|
Quel que soit leur âge, ce sont des
« bilieux », tôt ou tard le foie et ses annexes sont en cause.
1.
Du point de vue PHYSIQUE:
a)
Le contraste entre l’asthénie physique et
les capacités intellectuelles longtemps conservées - ce
qui donne au visage un aspect ridé, vieilli avant l’âge, et ceci dès
l’enfance.
b)
Le contraste entre la gracilité des membres et de la
partie supérieure du corps et la prédominance de l’étage
abdominal, avec des tissus mous et peu musclés. Sujet maigre à
gros ventre.
c)
La coloration de la peau: brune en général. Sur ce fond: un teint
pâle, jaunâtre (en dehors de l’ictère, bien entendu) et des taches dites
hépatiques.
2. Du point de vue
PSYCHIQUE: alternances d’excitation et de dépression, avec en cas
d’aggravation: la prédominance dépressive.
a)
Relevant de l’excitation: sujet nerveux, irritable, coléreux, de
mauvaise humeur < le matin, au réveil, à l’intelligence vive. Le tout
pouvant aller jusqu’à l’autoritarisme et la tyrannie vis-à-vis de
l’entourage.
b)
Relevant de la dépression: émotif, parfois tendre et sentimental,
avec manque de confiance en soi et troubles de la mémoire. Le tout
pouvant aller jusqu’à la dépression, voire la mélancolie.
c)
La synthèse des deux: sujet qui a besoin d’être seul (SEPIA),
tout en redoutant la solitude, ce qui s’exprime différemment selon les
âges: de l’enfant « crampon » à l’adulte d’une exigence absolue et au
sujet âgé bourru, voire « abruti ».
Sur ce fond commun, des variantes en
fonction de l’âge:
|
 |
LE NOURRISSON |
Þ
Bébé plutôt grand, aux membres grêles, au ventre gros, à
la tête bien développée, à l’intelligence précoce mais chétif et faible,
d’aspect maladif (Lathoud), grossissant difficilement, d’autant plus
qu’il n’a pas faim et a de la diarrhée par le lait (R.Z.). Sa peau est
sèche et ridée.
Þ
Nerveux, agité, facilement de mauvaise humeur
surtout au réveil et coléreux.
Þ
Il se réveille en criant et pleurant, repoussant tout
autour de lui et se grattant le nez (Duprat).
D’où vient ce nourrisson ?
On retrouvera
chez les ascendants soit un mode réactionnel psorique avec
des épisodes SULFUR, PSORINUM ou LYCOPODIUM - soit un mode
tuberculinique du type NATRUM MURIATICUM ou même SILICEA - soit
plus rarement luétique : CALCAREA FLUORICA ou BARYTA CARBONICA.
Quel que soit le mode réactionnel, l’hérédité parentale dénotera des
perturbations des fonctions hépatiques.
Quelles
sont les pathologies auxquelles ce nourrisson sera sensible ? Elles sont
de trois ordres :
a) Des troubles
digestifs:
·
L’anorexie ou une faim vite rassasiée (LYCOPODIUM et SEPIA
sont les deux gros remèdes).
·
Les digestions lentes avec, sur cet abdomen trop gros, de
la flatulence s’exprimant par: un gonflement épigastrique immédiatement
après l’absorption alimentaire qui la limite, avec éructations (CARBO
VEGETABILIS) - Plus tardivement (2 à 4 heures après le repas):
flatulence intestinale < à la partie sous-ombilicale de l’abdomen avec
borborygmes et ballonnement qui le font crier ou pleurer, > la nuit par
émission abondante de gaz (MAGNESIA CARBONICA). Attention aux féculents
et aux oeufs, à la forte chaleur, par contre l’alimentation chaude est
mieux tolérée.
·
La constipation alterne avec la diarrhée par le lait
(NATRUM PHOSPHORICUM avec « hyperacidité » du tube digestif) -
Constipation avec selles allongées, insuffisantes, précédées de gaz
inodores ne soulageant pas le gonflement abdominal (MAGNESIA MURIATICA).
b) Des troubles
nerveux: irritabilité < au réveil et lorsqu’il est malade
(NUX VOMICA) et malgré cela exige la présence de ses
parents.
c) L’absence
d’éliminations cutanées: peau sèche, ridée, d’aspect vieillot, peu
de sueurs mais fétides, voire excoriantes. Sur cette peau: éruptions
sèches, squameuses, croûteuses (PETROLEUM - SARSAPARILLA sur SILICEA),
voire humides rétro-auriculaires ou au bord des narines (eczéma atopique
psorique - « croûte de lait » à début occipital (Duprat);
STAPHYSAGRIA - GRAPHITES sur CALCAREA CARBONICA.
d) D’autres
pathologies chez ce nourrisson hépatique peuvent se greffer,
notamment dans le domaine O.R.L. et respiratoire, surtout lorsque le
mode tuberculinique est retrouvé chez les ascendants et s’ajoute au mode
psorique: angines aiguës (allant de droite à gauche), coryzas à
répétition (SULFUR IODATUM), voire broncho-pneumopathie aiguë < à droite
(SANGUINARIA sur PHOSPHORUS), toux asthmatiforme ou asthme vrai, plus
fréquent chez l’enfant (ARSENICUM ALBUM) avec surtout crise débutant
souvent vers 16h ou 17h (au moment de la digestion qui est lente et
pénible).
ENFANT
On retrouve chez lui l’opposition
entre le physique et le psychique.
1 - PHYSIQUEMENT:
un aspect chétif, faible, voire maladif, le plus souvent maigre avec des
membres graciles, mais avec un gros abdomen, une peau sèche, ridée,
pâle. Il maigrit de haut en bas surtout quand il est anorexique (NATRUM
MURIATICUM tout en mangeant bien - ABROTANUM: bon complémentaire dans
les pathologies colitiques). Frileux mais craignant la chaleur lorsqu’il
est dans un espace confiné.
Mange peu
et il est vite rassasié, ce qui est surtout manifeste lorsqu’il semble
être affamé. Faim la nuit avec sensation de faiblesse (PSORINUM,
PETROLEUM). Aime surtout les aliments sucrés, le lait qui lui donne la
diarrhée sur un fond de constipation avec faux besoins à cause des gaz
(côlon gauche spasmé: R.Z.). Hémorroïdes: un début, rarement chez le
jeune enfant.
2 - LE PSYCHISME
(Lathoud - Duprat).
L’éventail
des signes s’ouvre par rapport au nourrisson. Irritable, facilement de
mauvaise humeur, grognon au réveil. Coléreux, s’en prend à quiconque est
en sa présence: la fratrie, les parents, les camarades d’école. Déprimé
et de mauvaise humeur au réveil. Céphalée par le travail scolaire.
Craignant la société à cause de sa faiblesse, solitaire mais redoutant
de se retrouver seul, désir de quelqu’un dans le voisinage immédiat sur
lequel il exercera son mauvais caractère (« enfant crampon »). Manquant
d’assurance mais ayant une haute opinion de lui-même (Duprat), en
secret. Air triste, concentré, préoccupé, phobie des figures étrangères.
Fort intelligent mais discuteur, insatisfait des explications en classe,
fixe mal son attention, car il est nerveux et agité. N’aime pas se mêler
aux autres enfants (Lathoud), probablement par crainte d’être dominé.
Synthèse =
chétif, fait sérieux, paraît plus que son âge (« les yeux mangent le
visage »).
3 - Quelles sont
les pathologies qui se développent chez cet enfant ?
Mode
psorique et mode tuberculinique les expliquent en sous-main à travers
les déficiences du foie et de ses annexes.
a) D’où tout d’abord les
troubles digestifs: l’anorexie avec dyspepsie flatulente, digestions
lentes, constipation, mi-atonique mi-spasmodique avec faux besoins, la
diarrhée par le lait. L’ensemble s’explique par la déficience hépatique
et en amont un début de congestion portale = les magnésiens: MAGNESIA
CARBONICA (plus de diarrhée), MAGNESIA MURIATICA (constipation),
MAGNESIA PHOSPHORICA (spasmes intestinaux).
b) Une tendance éliminatoire
« essoufflée » au niveau de la peau et des muqueuses:
·
Peau sèche, ridée, « ne vit pas ». Les trois stades
d’affections cutanées rapidement évolutifs: acné, furoncles, intertrigo,
enfin eczéma. Toutes éruptions généralement sèches et squameuses, ou
plus rarement humides et croûteuses. De toutes façons: tendance à la
chronicité. GRAPHITES sur CALCAREA CARBONICA - PETROLEUM sur SILICEA
- ARSENICUM ALBUM (voir nourrisson).
·
Muqueuses surtout O.R.L. et respiratoires:
pathologies aiguës mais récidivantes chez cet enfant hépatique, psoro-tuberculinique:
angines évoluant de droite à gauche, coryzas avec obstruction nasale
(SULFUR IODATUM, MERCURIUS), hypertrophie des végétations et des
amygdales (BARYTA CARBONICA, HYDRASTIS, KALI BICHROMICUM et surtout
AGRAPHIS NUTANS), broncho-pneumopathies < à droite avec mauvais état
général d’emblée (FERRUM PHOSPHORICUM), dyspnée « sifflante »,
battements des ailes du nez, toux sèche, grasse le matin, aboyante, <
dans une chambre chaude, le tout sur le fond hépatique du remède (PHOSPHORUS,
SANGUINARIA à droite, ANTIMONIUM TARTARICUM, puis évolution grave avec
ARSENICUM ALBUM puis CARBO VEGETABILIS). Crises d’asthme, souvent après
un eczéma atopique pire de 16 à 20 heures (CHELIDONIUM - avec battements
des ailes du nez: LYCOPODIUM, plus tard: ARSENICUM ALBUM).
·
Urines à sédiment rougeâtre adhérent (contraire:
SEPIA) pouvant aller jusqu’à la lithiase rénale (droite): l’enfant
pleure et crie au moment du besoin d’uriner (CALCAREA CARBONICA, PAREIRA
BRAVA, SARSAPARILLA à droite).
·
Crises d’acétonémie dans le contexte hépatique:
*
Remèdes de fond: LYCOPODIUM, NATRUM MURIATICUM.
*
Remèdes de crise: surtout SENNA 4 CH alterné avec ACETONE
5 CH.
*
Mais aussi: IPECA 4 CH (nausées, vomissements mais
langue propre).
*
RHEUM 4 CH (douleurs abdominales et diarrhée acide).
*
Cas plus graves: ARSENICUM ALBUM, VERATRUM ALBUM.
L’ ADOLESCENT(E)
Sur le fond
hépato-portal et lié à l’asthénie mentale et physique, avec
retentissement sur l’apparition des sécrétions hormonales génitales:
1)
Chez le garçon, suite ou non à la masturbation plus ou
moins accentuée par suite du psychisme de solitaire avec manque de
confiance en soi mais n’admettant pas l’échec: déficience sexuelle
précoce avec désir conservé, spermatorrhée, éjaculations précoces =
AGNUS CASTUS avec excès - CALADIUM idem + tabagisme - SELENIUM: excès
avec fantasmes, asthénie, surtout après maladie grave, ou surmenage
intellectuel prolongé, écarts sexuels ou masturbation.
2)
Chez la fille: retard pubertaire et d’apparition des
caractères sexuels secondaires avec seins peu et tardivement développés.
Lorsque la puberté s’établit: règles d’apparition difficile, en retard,
par contre trop longues, précédées de tristesse et de prurit vulvaire,
parfois aménorrhée pendant plusieurs cycles avec pâleur, asthénie et
troubles digestifs (PULSATILLA complémentaire). Douleurs ovariennes à
droite, petites métrorragies pendant la selle (coexistence d’une
constipation spasmodique). Entre les règles: leucorrhée laiteuse,
brûlante, ébauche de varices vulvaires (élément luétique associé). Deux
séries complémentaires:
soit
GRAPHITES sur CALCAREA CARBONICA
soit NATRUM
MURIATICUM sur CALCAREA PHOSPHORICA.
L’ADULTE
C’est chez lui que se développent au maximum les signes pathogénétiques
psychiques et somatiques, généraux et sectoriels dans tout leur
épanouissement.
C’est chez lui que s’accentuent les tendances centripètes des
signes et des morbidités directement liées à l’insuffisance hépatique
et à ses conséquences métaboliques et nutritionnelles, autour de 40 à 50
ans. Tout en effet est dominé par:
1.
L’accentuation de l’insuffisance des fonctions hépatiques.
2.
L’accumulation des déchets métaboliques.
3.
L’insuffisance progressive des émonctoires.
4.
La tendance à la sclérose directement liée aux précédentes,
partant du foie, de ses annexes et de tout le tube digestif, s’étendant
par l’entremise des vaisseaux (artères, capillaires et veines) et du
système nerveux au reste de l’économie et de l’organisme.
D’où les
études successives: a) du type sensible, b) des types cliniques avec les
trois stades évolutifs successifs: 1/ le stade hépatique, 2/ le stade
nutritionnel, 3/ le stade de pré-sclérose.
 |
A - LE TYPE SENSIBLE:
Il
s’épanouit dans le physique et le psychisme.
1/ PHYSIQUEMENT, le tableau est complet:
¨
Sujet « bilieux », maigre, et il maigrit surtout de la
partie supérieure du corps (tête, face, cou, thorax), avec cependant un
gros abdomen. Les membres sont grêles, voire décharnés.
¨
Teint pâle, voire jaune (en dehors de tout ictère).
¨
Aspect ridé, vieilli avant l’âge de la face, malgré une
« physionomie expressive et mobile », « l’étage supérieur de la face
(oculaire et frontal) parait plus jeune que l’étage inférieur (buccal et
maxillaire) » (H. Voisin) par suite de la prédominance digestive
pré-pathologique.
¨
Faiblesse physique avec tissus mous, peu musclés (CALCAREA
CARBONICA, mais chez ce dernier tendance à l’embonpoint).
2/ PSYCHISME:
Il y a du moins au départ un contraste avec ce physique de déchéance. En
effet, durant un certain temps, il y a exaltation puis conservation des
facultés intellectuelles sur des déséquilibres dans la sphère affective
et la mémoire. Le tout créant les signes alternants d’excitation et de
dépression décrits dans la pathogénésie, qu’il faut séparer pour bien
les comprendre:
a) Sous l’égide de l’excitation:
¨
Irritable, coléreux, intolérant à la contradiction,
mauvaise humeur < au réveil.
¨
Dans un premier temps: vivacité intellectuelle menant à l’autoritarisme.
b) Sous l’égide de la dépression:
¨
Peureux, émotif = les deux expliquant l’anxiété, le manque
de confiance en soi, la mémoire déficiente.
¨
Devient mélancolique avec larmes faciles (cf CAUSTICUM).
¨
Tend vers l’avarice (cf ARSENICUM ALBUM qui peut suivre).
|
B - LES TYPES CLINIQUES:
Le sujet
passe par trois stades successifs dans le temps: hépatique,
nutritionnel, pré-scléreux.
1/ Le stade
hépatique:
Il y a
prédominance des troubles hépato-digestifs: c’est la dyspepsie
flatulente des hépato-biliaires - premier stade vers la lithiase.
Rappelons:
·
L’appétit irrégulier: mange vite mais vite rassasié ou
anorexie par périodes.
·
La digestion lente et douloureuse.
a)
Tôt après les repas: sensation de malaise avec plénitude
épigastrique, éructations ne soulageant pas, intolérance à la ceinture
ou du vêtement serré (NUX VOMICA).
b)
Tard vers 16h à 18h: flatulence abdominale sous-ombilicale
douloureuse, avec borborygmes, < par les féculents ou les oeufs - Ne
supporte ni les huîtres, ni les oignons, ni le tabac.
c)
Pyrosis < le matin.
d)
Gaz intestinaux inodores, ne soulageant pas.
e)
Insomnie entre 2h et 5h du matin à cause de la flatulence avec
gaz bloqués.
f)
Constipation spasmodique (faux besoins) à cause de la
présence d’hémorroïdes, mais avec atonie du côlon gauche due à la
congestion portale. D’où: selles minces (le spasme), allongées,
insuffisantes (l’atonie), avec besoins inefficaces (NUX VOMICA),
douleurs constrictives à l’anus liées à la présence de fissures anales
et/ou d’hémorroïdes.
g)
Hémorroïdes procidentes, sensibles au toucher, douloureuses
spontanément améliorées par la chaleur.
2/ Le stade
nutritionnel:
a)
Les troubles hépatiques s’accentuent dans le sens des signes
précédents.
b)
Apparaissent des perturbations profondes de la nutrition
inaugurées par: l’émaciation, l’asthénie physique et psychique qui
s’aggrave, le blocage de plus en plus serré des émonctoires intestinal,
rénal, cutané - des troubles trophiques (ongles, cheveux, dents).
Les
pathologies en cause sont essentiellement:
a)
Les lithiases biliaire et/ou rénale < à droite, inaugurées par
des crises de coliques hépatiques et/ou néphrétiques.
b)
Les troubles dus à l’hyperuricémie, notamment ostéo-articulaires:
douleurs articulaires tendant à la chronicité, avec enraidissement
(rachis cervical, lombaire, coudes, poignets, < à droite), sciatique
droite, accès de goutte).
c)
Les manifestations liées à l’hypercholestérolémie avec atteinte
cardio-vasculaire débutante.
d)
Les ectasies veineuses: varicosités tendant vers les varices, <
au niveau du membre inférieur droit qui est plus froid que le gauche.
3/ Le stade de
pré-sclérose:
a)
Physiquement, l’aspect du sujet témoigne d’une sclérose
progressive à point de départ hépatique, puis progression
vasculaire, nerveuse, rénale, etc...
b)
Psychiquement, c’est l‘évolution vers la déchéance des capacités
intellectuelles, la sensibilité émoussée, la mémoire de plus en plus
défaillante.
c)
L’ensemble: évolution vers la sénilité précoce =
LYCOPODIUM serait d’après la Matière médicale une véritable loque
sénile. C’est à partir de ce stade et non avant que ce qualificatif est
valable. D’où, et c’est pratiquement essentiel, l’action préventive du
remède avant cette expression pathogénétique, véritable
interprétation temporelle. Nous la reverrons plus évidente, plus
« épanouie » chez le sujet âgé.
Ces
trois stades, nous y avons insisté, car ils sont importants à
distinguer, en pratique, répondent à trois tableaux cliniques
différents et à développement progressif et correspondent pourtant
au même remède: LYCOPODIUM, mais en sachant leur évolution inéluctable
que nous pourrons enrayer par l’action préventive du remède agissant
d’autant mieux que nous serons au stade primitif (l’obéissance aux
signes pathogénétiques étant obligatoire, bien entendu).
Du point de
vue pratique, considérant que nous avons affaire à un remède d’allure
centripète, il faudra le plus souvent le faire précéder de
satellites faisant ouvrir les émonctoires et facilitant le
travail du foie et ses annexes.
Rappelons
les principaux, ce ne sont pas les seuls, auquel cas il nous faut
suivre fidèlement la leçon de la Matière médicale:
*
Au stade hépatique: NUX VOMICA, ANTIMONIUM CRUDUM et
surtout CHELIDONIUM, SOLIDAGO, BERBERIS.
*
Au stade nutritionnel: CHELIDONIUM encore, HYDRASTIS,
MAGNESIA MURIATICA, BERBERIS, COLOCYNTHIS et MAGNESIA PHOSPHORICA ou
DIOSCOREA, PODOPHYLLUM.
*
Les hépato-biliaires: CARDUUS MARIANUS, CHIONANTHUS,
LEPTANDRA, MYRICA, PTELEA.
*
Les rénaux: BERBERIS (à gauche), SARSAPARILLA (à droite),
PAREIRA BRAVA (des deux côtés). Dans une évolution dégradée: ARSENICUM
ALBUM.
*
Au stade de pré-sclérose: avant l’indication des remèdes
de sclérose confirmée tels que BARYTA CARBONICA, PHOSPHORUS, PLUMBUM,
SILICEA entre autres, penser à l’indication de: CHINA, CHOLESTERINUM,
IRIS VERSICOLOR, etc...
 |
LE SUJET ÂGE |
C’est le
terminal. Devient justifié le terme de loque sénile, dont
l’expression analytique psycho-somatique peut apparaître plus jeune: 40
- 50 ans, et qui « s’épanouit » chez le sujet âgé, si le malade arrive à
cet âge. En effet celui-ci est menacé dès la cinquantaine par des
pathologies de déchéance tissulaire et organique dont on peut citer en
une liste non limitative: les lithiases biliaire ou rénale, la cirrhose,
les accidents cardio-vasculaires, les artériopathies, l’artériosclérose,
etc...
Chez ce
sujet âgé, LYCOPODIUM peut être indiqué par la triade d’allure
hépato-digestive suivante:
1)
Les douleurs gastro-intestinales tardives: le trio flatulent du
sujet âgé, rappelons-le: CARBO VEGETABILIS, KALI CARBONICUM, LYCOPODIUM.
2)
Les céphalées persistantes: < en laissant passer l’heure des
repas, ce qui est fréquent chez le sujet âgé, d’autant plus qu’il est
anorexique, sinon vite rassasié, < à la chaleur, > au grand air (ce
patient est souvent confiné à l’intérieur) et en mangeant. Ce sont des
céphalées pesantes, sensation de tête très sensible, accentuées par un
faux pas (BELLADONA), avec battements céphaliques après un accès de toux
paroxystique (NATRUM MURIATICUM), vertiges au réveil en se levant
(BRYONIA). Ces céphalées sont à différencier ou à ajouter à celles liées
à l’artériosclérose, auxquelles s’adressent d’autres remèdes, en tête
desquels se situent les Baryta, BARYTA CARBONICA en tête.
3)
Les douleurs ostéo-articulaires avec raideur < au repos et en
étant debout (comparer à CAUSTICUM, entre autres).
Sur un
plan général, penser à l’évolution défavorable de LYCOPODIUM vers
ARSENICUM ALBUM et CARBO VEGETABILIS, ces deux derniers remèdes
permettant parfois un rattrapage in extremis avant le retour vers
LYCOPODIUM.
|
COMMENTAIRES
SUR LA PRATIQUE
(DU MOINS
SUR LA MIENNE) |
 |
Nous nous
souvenons d’un malade de 40 ans environ qui avait été traité par un
médecin homéopathe uniciste: 15 mois, nous disons bien quinze mois
avant qu’il nous consulte. Il avait reçu d’emblée après une étude
verticale de ses signes actuels, j’insiste sur ce terme, voulant
dire que n’avait pas été pris en compte son passé: une dose de
LYCOPODIUM 15 CH. Cette dose unique, donnée d’emblée, avait déclenché de
nombreux signes, aussi bien dans la perspective de ce remède que dans
celle répondant à des blocages divers provoqués sous son action. Ce
patient mécontent aurait dû revoir son médecin qui aurait peut-être pu
rectifier le « tir ». Mais là n’est pas la question enseignante. En 15
mois, il ne s’était pas débarrassé d’un certain nombre de troubles
apparus à la suite de la prise de cette dose unique. Je crois me
rappeler avoir eu beaucoup de mal à rétablir la situation. A signaler
toutefois que certains de ces signes n’appartenaient pas à la prise de
LYCOPODIUM 15 CH, le malade ayant fait, et peut-on le lui reprocher, une
fixation psycho-somatique sur la dose.
Rappelons,
au risque d’importuner le lecteur, l’action physio-pathologique du
remède centrée sur le foie avec son caractère essentiel
centripète. Gare alors aux réactions inopportunes si le remède n’est
pas préparé et qui expliquent en grande partie le cas du patient
ci-dessus, perturbé durant 15 mois à la suite de l’absorption d’une dose
unique de LYCOPODIUM 15 CH.
Disons en
résumé comment nous procédons avec ce remède lorsqu’il est indiqué, afin
d’obtenir le meilleur rendement.
Nous
pointons LYCOPODIUM au moyen minimum de trois signes hautement
hiérarchisés, exemple: coléreux, mais peureux, insupportable, troubles
hépato-digestifs chroniques avec l’ensemble précédemment décrit, < par
la chaleur et de 16h à 20h.
1.
Un ou deux remèdes satellites ou complémentaires pour aider
LYCOPODIUM, reconnus au moyen d’un minimum de signes moyennement
hiérarchisés, par exemple dans les secteurs « encombrés », le plus
souvent loco-régionaux et à prescrire avant le remède indiqué, par
exemple NUX VOMICA ou BERBERIS.
2.
Un ou deux remèdes complémentaires destinés à couvrir un secteur
non atteint par LYCOPODIUM, si ce secteur non traité peut nuire à la
prescription de ce dernier et détectés par deux ou trois signes. Nous
avons affaire à un complémentaire et ce peut être PULSATILLA ou LACHESIS
ou IODUM, par exemple.
3.
Un ou deux remèdes d’action émonctoriale dans la perspective de
l’action centripète de LYCOPODIUM bloquant dans un premier temps
l’élimination, et retrouvés à l’aide de deux à trois signes faiblement
hiérarchisés, par exemple: CHELIDONIUM ou HYDRASTIS.
4.
Ayons toujours à l’esprit un à deux remèdes antidotes pour
éventuellement atténuer une aggravation provisoire par LYCOPODIUM, si
elle se produit malgré les précautions prises précédemment et si elle
s’avère inopportune: COLOCYNTHIS ou CHINA par exemple, suivant leurs
signes.
5.
Enfin, ayons présent en mémoire en tant que pluraliste, les
remèdes incompatibles avec LYCOPODIUM, dont l’action serait ainsi
neutralisée. Exemple: il ne faut jamais donner SULFUR avant LYCOPODIUM.
On peut le donner ensuite après un certain délai à déterminer. Le stade
SULFUR représente en effet une situation améliorée après l’action de
LYCOPODIUM.
UN CAS
D’ALLERGIE AU LYCOPODE
Ce cas a été décrit parmi d’autres dans le numéro du 8 mars 1996
du Quotidien du médecin, survenu dans un salon de coiffure où
l’on utilisait communément des spores de mousse lycopodium clavatum
par suite de ses propriétés dégraissantes et responsables de rhinite et
d’asthme. « Ces dernières années, la poudre de lycopode a également été
responsable d’asthmes professionnels dans des fabriques de préservatifs
où elle est employée comme agent poudrant ».
CONCLUSION
La
conclusion semble aller de soi si l’ensemble de l’exposé a bien été
assimilé.
Nous
ajouterons ceci: dans la pratique devant le malade:
·
Il exprime son comportement, la diversité de ses
réactions.
·
Nous pensons à un remède: LYCOPODIUM en l’occurrence qui
« colle » à ce patient en une variété de signes psychiques et
somatiques.
·
A nous de l’étudier sous toutes ses « coutures » avec un
ordre hiérarchique qui le met en relief.
·
Afin d’en circonscrire les grands signes, à différencier,
à rajuster selon les âges de la vie.
·
Et à partir de ce diagnostic du remède, l’appliquer le
plus efficacement possible, entouré de satellites si nécessaire, puis
d’en prévoir la suite dans un avenir proche, puis lointain, vers
l’équilibre de santé du patient en question. |