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Retour
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Quoi de plus banal que le sel de cuisine,
c’est-à-dire le sel marin ? Ou encore le chlorure de sodium ?
Pourtant, c’est
sans doute l’assaisonnement le plus ancien et plus important. Dans les temps
anciens, des tribus germaniques se faisaient la guerre pour conquérir des
sources de sel, notamment les marais salants. A-t-on jamais vu une seule
guerre pour le sucre ? Au XIV° siècle, Philippe IV de Valois institua le
monopole su sel pour combler (déjà !) les brèches du Trésor royal. La
gabelle devint aussi impopulaire en son temps que les taxes sur les
carburants de nos jours. Pourtant, on dit que les gouvernements « se
sucrent » sur le dos des contribuables.
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C'est le sel de Guérande qui est utilisé pour la préparation du médicament
homéopathique |
Pourquoi le sel a-t-il
pris une telle importance dans l’histoire de l’humanité ? Sans doute parce
qu’il est indispensable à la vie, en dehors de son agrément gustatif. Sans
doute y a-t-il un lien avec le fait que la vie est apparue dans la mer. A
noter également que depuis la plus haute Antiquité, le sel est présent dans
plusieurs symbolismes, dans certains folklores, ou encore dans de nombreux
rites religieux, dont le culte catholique (lors du baptême). Certaines
peuplades primitives de l’Amazone ne se déplacent jamais sans une provision
de sel. Pourtant, il en existe d’autres qui n’en consomment pratiquement
pas. L’explication doit être recherchée dans les habitudes alimentaires.
Alors que l’on trouve peu de sel dans les aliments végétaux, on le rencontre
dans la viande. Les peuplades se nourrissant presque exclusivement du
produit de leur chasse n’éprouvent pas un besoin de sel car les aliments
animaux le fournissent en quantité suffisante. La sédentarisation a provoqué
le développement de l’agriculture, entraînant par là même la nécessité de
rechercher le sel, notamment dans les marais salants. |
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Certains auteurs,
dont KAUNIZ, ont émis l’hypothèse que le sel aurait un effet de stimulation
des fonctions intellectuelles, certes d’une manière indirecte = par
l’intermédiaire des hormones cortico-surrénaliennes qui interviennent dans
le métabolisme du NaCl, mais aussi dans celui des protéines, des hydrates de
carbone, des lipides, etc…
Enfin,
l’importance du sel peut être soulignée par le fait que plusieurs
mots du langage courant ont pour étymologie le mot latin sal =
salaire, salarié, salariat, solde…Le terme « salaire » signifiait
« argent pour acheter du sel », les « salaires » étaient parfois payés avec
une quantité de sel, de même que l’impôt, la gabelle, était défini par une
quantité de sel que les contribuables étaient obligés d’acheter.
LA PATHOGENESIE DE « NATRUM MURIATICUM »
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C’est Hahnemann qui a eu
l’idée de réaliser la première expérimentation du sel. On peut se demander
comment une telle idée a-t-elle pu arriver dans sa cervelle. La réponse est
simple = Hahnemann a expérimenté la plupart des médicaments alors usités en
médecine. Et le sel était l’un d’entre eux, qu’on utilisait contre certaines
hémorragies. Hahnemann rapporte en détail la pathogénésie de Natrum
muriaticum dans son Traité des maladies chroniques (1828). Il
explique le mode de préparation, notamment comment débarrasser le sel de
cuisine des autres sels contenus dans la récolte. Mais il ne donne aucune
indication de l’origine du sel utilisé. Car, selon les différentes
provenances, il est certain que la composition doit être différente, même si
l’on parvient à l’épurer. Aujourd’hui, c’est la presqu’île de Guérande qui a
été retenue.
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L’intoxication aiguë
provoque les signes suivants :
1.
Troubles digestifs par irritation des muqueuses =>
vomissements et diarrhées.
2.
Forte hyperthermie aboutissant à un syndrome délirant, puis
au coma, enfin à la mort.
Une intoxication moins massive provoque une pathologie rénale => néphrite
urémique avec des répercussions sur la tension artérielle
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A noter = après Hahnemann,
les pathogénésies ont été « enrichies » de très nombreux signes et
symptômes par d’autres auteurs, sans vérification rigoureuse. Cela pose le
problème de la fiabilité de la matière médicale homéopathique. D’où la
tentation très légitime de quelques auteurs de procéder à une vérification.
Il y a quelques années, Jacques JOUANNY s’est attelé à cette
vérification. On trouve l’étude de Natrum muriaticum publiée dans
« Les Annales homéopathiques françaises » n°1 – 1982. JOUANNY remarque que
sur 2901 symptômes colligés par ALLEN et son équipe, seuls 300 peuvent être
considérés comme fiables. Les plus sûrs sont les suivants = émaciation
importante avec fatigue et/ou lassitude générale, tendance dépressive
générale avec manque de goût pour le travail, parfois tristesse, une soif
importante (par périodes) et enfin des écoulements muqueux clairs et
abondants.
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Cependant, la matière médicale homéopathique ne se limite pas aux signes
d’intoxication et à la pathogénésie proprement-dite, elle comprend également
le recueil des signes et symptômes observés et vérifiés par l’expérience
clinique des praticiens (plusieurs générations depuis Hahnemann).
LA MATIERE MEDICALE DE « NATRUM MURIATICUM »
A l’A.O.S.H. ,
nous avons adopté la classification hiérarchique proposée par Roland ZISSU
(photo de gauche) et Michel GUILLAUME (photo de droite) :
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Les
circonstance étiologiques
Les signes et symptômes psychiques
Les signes et
symptômes généraux
Les modalités
générales
Les signes et
symptômes loco-régionaux
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Les
circonstances étiologiques :
Les causes acquises :
Il s'agit
essentiellement de tous les facteurs perturbant l'apport et le métabolisme
des minéraux. Le chlorure de sodium, en réglant la pression osmotique entre
les cellules et le liquide intercellulaire, contrôle du même coup les
échanges de minéraux.
1 - Les causes
alimentaires :
Depuis des
années fleurissent dans les magazines "grand public" des articles et des
propositions sur les régimes alimentaires, surtout "amaigrissants", certains
sérieux, la plupart hélas assez farfelus, voire parfois dangereux. Lorsque
ces régimes amaigrissants sont suivis sans discernement, l'une des
conséquences est la carence en minéraux et en vitamines.
Les carences
d'apport ne sont pas les seules causes de la déminéralisation. Il y a le
chapitre des causes de la malabsorption intestinale des minéraux = diarrhées
par exemple, entérites. Sans oublier une cause fréquente et trop souvent
méconnue = l'abus de boissons acides, comme les sodas, les boissons
gazeuses, à la fois trop riches en sucres et trop acides. Même si l'on ne
peut pas ranger l'observation suivante dans ce chapitre, il faut la
rapporter = il y a une vingtaine d'années, nous avons vu une jeune fille
adolescente présentant une destruction très important des incisives et
canines supérieures, dont il ne restait que les racines et une destruction
moins importante des incisives inférieures. La cause en était que depuis sa
tendre jeunesse, elle avait la manie de croquer à pleines dents (lorsqu'elle
les avait !!!) dans du citron qu'elle adorait. La mère laissait faire car,
chacun le sait, le citron est riche en vitamines, C notamment. Hélas, il est
riche aussi en acide citrique. Et le plus curieux est que cette jeune fille,
pourtant à l'âge où un beau sourire revêt une importance capitale, se
fichait royalement de la destruction de ses dents !!!
Enfin, il ne
faut pas oublier les régimes hyperchlorurés volontaires ou involontaires,
comme par exemple, les marins d'autrefois contraints de manger des aliments
trop salés pour leur conservation.
2 – Les causes
thérapeutiques:
L'abus de
quinine est une cause de l'indication de Natrum muriaticum.
Aujourd'hui, de nouveaux antipaludéens sont plus volontiers utilisés.
3 – Les causes
pathologiques:
Il s'agit de
mettre dans ce chapitre toutes les causes de déminéralisation pathologiques
= pertes de liquides organiques, comme la diarrhée, surtout si elle est
répétée, les hémorragies (mais les conséquences ne durent que peu de temps),
les épanchements (surtout l'ascite), les maladies plus graves comme le
paludisme, la dysenterie, la tuberculose, etc…
Natrum
muriaticum peut être également un remède d'allergie (cutanée =
urticaire, eczéma…). C'est le remède le plus souvent retrouvé dans les
allergies au soleil.
4 – Les facteurs
psychogènes:
C'est un
chapitre important des facteurs étiologiques de Natrum muriaticum,
sans que l'on puisse évoquer ici la fuite des minéraux.
Natrum
muriaticum intériorise ses peines, ses déceptions et ses chagrins, il
n'en parle pas, se réfugie dans la solitude pour les ressasser. Parfois, il
n'a qu'un ami et s'il a une très grande confiance en lui, il se confiera, et
encore partiellement. Il n'aime pas qu'on vienne le déranger lorsqu'il est
dans son monde intérieur, ne supporte pas la consolation.
Il faut tenir
compte de cette cause psychogène lorsqu'un traitement pourtant bien indiqué
par ce médicament, ne donne pas le résultat escompté. Et cette cause
profonde, enfouie non pas dans l'inconscience du sujet, mais dans son refus
de l'extérioriser, peut-être à l'origine d'un "barrage".
On peut lire
avec amusement, mais surtout avec intérêt, une "lettre de Natrum
muriaticum à sa fiancée Ignatia" due à la plume spirituelle du
Docteur Andrée PELLETIER (voir la revue Les Cahiers du groupement
hahnemannien n°10/1989). Elle prête à Natrum muriaticum les
propos suivants adressés à sa fiancée: "Moi qui suis fidèle de cœur et
d'esprit, totalement fidèle, si tu me décevais, tu briserais à jamais mon
existence, je ne m'en consolerais jamais et je ne l'oublierais jamais".
Alors que le comportement de Ignatia est bien différent: "Tandis que
toi, après un chagrin violent, intense, mais passager, après le désespoir,
après même des pensées de suicide, tu reprendrais le dessus, non sans
quelque bonne maladie de courte durée qui emporterait au loin ta peine".
Alors méfiance, un chagrin profondément ressenti peut pousser Natrum
muriaticum au suicide, avec passage à l'acte sans confidence. Alors
qu'Ignatia l'annoncera avec des cris et des pleurs, mais se consolera
assez vite.
Les facteurs étiologiques héréditaires:
Les causes
héréditaires impliquent ce que l'on appelle le "terrain" et surtout
les "modes réactionnels généraux". A l'évidence, c'est ici le mode
réactionnel tuberculinique et ce, pour une raison simple.
Il faut rappeler
que le mode réactionnel tuberculinique se caractérise par une défense mal
organisée, faisant appel à une brusque augmentation des oxydations, et donc
des combustions, avec un besoin brutal et massif d'oxygène et de minéraux.
Le prix à payer pour l'organisme est la destruction cellulaire par
déminéralisation. La fuite du chlore, du sodium, des phosphates, du
potassium, etc… entraîne une déshydratation des muqueuses. Et ce n'est pas
étonnant de voir à ce stade l'indication de Natrum muriaticum
= l'un des premiers signes à apparaître est la sécheresse des lèvres, signe
pathognomonique de ce médicament. Si l'on ajoute l'amaigrissement,
l'asthénie, la tendance dépressive, l'indication de ce médicament s'en
trouve confortée. A tout hasard, il faut conseiller la relecture de ces
données sur la clinique des modes réactionnels.
Evoquons en
passant une querelle vieille d'une quinzaine d'années, due essentiellement
aux conceptions défendues par Denis DEMARQUE (1915-1999) = il affirmait
qu'il n'existait que deux modes réactionnels = le mode I psorique avec un
sous-groupe tuberculinique et le mode II sycotique. Selon cet auteur,
Natrum muriaticum reste dans le groupe des médicaments du mode
tuberculinique. Il semblerait, selon certaines confidences, que le point de
vue de cet auteur se soit rapproché des thèses défendues auparavant, qui
séparaient psore et tuberculinisme.
Les
signes et les symptômes psychiques:
La matière médicale "brute" :
-
Réservé, timide, larmoyant, taciturne, triste,
préfère être seul.
-
Aggravé par la consolation (au contraire de Pulsatilla et comme
Sepia et Silicea). Parfois se laisse consoler par un seul
être qui lui est cher.
-
Irritable et coléreux: se met en colère pour un rien = quand on le
regarde, quand on lui parle), boudeur, susceptible, querelleur.
-
Peureux (peur des voleurs, de la foule, de l'orage).
-
Rancunier mais aime rendre service.
Commentaires
Natrum
muriaticum est essentiellement un déprimé, qui intériorise ses
chagrins ou ses ressentiments, qui aime la solitude pour ressasser en toute
tranquillité ses soucis. Il ne veut pas être dérangé, ni consolé, il se met
alors en colère, repousse les marques de sympathie, se montre désagréable. A
l'irritabilité, il faut ajouter l'inquiétude, une excitation fébrile avec un
comportement précipité.
Les
mots-clés pour une recherche répertoriale sont = dépression, besoin de
solitude, aggravation par la consolation.
A titre
d'illustration, voici une observation de médecine vétérinaire, amusante en
elle-même, mais aussi significative pour réfuter l'effet placebo attribué
comme seule vert curative aux médicaments homéopathiques. On peut retrouver
cette observation dans la revue "Les Cahiers du groupement hahnemannien"
n°8-9-10/ 1984, sous la plume du Dr Alain DUPORT: taureau blond aquitain qui
ne veut plus saillir et qui a des difficultés pour se déplacer (raideur des
articulations, souffrance apparente à la marche). L'agriculteur révèle que
ce taureau a été acheté en même temps qu'une génisse et que les deux animaux
étaient toujours ensemble, au pré comme à l'étable. A l'étable, le taureau
mettait sa tête sur la génisse ! Une vraie histoire d'amour. Si une vache
était en chaleur, il accomplissait sa tâche sans rechigner, mais revenait
auprès de sa belle aussitôt après. Mais, les circonstances ont obligé
l'agriculteur à vendre la génisse. Et c'est à partir de là que les
difficultés ont commencé ! Le taureau a déprimé, il refusait de rentrer à
l'étable, mangeait moins, maigrissait, boitait et refusait les saillies ! Le
vétérinaire a procédé à la répertorisation à partir des signes suivants:
·
Troubles après chagrin d'amour
·
Dégoût de la vie
·
Aggravation en marchant
·
Manque d'appétit après déception
·
Aversion pour le coït
Le
remède qui sort de cette répertorisation = NATRUM MURIATICUM;
Après
vérification dans la matière médicale, le remède est prescrit en 30 CH. Deux
jours plus tard, une vache est saillie sans problème ! Trois semaines plus
tard, 5 autres saillies. Mais il faut chaque fois "inviter" le taureau, il
n'y va pas spontanément ! Cependant, les troubles somatiques disparaissent.
Deux ans plus tard, il "honore" 4 vaches dans la journée, s'en trouve très
fatigué, se remet à boiter, maigrit et semble souffrir. En tenant compte de
la faiblesse après coït et de l'aggravation par le mouvement, Natrum
muriaticum est prescrit en 200K avec une très nette amélioration dès le
lendemain.
Un autre trait de Natrum muriaticum = la
TIMIDITE.
C'est un
sujet réservé, timide, timoré, surtout en présence de tiers notamment
lorsqu'il ne les connaît pas (étrangers à son cercle de vie). Cette timidité
est souvent interprétée comme un excès de pudeur car il ne peut uriner en
présence de tiers. Cette particularité semble curieuse, car habituellement
la satisfaction des besoins naturels se fait en lieu fermé. Mais, il y a les
écoles, les collectivités (parfois). Voici une illustration démonstrative
car elle concerne, encore une fois, un cas vétérinaire. Un vétérinaire
rapporte qu'un chien avait plusieurs troubles somatiques pour lesquels il ne
trouvait pas le remède homéopathique. Il eut l'idée d'aller promener ce
chien dans un parc. Or, à chaque arbre, le chien levait la patte mais
n'urinait pas, du moins lors qu'on le regardait. Alors que lorsque le
vétérinaire feignait de regarder ailleurs, le chien urinait normalement. Le
diagnostic de Natrum muriaticum était posé !
Pour
comprendre le comportement de Natrum muriaticum, il faut toujours
avoir à l'esprit que l'on a affaire à un sujet hypersensible, hyperémotif,
attendant beaucoup des autres sur le plan affectif. Ce qui explique qu'il
est rapidement frustré et, à la manière de Staphysagria, il
n'extériorise aucune émotion, se referme sur lui-même, feint l'indifférence.
Et plus tard, lorsqu'il se retrouve seul, il pense et repense à sa
déception, allant jusqu'à pleurer silencieusement. Cependant, le côté
irritable, explique parfois des réactions de colère, surtout chez l'enfant
qui refuse les marques de sympathie comme les caresses. Ce comportement
introverti explique la grande tendance à l'anorexie mentale,
notamment chez les adolescents.
Timidité
+ anxiété facile + introversion => voici les éléments d'une équation qui
explique les problèmes de l'éveil à la sexualité des jeunes sujets Natrum
muriaticum.
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Sur
ce plan, nous nous basons sur l'enseignement de Jacqueline BARBANCEY
(1920-1995), médecin psychiatre et psychothérapeute: "Les premières pulsions
sexuelles chez la jeune fille comme chez le jeune garçon, sont très souvent
ressenties comme avec inquiétude et, dans de nombreux cas, que ce soit
consciemment ou inconsciemment, refusées. Cette mauvaise intégration (quand
ce n'est pas un véritable refus) de la sexualité entraîne des troubles
physiopathologiques et des syndromes psychiques très spéciaux". Par exemple
un retard pubertaire, qui contraste chez ces sujets dits "tuberculiniques"
qui sont souvent précoces.
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A notre époque dite
"moderne", les médias exaltent sans cesse la sexualité précoce, sous peine
de passer pour un ringard. Il s'en suit pour ces sujets Natrum
muriaticum (comme aussi les Pulsatilla ou les Staphysagria)
un échec des premiers rapports sexuels avec un retentissement
psychosomatique plus ou moins grave = impuissance ou éjaculations
précoces, dysménorrhée et frigidité, etc…
Comme
cela n'était pas suffisant, les adolescents Natrum muriaticum
ont une très nette propension à la dysmorphophobie = ils se trouvent
moches, ont peur de l'obésité alors qu'ils sont longilignes et maigres le
plus souvent ! Survient en plus le problème de l'acné juvénile qui ne fait
qu'ajouter un facteur d'aggravation avec pour conséquence l'anorexie
mentale. Comme par compensation, certains de ces sujets se réfugient dans la
boulimie, qui peut masquer l'indication du remède.
J.
BARBANCEY souligne que l'un des signes somatiques de ce médicament est
l'anosmie (décrite déjà dans la première pathogénésie réalisée par
Hahnemann). Or l'olfaction joue un rôle capital dans les mécanismes du rut
chez l'animal et un déficit peut entraîner, même chez l'homme des troubles
des pulsions sexuelles avec retentissement psychique.
Les
signes généraux:
-
Amaigrissement considérable avec anémie, cachexie, tout en mangeant
bien ! Amaigrissement de haut en bas.
-
Grande faiblesse au réveil, aggravée à 10 heures du matin.
-
Frilosité (ressentie aux genoux et aux jambes), sensible au froid, mais
aggravation par la chaleur du soleil ou rayonnante. Besoin d'air frais.
Prend froid facilement (rhume, rhinite…).
-
Désir anormal de sel (du moins par périodes) = soif insatiable (boit
souvent et beaucoup à la fois, comme Bryonia, son complémentaire
dans les troubles aigus ou subaigus).
-
Sécheresse des muqueuses et de la peau = mais aussi peau grasse,
huileuse, malsaine. Fissure médiane d'une lèvre. Langue en carte
de géographie.
Commentaires
1/ Amaigrissement malgré un appétit normal
ou augmenté.
Ce chapitre peut
être résumé par les mots-clés = déshydratation + déminéralisation
=> amaigrissement, anémie, in fine cachexie. Or ces
mots-clés sont également ceux du mode réactionnel tuberculinique. Ce qui
explique la place éminente de Natrum muriaticum parmi les
remèdes des troubles de ce mode.
Le type
sensible de Natrum muriaticum est celui des longilignes
réagissant électivement sur le mode tuberculinique. Lorsqu'un tel sujet
débute un trouble quelconque, notamment une pathologie respiratoire sous
l'effet du froid, le premier signe apparaissant est la déshydratation des
muqueuses, surtout celles de la bouche, expliquant la fissure médiane d'une
lèvre, souvent inférieure et la grande soif, avec pour corollaire une
augmentation du volume des urines, souvent foncées par surcharge de minéraux
(phosphates). La sécheresse des muqueuses respiratoires au moindre trouble
explique leur atteinte fréquente, à tous les étages, depuis la banale
rhinite à la bronchite, voire à l'asthme. La mise en œuvre du mode
tuberculinique se fait par une augmentation des combustions (le sujet ne
supporte pas la chaleur confinée qui l'aggrave).
La
déshydratation des muqueuses implique une fuite de l'eau péricellulaire avec
fuite des minéraux = urines abondantes, colorées, pire la nuit. En même
temps, la déminéralisation cellulaire perturbe le fonctionnement musculaire,
ce qui explique la faiblesse musculaire en général et la maladresse des
gestes (laisse tomber les objets), faiblesse des sphincters (énurésie en
toussant, en parlant, en éternuant…).
Voici comment se
passe un problème pathologique chez un "petit" tuberculinique (mais c'est la
même chose chez l'adulte) = après un refroidissement, l'enfant commence à
devenir pâle, se sent fatigué, ses lèvres deviennent sèches, il a soif (boit
beaucoup et souvent), il a parfois une température plutôt modérée (38°,
39°). Au bout d'un jour ou deux, voire même trois, la pathologie apparaît =
respiratoire, digestive… Et puis, autre signe important = alors qu'il est
maigre, il maigrit encore et hélas perd l'appétit ! Le besoin de sel se
manifeste, sans doute pour retenir l'eau.
Il faut préciser
également ou rappeler que le chlorure de sodium, élément indispensable à la
vie, peut se montrer toxique pour les cellules lorsqu'il se trouve en excès.
Ce qui peut expliquer certains troubles de Natrum muriaticum, tels que
l'asthme, l'eczéma (sec, croûteux, enflammé, localisé aux plis de flexion, à
la face, derrière les oreilles, à la limite du cuir chevelu, < au bord de la
mer, par les aliments salés, par le soleil…
Enfin, l'action
d'un toxique, quel qu'il soit, se développe en deux temps = une première
phase dite sthénique de réaction d'un organisme encore peu touché – puis une
phase dite asthénique par dépression, par épuisement de la réaction de
défense. Cette caractéristique explique une contradiction apparente des
troubles décrits dans la matière médicale. Et ceci est valable pour tous les
toxiques. Ainsi, pour Natrum muriaticum, on note: rhinite avec
hypersécrétion puis nez sec, asthme avec bronchorrhée puis sec, eczéma
suintant puis sec, sensation de sécheresse buccale malgré une
hypersialorrhée puis hyposialie, etc…
La déshydratation de la muqueuse buccale : |
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La sécheresse buccale se rencontre dans toutes sortes de
pathologiques et non uniquement en stomatologie. Le premier signe de
sécheresse buccale est celle des lèvres avec fissure d’une lèvre (souvent la
lèvre inférieure) ou des deux. Cette sécheresse buccale explique en grande
partie la fréquence d’une gingivite avec des gingivorragies fréquentes,
faciles, au moindre contact. Nous avons souvent émis l’hypothèse que la
sécheresse buccale (comme celle de n’importe quelle muqueuse) pouvait
affecter les mécanismes de l’immunité locale. Perturbation de la réponse
immunitaire que l’on retrouve dans les nombreux troubles allergiques de ce
remède. Enfin, Natrum muriaticum est un remède très souvent
impliqué dans les maladies auto-immunes comme l’aphtose, le syndrome de
Gougerot.
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La déshydratation et la déminéralisation cellulaire compromettent la
croissance et la minéralisation osseuse et dentaire. Il n’est donc pas
étonnant que l’enfant Natrum muriaticum présente des caries
dentaires précoces, globales, débutant très souvent par les faces proximales
(forme de carie typiquement tuberculinique), le tout accompagné de douleurs,
soit névralgiques par déshydratation des tissus nerveux et inflammatoires
par réaction pulpaire.
L’amaigrissement
malgré un appétit conservé
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Ce signe est tout de même
original. Il y a des patients qui se plaignent de grossir alors qu’ils
déplorent de manger peu, voire très peu. Et d’autres qui maigrissent malgré
un appétit dévorant. Injustices de la vie !
On retrouve ce signe (car est-ce un symptôme ?)
« Amaigrissement malgré un appétit augmenté » dans tous les médicaments
présentant le radical « muriatic », mais également dans d’autres
médicaments, notamment IODUM = ce dernier est sans cesse préoccupé jusqu’à
l’obsession par le besoin de manger => doit manger beaucoup et souvent et
reste maigre, agité et anxieux s’il croit n’avoir pas le temps de manger,
etc... On le retrouve également dans de nombreux médicaments des troubles
du mode tuberculinique
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L’originalité de
Natrum muriaticum est l’amaigrissement qui commence par la partie
supérieure du corps et qui évolue petit à petit vers le bas.
On
constate parfois, sur cette maigreur, des oedèmes, essentiellement lorsque
sont présents des troubles de la fonction rénale. Il faut alors comparer
Natrum muriaticum à Ammonium muriaticum. Rappelons que
l’insuffisance rénale est une cause ou un facteur d’aggravation d’une
maladie parodontale, qu’il serait vain de traiter par la chirurgie sans
régler d’abord cette insuffisance rénale.
L’amaigrissement
s’accompagne d’une instabilité thermique = les sujets qui réagissent
sur le mode tuberculinique sont des frileux de fond, mais leurs réactions
défensives par augmentation des oxydations libèrent de la chaleur. D’où les
signes en apparence contradictoires = frileux craignant le froid,
s’enrhumant facilement, particulièrement frileux au repos et dans le même
temps, besoin d’air frais (besoin d’oxygène), recherche du frais après des
efforts physiques (qui dégagent de la chaleur), aggravation dans une pièce
chaude ou surchauffée.
Voici une
nouvelle occasion de comparer le mode tuberculinique et le mode psorique. A
la suite de Denis DEMARQUE, plusieurs auteurs ont placé le mode
tuberculinique dans une sous-classe du mode psorique. Cependant, si les
psoriques au stade sthénique de SULFUR sont effectivement des instables
thermiques, l’explication est bien différente.
Les
tuberculiniques dégagent de la chaleur par l’augmentation des oxydations,
ils sont donc souvent aggravés par la chaleur (surtout confinée) mais
restent des frileux de fond. Les sujets Sulfur présentent une congestion
artérielle d’abord, puis artérielle et veineuse ensuite, ils n’ont pas une
augmentation de leurs oxydations. Et encore ne la présentent-ils que par
périodes, au gré de leur mode de vie, chaque fois que la fonction
hépato-digestive se trouve surchargée par les excès alimentaires. Ainsi,
comme l’a si bien montré Roland ZISSU, il est vrai que Natrum muriaticum et
Sulfur, respectivement chefs de file du mode tuberculinique et du mode
psorique, ont bien des signes communs (instabilité thermique, périodicité de
certains troubles, des éliminations muqueuses ou cutanées) mais leur
signification relève de mécanismes physiopathologiques différents. En
exagérant un peu, on pourrait dire qu’un tracteur agricole et une voiture
ont bien de choses en commun = les roues, le volant, le frein, etc... mais
ce sont cependant des véhicules que l’on ne peut comparer, ni confondre !
2/
Natrum
muriaticum dans les syndromes douloureux :
Dans ce chapitre
(comme dans tous les autres) revient le leitmotiv de Natrum
muriaticum = déshydratation et déminéralisation.
Ces deux mécanismes expliquent les douleurs de ce médicament.
D’abord,
Natrum muriaticum est un remède important de céphalée = il est
classique de l’attribuer à une consommation excessive de minéraux, notamment
pendant l’effort mental. Ce n’est sans doute pas le fruit du hasard si l’on
retrouve une céphalée dans la matière médicale de plusieurs médicaments à
base de phosphore = Phosphorus, Phosphoric acidum, Calcarea phosphorica,
etc... Le phosphore et les phoshorides jouent un rôle éminent dans les
mécanismes cérébraux.
La céphalée de
Natrum muriaticum produit les signes suivants = céphalée battante, aggravée
par la chaleur, avec la sensation que la tête va éclater, aggravée vers 10 h
du matin jusqu’au maximum à midi, puis décroît. En fait, l’aggravation suit
la courbe solaire. A l’évidence, cette céphalée est particulièrement
fréquente lors des efforts mentaux, chez les écoliers ou étudiants,
travailleurs intellectuels en général. Le caractère des douleurs, battantes,
serait dû à une congestion cérébrale suscitée par la toxicité du NaCl en
excès. Il en serait de même pour les palpitations après effort avec point de
côté et une sensation de froid autour du cœur, que l’on retrouve dans
Graphites, Kali chloricum, Lilium tigrinum
ou Petroleum (sensation d’un bloc de glace).
Natrum
muriaticum ressent cette sensation de froid autour du cœur après un
effort mental prolongé, le tout dans un contexte de tristesse, de déprime, <
par la consolation et à 10 heures. NASH affirme que « Natrum muriaticum
est l’un de nos meilleurs remèdes de la céphalée des écoliers, avec Calcarea
phosphorica ». Mais TYLER ajoutait de donner également Bryonia, le
complémentaire au moment de la céphalée et Natrum muriaticum après..
Natrum
muriaticum a bien d’autres douleurs = épine dorsale ou vertèbres
sensibles au toucher, > appuyé sur un plan dur – tension douloureuse au
niveau des plis de flexion avec sensation de tendons trop courts –
craquements dans les articulations (dus aux urates) – douleurs ressenties au
niveau des reins ou céphalée au moment des règles – douleurs piquantes et
brûlantes au niveau de l’anus après la selle – diverses douleurs brûlantes =
lèvres, langue, yeux…
La
névralgie faciale:
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Natrum muriaticum est cité au degré fort dans le Répertoire de
Kent. Sa principale caractéristique est l'apparition le matin avec
aggravation progressive jusqu'à midi puis diminution de la douleur. En
fait, l'intensité de la douleur de la névralgie suit la courbe solaire
(comme Spigelia). |
3/
Natrum muriaticum et les endocrines :
Etant donné le
rôle éminent du chlorure de sodium dans les différents métabolismes de
l’organisme, il est naturel qu’il intervienne également dans celui des
glandes endocrines. Dans un excellent article (" Les Annales homéopathiques
françaises" n°3/1959), Denis DEMARQUE affirme que, faute d'une étude
biologique (à son époque du moins), on pense que Natrum muriaticum
peut avoir une action sur l'hypophyse = l'argument est clinique. Le "type
sensible" de ce médicament correspond à des sujets longilignes, c'est-à-dire
grands et maigres, grandissant trop vite.
Cependant, la
thyroïde est également concernée. Dans le même article, Demarque cite André
ROUY: "Notre expérience clinique nous a permis, avec Arsenicum album
et Thyroïdea en hautes dilutions de couvrir tous les symptômes de la
maladie de Basedow. Mais à côté de l'hyperthyroïdie, la dysthyroïdie et
l'hyperthyroïdie rentrent dans le cadre de Natrum muriaticum".
En réalité, c'est essentielle l'hyperthyroïdie, ou la dysthyroïdie,
qui domine dans Natrum muriaticum, avec comme complémentaires, notamment
pour les manifestations psychiques, Ignatia et Moschus. Et
dans la maladie de Basedow, il faut penser aussi à Iodum, à
Fluoric acid. et à Lachesis.
Si
l'hyperthyroïdie concerne avant tout les sujets jeunes, l'hypothyroïdie peut
se voir chez des sujets âgés, correspondant toujours à Natrum muriaticum. On
constate des modifications de la peau et des phanères, des chutes de cheveux
et de poils, une peau sèche et écailleuse. Et l'on retrouve même ici
l'action diphasique de ce remède = alternance d'hyper- et d'hypothyroïdie
chez le même sujet. Or, l'alternance de manifestations pathologiques sur le
même appareil est un signe du mode tuberculinique, à l'opposé de
l'alternance de troubles cutanés et muqueux dans le mode psorique.
Toujours selon
D. DEMARQUE, "l'affinité du bacille de Koch pour les surrénales explique la
fréquence de l'insuffisance surrénalienne chez les tuberculiniques
justiciables de Natrum muriaticum, de Lycopodium et de
Marmorek".
Il ne faut pas
croire que ces données endocrinologiques doivent être ignorées du
chirurgien-dentiste. La croissance des maxillaires est influencée à
l'évidence par l'hypophyse et la minéralisation des dents par la thyroïde.
On constate souvent chez les enfants du type Natrum muriaticum une
tendance à l'endognathie bi-maxillaire avec proalvéolie. De plus,
l'hypothyroïdie est responsable chez l'enfant d'une gingivite chronique, de
polycaries, de parodontite et chez l'adulte, d'une gingivite
ulcéro-nécrotique avec alvéolyse, caries nombreuses, notamment des collets.
L'hyposurrénalisme peut concerner également le chirurgien-dentiste.
Notamment et indirectement par le biais de l'anorexie qui, si elle perdurait
chez un enfant, pourrait avoir des conséquences fâcheuses sur la
minéralisation de l'os et des dents. Trois médicaments répondent à cette
situation = Sepia et Natrum muriaticum, puis Lycopodium.
De plus, dans la maladie d'Addison existe une carence en vitamine C qui peut
expliquer le développement d'une gingivite d'aspect scorbutique, que l'on
trouve dans Natrum muriaticum. Mais il faut rappeler qu'une véritablement
carence d'apport de vitamine C ne se traite pas par homéopathie, mais par
apport de la vitamine.
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Selon
Pierre TONNELIER (ancien chef de service de stomatologie de l'Hôpital
Sainte-Anne) la maladie d'Addison s'exprime par trois signes capitaux =
la mélanodermie (on en retrouve quelques aspects dans Sepia) + des
taches sur les muqueuses (taches brunes, ardoisées ou bleu foncé
qui posent le problème du diagnostic différentiel avec l'intoxication par
des métaux comme le bismuth, l'argent, les sels d'or, le plomb, sans oublier
les taches ethniques) et enfin l'asthénie. |
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Enfin, Natrum
muriaticum concerne la fonction génitale, avec encore une fois deux
aspects opposés = soit des règles en retard et rares, soit des règles en
avance et abondantes. Il y a également des modifications de la
vascularisation gingivale avant, pendant et après les règles, pouvant
expliquer une gingivite cataméniale dont Natrum muriaticum et/ou
Sepia peuvent rendre compte.
4/ La
peau de Natrum muriaticum:
Les troubles
cutanés s'expliquent par la double action de déshydratation par le chlore et
d'une tendance catarrhale du fait du sodium. Le résultat abouti à une peau
sèche, mais avec ça et là des zones de peau huileuse et malsaine (face,
mains, aisselles).
Natrum
muriaticum est un remède important et fréquent d'acné juvénile
(avec des comédons, notamment au front à la limite du cuir chevelu). Cette
acné survenant volontiers à l'adolescence peut engendrer ou renforcer une
dysmorphophobie, source de complexes, exagérant une timidité maladive, un
repli sur soi, des problèmes psycho-sexuels, etc...
L'herpès labial
ou péribuccal est également une indication importante et fréquente. La
localisation exclusivement linguale évoque Zincum metallicum.
La localisation génito-anale se rencontre également. Enfin, l'eczéma et
l'urticaire sont fréquents et souvent liés à une réaction allergique. Le
dermatologue homéopathe Marcel DENIS a consacré un article aux "Dermatoses
de Natrum muriaticum".
Il affirme: "Du point de vue dermatologique, si ces manifestations cutanées
sont intéressantes, certaines modalités générales de Natrum muriaticum sont
à considérer: aggravation au bord de la mer (+++) ou au retour d'un séjour à la mer,
aggravation
dans la matinée, l'urticaire est aggravé par de grands exercices physiques
et toutes les dermatoses par le soleil". DENIS insiste sur l'intérêt de
remèdes complémentaires comme ce "petit" remède un peu oublié aujourd'hui
Aqua marina. Personnellement nous ajoutons Sanicula aqua qui a de
nombreux signes comparables à ceux de Natrum muriaticum dans les cas
d'herpès labial tenaces.
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LES MODALITES GENERALES:
Les aggravations:
< Par la
chaleur (SOLEIL, rayonnante, pièce trop chaude)
< au bord
de la mer
< Par la
CONSOLATION
Les améliorations:
> en
plein air, par les bains froids (en cas de fièvre)
> par le
repos ou par le mouvement lent.
LA BOUCHE DE
NATRUM MURIATICUM
D'abord ce que dit la matière médicale:

 |
Grande sensation de
sécheresse alors que la bouche reste humide, avec soif, salive
profuse (aqueuse et salée). Lèvres sèches et fissurées.
Inflammation,
gonflement et saignement de la gencive. Gencive scorbutique.
Aphtes n'importe
où dans la bouche ou parfois (rarement) localisés à la langue (seul
Zincum metallicum partage cette localisation).
Odontalgies très
marquées par le froid.
Langue couverte d'une
salive mousseuse, mettant sur ses bords comme un chapelet de bulles.
Langue en carte de
géographie. Sensation de cuisson à la langue. Sensation d'un
cheveu sur la langue.
Engourdissement avec
picotements, démangeaisons au niveau de la langue, des lèvres et du nez.
Goût amer et pâteux.
Désir de sel (par
périodes). |
Commentaires
Natrum
muriaticum et la gingivite
Médicament fréquent de
gingivite, souvent banale, prenant parfois un aspect scorbutique, avec des
gingivorragies faciles, au moindre contact. ET, quel que soit le trouble,
les lèvres sont sèches et fendillées (fissure médiane). La gingivite débute
presque toujours par une sensation de sécheresse de toute la bouche et des
lèvres, avec une sensation de brûlure. C'est le stade de la gingivite
érythémateuse banale, facilement réversible. Il est logique de penser à
Bryonia (début lent, progressif, très grande sécheresse avec soif pour
de grandes quantités d'eau froide à de longs intervalles) ou encore Arum
triphyllum (lorsque des squames se forment sur les lèvres que le
patient arrache sans cesse jusqu'à se faire saigner).
Cette gingivite
se rencontre volontiers chez des sujets répondant au type sensible =
longilignes et maigres. On retrouve le contexte psychique = surmenage
intellectuel qui épuise, tendance dépressive, peu bavard, cherche la
solitude, veut qu'on lui fiche la paix. A comparer à Phosphoric
acid. chez les étudiants particulièrement surmenés ("vidés", diarrhée
profuse et sans douleur, perte de mémoire) ou même à Phosphorus en
cas d'aggravation brutale.
Natrum muriaticum et le
problème de la carie dentaire:
|

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La matière médicale et le
Répertoire de Kent précisent l'existence de caries mais au degré
faible. Il faut rappeler que cette mention ne procède pas de la
pathogénésie proprement dite mais de l'expérience clinique des
praticiens, troisième source de la matière médicale et certainement pas
la moins précieuse. La carie de Natrum muriaticum est à
l'image de celles des sujets réagissant sur le mode tuberculinique =
souvent d'apparition et de développement rapide, en quelques semaines,
avec une prédilection pour les faces proximales, notamment des
incisives. L'apparition de caries peu après l'éruption des dents
signifie que leur minéralisation n'a pas été correcte et qu'elles sont
particulièrement sensibles aux facteurs cariogènes. |
La matière médicale et le Répertoire de Kent
précisent l'existence de caries mais au degré faible. Il faut rappeler que
cette mention ne procède pas de la pathogénésie proprement dite mais de
l'expérience clinique des praticiens, troisième source de la matière
médicale et certainement pas la moins précieuse. La carie de Natrum
muriaticum est à l'image de celles des sujets réagissant sur le mode
tuberculinique = souvent d'apparition et de développement rapide, en
quelques semaines, avec une prédilection pour les faces proximales,
notamment des incisives. L'apparition de caries peu après l'éruption des
dents signifie que leur minéralisation n'a pas été correcte et qu'elles sont
particulièrement sensibles aux facteurs cariogènes.
L'explication
est simple. Le mode tuberculinique met en œuvre une accélération brutale des
oxydations avec consommation accrue d'oxygène et de minéraux. Ces derniers
peuvent manquer aux processus de minéralisation de l'os et des dents.
L'ennui est que les troubles de la minéralisation dentaire sont
irréversibles. Le rachitisme laisse des traces apparentes chez l'adulte. Ce
mode tuberculinique est mis en œuvre plus ou moins souvent, selon les
circonstances de la vie. Il est évident que s'il est mis en œuvre très
fréquemment, le risque pour les dents augmente d'autant.
Alors que peut
faire le chirurgien-dentiste homéopathe ?
S'il voit un
enfant de dix à douze ans, la minéralisation de ses dents est très largement
réalisée. Il n'y a pas grand-chose à faire sinon instaurer ou renforcer les
mesures hygiéno-diététiques, conseiller des visites fréquentes et à
l'évidence traiter les lésions carieuses s'il en existe. Mais il n'est pas
inutile de proposer un traitement de fond pour "sauver" ce qui peut l'être,
notamment les dents étant encore en train de se minéraliser.
Le plus
intéressant est de rencontrer un enfant beaucoup plus jeune afin de
proposer, le cas échéant, un traitement préventif. Encore faut-il que cet
enfant très jeune soit conduit à la consultation en temps utiles.
Heureusement, il y a l'herpès labial ou la chéilite ou une gingivite banale
qui peuvent motiver une consultation, voire même une langue en carte de
géographie !!! Mais dans ce cas, il ne faut pas se tromper. Si l'on trouve
l'indication de Natrum muriaticum, même sur des signes
discrets, ce qui est fréquent, on doit penser immédiatement au mode
réactionnel tuberculinique et se préoccuper de sa prise en charge sur le
plan thérapeutique.
Malheureusement,
la clinique se montre plus nuancée et parfois plus compliquée. Le mode
tuberculinique n'est pas le seul en cause, on déplore parfois la mise en
œuvre simultanée du mode luétique. Ces deux modes réactionnels associés sont
particulièrement néfastes pour la minéralisation des dents. La mode luétique
a une affinité particulière pour les vaisseaux et peut perturber la
vascularisation des bourgeons dentaires et des maxillaires, expliquant la
fréquence des anomalies de forme, d'implantation et les problèmes de
croissance qui relève de l'orthodontie. Cette intrication des modes
réactionnels explique la nécessité de donner Calcarea phosphorica en
alternance avec Calcarea fluorica. Aucun médicament ne doit être
rejeté sous le fallacieux prétexte de l'unicisme de la prescription. Il ne
s'agit pas là de sémantique ou de respect de principes, mais de donner à un
enfant toutes les chances, même "infinitésimales" de réussir la
minéralisation de ses dents.
Natrum muriaticum et
les maladies auto-immunes de la cavité buccale:
Pendant
longtemps, on a pensé que Natrum muriaticum n'était indiqué
que chez l'enfant et chez l'adolescent, ou chez l'adulte jeune. Cependant,
force est de constater que l'on trouve souvent l'indication de ce médicament
chez des adultes d'âge mûr pour l'aphtose buccale mais également pour le
syndrome de Gougerot-Sjögren, ou encore dans les stomatopyrosis.
Pour l'aphtose
buccale, il n'y a rien de particulier. La matière médicale précise "aphte
brûlant" ce qui est inutile car tous les aphtes brûlent, le mot vient du
grec "aphtein" qui signifie "brûlant" ! La localisation à la gencive est au
degré fort, au degré moyen à la langue. Comme c'est très souvent le cas pour
l'aphtose buccale, les signes buccaux passent au second plan, même lors
d'une poussée aiguë car Natrum muriaticum est plutôt un remède
de fond.
Le syndrome de
Gougerot est une indiqué plus importante, même si cette affection reste tout
de même assez rare. Contrairement à ce que disaient les auteurs anciens,
Natrum muriaticum se voit indiqué chez l'adulte d'âge mûr et même
chez le vieillard. La sécheresse des muqueuses en général et de celle de la
bouche en particulier explique l'indication possible de Natrum muriaticum.
La sécheresse oculaire est aussi présente dans la pathogénésie avec une
sensation de brûlure, une hyperesthésie de la cornée, des troubles de
l'accommodation et une éventuelle dacryocystite. L'action diphasique déjà
décrite se retrouve au niveau de l'œil = sensation de sécheresse intense et
en même temps larmoiement plus ou moins abondant mais toujours brûlant et
âcre. Enfin, plusieurs signes articulaires complètent le tableau de ce
syndrome. Ne pas oublier que, quel que soit le syndrome en cause, le choix
de ce médicament repose avant tout sur la présence des signes psychiques et
généraux. On ne prescrit pas Natrum muriaticum chez un sujet volubile
et extraverti !
Il est
intéressant de noter ici, et une fois encore, la complémentarité de
Sepia, autre remède très important et très fréquent du syndrome de
Gougerot. Sepia a une nette tendance à la fixation des troubles sur tel ou
tel appareil en corrélation avec une congestion veineuse du petit bassin.
Or, le syndrome de Gougerot se rencontre volontiers chez des femmes juste
après leur ménopause. La dépression de Natrum muriaticum est encore
plus marquée chez Sepia. Petit à petit, les glandes exocrines tendent
à la sclérose et Silicea se profile. Il convient de le donner
en temps utile afin de palier les conséquences de la sclérose, c'est-à-dire
bien longtemps avant l'irréversibilité des troubles. A condition d'en avoir
le temps !
Il n'est pas
toujours facile de distinguer Natrum muriaticum de Sepia,
d'autant plus que tous deux sont introvertis, parlent peu, ne se confient
pas. Tous deux ont une sécheresse des muqueuses, la sensation de sable sous
les paupières, une aversion pour le coït sur le plan affectif et psychique,
renforcée par la sécheresse vaginale.
Compte tenu de
sa matière médicale et de l'expérience clinique des praticiens, il est
logique de placer Natrum muriaticum parmi les médicaments les
plus importants des maladies auto-immunes, notamment l'aphtose buccale et le
syndrome de Gougerot. Il ne faut pas oublier la maladie de Behçet,
l'anémie de Biermer, la polyarthrite rhumatoïde le lupus érythémateux
disséminé, le pemphigus et la sclérodermie. Du moins au début de leur
développement.
Natrum muriaticum et
les stomatopyrosis:
Affection à
l'évidence d'origine psychosomatique, de plus en plus fréquente du fait du
mode de vie stressant et de l'augmentation du nombre de personnes vivant
seules, la stomatodynie ou encore stomatopyrosis (brûlures dans la
bouche) pose un problème délicat. D'abord, le diagnostic n'est pas toujours
évident et le diagnostic différentiel encore moins. Le risque est de ne pas
mettre tous les moyens en œuvre et de conclure à une origine
psychosomatique, passant à côté d'une cause physique réelle. Un argument
montre la difficulté = la plupart de ces patients ont déjà consulté
plusieurs praticiens, sans succès et l'échec répété engendre une
cancérophobie que des explications claires ne parviennent pas à surmonter.
Dans la plupart
des cas, la médecine classique utilise les anxiolytiques, qui eux-mêmes ont
pour effet secondaire une hyposialie plus ou moins importante, elle-même
source de pyrosis ! L'homéopathie a au moins l'avantage de l'absence
d'effets iatrogènes, ce n'est pas son moindre mérite.
Natrum
muriaticum est l'un des principaux médicaments de ces affections dont le
point de départ est un facteur psychogène = suites de chagrin, de
disparition du conjoint ou de la conjointe, introversion de la peine, peur
de la solitude, etc..... Tous ces facteurs psychogènes sont présents dans la
matière médicale de ce médicament, à comparer encore une fois à Sepia,
tous hautement hiérarchisés, au point que les signes locaux n'ont qu'une
importance relative.
L'un des écueils
avec Natrum muriaticum ou avec Sepia est l'introversion de ces
sujets qui, alors qu'ils viennent demander un soulagement, restent très,
trop, discrets sur ce qu'ils ressentent sur le plan affectif. Il faut leur
"arracher" des précisions, il est donc nécessaire, autant que faire se peut,
de créer d'abord un climat de confiance. Il faut surtout éviter les
questions trop directes, il faut "biaiser" (dans le bon sens du terme).
Surtout, il faut qu'ils ressentent au plus profond d'eux-mêmes qu'enfin,
"ce" praticien a compris leur problème. Il faut accorder une grande
importance à des petits détails qui n'ont certes rien de déterminant. Mais
ces patients anxieux tendent à se fixer sur tel ou tel point, jusqu'à en
faire une fixation obsessionnelle. Bref, il faut faire preuve du plus grand
doigté. Ensuite, il faut prescrire le remède en hautes dilutions, en
commençant de préférence par une 12 ou 15 CH une à trois fois par semaine.
Et comme cette posologie peut sembler insuffisante à un patient anxieux, il
est souvent nécessaire d'ajouter un ou deux "petits" remèdes d'action
purement locale que le patient pourra prendre plusieurs fois par jour,
choisis sur tel ou tels symptômes décrit(s) comme gênant par le patient.
CONCLUSION
Ainsi, le banal
sel de cuisine se révèle un médicament homéopathique de première importance,
ce que l'on appelle un "polychreste". L'ampleur de son action ne peut
s'expliquer que sa double action = toxique d'abord, métabolique ensuite. La
toxicologie a pu être mesurée par des observations chez des sujets ayant
vécu des naufrages en mer et ayant consommé de l'eau de mer ou chez des
sujets ayant abusé d'aliments salés.
L'action
métabolique s'explique sans aucune doute par le rôle fondamental du chlorure
de sodium dans le réglage de pression osmotique des cellules, et donc dans
les échanges intercellulaires. Il est patent de comparer l'action opposée du
chlorure de sodium dont le trait dominant est la déshydratation et du
chlorure de sodium avec son imbibition hydrique.
Natrum
muriaticum et Natrum sulfuricum sont deux médicaments
homéopathiques importants, mais indiqués pour des troubles très différents
les uns des autres.
Natrum
muriaticum est l'un des médicaments principaux des troubles relevant du
mode réactionnel tuberculinique. Il se voit fréquemment indiqué chez les
sujets jeunes dans de nombreux troubles aigus ou subaigus avec, souvent
infectieux faisant suite au froid, avec un signe d'appel caractéristique =
la sécheresse des muqueuses, comme le complémentaire Bryonia. Cette
sécheresse peut rester banale mais il est fort possible que les échanges
cellulaires soient perturbés. La première conséquence est la perturbation
des processus immunitaires, expliquant sans doute les nombreux syndromes
infectieux et l'augmentation des manifestations allergiques ou auto-immunes.
Une autre conséquence, lorsque ces troubles infectieux se répètent trop
souvent, est la perturbation des mécanismes de la minéralisation du
squelette et des dents. On retrouve là la mode réactionnel tuberculinique
avec sa consommation excessive de minéraux et d'oxygène.
On a trop longtemps réduit l'action de Natrum muriaticum
à ces seuls troubles alors que l'expérience clinique montre son actualité
chez des adultes d'âge mûr.
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A comparer: Le chlorure de
sodium intervient dans le métabolisme de l'eau, dans le sens de la
déshydratation.
C'est Natrum muriaticum
(photo de gauche)
Le sulfate de sodium intervient également dans le
métabolisme de l'eau dans le sens de la rétention, de l'hydratation des
tissus.
C'est Natrum sulfuricum
(photo de droite)
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