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NOS CHERS BAMBINS
AU CABINET DENTAIRE
Regard d'un
chirurgien-dentiste homéopathe
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Tout praticien, et ceci est
sans doute encore plus évident pour le chirurgien-dentiste, se trouve
confronté â chaque instant au problème de la relation patient praticien,
surtout lors de la première consultation. La consultation du "dentiste"
véhicule tout un ensemble de peurs plus ou moins manifestes, plus ou moins
conscientes, remontant à la nuit des temps. Cependant, il faut constater
tout de même que l'enfant de notre époque commence à échapper à la fatalité
de l'anxiété inscrite peut-être sur quelque gène. Et pour répondre à
l'éventuelle crainte, plusieurs médicaments homéopathiques offrent autant de
possibilités thérapeutiques. Mais ceci n'est pas l'objet de la présente
étude.
Quel est
donc l'objet de la
présente étude ?
Un chirurgien-dentiste "homéopathe"
ne peut s'empêcher lorsqu'il aperçoit uni nouveau patient, de
chercher dans sa mémoire la relation éventuelle entre ce qu'il voit et le
type sensible d'un médicament homéopathique, puis plus ou moins
consciemment d'en supputer les risques potentiels pour la dent
plus spécifiquement, même s'il lui vient aussitôt â l'esprit les mises en
garde maintes fois réitérées qu'on ne prescrit pas sur un type
sensible, que ce dernier n'est pas de nature pathogénétique,
qu'il n'est ni suffisant ni nécessaire, etc... Mais comment y échapper ?
Cette "manie"
typiquement homéopathique, plutôt que la déplorer, pourquoi ne pas la mettre
au service du patient? Par exemple, la reconnaissance du type sensible de
NATRUM MURIATICUM, enfant timide, réservé, peu disert, maigre, avec ses
lèvres sèches et fendillées, doit inciter le praticien â rechercher les
signes présents qui confirment cette première impression, car le dentiste,
comme le médecin, connaissent toutes les menaces potentielles qui pèsent sur
la minéralisation dentaire, en fonction de l'âge de l'enfant.
En élargissant cette première approche, il
semble non seulement intéressant, mais très utile, de se renseigner sur le
comportement de l'enfant dans sa famille ou â l'école. Car les troubles du
comportement témoignent de l'indication de médicaments
homéopathiques plus ou moins importants, dont la plupart possèdent dans leur
Matière Médicale, des signes bucco-dentaires qu'il est parfois possible de
prévenir. C'est cela l'objet de cette présente étude.
Dans un excellent article publié dans Les Annales homéopathiques
françaises (1977 - n°3), le Docteur Robert Bourgarit
traite du sujet qui nous intéresse ici: "Les signes objectifs chez l'enfant
valables pour une prescription homéopathique". En voici quelques extraits:
Au cabinet médical, on peut observer:
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Ceux qui cherchent à s'échapper:
généralement en pleurant ou en criant: HYOSCYAMUS, BELLADONA, puis
ARSENICUM ALBUM, CUPRUM METALLICUM, NUX VOMICA, STRAMONIUM, VERATRUM
ALBUM... |
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Ceux qui se roulent sur le sol:
OPIUM, CALCAREA CARBONICA sont indiqués dans le Kent, mais R.
BOURGARIT pense que la liste est bien plus longue. |
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Ceux qui sont anormalement calmes:
PHOSPHORIC ACID., ARNICA, BORAX, NATRUM MURIATICUM, PULSATILLA,
SILICEA. La timidité de SILICEA ou de PULSATILLA, ou encore de NATRUM
MURIATICUM est bien connue, mais il faut ajouter: BARYTA CARBONICA,
GELSEMIUM, NATRUM CARBONICUM, LYCOPODIUM,, KALI CARBONICUM. |
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Ceux qui sont trop "affectueux",
qui sautent au cou du praticien dans des élans d'amour immotivé. R.
BOURGARIT ajoute que ces enfants cherchent â vaincre leur anxiété par
cette attitude: ANTIMONIUM CRUDUM, IGNATIA, PULSATILLA, NATRUM
MURIATICUM. |
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Les bavards: qui interviennent
dans la consultation, interrompent sans cesse les parents:
HYOSCYAMUS, LACHESIS, STRAMONIUM. S'ils contredisent les parents avec
agressivité: HEPAR SULFUR - sans agressivité: AURUM METALLICUM,
CAUSTICUM, IGNATIA, LACHESIS, LYCOPODIUM. . . |
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Il y a dans cet article bien d'autres
chapitres et précisions. Mais déjà, dans la liste ci-dessus, plusieurs
médicaments évoquent des enfants susceptibles de présenter des problèmes
bucco-dentaires, soit que l'on pourra hélas déjà déplorer à l'examen endo-buccal,
soit qui ne sont encore que potentiels et qu'il faudra prévenir, si
possible.
L'aspect morphologique donne également
quelques éléments d'appréciation. Un autre pédiatre, Jacques LAMOTHE
a publié un article, également très intéressant et très documenté sur le
plan répertorial, sur "l'obésité de l'enfant", qui ne peut être reproduit
ici in extenso, mais que l'on peut lire dans HOMEOPATHIE 1988/4. En voici
quelques extraits en donnant d'abord les remèdes dont les signes
morphologiques apparaissent d'emblée au premier regard du praticien:
Lorsque que l'on connaît mieux l'enfant,
les signes suivants évoquent:
Obèses "frileux": CALCAREA CARBONICA,
CAPSICUM, FERRUM METALLICUM, GRAPHITES, SEPIA, NUX VOMICA, BARYTA CARBONICA.
Obèses "réchauffés": SULFUR, LACHESIS,
ANTIM0NIUM CRUDUM, PULSATILLA, APIS, LYCOPODIUM, OPIUM.
Obèses "manquant de réaction":
CAPSICUM, CALCAREA SULFURICA, MEDORRHINUM, CARBO VEGETABILIS.
Obèses "lents": CALCAREA CARBONICA,
GRAPHITES, NUX MOSCHATA, OPIUM, PULSATILLA, SEPIA, THUYA.
Obèses "timides": BARYTA CARBONICA,
CALCAREA CARBONICA, GRAPHITES, LYCOPODIUM, OPIUM, PULSATILLA, SULFUR.
Obèses "couards": BARYTA
CARBONICA, CALCAREA CARBONICA, GRAPHITES, LYCOPODIUM, OPIUM, PULSATILLA,
SEPIA, SULFUR, THUYA.
Obésité à prédominance abdominale:
CALCAREA CARBONICA, THUYA. De grande taille:
LYCOPODIUM, de petite taille: BARYTA CARBONICA, CALCAREA CARBONICA,
MEDORRHINUM, SULFUR, THUYA.
Bien entendu, il ne s'agit là
que de quelques extraits tirés de cet article. Les indications proviennent
des Répertoires de KENT et de BARTHEL, mais comme toujours, on peut être
surpris de quelques citations: SEPIA est rarement obèse, surtout chez l'enfant
qui est presque toujours avec ce remède un tuberculinique déminéralisé. De
plus, ceux qui liront cet article seront sans doute surpris que cet auteur,
moderne" à l'évidence, continue de parler des "remèdes
selon les miasmes", le miasme est tout de même non seulement un terme
obsolète, mais représente une conception largement dépassée. Il n'en reste
pas moins vrai que le simple "coup d'œil" jeté sur un
enfant que l'on découvre, laisse deviner de nombreuses perspectives sur le
plan bucco-dentaire.
En restant toujours sur le seul aspect
morphologique:
--> Les petites tailles évoquent NATRUM
MURIATICUM, LYCOPODIUM, GRAPHITES, PSORINUM, THUYA, BARYTA CARBONICA,
CALCAREA CARBONICA, mais il faut encore distinguer les "petits gros"
(CALCAREA CARBONICA, GRAPHITES, THUYA, PULSATILLA (type plutôt rare), SULFUR
- puis des "gros" qui ont pu maigrir: CALCAREA CARB. encore,
MAGNESIA CARBONICA, etc... des "petits maigres": NATRUM MURIATICUM,
LYCOPODIUM, PSORINUM, SILICEA, THUYA (type maigre) ou aussi BARYTA
CARBONICA.
--> Les grandes tailles: CALCAREA
PHOSPHORICA, PHOSPHORUS et parfois CALCAREA FLUORICA (taille variable).
On peut également, à travers quelques
signes non seulement typologiques, mais plus franchement pathologiques,
avoir une première impression sur le mode réactionnel dominant, impression
qu'il faudra bien entendu confirmer par l'interrogatoire. Comme l'écrit
le Docteur Micheline DELTOMBE, pédiatre, dans son article: "Introduction
à l'homéopathie infantile" (L'Homéopathie Française - 1984/6):
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L'alternance de crises d'asthme,
de céphalées, de colopathies et de parasitoses évoquent le mode
psorique. |
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Des écoulements ou des infections
traînantes répétées, notamment rhino-pharyngées, associés à une
hypersensibilité au froid humide, chez un enfant ayant par ailleurs
des verrues, souvent secondaires à des vaccinations, évoquent le
mode sycotique. |
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Les mêmes écoulements et les mêmes
infections respiratoires chez un enfant maigre, souvent affamé ou
assoiffé, présentant des poussées fébriles sine materia, des périodes
de fatigue avec pâleur, yeux cernés, des lèvres sèches et fendillées,
évoquent le mode tuberculinique. |
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Les mêmes écoulements et infections
respiratoires, mais chez un enfant à la croissance disharmonieuse, au
comportement paradoxal et agité, présentant de nombreux troubles ostéo-articulaires
et lympho-ganglionnaires (dont des amygdales hypertrophiées et des
angines à répétition), font penser au mode luétique. |
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AINSI
en quelques instants, après seulement la
vision de la morphologie de l'enfant, la constatation de son
comportement et les réponses aux premières questions, le praticien se trouve
largement informé sur son nouveau patient et peut déjà imaginer les menaces
éventuelles qui pèsent sur la dent. Toutes ces impressions ou informations
seront ensuite confirmées en approfondissant l'interrogatoire et l'anamnèse.
II est notamment intéressant de s'intéresser au comportement de l'enfant au
sein de sa famille et à l'école. |
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L'
ENFANT DANS SA FAMILLE
Il est bien classique de constater l'influence de la famille sur le
comportement et sur le développement physique et psychique de l'enfant. Les
troubles du comportement sont bien différents selon le niveau social de la
famille, selon l'entente ou la mésentente qui y règne. De même,
la réaction de l'enfant a son environnement familial est
différente selon qu'il
s'agit de l'aîné, du cadet ou du
petit dernier, ou d'un enfant unique, ou encore lorsque les deux parents
travaillent à l'extérieur, ou encore lorsque surviennent des incidents ou
des malheurs: disputes, divorce, décès, déménagements, etc... L'enfant peut
s'adapter parfaitement à son entourage, y évoluer à l'aise,
notamment lors de modifications mineures ou graves.
Il peut aussi, hélas, ne pas s'adapter
et il manifeste alors son malaise par différents troubles et selon son âge:
modifications mineures de son comportement et de son humeur, mais aussi
régression orale comme par exemple un retour aux goûts alimentaires de la
première enfance (désir de bouillies, de "petits pots"...),
troubles du sommeil, perte de l'appétit, pleurnicheries,
caprices, etc.. .On retrouve alors et souvent l'indication de:
CALCAREA CARBONICA, CALCAREA PHOSPHORICA, PULSATILLA, CAUSTICUM.
Ou encore, l'enfant manifeste son
inadaptation par des troubles du comportement plus pathologiques: encoprésie
(défécation incontrôlée), désordre, saleté (du corps, des vêtements, des
livres ou cahiers, de la chambre, etc...). Jacqueline BARBANCEY
(1920-1995) nomme ces enfants "crypto-agressifs"
parfois culpabilisés, parfois
photo-obsessionnels, affirme qu'il s'agit surtout de garçons entre 7 et 12
ans et cite les remèdes les plus fréquents: MERCURIUS, LYCOPODIUM, ARGENTUM
NITRICUM, parfois ARSENICUM ALBUM (qui n'est soigneux que pour ce
qui l'intéresse).
D'autres enfants manifestent leur
inadaptation par un comportement agressif, violent: colères, bris d'objets,
brutalités, jalousies, menaces, insultes, grossièreté, refus d'obéissance,
vols, déprédations... J. BARBANCEY les classe en deux grands groupes: les
impulsifs hyperréactifs dits
"primaires": NUX VOMICA, HYOSCYAMUS, LACHESIS, HEPAR SULFUR,
parfois AURUM - les vulnérables indignés
pouvant "passer à l'acte" sous
l'effet d'une colère, d'une indignation ou d'une injustice: LYCOPODIUM et
STAPHYSAGRIA.
Enfin, certains enfants traduisent leur
trouble profond par une attitude négative, comme le refuge dans l'isolement
de SEPIA avec son mutisme bien connu, ou le refus de toute participation â
la vie familiale comme LYCOPODIUM, AURUM, NATRUM MURIATICUM.
L’ENFANT A L'ECOLE |
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Le milieu scolaire peut être source
d'épanouissement ou de conflits pour l'enfant: confrontation aux autres (il
les accepte ou les rejette, il est accepté ou rejeté), relations avec les
camarades (envies, jalousies, moqueries), relations avec les enseignants
(valorisation, rejet, humiliation, découragement, encouragement...),
influence ou retentissement des résultats scolaires (sentiment de normalité,
de supériorité ou d'infériorité). Plusieurs médicaments répondent
aux troubles d'adaptation:
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PULSATILLA, SILICEA et CALCAREA
PHOSPHORICA ou même CAPSICUM peuvent éprouver un sentiment d'abandon
de la part de leur famille. C'est surtout le cas de
l'entrée à la maternelle, c'est-à-dire du "premier abandon" ou
sentiment d'abandon. |
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LYCOPODIUM et AURUM ont du mal â s'adapter
au milieu scolaire par réaction d'indépendance. LYCOPODIUM
peut être un véritable "ours social", aussi bien
dans l'enfance qu'à l'âge adulte (mais cet
"ours" cache souvent un être sensible, qui camoufle sa sensibilité
ressentie comme une faiblesse par un comportement qui le rend
antipathique). |
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MERCURIUS, ARSENICUM ALBUM ou
PHOSPHORUS réagissent douloureusement aux moqueries des autres
enfants, surtout lorsqu'ils arrivent dans une nouvelle école, après un
déménagement. C'est aussi une indication majeure de
CAPSICUM, qui convient bien aux enfants immigrés, mais également
transplantés d'une région à une autre, ou d'un
quartier d'une ville auquel ils sont habitués à un autre inconnu,
nostalgiques conscients ou pas. |
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AURUM, STAPHYSAGRIA, PLATINA,
LYCOPODIUM ou SEPIA, entre autres, supportent mal des erreurs de
relations avec l'enseignant, comme les maladresses qui
créent une réaction de susceptibilité. |
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1/ "Les refus scolaires sont des discours révolutionnaires adressés
aux parents". Ce "on-dit"
rappelé par J. BARBANCEY traduit une situation d'échecs scolaires,
ici volontaires, associés à un comportement de refus, obérant l'avenir
scolaire puis professionnel de l'enfant. Ce cri d'angoisse, cet
appel de la part d'un enfant en difficulté permettent parfois,
souvent, une prise de conscience des parents: leur enfant "existe", il est
"en difficulté", il ne répond pas à l'image
qu'ils s'en faisaient! Les médicaments souvent
impliqués sont: LYCOPODIUM, AURUM, PLATINA associant précocité
intellectuelle et affectivité hypersensible ou encore MERCURIUS, FLUORIC
ACID. et HEPAR SULFUR dont la personnalité est déjà plus engagée dans la
pathologie, avec refus de se plier volontairement à toute règle ou loi et
qui sont déjà des remèdes de pré- ou de délinquance.
Micheline DELTOMBE donne des
exemples sur le problème du refus scolaire dans un article fort
intéressant publié dans la revue "Le médecin homéopathe" (1989/1). En
voici quelques extraits:
2/ Le refus "pur et simple"
devant les contraintes comme la discipline ou les contrôles du niveau
(ex-compositions).
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AURUM explose d'abord puis se
culpabilise et déprime. |
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LYCOPODIUM ergote, pinaille puis
risque de somatiser (eczéma, troubles digestifs). |
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NATRUM MURIATICUM se replie et rumine
dans son monde fermé dès qu'il croit découvrir une injustice. |
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PLATINA surcompense par son attitude
hautaine. |
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SEPIA commence par somatiser
(céphalées, troubles digestifs) puis déprime: il devient triste,
indifférent. |
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STAPHYSAGRIA commence par se vexer en
intériorisant ce qu'il croit être une injustice et il devient violent
si l'on tente de forcer sa volonté ou si on le punit
(encore une injustice). |
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3/
Le refus scolaire avec opposition masquée concerne surtout des
"personnalités fragiles, obsessionnelles et culpabilisées" comme:
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ARSENICUM ALBUM rejette le milieu
"étouffant" de l'école en étouffant dans ses crises d'asthme. |
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MEDORRHINUM "traîne les
pieds", tente "d'échapper à la règle"
par un comportement dispersé et instable. |
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MERCURIUS se réfugie dans le
désordre, la saleté, les jurons, l'encoprésie. |
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ARGENTUM NITRICUM a peur de tout et
de l'école en particulier: de l'enseignant, des autres élèves, de ne
pas y arriver. Le "ras le bol" n'est pas loin. |
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STAPHYSAGRIA encaisse d'abord en
silence et sans le montrer, puis exprime ses problèmes â sa manière:
eczéma, troubles du sommeil, incontinence, masturbation... |
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4/
Mais d'autres enfants expriment leur refus
scolaire par une réaction violente:
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HEPAR SULFUR, HYOSCYAMUS, LACHESIS,
AURUM sont vite coléreux, grossiers, jaloux, instables. |
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NUX VOMICA, LYCOPODIUM et MERCURIUS
expriment leur colère par des troubles digestifs. |
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ANACARDIUM hésite sur ses réactions:
ange ou démon, soumis ou agressif, mais toujours mieux en mangeant. |
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La typologie homéopathique permet quelquefois une évaluation
du comportement de l'enfant sur le point d'être scolarisé. Par exemple, on
ne se fera aucun souci pour les enfants normolignes, comme on ne s'en fait
pas pour leur santé. Mais, les enfants brévilignes sont déjà plus délicats:
ils sont en général lents dans toutes leurs activités, physiques ou
intellectuelles, ils peuvent donc se retrouver plus ou moins déphasés par
rapport à leurs copains. C'est là un vrai problème pour eux et pour leur
épanouissement. Mais, qualité pour la vie en groupe, ils acceptent l'autorité
du maître et se plient à la discipline de la classe. Attention au froid
humide à l'origine de troubles O.R.L. cause fréquente d'abstention scolaire.
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Les enfants longilignes sont plus que
d'autres sensibles sur le plan
affectif. Ils ont besoin de sympathie, de
confiance, voire d'affection de la part de
l'enseignant et des autres
élèves. Et de plus, ils sont vite fatigués et n'arrivent pas toujours â
garder le rythme de la classe. Et ils sont aussi
très frileux et sensibles
au froid. |
Enfin, les enfants dystrophiques, s'ils
apportent souvent un peu de fantaisie, adorent la pagaille, le désordre, le
chahut. Souvent déroutants dans leurs réactions, ils ont besoin d'autorité,
mais à condition qu'elle soit manifestée avec doigté.
Au sein de chaque groupe morphologique, des
personnalités se distinguent:
LYCOPODIUM caracole en tête de sa
classe, il comprend tout avant les autres, le manifeste, mais se rend
souvent antipathique par non maîtrise de sa sensibilité, qui passe souvent
inaperçue (il regrette souvent l'absence de sa mère, mais n'ose pas le
montrer). PLATINA veut dominer ses camarades, sait tout mieux que les
autres, ou du moins en est persuadé(e), le fait savoir avec morgue, de même
qu'il adopte une attitude ostentatoire, notamment dans sa mise
vestimentaire. ARSENICUM ALBUM, souvent asthmatique, exaspère parfois par sa
méticulosité.
Alors que THUYA
fait une phobie des résultats et s'applique parfois à l'excès. Comme KALI
PHOSPHORICUM qui risque de craquer dès que l'effort dure longtemps.
Quant aux cancres, ils se distinguent en GRAPHITES toujours indécis,
peu expressif, qui a parfois des possibilités limitées, mais moins que
celles de BARYTA CARBONICA. Sans oublier les pitres au rendement
scolaire irrégulier et au comportement autant imprévisible qu'agité. Etc...
A PROPOS DE QUELQUES TROUBLES
DU COMPORTEMENT DE L 'ENFANT
Il ne s'agit pas ici
d'une étude exhaustive qui relève davantage du médecin traitant ou du
psychiatre, mais de troubles décelables par le chirurgien-dentiste ou encore
avoués par les parents, comme l'anorexie mentale ou les phobies
par exemple.
Dans une première partie seront données des
indications répertoriales, puis dans une deuxième partie des portraits
d'enfants seront dessinés à partir du médicament homéopathique
correspondant.
L'ANOREXIE
MENTALE:
Il n'est pas question d'entreprendre ici
une étude détaillée de ce problème, avec ses implications psychiques ou
psychologiques qui peuvent exiger une prise en charge par un psychiatre ou
par un psychologue. On lira à ce sujet le chapitre passionnant dans
"Pratique homéopathique en psycho-pathologie" (Tome 2 - Ed. Similia -
p.235-244) de J. BARBANCEY.
Pour un dentiste "homéopathe",
l'anorexie mentale doit être une préoccupation chez tous les enfants, mais
plus particulièrement chez les tuberculiniques ou certains luétiques à la
phase oxygénoïde, celle qui entraîne une consommation accrue de minéraux,
dont la dent en cours de minéralisation a un besoin crucial et parce que les
troubles à son niveau sont irréversibles.
Voici les indications que l'on
peut retrouver dans le Répertoire de KENT, traduction G. BROUSSALIAN
ou A. HORVILLEUR.
Broussalian: "Psychisme" -> Refuse de
manger (159, p.73):
Ars., Bell., Caust., Cocc., Croc., Grat.,
HYOSCYAMUS, Ign., KALI CHLOR., Kali ph., Opium, PHOSPHORIC ACID.,
Phytolacca, Plat., Puis., Sepia, TARENTULA H., VERAT. ALB., VIOLA ODORATA.
Broussalian: "Estomac" —> Appétit absent,
diminué, anorexie (36, p.494). Liste très longue :
Au degré fort: ARSENICUM ALBUM, ASARUM
EUROP., CALCAREA CARB., CHAMOMILLA, CHELIDONIUM, CHINA, COCCULUS, CYCLAMEN,
FERRUM METAL., KALI BICHROMICUM, LYCOPODIUM, NATRUM MURIATICUM, NUX VOMICA,
PHOSPHORUS, PULSATILLA, RHUS TOX., SEDIA, SILICEA, SULFUR.
Plusieurs autres rubriques existent mais il
serait fastidieux de les reproduire ici in extenso.
LES PHOBIES DE
L 'ENFANT
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J. BARBANCEY
écrit "Toute phobie a un sens, veut dire quelque chose et quelque
chose d'autre que sa signification apparente: c'est une peur de
conversion, correspondant à un
mécanisme de défense". |
Peur
d'une personne "étrangère":
Le dentiste peut en être l'objet,
qu'il assimile à tort â une peur des soins dentaires. Le bébé
sourit â tout le monde. Ensuite, il sait reconnaître ses proches et ne
sourit qu'à eux. Parfois, l'étranger est ressenti comme une
menace, l'enfant alors se réfugie dans une attitude de refus, de crainte, de
recherche de protection auprès de sa mère ou de son père. L'exagération
de cette crainte devient une phobie. Les principaux remèdes sont:
PULSATILLA, SILICEA, CALCAREA CARBONICA, CALCAREA FLUORICA...
Peur de l'obscurité, du noir, de la
nuit:
Selon certains psychiatres,
« Hypnos est frère de Thanatos » (la
mort). Sans nous engager plus avant dans ces problèmes, ne retenons que les
indications de médicaments homéopathiques:
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CALCAREA PHOSPHORICA ou CAUSTICUM
pleurent, demandent de la lumière ou veulent quelque chose (boire par
exemple, ou aller faire "pipi"...). |
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PULSATII.LA demande qu'on lui raconte
sempiternellement la même "histoire", sans en modifier les
termes. |
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CALCAREA PHOSPHORICA ou SILICEA
apprécient la présence sécurisante d'un "nounours",
alors que CAUSTICUM ou PULSATILLA préfèrent la présence encore plus
sécurisante des parents dans... leur lit! |
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Les terreurs nocturnes troublent le
sommeil de SILICEA, de STRAMONIUM CRUDUM (avant minuit) ou de KALI
BROMATUM (après minuit). |
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L'énurésie peut exprimer une forme de
peur de la nuit: KREOSOTUM est difficile à réveiller, il arrose son
lit au cours du premier sommeil, comme CAUSTICUM ou SEPIA. Mais ce
problème aurait des significations multiples, associant peur du noir à
un refus d'autonomie (PULSATILLA), ou à une lenteur évolutive
(CALCAREA CARBONICA ou SILICEA). |
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Et en vrac:
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CALCAREA CARBONICA, TUBERCULINUM, ou
encore BELLADONA, CHINA ou STRAMONIUM ont peur des chiens. PHOSPHORUS
a peur d'être dévoré par un animal effrayant. LUESINUM redoute les
souillures. Déjà!
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ARGENTUM NITRICUM, sans avoir
conscience de ses problèmes avec le temps qui passe trop vite ou de
ses conflits avec l'espace trop restreint, se croit poursuivi. SILICEA
pour des raisons inverses mais tout autant confuses, se sent perdu ou
abandonné alors que son espace, trop grand, est peuplé d'animaux
dangereux, voire d'aiguilles ou d'épingles. |
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On pourrait ainsi multiplier les exemples et citer bien d'autres médicaments.
QUELQUES « TYPES D’ENFANTS »
Dans ce long
chapitre, nous proposons des portraits d'enfants choisis en
fonction de critères qui n'ont rien de méthodique, qui relèvent du privilège
et de la liberté de l'auteur. Autant que possible, nous ne
donnerons pas de portraits de remèdes souvent et abondamment étudiés dans le
passé, comme
les trois CALCAREA, SILICEA, LYCOPODIUM, SULFUR, etc... Le seul critère est
celui d'éveiller l'intérêt sur un médicament chaque fois que ce dernier
offre des indications en pratique bucco-dentaire, en privilégiant les
problèmes de la minéralisation dentaire, mais non exclusivement, car sont
aussi importants les remèdes des troubles du comportement dont le
chirurgien-dentiste peut être la victime. En voici quelques exemples:
L'ENFANT "AGARICUS MUSCARIUS"
Ce médicament est
peu connu du dentiste, pour qui il évoque la névralgie avec sensation
d'aiguilles de glace, key-note bien connu. Pourtant, cet enfant (parfois
arriéré ou idiot au sens médical) est d'un comportement difficile notamment
après une colère (c'est le cas éventuel au cabinet dentaire par
peur des soins ou plus souvent par épuisement et donc faiblesse irritable),
ou après une réprimande, le tout chez un enfant surmené par son travail
scolaire. C'est là l'une des clefs de ce remède: surmenage et
fatigue scolaires, aptitude quasi nulle au travail, esprit lent, retard dans
les études, maladresses, mouvements spasmodiques (tics de la face). Face à
son dentiste, l'enfant est agité, refuse de répondre, bafouille des réponses
mal articulées (tremblements de la langue lors de l'agitation), il a horreur
d'être touché (HEPAR SURIR). Il a quelquefois des aphtes (1'd) ou des
ulcérations de la langue (1' d), des douleurs dentaires (2° d), déchirantes
(2° d), piquantes (2°d). Si l'on répertorise à partir de trois signes: suite
de colère, suite de surmenage
intellectuel,
maladresse, deux médicaments "sortent"
= AGARICUS et NATRUM MURIATICUM.
Si l'on ajoute "Tremblements", AGARICUS "sort" seul.
Observation: D.
GRANDGEORGE (L'Homéopathie exactement - T2, p.12 - JOLLOIS 1990)
"Joachim C..., 8 ans, est un enfant en
cours d'adoption. Jusque-là, il vivait dans divers placements de la DDASS.
La mère adoptive note qu'il est maladroit, nerveux, tremble facilement,
présente des rhino-pharyngites fréquentes, des aphtes et enfin un problème
d'incontinence la nuit. A l'examen, le 24 juillet 1985, je remarque une
érythrose palmaire importante (K980 Agar.). Je lui prescris Agaricus 15
CH, une dose. Revu le 25 septembre 1985, le pipi au lit a disparu, il
est moins maladroit et moins nerveux, a fait une bonne rentrée en CE2. Le
remède n'a été répété que deux â trois fois dans l'hiver
qui suivit, lors de fatigue ou de nervosité. Revu en 1988, la mère a redonné
récemment une dose d'Agaricus 30 CH car il était instable à l'école;
depuis tout va bien".
On peut très bien
imaginer le comportement de cet enfant en cas de soins dentaires. Qui
d'entre nous aurait pensé à
Agaricus muscarius
?
L 'ENFANT "CAPSICUM
ANNUUM"
CAPSICUM ANNUUM est
connu des O.R.L., des pédiatres ou des généralistes pour son action de
prévention d'une mastoïdite lors d'une otite. P. CHAVANON
considère 6 remèdes comme particulièrement dangereux dans cette affection:
SULFUR, SULFUR IODATUM, HEPAR SULFUR, LYCOPODIUM, DROSERA (en hautes
dilutions) et PULSATILLA. Dans son Traité
d'O.R.L.,
il donne plusieurs observations
d'aggravation par ces remèdes. Il préconise: OSCILLOCOCCINUM 200, ARSENICUM
ALBUM, AURUM METALLICUM, BELLADONA, CAPSICUM,
FERRUM
PHOSPHORICUM, PYROGENIUM... M. GUERMONPREZ ajoute: "Actuellement, il est
prescrit pour protéger l'oreille interne, préventivement, dans l'otite
bénigne. Mais on le néglige trop dans les
algies des os de la face,
où il se compare â AURUM, KALI BICHR.,
ASA FOETIDA, PHOSPHORUS". Mais CAPSICUM offre d'autres possibilités, qui en
font un remède d'actualité.
Dans son
"Traité de matière homéopathique" (traduction des Drs
SIMON, tome 2, vers 1876), HAHNEMANN donne une pathogénésie de ce
médicament. Cependant, la Matière Médicale d'HAHNEMANN est difficile à
"exploiter" parce que non synthétique, les symptômes sont donnés
dans l'ordre chronologique de leur apparition chez les sujets "volontaires".
Au chapitre "bouche", on peut lire: Gonflement des gencives - Douleur
tractive dans les gencives - Douleur tractive dans une dent, qui n'est
augmentée ni par l'attouchement de la dent, ni en mangeant - Il semble que
les dents sont plus longues et agacées - Eruption de boutons â la face
interne des joues - Sur le bout de la langue, petits boutons qui causent une
douleur lancinante quand on y touche - Sialorrhée - Sécheresse de la bouche
- Sentiment de sécheresse à la partie antérieure de la langue, sans soif, le
matin (au bout de 8 heures) -
Mucus visqueux dans la bouche
(au bout
de 2 heures).
Heureusement,
l'expérience clinique des praticiens est là, riche d'enseignements
pratiques. Chez l'enfant, KENT précise: "il s'agit d'écolières qui ne
peuvent ni étudier ni travailler, qui ont la
nostalgie
de la maison, qui
veulent retourner à la maison...".
Le mot clef est lâché:
la
nostalgie
(qui
reste ce qu'elle est dans ces cas là), qu'il faut comprendre au sens large:
nostalgie de la maison, du "cocon familial", nostalgie de l'école précédente
qu'on a dû quitter, ou de la région ou du pays: déménagements, émigration,
changement de quartier de résidence, d'école, etc... Cette "nostalgie"
provoque ainsi différents troubles: insomnie du nourrisson
lorsqu'il
quitte son
berceau habituel; rêves anxieux, tristes, de chutes chez l'enfant... Dans un
ensemble psychosomatique lié à la nostalgie, l'enfant devient
déprimé: il
est plongé
dans ses pensées, il est oublieux (il oublie l'objet de la
commission dont il est chargé), aversion pour tout, entêtement,
insoumission, maladresse. L'enfant présente un comportement contradictoire,
avec
peur d'être
critiqué
sans
raison, paresse, susceptibilité, ne souhaite que retourner chez lui
(problèmes majeurs chez des enfants pensionnaires).
Comment se
présentent ces enfants ? Le plus souvent, ils sont gros, gras, obèses et
frileux
(CALCAREA CARBONICA, ANTIMONIUM
CRUDUM, GRAPHITES...). KENT précise: "Nous
trouvons l'indication de CAPSICUM chez des enfants gras, aux
muscles mous, florides, dont les parents sont de grands mangeurs de piments
ou autres condiments stimulants; aussi chez les buveurs de bière...".
Un autre signe général est intéressant
'marque de réaction'
qui
explique que les petits CAPSICUM mettent du temps à se relever d'une
maladie, notamment après les maladies éruptives de l'enfance.
Mais peut-être les psychiatres interprètent-ils ce signe comme le désir plus
ou moins conscient de rester au chaud à la maison .
Connaissant mieux le
psychisme de ces sujets, quels sont les troubles somatiques pour lesquels ce
médicament est indiqué ? D'abord, ils sont frileux et craignent le froid,
les courants d'air, le froid humide: pathologie respiratoire liée au froid
=> angines, pharyngites, bronchites. CAPSICUM n'est généralement pas indiqué
au début, mais plus tard, bien après ACONIT, BELLADONA, BRYONIA ou
PULSATILLA, à un stade où dominent les
frissons:
commençant dans le
dos, entre les épaules, avec soif, frissons chaque fois que le malade a bu,
salivation pendant les frissons. Après le stade "chaleur", les
sueurs apparaissent âcres, fétides, < la nuit, tachant le linge. CAPSICUM
produit des fièvres intermittentes, avec splénomégalie, répugnance pour le
mouvement, < vers 16h, le soir, le froid, après avoir mangé ou bu. L'angine
est une affection de choix: pharynx enflé, rouge sombre, douleur brûlante
comme par du poivre, < en buvant froid, > en buvant chaud, sensation de
constriction, < entre les déglutitions (ténesme). Le patient a soif,
frissonne quand il a bu, a mal de tête après avoir bu (sensation que le
crâne va éclater). Le tout avec menace de complication auriculaire. La
bronchite s'accompagne d'une toux douloureuse,
spasmodique, < par les boissons
chaudes, > par les boissons froides. Lors de la toux, le patient
éprouve des douleurs dans des parties éloignées du corps: tête, oreilles,
cou, vessie. Remède de douleurs des os de la face d'origine névralgique
ou liées â une sinusite.
En dehors des troubles respiratoires,
souvent liés au froid, l'enfant CAPSICUM peut avoir des troubles digestifs,
bien que ceux-ci concernent plus volontiers l'adulte "alcoolique":
glossite, stomatite, gingivite, avec des douleurs brûlantes "comme par du
poivre", gastro-entérite avec des douleurs brûlantes, diarrhée
peu abondante mais selles brûlantes avec ténesme rectal, formées d'un
mucus sanguinolent, suivies de soif (frissons après avoir bu).
L 'ENFANT
« ANTIMONIUM CRUDUM »
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Cet enfant constitue un "classique"
en homéopathie. Chacun de nous connaît sa gloutonnerie, son
comportement hargneux, maussade, acariâtre, boudeur, ne supportant pas qu'on
le touche ou qu'on l'examine ou même qu'on le regarde. On sait
également qu'ANTIMONIUM CRUDUM n'aime pas les bains froids, qui provoquent
de nombreux troubles: aphonie, coryza, céphalée, toux, aménorrhée chez la
jeune fille, et même des troubles digestifs, ce qui est tout de même
étonnant.
|
Car les troubles digestifs découlent souvent d'excès alimentaires,
surtout de certains aliments: viande de porc, pain, pâtisseries, acidités et
en plus si tous ces aliments sont froids. L'embarras gastro-intestinal est
aussi bien connu: sensation de poids à l'estomac, ballonnement, éructations
ayant le goût des aliments, nausées, vomissements, et langue blanche.
Si les troubles digestifs se renouvellent, et c'est fréquent, alternance de
constipation et de diarrhée. Au cours des troubles digestifs, outre la
langue blanche, les lèvres sont sèches et gercées aux commissures, les
narines croûteuses, avec blépharite. Enfin, la peau d'ANTIMONIUM CRUDUM
exprime à la fois un mode psorique déjà insuffisant et la mise en œuvre du
mode sycotique: éruptions de toutes sortes, croûteuses, eczémateuses, sèches
ou suintantes (écoulement épais rappelant GRAPHITES) et des verrues (dont
les verrues plantaires).
ANTIMONIUM CRUDUM est cité au degré fort â
la rubrique "Dents cariées" du Répertoire de KENT. On va donc le
rencontrer au cabinet dentaire, et on sait que son comportement ne va pas
faciliter les soins. On sait également que cet enfant mange beaucoup. Voici
ce qu'on peut lire à ce sujet dans l'article de D. GRANDGEORGE
cité plus bas: "Les dents sont souvent atteintes de caries, qui sont très
douloureuses, < par les boissons froides, après avoir mangé ou touché les
dents avec la langue. Il s'agit d'un des quatre enfants redoutables pour le
dentiste, car hypersensibles". Mais on peut se demander pourquoi
ANTIMONIUM CRUDUM mange autant et le plus souvent depuis sa toute enfance ?
Les psychanalystes proposent des explications ou plutôt des interprétations.
Citons un expert, Didier GRANDGEORGE (L'Homéopathie française - 1987/4):
"Dans les premiers jours de la vie, bébé va former son identité
personnelle grâce à l'amour maternel qui lui est abondamment
octroyé, dans ce stade fusionnel que les psychologues appellent la "dinde
mère-enfant". Si un problème survient au cours de cette période,
blessure psychique par séparation de la mère ou manque de relations valables
au niveau du couple mère-enfant, blessure physique atteignant l'intégrité de
l'enfant, au moment où celui-ci réalise son schéma corporel...L'enfant
va lutter contre l'angoisse de dépersonnalisation en mangeant plus qu'il ne
faut, et persévérer par la suite dans une fixation sur la nourriture...La
maladie d'amour d'ANTIMONIUM CRUDUM apparaît donc très archaïque,
il s'agit de l'amour primitif de la mère". Cet auteur pousse encore
l'analyse: "Si le soleil est considéré dans les traditions comme étant le
symbole du père, la lune est le symbole de la mère, et il n'est pas étonnant
de retrouver notre ANTIMONIUM CRUDUM en extase au clair de lune. ANTIMONIUM
CRUDUM ne supporte pas d'être touché, d'être regardé, car c'est avec le
toucher, et grâce au regard de la mère, de l'autre, que l'on forme son
identité. Or il présente une identité trop fragile pour l'exposer ainsi. Le
toucher peut être structurant mais aussi être blessant...et que dire du
regard.".
Pour terminer ce chapitre, quelques mots de
la jeune fille ANTIMONIUM CRUDUM: jeune fille souvent triste, rêveuse,
déprimée, présentant une tendance aux ptoses abdominales (qui vont se
réaliser pleinement avec les grossesses), souvent complexée par son corps
"enrobé", mais alors que NATRUM MURIATICUM exprime sa dysmorphophobie par
l'anorexie mentale (qui n'arrange rien à l'évidence), elle exprime son
complexe en mangeant trop, ce qui accentue encore son obésité! Son
hypersensibilité s'exprime, elle, par de la sensiblerie, par un débordement
affectif désordonné, frisant parfois l'hystérie, notamment par nuit de clair
de lune et à la lumière douce ou tamisée, elle aime alors déclamer des
vers!! KENT ajoute: "un éclairage doux comme celui qui filtre à travers un
vitrail, ou la pâle clarté de la lune le soir provoque une violente
émotion...". Ce que D. GRANDGEORGE explique par "le souvenir des
sensations confuses de la vie entra utero où l'amour fusionnel avec la mère
existait encore...". C'est fou ce qu'une verrue ou un
péché de gourmandise peuvent cacher de sens profond ?
L 'ENFANT
"A U R U
M M E T A L L I C U M"
Comment se présente l'enfant AURUM
METALLICUM lorsqu'il vient consulter ? Citons R. ZISSU
(Matière médicale homéopathique constitutionnelle - T 4-p262-263):
"Nous avons deux
types d'enfants AURUM, qui correspondent exactement aux deux phases d'action
de l'or: phase d'excitation donnant un type nerveux, phase de dépression
suscitant un type lymphatique. Le plus souvent, on a affaire â un type
mixte, lympho-nerveux, candidat à la scrofule".
Le type nerveux apparaît comme le
plus petit et le plus intelligent de sa classe, mais violent, irascible et
hypersensible, particulièrement frileux alors qu'il est sans
cesse agité. L'anamnèse révèle: des convulsions lors des poussées dentaires,
ou en cas de verminose; des rhino-pharyngites qui ont conduit à l'ablation
des amygdales ou des végétations, qui n'a pas empêché des otites
â répétition ou une mastoïdite, puis des otorrhées chroniques. Pour R. ZISSU
il s'agit d'un enfant réagissant sur les modes tuberculinique et luétique,
puis sycotique â cause des vaccinations ou des médicaments chimiques, d'où
l'enchevêtrement des indications d'autres médicaments comme NATRUM
MURIATICUM, SILICEA, LUESINUM et une tuberculine. Penser à l'alcoolisme des
parents, expliquant alors la tendance luétique (aphtose buccale récidivante
dans l'enfance).
Le type lymphatique
donne toujours un enfant petit, mais très
émotif, timide, affectueux, hypersensible, rêveur et facilement pleurnichard
mais à d'autres moments irritable, rageur, coléreux, ce qui peut expliquer
ses problèmes scolaires. Le rachitisme est fréquent, mais AURUM est cité au
degré faible à la rubrique "Dents cariées". Les problèmes O.R.L. sont
importants: sensibilité au streptocoque, otorrhées, amygdalites suppurées,
suppurations osseuses, réactions lympho-ganglionnaires, etc... A cela
s'ajoutent les mauvais effets de la scarlatine, la susceptibilité au R.A.A.,
les troubles respiratoires `toux, asthme par temps humide...), l'ectopie
testiculaire, etc...
Les troubles digestifs ne sont pas absents
et dès l'enfance s'affirment les goûts et aversions alimentaires: désir de
pain, de viande (parfois aversion), de lait, de friandises, de boissons
froides.
Pour revenir aux troubles du comportement,
un auteur anglo-saxon, BORLAND explique: "Ils manquent d'énergie, de
mémoire, mais réagissent à une chose: la contradiction. Ils sont
terriblement sensibles à toute déception, leur chagrin dure des jours et ils
sanglotent même en dormant sans s'éveiller". Mais la déprime
alterne avec des phases d'excitation: bagarreurs, dictatoriaux,
autoritaires." BARBANCEY les décrit comme souvent de bons élèves en raison
de leurs facultés intellectuelles, de leur mémoire, de leur expression
orale, avec un inconvénient: le besoin d'un bon climat affectif et
chaleureux. Qui peut faire défaut.
Selon l'importance du rachitisme de la première enfance, les dents peuvent
être plus ou moins bien minéralisées. De plus, cet enfant adore les
friandises. Cela explique peut-être des caries en plus grand nombre que ne
le laisse supposer le Répertoire. En tous cas, l'enfant peut
avoir mal à ses dents, parfois très mal, avec une tendance aux congestions
pulpaires (BELLADONA) puis aux complications suppurées apicales. L'état
gingival présente volontiers des inflammations allant jusqu'aux ulcérations,
ce qui exprime la tendance luétique. |
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L'ENFANT
« ARGENTUM NITRICUM »
On se demande parfois ce qui peut faire
courir aussi vite un adulte ARGENTUM NITRICUM. Pour l'enfant, on
en a au moins une explication: il a peur d'arriver en retard à
l'école et d'en être puni, alors il part tôt et marche vite. Il rencontre
parfois sur son chemin son copain MEDORRHINUM qui est parti tôt lui aussi,
mais pas par crainte du retard, seulement pour avoir le temps de jouer avant
le début de la classe. Car tous deux sont en conflit avec le temps. L'enfant
MEDORRHINUM demande toujours: "Et après qu'est-ce qu'on fera ?", alors que
ARGENTUM NITRICUM dit "déjà ?", parce que le temps est passé trop
vite, du moins en a-t-il ce sentiment (cf L'Homéopathie française -
1987/5).
R. ZISSU dit que l'enfant
ARGENTUM NITRICUM est un luétique, à aspect de "petit vieux". NASH ajoute
"enfants qui ressemblent à des petits vieillards ratatinés".
On peut ajouter l'amaigrissement (de bas en haut, au contraire de
NATRUM MUR.) et ce qui est curieux chez le jeune, des bouffées de chaleur,
recherche du frais, intolérance aux vêtements serrés, aux pièces pleines de
monde.
Déjà chez l'enfant apparaissent
les signes psychiques, dominés par le conflit avec le temps (comportement
hâtif) et avec l'espace (instabilité, phobies de certains lieux), expliquant
le comportement somme toute typiquement luétique. Le résultat de cet
ensemble est qu'ARGENTUM NITRICUM est un enfant peu sociable,
souvent solitaire, impulsif, obstiné, opposant, parce qu'il
ressent certaines peurs qu'il ne veut pas expliquer aux autres, par crainte
du ridicule ou de l'incompréhension. II n'ose rien
entreprendre par crainte de l'échec, il s'imagine
qu'on le méprise. Les phobies de l'adulte existent déjà: peur de la foule,
des lieux publics, des immeubles trop hauts, des places trop vides, des rues
étroites, des ponts avec impulsion à se jeter dans le vide. Avec en plus une
anxiété par anticipation, notamment au moment d'un contrôle ou
d'un examen, ou même d'une entrevue avec l'enseignant ou le directeur, et
même de la visite chez le dentiste!!!
Voyons maintenant ce qui peut conduire l'enfant
ARGENTUM NITRICUM au cabinet dentaire. LATHOUD ne détaille pas les signes
buccaux de l'enfant de ceux de l'adulte: bouche sèche, langue sèche avec
papilles proéminentes, bout de la langue douloureux, gencives sensibles et
saignant facilement, douleurs au niveau de dents saines, haleine fétide,
salive visqueuse. ARGENTUM NITRICUM n'est pas cité à la rubrique "Dents
cariées" du Répertoire de KENT. Ceci est d'autant plus curieux
qu'ARGENTUM NITRICUM a un gros désir de sucre, de sucreries, même s'il ne
les digère pas bien. De même, ce remède est absent des différentes rubriques
concernant les ulcérations de la bouche et pourtant le nitrate d'argent a
une action inflammatoire et ulcéreuse sur les muqueuses (action qui s'exprime
davantage et à l'évidence avec l'acide nitrique). Georges HODIAMONT
(1906-1984) souligne l'action ulcéreuse du nitrate d'argent et précise
"sur toutes les muqueuses". D'ailleurs ARGENTUM NITRICUM est un remède
important d'ulcère de l'estomac. Personnellement, nous n'excluons pas ce
remède de la liste des remèdes d'aphtose ou de gingivite
ulcéreuse. Quant à la carie, elle nous semble possible, ne serait-ce qu'en
raison du rôle du sucre dont cet enfant abuse, peut-être d'ailleurs pour
apaiser parfois son angoisse.
Ce qui semble important avec ce remède est
le comportement de l'enfant au cabinet dentaire. Tout d'abord,
du fait de l'anxiété par anticipation, cet enfant se précipite au
cabinet, bien longtemps avant l'heure du rendez-vous, ce qui ne
le calme pas à l'évidence. Lorsqu'arrive le moment de s'asseoir
dans le fameux fauteuil, une fatigue brutale et divers signes somatiques
expriment son angoisse: l'abondance de paroles un peu incohérentes (toujours
par précipitation dans l'élocution), ensuite des tremblements plus ou moins
visibles, le besoin d'aller aux toilettes (mais à notre avis il est rare de
voir une selle ou une miction involontaire au cabinet dentaire). Les jours
précédents, et surtout la veille, l'enfant a souvent un sommeil
agité, peuplé de cauchemars. Si l'attitude rassurante du praticien n'y
suffisait pas, il faudrait alors penser à prescrire ce remède.
L 'ENFANT
"ANACARDIUM ORIENTALE"
La plupart des matières médicales sont
quasi muettes sur les signes bucco-dentaires de ce remède. HAHNEMANN et le
Répertoire permettent de souligner les signes suivants: gingivite saignant
au moindre contact, diverses douleurs dentaires (notamment lorsqu'on met un
aliment chaud dans la bouche = PULSATILLA.), salive abondante, haleine
fétide, mauvais goût, vésicules douloureuses, langue blanche et parfois
râpeuse. Tous ces signes sont certes banals, mais peuvent motiver la
consultation du dentiste.
Tout d'abord, il faut rappeler
la circonstance étiologique principale de ce médicament: le surmenage
intellectuel qui provoque un état d'asthénie avec modifications du
comportement: dépression, irrésolution, perte de la mémoire d'apparition
souvent brutale, irritabilité, colère. L'enfant est devenu triste,
indifférent, méfiant, contradictoire parce qu'hésitant sur l'attitude
â adopter (comme s'il y avait en lui deux volontés opposées). Au
cabinet dentaire, il peut se montrer agressif, grossier, très désagréable,
simplement par manque de capacité à surmonter son anxiété. Dans cet état
dépressif, il manque de confiance en lui, se réfugie dans la solitude, il
devient particulièrement exécrable avec ses proches, notamment avec sa mère
s'il éprouve un sentiment d'abandon. G. SELLEM (L'Homéopathie exactement,
t2, p.28) dit de cet enfant: "C'est au fond un brave gosse, ayant
d'excellentes intentions à l'égard de son entourage et pourtant enclin à
faire du mal. Le repas est le seul moment qui calme cet ouragan".
VANNIER et POIRIER ajoutent: "Est parfaitement désagréable avec les
personnes qu'il aime et respecte tout en se rendant compte de son attitude
et ne peut s'en empêcher. Rit des choses sérieuses et est sérieux
devant des choses gaies".
L'amélioration en mangeant
et durant les deux heures qui suivent le
repas n'empêche pas l'appétit capricieux: il a souvent faim, il sait que
manger calme son anxiété ou son irritation, mais il est vite rassasié. De
nombreux malaises disparaissent en mangeant: sensation de défaillance à
l'épigastre, état vertigineux, nausées ou envies de vomir.
Ce "petit" remède est un complémentaire
précieux d'autres plus importants, mais il n'est pas facile à classer. Par
exemple, sa circonstance étiologique laisse deviner une petite place parmi
les remèdes "tuberculiniques" = le surmenage intellectuel. Mais
il est également décompensé par "les querelles, les vexations ou
une frayeur" et enfin la "suppression d'une
éruption". A notre avis, ce petit remède peut avoir des relations
avec LYCOPODIUM, PULSATILLA, NATRUM MURIATICUM et quelques autres.
L'ENFANT
« BARYTA CARBONICA »
On peut dire de cet enfant qu'il n'a pas de
chance, au sens homéopathique et diathésique du terme. Homéopathique parce
d'un côté le carbone représente un élément de ralentissement et de
sclérose, surtout centré sur le tube digestif (constipation opiniâtre,
atonie rectale, hémorroïdes saillantes...), de l'autre la baryte
développe une action toxique de sclérose, d'hypertrophie et d'induration des
glandes et ganglions, de congestion. Diathésique en raison de l'hérédité
"chargée". Le plus souvent, il est né de parents autrefois
appelés "carboniques" ayant eu de gros problèmes de santé, dans
lesquels les quatre modes réactionnels sont largement impliqués, surtout au
stade lésionnel. Ou encore de parents alcooliques. R. ZISSU décrit deux
types d'enfants BARYTA CARB.:
·
Un type gras – grand,
vigoureux, bien charpenté, avec une grosse tête, une grande bouche, une
forte mâchoire, mais avec des yeux trop gros, inexpressifs, et un rire
niais, en retard pour tout, onychophage.
·
Un type maigre =
grêle, souffreteux, d'aspect vieillot,
retardé lui aussi pour tout, peureux, apathique, tête et ventre gros, jambes
incurvées et graciles, très sensible au froid.
Dans son ouvrage Children's types,
Douglas M. BORLAND affirme n'avoir jamais rencontré d'enfants
BARYTA CARB. de taille normale, ils les appelle des "sous-développés
physiquement et mentalement, et en plus très timides, surtout en présence
d'étrangers. Ce sont aussi des enfants peureux pour tout, enclins à des
cauchemars ou â des terreurs nocturnes". VOISIN écrit: "Le sujet est timide,
honteux, a peur des figures qu'il ne connaît pas, joue seul et â des
babioles, se cache quand vient une visite". BORLAND ajoute qu'en les
étudiant, on s'aperçoit que ces enfants ont toujours été en
retard: pour parler, marcher, pour la dentition, pour le développement
pondéral, etc... En plus, ils sont lents et semblent ne rien comprendre en
classe, inattentifs par faiblesse de la mémoire: incapables de retenir
longtemps une leçon qu'ils savaient par cœur quelques instants plus tôt.
PONCET ajoute que ces enfants présentent une "immaturité affective, un
comportement infantile, une timidité excessive, un manque de confiance en
eux". Pas étonnant que certains d'entre eux puissent être de véritables
arriérés mentaux, voire des idiots (au sens médical).
Ces enfants sont particulièrement sensibles
au froid, ils s'enrhument facilement et présentent une hypertrophie des
amygdales ainsi que des autres formations lymphoïdes, avec tendance â
l'induration.
On peut voir ces enfants au cabinet
dentaire pour des caries (2'd), des aphtes (signe absent dans le Répertoire
de KENT mais signalé par LATHOUD, indiqué au 2° d à "ulcérations
de la langue"), salivation très abondante. Leur comportement est celui déjà
décrit, mais nous pensons qu'avec beaucoup de tact, on parvient â les mettre
en confiance et â les soigner sans trop de problème.
L ENFANT "BORAX"
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Dans l'ouvrage cité, BORLAND compare BORAX
à BARYTA CARBONICA: 'Je pense que la façon dont l'enfant est effrayé vous
permettra de reconnaître s'il est Baryte car& ou Borax. Le
Baryta carb. et le Borax sont tous deux des enfants peureux, très
souvent d'aspect â peu près semblable mais, tandis que chez l'enfant
Baryta carb, c'est quelque chose d'étrange dans son entourage qui
le terrifie, chez l'enfant Borax, c'est tout bruit soudain, à
proximité, qui est une véritable cause de terreur". |
L'enfant Borax n'est pas aussi
déficient sur le plan intellectuel que le remède précédent, mais il est très
paresseux, et c'est cette paresse qui explique ses problèmes scolaires, avec
en plus une incapacité à poursuivre longtemps la même occupation, jeu ou
devoir, il se lasse vite et veut passer â autre chose. De même,
l'enfant Baryta carb. pleure très facilement lorsqu'il est dépassé ou
confronté à un problème, alors que Borax devient coléreux, irritable,
crie et donne des coups de pieds. L'enfant Borax a des cauchemars, ou
des terreurs nocturnes, surtout les soirs des jours où il s'est beaucoup
dépensé physiquement. Chacun de nous connaît la fameuse modalité
d'aggravation de l'anxiété: penché en avant, mouvement de
descente (peur de tomber, surtout en descendant un escalier).
On peut voir Borax au cabinet dentaire pour
une gingivite hémorragique, une stomatite surtout herpétique ou aphteuse,
avec une salivation abondante malgré la sensation de sécheresse buccale.
Borax a très souvent des poussées d'herpès sur les lèvres ou sur tout le
corps. Ces troubles buccaux peuvent participer à un ensemble digestif:
nausées, vomissement, crises de diarrhée avec selles douloureuses,
expliquant la mauvaise humeur, aggravation après avoir mangé des fruits ou
encore nausées ou vomissements sans cause apparente, après avoir eu peur
(bruit surtout, comme le tonnerre), après un mouvement de balancement. C'est
surtout au cours de troubles aigus que cet enfant a un comportement
difficile.
L'ENFAN'T "CARBO
VEGETABILIS"
Certains seront étonnés de voir citer ce
remède parmi les portraits d'enfants, tant est grande sa
réputation de remède de "fin de vie", "d'agonisants",
de "dernière chance". Cela est bien vrai et la
symbolique est explicite: CARBO VEG. est le charbon de bois, c'est-à-dire
une substance calcinée, qui a brûlé jusqu'au bout. Mais ce même charbon peut
fournir de l'énergie, encore une fois. Comme il le fait en dilution
homéopathique chez des malades très décompensés. Verrons-nous un enfant
CARBO VEG. au cabinet dentaire ? Voici d'abord les signes
bucco-dentaires: ils concernent essentiellement une maladie parodontale très
grave, et donc inexistante chez l'enfant. Mais ce remède est cité
au degré moyen à "Aphtes", à "Ulcérations
des gencives", à "Dents cariées".
A quoi ressemble un enfant CARBO VEG. ?
Dans « L'Homéopathie exactement » (tome 2, p.86-94), Jacques
LAMOTHE, pédiatre, en propose une étude passionnante et pratiquement unique.
Nous le pillons donc largement. Mais d'abord, quelques précisions sur ce
médicament pour mieux le comprendre, empruntées à R. ZISSU.
CARBO VEGETABILIS est un charbon impur,
dont le composant principal est le carbone, l'un des éléments essentiels de
l'organisme: poids moléculaire peu élevé lui permettant des
liaisons faciles, une polymérisation aisée en une molécule lourde (d'où la
lenteur et la passivité des réactions des sujets "carboniques".
Le carbone est un puissant réducteur, il forme de l'anhydride carbonique (CO2)
en s'unissant à l'oxygène, responsable de nombreux troubles
asphyxiques. La résultante de son action est l'insuffisance des
oxydations, l'encombrement par le CO2 avec de nombreuses
conséquences tissulaires, circulatoires, respiratoires, digestives,
nerveuses...), la production de ptomaïnes explique des éliminations
cutanées et muqueuses brûlantes et caustiques (ulcérations).
J. LAMOTHE décrit les circonstances
étiologiques de ce remède que l'on peut retrouver chez l'enfant: maladies
débilitantes, généralement graves, qui peuvent expliquer une
décompensation plus tard, par fragilisation: affections aiguës néo-natales,
souffrance fœtale, détresse respiratoire, etc...puis les toxi-infections:
alimentaires, typhoïde, viroses, paludisme, fièvres prolongées, rougeole,
coqueluche, oreillons, scarlatine... - les agressions physiques importantes,
notamment par le froid ou la chaleur (climat tropical, enfant abandonné dans
une voiture par temps chaud), par des efforts excessifs et épuisants
(sport), par accident, opération, etc..., plus quelques causes typiquement
"homéopathiques": suppression (transpiration, éruption, écoulement) avec les
métastases habituelles. LAMOTHE dit que CARBO VEG. est le principal remède
des complications des maladies infectieuses de l'enfance, notamment de la
rougeole. Ce qui s'explique par le fait que l'enfant CARBO VEG. se défend
mal: son système immunitaire peut être déficient par l'insuffisance
circulatoire et la tendance asphyxique des tissus, d'où de
nombreuses complications après une maladie banale chez un autre, ou après
une intervention chirurgicale (cicatrisation difficile). Ces enfants
seraient aggravés par les anti-inflammatoires chimiques "véritables
suppresseurs d'un processus habituellement curatif'. Tout cet ensemble de
causes lointaines ou proches peuvent expliquer les troubles du comportement
de l'enfant:
1/ Lenteur intellectuelle, paresse, manque
de réactivité = enfant diminué, retardé en classe, borné, étourdi, entêté,
menteur, désobéissant, indocile.
2/ Manque de sensibilité affective =
"invalide du cœur", d'où indifférence émotionnelle, intérêts et passions
limités, scepticisme vis-à-vis de tout, n'aime pas trop sa famille,
insensible à la compassion, indifférent à la musique.
J. LAMOTHE affirme que CARBO VEG., comme
LYCOPODIUM, a conscience de ses faiblesses physiques et mentales, cela le
gêne et explique certains signes comme: timidité en public, s'imagine
qu'il rapetisse alors que l'environnement grossit, crainte du
jugement des autres, embarras en société (il rougit et son cœur bat fort),
peur des étrangers, aversion pour la compagnie quand des étrangers sont
présents, toux quand des gens l'approchent. Mais LYCOPODIUM reste ambitieux,
volontaire et a l'intelligence nécessaire, alors que CARBO VEG. n'a ni l'ambition,
ni l'énergie, ni la volonté. CARBO VEG. développe un manque total
de confiance en lui et cela l'angoisse, avec anticipation, comme CAUSTICUM
ou KALI CARB. (qui contiennent aussi du carbone). Lorsqu'il en a les moyens,
la conscience de ses faiblesses le pousse à tenter de donner le change, mais
il le fait avec maladresse: sentiments affectés, affectation, hilarité sans
bornes, manque de naturel, manières niaises ou puériles, devient aimable et
généreux envers les étrangers, indifférent et avare avec ses proches. J.
LAMOTHE explique ce comportement par un sentiment narcissique caché.
Citons-le: "A la différence de CAUSTICUM qui vit dans l'angoisse
- des réactions agressives de KALI CARBONICUM., déchiré entre son angoisse et sa
rébellion contre les autres - et de LYCOPODIUM, qui malgré ses angoisses et
ses doutes arrive à avoir un certain pouvoir sur les autres - ou de SILICEA
qui, aussi très craintif et doutant de lui, obtient la sécurité et
l'affection par le perfectionnisme et la gentillesse (exemple Claude
FRANCOIS)".
Alors, et ce peut être le cas au cabinet
dentaire, l'enfant CARBO VEGETABILIS, pour "cacher ses carences fondamentales",
devient "susceptible, avec des colères violentes pour des futilités,
l'enfant peut frapper, mordre, donner des coups de pieds (KENT) et le
regretter ensuite. Lent à la base, ses réactions sont fugaces et mal
contrôlées. Vexé, il se replie dans un silence offensé".
Quelques clés pour comprendre: "Terne comme
le charbon, CARBO VEG. cache son jeu la plupart du temps et en pratique
l'enfant ne se présente que rarement ainsi car ce serait trop mal vu"
ou "Les réactions de CARBO VEG. sont impétueuses, précipitées, inattendues,
tout cela contraste avec la lenteur et la lourdeur habituelles".
Et enfin pour terminer, J. LAMOTHE donne quatre tableaux d'enfants CARBO VEG.:
 |
L'enfant CARBO VEG. "doux": très gentil,
docile, timide et gauche en public, mais il ne s'agit que d'une apparence.
Il manque de personnalité = ce type est proche de PULSATILLA. |
 |
L'enfant CARBO VEG. "mauvais":
impossible, indocile, têtu, menteur, violent, insensible = ce type est
proche de MERCURIUS. |
 |
L'enfant CARBO VEG. "peureux":
couard, pusillanime, angoissé la nuit, ayant très peur d'être abandonné,
anticipant beaucoup = ce type est proche de CALCAREA CARB. mais celui-ci
se défend par une recherche de la sécurité dans l'absence de changement
(la calcification). Proche aussi de LYCOPODIUM et de CAUSTICUM. |
 |
L'enfant CARBO VEG. "stupide":
entêté, borné, lent, oublieux, frileux = ce type ressemble â CAPSICUM qui
craint aussi beaucoup la critique mais qui réagit par des réactions
psychosomatiques dont la clé est la nostalgie du "paradis perdu". |
Voici donc un portrait, certes
incomplet, de ce remède "trompeur" â plus d'un titre,
et pour cela méconnu dans de nombreux cas. Il resterait bien d'autres signes
â décrire, mais nous laissons chacun d'entre vous libre de compléter et
d'assouvir sa soif d'apprendre et de comprendre.
L’ENFANT
« CAUSTICUM »
R. ZISSU écrit: "L'enfant
Causticum
est un scrofuleux (peau et muqueuses à
suppurations torpides), maigre (membres inférieurs), mais à gros ventre,
peureux, faible, retardé (pour apprendre à marcher, tombe facilement,
apprend tard à parler), anxieux au crépuscule et à l'obscurité (LUESINUM),
croit voir des revenants, énurésie après s'être endormi" (MMHC).
Selon le travail d'un groupe de
pédiatres (G.R.E.P.H.) présenté par J. LAMOTHE (L'Homéopathie
exactement, T.2, p.95),
le nourrisson ou l'enfant
CAUSTICUM a subi des traumatismes physiques ou psychiques dans sa courte
vie, pendant la gestation ou au cours de l'accouchement. "C'est
un enfant qui a souffert au départ, à qui il est arrivé "quelque chose".
L'enfant traduit ce traumatisme par de la faiblesse pouvant aller jusqu'aux
paralysies, et de la peur avec inhibition. CAUSTICUM est un enfant
disharmonieux dans son apparence, son évolution psychique et physique et
dans sa pathologie". Cette dernière phrase, tirée du livre cité ci-dessus,
peut être retrouvée textuellement dans l'ouvrage de j. BARBANCEY
("Pratique homéopathique en psychopathologie" T2, p.40). J.
BARBANCEY reprend les mêmes traumatismes psychiques et physiques autour de
la naissance et décrit la pathologie de l'enfant Causticum ainsi, du
plus simple au plus grave:
| |
 |
Retard et lenteur de l'évolution et des
acquisitions.
Instabilité caractérielle avec anxiété irritable.
|
 |
Des troubles neurologiques: retard
psychomoteur, parésies (énurésie, encoprésie), paralysies
fonctionnelles.
|
 |
Pathologie psychiatrique: altération
des moyens instrumentaux, blocage réactionnel de type psychotique:
troubles du langage, de la marche, du comportement. |
|
|
Pour l'enfant CAUSTICUM, les pédiatres
accusent les causes suivantes:
-> Les traumatismes psychiques:
suite de chagrin profond (deuil,
séparation, hospitalisation, dépression des parents, frustration
importante...). Suite de peurs, de frayeur, d'émotions fortes,
d'humiliation...
-> Les traumatismes
physiques: suite d'anesthésie
générale, de manque de sommeil, d'affection débilitante (anémie,
hémorragies, déshydratation...), de suppression d'éruptions (délire,
paralysies), d'écoulement nasal, suites de froid sec...
FARRINGTON disait: "Plus de trois peurs =
CALCAREA CARBONICA". Cette affirmation n'a rien de pertinent car plusieurs
médicaments ont plus de trois peurs. Causticum notamment: du noir (2° d),
d'aller se coucher, de dormir (il exige qu'une lumière reste allumée dans sa
chambre), d'un malheur imminent (3° d), des animaux (I°d) et des
chiens (2°) et du "loup", du bruit (2° d), des
étrangers (2° d), des fantômes (2° d), dans la foule (1'd), du démon (2° d),
de la mort (2° d), d'être seul la nuit (2° d). LAMOTHE ajoute: "Il aura peur
d'aller au lit, d'autant qu'il sait qu'il va y retrouver avec
hantise ses fantasmes angoissants et obsédants, qui le feront pleurer,
parfois même jusque dans son sommeil".
Voici donc l'enfant CAUSTICUM et
ses peurs. Dans les cas les plus bénins, l'examen neurologique ne montre
aucune séquelle de ses ennuis néo-nataux ou per-nataux. L'électroencéphalogramme
est normal. Tout au plus peut-on déplorer des chutes fréquentes, ou des
difficultés dans la coordination gestuelle, ou quelques parésies discrètes
(doigts recroquevillés au repos mais normaux par la volonté, petite gêne à
la marche...). En cas de difficultés psychiques, le comportement se trouve
modifié, avec d'abord les troubles du sommeil (les
différentes peurs déjà décrites), puis des troubles de l'alimentation
(refus des repas, dégoûts inhabituels, sélectivité de certains aliments,
anorexie véritable, rarement une boulimie), enfin des troubles des
sphincters (énurésie, encoprésie = lorsque cette dernière se
manifeste le jour, elle peut être interprétée comme un signe de régression).
Voila le contexte dans lequel un petit CAUSTICUM peut arriver au cabinet
dentaire. Sa visite peut être motivée par, selon LATHOUD = CAUSTICUM ne
serait qu'un remède de gingivite hémorragique et de paralysies de la langue,
voire même une paralysie des lèvres. Selon KENT, CAUSTICUM est indiqué à
"ulcérations" (1'd), "ulcérations des gencives" (1°d),
"douleurs dentaires" (2° d), "caries"
(1'd). Bref, tous ces signes sont peut significatifs. Le petit CAUSTICUM
vient consulter le plus souvent pour des caries banales, résultat d'une
mauvaise hygiène et non pathogénétiques. Seul son comportement peut être ici
pris en compte.
L'ENFANT "KALI
CARBONICUM"
Il ne faut pas se culpabiliser si l'on se
sent dérouté face à un enfant KALI CARB. présentant des symptômes opposés et
contradictoires. KENT lui-même écrivait: "Il y a un grand nombre de
symptômes opposés les uns aux autres, de symptômes changeants, aussi est-il
apparenté aux malades qui dissimulent leurs symptômes et qui ont beaucoup de
symptômes vagues". Pourquoi ce flou dans la Matière Médicale ?
R. ZISSU nous a appris que le
carbone a une action dépressive sur le tube digestif, sur le système
nerveux et sur l'appareil respiratoire. Ensuite, le potassium ajoute
sa propre action métabolique et toxique: hypofonctionnement cellulaire,
atonie musculaire, anémie, asthénie mentale avec irritabilité, tendance
parêtique, douleurs, irritation des muqueuses allant jusqu'à
l'ulcération et la nécrose. Selon H. BERNARD et R. ZISSU, KALI CARB.
marque une étape dans la décompensation d'un sujet réagissant un
temps sur le mode psorique, puis sur le mode sycotique: fond de faiblesse
avec sursauts réactionnels sthéniques, tendance â l'infiltration hydrique,
troubles nutritionnels par insuffisance hépato-digestive avec retentissement
sur le système immunitaire, troubles digestifs (flatulence, constipation
entre autres), troubles circulatoires, cardiaques, respiratoires, cutanés.
Qu'en est-il de ces troubles chez l'enfant ?
D'abord, la croissance est perturbée avec
asthénie et tendance anémique. KALI CARB. a une morphologie hypotrophique,
il est faible, frileux, sensible sur le plan sensoriel (contact, bruit), il
se fatigue vite, il a besoin de sucre. Il n'est pas étonnant, dans ce
contexte, qu'une maladie, quelle qu'elle soit, le fatigue beaucoup
(convalescence longue et pénible). Sur ce fond, KALI CARB. est
irritable
et il a une grande peur:
d'être abandonné =
peur de la solitude, qui induit un
sentiment de crainte avec peur de mourir si on le laisse tout seul. La nuit,
il est tourmenté par des rêves anxieux: d'être écrasé, ou qu'il est couché
sous un rocher, il a alors besoin d'aide, il rêve qu'il appelle au secours,
que personne ne vient. Le tout avec les modalités d'amélioration
par la compagnie, ou lorsqu'on le porte dans les bras. Comme le
dit J. LAMOTHE (L'Homéopathie
Française - 1988/6): "KALI CARB.
enfant a besoin de douceur,
au sens propre (affection) comme
au sens figuré (sucreries)". Et ce même auteur dresse le portrait
psychologique de cet enfant: KALI CARB. a conscience de sa faiblesse, ne la
cache pas comme LYCOPODIUM trop fier, mais s'il la reconnaît, il ne
l'accepte pas pour autant: elle le révolte d'où les symptômes de rébellion:
il est
désagréable, irritable, se lamente sans
cesse, mécontent, insatisfait de tout et de lui-même, refusant l'aide ou la
consolation qu'il réclame pourtant, le tout allant jusqu'à
somatiser sa révolte, notamment par des troubles digestifs (ictère). Et
voilà l'explication des symptômes opposés décrits par tous les
auteurs: tantôt tendre, tantôt agressif, demandant la consolation pour la
rejeter aussitôt, enfant "soupe au lait", etc...
Le fond
"carbonica"
explique sans doute les nombreuses peurs:
peur qu'on le laisse seul, qu'on l'abandonne, qu'on l'oublie; peur d'aller
se coucher = sensation d'abandon. Et ce sentiment profondément ancré dans le
conscient ou l'inconscient peut peut-être expliquer l'hypersensibilité
sensorielle, comme s'il restait constamment à l'état de veille: ouïe,
toucher. Et dans certains cas, l'enfant peut régresser psychiquement:
énurésie, encoprésie, ou dans des cas bénins, refus de manger après une
contrariété, ou vomissement en cas d'excitation nerveuse.
Quels sont les moments les plus pénibles
dans la vie de cet enfant, qui peuvent induire l'indication de
KALI CARB.? D'abord, certaines maladies infantiles sont mal vécues: la
rougeole notamment, la coqueluche, oreillons (avec parotidite côté droit)
puis les maladies banales dues au froid: rhino-pharyngites, bronchites
souvent compliquées en asthme, toux spasmodique, troubles digestifs
(l'angoisse est ressentie à l'estomac), avec constipation de fond
et épisodes diarrhéiques (< par le lait), verminoses, parfois des
convulsions.
Pourquoi l'enfant KALI CARB. vient-il
consulter son dentiste ? D'abord pour des caries (2'd), pour des
douleurs dentaires (2'D) parfois en rapport avec des troubles respiratoires
(rhinites, sinusites maxillaires), pour des aphtes (2° d), pour une
gingivite (2° d), pour des abcès des dents de lait.
Le chirurgien-dentiste en reconnaissant un
enfant KALI CARB. doit adopter un comportement rassurant, ne doit pas exiger
que la maman reste dans la salle d'attente. Comme nous l'avons dit et écrit
très souvent, l'intérêt de l'homéopathie réside dans le fait de ne pas
aggraver la pollution médicamenteuse chez ces enfants, chez lesquelles la
fréquence et la torpidité des inflammations muqueuses expriment le mode
sycotique, lui-même suscité ou entretenu par les médicaments â action sur
les réactions immunitaires, notoirement déficientes dans ces cas. Or,
combien de chirurgiens-dentistes prescrivent-ils des antibiotiques pour des
abcès des dents de lait, pour rassurer la maman, ou le plus souvent pour se
rassurer eux-mêmes, ou dégager leur responsabilité en cas de complication ?
L'ENFANT "KALI
BROMATUM"
Autrefois largement utilisé dans les
casernes pour éviter les préoccupations sexuelles des jeunes recrues, le
bromure de potassium est plus connu en homéopathique comme remède de
terreurs nocturnes des enfants.
Dans un article "KALI BROMATUM chez
l'enfant et l'adolescent" (« Les Annales homéopathiques » -1961/7), J.
BARBANCEY en donne une étude intéressante illustrée par des
observations. Elle décrit deux types d'enfants:
1/ L'enfant instable:
à la fois rêveur et agité, rarement présent
à ce qui se fait en classe, impatient à table, en visite, en public. Le
"key-note" de NASH:
"agitation des mains'
est typique chez lui. II faut
qu'il tripote quelque chose: crayon, stylo (qu'il visse et dévisse), papier
(qu'il enroule et déroule), boutonnière, fermeture-éclair (qu'il ouvre et
ferme). Mais c'est surtout un inquiet et moins un "remuant": difficultés
affectives (mésentente des parents, inadaptation au milieu scolaire). Les
vrais "remuants" demandent plutôt AGARICUS, TARENTULA HISPANICA, CHAMOMILLA,
SULFUR.
2/ L'enfant mieux:
il craint toujours d'être
moins aimé des siens, ou d'être laissé seul. II est sujet aux
crises de larmes, se réveille la nuit pour appeler sa mère (qui le rassure
par sa simple présence). Vers 23 h, il est parfois en proie à des
terreurs nocturnes, il se réveille a demi halluciné, tremblant, secoué
de spasmes, de hoquets et de pleurs, grincements des dents pendant le
sommeil. KALI BROMATUM est cité au degré fort à "rêves effrayants" dans le
Kent, au degré fort également à "somnambulisme" par
VOISIN (agitation habituelle des extrémités ou tendance aux terreurs
nocturnes).
Sur le plan bucco-dentaire, il n'y a que
peu de signes intéressants. La plupart des Matières Médicales sont très
discrètes. On peut donc penser que cet enfant a des caries banales. On
pensera à ce médicament en présence d'un enfant anxieux, agité, lorsqu'on
retrouve la notion de terreurs nocturnes, surtout s'il est en difficultés
scolaires: surmenage, < par les efforts mentaux, fatigue intellectuelle,
troubles graves de la mémoire, difficultés d'expression (oublie ou confond
des mots, bégaiement), incapacité de concentration ou de penser, le tout
pouvant aller jusqu'au repli sur soi (autisme) et de préférence
chez un enfant amaigri, cachectique, perdant déjà ses cheveux.
Pour clore ce chapitre et en guise de
pause, voici une observation vétérinaire due à Anaïs
LE TREGUILLY, vétérinaire homéopathe, (L'Homéopathie française -
1984/1):
""
Miss Setter est indécise: agitée, nerveuse,
elle ne cesse de se dandiner d'une patte sur l'autre, de faire
mine d'aller flairer les gens et de leur dire bonjour, sans toutefois
se laisser approcher ou caresser (elle
montre les dents â toutes
tentatives en reculant). Elle
tire sur sa laisse,
ce
qui aggrave sa propension
â tousser.
Elle hoquette fréquemment et s'étouffe
parfois en buvant. Lorsque ses propriétaires la grondent ou rentrent, elle
est encore plus agitée. Par contre, les promenades et les jeux la calment.
Enfin, il lui arrive, à l'âge de 1 an, de faire encore pipi sous elle la
nuit. Kali bromatum 9 CH est son
remède ».
L’enfant
« KREOSOTUM »
Cet
enfant fréquente souvent
le
cabinet dentaire en raison
de
l'état très délabré de sa denture. Cette
fois, les Matières Médicales sont prolixes:
"les dents sont gâtées, noires, cariées,
s'effritant facilement (Staphysagria., Antimonium crudum); elles sont le
sage de douleurs tractives….Les dents se carient presque dès qu'elles sont
sorties; la dentition est
difficile, douloureuse, l'enfant ne peut pas dormir, et ces dents, si
difficiles à percer, elles s’abîment très rapidement... Un enfant qui a la
bouche pleine de dents cariées, avec des gencives enflammées et
douloureuses, trouve son meilleur ami dans Kreosotum » (Nash)'. Ce texte
est tiré de la Matière Médicale de LATHOUD. Tout cela correspond en partie à
la mélanodontie infantile. Car M. DECHAUME décrit surtout des lésions
carieuses noirâtres qui atteignent la face vestibulaire des dents, des
incisives supérieures d'abord, avec fracture ultérieure des bords incisifs,
puis des autres dents, notamment des dents de six ans avec disparition
progressive des faces triturantes, le tout accompagné d'une
gingivite, avec in fine une denture réduite â des racines noirâtres, sans
lésions pulpaires le plus souvent. Et heureusement, la denture définitive
n'est pas concernée.
KREOSOTUM concerne d'abord la
première dentition, car non seulement les dents sont rapidement cariées,
mais l'éruption est très douloureuse, expliquant les pleurs et les cris du
nourrisson et de l'enfant, avec des signes d'accompagnement: buccaux
(gingivite hémorragique) et extra-buccaux: système nerveux (convulsions),
troubles O.R.L. (rhino-pharyngites), respiratoires (bronchites, avec toux
importante), digestifs (gastro-entérites, vomissements, diarrhées, selles
vertes d'odeur repoussante, gros érythème fessier, haleine fétide) et
cutanés (éruptions diverses, prurigineuses et brûlantes).
 |
La deuxième dentition est également concernée: caries rapides, dentine
noire, effritement parfois important, douleurs, gingivite hémorragique
(qui serait pire du côté gauche supérieure, haleine fétide, salivation,
aphtes ou ulcérations, fissures des commissures, éruptions péribuccale.
Ce tableau évoque à l'évidence le scorbut. West sans doute pour cette
raison que des auteurs anciens impliquaient l'avitaminose C dans la
mêlanodontie. Photo = ce qu’il faut empêcher |
Le Docteur Henri Voisin (1896-1975) décrit l'enfant KREOSOTUM
comme grandissant vite, maigre ou maigrissant rapidement, d'aspect plus
âgé
que son âge, à face pâle, aux yeux cernés
avec une irritation des bords des paupières et des commissures labiales
(sécrétions irritantes), frileux, grincheux, têtu, grognon, jamais
satisfait. KENT le décrit comme "bébé hurleur, ayant des troubles
digestifs et un abdomen distendu par les gaz". Et J. LAMOTHE ajoute des
ennuis vésiculaires chez l'enfant: besoins fréquents et impérieux d'uriner,
l'enfant doit se presser sous peine de se souiller, < en voyant de l'eau
courante, ou besoin urgent en touchant de l'eau froide, ou encore
énurésie du premier sommeil (comparer à STAPHYSAGRIA). Et ces signes sont
sans doute importants car J. LAMOTHE ajoute encore: "Lorsque l'énurésie est
associée à une pyorrhée alvéolo-dentaire avec caries et dents effritées,
l'indication du remède est alors probable".
Mais ensuite, la démonstration semble plus
contestable. LAMOTHE propose une synthèse de l'action de KREOSOTUM et donne
une explication psychanalytique. En voici quelques extraits. "L'organe le
plus spectaculairement touché, par rapport aux autres remèdes, est la
dent;
les individus les plus atteints sont le
bébé et le vieillard = c’est-à-dire aux âges où les dents tombent".
"La créosote est un goudron de hêtre qui, s'il tue les êtres vivants,
conserve et fume la viande, laquelle est mangée par les dents...L'individu
Kreosotum a donc un problème pour manger la viande avec ses dents:
aussi, elles tombent, s'effritent, etc...Or, qu'implique manger de la viande
pour l'homme, si ce n'est, entre autres, d'imaginer
le cannibalisme, manger du mort? Qu'implique d'avoir des dents pour un bébé,
si ce n'est d'abord de mordre le sein de sa mère? Les dents sont ainsi le
premier instrument de l'agressivité orale". Cet auteur ne dit
rien d'éventuels sujets à la fois Kreosotum et
végétariens. Et nous aimerions être rassurés pour la tenue des dents sur les
prothèses des vieillards!!! Mais heureusement, il conclut sa communication
par 36 symptômes fiables chez l'enfant ou chez l'adolescent, que l'on peut
retrouver dans l'ouvrage (L'Homéopathie exactement - T2, p. 158-165).
L
'ENFANT "LACHESIS"
Polychreste s'il en est (5000 symptômes
dans le KENT, 90 pages dans HERING qui a fait la première pathogénésie),
LACHESIS est bien connu chez l'adulte, notamment chez la femme au moment de
sa ménopause pour la maladie parodontale, il est aussi un médicament
important chez l'enfant, à condition de savoir retrouver son indication, car
les grandes caractéristiques manifestes chez l'adulte ne sont plus aussi
évidentes chez l'enfant en raison de l'absence des facteurs étiologiques
habituels (sédentarité notamment). En fait, l'explication du comportement de
l'enfant LACHE5LS
est bien plus complexe qu'il n'y
paraît et la tentative d'une synthèse, que l'on
voudrait à la fois objective et équilibrée, se heurte aux analyses des
psychiatres et des pédiatres, qui ajoutent des interprétations
psychanalytiques, intéressantes certes, mais difficiles â résumer.
J. LAMOTHE (toujours dans le même ouvrage
déjà cité) affirme que la clef de
Lachesis,
chez l'enfant, réside dans le sentiment
réel ou imaginaire d'avoir été
abandonné. A partir de ce point,
l'enfant plus ou moins consciemment va se construire une bonne image de
lui-même, ne comprendra pas pourquoi il est rejeté, reportera la
responsabilité sur les autres, ce qui expliquerait ainsi de nombreux signes
de son comportement: agressivité violente, exigence autoritaire d'affection,
refus de partager avec un tiers, jalousie haineuse (gare au petit frère ou â
la petite sœur!). Cependant, personne ne peut vivre constamment dans un état
d'excitation, aussi "la logorrhée, l'hyperactivité, la méchanceté jalouse
laissent place à des symptômes dépressifs avec misanthropie, angoisse,
décompensation, épuisement...". Et les "moments
difficiles", les caps les plus délicats sont bien connus pour
l'adulte: puberté chez l'enfant puis grossesse, menstruations, ménopause,
mais aussi les changements brusques du temps, les violences atmosphériques
(orages, fortes chaleurs, vent) et dans la journée: le réveil (tristesse,
abattement, mélancolie), le coucher (anxiété). Et enfin les aléas de la vie:
voyages, mariage, deuils, chagrins, chocs affectifs, chocs physiques
(toucher, bruit, vêtements serrés...). Par compensation, LACHESIS se trouve
amélioré par la "libération de ce qu'il retient (sécrétions, extériorisation
de ses peines) et qui le retient (vêtements serrés par exemple). Au
contraire de l'introversion de LYCOPODIUM, avec LACHESIS "ça sort",
plutôt trop que pas assez. En dehors des "moments" liés au
fonctionnement hormonal, sauf la puberté, ces circonstances sont retrouvées
chez l'enfant.
Chez le nourrisson et l'enfant, LACHESIS se
reconnaît par un certain nombre de signes évocateurs:
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Refus de tout abandon, même momentané =>
le bébé hurle dès qu'on le repose dans son berceau, il exige les bras en
permanence, et pourtant. LAMOTHE dit que ce bébé n'aime pas trop les
caresses. |
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Difficultés d'endormissement le soir qui
seraient dues à l'angoisse du sommeil (solitude, peur du noir, rêves
effrayants...), tout cela aggravé lors d'un voyage, d'un changement des
habitudes. |
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Pleure quand on l'habille (n'aime pas
les vêtements serrés) ou qu'on le "tripote (< contact), n'aime pas les
bruits, ni le bain => pleurs. Mais, et à notre avis, ces signes ne sont pas
tous valables et doivent inciter â la circonspection. Par exemple:
l'aggravation par les vêtements serrés ne se voit qu'en cas de congestion
artérielle, est-elle fréquente chez l'enfant ?
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Alors que retenir (en synthèse) du
comportement de l'enfant LACHESIS
? C'est un enfant difficile,
agité, capricieux, coléreux, hypersensible â différents stimuli (bruits,
contact, chaleur), il est facilement boudeur après une remarque ou critique.
C'est surtout un enfant jaloux et envieux: jaloux d'affection, notamment
après la naissance d'un autre enfant, ou lorsqu'il croit que
l'enseignant en préfère un autre, envieux parce qu'il désir toujours ce que
les autres possèdent (comparer à CHAMOMILLA, CINA, HEPAR SULFUR, NUX
VOMICA...). Mais, il peut dissimuler sa jalousie, sous une apparence
amicale, il peut être méchant, voire féroce et sournois (aimable en présence
des parents ou de l'enseignant ou simplement d'un tiers, il est méchant
lorsqu'il se trouve en tête-à-tête avec celui dont il est jaloux). Enfin, G.
DANO (Les Annales Homéopathiques Françaises 1962-18) affirme qu'il
est très bavard, fatigue son entourage et perturbe la classe. Il arrive
aussi que le comportement odieux et insupportable de cet enfant se manifeste
les jours précédents une maladie, plus ou moins grave, notamment une fièvre
éruptive (tous les signes s'améliorent alors avec la sortie de l'exanthème).
Pourquoi vient-il consulter le dentiste ?
LACHESIS est cité au T d â "Dents cariées" et â "Effritement des
dents", au 2'd également à "Aphtes" et â "Gingivite
ulcérée", au 3'd â "Ulcérations buccales" (2°d pour la langue et la
gencive). La tendance ulcéreuse évoque le complémentaire fréquent de ce
remède, LUESINUM, biothérapique du mode 1-L'étique. D'où d'ailleurs
l'éventualité d'une morphologie dystrophique chez l'enfant LACHESIS, mais ce
n'est pas obligatoire (tous les luétiques ne sont pas "fluoriques").
L'ENFANT « SEPIA »
Si la
femme
SEPIA est largement décrite dans tous les
ouvrages, il n'en est pas de même pour l'enfant. Mais plusieurs pédiatres de
la nouvelle génération, J. LAMOTHE et D. GRANDGEORGE plus particulièrement,
insistent sur l'importance de SEPIA chez l'enfant. Selon notre habitude,
nous proposons ici une synthèse à partir des publications de R. ZISSU (MMHC
– Tome l - Ed. Boiron 1989), de J. BARBANCEY (Pratique homéopathique en
psychopathologie, T2), de deux articles de la revue "HOMEOPATHIE'" (1984/5)
= J. LAMOTHE: "SEPIA en pédiatrie", D. GRANDGEORGE: "L'enfant SEPIA en
pratique quotidienne", sans oublier bien-sûr, le Répertoire de
KENT.
Le nourrisson ne concerne pratiquement
jamais le chirurgien-dentiste. SEPIA peut être utile à cet âge (ictère
néo-natal, constipation sans besoin...), D. GRANDGEORGE cite les signes de
SEPIA présents chez la mère, jeune accouchée, qui annoncent l'indication de
ce remède chez elle et chez son enfant, en insistant sur les risques
psychiques qui ont une répercussion chez le nourrisson, voire même chez
l'enfant: persistance d'un masque de grossesse important, chute des cheveux
après l'accouchement, pleurs en racontant ses problèmes, eczéma, hémorroïdes
aggravées par l'accouchement, les règles ne reviennent pas après
l'accouchement. Mais le plus important est
la dépression du post partum avec rejet de
son enfant. Devant ce tableau,
il est important pour le médecin de ne pas "rater" l'indication de SEPIA,
qui donne d'excellents résultats ("des miracles" D.G.). Sinon, le
nourrisson peut présenter différents troubles, relevant toujours de SEPIA.
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 | Problèmes cutanés: eczéma
vers le 2-3° mois, éruptions sèches (plis de flexion des jambes ou
rétro-auriculaires).
|
 | Problèmes O.R.L.=
rhino-pharyngites, otites, compliquées de broncho-pneumopathies
dyspnée sanies, écoulement purulent rétro-nasal pouvant induire des
troubles gastriques (avec rejet du lait, vomissements,
régurgitations...) et intestinaux (diarrhée, marasme surtout si
s'ajoutent une anorexie et un dégoût du lait). |
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D. GRANDGEORGE ajoute que le nourrisson
SEPIA fait volontiers des troubles au moment des poussées dentaires:
diarrhée, irritation des fesses. L'aspect physique peut évoquer CALCAREA
CARBONICA type "maigre" ou SILICEA, d'autant plus que SEPIA a un retard de
fermeture des fontanelles et transpire de la tête pendant le sommeil. Mais
SEPIA n'a pas de retard dentaire.
Ces auteurs insistent également sur les
perturbations de la réponse immunitaire chez ces enfants, expliquant soit
des troubles par insuffisance de la réponse (anergie = infections O.R.L.
répétées et traînantes), soit de type allergique (rhinites, bronchites,
trachéites spasmodiques, asthme, dermatoses atopiques ou mycosiques).
L'enfant SEPIA
consulte le médecin pour différents
troubles cutanés (eczéma, herpès labial ou péri-labial, orgelets) et surtout
O.R.L. et respiratoires. L'énurésie et l'anorexie sont
deux motifs fréquents de consultation, soulignés par R. ZISSU.
Les circonstances étiologiques de
SEPIA chez l'enfant sont les suivantes:
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Antécédents chez la mère: dépression du
post-partum ou durant la première enfance, rejet de son enfant ou
indifférence affective; frayeur durant la grossesse. Anesthésie générale
pendant l'accouchement (ictère néo-natal)
|
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Personnels: frayeur ou peur ou
émotions, anesthésie générale chez l'enfant (asthénie, migraines,
troubles digestifs ou psychiques). Manque de sommeil. Suppression de la
transpiration ou d'une éruption. Séjour à la mer, coup
de chaleur, refroidissement, humidité, après avoir été mouillé, temps
venteux, orage, avant l'orage. |
Comment se présente l'enfant SEPIA sur le
plan morphologique: petit et maigre, avec des muscles peu développés et des
articulations hyperlaxes, hypotoniques. La peau est souvent mate, bistrée,
parfois jaune terreuse par périodes, notamment autour des orifices lorsque
l'enfant a des troubles digestifs. Il y a des taches brunes, des éphélides,
des naevi. Les lèvres sont souvent fissurées (NATRUM MUR.. = fissure
médiane), surtout la lèvre inférieure, et perlèche fréquente. Le système
pileux est développé (moustache fine insolite chez un jeune enfant et â plus
forte raison chez une petite fille!).
L'enfant est frileux, craint le froid
humide (mais 89 remèdes dont 16 polychrestes à cette rubrique), n'aime pas
le climat marin, le temps venteux ou orageux. Il n'aime pas non plus les
vêtements serrés (LACHESIS, LYCOPODIUM), les enlève et s'enrhume. Quand il
est enrhumé, il aime la chaleur du lit.
Et enfin, quid de son comportement
psychique ?
Comme l'adulte, l'enfant SEPIA est
introverti, inhibé sur le plan affectif et souvent déprimé. Sur ce fond,
il peut être irritable, anxieux et obsédé. Comme NATRUM MURIATICUM
dont il est le remède d'aggravation le plus fréquent, l'enfant SEDIA n'est
pas facile â vivre, il s'enferme dans son monde et fuit les relations avec
autrui. Le Répertoire de KENT fourmille de signes de ce type: indifférent
aux êtres chers (3° d), aversion pour les membres de sa famille (3°d),
aversion pour la compagnie (2°d) et aggravation par la consolation (3°d),
mais crainte de la solitude (2°d} et pourtant amélioré quand il est seul
(3°d), aversion pour la présence d'étrangers (2°d), peur des gens (1°d),
timide (3°d), besoin de tranquillité (1°d). Tout cela ne facilite pas la vie
scolaire. L'enfant SEPIA est solitaire, timide, réservé, peu communicatif,
ne regarde pas en face, n'aime pas les réunions, ni jouer avec des
camarades, préfère la compagnie des adultes. Mais il n'est pas impossible de
le "dégeler" par un comportement approprié. Souvent, cet enfant a des
problèmes de communication orale: aggravé par la conversation (1°d),
irritable quand on lui parle (1°d), répond par monosyllabes (1°d), avec
lenteur (1'd), place mal ses mots, fatigué quand il parle, aggravé par les
discours des autres. Et lorsqu'une situation ne lui convient pas, il se
réfugie volontiers dans une lipothymie: malaises, pertes de connaissances
pour des riens.
Dans un article intéressant, "SEPIA
et l'ombre" (L'Homéopathie française - 1977/1), le psychiatre
Michel BOUJARD insiste sur
l'ambivalence du comportement de
SEPIA. Dans cette étude, l'auteur ne traite que du comportement de la femme
adulte, mais plusieurs traits sont retrouvés chez l'enfant. Cette
ambivalence n'est pas l'apanage exclusif de SEPIA. Qui n'a pas été trompé
par un NUX VOMICA calme, poli, réservé, presque timide au cabinet dentaire
et qui n'exprime sa véritable personnalité qu'avec ses proches
(famille, collègues de travail? Il en est de même avec SEPIA: "Il n'y a pas
de lumière sans ombre" (Jung). La Matière Médicale avance des signes
ambivalents: réservée, timide, déprimé, indifférente, irritable, mais aussi
femme délicate, sensible aux impressions, docile, conventionnelle, tout
comme l'enfant. Il accepte souvent les activités qu'on lui impose: école,
sport, musique, il s'occupe de ses frères et sœurs, etc... mais accomplit
tout cela avec ennui, sans entrain parce qu'on le lui impose, que cela ne
procède pas d'un choix personnel. LAMOTHE ajoute: "L'expérience de
maternage précoce sans affection ne fera que renforcer sa rancœur et son
dégoût des enfants, aussi plus tard, elle reproduira cette relation
pathogène avec son propre enfant et cela pourra continuer longtemps...".
Ainsi, l'enfant SEPIA peut-il donner de lui une image qui ne lui convient
pas. Ambivalence et contradictions! A l'image de la seiche qui se dissimule
dans son environnement et s'entoure d'encre noire en cas de danger, les
sujets SEPIA sont des "malades â la fois actifs, irritables, insatisfaits
revendicatifs, ayant besoin de contacts sociaux - mais qui, facilement
blessés, se rétractent, se renferment, se font
transparents,
dans une solitude qui les
aggrave, mais qu'ils la recherchent, non sans masochisme" (J. BARBANCEY). Et
encore une clef pour comprendre l'enfant SEPIA = Il fait des efforts en
classe pour ne pas se faire
remarquer, pour être conforme à
ce qu'on attend de lui, pour ne pas laisser apparaître son ennui et son
indifférence: c'est alors un enfant obéissant, sage, appliqué, sérieux, qui
ne donne aucun soucis. Mais en même temps, il se réfugie dans un monde
imaginaire d'où il n'aime pas qu'on le dérange: il rêve d'une autre vie, ce
que J. BARBANCEY appelle la pathologie du désir et de la communication
ou d'une pathologie du refoulement, que l'on retrouve ensuite
chez l'adulte. Et ainsi, cette psychiatre explique divers comportements,
dont l'homosexualité: "l'homosexualité est une manière pour la fille SEPIA
en niant son propre sexe, de renier sa mère, et par un acte
public de protection virile, de refuser les rôles féminins auxquels
elle était destinée: partenaire affective et sexuelle de l'homme, mère et
gouvernante du foyer". Ou encore l'anorexie mentale de
l'adolescente qui refuse l'image de son corps (dysmorphophobie,
hantise de grossir alors qu'elle est maigre): il s'agit d'un refus du corps
qu'on désirerait diaphane, impondérable, immatériel. On pourrait continuer
ainsi, mais il faudrait citer tous ces articles in extenso. Les références
bibliographiques permettent â ceux qui le désirent de les retrouver et de
les étudier â fond.
L'ENFANT
« PLATINA »
Certains seront étonnés de voir citer ce
remède dans cette étude du comportement de l'enfant, tant est largement
diffusée l'image de PLATINA correspondant à une femme à l'élégance voyante,
au comportement hautain, exclusivement tracassée par le désir effréné de
séduire, tourmentée essentiellement par sa sexualité d'autant plus exacerbée
que non ou mal réalisée. Ce remède peut malgré tout être très utile chez
l'enfant. Voici une observation de D. GRANDGEORGE (toujours tirée de
L'Homéopathie exactement - T2, p.260).
Karina L... est une petite fillette de
trois ans dont le remède de fond,
SULFUR,
a toujours agi rapidement, la guérissant
des divers rhumes et bronchites que les hivers et la collectivité des
garderies lui concoctaient. Et puis brusquement, rien ne va plus. Les
bronchites traînent, une infection urinaire survient, le poids stagne, son
petit minois reste pâle et cerné. Cependant, cela n'altère pas son dynamisme
et sa séduction. Invité â un cocktail chez ses parents, je discute avec cinq
confrères, quand, ayant remarqué que l'on forme un cercle, elle intervient
avec autorité pour nous demander de faire la ronde avec elle. Puis elle se
place au centre de la ronde et se met à chanter des chansons. Parents ravis
- bon public - applaudissements:
elle rayonne tout â coup.
"Dès que
nous avons
du
monde, il faut qu'elle se fasse remarquer"
me confie sa mère. Par ailleurs,
elle est d'une grande coquetterie, choisit ses robes chaque matin, en change
souvent. PLATINA 30 CH.
Un mois après, nouvelle bronchite et
là, de nouveau, succès instantané
de SULFUR 15 CH qui
marche depuis, immanquablement - l'enfant
n'étant d'ailleurs presque plus malade...".
J. BARBANCEY propose une étude détaillée de
PLATINA, avec une comparaison point par point avec
SEPIA
(ouvrage déjà cité, tome 2, p.128 et
suivantes). En voici quelques extraits concernant l'enfant, qui est presque
toujours une petite fille.
PLATINA est le plus souvent une petite
fille blonde ou châtain, svelte, très féminine, parlant avec aisance,
extravertie, qui fait la "grande", recherche les compliments et veut se
faire remarquer. SEPIA est brune, "garçon manqué", sans féminité, parle peu,
introvertie, cherche à passer inaperçue.
A l'école, PLATINA est susceptible,
orgueilleuse, elle cherche "à briller". S'il s'agit d'une fille "sotte",
elle se fait remarquer jusqu'au ridicule, mais si son
intelligence est normale, son désir de se mettre en valeur peut l'inciter à
s'en donner les moyens, en travaillant,
ou en trichant.
Son seul but est le succès. Dès l'enfance,
la petite PLATINA veut séduire, veut se rendre intéressante, veut dominer
son entourage, cherche à plaire notamment à ceux qui sont plus brillants
qu'elle. Elle le fait parfois avec charme, d'autres fois avec arrogance. Les
garçons la trouvent belle, les filles insupportable ou odieuse, ce qui la
ravit. Par la suite, son adolescence et sa vie de femme seront caractérisées
par le même comportement, opposé de celui de SEPIA.
PLATINA vient-elle consulter son dentiste ?
La Matière Médicale donne les signes suivants: "Sensation de froid dans la
bouche. Douleurs de pulsation, vrillantes, creusantes, à travers la mâchoire
inférieure, surtout du côté droit, avec des sensations d'engourdissement et
de froid. Sensation comme si la langue avait été brûlée, échaudée. Sensation
de tiraillements dans la langue " (LATHOUD). HAHNEMANN souligne "des
fissures de la langue et surtout une
sensation de
brûlure" (2°d dans le KENT) et décrit de
nombreuses douleurs ressenties dans les dents ou au niveau de la langue.
Dans le Répertoire de Kent, PLATINA est cité au l°d à "dents cariées",
à "douleurs dentaires", à "bouche sèche", et au 3°d à "névralgies
faciales". Les douleurs augmentent et disparaissent graduellement. Enfin,
"les symptômes physiques disparaissent quand se montrent les symptômes
mentaux et vice-versa" (LATHOUD).
L'ENFANT
"STAPHYSAGRIA"
Comme de nombreux polychrestes,
STAPHYSAGRIA
laisse dans le cerveau de pratiquement tous
les homéopathes l'image d'un sujet hypersensible, facilement coléreux,
blessé par un mot maladroit, frustré sur le plan sexuel, familial ou
professionnel, mais refoulant et intériorisant sa colère ou son indignation,
ne la laissant paraître qu'avec ses proches, et l'exprimant souvent par
différents troubles somatiques. Bref, l'image de STAPHYSAGRIA en fait le
remède principal de troubles psychosomatiques (muqueuses génito-urinaires,
ganglions lymphatiques, tissus osseux et dentaires, peau dont les verrues,
les condylomes ou les orgelets).
Cette image classique, stéréotypée, mais
réelle, ne se rencontre pas fréquemment chez l'enfant. Ce que J. LAMOTHE
souligne très bien (L'Homéopathie exactement - T2, p.283): "En pédiatrie, si
l'on cherche à prescrire STAPHYSAGRIA sur les notions classiques
d'indignation refoulée, de colère rentrée, de suites de masturbation,
etc..., il est évident qu'on ne le donnera que très rarement, sauf après des
événements traumatisants de la vie d'un enfant et en tous cas presque jamais
comme remède de fond d'un enfant présentant une maladie chronique. Or, il
doit faire partie des trente principaux polychrestes infantiles...
Pourquoi est-il difficile de mettre en
évidence l'indication de ce médicament chez un enfant ? Une
première explication provient sans doute du fait que les troubles somatiques
de STAPHYSAGRIA résultent d'un autocontrôle des indignations, plus
facile chez un adulte que chez un enfant qui n'en a pas forcément une
conscience complète. Ainsi, on peut distinguer un comportement différent de
l'enfant selon son âge: le tout petit, de moins de 3-4 ans, n'intériorise
pas, il exprime directement et "sans se masturber la cervelle"
ses colères ou son mécontentement: il est irritable, agressif, coléreux,
grognon, pleureur ou hurleur, capricieux, hypersensible et volontiers
spasmodique (colique spasmodique). L'enfant plus grand peut déjà se
contrôler et c'est alors qu'on aura une double image de son comportement:
doux, obéissant, sage avec des étrangers, à l'école par exemple ou au
cabinet dentaire malgré sa peur des soins, mais odieux, coléreux ou agressif
lorsqu'il est chez lui avec ses proches. Enfant modèle, sage
comme une image a l'école, il matérialise cependant ses colères
déjà contrôlées en rougissant facilement, en fondant en larmes apparemment
sans raison, par une timidité un peu excessive. Et au fur et â mesure que
l'enfant grandit, vont se préciser les signes psychiques classiques:
hypersensibilité, susceptibilité, indignation, refoulement, préoccupations
sexuelles, sentiment d'injustice, etc..., mais avec un contrôle de plus en
plus maîtrisé et des signes somatiques plus avérés.
Lorsqu'on parcourt les
différents chapitres sur le psychisme dans le Répertoire de KENT, on trouve
en vrac les signes suivants: affectueux, attaché â sa maison, timide,
tranquille, irritable, rougit facilement, peu enclin à parler, pleurnichard
sans raison, pensif, capricieux, envieux, jaloux, orgueilleux, ne supporte
pas la consolation, aime la solitude, coléreux (jette, casse les objets),
anxieux, triste, difficultés de concentration, confusion...
Alors comment comprendre
l'enfant STAPHYSAGRIA ?
Les élèves de R. ZISSU, ou même les
lecteurs de sa MMHC, n'ont pas de difficultés. L'enfant STAPHYSAGRIA est
malingre, irritable, capricieux, instable et présente divers troubles:
adénites indurées, hypertrophie des amygdales, éruptions torpides
récidivantes, croûteuses, suintantes ou prurigineuses, douleurs abdominales,
vers intestinaux, etc... C'est que, sans doute pour des raisons
héréditaires, puis par suite de son mode de vie, cet enfant réagit
préférentiellement sur les modes tuberculinique ET luétique.
Conjonction diathésique que nous avons personnellement maintes fois déplorée
pour la minéralisation des dents, expliquant ainsi les signes dentaires si
souvent décrits dans toutes les matières médicales (sauf dans celle de KENT
!, mais il y a plus de deux pages de signes bucco-dentaires dans celle de
HAHNEMANN): "Les dents noircissent ou sont striées de noir; elles ne peuvent
être tenues blanches; elles tombent en morceaux, elles se carient sur leur
bord"...On décrit aussi de nombreuses douleurs ressenties dans
les dents saines ou cariées (après le repas, au contact des aliments mais
non au cours de la mastication, < par les boissons froides ou par un courant
d'air froid...Sialorrhée, gencives spongieuses, saignant facilement,
ulcérations, gonflement des sous-maxillaires...(LATHOUD). La précocité de
l'attaque carieuse, l'effritement des bords ou des collets (émail) expriment
bien la conjonction bi-diathésique. Et cet aspect de la carie est bien
différent de celui de l'adulte frustré: carie avec dentine noire et dure, â
évolution très lente, sans signe pulpaire. Sans oublier que sur ce fond
tuberculino-luétique, viennent s'ajouter les conséquences des causes
typiquement sycotiques: vaccinations, médicaments chimiques répétés lors de
troubles infectieux (O.R.L. notamment du fait de la sensibilité au froid et
des hypertrophies ganglionnaires).
Dans un
tel contexte, il est naturel que le praticien soit souvent embarrassé et ne
retrouve pas d'emblée l'indication de STAPHYSAGRIA. J. LAMOTHE dit:
"Il s'agit d'un remède difficile à voir car ces clients sont
parmi ceux qui cachent le mieux leur jeu". Quels sont les
médicaments qui apparaissent ? Selon la tendance diathésique, tantôt des
remèdes tuberculiniques = NATRUM MURIATICUM, SILICEA - tantôt des remèdes
luétiques = MERCURIUS, MEZEREUM, PHYTOLACCA ou LUESINUM. Et en guise de
conclusion pour ce médicament, voici une observation proposée par J. LAMOTHE
qui montre que STAPHYSAGRIA sait se dissimuler, laisse volontiers apparaître
d'autres facettes de son "polyèdre réactionnel":
"Adeline, 7 ans, a une longue histoire
d'insuccès thérapeutiques. Eczéma apparu â 4 mois, > par un traitement
homéopathique pluraliste.
Urticaire généralisée évoluant par poussées
épisodiques à partir de deux ans et demi, ayant également disparu après un
traitement pluraliste. A 3 ans, début des rhinos, sinusites, bronchites, en
hiver: SULFUR, PULSATILLA, MEDORRHINUM ? A cinq ans et demi: zona.
Apparition de bronchites asthmatiformes à 6 ans, cinq jours après la
naissance de son frère, un mois après le B.C.G.. Amélioration psychique et
somatique par PULSATILLA.
Trois mois après: rougeole, ayant bien
évolué avec ARSENICUM. Six mois après: réapparition de l'asthme bronchique,
pour cette fois-ci toujours sensible â ARSENICUM en aigu, mais PULSATILLA
donné à toutes les dilutions ne donne plus rien!
A 7 ans: STAPHYSAGRIA a été trouvé lors
d'une consultation: fille coquette, très gentille, très raisonnable, très
bon travail scolaire, très réservée: parle toujours très peu au cabinet.
Elle semble PULSATILLA, mais en fait on me rapporte qu'elle est au fond très
susceptible et boudeuse, ce qui n'avait jamais été dit: elle avait paru
améliorée psychiquement par la naissance de son frère car elle supportait
mal la solitude. En fait, elle était secrètement jalouse et un peu écrasée
par ce "petit roitelet" bruyant et audacieux. On me rapporte aussi que l'été
dernier, en vacances, elle avait été très jalouse d'une de ses amies.
L'enfant est d'ailleurs un peu trop raisonnable, elle obéit par crainte,
elle s'occupe du bébé par devoir: sa mère est une femme autoritaire,
directrice du personnel dans une entreprise, jusqu'au jour où
elle a eu un fils: elle est devenue alors une femme très douce. L'enfant me
donne l'impression d'être incomprise par ses parents et de se taire en
permanence. STAPHYSAGRIA, une dose en 10.000, a arrêté son asthme qui
commençait à devenir chronique: d'abord il a laissé place à une bronchite
grasse, non asthmatiforme, puis une autre dose trois semaines après a fait
disparaître cette bronchite...Nous avions par ailleurs une profonde
amélioration psychique qui se lisait dans le regard d'Adeline: elle semblait
moins "coincée", plus épanouie. Nous avons alors conseillé à la
famille quelques entretiens avec un psychothérapeute...Cela n'a provoqué que
le départ définitif de ces clients, que le conseil a rebuté...Il est des cas
où la parole doit dénouer ce qui a été noué par elle". Il est dommage que ce
pédiatre ne dise pas un mot de l'état de la denture de cette petite fille.
EN
CONCLUSION
A travers les quelques cas et remèdes vus
dans cette étude, on peut mesurer l'intérêt que revêt le comportement d'un
enfant au cabinet dentaire. Le chirurgien-dentiste "homéopathe" peut
deviner, â travers le remède qu'indique ce comportement, les conséquences
éventuelles sur la bouche et les dents, proposer chaque fois que possible
des mesures de prévention.
C. GARCIA
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