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Il existe plusieurs abords d'un médicament homéopathique. Tout
d'abord, la substance en cause existe depuis toujours et n'a pas attendu la
découverte du principe de similitude des homéopathes. Elle a ses propriétés
physiques, chimiques, parfois biochimiques, organoleptiques, etc…
Cela pour préciser une
première observation de l'action de l'acide nitrique = sa causticité,
qui se manifeste sur tous les tissus et en particulier au niveau des
orifices = fissures, crevasses, ulcérations, toutes lésions particulièrement
douloureuses et hémorragiques (l'acide ulcère les vaisseaux). Lorsque le
patient est encore capable de réagir aux facteurs d'agression, c'est-à-dire
lorsque son pouvoir réactionnel n'est pas encore entamé, il va tenter de
réparer les lésions ulcéreuses par un bourgeonnement périphérique
aboutissant à des polypes, des condylomes, des verrues, etc... saignant
facilement.
Ensuite, il y a l'approche
homéopathique qui découle de l'expérimentation pathogénétique = telle
substance provoque des symptômes, un agent pathogène suscite des symptômes
chez un sujet devenu malade. Si l'on constate la similitude des deux groupes
de symptômes, cette substance devient le médicament
homéopathique de ce malade et pour une maladie bien précise.
C'est cette méthode qu'HAHNEMANN a appliquée au tout début. Et certains s'en
contentent aujourd'hui encore = un malade, un remède, une dose du médicament
semblable et l'on attend. mais HAHNEMANN lui-même a constaté que dans les
rechutes aiguës des maladies chroniques, l'application stricto sensu
n'empêchait pas la récidive à la moindre occasion. On sait ce qu'il en
advint = la conception des maladies chroniques d'origine miasmatique. Puis
les diverses théories qui ont tenté de moderniser ces conceptions au gré des
découvertes scientifiques et médicales. Les miasmes sont devenus des
toxines, puis l'ensemble a reposé sur la conception des diathèses, pour
devenir en cette fin de siècle des modes réactionnels. Le débat n'est pas
encore épuisé et sans doute ne le sera-t-il jamais !
Enfin, il y a l'approche
clinique d'un médicament. La pathogénésie fournit un outil que les
praticiens utilisent ensuite dans leur pratique. Ils en tirent des
enseignements, qui complètent ainsi les sources pathogénétiques et
toxicologiques. De ces observations, il résulte que le même médicament peut
avoir des indications différentes selon l'âge du malade ou selon son sexe.
Enfin, la pratique permet de
comprendre ou d'expliquer l'action d'un médicament, notamment pour des
troubles traduisant un mode réactionnel.
Voici donc tous les aspects
d'un médicament qui seront tour à tour étudiés pour NITRI ACID., médicament
important en pratique bucco-dentaire, comme en médecine générale ou
spécialisée.
La toxicologie, la chimie et
la biochimie permettent de comprendre l'action d'une substance = l'arsenic
étranger à l'organisme ne peut avoir qu'une action toxique, les sels de
sodium concernent le métabolisme de l'eau et leur excès suscite des troubles
toxiques, etc… . NITRI ACID. se compose d'un élément azoté (Nitri) et de la
fonction acide (un acide minéral particulièrement caustique).
L'azote se combine facilement
à l'hydrogène pour donner de l'ammoniaque et à l'oxygène pour donner de
l'oxyde nitrique. La combinaison avec des métaux produit des nitrites.
Toutes ces réactions sont endothermiques, c'est-à-dire qu'elles consomment
de la chaleur et instables. Cela explique deux signes importants de NITRI
ACID. = sa frilosité et son comportement instable. Ces mêmes réactions sont
oxydantes = elles expliquent en clinique la tendance à la cachexie et à
l'anémie.
La fonction acide explique
les autres tendances du médicament:
¨
les ulcérations
par causticité surtout au niveau des muqueuses et plus particulièrement aux
orifices.
¨
Les hémorragies
qui accompagnent les lésions, notamment les ulcérations par causticité sur
les vaisseaux.
¨
L'asthénie,
commune à tous les acides par faiblesse musculaire.
¨
L'aggravation
nocturne ou au petit matin, par acidose favorisée par le ralentissement
respirable du fait du sommeil.
Les cibles de NITRI ACID.
sont:
¨
Les muqueuses et
la peau (les orifices) = muqueuses digestives dont la bouche, respiratoires,
génito-urinaires et oculaires è
inflammation, ulcération, hémorragie, nécrose.
¨
Les os: ostéite
tendant à la nécrose.
¨
Le tissu
lympho-ganglionnaire = surtout chez l'enfant.
¨
Le système
nerveux = la faiblesse irritable
è la dépression domine avec désespoir sur sa santé mais irritabilité de
l'humeur et du comportement.
¨
Le système
circulatoire = anémie et hémorragie.
¨
L'état général =
la dénutrition, la cachexie, le tout aboutissant à un état précancéreux ou
cancéreux.
MATIERE MEDICALE
Rappelons pour les nouveaux
(et pour les anciens qui l'auraient oublié) que la Matière médicale réunit
des signes et des symptômes provenant de trois sources distinctes et
complémentaires = la pathogénésie, la toxicologie et l'expérience clinique
des praticiens.
1/ LES CIRCONSTANCES ETIOLOGIQUES:
¨
Le surmenage
nerveux ou intellectuel et les chocs affectifs (deuils, chagrin, mauvaises
nouvelles…)
¨
Les insomnies
répétées et prolongées
¨
Le traumatisme
des centres nerveux spino-cérébraux, du rachis
¨
Le froid et le
froid humide
¨
Abus de mercure
(Hepar sulfur)
¨
Suites de
diverses suppressions: condylomes, coryza, éruptions, transpiration dont la
sueur des pieds…
¨
Abus de
médicaments
2/ SIGNES ET SYMPTOMES PSYCHIQUES:
¨
Fond dépressif
dominant = apathique, indifférent, refuse la sympathie.
¨
Irritable (quand
on lui parle), coléreux, vindicatif, têtu, rancunier (inimitiés invétérées).
Se met en colère à la suite de ses propres erreurs; colères avec
tremblements, pour des riens, jurons.
¨
Anxieux, agité,
anxieux pour sa santé et désespère de guérir.
¨
Las de la vie
mais peur de la mort.
¨
Ressasse ses maux
passés et en redoute d'autres pour l'avenir.
¨
Peurs dont peur
morbide du choléra.
¨
Pleure
facilement, ne supporte pas la consolation.
¨
Hypersensible au
bruit, à la douleur.
¨
Avare,
misanthrope, nostalgique.
¨
Difficultés pour
se concentrer et aversion pour le travail mental.
¨
Triste (avant
et pendant les règles)?
¨
A noter
une caractéristique =
les symptômes mentaux sont améliorés quand il se promène en voiture !
3/ SIGNES ET SYMPTÖMES GENERAUX:
¨
Tendance à
l'amaigrissement, voire à la cachexie.
¨
Frilosité,
aggravation par le froid, s'enrhume facilement.
¨
Hypersensibilité
à la douleur, d'où son comportement vindicatif et hargneux.
¨
Tendance aux
inflammations ulcératives de la peau et des muqueuses, surtout chroniques =
ulcérations à bords élevés, à contour irrégulier, à fond sanieux et saignant
facilement. Localisation préférentielle au niveau des orifices.
¨
Tendance
phagédénique des ulcérations.
¨
Douleurs
piquantes comme par une écharde enfoncée dans la chair, notamment au niveau
des ulcérations. Par ailleurs douleurs apparaissant et disparaissant
brusquement.
¨
Tendance aux
hémorragies passives de sang rouge, coagulant mal.
¨
Excrétions et
sécrétions irritantes, excoriantes, ichoreuses, fétides, sanguinolentes.
4/ MODALITES GENERALES:
Aggravation:
¨
Froid = temps
froid, bains froids, changements de temps, humidité froide.
¨
Mais aussi par
temps chaud.
¨
La nuit, le soir.
¨
Les secousses, le
bruit.
Amélioration:
¨
Chaleur locale
¨
Climat tempéré
¨
Mouvement passif
= transport en voiture à condition qu'il n'y ait pas de secousses trop
fortes.
QUELQUES
GRANDS SYNDROMES LOCAUX
Troubles digestifs:
¨
Inflammation
gastrique avec tendance à l'ulcère
¨
Éructations
acides ou à goût d' aliments
¨
Nausées, pyrosis,
acidités, < par les graisses
¨
Brûlures et
crampes d'estomac > au cours des repas
¨
Appétit souvent
augmenté = désir d'aliments épicés, indigestes, de gars, aversion pour la
viande, le pain et les sucreries.
¨
Digestion
difficile pour le lait et les graisses
¨
Diarrhée
irritante, fétide, suivie de ténesme, gros efforts pour la défécation.
¨
Fréquence des
hémorroïdes douloureuses, de fissures, de fistules anales.
Troubles génitaux:
¨
Homme = herpès du
prépuce, brûlures, ulcérations, urétrite chronique à écoulement verdâtre et
brûlant.
¨
Femme =
leucorrhée chronique irritante, sanguinolente, fétide. Ulcération du col,
prurit. Nodosités douloureuses des seins pendant l'allaitement et pendant
les règles, gerçures douleurs des mamelons.
¨
Dans les deux
sexes = condylomes très sensibles au toucher, saignant facilement, sensation
d'écharde. Trio des condylomes = NITRI ACID. - STAPHYSAGRIA - THUYA.
¨
Urines foncées
d'odeur forte (comme celles du cheval !!!).
Les troubles cutanés:
¨
Ulcérations
irrégulières, à fond bourgeonnant, sanguinolent, douleurs d'écharde,
brûlures.
¨
Crevasses
ulcérées au niveau des orifices.
¨
Eczéma
impétigineux (face, derrière les oreilles, mains, doigt).
¨
Acné
inflammatoire et suppurée.
¨
Verrues larges,
dentelées, pédiculées, saignant facilement.
¨
Chute des cheveux
et des poils.
¨
Taches blanches
aux ongles.
Troubles
oculaires:
¨
Inflammation à
tendance ulcérative avec douleurs piquantes, larmoiement irritant
¨
Photophobie
intense
¨
Douleurs
brûlantes < la nuit, < en passant d'une chambre chaude au froid
¨
Petites verrues
au bord des paupières supérieures, molles, pédiculées, saignant facilement
Troubles osseux:
¨
Ostéite ou
périostite tendant à la nécrose
¨
Douleurs
périostées ou osseuses déchirantes, < la nuit, localisées le plus
fréquemment aux os du crâne, aux tibias, aux osselets des oreilles (avec
surdité > en roulant en voiture ou en train)
La bouche:
¨
Commissures
labiales crevassées, perlèche, lèvres sèches et fissurées, le tout saignant
facilement, avec parfois des douleurs piquantes.
¨
Aphtes
et ulcérations dans toute la bouche.
Tendance phagédénique des ulcérations = elles
commencent comme un point et s'étendent vers la périphérie (degré fort).
¨
Gencive
enflammée, spongieuse, d'aspect scorbutique, ulcérée, saignant facilement,
avec une salivation abondante, irritante, fétide et souvent sanguinolente.
Parodontopathies évolutives.
¨
Dents jaunâtres,
cariées, striées de taches noires, douloureuses (chaud, froid, soir, nuit,
pendant la mastication, pendant les règles).
¨
Langue
généralement nette, rouge ou géographique, ulcérations (bords),
vésicules, verdâtre…
¨
Sécheresse sans
soif.
¨
Brûlure dans
toute la bouche.
¨
Lichen,
leucoplasie.
A cela, il faut ajouter = des
craquements dans les articulations temporo-mandibulaires pires en mangeant
ASPECTS DIATHESIQUES
Une simple lecture de la
matière de médicale de ce médicament permet de constater que NITRI ACID. est
avant tout un remède lésionnel, dont le trait caractéristique est
l'ulcération nécrotique et hémorragique. La tendance à la chronicité a été
soulignée. Ce qui domine, c'est la tendance aux inflammations évoluant vers
l'ulcération, avec électivité cutanée, muqueuse et osseuse. Cela évoque à
l'évidence la mode luétique. De plus, l'acide nitrique est un acide
instable sur le plan chimique, cette instabilité se retrouve dans le
comportement du remède, de la même manière que dans les caractéristiques du
mode luétique. L'acide nitrique est également un oxydant sur le plan
chimique et ce n'est sans doute pas par hasard qu'on le retrouve dans des
troubles cliniques correspondant à une augmentation des oxydations,
c'est-à-dire ceux du mode tuberculinique, à deux périodes = d'abord lors de
la phase dite oxygénoïde (augmentation des oxydations et donc consommation
d'oxygène). Ensuite, la fonction acide reprend le dessus, ce qui explique
l'indication de NITRI ACID. lors de troubles de la nutrition, confinant à la
cachexie.
Aspects
luétiques de NITRI ACID.:
Pour ceux qui l'auraient
oublié, le mode luétique se caractérise par l'instabilité physique et
mentale, par la dissémination de processus irritatifs notamment
au niveau des vaisseaux, favorisant des oblitérations vasculaires (micro-endartérites),
le tout aboutissant soit à des ulcérations nécrotiques (dont
les aphtes buccaux), soit à des constructions cellulaires par
troubles de la cicatrisation. Les tissus atteints subissent d'abord une
irritation, puis une hypertrophie, enfin une atrophie suivie de sclérose. On
retrouve en particulier ces processus au niveau des formations
lympho-ganglionnaires, au niveau de l'os et du périoste (et donc de l'os
alvéolaire).
NITRI ACID. est très proche
de MERCURIUS SOLUBILIS par sa physiopathologie. On l'a utilisé longtemps
contre les effets néfastes des traitements à base de mercure opposés à la
syphilis. Mais, il y a la fonction acide qui traduit en clinique une étape
d'aggravation. Autrement dit, NITRI ACID. constitue un remède complémentaire
de MERCURIUS quand celui-ci a épuisé son action. Tous les médicaments acides
sont indiqués chez des sujets décompensés, asthéniques, hypersensibles.
Le mercure a été longtemps le
principal médicament, pour ne pas dire l'unique, utilisé dans le traitement
de la syphilis, à des doses le plus souvent toxiques, au point que la
plupart des troubles attribués à la phase tertiaire de la syphilis ont pu
être mis au compte de l'intoxication mercurielle par certains auteurs. On
sait également qu'HAHNEMANN, longtemps avant d'avoir expérimenté sur
lui-même l'écorce de quinquina (1790), s'élevait contre les abus de
médicaments à base de mercure. Il proposait l'emploi du mercure rendu
soluble (le MERCURIUS SOLUBILIS des homéopathes) et préconisait déjà des
doses très faibles, alors qu'il n'avait encore aucune conscience de l'action
des dilutions infinitésimales.
On sait également
qu'HAHNEMANN avait fait de la syphilis sa seconde maladie chronique,
loin derrière la psore, devant la sycose. Nous avons déjà décrit à plusieurs
reprises les querelles d'écoles sur la syphilis, l'existence des miasmes en
général, leur remplacement par les diathèses, puis la conception actuelle
des modes réactionnels. Nous avons lourdement insisté sur le fait qu'il ne
fallait pas confondre différentes notions = psore et gale, sycose et
blennorragie, tuberculose et tuberculinisme, syphilis et luétisme. Le
luétisme n'est qu'une manière de réagir à certains facteurs d'agression qui
présente certes certaines similitudes avec la syphilis, mais similitudes
seulement, et non identification. L'homéopathie est la médecine des
"semblables". Si le mercure est efficace contre la syphilis, cela ne
signifie pas pour autant qu'un sujet justiciable de MERCURIUS lors d'une
angine ou d'une aphtose buccale soit un syphilitique. Il y a seulement
similitude dans les réactions. Toutes ces répétitions semblent
indispensables pour bien préciser ces notions.
Pour ceux que cela intéresse,
le programme informatique PCKENT 1.6 permet une comparaison de deux (ou
plusieurs) médicaments symptômes par symptômes qu'ils ont en commun mais
avec des modalités différentes. Cela permet de poser des questions aux
patients, auxquelles on n'avait pas pensé afin de compléter l'observation et
de différencier les deux médicaments arrivés en tête dans la
répertorisation. Un exemple parmi des centaines, MERCURIUS est aggravé par
la musique alors que NITRI ACID. l'a en aversion ou encore MERCURIUS a
l'illusion d'aller bien même s'il est malade, NITRI ACID. croit qu'il est
malade alors qu'il va bien. Ce sont là des détails mais qui peuvent parfois
emporter la décision, surtout pour les unicistes.
Ce ne sont pas les
circonstances étiologiques de NITRI ACID. qui permettent de le classer parmi
les médicaments du mode luétique, mais seulement son action lésionnelle.
D'où son indication principale en pathologie bucco-dentaire dans l'aphtose
buccale.
Pourtant dans cette
indication, NITRI ACID. est cité au degré moyen, alors que MERCURIUS
SOLUBILIS l'est au degré fort. Mais c'est l'inverse au chapitre "Ulcérations
buccales" ! En fait ces nuances ne doivent pas être prises stricto sensu car
au moment où les pathogénésies ont été réalisées, l'immunologie n'était pas
encore connue et personne ne soupçonnait l'existence des maladies
auto-immunes. Que ce soit un aphte véritable ou une ulcération d'une autre
origine, NITRI ACID. se trouve indiqué lorsque l'on trouve ses signes et
notamment:
¨
des
ulcérations à bords surélevés, irréguliers
¨
fond lardacé
saignant au moindre contact
¨
douleurs
d'écharde ou piquantes
¨
nette
tendance phagédénique (le seul au degré fort)
On oppose souvent l'aspect
des ulcérations de NITRI ACID. à celui de KALI BICHROMICUM = ulcérations à
bords réguliers et nets, profondes, donnant l'impression d'avoir été faite à
l'emporte-pièce.
Malgré son action lésionnelle
importante, notre expérience personnelle nous incline à penser que NITRI
ACID. n'a pas une action aussi profonde que celle de MERCURIUS, dont il est
souvent le complémentaire, notamment MERCURIUS CORROSIVES dans les aphtes
aiguës. C'est certes un remède lésionnel, souvent de lésion importante ou
grave. Mais il n'a pas la profondeur d'action du mercure. Aussi, lorsque le
contexte luétique est mis en évidence dans l'histoire du patient, nous
conseillons fortement de prescrire une dose de LUESINUM 30 CH mensuelle
pendant quelques mois afin d'éviter la récidive. La décision récente et
imbécile de l'Agence nationale du médicament pose des problèmes
certains par l'interdiction de mise sur le marché de LUESINUM qui n'a pas
de produit de substitution. Nos patients sont ainsi privés d'un médicament
indispensable.
Un autre commentaire
s'impose. LUESINUM ne figure dans aucun chapitre concernant les aphtes et
ulcérations buccales, sauf à celui des ulcérations syphilitiques. Pourtant,
notre expérience personnelle nous avait conduit à l'ajouter à la liste
"Bouche/aphtes" du programme AIDE-HOMEO et il nous est agréable de constater
que ce médicament figure dans ce chapitre dans PCKENT 1.6 avec la précision
d'origine = expérience personnelle de Edouard BROUSSALIAN.
Enfin, la fameuse sensation
d'écharde plantée au milieu de l'ulcération est sans aucun doute une
indication précieuse, d'autant plus utile que NITRI ACID. est pratiquement
le seul à l'avoir. Mais ce n'est pas un signe éliminateur. Cela signifie que
si les autres signes agréent, NITIR ACID. doit être prescrit.
Un autre fait mérite un
commentaire. Nous n'avons pratiquement jamais rencontré un sujet NITRI ACID.
qui n'ait que des signes buccaux. Il y a toujours des signes digestifs
concomitants = troubles gastriques à type d'ulcère ou recto-colite
hémorragique plus ou moins prononcée ou des fissures anales très
douloureuses, avec la fameuse sensation d'écharde. De même que les signes du
comportement sont toujours présents, notamment la très humeur améliorée
étant en voiture. A propos des troubles digestifs, il faut noter que NITRI
ACID; souffre d'une hyperacidité gastrique qui explique les brûlures et le
pyrosis, les crampes de l'estomac, les douleurs perforantes, puis les
troubles intestinaux avec beaucoup de gaz, de crampes intestinales,
l'hypersensibilité du ventre au toucher, enfin les difficultés et les
douleurs de la défécations, notamment les fissures anales qui sont un signe
quasi pathognomonique de NITRI ACID. On peut constater de nombreuses
similitudes avec NUX VOMICA, remède de décompensation d'un psorique de type
SULFUR qui s'abandonne aux excès alimentaires et qui subit une vie
sédentaire et trépidante. Les troubles gastriques évoquent également un
autre médicament nitré = ARGENTUM NITRICUM, remède certes moins grave sur le
plan lésionnel que NITRI ACID.
L'atteinte parodontale:
NITRI ACID. se trouve
rarement indiqué dans une forme bénigne ou banale de la gingivite. Son
indication survient le plus souvent lorsque le tableau local s'est aggravé,
avec une gencive particulièrement ulcérée, ayant pris un aspect scorbutique,
avec une haleine fétide, des gingivorragies abondantes, des adénopathies
volumineuses, etc…
Il faut bien admettre que
devant un tel tableau, le choix du remède n'est pas toujours facile. On
pense très souvent à MERCURIUS SOLUBILIS, ou CORROSIVUS, parfois à MEZEREUM
ou à d'autres comme ARSENICUM ALBUM. La répertorisation informatique semble
très utile, mais à condition de retrouver deux ou trois signes
incontestables, ce qui est tout le problème. NITRI ACID; l'emporte lorsqu'on
a la chance de retrouver la fameuse sensation d'écharde, ou l'amélioration
des douleurs ou du comportement en voiture (mais Arsenicum album ou
Phosphorus possèdent cette modalité, à un degré faible), ou encore un
désir de gras, surtout s'il est inhabituel.
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Dans une forme
suppurée de gingivite ou de parodontopathie, NITRI ACID. cède le pas à
MERCURIUS SOLUBILIS. Ou bien est-il possible de les prescrire en
alternance. Mais l'alternance, qui fait hurler les "unicistes" stricts,
n'a de justification que dans la mesure où les symptômes du patient ne
sont pas suffisamment différenciés pour choisir un seul médicament. Seul
le médicament réellement indiqué se montre efficace. Voici une
illustration empruntée à Georges VINCENT (1910-2001): |
"Il s'agit d'un jeune homme d'une vingtaine d'années, souffrant d'une belle
gingivo-stomatite, avec des gencives gonflées, enflammées, sanguinolentes,
purulentes et très douloureuses, non seulement au toucher mais même
spontanément. La langue était chargée et l'haleine nauséabonde, fétide.
MERCURIUS SOL. et puis CORROSIVUS furent essayés sans succès. Le patient,
interrogé à nouveau, confia que les douleurs brûlantes qu'il ressentait
constamment, disparaissaient presque tout à fait lorsqu'il roulait en
voiture. De plus, il était faible et frileux et avoua qu'il aimait beaucoup
manger gras. NITRI ACID. le guérit très rapidement".
Pour clore ce chapitre, il
faut rappeler que chaque fois qu'une tendance à la chronicité s'esquisse, il
faut rechercher le mode réactionnel en cause et le prendre en charge
aussitôt que possible, éventuellement avec le concours d'un médecin
homéopathe.
Aspects
psoriques de NITRI ACID.:
Il y a entre l'action
lésionnelle de NITRI ACID. et le processus physiopathologique du mode
luétique, une similitude et une adéquation qui expliquent pourquoi ce
médicament figure en bonne place parmi ceux de ce mode réactionnel. Mais si
l'on examine les facteurs étiologiques, on constate son indication dans les
suites de nombreuses suppressions = coryza, condylomes, éruptions,
transpiration. Cela évoque à l'évidence le mode réactionnel psorique.
G. HODIAMONT avait expliqué
que de l'acide nitrique pouvait se former par l'action de l'ammoniaque
provenant de la désintégration des acides aminés et des sels ammoniacaux. Et
l'action au niveau des orifices, c'est-à-dire des jonctions
cutanéo-muqueuses a été soulignée. Il y a là des rapports évidents avec
SULFUR, médicament central du mode psorique notamment dans la phase des
éliminations centrifuges. On sait que dans la Matière médicale de SULFUR, on
trouve des signes lésionnels au niveau des orifices, en particulier la
rougeur et la sensation de brûlure. D'autre part, on sait que les déchets
métaboliques qui ne peuvent pas être éliminés par les voies habituelles,
envahissent la circulation sanguine pour différentes raisons et se
retrouvent en concentration dans les secteurs où la circulation sanguine
tend à la stagnation. Par exemple, la gencive et notamment la partie
antérieure de la denture, car il s'agit là d'une circulation terminale.
Il est donc normal d'imaginer que dans
cette hypothèse, les déchets métaboliques s'accumulent au niveau des
orifices et sont transformés, du moins certains d'entre eux, en acide
nitrique. Seulement si l'on voit les relations entre SULFUR et NITRI ACID.,
il s'agit en fait de deux extrémités d'une même chaîne = SULFUR au début,
NITRI ACID. à l'autre bout. Cela signifie que l'indication de NITRI ACID.
chez un sujet réagissant sur le mode psorique survient lorsque les
éliminations sont devenues difficiles, les déchets s'accumulent en
différents endroits. C'est ce que l'on constate en clinique = NITRI ACID. se
trouve indiqué chez des sujets ayant un état général très déficient, c'est
le cas pour la plupart des médicaments acides. C'est pour cette raison que
la banale inflammation des orifices, avec rougeur et brûlure ou la gingivite
érythémateuse de SULFUR vont laisser la place à des lésions plus graves,
caractérisées par l'ulcération et l'hémorragie.
Nous avons souvent répété que lorsqu'un
seul mode réactionnel suffit à maintenir l'équilibre de santé, l'organisme
n'a nul besoin d'en utiliser un autre. Ceci est plus particulièrement vrai
pour le mode psorique qui est le seul physiologique. Le schéma est bien
connu = les apports nutritionnels doivent équilibrer les dépenses
énergétiques. Un déséquilibre entraîne soit une carence, soit une surcharge.
Dans ce dernier cas, l'organisme subit d'abord une surcharge fonctionnelle
de l'appareil digestif, fonction hépatique en tête. Lorsque ce dernier
connaît des faiblesses, il laisse passer dans le sang des protéines mal
dégradées et donc impossible à éliminer par les voies naturelles. D'où le
recours à des émonctoires de suppléance, dans l'ordre = la peau, les
muqueuses et les séreuses, le tout caractérisé par la périodicité et
l'alternance, chaque épisode aigu est suivi d'une période d'amélioration
plus ou moins durable. C'est le schéma classique du mode psorique qui
correspond à SULFUR.
Là où les problèmes apparaissent, c'est
lorsque les éliminations ne se font plus ou mal, soit par excès de la
surcharge, soit par déficience des émonctoires, souvent résultant d'erreurs
thérapeutiques (corticoïdes par exemple sur une éruption). On mesure ainsi
l'importance des médicaments qui ont dans leur Matière médicale "suite de
suppression d'élimination". NITRI ACID. n'est que l'un de ces
médicaments. Mais pourquoi ce dernier et pas un autre ? C'est là
qu'intervient la notion de "terrain" qui n'est que le résultat de brassages
différents.
Un bréviligne confronté au problème du
blocage des éliminations verra plutôt l'indication de GRAPHITES, remède
carrefour ou de transition entre deux modes réactionnels = psorique
d'abord mais devenu insuffisant par blocage des éliminations et insuffisance
des émonctoires et sycotique ensuite car il existe une prédisposition
constitutionnelle. GRAPHITES, comme SULFUR ou comme NITRI ACID. aime bien
les orifices au niveau desquels se développe une pathologie lésionnelle
comme des éruptions croûteuses et suintantes.
Un autre point est à souligner = les
formations cellulaires que l'on retrouve dans GRAPHITES ou dans NITRI
ACID., dont les verrues et les condylomes, toutes manifestations classiques
du mode sycotique, qui est un autre aspect de NITRI ACID. (voir plus loin).
Il y a bien d'autres différences entre ces deux médicaments pour ne pas se
tromper.
NITRI ACID. peut trouver sa place chez un
psorique décompensé dès lors que l'on retrouve ses signes évidemment,
notamment une pathologie caractérisée par l'ulcération et l'hémorragie. On
voit encore un lien avec LACHESIS, autre remède de blocage des éliminations
(dont la menstruation) et d'inflammations ulcéreuses et hémorragiques. Mais
LACHESIS voit, entre autres, la thermophobie de SULFUR s'aggraver
considérablement, en même temps que sa congestion artérielle. NITRI ACID.
est surtout un grand frileux, comme GRAPHITES. De plus NITRI ACID. amorce
dès lors une atteinte de l'état général et de sa nutrition qui va évoluer
vers un état de cachexie progressive. Chez ces patients, il est fréquent
qu'il y ait auparavant une période pendant laquelle MERCURIUS SOLUBILIS peut
répondre à une atteinte parodontale plus ou moins grave. Ceci est
particulièrement vrai chez des sujets brévilignes du type CALCAREA
CARBONICA, c'est-à-dire ralentis sur le plan métabolique, très frileux et
particulièrement sensibles au froid humide. On trouve une fois encore des
liens entre MERCURIUS SOLUBILIS et NITRI ACID. chez lesquels les
manifestations ulcéreuses traduisent bien le mode luétique de fond mais qui
sont tous deux également des médicaments du mode sycotique (froid humide,
constructions cellulaires…). Il y a donc une logique dans l'évolution et
l'aggravation progressive depuis CALCAREA CARBONICA vers MERCURIUS SOLUBILIS
puis NITRI ACID.
Nous avons dit que dans les suites
médicamenteuses, il y a des signes dans un médicament qui annoncent déjà le
suivant, ou l'un des suivants. Ainsi, l'évolution de CALCAREA CARBONICA vers
NITRI ACID. a été évoquée, même si son parcours peut être jalonné d'autres
étapes médicamenteuses. Voici une illustration de ces affirmations. CALCAREA
CARBONICA et NITRI ACID. sont bien différents sur de nombreux points mais
pourtant, les désirs alimentaires de NITRI ACID. rappellent très fort ceux
de CALCAREA CARBONICA = aversion pour la viande et pour le lait, désir
d'aliments indigestes comme la chaux, la craie, le plâtre, le charbon. G.
HODIAMONT explique ces rapprochements par le déséquilibre du métabolisme du
calcium commun à ces deux médicaments.
Aspects
sycotiques de NITRI ACID.:
Même si le fond luétique
domine, le fond sycotique est là également et il ne faut pas oublier
qu'HAHNEMANN en avait l'un de ses principaux remèdes du "miasme" sycotique,
surtout du fait de ses signes génitaux. Si l'on veut bien revenir un instant
sur les conceptions d'HAHNEMANN sur les maladies chroniques, on sait qu'il
distinguait le "miasme" psorique comme universel des deux autres dont il
croyait trouver l'origine dans les maladies vénériennes = la syphilis pour
la luèse ou le luétisme et la blennorragie pour la sycose. C'est dire que le
pôle génital est très important dans le mode sycotique avec le carrefour
O.R.L. C'est l'un des aspects sycotiques de NITRI ACID. avec ses condylomes
génitaux.
G. HODIAMONT expliquait les constructions
cellulaires de NITRI ACID. comme une tentative de construction après
l'ulcération. Cela explique sans doute l'indication possible de NITRI ACID.
dans la péri-adénite de SUTTON, dont on sait que les aphtes sont suivis
d'une perte de substance et d'une cicatrice.
Dans l'évolution du patient
vers NITRI ACID., les tendances luétiques s'expriment en clinique par des
ulcérations tourmentées alors que les tendances sycotiques se manifestent
par des constructions cellulaires dont surtout:
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Les polypes
saignant facilement dans le nez, le larynx, les organes génitaux,
l'intestin, l'anus…
¨
Les condylomes,
surtout génitaux, bourgeonnant, saignant très facilement.
¨
Les verrues le
plus souvent cornées, ayant une teinte jaune d'or caractéristique, mais
saignant facilement. Ces verrues se fissurent également très souvent et
présentent les douleurs piquantes très caractéristiques du remède.
¨
Toutes
excroissances ayant ces caractères, dans la bouche entre autres
localisations.
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Un autre aspect
est souligné par G. HODIAMONT: "Un tissu
littéralement détruit par l'acide nitrique ou une toxine analogue va devenir
tout d'abord la proie des leucocytes qui vont chercher à phagocyter pour
éliminer de l'organisme les tissus ainsi désorganisés, et d'autre part
l'infection microbienne, qui va y créer une véritable pollution cadavérique.
En outre, l'organisme intoxiqué n'a plus la résistance normale aux
infections. C'est pourquoi les crevasses, fissures et polypes de NITRI ACID.
vont suppurer, laissant s'écouler en général un pus sanieux, putride,
sanguinolent, âcre, un pus fétide mal lié et irritant…". Les
caractères de ces sécrétions affectent toutes les inflammations suintantes,
cutanées ou muqueuses.
Bien entendu, la sycose génitale ne
concerne en rien le chirurgien-dentiste. Mais les médicaments indiqués, dont
surtout THUYA, STAPHYSAGRIA et NITRI ACID. ont des signes, symptômes et
indications bucco-dentaires.
On ne peut pas conclure ce chapitre sans
évoquer une menace très nette qui pèse sur ces sujets = les affections
cancéreuses. Elles échappent certes au seul traitement homéopathique, même
si certains auteurs affirment des guérisons. L'état cancérinique ou
précancéreux existe et là, l'homéopathie peut être précieuse. NITRI ACID.
est cité souvent dans les différentes rubriques "cancer", notamment au degré
moyen pour le cancer de la langue.
Aspects
tuberculiniques de NITRI ACID.:
Cet aspect tuberculinique de NITRI ACID.
se rencontre chez des sujets particulièrement atteints sur le plan général,
qui confine déjà à la cachexie. Et dans ces états d'aboutissement, deux
modes réactionnels se trouvent intriqués = le mode tuberculinique et
le mode luétique.
Nous avons très souvent insisté sur le
fait de la mise en œuvre simultanée de ces deux modes réactionnels chez le
nourrisson et le jeune enfant constitue une très nette menace sur la
croissance en général et sur la minéralisation des dents en particuliers. La
prévention de ces troubles ne demande pas NITRI ACID. mais d'autres
médicaments qui le précèdent dans la décompensation = SILICEA en
particulier.
Par ailleurs, on sait que les troubles
des muqueuses dans le mode tuberculinique peuvent être interprétés comme dus
à l'accumulation dans la circulation veineuse de déchets provenant de la
destruction cellulaire inhérente à ce mode. Ce mode exige une consommation
très importante de minéraux que, si l'organisme ne trouve pas dans
l'alimentation (soit par carences d'apport, soit par non assimilation dans
l'intestin), il cherche dans les cellulaires au prix de leur destruction.
Ainsi, une même gingivite chez un psorique ou chez un tuberculinique n'a pas
la même signification. Chez le premier, elle peut être interprétée comme une
élimination salutaire, que l'on constate par l'amélioration consécutive de
l'état général. Chez le second, la gingivite est le témoin d'une lutte qui
vient de se réaliser, qui a entraîné des destructions cellulaires, qui
n'améliore en rien l'état général, bien au contraire = le sujet maigrit,
s'anémie, éprouve une grande fatigue et peut mettre deux ou plusieurs
semaines avant de surmonter cet état. Il s'agit là d'une grande distinction
entre ces deux modes réactionnels.
Pour ces inflammations cutanées ou
muqueuses de type tuberculinique, il est possible que NITRI ACID. se trouve
indiqué, évidemment si ses signes originaux sont présents. Il voisine alors
un autre médicament utile en pratique dentaire = KREOSOTUM, complémentaire
de SILICEA. Tous les sujets justiciables de ces médicaments ont des
problèmes dentaires et notamment la mélanodontie avec ses conséquences
apicales et gingivales chez l'enfant.
Roland ZISSU explique que
"Que ce soit la cachexie ou l'élimination avec
ulcération et hémorragie, l'aggravation diathésique de ces sujets
tuberculino-luétiques se fait vers ARSENICUM ALBUM, gros remède évolutif de
cachexie profonde, polydiathésique, voire: cancérinique et cancéreuse".
CONCLUSION
Pour des praticiens peu
familiers des approches diathésiques, toutes ces explications peuvent
sembler bien complexes. Elles le sont effectivement. mais on peut les
rassurer, elles ne sont pas indispensables pour pratiquer l'homéopathie. Car
il suffit de se contenter de procéder d'abord à un examen rigoureux et à une
observation minutieuse afin de mettre en évidence l'indication du médicament
qui correspond exactement au cas précis d'un patient.
Ce n'est qu'ensuite que l'on
peut tenter de donner une signification à l'indication de tel ou tel
médicament.
NITRI ACID. est un toxique
puissant qui peut se trouver indiquer dans différents troubles chez des
patients bien différents les uns des autres et à tous les âges. Il faut
seulement savoir que, comme pour tous les acides forts, NITRI ACID.
correspond à des malades le plus souvent profondément atteints sur le plan
général ou local. Cette atteinte de l'état général peut s'expliquer par des
facteurs héréditaires et c'est logique de trouver l'indication de NITRI
ACID; (parmi d'autres) chez des enfants déminéralisés, cachectiques, mal
partis dans la vie et qui réagissent simultanément sur les deux modes
pathologiques = tuberculinique et luétique. Ces enfants ont souvent des
problèmes respiratoires et digestifs avec des retentissements à tous les
niveaux. Nous avons souvent expliqué que le mode tuberculinique exigeait des
minéraux et de l'oxygène, ce qui sollicite l'appareil respiratoire.
L'acidose les guette du fait de l'excès de CO2 qu'il faut
éliminer. On retrouve toutes ces conséquences dans tous les remèdes acides,
dont NITRI ACID. qui n'y échappe pas et ce qui explique ses nombreux
troubles respiratoires.
Chez le jeune adulte, ce sont
surtout les problèmes génito-urinaires qui dominent ou les problèmes
digestifs si le mode de vie est défavorable. On retrouve les deux aspects
diathésiques de NITRI ACID. = mode sycotique et mode psorique. Bien entendu,
les troubles des autres modes réactionnels peuvent être présents. Chaque
individu est un mélange complexe de tendances diverses.
Chez le vieillard, c'est
surtout l'état cancérinique, précancéreux ou cancéreux qui domine.
Heureusement, sur le plan
bucco-dentaire, les problèmes peuvent être moins graves et l'aphtose buccale
constitue une indication courante, quel que soit l'âge. Mais il faut
systématiquement donner la priorité à la matière médicale, avant de tirer
des conclusions diathésiques. |