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PSORINUM

Son « univers »
Ses origines - son devenir - ses satellites
Sa clinique à chaque âge de la vie

 

Docteur Roland ZISSU

 

INTRODUCTION 

            Le titre de cette conférence exprime bien les problèmes et le but que nous envisagerons : faire connaissance avec l’univers de PSORINUM, c’est-à-dire l’environnement dans le temps et dans l’espace de ce grand biothérapique

Idée conceptuelle           

La pathogénésie d’un remède est un tout, ses signes essentiels sont incontournables, mais leur distribution est fonction de facteurs dont les principaux se réfèrent à la clinique et celle-ci est différente selon les âges de la vie, liée à l’évolution de l’être humain depuis sa naissance : la biologie de tout l’être se modifie selon l’âge, tributaire du développement anatomique et physiologique des différents tissus, des fonctions, des sécrétions hormonales, des organes, au cours de la vie. 

La matière médicale homéopathique est une collection de signes : verticale dans l’espace (de la tête aux pieds) - horizontale dans le temps, mais limitée, ce qui exclut le plus souvent le devenir des signes disons contemporains.

            Or en face, en similitude, il y a le malade avec ses signes en relief dans l’espace, mais variables de siège dans le temps et non obligatoirement limité, avec le plus souvent juxtaposition de signes contemporains et de signes précédents et suivants

            C’est dire que si théoriquement l’équation malade/remède semblable paraît simple, elle est beaucoup plus complexe dans son application. Il faut en conséquence faire un tri en fonction côté malade : de son passé, de son présent et des prévisions d’avenir - côté remède : il n’y a pas de passé, il y a un présent plus ou moins long et seulement une prévision d’avenir. Mais de plus la clinique étant différente selon les âges, un deuxième tri doit se faire quant aux signes qui y correspondent. 

            La pathogénésie est une, mais les signes doivent s’adapter à la clinique selon les âges, avec cependant un tronc commun, représenté par les grands signes caractéristiques, et dans l’ordre : étiologiques, psychiques et généraux

            Mais disons-le tout de suite, il existe dans notre approche deux écueils à éviter : 

1.  La distorsion du remède, c’est-à-dire vouloir coûte que coûte qu’il soit le simillimum au moyen d’une interprétation abusive de certains signes, et nous n’évoquerons même pas ce que SCHMIDT, l’éminent homéopathe de Genève appelait le « torpillage » de l’interrogatoire du malade, autrement dit orienté dans le sens voulu par le praticien. Pour l’éviter, il faut avoir constamment à l’esprit l’autonomie du remède. 

2.  La prise en charge exclusive de la clinique, dont les signes par rapport au simillimum ne sont pas forcément pathogénétiques, mais interprétatifs. Attention DANGER.

            C’est en ayant en tête ces deux menaces, en référence à une lecture linéaire de la symptomatologie, qu’à l’ombre de notre expérience, nous avons repris l’étude des grands remèdes de la Matière médicale dans son adaptation aux divers âges de la vie. Nous en proposons la démonstration avec PSORINUM.

 

 PLAN 

·      Etude des causalités

·      Rappel de l’action générale

·      Synthèse = son univers

·      L’essentiel dans la pratique

·      PSORINUM et les âges de la vie :

*     Le nourrisson

*     L’enfant

*     L’adolescent(e)

*     L’adulte

*     Le sujet âgé.

  oOo 

 

            Classiquement dernier remède du mode réactionnel psorique, caractérisé précisément par une défense organique tellement débordée qu’elle ne répond plus à aucune agression exo et/ou endogène, d’ordre aigu, subaigu ou chronique et c’est ce manque de réaction, cette anergie qui le caractérise, l’individualise et le « poursuit » tout au long de sa pathogénésie. De SULFUR chaud à PSORINUM froid. 

            Mais son espace dépasse le mode psorique, dans la mesure où l’anergie peut être également l’aboutissant d’autres modes réactionnels « débordés », dont surtout le mode tuberculinique, plus rarement le mode sycotique à sa phase terminale scléreuse. 

            Suivons à présent le plan ci-dessus. 

 

RAPPEL DE L’ACTION GENERALE

 

            Quatre chapitres : 

A -  Le BLOCAGE progressif ou chronique des éliminations : 

1/ A la PEAU : atone, sèche, rugueuse, d’aspect sale, de mauvaise odeur, avec horreur de l’eau froide (cf SULFUR). 

Sur ce fond : 

a)  Les sueurs : sur cette peau sèche, les sueurs de la face et du front grasses, huileuses, au plus petit exercice, ou après une maladie aiguë débilitante. Elles soulagent momentanément.

b)  Les éruptions : elles sortent mal, < en hiver, par le froid (PETROLEUM), disparaissent l’été (contraire = GRAPHITES). Elles siègent n’importe où, mais surtout rétro-auriculaires (GRAPHITES), aux plis articulaires (SEPIA), au cuir chevelu (CALCAREA CARBONICA), interdigital (SELENIUM). Elles sont : ou sèches et écailleuses (ARSENICUM ALBUM) ou pustuleuses ou vésiculeuses (RHUS TOX.), ou croûteuses ou suintantes (GRAPHITES, MEZEREUM) avec un écoulement aqueux, irritant, fétide. Le prurit est important, pire à la chaleur du lit (SULFUR, GRAPHITES), pire par le lavage (SULFUR), amélioré à l’air frais malgré la frilosité.

c)  Deux caractères capitaux : la chronicité et les alternances : peau, muqueuses, centres nerveux, c’est-à-dire organes de transmission et d’élimination, sur fond d’asthénie (contraire = SULFUR). 

2/ Au niveau des muqueuses : quel que soit le siège = irritations catarrhales chroniques, difficiles à extérioriser, éliminations fétides. Surtout :  

a)  ORL, respiratoires :

·      Coryza chronique avec perte de l’odorat, évoluant vers l’ozène (muqueuse en voie de destruction) ? KALI BICHROMICUM, NITRI ACID.

·      Amygdalite caséeuse (KALI MURIATICUM, MAGNESIA CARBONICA).

·      Toux chronique hivernale sèche ou avec expectoration difficile d’un mucus jaune verdâtre à goût salé (SEPIA).

·      Asthme < l’hiver, > couché à plat, bras écartés pour augmenter l’ampliation thoracique (LAUROCERASUS : cardio-pulmonaire, les remèdes bien indiqués n’agissent pas).

 

b)  Appareil oculaire : blépharite, ophtalmie chronique avec photophobie (les MERCURIAUX - dans un registre d’aggravation : MERCURIUS SOL. ? MERCURIUS BIIODATUS à gauche, PROTOIODATUS à droite  (MERCURIUS CORROSIVUS).

c)  Au niveau des oreilles : otorrhée chronique avec pus ichoreux et fétide, interminable (SILICEA). 

d)  Au niveau des muqueuses digestives : sur constipation chronique de fond par inertie rectale : la diarrhée intermittente, impérieuse, fétide, matinale : de 1h à 4h (horaire avant SULFUR). Nombreux remèdes dont PODOPHYLLUM. 

e)  Au niveau des muqueuses uro-génitales : écoulement prostatique avant la miction - urétrite chronique indolore - leucorrhée fétide avec douleurs sacrées (HYDRASTIS, KREOSOTUM). 

3/  Cinq caractères communs de ces éliminations cutanées et muqueuses : fétides, chroniques, difficiles et aspect dense, alternantes (asthme et eczéma - eczéma et diarrhée - diarrhée et manifestations articulaires, etc...), de désespoir (synthèse).       

 

B - L’ATTEINTE PROFONDE DU SYSTEME NERVEUX : le MANQUE DE REACTION.

            Tout le système nerveux est concerné :

1 - De la vie de  relation avec atteinte : 

a)  Du psychisme  = la triade :

·      Tristesse profonde avec désir de solitude et de rester couché (SEPIA).

·      Désespérance désabusée et fatalisme.

·      Conséquence des deux : complexe d’infériorité avec pessimisme , se sent incurable (ARSENICUM ALBUM). 

b)  De la motricité : faiblesse physique et musculaire fonctionnelle, > couché, > en mangeant (se lève la nuit pour manger) = nombreux remèdes. 

c)  De la sensibilité aux impressions extérieures, aux changements atmosphériques, au froid (avec phobie) = nombreux remèdes.

 

2 - Du système neuro-végétatif : par son intermédiaire, tous les appareils sont atteints : 

a)  Digestif : atonie de haut en bas.

b)  Respiratoire : ne respire mieux que couché.

c)  Urinaire : gêne vésicale, miction lente avec efforts.

d)  Génital : frigidité, impuissance, aversion pour le coït.

Par son intermédiaire, les sécrétions glandulaires s’amenuisent, avec hypofonctionnement glandulaire, surtout thyroïdien, expliquant la frilosité - surrénalisme justifiant l’asthénie. 

 

C  -  LES TROUBLES DE LA NUTRITION :

1)  Troubles de l’anabolisme entraînant la déminéralisation avec amaigrissement (à comparer avec les remèdes tuberculiniques). 

2)  Troubles du catabolisme expliquant les signes trophiques (ongles - dents - cheveux). 

3)  Troubles de l’excrétion cellulaire, aboutissant à la sclérose des organes nobles. 

Deux conséquences : < par le froid - > en mangeant, même la nuit, dans une suprême tentative de réactivation des métabolismes.

 

D  -  LES ALTERNANCES ET LA PERIODICITE :

            Sous l’égide de deux diathèses principales : le mode psorique dans le « désespoir » réactionnel - le mode tuberculinique avec sa note déminéralisante. 

            Les alternances morbides sont : 

1)  Multiples (migraines - asthme - pollinose - diarrhée - éruptions - sueurs).

2)  Continuelles, car peu efficaces et éphémères < par le froid, > en été sauf la pollinose. 

            La périodicité : variable - rythmée par l’hiver sauf la pollinose annuelle - 8, 15, 21 jours (migraines) - à la pleine lune (incontinence d’urines, par parésie vésicale) - sans périodicité nette pour la peau et les muqueuses. 

 

SYNTHESE

 

            PSORINUM est   soit un AUTO-INTOXIQUE psorique chronique -  soit un DEMINERALISE tuberculinique. 

L’AUTO-INTOXIQUE est l’aboutissant de la série inaugurée par SULFUR. C’est le plus souvent un adulte ou un sujet âgé, plus rarement un enfant (après suppression d’une éruption et apparition d’un asthme), plus rarement encore un nourrisson « scrofuleux » à lourde hérédité polydiathésique. 

LE DEMINERALISE est un tuberculinique sur fond psorique, sous l’effet de maladies anergisantes (NATRUM MURIATICUM ? SILICEA ? ARSENICUM ALBUM) ou après suppression éliminatoire ou pertes liquidiennes. C’est le plus souvent un enfant ou un adolescent, plus rarement un adulte ou un sujet âgé

 

ETUDE DES CAUSES

 

A  -  ACQUISES : 

            Quatre essentielles : 

1)  La suppression externe des éliminations, spontanée ou provoquée (éruptions - écoulements cutanés ou muqueux).

2)  Les pertes répétées ou abondantes de liquides vitaux.

3)  Des maladies aiguës graves à convalescence longue, traînante, débilitante, à rechutes.

4)  Une succession de longs surmenages nerveux, chroniques.

 

B  -  HEREDITAIRES : 

            Surtout les modes psorique ou tuberculinique à leur phase asthénique, accessoirement le mode luétique.

 

SYNTHESE = SON UNIVERS

 

            Il est intéressant de considérer la vie de PSORINUM à travers les remèdes gravitant autour de lui et qu’on retrouve en clinique et ceci en considérant successivement :

 

1  -  SES ORIGINES :

 

                                                          SEPIA

            *  SULFUR â HEPAR SULFUR                                  BARYTA CARBONICA

                                                          LYCOPODIUM

 

                                          GRAPHITES

            *  CALCAREA CARB.                             THUYA   â     CAUSTICUM

                                          KALI CARB.

 

            *  CALCAREA PHOSPHORICA  â  NATRUM MUR. â  SILICEA

 

2  -  SON DEVENIR :

            *  ARSENICUM ALBUM  â  CARBO VEGETABILIS

 

3  -  SES SATELLITES : 

            *  PETROLEUM â SILICEA  â  NATRUM MUR.  a TUBERUCLINUM

            *  BARYTA CARBONICA

            *  SEPIA â SULFUR

            *  THUYA (GRAPHITES) â CAUSTICUM a TUBERCULINUM RESIDUUM

 

4  -  SES REMEDES PAROXYSTIQUES :

 

            *  Remèdes froids :  CAMPHORA - CISTUS CANADENSIS

                                     KALI CARB. â CARBO VEGETABILIS

 

            *  Remèdes cutanés :  PETROLEUM     )

                                        RHUS TOX.       )   â  ARSENICUM ALBUM

                                        HEPAR SULFUR )

SON PROFIL HIERARCHISE

 

 

1/         Suites de =  maladie antérieure aiguë ou chronique mal résolue,

                                   une suppression externe d’éliminations,

                                   pertes abondantes de liquides vitaux,

                                   longs surmenages nerveux à répétition.

 

2/         L’ANERGIE se manifeste par deux ordres de signes : 

a)  Le malade ne réagit pas aux remèdes homéopathiques même bien choisis ou à une tentative sur les facteurs étiologiques.

b)  Les alternances morbides sont moins marquées et s’espacent avec une périodicité allant jusqu’à l’annuité.

 

3/         Il en résulte une dépression profonde : 

·      Sur le psychisme : désespéré, se croit incurable, anxieux et peureux, manque total de confiance en soi et aux autres, se replie sur lui-même.

·      Sur le physique : avec la triade = frilosité extrême, se couvre beaucoup, < par le froid, < l’hiver, < par les changements de temps, < par l’orage, > par la chaleur, en été - amaigrissement  progressif malgré une faim anormale - le malade n’est bien que couché.

 

4/         Alternances morbides de désespoir, à répétition, rebelles, mais : le patient se sent anormalement bien avant le déclenchement d’un processus morbide ou encore de son aggravation.

 

5/         Fétidité du corps, des sécrétions et excrétions.

 

6/         Prurit intolérable à la chaleur du lit (malgré la frilosité), même sine materia et fréquentes éruptions sur une peau malsaine.

 

 

L’ESSENTIEL DANS LA PRATIQUE 

 

1  -      Remède pilier en tant qu’aboutissant de processus pathologiques, en permettant l’utilisation des dernières réserves bien que bloquées du potentiel réactionnel de l’organisme en sollicitant les voies centrifuges et les émonctoires. Donc remède de dernier recours, de possibilités réactionnelles de « désespoir », la fin d’une lignée allant de SULFUR à PSORINUM. 

2  -      Trois moments de sa prescription à ne pas « rater » : 

1)  Comme tout remède suivant ses signes pathogénétiques : attention à l’aggravation éphémère mais difficile à supporter chez un tel sujet, d’où l’intérêt des satellites. En tout cas, dilutions croissantes espacées, de la 7 CH une à deux fois par semaine à la 30 CH tous les 30 ou 40 jours.

2)  Pour lever un barrage (le plus souvent psorique) : 3 doses en échelle à 24 heures d’intervalle (9 CH - 15 CH - 30 CH dans cet ordre).

3)  Comme « antipsorique » de fond, dans le cas de persistance de l’évolution diathésique (hautes dilutions à alterner avec le remède de fond, tous les mois ou deux mois).

 

  

TYPES SENSIBLES
ET CLINIQUES SELON LES AGES

 


 
LE NOURRISSON

 

 

·      Il s’agit d’un bébé à lourde hérédité familiale (retrouvée dans les antécédents), mode réactionnel psorique en tête certes, mais souvent associé = mode tuberculinique et/ou luétique.

·      Il est maigre, d’aspect maladif. D’emblée le regard est attiré vers une peau sèche, rugueuse, fragile, voire fissurée : « elle ne vit pas ».

·      Il est constamment agité la nuit avec cris, il a faim, alors qu’ayant également faim le jour, il est plutôt tranquille (cf LUESINUM - le contraire = LYCOPODIUM).

·      En tant que biothérapique diathésique, PSORINUM sera prescrit chez lui avec précaution, il sera précédé de remèdes ayant un minimum de signes similaires tels que NATRUM MURIATICUM ou SILICEA. Les troubles paroxystiques chez lui feront penser soit à LYCOPODIUM (le foie), soit à ABROTANUM (signes intestinaux et atteinte de l’état général), soit à ARSENICUM ALBUM assez voisin mais d’action plus profonde, notamment pour les troubles dysentériformes. Sous l’effet du remède et dans le sens d’une amélioration d’ensemble, on pensera à compléter ensuite par SULFUR IODATUM ou SULFUR avec prudence, enfin le CALCAREA constitutionnel ou celui dont les signes seront les plus proches.

 

INDICATIONS CLINIQUES - QUATRE GROUPES

 

1)  La prématurité, soit après une grossesse pathologique lourdement chargée - soit à cause d’un mode réactionnel psorique bloqué pour une raison ou une autre durant la grossesse (exemple d’un eczéma traité localement par corticoïdes et apparemment guéri).

2)  Le retard important de croissance accompagné des signes majeurs du remède bien entendu (par suite de sous-alimentation ou d’une alimentation non adaptée).

3)  La déminéralisation confinant à l’athrepsie.

4)  Les éruptions rentrées, le plus souvent spontanément, par défaut réactionnel et qui peuvent être :

·      Soit acquises (eczéma « rentré »).

·      Soit héréditaire : eczéma de la mère (surtout durant la grossesse) ou des parents.
 

 

 

L’ENFANT

 

Chez lui, le tableau se précise, il est plus typé.. Enfant maigre, voire athrepsique, sans raison apparente, sinon une carence alimentaire à toujours recherchée, à l’air maladif, maussade, replié sur lui-même, d’aspect sale, enclin à la fringale, à peau sèche, rugueuse, fissurée, avec fréquent prurit, souvent sine materia. On retrouve l’insomnie avec le peu de sommeil agité, voire accompagné de cris.

D’où vient cet enfant ? 

1/ Le mode psorique s’est dégradé d’une façon acquise soit en raison d’une suppression d’éruption, soit d’une maladie débilitante, anergique, mal résolue, traînante (maladies éruptives mal sorties par exemple, avec complications ou formes graves d’emblée). La convalescence a été longue, l’enfant s’est mal remis. 

2/ Le mode psorique est retrouvée dans les antécédents maternel et/ou paternel, avec notamment une succession de morbidités périodiques ou alternantes (peau et/ou muqueuses - organes ou tissus internes). 

            L ‘enfant a présenté, étant nourrisson, de l’eczéma, puis vers 3 ou 4 ans, soit concurremment soit après disparition de l’eczéma, apparition d’un syndrome asthmatiforme puis d’un asthme véritable, enfin une alternance eczéma/asthme. 

            Les signes indicateurs du remède, rappelons-les , sont : la frilosité, le manque de réaction et les manifestations cutanées torpides. 

3/ Un mode tuberculinique peut avoir été amorcé à la suite de la suppression d’une éruption, ou de la perte d’un liquide vital, ou d’une affection très débilitante, bloquant les fonctions anaboliques et faisant « basculer » l’enfant vers les propriétés caractéristiques de ce mode réactionnel. Dans cette éventualité, PSORINUM serait l’aboutissant de NATRUM MURIATICUM ou de SILICEA. Ne pas oublier ensuite TUBERCULINUM et le CALCAREA constitutionnel cimentant la situation.

 

Indications cliniques chez cet enfant PSORINUM : 

1.  Les convalescences traînantes des affections anergisantes.

2.  Les pathologies chroniques des psoriques frileux ou des tuberculiniques déminéralisés ayant besoin d’air malgré leur frilosité.

3.  Les alternances morbides signant le mode réactionnel primitif ; eczéma rentré puis asthme ou entéro-colite, le plus souvent. 

 

L’ADOLESCENT(E)

 

·      Chez le garçon, rien de particulier par rapport à l’enfant, sinon une sexualité déjà retardée et mal établie (est-ce une fonction de luxe para rapport aux autres ?), participant aux perturbations nutritionnelles, donc hormonales. 

·      Chez la fille, la puberté est difficile : règles irrégulières, peu abondantes, courtes, pouvant ne durer que quelques heures, pâles - ou trop prolongées (NATRUM MURIATICUM ou HEPAR SULFUR) - leucorrhée abondante, épaisse, nauséabonde, avec douleurs vives dans le sacrum - acné menstruelle, prurigineuse (SILICEA ou encore HEPAR SULFUR ou GRAPHITES , SABINA sur THUYA).

 

 

 L'ADULTE

 

Ce qui domine, c’est le manque de réaction vitale et les mêmes causes héréditaires et acquises déjà vues précédemment se renforcent, se multiplient. 

         Aux modes réactionnels psorique et tuberculinique, s’ajoute le mode sycotique authentifié par les infections subaigües et chroniques à dominante génito-urinaire et :ou O.R.L.      Chez ce sujet fragilisé par le mode psorique, les autres modes réactionnels ont plus de prise. 

            PSORINUM complétera les indications soit d’un SULFUR ancien, soit de NATRUM MURIATICUM, soit de THUYA ou de CAUSTICUM plus récent, ces dernières indications extériorisées par les « orages » génitaux ou sexuels. 

            Les pathologies, elles aussi, se diversifient sous l’égide de l’anergie : 

·      Les éruptions cutanées interminables et périodiques, pires l’hiver.

·      Les éliminations muqueuses, également chroniques, rebelles et torpides.

·      Les migraines alternant avec d’autres pathologies et périodiques. A noter : l’amélioration générale la veille de la migraine, qui s’accompagne de fringales.

·      Les alternances morbides de toutes sortes avec asthénie et manque de réaction, l’état général s’améliorant transitoirement lors des poussées éliminatoires.

·      Les syndromes psychiques à type de psychasthénies, évoluant en fonction des manifestations somatiques.

·      Les troubles de déminéralisation et de sclérose, résultant de l’action à long terme des modes réactionnels en cause.

 

LE SUJET AGE

       PSORINUM fait partie des remèdes froids, qui peuvent stimuler les dernières réactions vitales d’un âge où domine la sclérose. 

       HUIT REMEDES gravitent autour de lui et le précéderont dans sa prescription, avec pour chacun un secteur et des signes qui les différencient et n’en font adopter le plus souvent qu’un seul :

 

1.  BARYTA CARBONICA et sa sclérose cardio-vasculaire.

2.  CARBO VEGETABILIS et son asthénie circulatoire, surtout capillaire et veineuse.

3.  CAUSTICUM et ses parésies, voire paralysies.

4.  KALI CARBONICUM et les deux précédents indiqués dans les bronchites chroniques, voire bronchoplégie.

5.  AMMONIUM CARBONICUM et son action sur le métabolisme de l’urée.

6.  SILICEA dans son rôle de remède de sclérose d’origine tissulaire conjonctive (cf PHOSPHORUS = sclérose des organes nobles).

7.  PETROLEUM, voisin d'AMMONIUM CARBONICUM pour les troubles du métabolisme protidique et ses manifestations torpides et fissuraires cutanées.

8.  GELSEMIUM, proche de CAUSTICUM, avec à la fois parésie du système nerveux central et congestion vasculaire passive, soit cérébrale, soit cardio-vasculaire.

 

            PSORINUM, parmi l’un des ces 8 remèdes, peut soit mordancer leur action en apparence inefficace malgré la similitude, soit compléter leur impact lorsque celui-ci est éphémère. C’est en principe dans la réalité clinique le rôle et l’action d’un biothérapique diathésique.

 

R. ZISSU

 

           

 

PSORINUM

AU CABINET DENTAIRE

 

 

 

Docteur Christian GARCIA

 

 

            Dans la Matière médicale, c’est surtout la maladie parodontale qui domine, viennent ensuite les ulcérations et la sécheresse buccale. Ainsi s’exprime J.T. KENT :  « Dents : pyorrhée alvéolaire ; les dents se déchaussent ; les gencives se rétractent, deviennent spongieuses, humides, bleues, saignent facilement, les dents tombent. Ulcères de la langue et dans la bouche ; ulcères tels qu’on en rencontre dans la première enfance ; aphtes ; muguet ; stomatite ulcéreuse. Augmentation de volume des amygdales, des parotides et des glandes sous-maxillaires qui deviennent dures et sensibles au toucher ; elles gonflent quand le malade prend froid ». L. VANNIER et J. POIRIER confirment : « Sécheresse des lèvres, avec enflure de la lèvre supérieure ; herpès, pyorrhée ; les dents sont si mobiles qu’elles sont prêtes à tomber. Langue sèche, surtout le bout de la langue qui est brûlant, jaunâtre, recouvert de petites ulcérations aphteuses ».

 

            La première remarque qui s’impose est que si l’on attendait que tous les signes ci-dessus se réalisent chez un patient, il serait évident que la solution prothétique amovible s’imposerait. Ceci est vrai pour de nombreux médicaments. PSORINUM est ce que M. CONAN-MERIADEC appelle le remède « résonnateur-clef » du mode réactionnel psorique et R. ZISSU a montré qu’il y a avait une évolution lente de SULFUR, premier remède du mode psorique à son stade sthénique, celui des éliminations centrifuges salutaires vers PSORINUM, remède d’aboutissement du mode psorique à sa phase asthénique avec blocage des éliminations. Il se passe donc des années, de nombreuses années entre les indications de ces deux remèdes situés aux extrémités d’une longue chaîne. Seulement, le praticien n’est pas maître du moment de la prescription. Si un patient arrive au stade ultime, il n’a pas d’autre choix que de prescrire le remède indiqué par la similitude symptomatique.

 

Ainsi, si un patient, à l’évidence un sujet âgé, vient consulter pour une maladie parodontale avancée, la solution prothétique s’impose souvent, d’abord du fait de l’irréversibilité des lésions parodontales, d’autre part parce que le pouvoir réactionnel du patient du type PSORINUM se trouve diminué, parfois très diminué.. Mais l’intérêt des notions diathésiques est justement de connaître l’aboutissement d’un processus pathologique et de le prévenir dans certains cas, ce qui suppose que le patient vienne consulter bien avant l’irréversibilité des lésions. Et nous rappelons souvent que dans cette occurrence, les signes cliniques ne sont pas toujours suffisamment établis pour identifier le remède, ici PSORINUM. Aussi est-il souvent utile de le prescrire suffisamment tôt, lorsque d’autres médicaments sont indiqués, mais qui ne donnent pas tout le résultat escompté, malgré l’évidence de la similitude. C’est ce que nous conseillons également dans le traitement de fond de certaines aphtoses buccales chroniques chez des sujets luétiques, que la prescription de LUESINUM en hautes dilutions mensuelles parvient à guérir, alors que pourtant il n’est pas cité pour cette affection dans le Répertoire KENT. Dans de tels cas, le mode luétique est mis en œuvre et le remède « résonnateur-clef », c’est-à-dire le biothérapique diathésique joue le rôle de remède de neutralisation diathésique. De la même façon, PSORINUM peut neutraliser les facteurs étiologiques du mode psorique et donc renforcer l’action d’un autre remède de ce mode, indiqué par les signes contemporains, qui ne donne pas la réaction favorable attendue, du fait de la diminution du pouvoir réactionnel du patient.

 

PSORINUM et la carie dentaire :

 

            Ce médicament n’est pas cité pour la carie dentaire dans le Répertoire de KENT. Et pourtant, à notre avis, il peut être utile dans le traitement des troubles de la minéralisation des dents. Roland ZISSU a montré que PSORINUM se trouve indiqué, chez le nourrisson, dans les troubles du prématuré, dans les retards de croissance, dans la « scrofule » (terme utilisé autrefois pour définir un état de dénutrition, de rachitisme avec adénopathies, amaigrissement,  frilosité, etc...). Cet état de déminéralisation se rencontre surtout chez des nourrissons tuberculiniques à hérédité lourde et très défavorable dont SILICEA rend souvent compte sur le plan thérapeutique. On ajoutera à la prescription PSORINUM lorsque l’on retrouve chez le nourrisson la notion d’une éruption cutanée supprimée, comme par exemple un eczéma, notamment du cuir chevelu si fréquent chez le bébé CALCAREA CARBONICA. Il faut étendre cette notion, comme l’a souligné R. ZISSU, à l’eczéma supprimé de la mère durant la grossesse. Ainsi, chez un nourrisson défavorisé par une pathologie héréditaire ou acquise défavorable, on peut trouver des signes cliniques de plusieurs modes réactionnels, surtout ici les modes psorique et tuberculinique, parfois luétique (alcoolisme de la mère pendant la grossesse, maladies infectieuses, irradiations, intoxications, etc...) ou sycotique (surtout les vaccinations répétées). Il faut donc analyser la situation clinique exacte et donner les biothérapiques diathésiques qui s’imposent par la clinique. C’est ainsi, qu’à notre avis, PSORINUM peut participer au traitement curatif et surtout préventif des troubles de la minéralisation des dents.

 

C’est surtout la gingivite ulcéreuse et les parodontopathies qui dominent :

             

 

            La Matière médicale est sans ambiguïté, la maladie parodontale s’exprime avec éclat et ne laisse aucun espoir. Seulement voilà, nous avons parfois l’occasion de voir des patients qui ne sont pas encore parvenus à cette extrémité. Ils peuvent venir consulter pour un banal syndrome de sécheresse buccale (il faut confirmer ou infirmer un possible syndrome de Gougerot), ou pour une aphtose encore banale, ou pour une éruption d’herpès, ou pour une mycose, ou enfin pour une glossite ou surtout pour une gingivite ulcéreuse débutante. C’est alors que PSORINUM peut jouer son rôle préventif de la maladie parodontale et curatif sur la pathologie qui motive la consultation. Il ne faut surtout pas « rater » sa prescription.

 

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Dernière modification : 11 septembre 2011