Retour

TRAITEMENT DES TROUBLES

BUCCO-DENTAIRES

DES  TUBERCULINIQUES

        
         Plutôt que de développer ce sujet d’une manière théorique, plusieurs éventualités cliniques seront successivement envisagées, allant de l’enfant jusqu’au vieillard, telles que l’on peut les rencontrer au cabinet dentaire en pratique quotidienne. Il est évident que les troubles bucco-dentaires seront ici privilégiés, mais sans occulter le contexte général.  

I -  D’abord l’enfant tuberculinique :

             Même si le chirurgien-dentiste voit rarement des nourrissons à sa consultation, il convient de rappeler les faits suivants. 

            Le nourrisson longiligne type Calcarea phosphorica représente le prototype de l’enfant idéalement prédisposé à réagir sur le mode tuberculinique. Il s’agit d’un nourrisson déjà grand et déjà maigre (ce n’est bien sûr pas obligatoire). Il est le plus souvent brun, à peau délicate, aux cheveux fins, aux longs cils. Apparaît déjà une intelligence précoce : il reconnaît vite son entourage, pleure quand il est sale. Il est souvent affamé et pleure si le biberon tarde trop.  

            Ce nourrisson peut rester en équilibre de santé. Mais pèse sur lui la menace d’une insuffisance hépatique dite « congénitale » qui explique ses prédispositions aux troubles digestifs. Ils ne concernent pas le dentiste sur le plan thérapeutique mais peuvent entraîner des troubles de la minéralisation des dents permanentes, dont on ne constatera les séquelles que vers 6 ans avec l’éruption des premières molaires. De quoi s’agit-il ? 

            D’abord, ce bébé maigrit très facilement à la moindre occasion et ne peut supporter une diète prolongée. C’est encore un bébé qui vomit facilement, qui pleure après la tétée sans doute à cause de gaz abondants à l’origine de spasmes intestinaux (Magnesia phosphorica). C’est enfin un bébé qui fait facilement une diarrhée, notamment au moment des poussées dentaires = diarrhée aqueuse, verdâtre, éclaboussante, avec beaucoup de gaz fétides (Argentum nitricum, Chamomilla, Jalapa, Rheum, Podophyllum, etc...). 

            Comme cela a été dit, le dentiste ne voit pas de nourrisson à sa consultation. Tout au plus peut-il attirer l’attention de la maman, si nécessaire, sur les risques potentiels des troubles intestinaux sur la minéralisation des dents. Mais le médecin les connaît. 

Pour l’enfant de 5 à 12 ans : 

            Il est fréquent de voir des enfants de cet âge venir consulter régulièrement pour un examen de contrôle ou pour des soins dus à des caries. 

     Photo de J. Jouanny



 

Schéma de
Bertrand de Névrezé

 
 Premier cas = L’examen de contrôle : 

            Voici un enfant de cet âge répondant au biotype longiligne. L’examen dentaire ne montre aucune carie. Un simple interrogatoire peut mettre en évidence dans son anamnèse la mise en œuvre du mode tuberculinique au cours de divers épisodes O.R.L. ou bronchiques. Mais heureusement, cet enfant a pu régler favorablement ses problèmes de minéraux, sans doute grâce à une hygiène de vie bien adaptée à ses besoins. Les risques potentiels du mode tuberculinique au niveau des dents sont restés potentiels. Le dentiste n’a pas grand chose à faire d’autre que de dispenser les habituels conseils de brossage des dents. 

            Personnellement, lorsque cet enfant n’est pas suivi par un médecin homéopathe, nous lui prescrivons CALCAREA PHOSPHORICA en 7 ou 9 CH une à deux fois par semaine chaque fois que l’on apprend que cet enfant se trouve fatigué, pâle, un peu anorexique lors de périodes de surmenage scolaire, particulièrement à la fin du deuxième mois du trimestre et tout au long du troisième. De plus, il est fréquent de voir ces enfants avec des lèvres sèches et fendillées. S’il y a de plus la soif avec sécheresse buccale et  désir de sel, ou encore des céphalées par surmenage scolaire il faut penser à NATRUM MURIATICUM.  La posologie tient compte du contexte et ne peut qu’être individualisée. Avec ces deux médicaments, le dentiste peut influencer favorablement la minéralisation des dents, parfois prévenir des troubles orthodontiques comme l’endognathie bi-maxillaire assez fréquente. 

Deuxième cas = il y a déjà des caries. 

            Dans ces cas, les menaces qui pesaient sur la dent de cet enfant tuberculinique sont hélas réalisées et les caries apparaissent souvent peu après l’éruption.  

            Chez cet enfant, les signes morphologiques du type longiligne se sont affirmés = grand, élancé, mince voire maigre, membres allongés, thorax étroit et aplati, tendance à se tenir mal, dos voûté, mains et doigts allongés, etc... Ce sont là des signes morphologiques qui appartiennent à la constitution longiligne et qui correspondent exactement au type sensible de CALCAREA PHOSPHORICA. Et il y a une logique parce que le phosphate de calcium est un médicament dit « constitutionnel », alors que si NATRUM MURIATICUM correspond aussi à ce même type sensible, son indication peut se voir chez d’autres biotypes, tout simplement parce que le chlorure de sodium n’est pas un remède constitutionnel et que les troubles de son métabolisme peuvent atteindre n’importe qui. Ces deux médicaments sont évidemment complémentaires chez l’enfant tuberculinique. 

            Donc en présence d’un enfant longiligne présentant des caries dentaires, que peut faire le chirurgien-dentiste homéopathe ? D’abord soigner les lésions dentaires, c’est une évidence. Mais si l’on se limite à ces soins indispensables, on n’atteint pas le « terrain » et l’on risque de déplorer une récidive quelques semaines ou mois plus tard. Et il ne faut pas oublier que la dentinogenèse est un phénomène constant. Il est donc utile de prescrire le remède de fond, en l’occurrence CALCAREA PHOSPHORICA, complété par d’autres médicaments comme NATRUM MURIATICUM, MAGNESIA PHOSPHORICA, KALI PHOSPHORICUM, SILICEA. Il convient donc d’en rappeler les signes essentiels. 

Â

 CALCAREA PHOSPHORICA :

             Ce médicament est le remède de fond des troubles de la croissance chez un enfant longiligne. Cela signifie que cet enfant se développe tout en longueur, au détriment de l’épaisseur, exactement à l’opposé de ce qui se passe dans Calcarea carbonica. Le développement du squelette s’accompagne parfois de troubles aux points faibles : risque de fracture au niveau des régions diaphyso-épiphysaire des os longs (notamment chez l’adolescent), retard de fermeture des sutures des os courts (fontanelles), fragilité des articulations et des ligaments (entorses, luxations, déviation du rachis dans toute sa hauteur), troubles de l’appareil dentaire (retard d’éruption avec troubles réflexes lors des poussées comme la diarrhée ou les convulsions, risque de dysminéralisation avec par la suite des caries précoces, malléabilité des procès alvéolaires avec risque de troubles orthodontiques).    Sur le plan bucco-dentaire, les problèmes orthodontiques sont assez fréquents:
 

            La physiologie explique bien des caractéristiques = le calcium et le phosphore excitent le système nerveux sympathique d’où => une tendance à l’hyperthyroïdie, à l’hyper-para-thyroïdie et à la précocité génitale, mais aussi l’hyposurrénalisme. Cela explique le développement tout en longueur et l’asthénie physique et psychique, l’amaigrissement malgré l’appétit, la tendance aux spasmes (toux irritante, coliques, palpitations au moindre effort, etc...). Le comportement  reflète ces données =  hypersensibilité nerveuse (vite effrayé, < en pensant à ses maux), capable d’un grand effort intellectuel grâce à une intelligence vive mais à condition que cet effort soit court, car l’asthénie le guette rapidement. D’où une tendance cyclothymique dont il faudrait tenir compte dans l’enseignement, ce qui est hélas rarement possible. 

            Outre les mauvais effets du surmenage intellectuel qui épuise les réserves minérales, cet enfant est sensible au froid, au froid humide, il s’enrhume facilement, fait des angines ou des rhino-pharyngites à répétition. Mais il craint aussi la chaleur surtout confinée, notamment lors de périodes de congestion veineuse. Son appareil respiratoire à tous ses étages est constamment menacé. C’est donc chaque fois l’occasion de mettre en œuvre son mode défensif tuberculinique et aussi hélas l’occasion de consommer davantage de minéraux. Et pendant ce temps, les dents permanentes sont en train de se minéraliser.  

            CALCAREA PHOSPHORICA favorise à titre préventif un métabolisme optimal des minéraux que l’alimentation doit apporter en quantité et qualité suffisantes, à condition que des troubles intestinaux ne contrarient pas leur absorption. Lorsqu’un trouble survient, ce médicament peut et doit être complété par un autre, le plus souvent Natrum muriaticum, du moins pendant un temps.
 

NATRUM MURIATICUM : 

            Le chlorure de sodium joue un rôle métabolique essentiel dans la régulation des échanges ioniques entre les cellules et le milieu intérieur. Aussi les fuites minérales dont le sodium, le chlore et le potassium entraînent-elles des troubles de la nutrition (amaigrissement prédominant à la moitié supérieure du corps et infiltration cellulitique de la moitié inférieure), une atteinte des muqueuses (avec alternance de sécheresse et d’un état catarrhal), des troubles cutanés (face huileuse, peau sèche ailleurs, eczéma « solaire », acné, urticaire, verrues, etc...), enfin des perturbations psychiques (déprime, asthénie psychique et physique, repliement sur soi avec besoin de solitude, aggravation par la consolation, etc...).   

            L’indication de ce médicament apparaît le plus souvent au cours de la convalescence de maladies infectieuses, ou après une perte abondante de liquides (diarrhée par exemple comme pour CHINA), ou encore en cas d’allergie (urticaire, eczéma) ou enfin en cas de stress psychiques ou affectifs. Or toutes ces circonstances se retrouvent dans la vie d’un enfant tuberculinique. 

            Sans approfondir la matière médicale de ce polychreste, plusieurs signes faciles à mettre en évidence attirent l’attention du praticien : 

·      La sécheresse des muqueuses, dont la bouche avec soif et désir de sel.

·      La fissure labiale médiane.

·      Parfois la langue « en carte de géographie ».

             Ces signes physiques ne sont pas seuls, évidemment. NATRUM MURIATICUM fait partie des polychrestes et sa matière médicale concerne l’ensemble de l’organisme, notamment le psychisme. C’est un enfant timide, renfermé, inquiet, qui se livre peu, répond par monosyllabes, facilement boudeur et susceptible, mais aussi coléreux, notamment lorsqu’on le regarde ou qu’on lui parle. Il a un gros besoin d’affection et d’un climat de sympathie, voire d’amour, pour se confier, habituellement à une seule personne. C’est ensuite un enfant facilement asthénique, anémique, frileux et sensible au froid. Il peut avoir des céphalées (qui suivent la courbe solaire) lors de surmenage scolaire ou des points de côté lors des activités  sportives à l’école. Il est fréquent qu’il ait des poussées d’herpès labial. 

            Voilà donc le cadre général de cet enfant. La soif et le désir de sel n’apparaissent qu’occasionnellement lorsqu’il y a des troubles du métabolisme de l’eau, ce que l’on constate par la déshydratation des muqueuses, dont la bouche et les lèvres. En dehors de ces périodes, il n’a pas soif et éprouve même ou de l’indifférence ou de l’aversion pour le sel (en fait il n’est que rarement indifférent à cet aliment). Il faut prescrire NATRUM MURIATICUM 7 CH une à trois fois par semaine, durant deux ou trois semaines selon l’évolution. Selon l’âge de l’enfant, NATRUM MURIATICUM peut avoir une action préventive sur la minéralisation des dents comme complémentaire de CALCAREA PHOSPHORICA.  Sa matière médicale buccale précise une très nette tendance à la gingivite qui peut avoir un aspect scorbutique ou celui que l’on voit chez les anémiques, avec gingivorragies abondantes (ce dernier signe le distingue de PULSATILLA). Les livres n’insistent pas sur la carie dentaire. Pourtant, NATRUM MURIATICTUM a une tendance aux caries d’apparition précoce et d’évolution rapide, avec une prédilection pour les faces proximales des incisives.  

            Plus rarement, SEPIA peut être un complémentaire de NATRUM MURIATICUM. Ces deux médicaments ont de très nombreux points communs, notamment à peu près le même comportement psychique et les mêmes signes bucco-dentaires. Il faut penser à SEPIA chez l’enfant en cas d’anorexie mentale ou d’énurésie.
 

PULSATILLA : 

            La variabilité des symptômes, avec parfois un côté paradoxal laissant perplexe, caractérise la première phase du mode tuberculinique. Il se passe quelque chose, mais les prémisses ne suffisent pas à préciser quoi exactement. Il y a augmentation des oxydations, puis destruction cellulaire et l’ensemble des déchets de cellules détruites provoque un encombrement de la circulation veineuse. C’est le stade de PULSATILLA. En quelques mots voici les signes les plus caractéristiques de ce grand médicament : variabilité des signes psychiques (humeur changeante, pleurs faciles, consolation rapide et recherchée, « enfant du soleil et des giboulées ») et physiques (douleurs erratiques, selles variables) - congestion et stase veineuse - écoulements épais et doux, non irritants, de toutes les muqueuses - absence de soif même au cours de la fièvre - plus mal le matin que le soir - aggravation par la chaleur et amélioration par le frais ou les applications froides.  

            A notre avis, PULSATILLA est rarement indiqué chez l’enfant tuberculinique pour des troubles bucco-dentaires, alors qu’il est un remède fréquent chez l’adulte pour ces mêmes troubles. Il y a bien sûr une gingivite qui peut saigner, une grande sécheresse buccale mais sans soif - ce qui constitue un bon signe distinctif - nombreuses dysgueusies mais qui ne motivent pas la consultation chez cet enfant. Le signe le plus intéressant est la douleur dentaire, même au niveau de dents saines, le plus souvent provoquées par la chaleur : boissons chaudes, ou lorsque l’enfant entre dans une salle chaude en venant du froid.

 SILICEA :

Photos de J. Jouanny

             C’est un remède très important du rachitisme, il est donc logiquement le complémentaire de CALCAREA PHOSPHORICA et/ou de NATRUM MURIATICUM dans une évolution vers l’aggravation progressive du rachitisme. Bien entendu, le médecin vérifiera s’il y a une carence en vitamine D et donnera éventuellement le traitement nécessaire. 

            Qu’est-ce qui explique l’indication de SILICEA ? D’abord le froid sous toutes ses formes : SILICEA est un frileux qui n’arrive pas à se réchauffer. Et l’on n’a pas l’aggravation par la chaleur confinée de CALCAREA PHOSPHORICA ou NATRUM MURIATICUM. Ensuite, SILICEA se trouve souvent indiqué chez l’enfant tuberculinique après des vaccinations répétées et mal adaptées, comme notamment le B.C.G. trop précoce. Il faut ajouter comme facteur étiologique les traitements chimiques des rhino-pharyngites ou autres troubles ORL ou respiratoires provoqués et aggravés par le froid, médicaments qui ont une action dépressive sur le système immunitaire.  

Tout cela explique une autre caractéristique de ce médicament = la tendance aux suppurations chroniques avec participation ganglionnaire (gonflement douloureux et induration). On voit ainsi chez des enfants tuberculiniques des dents de lait délabrées et présentant des fistules asymptomatiques. L’expérience de laboratoire montre que la silice a une action sur les macrophages dans le sens de l’inefficacité, ce qui explique les suppurations interminables. 

            SILICEA peut avoir une action préventive sur le rachitisme à condition de le donner en temps utile et longtemps. Lorsque l’on constate de nombreuses caries chez un enfant tuberculinique, cela signifie qu’il a eu dans sa première enfance une période de rachitisme qui a été préjudiciable sur le plan dentaire car les séquelles sont définitives.  Dans ce cas, il est trop tard évidemment pour l’action préventive, mais les soins dentaires seront assurés d’une certaine pérennité à condition de donner le remède de fond correspondant qui peut être SILICEA si l’on en trouve les signes caractéristiques : 

·      Mauvais effets des vaccinations et des médicaments chimiques à action immunosuppressive.

·      Carences alimentaires et troubles de l’absorption intestinale des minéraux.

·      Suite de surmenage intellectuel.

·      Manque d’énergie physique et mentale : épuisement avec découragement, trac et timidité, troubles de la mémoire, troubles du sommeil (somnambulisme par exemple).

·      Tendance aux infections et suppurations chroniques : otites, rhinites, angines, orgelets, bronchites, cystites, abcès d’origine dentaire avec fistule,  etc...

·      Troubles de la croissance par rachitisme dont les caries dentaires précoces et globales par anomalie de l’émail, troubles orthodontiques dont l’atrésie du maxillaire inférieur ou son développement insuffisant.

·      Troubles digestifs avec constipation atonique, tendance aux parasitoses intestinales...

·      Céphalées souvent occipitales par ou après surmenage mental avec sensation d’éclatement de la tête, améliorées par la chaleur ou par un bandeau serré.

·      La posologie tient compte du contexte : commencer par une 4 ou 5 CH une à deux fois par jour en cas de suppuration chronique, puis élever et espacer les dilutions. Ne pas oublier qu’il s’agit d’un médicament d’action très lente qui doit être donné très longtemps, en complément éventuellement de CALCAREA PHOSPHORICA. Et à condition de vérifier par des consultations périodiques la persistance de son indication.

 +

 Trois autres médicaments de « suite de surmenage intellectuel »

 KALI PHOSPHORICUM : 

            On retrouve dans ce médicaments les facteurs étiologiques du mode tuberculinique : d’abord et surtout le surmenage intellectuel, puis les chagrins, les maladies débilitantes, et pour l’adolescent ou l’adulte les excès sexuels. 

            L’enfant est épuisé et irritable : palpitations émotives, anxiété, pleurs, tressaillement au bruit, peurs allant jusqu’aux cauchemars avec sommeil agité et insomnie. Surtout il n’est plus capable de soutenir un effort scolaire du fait de son épuisement mais aussi de troubles de la mémoire, incapacité à se concentrer sur son travail. Déjà frileux, il devient encore plus sensible au froid = il s’enrhume facilement, la rhinite évolue vers l’angine, la pharyngite, puis la bronchite avec enrouement, toux, expectoration épaisse et fétide, parfois il fait de l’asthme. C’est l’évolution centripète caractéristique du mode tuberculinique, et qui constitue une autre différence avec le mode psorique.  Il est anémique, amaigri. Il a des céphalées par effort mental, souvent accompagnées de vertiges, le tout amélioré en mangeant. D’ailleurs l’amélioration en mangeant est une modalité importante, qui concerne la céphalée, mais aussi l’irritabilité et le comportement.           

C’est souvent une gingivite qui le conduit au cabinet dentaire avec sécheresse buccale, haleine fétide, langue recouverte d’un enduit de couleur moutarde,  et surtout des gingivorragies importantes (note phosphorique). Ces troubles buccaux peuvent accompagner un ensemble digestif : fringales mais lenteur des digestions par insuffisance hépatique et tendance à la ptôse gastro-intestinale (SEPIA), fermentations, constipation de fond avec épisodes diarrhéiques, épuisants qui, lorsqu’ils s’aggravent, indiquent PHOSPHORIC ACID. 

            Comme on peut le constater, on retrouve dans ce médicaments des signes de NATRUM MURIATICUM, de SEPIA ou de PHOSPHORIC ACID. Comme il s’agit tout de même d’un remède d’action ponctuelle, « temporaire », il faut donner par la suite le remède de fond et à la fin prescrire CALCAREA PHOSPHORICA, remède constitutionnel. Ne jamais oublier l’action générale des médicaments à base de potassium : asthénie et dépression de fond et sursauts irritatifs habituellement courts mais intenses. 

PHOSPHORIC ACID. : 

            La présence d’un acide explique que ce médicament soit indiqué dans une étape d’aggravation dans les suites du surmenage mental, confinant à un véritable épuisement. Il est certes plus souvent indiqué chez l’adolescent, notamment chez l’étudiant pendant ou après une période de surmenage intellectuel : concours, examens, etc... Et d’autant plus que sont présents des chocs moraux ou psychiques, des déceptions sentimentales ou des pertes de liquides importantes comme des diarrhées itératives.  On retrouve le même contexte étiologique chez l’enfant qui éprouve une très grande fatigue, se sent « vidé », n’est plus capable de fournir un effort supplémentaire par incapacité à se concentrer, par défaillance de la mémoire. Cet enfant dort mal, il somnole le jour, a du mal à se réveiller le matin, se plaint de douleurs osseuses (tibias) ou de céphalées violentes avec sensation d’écrasement (vertex et occiput). La déminéralisation s’exprime par des urines abondantes, pâles ou laiteuses, chargées de phosphates (Natrum muriaticum) ou par des douleurs osseuses dites de « croissance » ressenties dans les os longs (tibias) ou encore par des céphalées aggravées par l’effort mental. Et surtout, il y a des troubles digestifs dont le plus caractéristique est la diarrhée abondante, indolore mais épuisante. 

            Sur le plan bucco-dentaire, PHOSPHORIC ACID. donne un tableau de gingivite ulcéreuse très hémorragique (le phosphore) avec une grande sécheresse buccale, comme Natrum mur. Mais sans la soif et avec désir de lait froid, voire de bière. On peut voir chez cet enfant une mobilité dentaire récente qui effraye les parents lorsqu’ils s’en rendent compte, qui témoigne sans doute d’une décalcification de l’os alvéolaire ou osseuse d’une manière générale. PHOSPHORIC ACID. est donné surtout sur l’ensemble des signes et non sur les signes buccaux trop peu caractéristiques et communs à de nombreux médicaments du groupe. Dès l’amélioration, il faut compléter son action par un médicament d’action plus profonde comme encore une fois CALCAREA PHOSPHORICA.  En cas d’aggravation, ce qui est rare, penser à PHOSPHORUS.

 PHOSPHORUS : 

            Ce médicament, éminemment important du fait de sa double action métabolique et toxicologique,  présente deux aspects opposés : son rôle métabolique explique son indication dans des troubles typiquement oxygénoïdes du sujet jeune longiligne réagissant sur le mode tuberculinique. Son action toxicologique  concerne en fait une pathologie lourde ou grave chez n’importe quel sujet, quel que soit le biotype et diverses manifestations scléreuses du sujet âgé.           

Ses circonstances étiologiques sont les suivantes : le surmenage intellectuel, les convalescences de maladies graves, les pertes de liquides organiques, les poussées de croissance trop rapide, les atteintes toxiques ou infectieuses du foie (hépatite virale par exemple). Toutes ces circonstances devraient entraîner des indications fréquentes, voire quotidiennes. C’est peut-être le cas en médecine générale, mais personnellement nous ne trouvons qu’exceptionnellement son indication chez l’enfant tuberculinique, peut-être un peu plus fréquemment chez l’adolescent. Il faut sans doute s’en réjouir. Avant les antibiotiques, PHOSPHORUS était utilisé avec succès dans la tuberculose ostéo-articulaire, mais avec beaucoup de risque d’aggravation dans la tuberculose pulmonaire, qui reste aujourd’hui encore une contre-indication. 

            Est-il utile de rappeler son type sensible ? Il est à l’évidence le même que CALCAREA PHOSPHORICA, car le phosphore a donné son nom à la constitution longiligne, longtemps appelée « phosphorique ». L’image de la flamme de phosphore qui s’embrase très vite mais s’éteint aussi vite illustre bien les troubles oxygénoïdes de l’enfant tuberculinique : sujet hypersensible, hyper-émotif, vite exalté et passionné, mais instable, aussi vite déprimé ou épuisé.  C’est un hyper-thyroïdien, un hypersympathicotonique, un « cérébral »  (de SIGAUD). La cyclothymie est encore plus manifeste que dans les autres médicaments de la série. A la phase sthénique, l’enfant peut être actif, brillant sur le plan scolaire, dominateur, charmeur, puis la phase dépressive apparaît avec apathie, aversion pour tout effort physique et surtout mental. Il devient alors susceptible, indifférent, pleure facilement. Ce sujet a toujours besoin de récupérer après un effort, il a besoin de dormir longtemps et beaucoup, il mange beaucoup et souvent, même la nuit, avec désir d’aliments salés et froids, sensation de vide et de défaillance s’il ne mange pas. Bref, on trouve des signes qui évoquent soit NATRUM MURIATICUM, soit IODUM, ou d’autres comme PHOSPHORIC ACID. son complémentaire aigu.  

            Les troubles bucco-dentaires de PHOSPHORUS ne sont pas spécifiques : 

·      Lèvres sèches et parcheminées, saignement facile.

·      Gencive enflammée, œdématiée, ulcérée, suppurante et surtout gingivorragies très abondantes.

·      Aphtes sur la face interne des joues et des lèvres.

·      « Les dents se gâtent rapidement. Les gencives saignent et découvrent les dents » (Kent).

·      « Enflure, hypertrophie de la mandibule, nécrose et ostéïte. Déchaussement des dents avec gingivorragies faciles » 

            Ce qui domine c’est la tendance hémorragique. En pratique courante, PHOSPHORUS est donné chaque fois que la pathologie locale évolue vers l’aggravation, malgré la prescription du remède correspondant qui semble pourtant bien indiqué, PHOSPHORIC ACID. par exemple lors d’une gingivite ulcéreuse aiguë. Ou encore lorsque NATRUM MURIATICUM semble inefficace. 

 Une place à part pour IODUM : 

            Pourquoi consacrer une part à part pour ce médicament ? Tout simplement parce que si CALCAREA PHOSPHORICA et NATRUM MURIATICUM conservent une relative « pureté » diathésique (le mode tuberculinique), IODUM se trouve également indiqué lors de troubles typiquement luétiques. Nous avons très souvent souligné les conséquences bucco-dentaires lorsque ces deux modes sont sollicités chez le même enfant = aux carences minérales tuberculiniques s’ajoutent les mauvais effets d’une croissance défectueuse du fait du mode luétique. 

            « L’iode intervient essentiellement en physiopathologie dans le métabolisme des hormones thyroïdiennes »  C’est dire que les troubles relevant de IODUM sont comparables à ceux de la dysthyroïdie dans le sens de l’hyperthyroïdie, pouvant constituer une véritable maladie de Basedow. La déficience en apport d’iode conduit au crétinisme, son excès à l’hyperthyroïdie. 

            L’enfant IODUM lorsqu’il se présente dans sa « splendeur pathogénétique » est un agité, maigre, anxieux, boulimique, poly-adénopathique, atteint fréquemment d’inflammations des muqueuses respiratoires. Ce médicament suit souvent NATRUM MURIATICUM lorsque les troubles s’aggravent sur le plan général. Sur le plan bucco-dentaire, on peut voir cet enfant venir consulter pour une aphtose buccale associée à une hypersalivation, à une haleine fétide et à des adénopathies satellites, ensemble de signes qui évoquent d’abord MERCURIUS SOLUBILIS. L’erreur est facile mais le risque n’est pas fortuit car cette confusion exprime la conjonction des deux modes réactionnels = le tuberculinisme et le luétisme. Et la confusion est d’autant plus aisée que IODUM, comme MERCURIUS, a une tendance à la gingivite ulcéreuse, hémorragique, avec une langue sale gardant l’empreinte des dents. La clinique n’est jamais simple = comme NATRUM MURIATICUM, IODUM a une tendance à la déminéralisation qui s’exprime de la même manière : céphalée battante, congestive, avec sensation d’un lien serré autour de la tête, aggravée à la chaleur, après surmenage intellectuel ou aggravée après un effort mental. 

            Le choix de IODUM repose sur l’agitation physique et mentale liée à une faim boulimique avec amaigrissement et thermophobie, sur une modalité caractéristique = tous les signes s’améliorent en mangeant. 

Ô

 LES TROUBLES BUCCO-DENTAIRES
DE L’ADOLESCENT ET DE L’ADULTE
TUBERCULINIQUES
 

  

            Chez l’adolescent ou chez l’adulte, les problèmes bucco-dentaires présentent deux aspects distincts. Il y a d’abord le problème de la carie dentaire = si les dents ont été convenablement minéralisées durant l’enfance, elles n’offrent pas de caractéristiques particulières. Elles sont soumises aux agressions locales habituelles : conditions d’hygiène bucco-dentaire, abus de sucreries, épines irritatives, etc... Si la minéralisation a été perturbée dans l’enfance, les dents sont rapidement cariées et depuis son plus jeune âge, l’enfant puis l’adolescent et enfin l’adulte auront fréquenté et fréquentent toujours les cabinets dentaires. On constate alors de très nombreuses restaurations : obturations, couronnes, bridges ou prothèses amovibles. 

            Le deuxième aspect est celui de la parodontopathie qui menace la dent et son parodonte. L’adolescent et l’adulte tuberculiniques sont constamment sous la menace d’une déminéralisation de l’os alvéolaire. Celle-ci résulte de diverses causes. Ces sujets sont sensibles au froid et s’enrhument facilement, ils réagissent aux agressions microbiennes par une accélération de leur métabolisme, et  ont donc besoin de minéraux. Où les trouvent-ils ? D’abord et à l’évidence dans l’alimentation et à condition que des troubles intestinaux ne viennent pas contrarier leur absorption. Si les minéraux manquent pour une raison quelconque, c’est l’os qui les fournit, dont l’os alvéolaire, expliquant ainsi des mobilités dentaires transitoires, réversibles souvent si un traitement approprié est instauré précocement. Mais parfois irréversibles dès lors que l’intégrité de l’attache épithéliale du collet des dents est violée et que se constituent des poches gingivales d’abord, puis parodontales. On retrouve encore une fois chez ces sujets une cause fréquente de consommation de minéraux, en plus du mode tuberculinique lui-même : le surmenage intellectuel.  

            L’autre menace provient de l’insuffisance hépatique. Henri BERNARD (1895-1980) affirmait avec force que l’enfant tuberculinique est un insuffisant hépatique congénital. Aujourd’hui cette affirmation est plus nuancée et peu d’auteurs en parlent encore. Quoiqu’il en soit, il est certain que le tuberculinique a une tendance à la fragilité de ses fonctions hépatiques. Ce n’est pas par hasard que la quasi totalité des manifestations tuberculiniques à tous les niveaux soient caractérisées par une tendance hémorragique, ce qui explique par similitude les nombreuses indications de PHOSPHORUS, toxique redoutable du foie ou de médicaments à base de phosphore. La première conséquence de l’insuffisance hépatique est la congestion veineuse. Or celle-ci est encore renforcée par le mode tuberculinique car les déchets résultant des destructions cellulaires encombrent la circulation de retour. Ainsi il y a conjonction de deux mécanismes pour produire ou aggraver la congestion veineuse : la tendance naturelle à l’insuffisance hépatique des sujets tuberculiniques et les conséquences de la mise en œuvre du mode tuberculinique. Et on peut même ajouter une troisième mécanisme = les agressions acquises du foie soit par intoxications ou infections comme l’hépatite virale dont rend compte encore une fois PHOSPHORUS dans de nombreux cas, soit par des erreurs hygiéno-diététiques dont l’alcoolisme ou des excès d’aliments salés ou de graisses, ou encore de boissons acides. 

            La congestion veineuse s’exprime à différents niveaux dont la gencive et le parodonte, expliquant ainsi les si fréquentes gingivorragies qui accompagnent les diverses formes de gingivites ou qui peuvent même constituer un premier symptôme qui alerte le patient et qui motive souvent la consultation. 

            Un autre point mérite un commentaire. Chez l’adolescent, la croissance arrive à son terme progressivement. Aussi est-il normal que la tendance oxygénoïde tende à se ralentir elle aussi. Les besoins en minéraux de l’adolescent restent encore importants, surtout chez les intellectuels durant la période des examens ou concours, ce qui est aussi le cas chez l’adulte. Mais  ces besoins diminuent tout de même. Les médicaments cités plus haut car très utiles chez l’enfant gardent  toujours des indications, mais celles-ci sont un peu différentes. 

En résumé : 

            Citons R. ZISSU et M. GUILLAUME : « L’adulte tuberculinique est un cyclothymique, fatigable, irritable, agité et anxieux, amaigri et instable thermique, déminéralisé et constipé, il fera des maladies fébriles et spasmodiques avec dénutrition accentuant son amaigrissement et électivité respiratoire, digestive et nerveuse, le tout accompagné à des degrés divers d’insuffisance hépatique et d’hypersensibilité nerveuse ». 

 

 LES MEDICAMENTS DE FOND
DE L’ADULTE TUBERCULINIQUE
POUR LES TROUBLES BUCCO-DENTAIRES

 

             En guise d’introduction de ce chapitre, il faut rappeler que nous voyons souvent des patients au cabinet dentaire pour des troubles bucco-dentaires plus ou moins graves alors que sur le plan général ils peuvent être en bonne santé. Cela peut signifier que le mode tuberculinique a fini par fixer ses conséquences sur un appareil, ici l’appareil masticateur. Chez ces patients, l’interrogatoire ne révèle que quelques signes discrets, le plus souvent fonctionnels au niveau des autres appareils. Il n’est pas alors facile de mettre en évidence l’indication d’un médicament de fond. Mais la prescription précoce de ce médicament joue un rôle préventif très précieux. 

CALCAREA PHOSPHORICA : 

            Ce médicament étant « constitutionnel », il conserve des indications chez l’adulte, mais comme la croissance est terminée, il se trouve moins souvent utile. Il le reste dans les suites de surmenage intellectuel, dans les convalescences de maladies traînantes, dans les suites de stress psychiques ou encore dans les suites de traumatisme osseux. Si la tendance oxygénoïde s’épuise chez l’adulte, il apparaît souvent des troubles nutritionnels, surtout en cas de sédentarité. Roland ZISSU souligne avec intérêt les signes comparatifs chez le longiligne et chez le bréviligne adultes : « Un phosphorique tendra de préférence vers la lithiase rénale phosphatique ou oxalique, le carbonique vers la lithiase rénale uratique ou oxalique. Le phosphorique sera un rhumatisant avec atteinte erratique, poly-articulaire ou musculaire, le carbonique sera un rhumatisant avec atteinte plus fixe, peauci-articulaire ou tendineuse. Nous voyons les oppositions dans ces maladies identiques entre le carbonique et le phosphorique ».           

Sur le plan bucco-dentaire, CALCAREA PHOSPHORICA perd également de l’intérêt car son indication principale concerne les troubles de la dentition et de la minéralisation des dents. Chez l’adulte, il reste occasionnellement indiqué lors de douleurs dentaires non expliquées par des caries, ou lors de gingivite chronique. Mais ce médicament reste précieux dans les suites immédiates de la chirurgie parodontale afin de favoriser une bonne cicatrisation.      
 

PULSATILLA : 

           On a souvent décrit le type sensible de ce médicament comme étant une femme plutôt blonde, un peu anémique, rougissant facilement à la moindre émotion, cherchant la sympathie, voire la consolation en cas de peine, etc... Ce portrait correspond sans doute à la vérité, mais il ne faut pas oublier que la pathogénésie a été faite par et sur des hommes, notamment par HAHNEMANN lui-même.

            En quelles occasions peut-on voir des sujets PULSATILLA au cabinet dentaire ?

 

·      Fréquemment, ce sont des douleurs dentaires qui motivent la consultation : douleurs erratiques, très changeantes dans leur localisation et dans leur forme clinique, apparaissant le plus souvent brusquement et disparaissant plus lentement. Les douleurs dentaires sont souvent pulsatives, apparaissent ou sont aggravées le soir ou à la chaleur du lit. Elles apparaissent très souvent lorsque le sujet pénètre dans une pièce chaude en venant du froid, ou en prenant une boisson ou un  aliment chauds, avec amélioration temporaire en laissant s’échauffer un peu d’eau froide. Un signe intéressant = pendant la crise douloureuse, le sujet a une tendance larmoyante mais résignée (H. VOISIN). 

·      Autre motif de consultation : la sécheresse buccale sans soif avec de nombreuses dysgueusies : mauvais goût, goût sucré, ou salé, ou graisseux, ou amer (tous les aliments paraissent amers, surtout le pain). Ou encore perte du goût et de l’odorat en même temps. 

·      Curieusement la gingivite est plus rare. Logiquement, la congestion veineuse provoque quasi systématiquement une congestion gingivale et parodontale, avec des gingivorragies passives. Ce n’est pas toujours le cas avec PULSATILLA, sans doute parce que cette congestion veineuse est plus diffuse, s’exprimant surtout aux extrémités. Mais on peut voir une gingivite bien caractérisée au cours de troubles digestifs : digestion difficile et lente avec ballonnement, éructations ayant le goût des aliments, sensation de lourdeur au creux épigastrique. Ce sont surtout les graisses, les aliments gras, les pâtisseries qui sont la cause de ces troubles, sans doute par insuffisance biliaire. De même les fruits, les pâtisseries, les glaces provoquent une diarrhée avec des selles très variables (jamais deux selles semblables). Un peu comme NUX VOMICA, le sujet a surtout une constipation avec des désirs constants mais sans exonération complète, avec besoin de desserrer ses vêtements après le repas.

            De toute façon, l’indication de ce médicament repose essentiellement sur l’ensemble des signes psychiques et généraux. Il est nécessaire de retrouver l’émotivité, la timidité, la pudeur avec rougissement facile. Ce sujet est avide de compassion, de sympathie, devient rapidement « collant » dès lors qu’on lui donne ce qu’il demande. L’humeur est variable, le sujet passe rapidement des pleurs en racontant ses troubles à la jovialité avec  sourires et rires dès que l’on s’occupe de lui. Il est nécessaire de retrouver également les grandes modalités : aggravation par la chaleur (extérieure, d’une pièce ou du lit, boissons ou aliments) - amélioration par la fraîcheur ou par le froid (boissons et aliments, air), et surtout amélioration par la sympathie et par la consolation, ce qui est tout le contraire de NATRUM MURIATICUM ou de SEPIA. 

            La prescription de « cette girouette de la Matière médicale » (BOERICKE) ne pose pas de problème. S’il n’y a pas de processus suppurées en cavité close (otite, sinusite), la dilution est déterminée par le contexte : une 7 CH deux à trois par semaine pour une gingivite, une 15 CH deux à trois fois par jour en cas de névralgie.  
 

NATRUM MURIATICUM : le chlorure de sodium 

            Le registre thérapeutique de ce médicament est très étendu chez l’enfant ou l’adolescent répondant au mode tuberculinique dont il présente les signes les plus caractéristiques : faiblesse irritable, amaigrissement malgré un appétit conservé, déshydratation des muqueuses, congestion veineuse, déminéralisation avec constipation, frilosité mais aggravation par la chaleur surtout confinée, etc... NATRUM MURIATICUM est de prescription quotidienne dans les affection suivantes : 

·      Troubles respiratoires par sensibilité au froid , rhumes, angines ou bronchites à répétition tout l’hiver, asthme, etc...

·      Troubles cutanés dont l’herpès labial, acné de l’adolescent, urticaire solaire ou par allergie, eczéma ou autres éruptions sur une peau sèche localement huileuse et fissurée.

·      Troubles ganglionnaires : poly-micro-adénopathie de l’enfance, adénopathies multiples surtout à la partie supérieure du corps, dont la chaîne cervicale, l’adénopathie sous-angulo-maxillaire, etc...

·      Troubles génitaux très fréquents chez l’adolescent comme le retard pubertaire, les troubles des règles par la suite (épuisantes, abondantes, leucorrhée irritante.. ;).

·      Troubles circulatoires depuis les palpitations ou la dyspnée avec point de côté lors d’une effort physique jusqu’à la tendance anémique avec céphalée battante (après effort mental, < chaleur, < soleil, > applications froides).

·      Troubles digestifs : dyspepsie atonique, digestion lente, sensation de plénitude et de ballonnement (> desserrant les vêtements), assoupissement après le repas, constipation par sécheresse, défécation douloureuse avec constriction de l’anus. Désir d’aliments salés par périodes, aversion pour le pain et les aliments gras, soif fréquente par périodes, etc...

·      Surtout des troubles psychiques avec tendance dépressive, recherche d’isolement pour ressasser ses peines et pleurer en cachette, aggravation par la consolation, introspection, indifférence à tout ce qui ne concerne pas son chagrin, se croit incompris, etc... 

Tous ces  troubles sont fréquents chez l’enfant et chez l’adolescent. Mais également chez l’adulte et on a trop tendance à affirmer que ce médicament ne concerne pas l’adulte, et encore moins l’adulte d’âge mûr ou le vieillard. Ce n’est pas vrai sur le plan général, ce n’est pas exact non plus sur le plan bucco-dentaire. La gingivite avec sécheresse buccale, gingivorragies, aspect scorbutique de la gencive, les aphtes, herpès ou autres éruptions vésiculeuses sont très fréquents quel que soit l’âge. 

            Mais nous trouvons de plus en plus fréquemment des indications plus spécifiques de l’adulte : les stomatodynies et le syndrome de Gougerot. Le contexte dépressif pour les premières et la tendance générale à la déshydratation pour la seconde les justifient logiquement.  La maladie parodontale semble un peu échapper à NATRUM MURIATICUM. Lorsque la gingivite semble perdurer alors que la congestion veineuse s’accentue et se précise davantage sur le petit bassin, on trouve alors l’indication de SEPIA, remède complémentaire dans l’aggravation générale et locale, qu’il faut donc reconnaître et donner en temps utile pour prévenir la parodontopathie.

 

            La carie dentaire est très fréquente. Deux caractéristiques:

                                   Evolution rapide

                                   Atteinte fréquente des faces proximales


SEPIA :
 l'encre de seiche

            A notre avis, SEPIA est l’un des plus importants remèdes de l’adulte tuberculinique, du moins sur le plan bucco-dentaire. Les signes bucco-dentaires sont nombreux : 

·      Bouche sèche, lèvres sèches, gonflées le matin (surtout la lèvre inférieure), craquelées, herpès fréquent (cataménial).  Chaque aliment a un goût salé.

·      « Les dents se gâtent rapidement... Branlement (sic) dans les incisives inférieures, Toutes les dents deviennent branlantes et douloureuse, la gencive saigne aisément... Gonflement douloureux de la gencive, ulcération de la gencive, saignement presque sans cause...» (HAHNEMANN).

·      « Les gencives se rétractent en découvrant les dents » (KENT). 

            SEPIA constitue une étape d’aggravation de la congestion veineuse. Alors que PULSATILLA, qui le précède, correspond à une congestion veineuse généralisée, SEPIA voit une localisation, une fixation, qui marquent une aggravation du mode tuberculinique, et c’est surtout le petit bassin qui en est la cible. Cela explique sans aucun doute la fréquence de l’indication de SEPIA chez la femme du fait du retentissement de cette congestion pelvienne sur la fonction génitale = congestion des ovaires et de l’utérus, avec sensation de lourdeur importante et d’autant plus qu’existe dans SEPIA une très nette tendance aux ptôses - règles irrégulières, souvent douloureuses, difficiles, tardives, accompagnées de nombreux malaises - fréquence des infections génitales et urinaires (cystites à répétition), ainsi que des mycoses. Tous ces troubles sont aggravés par le repos, par l’immobilité, par la sédentarité, le matin au réveil et sont améliorés par l’exercice au grand air, par le mouvement rapide, assise en croisant les jambes.  SEPIA est l’un des principaux remèdes de troubles buccaux cataméniaux : herpès labial, douleurs dentaires, gingivite avec saignement abondant, sécheresse buccale, langue habituellement chargée qui devient « propre » au moment des règles, etc...  Tous ces signes sont aggravés avant et pendant les règles. Alors qu’on retrouve des signes semblables chez la femme LACHESIS, ces signes s’améliorent rapidement avec l’apparition des règles et d’autant plus rapidement que les règles sont abondantes (amélioration par un écoulement physiologique ou pathologique). 

            La grossesse et la ménopause constituent également une indication fréquente de SEPIA aussi bien sur le plan général que bucco-dentaire : la gingivite évolue vers une maladie parodontale. Cela s’explique sans doute par les perturbations immunitaires provoquées par la congestion veineuse et aussi par le bouleversement hormonal. Et l’évolution est d’autant plus rapide qu’existent des causes locales. 

            Nous retrouvons chez SEPIA les mêmes indications que chez NATRUM MURIATICUM : stomatodynies et syndrome de Gougerot. Ces deux remèdes sont très proches sur le plan psychique (pour ceux qui n’ont pas en mémoire tous ces signes les retrouveront dans la Matière médicale).   

            SEPIA n’est pas exclusivement un remède du mode tuberculinique. Chez l’adulte, il est fréquent de le voir indiqué lors de troubles typiquement psoriques consécutifs à la sédentarité. On retrouve alors l’atteinte hépatique par suite de la congestion veineuse pelvienne, portale ou cave = foie congestionné et douloureux, insuffisance hépatique des diverses fonctions, dont la fonction biliaire (les pigments biliaires passent dans le sang, ce qui explique le teint bistre, noirâtre, les taches hépatiques) . Ou encore les difficultés éliminatoires : blocage intestinal avec constipation et exonération insuffisante, hémorroïdes douloureuses et prolabées, migraines - blocage cutané  (eczéma, mycoses, herpès, psoriasis, etc...).  

            A tout cela s’ajoute une très nette tendance aux élastopathies = ptôses diverses (estomac, utérus, rectum), varices précoces. La gencive étant riche en fibres élastiques, cela explique sans doute l’aspect de la gingivite de SEPIA.  

            Voilà donc tout un ensemble de signes psychiques et somatiques qui expliquent les indications fréquentes de SEPIA chez l’adulte, notamment chez la femme en période d’activité génitale et lors de la ménopause. C’est un médicament facile à mettre en évidence, même au début de la décompensation tuberculinique. Il se montre très efficace en pratique stomatologique. Mais le chirurgien-dentiste doit demander la collaboration du médecin homéopathe car les signes buccaux ne sont pas isolés, ou alors très rarement.

 IODUM : 

            Il y a encore deux ou trois décennies, on utilisait le terme de scrofule pour définir un état de déminéralisation avec adénopathies, hypertrophies ganglionnaires, mauvais état général conduisant à la dénutrition, voire à la cachexie, le tout étant souvent d’origine tuberculeuse. Aujourd’hui, ce terme ne figure plus au Dictionnaire de Médecine. Et on ne sait pas par quoi le remplacer, car ces états cliniques existent encore même s’ils sont devenus extrêmement rares en France. Roland ZISSU explique de IODUM indiqué chez un tout jeune enfant correspond à ces états de dénutrition pour lesquels l’homéopathie dispose de 4 autres médicaments : HEPAR SULFUR (psore + tuberculinisme) - MERCURIUS SOLUBILIS (psore + luétisme) - SILICEA (psore + tuberculinisme + luétisme) et BARYTA CARBONICA (psore + sycose + luétisme).  

            IODUM adolescent est surtout un sujet réagissant sur le mode tuberculinique à la phase dite oxygénoïde au point de représenter le tableau clinique de l’hyperthyroïdie. Nous avons souvent rappeler les signes bucco-dentaires de l’hyperthyroïdie ou de la maladie de Basedow = caries multiples, alvéolyse importante et parodontopathies. IODUM peut venir consulter pour une banale aphtose buccale avec hypersalivation et mauvaise haleine ou pour une gingivite ulcéreuse et très hémorragique. 

            Chez l’adulte,  on retrouve lorsque IODUM se trouve indiqué les deux modes réactionnel = tuberculinique et luétique. Ce qui domine dans IODUM c’est surtout le mode tuberculinique = amaigrissement important malgré un appétit qui frise la boulimie et qui conditionne en partie le comportement, dont l’agitation anxieuse lorsqu’il a faim ou craint de ne pouvoir manger et l’amélioration en mangeant - fatigabilité rapide. Mais le mode luétique ajoute une tendance à l’hypertrophie avec induration des glandes et ganglions puis à l’atrophie, dont le goitre dur puis l’atrophie des seins ou des testicules. 

            Sur le plan bucco-dentaire, c’est surtout l’ulcération qui domine, marquant ainsi la note luétique = aphtes, ulcérations gingivales, gingivite d’aspect scorbutique, stomatite ulcéreuse et fétide, gingivite ulcéro-nécrotique, glossite avec brûlure ou ulcérations (la langue garde l’empreinte des dents). La carie est un peu oubliée dans les ouvrages, il y en a pourtant, notamment aux collets (tendance fréquente chez le luétique).

 
 PHOSPHORUS: le phosphore

            La richesse de la Matière médicale de ce grand polychreste s’explique d’abord par son action métabolique qui correspond à de très nombreux troubles du mode tuberculinique à la phase oxygénoïde, ensuite par son action toxique intense qui justifie son utilisation dans de nombreux syndromes lésionnels graves. Pourtant, nous avons déjà souligner qu’à notre avis, on ne trouve que rarement l’occasion de le prescrire en remède de fond dans les troubles bucco-dentaires. Alors que son action dans l’hémorragie sous toutes ses formes rend d’incontestables services en pratique bucco-dentaire quotidienne. 

            Paradoxalement, de nombreux troubles bucco-dentaires qui justifieraient sa prescription au cabinet dentaire échappent en fait au chirurgien-dentiste. Il faut nous expliquer. 

            PHOSPHORUS est un remède important de troubles plus ou moins graves chez l’alcoolique = congestion hépatique avec sub-ictère et selles décolorées, cirrhoses (hypertrophiques ou atrophiques), polynévrites éthyliques, etc... Bien entendu le dentiste intervient dans les conséquences bucco-dentaires, mais le traitement de fond relève d’abord du médecin. 

            PHOSPHORUS est un remède important de troubles rénaux avec insuffisance rénale dont on connaît les conséquences bucco-dentaires, dont la gingivite ulcéro-nécrotique et les parodontopathies. 

            PHOSPHORUS est un important remède de troubles hépatiques, pancréatiques ou biliaires, pas seulement d’origine alcoolique : hépatite virale, cholécystites, etc... Encore une fois, le dentiste peut s’occuper des conséquences buccales, mais le traitement de fond lui échappe ? Et d’autant plus que Phosphorus reste toujours contre-indiqué lorsqu’existe une tuberculose pulmonaire récente ou mal guérie. 

            Chez le vieillard, PHOSPHORUS convient à de nombreux troubles dus à l’artériosclérose : vertiges, troubles vasculaires cérébraux ou autres, artériopathies des membres inférieurs, etc.. Sans oublier l’insuffisance cardiaque et certaines maladies du sang avec une très nette et souvent très grave tendance hémorragique. 

            Comme on le voit, ce médicament se trouve indiqué souvent dans des syndromes graves qui imposent toujours et systématiquement pour le chirurgien-dentiste la collaboration du médecin.  Cependant, cela ne signifie pas que certains patients ne puissent bénéficier de ce médicament pour des troubles buccaux lorsque leur état général n’est pas aussi atteint. On peut voir ces patients pour les troubles suivants : 

·      Sécheresse de la bouche avec lèvres sèches et craquelées, saignement de la muqueuse au moindre contact.

·      Gingivite sous différentes formes cliniques mais souvent ulcéreuse et toujours très hémorragique.

·      Aphtose buccale souvent grave, saignement des aphtes.

·      Névralgie faciale ressentie souvent dans la mandibule avec irradiation temporale : sensation de chaleur, face bouffie et congestionnée, douleurs déchirantes, élançantes depuis les dents vers l’hémiface.

·      Parodontopathie avec des poches suppurées, des ulcérations profondes, des saignements abondants spontanés ou provoqués. Le tout évoluant rapidement vers l’aggravation par nécrose osseuse. 

            Comme on le voit, il s’agit d’une pathologie banale au départ mais qui évolue rapidement vers l’aggravation locale, parfois générale. Dans ce cas on discutera de l’indication éventuelle d’un autre polychreste = ARSENICUM ALBUM.  

            On voit plus souvent au cabinet dentaire des troubles gingivaux qui relèvent plutôt de PHOSPHORIC ACID. chez des adolescents épuisés par un surmenage intellectuel, ou par une vie sexuelle intense ou lors de stress affectifs importants. Dès lors que ce médicament qui semble pourtant bien indiqué ne donne pas de résultat rapide (dans les 24 ou 48 heures), il faut penser à donner PHOSPHORUS 9 ou 12 CH, une fois ou deux . Mais comme on peut le constater, la tendance tuberculinique passe au second plan devant l’évolution lésionnelle de ce remède, du fait de son action toxique importante. 

SILICEA: la silice

            Remède très important du rachitisme dont les conséquences dentaires chez l’enfant sont irréversibles, ce qui explique les caries globales typiquement tuberculiniques, SILICEA est également un remède très important de suppurations chroniques avec des adénopathies dures. SILICEA correspond d’abord à des troubles du mode tuberculinique surtout après des périodes de surmenage intellectuel, après des convalescences difficiles, des carences alimentaires, voire des famines. C’est également un remède possible du mode sycotique par suite des mauvais effets des vaccinations (B.C.G. surtout trop répété et trop précoce). Le mode sycotique ainsi suscité par les vaccinations chez ces sujets plutôt tuberculiniques mais ayant sans doute une prédisposition (facteur héréditaire), explique certainement les douleurs dentaires de SILICEA apparaissant par temps froid et humide (elles sont par ailleurs améliorées par la chaleur = boissons, pièce). C’est enfin un remède de certains troubles plus psoriques comme les suites de suppression d’une élimination (névralgie dentaire après suppression de la sueur des pieds par exemple).  

            Même si son action étendue en fait un remède de fond, il se trouve le plus souvent indiqué lors de troubles lésionnels aussi bien sur le plan général que bucco-dentaire. Cela va des syndromes suppurés chroniques à n’importe quel étage (otites, rhinites, pharyngites, angines, blépharites, orgelets, furoncles, impétigo, anthrax, etc...) ou de maladies respiratoires chroniques du fait de la très grande sensibilité au froid sous toutes ses formes, jusqu’à des troubles digestifs comme la constipation atonique, avec tendance aux parasitoses intestinales, aux diarrhées de malabsorption. 

            Sur le plan bucco-dentaire, il y a d’abord ce qui concerne la carie : 

·      Carie globale chez l’enfant déminéralisé ou rachitique avec atteinte précoce peu après l’éruption des dents, tendance à faire des complication apicales avec fistule et suppuration interminable.

·      Carie acquise de l’adolescent ou de l’adulte avec altération de l’émail, précédée et accompagnée d’une grande sensibilité des dents au froid humide, tache blanchâtre dans l’épaisseur de l’émail puis perte de substance, notamment aux collets coronaires.

 Puis, on trouve les signes manifestes de la maladie parodontale : 

·      Inflammation de la gencive avec poches gingivales puis parodontales, toujours suppurées. Gingivite ulcéreuse puis ulcéro-nécrotique avec alvéolyse suppurée, adénopathies satellites, ulcérations des commissures labiales, sécheresse buccale, lèvres gercées. 

            A noter que SILICEA comme PULSATILLA sont tous deux indiqués dans l’hypertrophie et l’induration des glandes salivaires, notamment des parotides (oreillons). PULSATIILLA est indiqué à la période aiguë, SILICEA à la phase chronique avec tendance à la suppuration. Ces deux remèdes ont de nombreux signes psychiques communs comme la timidité, l’hypersensibilité affective. SILICEA, quel que soit son âge, est un anxieux, un timide, un pusillanime. Ce sujet a toujours peur de ne pas être à la hauteur de ce qu’on attend de lui, un peu comme LYCOPODIUM qui cache cette faiblesse par un comportement souvent odieux avec l’entourage. SILICEA a bien conscience de cette faiblesse, mais n’a pas le comportement coléreux du précédent, au contraire sa timidité domine, il semble confus et résigné. Mais cette appréhension par anticipation ne l’empêche pas de réussir, comme d’ailleurs LYCOPODIUM. Lorsqu’il est épuisé mentalement, il n’arrive plus à réfléchir, ne peut plus fixer son attention, se décourage et devient maussade. Tout de même sur ce fond déprimé, il peut être irritable et agité et sursauter au moindre bruit. On connaît sa phobie des épingles. Enfin, il est aggravé par la consolation, comme les remèdes qui le précèdent tels que NATRUM MURIATICUM ou SEPIA. 

            Sa prescription est assez facile. En cas de suppuration chronique, il faut commencer par une basse dilution, par exemple en 4 CH une à deux fois par jour, puis espacer et élever les dilutions au fur et à mesure de l’amélioration. Il ne faut pas oublier le risque des suppurations, même chroniques dans des cavités closes. Comme remède de fond, il faut préférer les hautes dilutions, 15 ou 30 CH une fois par semaine et surtout il faut le donner longtemps car son action est très lente. 

Ô

EN CONCLUSION 

            Au terme de cette étude, d’aucuns peuvent s’étonner de l’oubli de certains médicaments. Cette étude ne prétend pas à l’exhaustivité car elle concerne surtout les problèmes bucco-dentaires. Par exemple, TUBERCULINUM a été volontairement oublié alors qu’il présente de très nombreux signes bucco-dentaires, qui résument d’ailleurs tout ce qui a été dit sur ce problème. Mais nous pensons que ce médicament est difficile à prescrire par le chirurgien-dentiste, il est donc préférable de confier le traitement au médecin qui dispose de tous les éléments nécessaires à une prescription sans risque. 

            Comme cela a été exposé longuement, le sujet longiligne qui réagit électivement sur le mode tuberculinique a toujours des problèmes avec la gestion de ses minéraux. Et cela dès l’enfance avec, pour ce qui concerne le dentiste, un risque réel de dysminéralisation des dents dont les séquelles irréversibles seront constatées avec l’éruption des dents permanentes. Cela implique un traitement préventif qui, logiquement, doit être mis en œuvre précocement, déjà pendant la grossesse, puis dès la naissance de l’enfant. Il est évident que cette prévention appartient le plus souvent au médecin qui suit le nourrisson, ce qui n’est qu’exceptionnellement le cas du dentiste. Mais ce dernier peut jouer un rôle de conseil en informant les parents. 

            Chez l’adulte, la gingivite n’est qu’une sonnette d’alarme qui doit alerter sur le risque de déminéralisation de l’os alvéolaire, toujours menaçant qui peut expliquer ainsi une évolution vers la maladie parodontale que les seuls facteurs locaux ne justifient pas, qui peuvent d’ailleurs manquer. Ce qui laisse perplexe un praticien non averti des modes réactionnels ou des possibilités de l’homéopathie en général.  

Retour


 

 

 
Copyright © 2002 ASSOCIATION ODONTO-STOMATOLOGIQUE D'HOMEOPATHIE
19, avenue de la République  91300 MASSY
Dernière modification : 13 novembre 2011