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CONCEPTION HOMEOPATHIQUE
DE
LA PREVENTION DE LA CARIE DENTAIRE
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Le problème de la carie dentaire revient d'une manière récurrente dans nos
cours et ce n'est que logique car nous y sommes confrontés tous les jours.
Cette maladie infectieuse se maintient toujours en tête des maladies qui
accablent l'humanité, malgré des progrès incontestables dans la prévention.
Les dépistages systématiques dans les écoles, associés à des mesures
diverses comme l'utilisation du fluor sous différentes formes sont couronnés
de succès. Mais nous sommes toujours dans l'attente d'un vaccin que les
journaux annoncent à grands titres régulièrement, notamment dans des
périodes où l'actualité se trouve dépourvue de sujets plus sensationnels.
Depuis
Pierre
FAUCHARD (1678-1761) qui croyait que la carie était due à un ver au mécanisme infectieux
aujourd'hui universellement accepté, il y a eu des explications multiples.
Et les connaissances actuelles ne sont pas définitives, car restent encore
beaucoup de questions en attente de réponses. Il y a encore une trentaine
d'années, on décrivait dans nos facultés plusieurs théories
étiopathogéniques faisant appel soit à des facteurs externes, soit internes,
soit mixtes. On a trop tendance actuellement à privilégier la théorie
externe = la plaque dentaire et ses colonies bactériennes, les sucres
d'origine alimentaire qui stagnent à la surface de la dent. Leur hydrolyse
par les enzymes bactériens entraîne la production d'un acide qui détruit les
tissus durs. La stratégie préventive en découle = brossage régulier pour
éliminer la plaque dentaire, diminution ou suppression des sucres de
l'alimentation, apport de fluor soit par voie générale pour optimiser la
minéralisation, soit par voie externe pour "renforcer" l'émail ou pour
perturber le métabolisme des bactéries.
On peut lire dans l'Information dentaire (volume 81 - n°2 du 2
au 13 janvier 1999) une étude passionnante sur "La prévention de la carie
dentaire: certitudes et perspectives" (Dr Y. HAIKEL). Partant de la
constatation du déclin de la carie dentaire chez les jeunes âgés de 20 à 25
ans, un questionnaire a été envoyé à 52 experts internationaux pour leur
demander leur avis sur les causes de cette baisse de la carie. Or, la
majorité de ces experts attribuent ce succès au fluor des dentifrices. Ils
ajoutent qu'aucune corrélation n'a pu être établie avec certitude entre la
quantité de plaque et la carie ! Mieux: "Personne à l'heure actuelle
ne peut affirmer avec certitude que le brossage des dents réduit la carie
dentaire" !!! Une autre constatation: "la réduction de la
carie de ces trois dernières décennies coïncide avec l'augmentation
exponentielle de l'usage des antibiotiques", pourtant ce facteur
n'est pas retenu par les experts, qui observent en plus la même diminution
de la carie au Japon, alors que dans ce pays l'usage du fluor reste limité.
Et donc, conclusion provisoire: "Le facteur influant le plus plausible est
la diminution de la consommation des sucres pendant cette même période".
Comme cela est précisé en conclusion de cet excellent article: ce qu'il faut
retenir:
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Les populations à risques sont identifiées par
les enquêtes épidémiologiques alors que la susceptibilité individuelle à la
carie est mise en évidence uniquement par le diagnostic interceptif du praticien
(Caries Risk test, Vivadent).
¨
Le traitement étiopathogénique individuel des
patients à haut risque fait appel à des traitements qui combinent le
scellement des puits et sillons dentaires (Heliosal, Vivadent),
l'application périodique d'un vernis fluoré (Fluor protector, Vivadent),
d'un vernis à la chlorhexidine (Cervitec, Vivadent) et l'instruction à
l'hygiène bucco-dentaire et alimentaire.
¨
Les travaux de recherche sur l'utilisation des
polymères surfaçants et à relargage progressif de faibles quantités de fluor
amorcent une ère nouvelle dans la prévention de la carie dentaire pour les
prochaines décennies.
¨
Les perspectives d'implantation d'une flore
buccale génétiquement modifiée ou des inhibiteurs compétitifs de l'adhésion
bactérienne sont encore au stade expérimental.
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En
homéopathie, la conception des modes réactionnels permet de déterminer les
patients à risque cariogène = les sujets réagissant sur les modes
tuberculinique et luétique. Certes, tout est empirique dans cette
approche. Il serait intéressant d'entreprendre une enquête clinique avec les
tests de Vivadent.
De plus,
il faut constater que rares sont les auteurs contemporains qui continuent de
mettre en cause les maladies générales, en dehors de quelques troubles comme
le rachitisme ou les dysthyroïdies.
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Pourtant, les homéopathes
ont été sans doute les premiers à incriminer le rôle des maladies
infectieuses de l'enfance. Notamment, Bertrand de
Névrezé (1877-1951) a été, à notre connaissance, le premier à le faire.
C'était un médecin, un stomatologiste, un professeur d'orthodontie à Paris,
que nombre de nos aînés ont connu, car il est mort en 1951. Ses travaux sur
la morphologie dentaire et maxillaire sont connus = les dents carboniques,
phosphoriques et fluoriques. Personnellement, au cours de nos études entre
1962 et 1967 à l'Ecole dentaire de Toulouse (les facultés de chirurgie
dentaire n'étaient pas encore créées !), nous avons eu des cours sur les
travaux de de Névrezé, avec des schémas photocopiés. Mais les enseignants de
l'époque se sont bien gardés de nous révéler que cet auteur était un
homéopathe éminent et que ses travaux s'inscrivaient dans la conception
homéopathique des constitutions minérales d' Antoine NEBEL.
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En janvier 1912, Léon VANNIER (1880-1963) a créé la revue
L'Homéopathie française qui a perduré jusqu'à un passé très récent.
Dès le numéro 2 de février 1912 et dans les suivants, on trouve un article
de Bertrand de Névrezé (1877-1951) intitulé: "Les caries dentaires
systématisées". La thèse de cet auteur est de montrer, à partir de
nombreuses observations, que certaines maladies de l'enfance pouvaient
expliquer des caries survenant bien plus tard, souvent à l'âge adulte. Il
cite évidemment la tuberculose, mais aussi la scarlatine et d'autres. Le fil
conducteur est que des toxines microbiennes dans l'enfance, jusque vers
l'âge de 14 ans, peuvent entraîner des dyscalcifications des dents, avec des
lacunes ou des érosions plus ou moins importantes. Certes, la dent ainsi mal
minéralisée n'est pas condamnée obligatoirement ou inéluctablement à faire
des caries mais à condition que les toxines décalcifiantes soient éliminées.
Cependant, il suffit qu'à nouveau elles réapparaissent pour que la carie se
développe alors et les "microbes saprophytes buccaux" peuvent y participer.
"Ces microbes, nouvelle cause infectieuse, trouvent dans la dent ainsi
déminéralisée une proie facile et la détruisent".
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Léon VANNIER |
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On
sait que la minéralisation des dents se poursuit sur plusieurs années et
qu'il suffit qu'un accident se produise dans le mécanisme pour que la dent
garde ensuite des stigmates. En fonction de la localisation des lésions, il
est possible de préciser à quel âge les troubles de la minéralisation se
sont produits. De Névrezé connaissait très bien ce problème. En voici un
exemple que l'on peut lire dans la revue L'Homéopathie française
n°2 de 1912 (p.112):
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"Il s'agit
d'un médecin de 35 ans qui se présente à nous un peu désespéré de la
récidive de ses caries qui progressent, malgré la surveillance la plus
assidue de son dentiste, malgré les soins journaliers qu'il apporte lui-même
à ses dents, malgré aussi un traitement de recalcification générale auquel
il s'est soumis. L'examen nous révèle que toutes ses prémolaires sont
atteintes de carie plus ou moins profonde et que deux d'entre elles ont été
extraites; sa canine inférieure gauche présente également une carie à son
collet. Pourquoi cet homme fait-il des carie plutôt qu'un autre; pourquoi
ces caries sont-elles localisées aux prémolaires ? Pourquoi récidivent-elles
toujours ? Telles sont les questions qui se posent immédiatement à notre
esprit.
L'histoire
pathologique de notre malade va nous répondre qu'à l'âge de 8 ans, il a
présenté une scarlatine très grave ayant profondément touché sa constitution
et nous savons que les prémolaires se développent vers l'âge de 8 ans. La
scarlatine a profondément troublé la calcification de ces dents, qui de ce
fait, sont restées plus prédisposées que les autres à la carie. Quant à la
récidive, elle s'explique par la présence de lésions cicatricielles du
poumon droit, mais contenant encore des toxines tuberculiniques
décalcifiantes".
Rappelons que la
scarlatine est une maladie streptococcique, et c'est un streptocoque qui est
incriminé dans la carie, mais il s'agit peut-être d'un hasard car il n'y a
pas d'explication rationnelle. De Névrezé cite un autre exemple intéressant
(entre bien d'autres): celui d'une femme de 30 ans qui avait encore ses
incisives centrales de lait inférieures, les définitives étant absentes. A
l'âge de 3 ans, elle avait été victime d'une grave intoxication par des
vapeurs de teinturerie et par de l'oxyde de carbone, dont elle a subi les
conséquences pendant quelques années jusqu'à l'âge de 7 ans. L'auteur
conclut à la possibilité de destruction des follicules des deux incisives
centrales inférieures. |
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Mais cependant; il faut donner quelques
explications pour mieux comprendre la thèse de de Névrezé. Il n'est pas
possible ici de reprendre d'une manière exhaustive l'évolution des
conceptions de HAHNEMANN jusqu'à de Névrezé. Rappelons seulement
qu'HAHNEMANN avait cru que la plupart des maladies n'étaient que
l'expression de trois maladies infectieuses chroniques que l'on avait
supprimées lors de la première manifestation. Ainsi, selon lui, en
supprimant un chancre syphilitique, un écoulement urétral ou une éruption
cutanée pruriante (alors considérée comme la gale), on "enferme" la maladie
en empêchant son rejet par l'organisme. A cette époque, les microbes étaient
certes connus, mais on ignorait leur responsabilité dans les maladies. On
pensait donc que leur contagion s'expliquait par l'existence de "miasmes",
sorte d'émanations pestilentielles mal définies. Avec les découvertes de
PASTEUR et d'autres, on découvre la responsabilité des microbes dans
l'éclosion et le développement des maladies dites infectieuses, mais surtout
on découvre l'existence de toxines, sécrétées par les microbes. En 1882,
Robert KOCH découvre le bacille qui porte son nom, responsable de la
tuberculose. Et on constate aussi que certains malades qui semblent pourtant
tuberculeux ou qui se trouvent sensibles à cette maladie, ne sont pas
porteurs du bacille de Koch. On pense donc logiquement qu'il existe une
toxine qui s'apparente à celle du bacille de Koch et que l'on appelle
toxine tuberculinique, faute de pouvoir la considérer comme une toxine
tuberculeuse et qui conditionne une susceptibilité individuelle ou
familiale, un "terrain" particulier que l'on désigne "diathèse
tuberculinique", puisqu'il ne s'agit pas de la tuberculose elle-même.
Après avoir insisté sur les facteurs décalcifiants, troublant la
minéralisation des dents chez l'enfant, de Névrezé consacre quelques
articles sur divers facteurs décalcifiants agissant chez l'adulte et
perturbant la résistance des odontoblastes aux microbes de la plaque
dentaire.
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Plaque dentaire
colorée |
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Bertrand de Névrezé
classe ces facteurs en trois groupes:
1/
les causes toxi-chimiques:
Il cite dans ce chapitre
divers médicaments chimiques utilisés en son temps pour diverses maladies
générales et qui pouvaient avoir des effets iatrogènes sur la pulpe et sur
les odontoblastes = les acides phosphorique, chlorhydrique, la créosote, le
phosphore (caries des ouvriers fabriquant des allumettes par exemple), l'eau
bouillie (?), le mercure, etc…
2/ les causes toxiniques:
De Névrezé insiste dans ce
chapitre sur la tuberculose, fréquente à son époque. Il explique ainsi de
nombreuses caries pouvant survenir dans un temps plus ou moins rapide après
une maladie compliquée de tuberculose. Il donne des exemples cliniques. Et
il est bien vrai que les tuberculeux sont plus exposés à la carie que les
autres. Mais de Névrezé insiste sur le fait que tous les tuberculeux n'ont
pas fatalement des caries dentaires, tout dépend de l'âge de l'apparition de
la tuberculose. Si celle-ci survient chez un adulte, ses dents sont déjà
minéralisées et résistent bien aux facteurs décalcifiants et déminéralisants
de cette maladie. "Au contraire, quand la tuberculose infecte l'organisme
dans l'enfance, quand surtout, les maladies éruptives atteignent la dent
pendant sa calcification, pendant sa période folliculaire, les toxines
tuberculiniques produisent sur cette dent faiblement minéralisée, pleine de
cavités vacuolaires, des désordres qui se traduisent par les caries que nous
avons appelées systématisées; ces caries évoluent avec une très grande
rapidité, comme si les odontoblastes paralysés par les toxines
tuberculiniques, ne pouvaient offrir aucune résistance aux microbes de la
carie". Cet auteur rapporte également des observations cliniques montrant
les effets iatrogènes du sérum de Marmorek, utilisé par les classiques à
doses trop fortes, entraînant une déminéralisation générale et des caries
multiples.
3/
les causes auto-toxiniques:
De Névrezé décrit dans ce chapitre les
facteurs d'auto-intoxication que l'on appelle le mode réactionnel psorique.
La gencive participe à l'évidence à l'élimination des déchets métaboliques
qui résultent d'une hygiène de vie inadaptée et les pathologie à son niveau
font partie des troubles de l'élimination, au même titre que les éruptions
cutanées, les inflammations des muqueuses ou des séreuses. Il note la
fréquence des caries du collet, qu'il attribue à la production d'une
sécrétion acide par la gencive au niveau du sillon gingivo-dentaire (le
fluide gingival ?). Ses explications s'appuient sur des observations
cliniques. Il propose une liste de médicaments impliqués dans les caries du
collet: THUYA, LACHESIS, MEZEREUM, STAPHYSAGRIA, NITRI ACID., et IODUM.
En
conclusion de ses articles, Bertrand de Névrezé affirme: " Cette théorie
élargit beaucoup le champ d'action du dentiste, puisque nous voyons que la
carie de causes générales n'est pas qu'un épiphénomène au cours d'une
déminéralisation de l'organisme, presque toujours de cause toxique ou toxinique…. A côté d'une chirurgie dentaire qui ne peut être que
réparatrice, nous voyons la place plus importante d'une médecine dentaire
qui est prophylactique et immunisatrice. Ainsi que WRIGHT, le célèbre
inventeur des vaccins, l'a dit du médecin moderne, le dentiste de
l'avenir sera un médecin immunisateur".
On était alors en 1912 et
l'immunologie était encore balbutiante.
Bien entendu, les
affirmations de de Névrezé doivent être passées au crible des données
actuelles. Il faut tout de même constater que les officiels focalisent leur
stratégie de la prévention de la carie dentaire presqu'exclusivement sur le
fluor local ou général et sur le brossage complété par la diminution des
sucres. Mais cette stratégie évolue actuellement.
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Odontoblastes
vus au microscope après coloration. Ces cellules sont présentes dans la
pulpe dentaire et sont chargées de la "fabrication" de la dentine. |
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LES PRINCIPAUX MEDICAMENTS HOMEOPATHIQUES
DE LA CARIE DENTAIRE
Une première
remarque s'impose d'emblée = la carie dentaire n'est pas un symptôme
d'observation pathogénétique. Une telle expérimentation se réalise sur
quelques jours ou quelques semaines, délai trop court pour laisser
apparaître une carie. C'est donc l'observation clinique qui a permis de
dresser la liste que l'on trouve dans le Répertoire de KENT, qui laisse tout
de même perplexe car se retrouvent côte à côte des médicaments d'action
profonde et d'autres d'action ponctuelle et courte, comme Aconit. De plus,
CALCAREA FLUORICA n'est pas cité ! ce qui est tout de même très étrange,
mais il l'est au degré moyen à "Email déficient"!
CONDUITE DU
CHIRURGIEN-DENTISTE HOMÉOPATHE
FACE AU PROBLÈME DE LA CARIE DENTAIRE
Il semble évident que deux
attitudes soient logiques face au problème de la carie = d'abord le cas le
plus fréquent è
le patient vient consulter avec des caries - puis le cas moins
fréquent mais plus satisfaisant pour l'esprit
è
la demande d'une prévention individualisée par des parents
consciencieux.
Il faut préciser que face à
une carie banale, nous n'avons rien de particulier à proposer sur le plan
homéopathique. Mais en présence d'un patient qui n'était pas atteint de
carie et qui en présente plusieurs depuis quelques mois, il est logique de
se poser la question de savoir quelles peuvent être les raisons qui les
expliquent, surtout si le patient n'a rien changé dans ses habitudes
alimentaires ou hygiéniques. Par exemple, on peut voir apparaître des
caries, surtout des faces proximales des incisives, chez des adolescents
longilignes jusque-là exempts. On peut être frappé par la rapidité de
l'évolution. Il y a une grande probabilité que le médicament soit NATRUM
MURIATICUM. On peut se contenter de réaliser les soins indispensables. Mais
n'est-il pas logique d'imaginer que le traitement des seules conséquences
soit insuffisant pour prévenir les récidives ou simplement l'évolution du
processus ? Deux causes fréquentes expliquent souvent la décompensation chez
ces sujets = la déception sentimentale, fréquente à tous âges, mais
intériorisée profondément par ces sujets fragiles sur le plan psychique et
le surmenage intellectuel, habituel chez les étudiants. Comment
expliquer cette décompensation et surtout la somatisation au niveau des
dents ? Nous n'avons aucune réponse. Mais l'expérience montre l'efficacité
de la prise de ce médicament à la dilution convenable et le temps
nécessaire. Et nous avons tous vu des cas non traités par homéopathie qui
continue le développement de caries nouvelles. Il ne s'agit là que
d'arguments cliniques qui ne reposent sur aucune preuve au sens
scientifique.
Nous proposons dans ce qui
suit deux chapitres = d'abord la prévention au sens homéopathique,
ensuite l'accompagnement homéopathique des patients ayant des caries
inhabituelles.
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LA PREVENTION HOMEOPATHIQUE
D'abord quelques rappels conceptuels à l'intention des nouveaux. L'homéopathie
repose fondamentalement sur une conception globale du malade,
ce qui signifie que ce dernier est considéré selon toutes les composantes
psychosomatiques ou somato-psychiques de sa personnalité, en tenant compte
également de son héritage génétique et de son environnement au sens le plus
large. Aussi, dans le cadre général que représente un organisme, la bouche
et la dent ne peuvent être comprises que comme un élément parmi d'autres,
intégré obligatoirement dans l'économie générale de l'organisme.
Cette
conception holistique ne découle pas d'un a priori théorique ou
philosophique, mais de l'expérimentation des substances médicamenteuses chez
des volontaires en équilibre de santé et sensibles à la posologie usitée.
L'expérimentation fait surgir un ensemble de symptômes, concernant tous les
secteurs de l'organisme, notamment pour les substances les plus actives. Le
corollaire impose en clinique de retrouver tous ces symptômes, à tous les
niveaux. Le médicament indiqué ainsi par la similitude la plus étendue des
symptômes devient ainsi LE médicament "semblable" ou encore appelé
simillimum. Ainsi, en présence d'un malade et quelle que soit
l'affection à traiter, le praticien homéopathe est-il contraint de
résoudre l'équation de la similitude, c'est-à-dire retrouver parmi
toutes les substances expérimentées (Matière Médicale), CELLE qui regroupe
la totalité des symptômes de ce malade, ou du moins le plus grand nombre.
C'est ce que les homéopathes appellent l'individualisation de la
prescription.
On mesure la difficulté d'une telle démarche: la Matière Médicale comprend
plusieurs centaines de médicaments. Aussi la pratique de l'homéopathie
exige-t-elle beaucoup d'efforts, de la persévérance et de l'opiniâtreté,
ainsi qu'un minimum de méthode. Cela rend vain les prétentions de ceux qui
offrent abusivement une formation en quelques jours, moyennant des frais
d'inscription substantiels. Comme si l'on pouvait maîtriser l'implantologie
ou l'orthodontie après un stage de 3 jours! Comme si l'on proposait à un
pianiste juste débutant d'exécuter un prélude de CHOPIN après trois jours
d'enseignement !
Le rôle
de l'observation clinique consiste à relever les symptômes du
patient. Cette démarche est commune à toutes formes de médecine, classique
ou homéopathique. Après le diagnostic, le choix thérapeutique est déterminé.
Lorsque l'homéopathie apparaît comme pouvant répondre à la demande, il reste
à résoudre la fameuse équation de la similitude. Mais, dans le cas de la
prévention, il n'y a par définition aucun signe pathologique puisque le but
est de prévenir. Il y a donc une antinomie apparente entre les
prétentions d'une prévention homéopathique et le fondement de la méthode.
Pourtant, la prévention est possible avec des médicaments homéopathiques et
deux groupes d'arguments étayent cette affirmation:
-
Lorsqu'on
réalise la pathogénésie d'une substance active (expérimentation sur
l'homme en équilibre de santé), les sujets qui se révèlent sensibles
développent des symptômes de nature variée: depuis des signes discrets,
essentiellement fonctionnels et donc réversibles, jusqu'à
des symptômes beaucoup plus graves. Pour des raisons évidentes, la
pathogénésie est complétée par des données toxicologiques qui précisent
les symptômes lésionnels irréversibles. Si l'on peut mettre en évidence
l'indication d'un médicament à partir des signes fonctionnels réversibles,
il est possible de prévenir les symptômes lésionnels irréversibles (et
donc hors de portée de l'action homéopathique) que la Matière Médicale
précise. Dans ce cas, on ne peut pas encore parler de "prévention", mais
seulement de traitement précoce.
-
Au cours de
l'expérimentation pathogénétique et en raison des faibles doses utilisées,
tous les volontaires ne réagissent pas. Mais ceux qui réagissent ont
quelque chose en commun: soit une même morphologie, soit le même
comportement, soit les deux. C'est ce que l'on appelle le type
sensible du médicament.
Il est
évident que les substances les plus actives présentent le type sensible le
plus significatif. Par exemple, le phosphore joue un rôle éminent
dans tous les métabolismes du fait de sa présence dans tous les noyaux
cellulaires et notamment dans les tissus osseux et dentaires. Mais le
phosphore est également un toxique puissant. Le rôle métabolique du
phosphore est tel que les morphologistes ont décrit un biotype
"phosphorique" caractérisé par un développement en longueur: sujet de grande
taille, généralement maigre ou mince, au thorax étroit, facilement voûté.
Les homéopathes ont complété ce tableau par des signes de comportement:
frilosité mais besoin d'air frais, aggravation par la chaleur confinée,
cyclothymie (vite exalté et vite déprimé), émotifs, actif et vite fatigué,
etc... En clinique, en présence d'un sujet répondant à cet ensemble de
signes, la probabilité est grande qu'un médicament comportant du phosphore
soit indiqué: PHOSPHORUS, KALI PHOSPHORICUM, NATRUM PHOSPHORICUM, PHOSPHORIC
ACID., etc... Mais par ailleurs, le phosphore est toxique pour tous les
sujets, quel que soit leur biotype. Aussi, certaines indications de
PHOSPHORUS peuvent concerner n'importe qui: syndrome hémorragique par
exemple en pathologie aiguë. D'autres indications, reposant sur la
similitude de l'action métabolique répondent à des troubles chroniques chez
de sujets répondant au type sensible décrit.
Ainsi,
en présence d'un sujet que l'on découvre au tout début de la consultation,
qui répond au type sensible d'un médicament dont on sait par
sa Matière Médicale, qu'il peut être indiqué dans certains troubles précis,
comme par exemple la carie dentaire, il est logique de penser
d'abord à ce médicament, puis d'en rechercher les signes, par exemple des
caries dentaires. Si celles-ci sont déjà présentes, la prescription ne
pourra qu'accompagner leur traitement dentaire pour consolider le résultat
et pour prévenir éventuellement l'apparition d'autres lésions. Si elles sont
absentes, comme l'on sait qu'elles sont contenues dans la Matière Médicale
de ce médicament, sa prescription peut les prévenir.
De
plus, on connaît le rôle métabolique des sels de calcium dans le
développement du squelette et plus particulièrement des différents tissus
dentaires. Que survienne un trouble de leur métabolisme durant la période de
l'odontogenèse, par exemple une carence d'apport ou un défaut d'absorption,
la minéralisation des tissus dentaires s'en trouve perturbée et l'on sait
leur caractère définitif. Or l'expérience clinique montre qu'en donnant
durant cette période l'un ou plusieurs de ces sels, en dilutions, on
favorise une meilleure minéralisation des tissus concernés. Allant encore un
peu plus en avant, l'expérience clinique a montré que la prédominance de
l'un de ces sels est à l'origine du développement d'un type morphologique
particulier, répondant et définissant pour chaque sel un ensemble
caractéristique: morphologique, comportemental, plus un certain nombre de
prédispositions à certaines pathologies, dont la carie dentaire. Plusieurs
générations d'étudiants en chirurgie dentaire ont appris à distinguer les
dents "carboniques", "phosphoriques" ou "fluoriques", sans savoir toujours
que ces descriptions sont dues à un stomatologiste homéopathe, Bertrand
de NEVREZE, dont les travaux remontent au début de ce siècle, à la suite
de ceux d'un médecin homéopathe suisse, Antoine NEBEL (1870-1954), auteur d'une
conception de trois constitutions minérales. On peut même mesurer
l'influence des thèses de B. de Névrezé car elles sont encore décrites dans
la revue non homéopathique: "La Pratique dentaire" (volume
1-1985-n°1-p.23).
Pour
en venir maintenant au problème de la prévention de la carie dentaire chez
l'enfant, cette étude est volontairement limitée à trois médicaments, le
phosphate de calcium, le carbonate de calcium et le
fluorure de calcium. Mais la Matière Médicale est bien plus
riche d'autres médicaments concernés par la carie: les remèdes à base de
magnésium, ou d'autres minéraux important comme la silice. Pour les trois
médicaments étudiés ici, le même plan est suivi en séparant bien des notions
distinctes:
1/ LE BIOTYPE:
Chaque
individu est défini par un ensemble de signes morphologiques, psychiques et
physiopathologiques, dépendant de l'action complexe de facteurs
métaboliques, hormonaux, humoraux, voire héréditaires, dont l'étude
constitue la base de la biotypologie, science humaine de l'Homme
considéré comme une espèce animale parmi d'autres, en tout cas indépendante
de l'homéopathie.
2/ LE TYPE SENSIBLE D'UN MEDICAMENT:
Cette notion
découle directement de l'expérimentation pathogénétique et appartient en
propre à l'homéopathie. Il est évident qu'une substance intervenant
directement dans le métabolisme osseux aura un type sensible caractérisé par
des signes morphologiques. Une substance végétale étrangère à l'organisme
n'aura pas de signes morphologiques, mais essentiellement des signes de
comportement liés à son action plus ou moins toxique ou ponctuelle sur un
appareil préférentiel. Cependant les signes du type sensible d'un médicament
ne sont pas suffisants pour le choix du médicament: toutes les substances
minérales comprenant du phosphore se montrent plus actives chez des sujets
longilignes. Donc le même type sensible répond à plusieurs substances,
exceptionnellement, voire jamais à une seule substance.
3/ LA PATHOGENESIE ET LA MATIERE MEDICALE:
La pathogénésie rassemble les signes révélés par l'expérimentation
pathogénétique, démarche typiquement homéopathique, complétée ensuite par
des données toxicologiques puis par l'expérience clinique des praticiens
(par exemple les circonstances étiologiques = à la suite de quoi les signes
pathogénétiques sont-ils apparus chez le patient ?). Ce sont sur les signes
de la Matière Médicale que doit reposer exclusivement le choix
du remède semblable, et sur eux seuls.
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DE LA PATHOGENESIE A LA MATIERE MEDICALE
DE LA MATIERE MEDICALE A LA CLINIQUE
Il est évident qu'en présence de chaque patient, les règles d'hygiène
doivent être rappelées systématiquement, avec souvent un contrôle de plaque.
Lorsqu'on connaît les habitudes des Français sur ce point, il est utile
d'insister toujours et toujours sur la nécessité d'un brossage
efficace.
Pour ce qui
concerne la prévention, l'idéal serait un traitement eugénique,
c'est-à-dire durant la grossesse, et au tout début de celle-ci, surtout chez
les parents à risques, essentiellement ceux réagissant sur les modes
tuberculinique et luétique, sujets à risques par excellence pour ce qui
concerne, entre autres, les perturbations de la minéralisation. Mais il
s'agit là d'un autre problème, qui exige une étroite collaboration avec le
médecin traitant, car les risques ne sont pas situés exclusivement sur les
tissus dentaires.
Dans
l'immense majorité des cas, lorsqu'un enfant est conduit à la consultation
du chirurgien-dentiste, c'est parce qu'il souffre ou qu'il présente un
abcès. Heureusement depuis quelques années, on constate une attention
particulière des jeunes mamans qui ont compris la nécessité d'un traitement
vraiment préventif, avant l'apparition des premières caries. C'est là un
signe d'encouragement. Mais lorsqu'il y a déjà une lésion carieuse,
l'attitude du praticien dépend de l'âge du jeune patient: plus l'enfant est
jeune, plus il est nécessaire de proposer une prévention afin de favoriser
une bonne minéralisation de ses dents, dès le départ, car sur ce plan,
tout se joue très tôt. A 12 ou 13 ans, les dents sont déjà presque
complètement minéralisées. Alors, en supposant qu'un jeune enfant est
conduit à la consultation, soit avec déjà une lésion carieuse, soit avec une
denture indemne, le problème, pour le praticien, est de déterminer le remède
de fond, alors que les signes sont forcément discrets, sauf exception. Il
convient de procéder à une observation minutieuse des antécédents personnels
et familiaux, afin de mettre en évidence le ou les modes réactionnels
généraux. Ensuite, les éléments du type sensible donnent parfois une
indication ou une orientation.
Parmi
les médicaments les plus souvent indiqués dans la prévention de la carie
dentaire, les sels de calcium, parce qu'ils participent directement et
massivement dans les processus de minéralisation osseuse et dentaire, jouent
un rôle primordial dans les conditions d'une bonne minéralisation,
lorsqu'ils sont donnés en dilutions convenables: Calcarea phosphorica,
Calcarea fluorica et Calcarea carbonica. Ces médicaments ne sont
pas les seuls, mais figurent en tête de liste.
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CALCAREA PHOSPHORICA
Le
phosphate de calcium est le sel le plus important par sa quantité
(environ 85%) dans la dentine, cela explique sans doute les caries globales
et souvent importantes.
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| 1 - Le biotype "longiligne": |
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(photo J. Jouanny) |
La première caractéristique morphologique est évidente: sujet
se développant en longueur, au détriment de la largeur, ce qui lui donne une
silhouette élancée: sujet grand mais mince, voire maigre, aux muscles
allongés et aux ligaments articulaires souples. Le crâne est généralement
dolichocéphale, avec un étage cérébral plus large que l'étage inférieur
(d'où une forme triangulaire à pointe inférieure). Longueur et hyperlaxité
ligamentaire expliquent une tendance à se tenir voûté et prédisposent aux
malformations ou déformations de la colonne vertébrale.
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Le
nourrisson, bien que son type morphologique ne soit pas encore
marqué, est malgré tout déjà allongé, grand et mince, parfois un peu potelé.
C'est un bébé qui manifeste très tôt des signes d'intelligence et
d'affection. Mais il est facilement énervé, agité, pleure souvent (surtout
lorsqu'il est sale), demande ses biberons avant l'heure, qu'il avale avec
appétit. Il est rarement constipé et présente au contraire une tendance à la
diarrhée ou au moins des selles molles, liquides, avec beaucoup de gaz.
L'enfant
grandit trop vite, par poussées et se tient voûté. L'appétit est souvent
variable: boulimie, ou inappétence aux moments de se mettre à table malgré
des fringales en dehors des repas. Les troubles digestifs sont fréquents
avec une tendance à la constipation et le plus souvent des diarrhées. Le
travail scolaire est irrégulier. La fatigabilité est une caractéristique:
malgré une intelligence vive et précoce, l'enfant devient vite inattentif et
négligent en raison d'une fatigue rapide. Hypersensible et émotif, il
supporte mal les remontrances et tend à la solitude ou se réfugie dans le
mensonge avec une imagination féconde, avec une grande facilité pour les
pleurs. Enfant affectueux, il exige sans toujours l'exprimer des marques
d'affection ou de sympathie, supporte mal l'indifférence (réelle ou
supposée). Très tôt tracassé par la sexualité, il se complait dans les
pratiques onaniques. Le surmenage scolaire est mal vécu: amaigrissement,
pâleur, céphalées, insomnie, irritabilité.
Les
prédispositions de ce biotype:
En
phase de sthénicité, plus ou moins durable selon les conditions de vie,
l'enfant présente des signes semblables à ceux de l'hyperthyroïdie avec
sympathicotonie et plus tard une puberté précoce. En phase asthénique,
survenant rapidement en cas de surmenage physique et surtout intellectuel,
l'enfant présente une vagotonie d'épuisement avec hyposurrénalisme,
expliquant l'asthénie, la fatigabilité avec pâleur par anémie,
amaigrissement, constipation, etc...
Les
grandes tendances pathologiques s'expriment plus ou moins précocement:
amaigrissement à la moindre occasion, frilosité excessive avec tendance aux
infections respiratoires (rhumes, rhino-pharyngites évoluant vers des
bronchites), congestion veineuse périphérique, poussées thermiques souvent
sine materia suivies de poussées de croissance, convalescences souvent
pénibles avec anémie, anorexie, insomnie.
2/ LE TYPE SENSIBLE DE "CALCAREA PHOSPHORICA":
L'enfant répondant au type sensible de CALCAREA PHOSPHORICA présente tous
les signes du biotype longiligne sus-décrit. Mais ces signes sont communs
aux types sensibles de pratiquement tous les médicaments au radical
"phosphore". CALCAREA PHOSPHORICA convient à un enfant qui grandit trop
vite et les périodes de croissance sont les moments de choix de la
prescription de ce médicament. Pendant ces périodes, il est fréquent de
constater des douleurs osseuses dites de "croissance", avec persistance des
cartilages de conjugaison, douleurs épiphysaires, le tout avec pâleur et
asthénie. C'est également un enfant nerveux, agité, et qui malgré sa
frilosité et sa sensibilité au froid, se plaint d'avoir trop chaud et a
besoin d'air frais (grand besoin d'oxygène pour assurer ses oxydations
augmentées).
3/ LE MEDICAMENT "CALCAREA PHOSPHORICA":
Le
phosphate de calcium est un élément très important de
l'organisme. On le retrouve dans le sang, les tissus osseux et dentaires,
dans pratiquement tous les éléments du système nerveux. En cas de
perturbations de son métabolisme, il en résulte de nombreux troubles:
troubles de l'ossification, de la dentition, de la dentinogenèse, de la
nutrition en général, une décalcification, une anémie, en engorgement des
ganglions lymphatiques, une fatigabilité importante, associée à une
hypersensibilité nerveuse.
En
clinique, les indications de CALCAREA PHOSPHORICA découlent de son action
générale: troubles de la croissance et de la dentition, adénopathies
lympho-ganglionnaires, troubles respiratoires (parfois graves comme la
tuberculose), troubles résultant du surmenage intellectuel, etc...
L'enfant CALCAREA PHOSPHORICA est essentiellement un oxygénoïde.
Cela signifie qu'il réagit volontiers aux agressions microbiennes ou virales
(auxquelles il est exposé par sa frilosité) par la mise en oeuvre du
mode réactionnel tuberculinique, dont l'une des caractéristiques
est l'augmentation rapide des oxydations métaboliques. Ce qui explique de
nombreux signes: besoin d'air frais avec dégagement de chaleur (a souvent
chaud malgré sa frilosité - poussées thermiques), déminéralisation
cellulaire avec destruction des cellules qui forment des déchets
métaboliques encombrant la circulation sanguine (congestion veineuse
périphérique), tendance aux inflammations des séreuses et des muqueuses,
déshydratation et amaigrissement, anémie et asthénie physique et psychique.
Et surtout: le mode tuberculinique entraîne une consommation accrue de
minéraux. Ou bien, l'alimentation les apporte et l'enfant reste en
équilibre. Ou bien les minéraux manquent, soit par défaut d'apport, soit par
défaut d'absorption intestinale, et alors les carences se manifestent:
rachitisme réversible, troubles de la minéralisation des dents
irréversibles. Ce dernier point explique la susceptibilité des dents mal
minéralisées aux facteurs cariogènes, et donc les caries souvent précoces,
souvent globales, sans fatalité.
De
plus, cet enfant présente généralement, du fait de sa morphologie, un thorax
étroit, peu développé. Or il doit faire face à de gros besoins en oxygène
pour ses oxydations, ce qui explique la fragilité de l'appareil respiratoire
et sa pathologie fréquente et parfois grave. Enfin, le fonctionnement
cérébral consomme beaucoup de minéraux, expliquant la fatigabilité de
l'élève ou de l'étudiant, ou de tout travailleur intellectuel.
CALCAREA
PHOSPHORICA chez son dentiste:
Le
nourrisson a généralement bon appétit, pleure pour avoir ses biberons avant
l'heure. Et pourtant, il reste maigre et maigrit à la moindre occasion.
Ensuite et d'emblée, il a tendance à l'insuffisance hépatique, notion
niée en médecine classique mais pourtant avancée par les homéopathes pour
expliquer de nombreux troubles digestifs et autres (comme les allergies):
fréquence des inflammations intestinales avec diarrhée, colites, ce qui
entraîne des carences d'absorption des minéraux. |
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La dentition est souvent retardée et
l'éruption des dents provoque parfois des incidents nerveux (agitation,
pleurs, caprices, insomnie...= CHAMOMILLA) et surtout digestifs, avec des
diarrhées, colites flatulentes, selles aqueuses, verdâtres,
éclaboussantes...= PODOPHYLLUM, CHAMOMILLA, ARGENTUM NITRICUM...). Si le
chirurgien-dentiste n'est qu'exceptionnellement consulté en cette occasion,
il doit savoir que les troubles minéraux peuvent laisser des lésions
irréversibles au niveau des dents en cours d'odontogenèse. D'où son rôle
d'information des parents |
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L'enfant plus grand, de 4 à 10 ans par exemple, reste
maigre, maigrit à la moindre occasion (maladies, troubles affectifs,
surmenage scolaire...), se fatigue vite (en cas de travail intellectuel,
efforts physiques avec essoufflement rapide, points de côté...), présente
une tendance à la pâleur, à l'anémie, aux céphalées, aux troubles de la
croissance (scoliose, cyphose, entorses...). Toutes ces périodes sont
critiques au point de vue minéralisation des dents. D'où la fréquence des
caries dentaires, malgré une hygiène buccale souvent convenable.
CALCAREA
PHOSPHORICA offre un double avantage: meilleure minéralisation s'il est
donné en temps utile, donc chez le tout jeune enfant, rôle curatif en cas de
troubles, surtout digestifs, mais également respiratoires. En accord ou en
collaboration avec le médecin traitant, il est utile de donner: CALCAREA
PHOSPHORICA 3X ou 6X trituration, deux mesures à sec sur la langue avant
chaque repas et CALCAREA PHOSPHORICA 7 ou 9 ou 15 CH (selon les troubles
présents), une à deux fois par semaine. Ce traitement doit être renouvelé de
temps en temps, notamment dans les périodes de surmenage scolaire (troisième
mois du trimestre par exemple).
Un complémentaire
fréquent très utile = SILICEA => C'est le médicament homéopathique
le plus important du rachitisme qui doit être associé presque
systématiquement chaque fois que cette maladie menace la minéralisation des
dents. Il en sera question plus loin.
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CALCAREA FLUORICA
Le
fluorure de calcium ou CALCAREA FLUORICA est le deuxième
médicament de la présente étude. Il est le support biochimique d'une
constitution pathologique, longtemps appelée fluorique, et que l'on
désigne aujourd'hui sous le nom de dystrophique.
1 - Le
biotype "dystrophique" (ex-fluorique): |
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: (Photo J. Jouanny) |
A l'origine de
cette constitution dystrophique, ex-fluorique, plusieurs facteurs génétiques
prédéterminants ont été avancés par divers auteurs: d'abord la syphilis
congénitale a tenu le devant de la scène durant des décennies, puis ont été
incriminées les infections virales de la grossesse (rubéole, oreillons,..),
puis les intoxications de la grossesse (alcool, drogues, certains
médicaments à effets tératogènes discrets, ou même redoutables comme la
tristement célèbre thalidomide...), les radiations ionisantes de la
femme enceinte et du nouveau-né, les carences minérales ou métalliques et
les intoxications par ces mêmes éléments (mercure, plomb, or...), les
carences ou excès de certains oligo-éléments, dont le fluor.
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Lorsque l'enfant grandit, son hyperlaxité ligamentaire peut surprendre. Il
est capable de contorsions incroyables, ou bien il présente très tôt des
anomalies de la colonne vertébrale ou des entorses fréquentes. Son
comportement peut surprendre également: intelligence souvent vive, mais avec
des réactions paradoxales, une instabilité et une "mobilité"
caractéristiques. C'est souvent un enfant au comportement rapidement
perturbateur, enclin à l'égoïsme, à la vulgarité, à l'indiscipline,
notamment scolaire.
Le
développement osseux est rarement harmonieux: dolicocéphalie, ou
brachycéphalie, irrégularité ou asymétrie crâniennes, taille plutôt petite,
asymétrie faciale, troubles de la colonne vertébrale. Les anomalies
dentaires et maxillaires sont fréquentes: émail déficient, ou irrégulier,
dents jaunes ou grises, mal implantées, anomalies de forme et de position,
dents surnuméraires ou agénésie de certaines d'entre elles, troubles
orthodontiques, etc...
Cet enfant
est prédisposé aux troubles lympho-ganglionnaires avec inflammation,
suppuration ou hypertrophie, induration - ou aux inflammations des muqueuses
avec tendance aux ulcérations nécrotiques - aux troubles élastopathiques
dont les varices dites constitutionnelles du sujet jeune.
2 - Le
type sensible de Calcarea fluorica: |
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Le type sensible de CALCAREA FLUORICA se superpose exactement au
biotype sus-décrit, parce que ce biotype est déjà engagé dans la pathologie.
La Matière Médicale ne comprend que deux médicaments "fluorés": CALCAREA
FLUORICA et FLUORIC ACIDUM. Ce sont deux remèdes complémentaires, le second
correspondant à des troubles plus lésionnels (en raison de la fonction
acide). Il est classique d'opposer les modalités thermiques: CALCAREA
FLUORICA, comme tous les Calcarea, est frileux, aggravé par le froid et
préfère la chaleur. FLUORIC ACID. au contraire craint la chaleur et ne la
supporte pas.
La
réalité clinique est cependant plus nuancée. Les enfants présentant toutes
les anomalies du biotype dystrophique existent bien mais sont heureusement
assez rares. Mais il existe de très nombreux types mixtes, normoligne,
bréviligne ou longiligne, avec des stigmatiques dystrophiques.
3 - Le médicament "Calcarea fluorica":
Les risques toxiques du fluor sont bien connus, comme son affinité pour les
tissus durs, osseux et dentaires, ou pour les tissus provenant de
l'ectoblaste, comme les phanères, les fibres élastiques et l'émail
dentaire. Outre les signes morphologiques sus-décrits, CALCAREA
FLUORICA correspond à de nombreuses atteintes osseuses (ostéophytes,
nodosités, exostoses, douleurs osseuses surtout nocturnes, déformations...),
à des troubles lympho-ganglionnaires dont les rhino-pharyngites à répétition
durant la saison froide avec tendance à la suppuration ou à l'ulcération.
L'hyperlaxité ligamentaire explique la pathologie des articulations, avec
tendance aux luxations interdisant la pratique de certains sports. Enfin,
l'instabilité de base favorise des troubles du comportement, avec de mauvais
résultats scolaires ou une asociabilité qui peut pousser à la marginalité.
CALCAREA FLUORICA chez son dentiste:
Il est fréquent de voir ces enfants au cabinet dentaire. Dès le jeune âge,
la denture de lait peut être atteinte, avec des caries noires évoquant la
mélanodontie, ou ressemblant au darmous. Le délabrement des
dents de lait est très souvent compliqué de réactions apicales avec abcès et
fistules.
Les problèmes
orthodontiques sont également souvent présents, parfois spectaculaires ou
associés aux atteintes des dents elles-mêmes.
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Selon l'âge de l'enfant au moment de la consultation,
il est indispensable de donner CALCAREA FLUORICA en deux dilutions, 3X ou 6X
triturations, deux mesures à sec sur la langue avant les repas et une
dilution moyenne ou haute en prises hebdomadaires pendant des semaines ou
des mois, pour favoriser autant que possible, une meilleure minéralisation
des dents permanentes. Chez ces enfants, la fluorothérapie pondérable est
fortement déconseillée. Enfin, les troubles bucco-dentaires sont rarement
isolés, ce qui justifie la collaboration du médecin traitant.
Une
surveillance clinique permettra de remplacer ce médicament par son
complémentaire FLUORIC ACID., médicament plus lésionnel, très souvent
impliqué (entre autres troubles) dans les dysfonctionnements thyroïdiens,
surtout dans l'hyperthyroïdie, grand facteur de caries dentaires. Une
denture de lait très délabrée impose la recherche de l'indication de
KREOSOTUM ou de STAPHYSAGRIA, comme complémentaires.
CALCAREA CARBONICA
C'est
le deuxième sel de calcium selon la quantité présent dans les tissus durs de
la dent.
1 -
Le biotype "bréviligne" (ex-carbonique):
Ce
biotype donne à l'enfant une ossature épaisse, massive, trapue. Le
développement se fait en largeur au détriment de la longueur. D'une manière
générale, le poids est plus ou trop élevé par rapport à la taille, avec
tendance à grossir à la moindre occasion. Le nourrisson fait la
fierté des parents et grands parents, tant il ressemble à la publicité
célèbre du bébé cadum: potelé, rond, souvent blond ou châtain clair.
Mais déjà la tête et le ventre sont trop gros et l'abdomen est flasque
L'enfant grandit peu, ou pas très vite, semble massif mais aussi lent,
"mou". Son visage large correspond à une brachycéphalie avec augmentation de
l'étage inférieur (type digestif de SIGAUD).
Ses
prédispositions morbides s'expliquent par une tendance au ralentissement
métabolique avec tendance à l'obésité, un appétit souvent augmenté
(gloutonnerie) mais parfois diminué. Enfant très frileux, sensible au froid
surtout humide, il traverse l'hiver avec de gros ennuis respiratoires et
lympho-ganglionnaires. Sur ce fond indolent, cet enfant est exposé aux
facteurs qui aggravent sa tendance au ralentissement métabolique:
suralimentation, sédentarité, agressions microbiennes et pollutions
médicamenteuses (antibiothérapie itérative, vaccinations intempestives...
qui sollicitent les modes réactionnels psorique d'abord, puis sycotique).
Esprit
lent mais méthodique, cet enfant est capable de soutenir des efforts
scolaires, il est un élève sage, studieux, persévérant mais lent. S'il y a
décompensation, il devient facilement paresseux, indiscipliné et inattentif.
Sa lenteur peut alors le déphaser par rapport à ses camarades, ce qui peut
engendrer une pathologie psychique ou psychologique.
2 - Le type sensible de "Calcarea carbonica":
Aux
tendances du bréviligne (type commun à de nombreux médicaments au radical
carbonica), s'ajoutent plusieurs signes qui annoncent l'indication de
CALCAREA CARBONICA.
Le
nourrisson ne finit pas ses biberons et pourtant il tend à
grossir. Si on le force à les finir, il vomit volontiers (vomissements
acides, de lait non digéré) puis a des diarrhées (verdâtres, mousseuses,
acides, coliques flatulentes...). Si ces troubles digestifs persistent, le
bébé maigrit (et alors attention aux minéraux) et peut faire une véritable
intolérance au lait (MAGNESIA CARBONICA). Deux autres signes sont de
véritables sonnettes d'alarme: la persistance des croûtes de lait et
l'érythème fessier, qui peut évoluer vers un eczéma prurigineux, suintant et
souvent surinfecté (ANTIMONIUM CRUDUM, GRAPHITES...).
La
dentition est souvent retardée et à l'origine de troubles
digestifs avec température, abattement, sueurs chaudes, dont BELLADONA est
le remède principal.
L'enfant se développe harmonieusement si les conditions de vie sont
favorables, tout en exprimant les tendances de son biotype: enfant petit
mais costaud, trapu et résistant, calme et lent, travailleur et persévérant
dans l'effort. Les principales menaces dépendent des erreurs diététiques
(suralimentation déséquilibrée, sédentarité) et des facteurs climatiques
(sensibilité au froid humide qui provoquent de nombreux problèmes O.R.L.,
aggravés par les effets iatrogènes des médicaments chimiques et des
vaccinations intempestives). L'enfant devient alors irritable, paresseux,
apathique, réfractaire aux efforts scolaires (parfois le véritable cancre
réfugié au fond de la classe près du radiateur!). D'où un certain déphasage
par rapport aux autres élèves, ce qui entraîne caprices, colères, sentiment
d'exclusion, repliement sur soi.
3 - Le médicament "CALCAREA
CARBONICA":
La
première pathogénésie a été réalisée par HAHNEMANN avec un carbonate de
calcium impur mais "vivant", celui de la couche moyenne de l'écaille
d'huître (d'où l'autre nom de CALCAREA OSTREICA).
Plusieurs circonstances peuvent être à l'origine de l'indication de CALCAREA
CARBONICA: les carences d'apport, c'est-à-dire des erreurs diététiques
volontaires (régimes aberrants) ou involontaires (sous-alimentation) et les
défauts d'absorption intestinale, souvent par troubles digestifs (dyspepsie
flatulente). Les défauts d'assimilation entraînent de nombreux troubles:
retard de l'ossification, dysminéralisations dentaires, lenteur et
engorgement lympho-ganglionnaire (donnant le "type lymphatique fréquemment
évoqué dans les ouvrages d'homéopathie).
Le
calcium non assimilé et en excès peut provoquer des troubles toxiques:
hypertrophie et indurations des ganglions et des glandes (tendance à
l'hypothyroïdie), ralentissement métabolique, dépression nerveuse avec
irritabilité et insomnie, augmentation de la coagulation sanguine, d'où en
clinique la tendance à l'obésité, la frilosité par diminution des
oxydations, l'anémie, les dilatations veineuses (varices), le ralentissement
respiratoire avec acidose réactionnelle (sueurs acides, acidité digestive
qui entraîne un désir d'aliments indigestes pour "tamponner" - désir de
craie - fermentations intestinales...), les troubles osseux (dont les
exostoses, les épaississements, les calcifications...)....
CALCAREA CARBONICA
chez son dentiste:
Comme
cela a été dit à propos de CALCAREA PHOSPHORICA et les troubles de sa
dentition, le dentiste est rarement consulté en cette occasion. Pourtant, la
dentition du petit CALCAREA CARBONICA est sujette à des troubles fréquents.
Elle est souvent retardée, comme la fermeture des fontanelles, la marche, la
parole, l'apprentissage de la propreté. De nombreux médicaments
homéopathiques permettent le traitement des différents troubles: BELLADONA
(température, abattement, face rouge avec sueurs chaudes, diarrhée...),
CHAMOMILLA (nervosité, caprices, besoin d'être bercé ou pris dans les bras,
une joue rouge et chaude, l'autre pâle et froide, diarrhée avec selles
vertes...), CINA (verminose intestinale avec nervosité), PODOPHYLLUM
(diarrhée profuse, indolore, aqueuse, fétide, en jets éclaboussants...).
Si les conditions de vie sont favorables, l'enfant CALCAREA CARBONICA ne
fréquente pas le cabinet dentaire: pas de carie, dents solides bien
implantées. La minéralisation des dents est beaucoup moins menacée que celle
des deux autres CALCAREA. D'abord parce que le carbonate de calcium est
présent en moindres quantités dans les tissus dentaires, ensuite parce que
l'enfant CALCAREA CARBONICA ne réagit qu'exceptionnellement sur le mode
tuberculinique, il a donc moins besoin de minéraux pour les autres tâches
métaboliques.
Mais des conditions de vie défavorables peuvent retentir sur la
minéralisation des dents: carences et rachitisme, toxicité du calcium en
excès. Si cet enfant a une tendance à l'embonpoint et à l'obésité, il peut
maigrir dans certaines circonstances et alors la minéralisation des dents
est menacée, avec une tendance aux caries des collets coronaires,
inexpliquée pour l'instant mais sans doute en raison de perturbations des
immunoglobulines salivaires.
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Dès le plus jeune âge, l'association de dilutions différentes permet une
action prophylactique, puis curative le cas échéant: CALCAREA CARBONICA 3X
ou 6X trituration (deux mesures à sec sur la langue avant chaque repas) et
CALCAREA CARBONICA 7, 9 ou 15 CH, trois granules une à deux fois par
semaine, le tout par périodes.
AUTRES MEDICAMENTS DE CARIE DENTAIRE
La liste du
Répertoire de Kent est assez longue. Aussi devons-nous nous limiter aux
médicaments les plus fréquemment rencontrés en pratique quotidienne.
SILICEA:
La silice
est l'un des constituants de la matière vivante qui donne, aux tissus dans
lesquels elle est présente leur dureté et leur résistance. C'est le cas de
l'émail et surtout de la dentine, riche en silicate de calcium, sans oublier
l'os alvéolaire. Un autre trait caractéristique de cette substance = son
action très lente, chronique, que l'on retrouve aussi bien du côté
expérimental, clinique que thérapeutique. Côté expérimental parce que les
pathogénésies n'ont pu être réalisées que chez des sujets déjà sensibilisés
(travailleurs de la silice, malades atteintes de silicose). Côté clinique
par la lenteur et la chronicité des troubles comme l'amaigrissement ou
notamment la suppuration. Un patient qui fait un abcès aigu ou qui maigrit
rapidement ne peut recevoir SILICEA car il n'est pas indiqué. Enfin, côté
thérapeutique, SILICEA doit être prescrit longtemps, parfois très longtemps.
On ne peut espérer, sauf quelques rares exceptions, un résultat immédiat. Et
là se pose un autre problème = celui du choix judicieux de ce médicament.
Car on peut attendre longtemps un résultat que l'on sait lent, mais qui ne
viendra pas si le médicament n'est pas indiqué et laisser pendant ce temps
les troubles perdurer.
Pour
synthétiser en quelques propositions l'action de SILICEA, il fait retenir
les mots suivants = troubles de l'assimilation avec amaigrissement
progressif et rachitisme, tendance à la chronicité des troubles dont les
suppurations, les inflammations lympho-ganglionnaires, la frilosité
importante avec grande sensibilité au froid qui est à la fois une
circonstance étiologique et une modalité d'aggravation. Sur cet ensemble, on
note une grande sensibilité nerveuse avec une faiblesse irritable et un
manque de réaction aux agressions mentales ou physiques.
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Pour ce qui concerne la carie dentaire, on peut décrire deux aspects
du problème = celui du rachitisme chez le jeune enfant avec les
séquelles irréversibles qui explique les troubles de la croissance (enfant
chétif, maigre, aux membres grêles, hypertrophie des bosses frontales,
grands yeux vifs et brillants, retards du développement staturo-pondéral,
adénopathies multiples, épiphysites de croissance, déformations osseuses,
etc… et les caries précoces peu après l'éruption surtout par défaut de
l'émail - Calcarea
fluorica, Fluoric acid., Hepar sulfur, Kreosotum, Staphysagria…
Photo ci-contre du Dr Jouanny
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Puis le second aspect = la carie apparaissant chez un adolescent ou chez un
adulte jeune = denture jusque-là pratiquement saine, puis sensibilité au
froid d'une ou de plusieurs dents, apparition d'une opalescence blanchâtre
dans l'épaisseur de l'émail (près du collet), opacification progressive puis
tache crayeuse, l'émail perd son aspect lisse et brillant, devient rugueux
et mat, enfin perte de substance et exposition de la dentine.
Chez le
nourrisson, la prévention au sens large, c'est-à-dire non limitée au seul
problème potentiel dentaire (ce qui implique la collaboration du médecin ou
du pédiatre) impose d'évaluer plusieurs facteurs de risques:
¨
La
tuberculose des parents
¨
La
syphilis des parents
¨
L'alcoolisme des parents
¨
L'âge
avancé des parents
Puis, on
veillera particulièrement sur les circonstances étiologiques:
¨
Carences
minérales ou troubles de l'assimilation des minéraux
¨
Mauvais
effets des vaccinations, en particulier le BCG trop précoce et répété parce
que ne prenant pas.
¨
Surmenage
intellectuel chez l'écolier ou chez l'étudiant (carie de forme acquise)
Chez des sujets
répondant à ces critères, un clinicien averti doit surveiller les facteurs
suivants:
¨
Accentuation de la frilosité = enfant qui est frileux depuis toujours mais
celle-ci s'est accentuée, le sujet n'arrive plus à se réchauffer, même en se
couvrant plus que d'habitude
à Silicea comme à se réchauffer dans une pièce alors que
son entourage transpire à grosses gouttes depuis belle lurette ! Et souvent
malgré sa frilosité il transpire localement, notamment des pieds (sueurs
très fétides dont la suppression peut entraîner des douleurs, dont
dentaires).
¨
Apparition de douleurs dentaires par le froid et notamment par le temps
froid et humide
à
penser à la carie décrite plus haut.
¨
Fatigue,
épuisement, amaigrissement, pâleur, adénopathies, céphalées, etc…
Il y
aurait encore beaucoup de choses à dire sur ce médicament. Rappelons
seulement sa posologie = basses dilutions en cas de suppuration ou de corps
étranger inclus, en pensant au risque de fusée purulente, élever la dilution
progressivement au fur et à mesure de l'amélioration. Comme médicament de
fond, souvent associé à un autre médicament (l'un des Calcarea par exemple)
= moyennes ou hautes dilutions en prises répétées une à deux fois par
semaine pendant une longue période.

NATRUM MURIATICUM:
Ce qui explique la
pathogénésie étendue de ce médicament en somme commun, le sel marin, c'est
que le chlorure de sodium joue un rôle fondamental dans les échanges
intercellulaires par le biais de la pression osmotique. L'expérience montre
que lorsqu'il existe une perturbation de son métabolisme, c'est dans le sens
de la déshydratation qu'il se manifeste, ce qui est le contraire du sulfate
de sodium qui donne une rétention et une imbibition hydrique des espaces
péricellulaires.
L'expérience clinique montre que les
sujets "bons répondeurs" de NATRUM MURIATICUM sont des jeunes longilignes et
qu'ils ont une tendance aux caries d'évolution rapide, touchant électivement
la dentine, donc caries globales commençant le plus souvent par les faces
proximales. Ce que l'on constate souvent au niveau des incisives supérieures
ou inférieures. De plus, NATRUM MURIATICUM du fait de son rôle métabolique
sur la pression osmotique intervient dans les échanges de minéraux entre les
cellules, ce qui explique sa place éminente parmi les médicaments du mode
tuberculinique.
Si l'on a la possibilité de suivre un
enfant sur une période assez longue, plusieurs signes clinique doivent
alerter le praticien, car ils annoncent l'indication de NATRUM MURIATICUM,
qu'il faut donner le plus tôt possible afin d'éviter les conséquences
inscrites dans sa matière médicale, dont les caries dentaires:
¨
C'est un enfant
qui a tendance à maigrir au moindre problème (de haut en bas), alors qu'il
est déjà maigre habituellement.
¨
C'est un enfant
épuisé, le plus souvent par un surmenage intellectuel, il devient pâle
(tendance anémique), a besoin de repos.
¨
C'est un enfant
assoiffé et qui mange plus de sel que d'habitude = c'est le signe d'une
déshydratation qui s'amorce, la soif et le besoin de sel étant ici des
moyens de lutte de l'organisme. Un signe objectif caractéristique = les
lèvres sèches et gercées avec la fissure médiane.
Quelles
sont les circonstances étiologiques qui expliquent l'indication de NATRUM
MURIATICUM ?
Il y en a quelques-unes que l'on peut
parfois éviter:
¨
Les carences
alimentaires en minéraux
¨
Les excès
d'aliments salés ou acides (jus de fruits industriels par exemple =
l'acidité du tube digestif interdit l'absorption des minéraux).
D'autres sont parfois difficiles à
maîtriser:
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Le surmenage
intellectuel = l'enfant et ses parents n'ont pas toujours la maîtrise du
rythme scolaire. Il faut donc aménager des temps de repos.
¨
Les
convalescences prolongées et épuisantes, surtout s'il y a eu des pertes de
liquides organiques (selles abondantes, sueurs profuses, hémorragies... =
CHINA).
¨
Les chagrins
répétés = ces sujets sont hypersensibles sur le plan psychique et
intériorisent à l'excès leurs déceptions, se réfugient dans l'isolement et
le replis sur soi.
Les signes cliniques de la déshydratation:
¨
La polyurie =
besoins fréquents, urines abondantes,
¨
La sécheresse des
muqueuses (BRYONIA = complémentaire fréquent) = sécheresse buccale, lèvres
craquelées et fendillées, sécheresse des muqueuses respiratoires (avec
rhumes, coryzas, asthme…), des muqueuses intestinales (constipation
opiniâtre avec scyballes = BRYONIA encore).
¨
La soif
inhabituelle et le désir de sel.
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La langue "en
carte de géographie", le plus souvent asymptomatique.
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La peau sèche,
fréquence de l'herpès labial….
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Les signes cliniques de la
déminéralisation:
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La céphalée des
écoliers = battante, aggravée dans une pièce chaude et suivant la courbe
solaire.
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La maladresse par
faiblesse nerveuse et déminéralisation musculaire.
¨
Diverses douleurs
dont le point de côté au moindre effort..
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Les troubles
oculaires de l'accommodation.
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Les troubles du
sommeil = cauchemars (voleurs), somnambulisme (SILICEA).
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Certains troubles
osseux = l'enfant se tient mal, a besoin de s'adosser, etc..;
¨
Et surtout
l'amaigrissement au cours du moindre problème.
Une fois encore, il est
utile de rappeler la collaboration du médecin et du chirurgien-dentiste. Ce
dernier assurera les soins préventifs habituels = visites régulières,
scellements des puits et sillons, etc… Et surtout, il faut prescrire NATRUM
MURIATICUM le plus souvent en 7 CH deux à trois fois par jour en l'attente
de la visite du médecin.
oOo
Voici un médicament indiqués
dans les caries importantes apparaissant peu après l'éruption des dents, qui
peuvent être des médicaments de mélanodontie.
STAPHYSAGRIA:
Ce médicament est toujours
cité en première place dès lors que l'on parle de frustrations, de chagrins
ou d'indignations intériorisés. HAHNEMANN a réalisé la pathogénésie en 1819
avec dix collaborateurs. D. DEMARQUE qui donne cette précision, affirme
"qu'HAHNEMANN ne parle pas de la relation entre ces nombreuses
manifestations morbides et une étiologie (sic) d'ordre exclusivement
psychique. Il n'insiste pas sur les symptômes d'ordre sexuel. Son élève
JAHR, en 1834, dans un livre recommandé par Hahnemann dans la sixième
édition de l'Organon, indique à la fin de son étude sur les signes
essentiels de Staphysagria: "suite fâcheuse de l'onanisme", "mauvaise suite
de chagrin, de souci, de chagrin avec indignation". Il ne dit pas que cette
correspondance étiologique soit une condition de l'efficacité du
médicament".
Personnellement, nous sommes
toujours étonnés de ces remarques critiques de D. DEMARQUE qu'il dispense à
propos de nombreux médicaments. Il affirme qu'HAHNEMANN ne parle pas du
contexte psychogène. L'explication est pourtant évidente = lorsque l'on fait
une pathogénésie, elle ne peut révéler que des signes ou symptômes engendrés
par la prise de la substance, dépendant essentiellement de la toxicité du
produit. Tout le reste et notamment les circonstances étiologiques découle
de la pratique quotidienne, et si tous les praticiens insistent sur le
contexte psychogène, c'est parce qu'ils l'ont constaté en clinique.
Observations maintes fois constatées par plusieurs générations de
praticiens. C'est la troisième source de la matière médicale. Si pour faire
plaisir à D. DEMARQUE on se limitait aux seuls symptômes observés par
HAHNEMANN ou par d'autres au moment des pathogénésies, il serait impossible
de proposer un cours sur la carie dentaire car elle a été "ajoutée" bien
longtemps après les pathogénésies parce qu'elle a été observée par les
praticiens après des mois ou des années de pratique de ce médicament et des
autres.
Pour revenir à STAPHYSAGRIA
et son indication dans la carie dentaire, il faut préciser que ce médicament
correspond à deux types de caries:
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La carie globale,
importante, délabrante, type mélanodontie, qui détruit les dents peu après
leur éruption et que l'on voit évidemment chez l'enfant.
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La carie plus
limitée, mais d'évolution très lente, laissant le temps à la pulpe
d'élaborer une dentine réactionnelle noirâtre et très dure, carie que l'on
observe chez des patients ayant un contexte psychogène de frustration, le
plus souvent chez des adultes, mais parfois chez des enfants.
La
carie globale et délabrante:
On la
voit chez un enfant que l'on appelait autrefois "scrofuleux", c'est-à-dire
un enfant déminéralisé au sens homéopathique, maigre, malingre, irritable,
toujours de mauvaise humeur, capricieux et insatisfait, atteint d'adénites
indurées, d'hypertrophie des amygdales, d'éruptions cutanées torpides,
récidivantes, croûteuses, suintantes, prurigineuses, ayant souvent une
verminose intestinale. Cet enfant sera porté précocement à l'onanisme et
dans ce cas, il a des cernes autour des yeux et des douleurs abdominales.
STAPHYSAGRIA est l'un des
médicaments de troubles résultant de la mise en œuvre simultanée de deux
modes réactionnels = le mode tuberculinique et le mode luétique. Aussi ne
faut-il pas s'étonner lorsque l'on a pris l'observation et que l'on cherche
le remède correspondant, on puisse hésiter entre d'une part NATRUM
MURIATICUM et/ou SILICEA et d'autre part MERCURIUS SOLUBILIS, PHYTOLACCA ou
LUESINUM. Notons en passant que dans des cas aussi embrouillés, l'ordinateur
rend de grands services.
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Il est
évident qu'à ce stade de destruction des tissus dentaires, il n'est plus
question de "prévention" ! Le but de celle-ci est justement d'empêcher
d'arriver à cette extrémité. |
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