOMEOPATHIE ET
TROUBLES BUCCO-DENTAIRES
PRE-MENSTRUELS ET CATAMENIAUX
|
|
Le cycle
menstruel résulte d’une mécanique hormonale complexe et il est bien naturel
que des troubles apparaissent, soit localement, soit à différents niveaux de
l’organisme. La bouche et les dents, comme toujours, ne peuvent rester en
dehors de ces manifestations. Déjà sur le plan physiologique, les
modifications histologiques de la gencive sont bien connues = augmentation
de la vascularisation, multiplication et redistribution des capillaires
gingivaux peu avant et pendant les règles. Environ 25 à 33% des femmes au
moment des règles présentent des troubles objectifs de la cavité buccale,
comme un gonflement hyperhémique de la gencive marginale ou des papilles. L’herpès
cataménial est déjà plus fréquent. D’autres femmes se plaignent de
gingivorragies, de douleurs dentaires, de dysgueusies ou d’une véritable
gingivite. Le plus souvent, un traitement hormonal s’impose, que seul le
médecin peut proposer.
Cependant, il existe des
troubles bucco-dentaires apparaissant juste avant ou pendant les règles et
ils nous concernent directement, même si le traitement du
chirurgien-dentiste ne peut être que symptomatique.
QUELQUES ÉLÉMENTS DE RÉPERTOIRE
Stomatite menstruelle:
Borax, Chamomilla, Magnesia
carbonica, Calcarea phosphorica, Sepia, Lachesis.
Dysgueusies au cours des règles:
Goût amer au début des règles =
Calcarea phosphorica, Caulophyllum.
Goût putride pendant les règles =
Kali carbonicum.
Haleine nauséabonde:
·
Avant
les règles:
Caulophyllum, Sepia.
·
Pendant
les règles: Baryta
muriatica, Cedron, Mercurius.
Hypersalivation:
·
Avant
les règles: Pulsatilla.
· Pendant
les règles: Agaricus,
Eupionum, Magnesia carbonica, Mercurius, Nux moschata, Pulsatilla.
·
Après
les règles: Cedron.
Gingivorragies:
·
Pendant
les règles: Cedron.
·
Après
suppression: Calcarea carbonica.
Sécheresse de la bouche:
·
Pendant
les règles: Cedron, NUX VOMICA.
·
De la
langue pendant les règles: Cedron,
Sulfuric acid.
« Enflure » des gencives: pendant les
règles: Nitri acid.
Douleurs dentaires:
·
Avant
les règles: Agaricus,
Ammonium carbonicum, Antimonium crudum, Arsenicum album, Baryta
carbonica, Natrum muriaticum, Phosphorus, Pulsatilla, Sulfur,
Thuya.
·
Au
début des règles: Natrum muriaticum, Pulsatilla.
·
Pendant
les règles: Ammonium carbonicum, Arsenicum album,
Baryta carbonica, Bovista, Calcarea
carbonica, Carbo vegetabilis, Castoreum, Cedron, Chamomilla, Coffea,
Graphites, Kali arsenicosum, Kali carbonicum, Lachesis,
Laurocerasus, Magnesia carbonica, Natrum muriaticum, Nitri acid.,
Phosphorus, Pulsatilla, SEPIA, STAPHYSAGRIA, Sulfuric acid.
·
Après les règles:
Ammonium carbonicum, Calcarea carb., Chamomilla, Magnesia carbonica,
Magnesia phosphorica., Phosphorus, Thuya.
Névralgies faciales:
·
Avant
les règles: Ammonium
carb., Manganum, Stannum, Zincum.
· Pendant
les règles: Ammonium carb.,
Causticum, Graphites, Lycopodium, Magnesia carb., Magnesia mur., Natrum
mur., Sepia, Silicea, Stannum, Zincum.
Selon Henri VOISIN
dans son ouvrage « Thérapeutique et
répertoire du praticien homéopathe », on peut voir les éléments suivants:
Règles = troubles
concomitants:
Douleurs dentaires:
Antimonium crudum, MAGNESIA CARBONICA (avant et pendant), Sepia,
Staphysagria.
Langue propre: SEPIA.
oOo
Commentaire personnel:
Il nous paraît que les
références répertoriales données ci-dessus à partir du répertoire de KENT
semblent assez limitées. Il suffit pour s’en convaincre de lire les
rubriques beaucoup plus abondantes dans le chapitre des « Symptômes
généraux », le §121 concernant les règles.
Mais ceci n’est pas un obstacle
dans la mesure où il faut d’abord procéder à l’examen bucco-dentaire pour
éliminer une cause locale qui expliquerait la pathologie, sans que les
règles n’en soient responsables. Puis faire l’observation clinique, « comme
d’habitude » et rechercher le médicament correspondant. Le reste vient
ensuite.
|
PORTRAITS DE QUELQUES
FEMMES LORS DE TROUBLES BUCCO-DENTAIRES PRE-MENSTRUELS ET CATAMENIAUX
|
|
STAPHYSAGRIA
|
 |
C’est un médicament de douleurs dentaires
cataméniales parfois très intenses mais qui sont rarement isolées.
Elles font partie d’un ensemble lié à des règles irrégulières: douleurs
dans les cuisses, fatigue ressentie dans les jambes. Comme pour
PHYTOLACCA, les douleurs dentaires sont améliorées en serrant les dents,
elles le sont également par la chaleur.
La patiente STAPHYSAGRIA
représente le prototype des difficultés relationnelles que le
chirurgien-dentiste homéopathe peut rencontrer avec certains de ses
patients. STAPHYSAGRIA est tourmentée par des problèmes psychiques
qu’elle refoule et n’exprime pas, elle n’en parle à personne et encore
moins à son dentiste. Elle peut très mal interpréter les questions
qu’elle juge sans rapport avec ses problèmes dentaires et donc
indiscrètes.
Ce
refoulement peut illustrer le mode réactionnel sycotique souvent
dominant chez cette patiente (l’image classique de la « prison » accolée
à la sycose depuis R. SCHMITT). Au ralentissement, voire aux blocages
des échanges entre les cellules correspondent les « idées fixes » de
THUYA et le refoulement des déceptions et des frustrations de
STAPHYSAGRIA. Nous avons souvent décrit le type de carie de ces sujets:
carie parfois importante mais avec une dentine réactionnelle noire ou
brune et surtout très dure. Ces dents sont le plus souvent
asymptomatiques, mais les douleurs dentaires ne concernent pas
uniquement les dents cariées. |
Chez l’adulte, les deux modes réactionnels dominant dans STAPHYSAGRIA sont
le mode sycotique et psorique. Ce dernier est favorisé par un mode de vie
sédentaire et des erreurs alimentaires, dont les excès de viande (NUX VOMICA
et LYCOPODIUM) et le tabagisme. Cependant la tendance à l’introversion
explique que contrairement aux deux remèdes cités, les mouvements de colère
ne sont pas exprimés mais refoulés, apparemment dominés, mais somatisés par
la suite ou alors défoulés sur l’entourage proche. Le mode sycotique peut
être sollicité par les effets du froid et du froid humide et par les
traitements chimiques qui sont utilisés abondamment. D’où l’apparition de
troubles typiquement sycotiques: verrues, condylomes, excroissances
pédiculées, avec prédilection de la localisation au niveau de la tête, plus
une tendance aux mycoses génitales (THUYA).
|
|
 |
Type de carie dentaire d'un
sujet ayant besoin de Staphysagria = évolution très lente,
dentine cariée de couleur brune, sombre et très dure.
Elle se
développe dans un climat psychique déprimé par refoulement de peines, de
vexations, de frustrations, de jalousie. Son développement demande du temps,
mais des douleurs peuvent apparaître au moment des règles. |
|
SEPIA
|

|
Une femme SEPIA peut très bien avoir ces traits séduisants, seulement
elle semble accablée par toutes sortes de malheurs qui lui donnent un
air triste.
Rappelons les signes physiques et comportementaux: femme le plus souvent
brune, maigre, au teint terreux ou foncé. On rapporte souvent des taches
brunes sur le visage, notamment à cheval sur le nez. Surtout, il s’agit
d’une femme déprimée, facilement lipothymique (notion utile au cabinet
dentaire). |
Elle est triste et indifférente à tous et à tout: à son travail
qu’elle juge sans intérêt, à son mari et à ses enfants, qu’elles aiment
pourtant et dont elle se culpabilise de ne pas les aimer autant qu’il le
faudrait. Elle a besoin de solitude (devient irritable si on la dérange),
ressent un ennui profond, voit son avenir prochain en... noir. Elle semble à
chaque instant au bord des larmes, surtout si l’on tente de l’interroger ou
si l’on essaye de la consoler.
Il faut reconnaître que cette
femme a bien des justifications à sa dépression. Elle souffre de mille maux,
heureusement fonctionnels pour la plupart, mais aussi d’autres parfois plus
sérieux. Et d’abord de son appareil génital: dysménorrhée, leucorrhée
verdâtre, fétide et irritante, prurit intense. Les leucorrhées sont d’autant
plus abondantes que les règles ont été insuffisantes. Les règles et la
leucorrhée sont accompagnées de douleurs tiraillantes dans la région
lombo-sacrée, < debout, > par la pression forte. Tous ces symptômes sont
aggravés lorsqu’existe une congestion veineuse du petit bassin et une
congestion hépatique, traits caractéristiques de ce remède, avec le besoin
de s’asseoir et de croiser les jambes, attitude qui soulage la sensation de
pression vers le bas ou que les organes génitaux semblent sortir. Il faut
ajouter à cela: la fréquence des infections génitales et urinaires (comme
sont fréquentes les anomalies de l’arbre urinaire = rein ptôse, coudure de
l’urètre...), la tendance au prolapsus utérin, les mycoses vaginales... Sans
aborder ici le problème de la frigidité.
Comme si les problèmes génitaux
ou urinaires ne suffisaient pas, SEPIA a également un appareil digestif
souvent perturbé: dyskinésies biliaires (vésicule parfois ptôsée),
lithiases, hypo ou acholie, constipation atonique avec exonération
incomplète, hémorroïdes prolabées, nausées, migraines, éruptions
eczémateuses; vésiculeuses et HERPES, dont l’herpès cataménial,
etc...
|

|
 |
L’atteinte hépatique explique
quelques signes bucco-dentaires: goût amer et salé, langue chargée gardant
l’empreinte des dents et devenant propre au moment des règles (qui sans
doute décongestionnent la circulation veineuse et le foie).
Pendant les règles, ce sont les
douleurs dentaires qui occasionnent le plus souvent la consultation
du dentiste = douleurs aggravées de 18h à minuit, pulsatives, < par les
boissons chaudes, déchirantes, piquantes, irradiant vers l’oreille, ... L’enflure
de la gencive est aussi un signe important, avec des gingivorragies
abondantes, peut-être plus abondantes lorsque les règles sont insuffisantes.
SEPIA est un remède important de parodontopathies, d’ulcérations gingivales,
de sécheresse buccale (l’un des principaux remèdes du syndrome de Gougerot).
La carie dentaire est fréquente également et explique parfois les douleurs,
mais la période menstruelle est l’occasion du « réveil » de ces douleurs. Il
faut garder à l’esprit que la maladie parodontale peut s’aggraver
brusquement durant la ménopause ou après.
Avec SEPIA, nous avons un remède
particulièrement concerné par les troubles menstruels, dont le
chirurgien-dentiste se doit d’en connaître les conséquences dans son
secteur. SEPIA a une action curative certaine, mais également préventive
pour la maladie parodontale.
|
|
LACHESIS
(venin de serpent)
Sur ce médicament, on a écrit
des dizaines d’articles, tant il se montre indispensable pour de nombreux
troubles, notamment ceux de la femme ménopausée. Et pourtant il n’est cité
que dans deux rubriques: stomatite menstruelle et odontalgies cataméniales.
Si l’on veut résumer son immense
pathogénésie en quelques traits, il faut mettre en avant deux groupes de
signes: les signes neuro-psychiques d’abord = alternance
d’excitation le soir et de dépression matinale, hyperesthésie sensorielle
surtout tactile (intolérance au toucher, aux vêtements serrés à la taille et
au cou), loquacité le soir avec idées délirantes et discours incohérent,
souvent une jalousie maladive et un complexe de persécution, puis dépression
avec tristesse, peurs (des maladies, d’être damnée ou sous l’emprise d’une
puissance maléfique), rêves funèbres, même de son propre enterrement -
puis les signes circulatoires = bouffées de chaleur, tendance
hémorragique, voire hémogénique, hémorroïdes avec douleurs battantes et
sensation de constriction, ecchymoses, cyanose... Il faut également retenir
et souligner la latéralité gauche. Enfin, ses modalités sont
caractéristiques: amélioration par un écoulement physiologique ou
pathologique, aggravation par l’arrêt d’un écoulement dont les règles. Tous
les modes réactionnels sont concernés par ce médicament, notamment pour les
troubles de la ménopause, ceux résultant de l’alcoolisme chronique et les
toxi-infections graves.
|
 |
Du fait de sa modalité principale d’amélioration par un écoulement,
LACHESIS est avant tout un remède de troubles prémenstruels: douleurs
dans l’ovaire gauche (comme THUYA), douleurs dans les hanches irradiant
vers les ovaires, spasmes abdominaux pendant les règles, céphalée
battante avant les règles avec vertiges et épistaxis, douleurs
dentaires, gingivite hémorragique rapidement ulcéreuse. L’ulcération
évoluant vers la nécrose et l’hémorragie sont deux traits dominants de
ce médicament. Les règles sont parfois abondantes et soulagent alors de
nombreux troubles, dont la gingivite. Mais elles peuvent être peu
abondantes et elles s’accompagnent alors de nombreux troubles. |
En particulier,
les troubles bucco-dentaires qui se renouvellent ou
s’aggravent à chaque menstruation, deviennent infiniment plus
graves à l’approche de la ménopause puis lorsque celle-ci est bien établie.
C’est donc un médicament de prévention de ces troubles bucco-dentaires
lorsqu’il en est encore temps, avec à l’évidence la collaboration du
médecin. On peut voir des mobilités dentaires, même importantes, disparaître
en deux ou trois semaines, à condition que LACHESIS soit donné en temps
utile.
|
|
NATRUM MURIATICUM
Ce médicament fait également
l’objet de nombreux articles, du fait de sa pathogénésie importante
résultant du rôle physiologique et métabolique du chlorure de sodium.
Ce médicament présente de
nombreux points communs avec SEPIA, qui est son complémentaire dans
l’aggravation. Le trait dominant qui synthétise la pathogénésie de NATRUM
MUR. est la faiblesse irritable, aussi bien psychique que physique:
déprimé, peureux, triste, larmoyant, boudeur, susceptible, coléreux pour un
rien, volontiers solitaire (pour ressasser ses peines), < par la
consolation. Faiblesse de l’état général qui se manifeste par une asthénie
rapide, une facilité à prendre froid, une tendance à l’anémie et à
l’amaigrissement. Le tout avec une sécheresse extrême des muqueuses à la
moindre inflammation, ou dès les premiers signes de fatigue, dont la
sécheresse des lèvres avec fissure médiane. Il est bien connu que
l’amaigrissement commence par le haut du corps, par le cou qui semble
décharné, malgré un appétit souvent augmenté, ou conservé. La soif et le
désir inhabituel de sel se rencontrent par périodes lorsque le métabolisme
du ClNa est perturbé.
Les règles sont rarement
normales: ou bien elles sont profuses, en avance, le plus souvent
irrégulières, ou bien elles sont peu abondantes ou rares. Il s’agit là de
l’action diphasique bien connue d’une substance toxique. Quelquefois il y a
aménorrhée avec des hémoptysies vicariantes. Il peut y avoir une céphalée
pendant ou après les règles (signe de déminéralisation) ou une constipation
au moment des règles (la constipation est d’ailleurs très fréquente et elle
est due à la déshydratation de la muqueuse intestinale - complémentaire =
BRYONIA).
Sur le plan bucco-dentaire,
NATRUM MUR. présente de très nombreux signes qui expliquent ses indications
fréquentes: sécheresse buccale, gingivite ulcéreuse parfois d’aspect
scorbutique, gingivorragies importantes, ulcérations, caries d’évolution
rapide, aphtes, herpès, perlèche, glossite inflammatoire (langue « en carte
de géographie », le plus souvent asymptomatique et plus fréquente chez
l’enfant). A cela il faut ajouter les nombreuses douleurs et névralgies:
avant, au début et pendant les règles, avec l’aggravation selon la courbe
solaire. Il faut toujours garder à l’esprit que NATRUM MUR. est un
remède important de dys- ou d’hyperthyroïdie. Ne pas l’oublier dans le
syndrome de Gougerot et dans les stomatodynies.
PULSATILLA
Le « portrait-type » de ce
médicament est abondamment reproduit dans tous les ouvrages et articles, au
point de laisser croire qu’il ne concerne que les femmes alors que la
première pathogénésie a été réalisée par HAHNEMANN sur lui-même !
L’action générale est évidemment
toxique. Elle est due à un hétéroside de lactose, le ranunculoside, qui se
transforme par hydrolyse enzymatique en protoanémonine très instable, puis
en anémonine. Cette dernière a une action antispasmodique, antimigraineuse,
antinévralgique. La protoanémonine a une action antibactérienne et
vésicante. Mais elle est instable, ce qui peut expliquer l’extrême
variabilité des symptômes de PULSATILLA = humeur changeante, pleurs
faciles, mais consolation rapide, douleurs erratiques, selles variables,
etc... et règles irrégulières, le plus souvent en retard, intermittente
(plus prononcées le jour). Lorsqu’elles sont insuffisantes, elles
s’accompagnent de coliques, de douleurs abdominales et hépatiques, de
nausées et vomissements. Et d’une hypersalivation pendant les règles, de
douleurs dentaires avant et pendant les règles.
La congestion veineuse
périphérique est un trait dominant de l’action toxique, qui explique
l’indication de ce médicament lors de la première phase du mode réactionnel
tuberculinique notamment dans les inflammations des muqueuses avec les
caractéristiques et modalités bien connues. Ne pas oublier l’aggravation par
la chaleur, surtout confinée, ou le rôle des boissons chaudes dans le
déclenchement et l’aggravation des douleurs dentaires.
MAGNESIA CARBONICA
Comme tous les remèdes à base de
magnésium, ce médicament présente de nombreuses douleurs faciales, dentaires
et autres. Les douleurs sont aiguës, fulgurantes, paroxystiques, pliant le
malade en deux lorsqu’elles sont abdominales, améliorées par le mouvement.
Les douleurs dentaires apparaissent à chaque changement de temps, quand il
passe au froid.
Et c’est un remède important de
douleurs dentaires avant et pendant les
règles, ou durant la grossesse. Ce sont des douleurs déchirantes, plus
fréquentes à gauche. KENT dit que « les dents sont tellement douloureuses
que le dentiste ne peut les toucher ». Mais depuis, l’anesthésie locale a
fait des progrès! Le même auteur affirme que les douleurs sont ressenties
dans les racines, alors qu’ANTIMONIUM CRUDUM, autre remède de douleurs
dentaires, affecte surtout la dentine. Les dents sont très sensibles, le
malade ne peut manger, a la sensation que ses dents sont trop longues.
On reconnaît MAGNESIA CARB. à
l’épuisement de la patiente, à sa faiblesse irritable, à l’acidité qui
caractérise plusieurs signes: goût, odeur des sécrétions et excrétion,
acidité du tube digestion avec éructations acides, désir de viande,
d’acides, de fruits acides, aversion pour les légumes. Les règles sont en
retard, peu abondantes, épaisses comme de la poix, elles coulent surtout la
nuit et cessent pendant la marche. Elles sont très douloureuses: céphalées,
maux de reins, douleurs abdominales crampoïdes (qui arrêtent le flux) et les
douleurs névralgiques de la face.
GRAPHITES
Son ralentissement métabolique
et endocrinien explique les signes d’auto-intoxication sur le plan général
avec épuisement du mode psorique (blocage des émonctoires = constipation,
éruptions suintantes épaisses, frilosité, obésité....) et mise en oeuvre du
mode sycotique (imbibition hydrique, < au froid humide...).
Les règles sont en retard, peu
abondantes, pâles (du fait de l’anémie), accompagnées de violentes douleurs
abdominales, précédées d’un prurit vulvaire intense. De très nombreux signes
sont aggravés avant et pendant les règles: enrouement pendant les règles
(symptôme-guide), coryza, céphalées, douleurs des seins avec fissures des
mamelons. Et des douleurs dentaires pendant les règles.
ANTIMONIUM CRUDUM
Souvent comparé et à juste titre
à GRAPHITES, ce médicament connu pour les suites « d’excès alimentaires »
représente une étape de mode psorique: alternances (rhumatismes ou éruptions
cutanées - troubles digestifs), troubles de la thermorégulation (frileux,
aggravé par les bains froids, aggravé par la chaleur confinée). On connaît
ses éruptions suintantes et « mielleuses », semblables à celles de
GRAPHITES, notamment autour des lèvres.
De préférence chez une femme un
peu obèse, anciennement ou encore CALCAREA CARBONICA, ce médicament
correspond à des règles trop précoces et trop abondantes ou à une aménorrhée
par suite de bains froids (très sensible au froid et au froid humide).
Les règles sont souvent précédées de douleurs dentaires, surtout la nuit. La
gencive est enflammée et saigne. La malade accuse une salivation abondante
et un goût amer ou salé, avec soif la nuit.
ANTIMONIUM CRUDUM est souvent
indiqué chez une jeune fille plutôt obèse ou « enveloppée »,
particulièrement sentimentale (au clair de lune!), très sensible à la
lumière tamisée. Mais si son attente n’est pas comblée, elle compense par la
gloutonnerie et les règles sont encore plus douloureuses, avec irradiation
dans les ovaires. Chez des femmes plus âgées, voire d’âge mûr, il y a une
sensation de relâchement avec pesanteur des organes du petit bassin, et même
parfois un prolapsus utérin.
CEDRON
 |
Ce médicament de névralgie sus-orbitaire revenant à la même heure chaque
jour, pire à gauche ou de migraines périodiques (tous les deux jours à
10 heures du matin), est aussi un « petit » remède précieux de divers
troubles accompagnant les règles. Avant les règles: une leucorrhée
apparaît 5 à 6 jours avant les règles et les remplace parfois. Pendant
les règles: la patiente éprouve une très grande sécheresse de la bouche
et de la langue avec soif intense, des gingivorragies, des douleurs
dentaires. Après les règles: hypersalivation. |
EUPIONUM
(produit de distillation du goudron)
Ce « petit » remède est cité
dans le Répertoire à la rubrique « Hypersalivation pendant les règles ».
VOISIN précise comme signe obligatoire une leucorrhée abondante, foncée,
irritante et corrosive chez une femme faible et déprimée, transpirant au
moindre effort. Il ajoute que la leucorrhée est aggravée après les règles,
avec douleur lombaire et de l’ovaire droit. Enfin, il y a des crampes des
mollets la nuit, > par le mouvement.
CAULOPHYLLUM
Ce médicament n’est pas prescrit
par le dentiste ou alors très rarement. Il intéresse surtout la femme au
cours de l’accouchement lorsque le col utérin est trop contracté pour
permettre le passage du bébé. C’est aussi un remède de règles peu abondantes
et douloureuses (spasmes utérins comme lors de l’accouchement) chez une
femme faible et très frileuse. Avant les règles, la femme se plaint d’une
haleine fétide et d’un goût amer juste avant les règles. Les règles
occasionnent divers troubles: irradiations des douleurs dans les seins, les
membres inférieurs, douleurs erratiques (comme celles des rhumatismes des
petites articulations). Il y a aussi des douleurs lombo-sacrées avant les
règles.
BORAX
Trop prescrit d’une manière
irréfléchie pour l’aphtose buccale (indication surtout valable chez le
nourrisson), BORAX est aussi un remède de dysménorrhée membraneuse. Les
règles sont en avance, très abondantes et très douloureuses: douleurs
pinçantes, crampoïdes avant et surtout pendant le flux. C’est à
l’occasion des règles que paraît une stomatite érythémateuse avec des
petites ulcérations ou une véritable aphtose avec des ulcérations très
douloureuses.
Le choix du remède repose dans
ce cas précis sur les signes suivants:
·
Nervosité et
agitation inhabituelles.
·
Aggravation par le
mouvement (de descente).
·
Amélioration par la
pression forte.
·
Hypersensibilité au
bruit.
·
Spasmes utérins
débutant avant les règles et persistants quelques jours après.
·
Céphalée battante
avec bourdonnements des règles avant les règles.
·
Douleurs à l’estomac
avec nausées, aux aines et dans la région lombo-sacrée pendant les règles.
·
Stomatite
érythémateuse ou aphtose pendant les règles.
AGARICUS MUSCARIUS
|

|
Ce médicament est surtout connu pour ses douleurs donnant l’impression
d’aiguilles de glace dans la zone atteinte, ou d’aiguilles brûlantes,
c’est aussi un remède de spasmes, d’engelures, de rachialgies, de
diarrhée avec spasmes et flatuosités abondantes, souvent chez un
alcoolique débauché (atteint de troubles neurologiques = mouvements
involontaires et spasmodiques des muscles dont les tics de la face).
C’est aussi un « petit » remède de douleurs dentaires avant les
règles ou d’hypersalivation pendant celles-ci. Les Matières
Médicales sont discrètes sur les règles. Tout au plus trouve-t-on « la
sensation que les organes génitaux sont tiraillés fortement vers le
bas » (SEPIA).
(Photo = A.
Horvilleur) |
Etc.... etc..... |
Retour
|