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LYCOPODIUM
CLAVATUM |
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La poudre de
lycopode est insipide, inodore et pratiquement sans action médicinale au
point qu'elle a été longtemps utilisée pour enrober les pilules ou les
comprimés de certains médicaments. On l'a utilisée aussi comme du talc.
En homéopathie,
on utilise les spores de Lycopodium clavatum = elles sont
écrasées au mortier et la teinture-mère est préparée au titre alcoolique de
90%.
"Lycopodium"
signifie "pied de loup" (de "podia = pieds" et "lycos = loup"). "Clavatum"
vient de "clava" = massue" en raison sans doute de sa forme.
La première
pathogénésie a été réalisée par Hahnemann et publiée dans son "Traité des
maladies chroniques" (1828) (mais j'ai eu beau chercher et rechercher dans
ce livre, je n'ai rien trouvé, du moins dans la traduction de Pierre
Schmidt)!
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LA MATIERE MEDICALE DE
LYCOPODIUM CLAVATUM
I – LES CIRCONSTANCES
ETIOLOGIQUES:
·
Suites de colère, de vexations, de peurs
·
Après des abus de tabac, de vin
·
Après absorption d'huîtres, d'oignons.
Commentaire:
Dans l'ouvrage "Pharmacologie et matière médicale homéopathique"
(Editions Boiron, 1993), il n'y a aucune mention du moindre facteur
étiologique !
On peut cependant, s'étonner de la banalité des facteurs étiologiques
cités ci-dessus en regard de l'importance de Lycopodium dans la
Matière médicale. Effectivement, ils ne sont que des
épiphénomènes occasionnels car le plus important se retrouve dans
l'anamnèse = on ne devient pas Lycopodium du jour au lendemain, car ce
médicament est indiqué essentiellement pour des affections chroniques
évoluant progressivement à la suite d'une insuffisance hépatique acquise,
avec toutes ses conséquences sur l'appareil digestif et dans les troubles
de l'élimination et de la nutrition générale.
Pour
Lycopodium dans les affections chroniques, deux modes réactionnels
jouent un rôle déterminant = le mode tuberculinique (en particulier
chez l'enfant) et le mode psorique chez l'adulte sédentaire. Ces
problèmes seront explicités plus loin dans un chapitre à part.
II – SIGNES ET
SYMPTOMES PSYCHIQUES:
“Le psychisme de
Lycopodium est un des plus intéressants de toute la Matière médicale. C’est
un des plus complexes, un des plus secrets aussi, et pourtant il se laisse
pénétrer pour peu qu’on l’observe avec attention, avec patience et surtout
avec compréhension, avec affection, sinon avec amour” Pierre JOLY (Annales
Homéopathiques Françaises - 1974 n°8).
Signes
alternants d’irritabilité et de dépression:
-
Irritabilité = coléreux, irritable, intolérant à la contradiction,
mauvaise humeur < au réveil, à la vivacité intellectuelle menant à
l’autoritarisme.
-
Dépression = peureux, émotif, anxieux, manquant de confiance en lui, à la
mémoire défaillante, devient avare, mélancolique avec larmes faciles.
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Pierre JOLY (1928-1992) a bien décrit ce sujet:
“Misanthrope parce qu’il aime les Hommes, solitaire parce qu’il en a peur,
se rejetant lui-même plus qu’il n’est rejeté, se réfugiant dans l’isolement
qu’il craint... Il ne veut pas partager puisqu’il se sent supérieur aux
autres, mais cet être dur n’a dans son gant de fer qu’une main de velours”.
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Ce qui frappe tous les auteurs =
la vivacité de l'esprit et de l'intelligence contraste avec une faiblesse
physique.
III – SIGNES GENERAUX:
·
Tendance aux affections chroniques d’évolution
progressive avec insuffisance hépatique, troubles digestifs (flatulence
abdominale inférieure), troubles des éliminations (taches jaunes
temporales, sable rouge non adhérent dans les urines = contraire => Sepia,
le tout aboutissant à une atteinte nutritionnelle (émaciation pire à la
partie supérieure du corps avec gros abdomen).
·
Tendance sclérogène plus ou moins précoce
selon le mode de vie = les temporales sont sinueuses, saillantes et
sclérosées précocement.
·
Triade réactionnelle thermique = Frilosité
mais < par la chaleur et > au grand air. Mais certaines douleurs sont
améliorées par la chaleur.
·
Désir de sucreries, de sucre, d’huîtres
(pourtant mal tolérées). Dégoût du pain, de la viande, des aliments chauds.
FAIM VORACE MAIS VITE RASSASIEE. Faim la nuit avec sensation de
faiblesse.
·
Sécrétions et excrétions denses, visqueuses,
très acides (sueurs, urines...).
·
Très mauvaise humeur au réveil.
Somnolence le jour < à 16 heures.
·
Douleurs brûlantes, crampoïdes, coupantes avec
engourdissement et ankylose > au mouvement. Sensation de froid glacial
localisé. Un pied froid, l’autre chaud.
·
LATERALITE DROITE. Les troubles
évoluent de droite à gauche => cette seule modalité peut justifier la
prescription de Lycopodium dans l'angine. |
Les sensations =
o
De faim vite rassasiée
o
De plénitude après la première bouchée
o
De ballonnement et de gêne au niveau de la
ceinture
o
De brûlure entre les omoplates
o
Un pied chaud, l'autre froid.
|

Dessin = Dr Nowak et N'Guyen
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IV – MODALITES
GENERALES:
Aggravation:
·
Entre 16 heures et 20 heures
·
Au réveil
·
Par la chaleur, malgré la sensation générale
de froid = < par la chaleur d'une pièce ou par la chaleur provoquée par un
exercice musculaire.
·
Par la contradiction qui est aussi une cause
fréquente de colères
Amélioration:
·
Air frais (sur le plan général et local =
prurit)
·
Par les boissons et les aliments chauds (pour
les troubles dyspepsiques)
·
Par le mouvement lent
V – LES PRINCIPAUX
SYMPTOMES LOCO-REGIONAUX:
Les
troubles digestifs:
·
Troubles dyspeptiques = flatulence,
pyrosis, dyskinésies biliaires. Ne peut supporter la pression des vêtements
ou d'une ceinture à la taille (Lachesis)
·
Lithiase biliaire
·
Migraines et/ou céphalées d'origine digestive.
·
Ulcères duodénaux
·
Anorexie chez les enfants
·
Constipation des nourrissons.
·
Vomissements acétonémiques
·
Les troubles du lipidogramme
= élévation des taux de cholestérol et/ou des triglycérides.
·
Faim canine vite rassasiée: le patient
se met à table avec un grand appétit, mais après quelques bouchées, il
ressent une sensation de plénitude parfois douloureuse. Sensation de faim la
nuit, doit se lever – Dégoût pour le pain, pour la viande et pour les
aliments chauds.
·
Constipation spasmodique avec des
envies fréquentes infructueuses.
·
Hémorroïdes saignantes, formant des
grappes dures, bleuâtres, douloureuses.
Les
troubles uro-génitaux:
·
Lithiase urinaire (uratique
surtout mais pas exclusivement)
·
Tendance uricémique ou urémique,
syndrome d'hyperazotémie ou d'insuffisance rénale
·
Prostatisme
·
Impuissance avec désirs conservés
·
Vaginisme ménopausique
Les
troubles cutanés:
·
Urticaire chronique +++
·
Eczémas du nourrisson ou de l'adulte =
l'eczéma signe facilement au moindre contact, prurit intense amélioré par le
frais
·
Dermatoses séborrhéiques,
eczématides présternales
·
Lésions fissuraires et hyperkératosique des
talons (Antimonium crudum)
·
Peau sèche, ridée, transpiration visqueuse et
malodorante
·
Les cheveux grisonnent prématurément et
tombent vite = calvitie notable vers la quarantaine, surtout médiane.
·
Taches brunâtres à la région temporale et à
l'abdomen
·
Eczéma suintant autour et derrière les
oreilles, comme Graphites ou Antimonium crudum
Les
troubles des muqueuses:
·
Coryza chronique (sec la nuit, fluent le jour)
·
Angines aiguës itératives, évoluant de droite
à gauche
·
Pneumopathies de la base droite.
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LES SIGNES BUCCO-DENTAIRES
On peut lire dans la "Matière médicale" de J.A. LATHOUD:
·
Herpès croûteux et pruriant aux commissures
des lèvres.
·
Mauvaise haleine, surtout le matin.
·
Sécheresse de la bouche et de la langue mais
sans soif (comme Pulsatilla), mais la soif est en fait variable =
soif intense ou soif nocturne ou absence de soif. Ce qui domine est la
sécheresse de la bouche.
·
Salive salée.
·
Langue sèche, noirâtre, crevassée,
douloureuse. Petites cloques, aphtes sur la langue. Langue chargée avec goût
acide, exceptionnellement putride, le matin au réveil.
·
Dents jaunâtres.
Douleurs dentaires avec
enflure de la joue, soulagées par les applications chaudes
Comme d'habitude, J.T. KENT (1849-1916) propose une multitude
d'autres signes = 156 symptômes pour le chapitre "Bouche" et 54 au chapitre
"Dents" ! Nous n'en précisons que les suivants:
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·
Aphtes (2°)
·
La langue garde l'empreinte des dents (1°)
·
Haleine comme des oignons (1°)
·
Nodosités dans la langue (1°)
·
Ulcérations de la gencive (2°) et de la
langue (2°)
·
Grincement des dents (2°)
·
Mobilité des dents (2°)
·
Gencive scorbutique (2°)
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Commentaire:
Malgré la
banalité de tous ces symptômes, Lycopodium est pourtant, à notre
avis, un très grand remède de stomatologie. C'est ce que nous nous proposons
de démontrer dans les chapitres suivants car c'est avant tout le contexte
général qui valorise la pathologie bucco-dentaire.
LYCOPODIUM ET SON DENTISTE
Pour quelles raisons
bucco-dentaires voit-on des sujets Lycopodium dans notre cabinet dentaire,
en respectant, comme Roland Zissu, les âges de la vie. Mais auparavant, il
nous semble utile de rappeler les points suivants qu'il faut garder à
l'esprit:
Lycopodium assimile mal = la cause en est l'insuffisance
hépatique, soit précoce selon l'hérédité (chez l'enfant = parents
réagissant sur le mode psorique ayant déjà eu besoin de Sulfur, de
Lycopodium, de Sepia, voire même de Psorinum ou sur le
mode tuberculinique ayant alors eu besoin de Natrum muriaticum
ou Silicea, voire de Phosphorus – ou enfant brévilignes type
Calcarea carbonica avec ses problèmes hépato-digestifs liés le plus souvent
à l'intolérance au lait). Soit acquise = le cas le plus typique est celui
d'un sujet en équilibre de santé qui se décompense par un mode de vie très
défavorable dont la sédentarité et les erreurs alimentaires. L'indication
de Lycopodium apparaît alors dans un contexte hépato-digestif avec la
congestion veineuse, les perturbations progressives des constantes
biologiques.
Lycopodium élimine mal = plusieurs tableaux cliniques
sont possibles selon le degré des troubles et l'état des organes
d'élimination. A l'évidence, la muqueuse buccale participe aux éliminations
et dans cette optique, une banale gingivite ou une aphtose itérative
prennent valeur de sonnette d'alarme, comme pour Nux vomica ou
Sulfur.
Le nourrisson Lycopodium: |
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D'une manière générale, le chirurgien-dentiste ne voit qu'exceptionnellement
un nourrisson à sa consultation, sauf parfois (mais rarement) pour une
poussée dentaire. Nous avons vu quelques cas d'aphtoses buccales, un cas de
mycose.
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Un point mérite un bref commentaire = les troubles digestifs du
nourrisson peuvent désorganiser l'absorption intestinale des minéraux qui
peuvent manquer aux dents en cours de minéralisation. Il faut y penser et
attirer éventuellement l'attention des parents. Il y a aussi le problème de
l'anorexie mentale qui aboutit aux mêmes troubles de la minéralisation.
Le pédiatre note
quelques signes = le bébé apparaît vieillot (peau ridée et jaunâtre) –
Rhume dès les premiers jours avec obstruction nasale, gênant le sommeil –
Présence de sable rouge dans les urines (taches dans les couches) – Déjà un
pied est chaud, l'autre froid (le gauche).
Chez ce
nourrisson, les problèmes digestifs sont au premier plan = flatulence
abdominale après avoir mangé, distension de l'estomac non améliorée par les
rots, régurgitation des biberons longtemps après la tétée, coliques les
trois premiers mois, crampes entre 16h et 20h, le tout expliquant la
caractère difficile! Viennent ensuite, des problèmes respiratoires =
obstruction nasale, troubles ORL (l'adénoïdectomie se montre sans effet).
Plus gravement, des pneumopathies peuvent se voir. Enfin, il y a les
problèmes cutanés (montrant que ce nourrisson élimine mal = eczéma sec ou
suintant (symptôme-guide = derrière les oreilles).
A noter que
ces problèmes sont favorisés ou aggravés par la dentition et/ou les
vaccinations.
Pour clore ce chapitre: |
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Voici
une réflexion de Jacqueline Barbancey "Il y a, dans
le regard de ces petits Lycopodium, une précoce dignité qui arrête
net les "guili-guili" bêtifiants des adultes et leur rappelle qu'ils ont en
face d'eux, non un "objet", mais une "personne, et cela met, parfois, une
curieuse gêne autour du berceau". |
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L'enfant Lycopodium:
Cet enfant a
pratiquement toujours des problèmes avec son foie, même s'ils sont encore
très discrets, et donc difficiles à mettre en évidence, surtout pour le
chirurgien-dentiste. L'attention doit être attirée par les signes suivants:
- Le
ventre un peu trop gros.
-
L'anorexie (à comparer à Sepia).
- La
dyspepsie flatulente avec de mauvaises digestions. Intolérance aux oignons
et/ou aux huîtres, aggravation par les coquillages.
- La
constipation avec des besoins inefficaces et sur ce fond, la diarrhée par
le lait (à moins que cet aliment ne soit banni de l'alimentation).
-
Crises d'acétone (penser à Senna).
-
Nausées en allant en voiture avec vomissements faciles (surtout si on le
contrarie).
Comme cet enfant
"hépatique" élimine mal, certains troubles apparaissent et semblent durer
plus longtemps (surtout en comparaison avec un enfant Sulfur).
L'enfant est frileux (nous sommes dans la suite Calcarea carbonica –
Lycopodium – Psorinum) avec souvent de nombreux bémols à la
clé !
La peau est
sèche et tous les auteurs décrivent un aspect vieillot du visage. La
sécheresse des muqueuses explique que le nez soit souvent bouché (coryza
chronique). Il existe une tendance aux hypertrophies des végétations
adénoïdes et/ou des amygdales, d'où des rhinopharyngites à répétition,
favorisées par le froid, surtout humide (toujours Calcarea
carbonica). Il y a aussi une tendance aux otites.
Enfin, il n'est
pas rare que cet enfant souffre de troubles urinaires = urines abondantes,
lithiase urinaire. Lorsque l'on avait l'habitude d'uriner la nuit dans un
pot de chambre, on pouvait constater un sédiment rouge brique dans les
urines.
Le comportement
psychique est forcément influencé par ces désordres hépato-digestifs.
L'enfant est nerveux, émotif, irritable, autoritaire, grognon, surtout au
réveil. Il faut en tenir compte surtout à l'école et au cabinet dentaire.
Comme il s'agit d'un enfant plus intelligent que la moyenne, il faut capter
sa confiance en s'adressant justement à son intelligence et non le traiter
comme un enfant attardé.
Pour quelles raisons cet enfant consulte-t-il
son chirurgien-dentiste ?
On pourrait dire
très banalement pour "des caries dentaires" (2° degré dans le Kent) ou pour
des douleurs dentaires. Mais cela n'avance à rien car de très nombreux
remèdes ont des caries et tous les patients ayant des caries ne méritent pas
de traitement homéopathique particulier !
On les voit le
plus souvent par l'herpès labial, en particulier au niveau des
commissures labiales, évidement à droite le plus souvent et pour des
aphtes récidivants au niveau de la gencive ou sur la langue, notamment à
la pointe, parfois au palais.
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Citons encore et
cette fois plus longuement Jacqueline BARBANCEY (1920-1995) sur le
comportement psychique de l'enfant Lycopodium car nous avons affaire
à lui quelquefois au cabinet dentaire.
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"Arrivé au premier degré de sa vie scolaire, notre sujet va
faire l'apprentissage de la sociabilité. Le grand souci d'un tel enfant est
d'observer ce qui se fait, afin de n'être ni étonné, ni ridicule, mais il
n'a ni l'obéissance soumis des petits carboniques, ni la docilité rêveuse
des petits phosphoriques ou l'espièglerie de SULFUR. Il admet la discipline
(car il a, d'instinct, un certain goût de l'ordre et de l'autorité) mais
pour autant qu'il l'estime (ou la sente) juste et logique. C'est dire que
les occasions de conflit seront fréquentes au cours de la vie scolaire du
petit Lycopodium: opposant, entêté, dans se petite enfance ou si ses
facilités intellectuelles le servent mal, il sera, plus tard ergoteur,
insolent parfois, la terreur des surveillants maladroits par l'injustice
pour autrui que pour lui-même.
Ses relations
avec les enfants de son âge ne sont pas plus faciles car ses contradictions
caractérielles ont tôt fait d'y apparaître: susceptibilité qui fait de lui
un mauvais joueur, détestant perdre, alors qu'il a souvent le goût
d'organiser, voire de commander – besoin d'isolement fréquent qui lui fait
rompre brusquement, sans souci d'autrui, une activité de groupe dont il est
las.
Par contre et,
évidemment, dans la mesure où il est bien doué intellectuellement, l'étude
est pour lui l'occasion de satisfaire ses curiosités, d'exercer son esprit
logique. Aussi, les mathématiques le séduisent-elles presque toujours,
parfois aussi l'histoire. Quand ses capacités le lui permettent, c'est un
élève brillant, surtout s'il est ambitieux, ce qui n'est pas rare; alors,
les plus espoirs lui sont permis. Moins régulièrement doué, ou assez
instable, à moins qu'il ne soit buté ou révolté, il est capable de refuser
tout effort, de s'installer bon dernier, quitte à narguer parents et
maîtres, découragés, ou décrochant, quand il s'y décide, une première
place".
L'adulte devenu "Lycopodium":
Il faut
rappeler encore une fois que tout découle de l’atteinte hépatique et
tous les troubles se manifestent progressivement et s’aggravent vers une
dénutrition générale. Il se passe donc du temps entre les premières
atteintes facilement réversibles et les troubles graves. C’est ce que l’on
constate également au niveau des dents et de leurs tissus de soutien.
L'histoire d'un
sujet devenu Lycopodium commence par un adulte jeune, en parfait
équilibre de santé. Certes il a eu dans sa jeunesse puis à l'adolescence
quelques petits ennuis de santé, mais très banals et vite surmontés =
maladies éruptives de l'enfance, vite guéries et suivies d'une longue
période de bonne santé. Quelques-uns ont présenté un eczéma dans l'enfance
ou quelques éruptions de "boutons de fièvre" épisodiques ou d'aphtes buccaux
itératifs. D'autres ont souffert de véritables furoncles très douloureux. A
l'adolescence on retrouve souvent une acné inesthétique combattue à force de
pommades le plus souvent inefficaces, jusqu'au jour où enfin une nouvelle
pommade a fait miracle = plus d'acné.
Les problèmes de
santé commence en fait quelques années après le début de la vie
professionnelle, surtout dans les professions sédentaires sans compensation
par une hygiène de vie adaptée = alimentation équilibrée, pratique sportive.
De temps en temps, en particulier après une période d'excès de table, les
premiers signes hépato-digestifs apparaissent, vite résolus par quelques
jours de diète ou de régime.
A ce stade-là,
on ne pense pas encore à Lycopodium, mais plutôt à Sulfur,
pour peu à l'évidence que ce patient consulte un homéopathe.
Au début, les
signes bucco-dentaires évoquent un autre médicament, notamment NUX VOMICA =
gingivite banale, gingivorragies abondantes (le foie joue un rôle capital
dans les mécanismes de la coagulation), ou encore aphtose buccale
périodique. Les signes concomitants restent très banals: sécheresse buccale
avec absence de soif (signe inconstant, en tout cas pas aussi
caractéristique que dans PULSATILLA), dysgueusies (goût amer, de fromage, de
moisi). Les troubles digestifs qui précèdent ou accompagnent les troubles
bucco-dentaires évoquent également NUX VOMICA: dyspepsie flatulente,
pyrosis, distension abdominale (même s’il mange peu), sensation de
plénitude, constipation avec besoins inefficaces, défécation souvent
douloureuse par constriction spasmodique de l’anus ou présence d’hémorroïdes
procidentes et douloureuses (< au toucher, assis et > par un bain chaud), on
ne retrouve pas l’antipéristaltisme, ou du moins aussi prononcé que dans NUX
VOMICA. Mais LYCOPODIUM a une faim vorace vite rassasiée que n’a pas NUX
VOMICA, de même qu’une faim nocturne (qui annonce sans doute PSORINUM et que
l’on retrouve aussi dans PHOSPHORUS, autre « grand » remède du foie). Au
début, il n’est pas facile de distinguer ces deux remèdes car les signes ne
sont pas très différenciés. Progressivement, les différences apparaissent:
NUX VOMICA est aggravé juste après le repas, avec besoin de desserrer sa
ceinture, besoin de faire une sieste qui améliore. LYCOPODIUM est aggravé
deux ou trois heures après le repas, entre 16h et 20H, période de la
digestion qui fait participer le foie.
Dans une
deuxième période, l’état général se trouve atteint, comme d’ailleurs les
troubles digestifs et bucco-dentaires: éructations et brûlures intenses,
ulcère gastro-duodénal, dyskinésie biliaire pouvant aller jusqu’à la
lithiase ou à la colique hépatique, gingivite ulcéreuse avec
parodontopathie, herpès croûteux et pruriant des commissures labiales,
éruptions vésiculeuses dans la bouche. |
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Enfin, dans
un troisième tableau, l’aggravation est manifeste aussi bien sur le plan
général qu’au niveau des différents appareils. Le sujet tend à maigrir mais
garde un gros ventre, l’asthénie physique apparaît et contraste durant une
période plus ou moins longue avec un intellect conservé. Les constantes
biologiques sont perturbées: acide urique, urée, cholestérol, acides gras,
triglycérides, etc... L’appareil rénal et génital n’échappe pas: lithiase
urinaire, coliques néphrétiques, urines avec dépôt de sable rouge non
adhérent, acétonémie avec vomissements, prostatisme, impuissance avec désirs
conservés, etc... Sur le plan bucco-dentaire, la
maladie parodontale domine et surtout s’aggrave.
LYCOPODIUM
correspond progressivement à un mode psorique devenant de moins en moins
efficace, ce que l’on peut résumer en quelques termes: LYCOPODIUM élimine
mal car ses émonctoires sont devenus insuffisants. De ce fait, LYCOPODIUM
assimile mal et la dénutrition le guette. La peau reflète les difficultés
éliminatoires: urticaire chronique du fait du rôle du foie dans la fonction
anti-toxique, eczéma qui saigne au moindre contact, dermatoses séborrhéiques
et lésions fissuraires et hyperkératosiques. |
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L’intellect
se trouve ensuite atteint (difficulté de concentration, perte de la mémoire,
erreurs en parlant ou en écrivant...), de même que le comportement. On a
souvent dit, et à juste titre, que LYCOPODIUM présente deux tendances
opposées: une hypersensibilité avec émotivité marquée, besoin avide de
tendresse et d’affection, manque de confiance en soi, anxiété chronique avec
peurs diverses.
Le patient en
est conscient et ressent sa sensibilité comme une faiblesse qu’il cache par
un comportement orgueilleux, autoritaire, susceptible, irritable avec des
colères relativement rares mais violentes, intolérance à la contradiction.
De nombreux signes évoquent encore une fois NUX VOMICA, mais ce dernier
semble plus instinctif = il réagit d’abord et réfléchit ensuite, tout le
contraire de LYCOPODIUM. Tous deux ont un réveil difficile avec mauvaise
humeur.
EN
CONCLUSION: |
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Même si la
probabilité est excessivement faible, il n'est pas impossible de voir le
même jour plusieurs patients ayant besoin de Lycopodium, mais à des
stades d'évolution différents. On peut voir un sujet souffrant d'une aphtose
buccale banale, sinon qu'elle récidive, que les aphtes se constatent plus
volontiers du côté droit. Ou pour des éruptions herpétiques du même côté.
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On peut voir ces sujets pour des gingivites banales mais également
pour des maladies parodontales plus ou moins évoluées. Ce que tous ces
patients ont en commun, c'est leur histoire, celle d'un sujet qui se
décompense progressivement sous l'effet de plusieurs causes, notamment la
sédentarité et une hygiène alimentaire non équilibrée. C'est alors
l'histoire classique de troubles hépato-digestifs, épisodiques au début,
plus de plus en plus fréquent en même temps que les constantes biologiques
se dérèglent. Tous les tableaux cliniques sont possibles, du plus simple et
donc du plus réversible au plus compliqué et donc à la limite de la
réversibilité, voire au-delà des ces limites. C'est le cas en particulier
des maladies parodontales. C'est l'avantage de l'homéopathie que
d'accompagner les traitements chirurgicaux des parodontaphies afin d'en
prévenir ou d'en limiter les récidives.
La posologie ne pose pas de problème au début du fait du fonctionnement
encore satisfaisant des émonctoires. Une 7 CH deux à trois par semaine donne
de bons résultats. Avec la décompensation, ce médicament devient difficile à
prescrire. Il est souvent nécessaire de le faire précéder par des
complémentaires d’action ponctuelle, traitement qui revient au médecin. |
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