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ETUDE DE 4 MEDICAMENTS DE FOND DU MODE SYCOTIQUE
A L'INTENTION DU CHIRURGIEN-DENTISTE
 


 

 

NATRUM SULFURICUM: le sulfate de sodium

             La "sensibilité à l'humidité sous toutes ses formes et au froid humide constitue un trait dominant, mais il est commun aux médicaments cités ici. La "rétention d'eau" dans tout l'organisme constitue également une caractéristique essentielle.

Photo J. Jouanny

       Il est possible de formuler une règle dégagée de la pratique : chaque fois que des troubles, quels qu'ils soient,  sont influencés par l’humidité, il faut rechercher les signes de NATRUM SULFURICUM, qui peut être indiqué soit comme remède de l'épisode aigu, soit comme remède de fond. . Certes, au tout début de la mise en oeuvre du mode sycotique, ceux-ci sont forcément discrets. En bout d’évolution, le type sensible de ce remède apparaît dans toute sa splendeur. L’image ci-contre en donne un aperçu : sujet souvent de morphologie bréviligne, devenu corpulent par adiposité et rétention d’eau, infiltré notamment au niveau de l’abdomen et des cuisses, au comportement habituellement lent, apathique, indolent, facilement déprimé, de mauvaise humeur (le matin au réveil).


     NATRUM SULFURICUM est le principal remède de fond de la phase hydrogénoïde du mode sycotique. Il est donc logique de retrouver parmi ses circonstances étiologiques celles de ce mode réactionnel : d’abord les facteurs de perturbation du métabolisme de l’eau dont l’humidité (chaude ou froide), le froid humide provenant aussi bien du climat que de l’habitat. Il ne faut pas oublier les traumatismes crâniens dont ce médicament est le principal remède. Ensuite, les facteurs de dérèglement du système immunitaire : vaccinations, antibiotiques, diurétiques, quinine, etc..., ainsi que les infections répétées et récidivantes qui entraînent à leur tour une pollution médicamenteuse. 

     Il n’est pas question ici de développer toute la Matière médicale de ce médicament, que l’on peut synthétiser ainsi.

     Au départ, le sujet n’a pas encore sa silhouette enveloppée. Mais il est déjà très sensible à l’humidité et peut venir consulter pour des douleurs dentaires. Il peut venir aussi consulter  pour des sensations de brûlure de la bouche ou de la langue (langue en carte de géographie possible), pour des aphtes et même pour une gingivite érythémateuse banale = la gencive est en feu comme par du poivre. Ces signes buccaux peu significatifs en eux-mêmes s’inscrivent souvent dans un contexte digestif : blocage de l’émonctoire intestinal exprimée par une constipation avec selles dures, noueuses, grosses, alternant avec une diarrhée jaillissante, aqueuse, avec beaucoup de gaz. On peut retrouver déjà quelques signes d’imbibition hydrique = signe de la bague que le sujet peut retirer facilement le soir mais pas le matin au réveil, diarrhée matinale peut après le petit déjeuner. Ces deux signes peuvent s’expliquer ainsi : pendant le sommeil, l’eau stagne, notamment dans les régions déclives. Les doigts sont ainsi imbibés le matin. L’eau apportée par le petit déjeuner relance la cinétique de l’eau qui est alors chassée par la diarrhée.

    Un peu plus tard, ce sujet se décompensant un peu plus,  son foie se congestionne, apparaît une certaine flatulence ou des troubles biliaires. Parallèlement, la gencive reflète l’état digestif : gingivite ulcéreuse, poches et alvéolyse, avec mauvaise haleine, brûlure, aphtes, etc... Dans le même temps, le sujet devient de plus en plus sensible à l’humidité ce qui explique les douleurs articulaires avec enraidissement, le tout amélioré par le mouvement lent (Rhus toxicodendron). Il s’enrhume au moindre froid humide, avec un écoulement épais, une toux grasse, parfois un asthme.

   Progressivement la silhouette se précise, l’obésité se développe. La peau s’infiltre et en même temps présente certains troubles : prurit pire au déshabillage, verrues (cuir chevelu, face, paupières, parties génitales, anus...), condylomes, mycoses (dont la mycose buccale).

     Comme toujours, le comportement se trouve modifié dans le sens de la dépression avec mélancolie et tristesse, humeur chagrine avec irritabilité, impressionnabilité (la musique le fait pleurer). Sur le plan bucco-dentaire, la gingivite ulcéreuse évolue vers une maladie parodontale de plus en plus grave qui impose souvent des extractions multiples. Et ce d’autant plus que NATRUM SULF. est un remède éventuel d’insuffisance thyroïdienne du fait du ralentissement métabolique général.

 En résumé :

      Ce médicament joue un rôle capital dans la mise en œuvre du mode sycotique dans sa phase hydrogénoïde. R. ZISSU recommande de ne pas l’oublier chez l’enfant, mais celui-ci n’a pas de problèmes bucco-dentaires particuliers. Le traumatisme crânien d’origine obstétricale en fait un remède de prescription fréquente chez le nourrisson.

 Ce qui dit LATHOUD au chapitre "Bouche et dents":

      ·        La bouche est pleine d'un mucus épais, tenace, visqueux, en même temps qu'elle peut avoir un goût                   amer.

·        Sécheresse brûlante de la bouche, comme par du poivre.

·        Les gencives brûlent comme du feu; elles sont rouges et ulcérées.

·        Odontalgie lancinante aggravées par les boissons chaudes et soulagées par les boissons froides et par l'air frais.

·        Les dents deviennent branlantes et tombent facilement.

·        Langue recouverte d'un enduit gris vert brun, surtout marqué à la racine, ou langue "en carte de géographie" (Arsenicum album, Kali bichromicum, Natrum muriaticum, Phytolacca, Taraxacum).

·        Vésicules aphteuses au palais qui est sensible au toucher.

    
     Le chirurgien-dentiste peut voir ces patients pour l'une des causes décrites ci-dessus, et tous ces patients ne présentant pas forcément la silhouette représentée plus haut.   

Imaginons un patient venant consulter pour "une gingivite ulcéreuse avec des douleurs brûlantes". Le premier geste consiste à supprimer toutes les causes locales, en commençant le plus souvent par un détartrage, puis la prescription d'un bain de bouche. Le patient s'en trouve rapidement amélioré. C'est le cas le plus fréquent. Mais il y a parfois récidive, parfois plusieurs fois en quelques semaines. Dans ce cas-là, il est logique de s'interroger sur la présence d'une cause extra-buccale et un homéopathe pense aussitôt au "terrain". C'est alors que l'on pose au patient des questions qui peuvent lui paraître sans rapport avec sa gingivite. Il faut lui en expliquer la raison.

Si l'on peut mettre en évidence l'état hydrogénoïde, on perçoit sans difficulté l'action préventive possible car "les dents deviennent branlantes et tombent facilement", comme disent les matières médicales dans le langage du XIX° siècle.

Imaginons maintenant qu'un patient vienne consulter pour des douleurs dentaires. Le premier geste consiste à recherche une cause dentaire qui les expliquerait. On en trouve souvent et on  les supprime par le traitement ad hoc. Mais si le patient revient quelques temps plus tard, il est logique de se poser la question d'une cause encore inconnue, dentaire ou autre. Le dentiste homéopathe pense alors aux causes climatiques à condition que l'on  retrouve la même à chaque épisode douloureux. Ce peut être l'humidité froide.  Et le mécanisme intellectuel s'enclenche.

Nous avons rapporté plusieurs fois le cas d'une aphtose buccale récidivante depuis plus de 18 mois et qu'aucun traitement ne parvenait à guérir. Un interrogatoire méticuleux finit par révéler un traumatisme crânien quelques jours avant l'apparition de la première poussée d'aphtes. Natrum sulfuricum s'est montré très efficace.

 

THUYA OCCIDENTALIS:

        Ce médicament est considéré comme le remède central du mode sycotique parce qu’il se trouve indiqué dans les deux phases, même si les troubles de la phase hydrogénoïde sont plus nombreux. Toute la physiopathologie du mode sycotique se retrouve dans la matière médicale de THUYA, en commençant par toutes les circonstances étiologiques : atteintes du système immunitaires (vaccinations, sérothérapies, pollutions chimiques et médicamenteuses dont les antibiotiques, la cortisone, la pilule contraceptive..., les infections itératives et tenaces avec leurs traitements chimiques, les stress répétés. THUYA est également sensible au froid humide qui perturbe le comportement, produit des douleurs variées (notamment au niveau de l'ovaire gauche et à la face). Le type sensible est façonné par le mode sycotique : silhouette infiltrée (surtout tronc, hanches, cuisses mais pas les membres qui restent maigres), peau grasse, huileuse par endroits comme le visage et les ailes du nez, sèche par ailleurs. La peau offre diverses productions cellulaires = éruptions papulo-vésiculeuses ou pustuleuses, et surtout des verrues.

Photos J. Jouanny


     Deux signes objectifs de THUYA =  face à la peau huileuse, surtout au niveau des ailes du nez: sillon naso-labial marqué – ongles striés longitudinalement.
 

     Le comportement est bien connu : il s’agit le plus souvent d’une tendance à la dépression consécutive à la chronicité et à la ténacité des troubles qui finissent par engendrer une cancérophobie. A l’image de l’eau qui stagne, les idées et pensées stagnent également = remède central des idées fixes. Les éliminations de type sycotique (persistantes, rebelles aux traitements, récidivantes, tenaces) se manifestent un peu partout mais plus particulièrement au niveau génito-urinaire et rhino-pharyngé, avec des sécrétions et excrétions épaisses et verdâtres.          

     Voici donc le contexte général dans lequel vont apparaître les troubles bucco-dentaires. Comme pour tous les médicaments du mode sycotique, tous les troubles, quelle que soit leur localisation, sont progressifs dans leur évolution vers l’aggravation. Aussi, comme par exemple pour GRAPHITES ou pour NATRUM SULFURICUM, les troubles bucco-dentaires de THUYA débutent par des lésions réversibles : irritation de la muqueuse buccale, aphtes, douleurs dentaires par le froid humide, brûlure dans la bouche et notamment à la pointe de la langue. C’est un remède très fréquent de glossodynies et stomatodynies.

    La carie dentaire présente plusieurs aspects très intéressants :

  ·      Chez l’enfant =Les dents commencent à se carier à la base dès qu’elles poussent : il s’agit alors le plus souvent d’un enfant bréviligne du type CALCAREA CARBONICA qui a subi la série de vaccinations réglementaires dès sa naissance puis dans sa petite enfance, qui a ensuite présenté des rhino-pharyngites à répétition du fait de sa sensibilité au froid humide et de sa tendance aux engorgements lympho-ganglionnaires, traitées par antibiothérapie itérative. Dès leur éruption, les dents permanentes voient des caries à leur collet, symptôme que l’on retrouve aussi bien dans CALCAREA CARBONICA que dans THUYA. La prévention homéopathique prend ici tout son sens car la connaissance des modes réactionnels permet de deviner les risques potentiels qui menacent la dent, entre autres organes ou appareils. Les dentistes qui ignore cette conception constatent que leurs obturations ne suffisent pas à éviter la récidive de ces caries du collet, ils incriminent alors les mauvaises habitudes alimentaires comme le syndrome du biberon et les excès de sucreries, qui ne sont ici qu’un épiphénomène.

·      Chez l’adulte : on retrouve deux autres types de caries.

1.    Les dents se déchaussent et sont très sensibles, la racine des dents se carie, leur couronne reste intacte. On trouve ce même symptôme dans MEZEREUM. Cela signifie à l’évidence qu’il existe une maladie parodontale. Cette dernière peut se développer progressivement à la suite d’une gingivite qui est devenue ulcéreuse. Ou encore on peut constater une alvéolyse précoce sans signe inflammatoire, c’est une manifestation du vieillissement prématuré qui caractérise entre autres le mode sycotique.

2.    Les dents se carient au niveau des faces distales, sous le collet, en commençant par les molaires les plus postérieures et en évoluant progressivement vers l’avant. Ce type de carie a été décrit par Roger SCHMITT. 

 

·      Chez l’enfant et plus rarement chez l’adulte : les dents se carient sur le bord tranchant, s’émiettent et deviennent jaunes, symptôme partagé par STAPHYSAGRIA.  Nous n’avons pas d’explication rationnelle. Il faut simplement rappeler que STAPHYSAGRIA chez l’enfant est un remède de troubles polydiathésiques, surtout de rachitisme, à comparer à SILICEA.

    La gingivite de THUYA = elle est certes présente, mentionnée d’ailleurs plus dans le Répertoire de KENT que dans les ouvrages de Matière médicale. C’est que THUYA n’est qu’exceptionnellement indiqué dans une forme aiguë. C’est essentiellement un remède de gingivite chronique et son choix repose davantage sur les signes psychiques et généraux.

    THUYA est également un remède possible de petites tumeurs buccales, dont l’épulis, la grenouillette. On l’a cité dans le traitement de fond des granulomes apicaux, on a même dit qu’il avait une action préventive. Personnellement, nous pensons que le seul traitement de ces lésions apicales relève de l’endodontie. Les varices sub-linguales sont citées dans tous les ouvrages. Enfin, il faut rappeler l’indication de THUYA comme remède de fond des mycoses, en général, buccales en particulier, à condition de retrouver quelques signes psychiques et généraux et surtout de le prescrire longtemps. La mycose est bien une affection à l'image des troubles sycotiques, tenace, récidivante, rebelle aux traitements.

             On retrouve chez ces sujets des douleurs dentaires par temps froid humide. Il y a un autre signe curieux = douleurs dentaires pires en buvant du thé ou chez les buveurs de thé. C'est un signe curieux mais pas si rare que cela. Nous en avons vu plusieurs cas et ces douleurs concernent surtout les molaires inférieures du côté gauche.

           Encore une fois, lorsque le type sensible de ce médicament se trouve renforcé par quelques signes (étiologiques, psychiques, généraux ou locaux), le diagnostic est facile. Tout le problème se complique lors que ces signes sont très discrets ou lorsque le type sensible n'est pas (encore) évident.

           Bien d'autres médicaments mériteraient un développement dans ce chapitre, notamment ceux que l'on appelle les "remèdes carrefours" comme GRAPHITES, KALI CARBONICUM, MERCURIUS, etc....., qui se trouvent impliqués dans différents troubles de la phase intermédiaire entre le mode psorique et le mode sycotique.            

 

CAUSTICUM :

             C’est un médicament de composition complexe, originale, mise au point par HAHNEMANN. Comme remède de fond, il correspond à la phase sclérogène du mode sycotique = à ce titre, il peut débloquer une situation paraissant désespérée parce qu’il parvient à débloquer les émonctoires devenus insuffisants (peau, muqueuses avec reprise des sécrétions). Mais cela impose une prescription en temps utile, c’est-à-dire avant que les processus de sclérose soient confirmés (R. ZISSU). Ceux-ci s’expriment le plus souvent au niveau de la peau (prurit sénile, verrues sous-unguéales ou au visage dont les lèvres et le bout du nez, eczéma suintant, éruptions pustuleuses, mauvais effet de la suppression d’éruption qui rappellent le mode psorique longtemps mis en œuvre) - au niveau de l’appareil ostéo-articulaire (tendinite avec sensation de tendons trop courts, raideur et rétraction, crampes (des écrivains, faiblesse musculaire). Le système nerveux est concerné à tous les niveaux = psychique (dépression, anxiété, sensiblerie excessive aux malheurs d’autrui), motricité avec des parésies et surtout des paralysies a frigore, des spasmes et des convulsions, ou des crampes. 

Les verrues sous-unguéales de CAUSTICUM
(photo J. Jouanny)

            Chronologiquement, sa première indication concerne le nourrisson ou l’enfant à la suite de traumatismes obstétricaux ou même durant la grossesse, même les stress de la mère. C’est aussi un gros remède de troubles psychogènes : peur, choc, peur de l’abandon, carence affective, chagrin, déception, etc..., le tout aboutissant à des troubles psychiques ou physiques (énurésie ou encoprésie par paralysie, blocage de type psychotique. Tout cela aboutit à un retard d’évolution avec une dentition difficile. Mais le dentiste est rarement consulté à ce propos. Il peut être un remède utile dans la prévention de certains troubles orthodontiques.

             Le plus souvent, le chirurgien-dentiste voit un sujet CAUSTICUM dans l’une des circonstances suivantes : 

·      Névralgie ou paralysie faciale a frigore par suite de froid sec = douleurs déchirantes, brûlantes, sensation de plaie à vif (soude caustique), le tout souvent associé à une sensation de raideur articulaire avec des craquements dans les A.T.M. - Paralysie unilatérale des muscles de la langue avec tendance aux morsures de celle-ci ou de la face interne de la joue ou encore aux dysphagies avec risque de fausse route du bol alimentaire, surtout chez le vieillard. 

·      Gingivite d’aspect scorbutique avec des gingivorragies abondantes, douleurs de plaie, brûlures, Cette gingivite évolue vers une véritable maladie parodontale avec des poches suppurant beaucoup, souvent, récidivant, fistules. 

            Nous répétons une fois encore que la mise en évidence de ce médicament au stade des névralgies dentaires, avant la maladie parodontale, doit inciter à la prévention de cette dernière. L’indication de CAUSTICUM signifie le plus souvent la mise en œuvre du mode sycotique dans sa phase sclérogène. C’est alors qu’apparaît une modalité importante qui est tout le contraire de celle de la phase hydrogénoïde = l’amélioration par l’humidité.

  

MEDORRHINUM : 

            C’est le biothérapique du mode sycotique, préparé à partir de sécrétions gonococciques prélevées chez plusieurs malades. La pathogénésie a été réalisée par SWANN (année ?).

             Il est normal de retrouver dans sa pathogénésie tout ce qui concerne à la fois la gonococcie ou la blennorragie et le mode sycotique. Comme tous les biothérapiques diathésiques, on peut le prescrire soit à partir de la similitude des symptômes comme les autres médicaments, soit pour parfaire un traitement de fond, le compléter après la prescription  d‘autres médicaments comme THUYA, NATRUM SULFURICUM ou CAUSTICUM.

             MEDORRHINUM se trouve indiqué dans les suites d’infections d’allure sycotique : torpides, récidivantes, chroniques, rebelles, ou après la suppression d’un écoulement urétrale (blennorragie mal soignée par une antibiothérapie arrêtée trop tôt par exemple).  Ces infections des muqueuses s’accompagnent de sécrétions jaunâtres, épaisses, irritantes et prurigineuses (leucorrhée verdâtre fétide et irritante, urétrite avec écoulement jaune abondant, rhinorrhée avec écoulement postérieur, bronchite avec expectoration, blépharo-conjonctivite purulente, etc...).

                La peau est évidemment concernée. Déjà chez le nourrisson qui présente un érythème fessier dont l’autre grand remède est CALCAREA CARBONICA et qui est une manifestation typiquement sycotique. On retrouve ensuite les verrues, souvent petites et nombreuses au visage, des condylomes génitaux, des molluscums un peu partout, de l’herpès génital, un eczéma suintant, etc... 

            Les articulations ne sont pas oubliées : douleurs avec raideur et faiblesse < par temps froid et humide ou avant l’orage, agitation douloureuse des jambes et des pieds, talalgies, dorsalgies, etc... Rhumatismes dégénératifs ou inflammatoires améliorés au bord de la mer, etc... 

            Le psychisme est important : c’est un sujet agité, hypersensible (bruit, toucher), anxieux (ne peut rester en place mais se fatigue vite), nombreuses peurs (obscurité, de mal agir). Il a des troubles de la mémoire (faits récents, chiffres, noms, orthographe, perd le fil de la conversation). C'est un sujet qui a un conflit avec le temps = soit le temps passe trop lentement (un événement passé la veille semble vieux de 8 jours - au cabinet dentaire 5 minutes d’attente lui paraissent une demi heure)  - soit le temps passe trop vite (il ne finit pas un travail commencé, ne peut se concentrer trop longtemps..., d’où un comportement précipité, agité, affairé qui rappelle ARGENTUM NITRICUM). D’une manière générale, ce patient est bourru, de mauvaise humeur et triste dès le lever puis son comportement s’améliore le soir, il est même gai la nuit. D’où la modalité : aggravation le jour, amélioration la nuit. Cependant, le sommeil peut être troublé : insomnie de la première partie de la nuit, avec peur de s’endormir par crainte de cauchemars, position à plat ventre et surtout genu-pectorale. 

            Comme PSORINUM, ce sujet a une faim vorace, même après le repas avec un désir insatiable pour les liqueurs, moins grand pour la bière et les sucreries. Il a de gros problèmes digestifs : brûlures de l’estomac, coliques hépatiques, nausées, éructations, constipation avec des selles argileuses, collantes, difficiles à évacuer (doit se pencher en arrière), hémorroïdes, prolapsus rectal, etc...

 Chez l’enfant :

             La Matière médicale précise les signes dentaires suivants : dents fragiles, jaunâtres avec bords friables (THUYA). Il est donc utile de prévenir les troubles de la minéralisation des dents aussi tôt que possible. L’érythème fessier est une sonnette d’alarme qui doit inciter à une prévention. Aussi est-il utile de rechercher les signes d’appel de ce médicament afin de le prescrire en temps utile.           

MEDORRHINUM se manifeste par quelques-uns des signes suivants:           

·      Agitation jour et nuit, sommeil troublé par des cauchemars ou des terreurs nocturnes, énurésie, position genu-pectorale (qui serait un signe caractéristique).

·      Difficultés scolaires : manque de concentration, fatigue rapide à l’effort scolaire, dysorthographie.

·      Blépharite  = paupières collées le matin (GRAPHITES)

·      Rhino-pharyngites ou angines à répétition avec écoulement épais, nez bouché d’où un écoulement postérieur.

·      Asthme amélioré au bord de la mer.

·      Enfant plus grand ou adolescent = fugues (LUESINUM). 

            Si l’on trouve quelques-uns de ces signes évocateurs, il est indispensable de proposer un traitement préventif s’il est encore temps, en collaboration avec le médecin traitant.
 

 Signes d’appel chez l’adulte : 

            La Matière médicale précise : aphtes, ulcères rongeants, haleine fétide, bouche sèche et semblant comme brûlée, gingivite allant jusqu’à la « pyorrhée ».

            On doit penser à MEDORRHINUM si l’on trouve quelques-uns des signes d’appel suivants : 

·      Agitation, précipitation, anxiété d’anticipation, conflit avec le temps, ne finit pas ce qu’il a commencé à à comparer à ARGENTUM NITRICUM ;

·      Problèmes de mémoire

·      Rhumatismes = arthrose des grosses articulations, déformation des doigts, sciatique (gauche)..

·      Troubles digestifs : désir d’alcool, faim importante, constipation....

·      Troubles cutanés  = très comparables à ceux de THUYA.

            Lorsque l’attention du praticien est ainsi alertée, il convient à l’évidence d’approfondir la consultation pour confirmer l’indication de MEDORRHINUM. Puis il faut le prescrire. Comme l’écrit R. ZISSU : remède qui couvre tous les stades du mode sycotique, mais surtout la phase sclérogène avec inversion du courant hydrique (de l’imbibition vers la déshydratation), qui favorise les éliminations en partie entravées et soulage d’autant les tissus envahis par la sclérose - remède à la fois préventif et curatif (à condition que les lésions ne soient pas irréversibles).
 

 CONCLUSION DE CE CHAPITRE

 

            Le mode sycotique a bien évolué depuis le « miasme » d’HAHNEMANN. La blennorragie est très en retrait. Ce mode réactionnel paraît actuellement au premier plan du fait de la multiplication de ses facteurs étiologiques, aussi bien ceux qui concernent le système immunitaire (médicaments chimiques, vaccinations, pollutions, etc...) que ceux qui perturbent le métabolisme de l’eau (fréquence des traumatismes crâniens notamment, du fait des voyages en voiture ou des difficultés obstétricales). 

            Le chirurgien-dentiste est directement concerné par ce mode réactionnel qui conditionne les inflammations de la muqueuse buccale, depuis la gingivite jusqu’à une véritable maladie parodontale qu’il est parfois possible de prévenir par une prescription précoce. « La pyorrhée est toujours de signification sycotique et même cancérinique » affirme Jacques MICHAUD. C’est encore une absurdité à son actif, mais elle comprend une part de vérité. La maladie parodontale concerne chaque mode réactionnel, le contexte de chacun est différent. La minéralisation des dents peut être perturbée plus ou moins profondément chaque fois que ce mode réactionnel est mis en œuvre chez le jeune enfant, et c’est hélas fréquent.         

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Dernière modification : 13 novembre 2011