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SILICEA

matière médicale - clinique
stomatologie


 

Selon l’Encyclopédie Encarta : silice = nom usuel du dioxyde de silicium, de formule SiO2, constituant principal du sable. Sous forme de quartz, la silice est le composant essentiel des roches magmatiques et un composant majeur des roches métamorphiques, tel le schiste; le quartz est également très abondant dans certaines roches sédimentaires, comme le grès. 

            Poudre blanche, remarquablement inerte et insoluble, sauf dans l’acide fluorhydrique qui l’attaque avec dégagement de fluorure de silicium.  Pour l’usage homéopathique, on procède d’abord par trituration jusqu’à
la 2° CH puis par dilutions alcooliques. 

            La silice est présente dans l’organisme en très faible quantité, environ 60 à 70 centigrammes pour un homme de taille moyenne, soit 5 fois moins que le fer ! Malgré sa faible quantité, la silice joue un rôle métabolique important : 

·        Du fait de sa dureté et de sa résistance, elle joue un rôle de soutien, elle est particulièrement active dans les tissus durs de l’organisme = os et dents. 

·        Elle joue un rôle de protection des tissus conjonctifs. Ce qui explique en cas de troubles de son métabolisme, une moindre résistance de ces tissus et explique une tendance à la suppuration, essentiellement chronique. 

·        Enfin, la silice participe activement malgré sa faible quantité aux réponses immunitaires, expliquant encore une fois, en cas de carence ou de troubles de son métabolisme, une tendance aux inflammations et aux suppurations chroniques.

La silice est également un toxique puissant, responsable en particulier de la silicose, maladie hélas bien connue. D'ailleurs, cette maladie a été une source de renseignement pour la matière médicale de Silicea.

Cette action toxique se caractérise par une action lente dans le temps et donc durable, ce qui explique que le médicament SILICEA concerne essentiellement des troubles chroniques. Ceci explique également que Silicea doive être prescrit longtemps.

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MATIÈRE MÉDICALE 

            Pour ce qui l’aurait oublié, nous étudions la matière médicale d’un médicament selon la double hiérarchisation des signes et symptômes proposée par Roland ZISSU et Michel Guillaume

1 – D’abord les circonstances étiologiques = quels sont les facteurs qui déclenchent des troubles correspondant à Silicea ? 

            Roland ZISSU les divise en deux groupes = les causes acquises et les causes héréditaires. La connaissance de ces facteurs déclenchants ne relève que de l’expérience clinique des praticiens, ils ne relèvent pas de la pathogénésie proprement dite. 

Les causes acquises = elles ne sont pas tout à fait les mêmes chez l’enfant et chez l’adulte. 

Chez l’enfant : 

L’organisme ayant besoin de minéraux, dont la silice, surtout pendant la croissance, les carences minérales sont une cause très importante.  Il peut s’agir de carences d’apport par une alimentation mal équilibrée ou défectueuse. Ou il peut s’agir d’une absorption intestinale insuffisante pour différentes raisons = excès de boissons acides, maladies intestinales comme les entérites, etc... Le tout aboutit une déminéralisation et la silice n’est pas la seule concernée. 

Les vaccinations sont un autre facteur étiologique important chez l’enfant car elles sont fréquentes et répétées à cet âge, souvent dès la naissance et en particulier, la vaccination antivariolique souvent répétée parce sans succès. Heureusement, cette vaccination tend à disparaître, du moins dans les pays développés. Les homéopathes ont remarqué que très souvent des nourrissons ou des jeunes en bonne santé commençaient une série de troubles (rhinopharyngites ou angines ou otites ou bronchites à répétition, suivis d’asthénie, d’amaigrissement, de frilosité, de sueurs des pieds fétides…), après une vaccination ou une série de vaccinations. La prise de Silicea, souvent associé à Thuya permettait un rétablissement de l’équilibre de santé.

 
Chez l’adulte
 : 

            Les troubles justiciables de Silicea apparaissent au cours d’affections débilitantes, traînantes, chroniques et torpides. Ou encore après un surmenage intellectuel prolongé et intense ou encore après des pertes de liquides organiques ou après des séances de radiothérapie ou enfin, constatation des homéopathes = après suppression intempestive de la transpiration des pieds. Nous avons vu à deux ou trois occasions des névralgies dentaires après la suppression des sueurs des pieds. 

            Henri VOISIN précise: "Nous avons vu que le sujet déminéralisé type Silicea transpirait des pieds et que ces sueurs étaient fétides. Si cette transpiration est arrêtée et que cette suppression produise de l'aménorrhée, le remède est alors particulièrement indiqué mais il l'est aussi pour toute aménorrhée provoquée par la suppression de la sueur des pieds lorsqu'en même temps le sujet devient faible, frileux et maigrit". 

            Pour l’étude des « causes » liées au « terrain », un chapitre spécial sera consacré aux différents aspects diathésiques de Silicea. Ce chapitre ouvrira également celui de son étude clinique. 

 

2 – LES SIGNES ET SYMPTÔMES PSYCHIQUES : 

            On peut résumer le comportement psychique par quelques mots = fond dépressif par faiblesse irritable. La Matière médicale précise : 

·        Epuisement mental avec découragement.

·        Hypersensible, irritable, tressaille au moindre bruit, hyperesthésie générale et réflexes exagérés, sommeil agité avec rêves anxieux et réveils en sursaut, voire somnambulisme.

·        Timide, anxieux et en même temps têtu, obstiné, avec tendance aux idées fixes (notamment phobie des épingles = il en rêve, les perd, les compte...!).

            Ces signes seront revus lors de l’étude clinique, en les expliquant « en situation ».
 

3 -  LES SIGNES ET SYMPTÔMES GÉNÉRAUX : 

·        Débilité physique qui correspond à celle mentale par manque de réaction et par dénutrition.

·        Frilosité et aggravation générale par le froid. Et pourtant, le sujet se couvre peu, sans doute par conviction que cela ne servira à rien.

·        Extrémités toujours glacées et malgré la sensation de froid, transpire de la tête et des pieds (fétides).

·        Amaigrissement progressif, surtout du corps et des membres, mais la tête et l’abdomen restent gros (image d’enfants dénutris par la famine). Rachitisme.

·        Tendance aux inflammations chroniques, traînantes, avec évolution vers la suppuration, la fistulisation, l’induration et la sclérose. Toute petite plaie tend à suppurer, peau malsaine.

·        Désir d’aliments froids, de sable ( ?!!). Aversion pour les aliments chauds et pour le lait maternel.

·        Douleurs aiguës, piquantes, névralgiques = après courant d’air (froid), après suppression de la sueur des pieds, après vaccinations. Douleurs accompagnant les processus inflammatoires, du moins au début, car la chronicité est un trait dominant.
 

4 – LES MODALITÉS GÉNÉRALES : 

Les aggravations : <

·        < par le froid sous toutes ses formes

·        < par l’humidité, surtout le froid humide.

·        < pendant les règles

·        < à la nouvelle lune

·        Kent précise = aggravation par les températures extrêmes. 

Les améliorations : >

·        par la chaleur, en s’enveloppant chaudement la tête (lors d’une céphalée)

·        l’été et par temps chaud et sec.

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PLACE DE "SILICEA"


PARMI LES MÉDICAMENTS
DES MODES RÉACTIONNELS


              Les élèves, très nombreux, de Roland ZISSU ont certainement toujours présent à l’esprit ce qu’il nous a répété très souvent = la priorité doit toujours revenir à la matière médicale. Ce n’est qu’ensuite que l’on peut tenter d’expliquer les signes et symptômes que celle-ci révèle par l’expérimentation pathogénétiques, méthode exclusivement homéopathique et ensuite par l’expérience clinique de plusieurs générations de praticiens.

            Roland ZISSU a toujours expliqué l’action des « grands médicaments » homéopathiques selon leur physiopathologie, puis selon l’âge. Les pathogénésies ont été exclusivement réalisées chez des adultes. Il est évident que de nombreuses différences distinguent l’action du même médicament chez l’enfant, l’adolescent, l’adulte et le vieillard et c’est justement sur ce chapitre que l’expérience clinique des praticiens joue un rôle éminent.  Ensuite, chaque médicament possède une sorte de génie thérapeutique selon sa nature, son action toxicologique et/ou métabolique, ses points d’impact dans l’organisme.

 

LE MODE RÉACTIONNEL TUBERCULINIQUE 

            En partant de la matière médicale de SILICEA, on constate que son génie physiopathologique concerne avant tout la minéralisation des tissus durs. Il s’agit d’un minéral appartenant à l’organisme et il y joue un rôle éminent, même s’il n’est présent qu’en quantité modeste. Les troubles de son métabolisme entraînent une déminéralisation. Cette dernière évoque à l’évidence le mode réactionnel tuberculinique

            Peut-être n’est-il pas inutile de rappeler les rapports entre ce mode réactionnel tuberculinique et le problème des minéraux. 

            A partir de plusieurs signes cliniques, les praticiens ont élaboré une explication qui a subi des évolutions en fonction du progrès des connaissances médicales. Nous avons maintes fois expliqué ces problèmes dans des textes antérieurs et nous conseillons nos lecteurs à se reporter à nos publications, notamment sur le site de notre Association sur Internet.

            Tout se passe comme si le sujet dit « tuberculinique » ne disposait pas d’une défense immunologique bien structurée. Pour quelle raison ? Parce qu’il souffre d’une insuffisance hépatique congénitale, pensait Antoine NEBEL (1870-1954) et quelques-uns de ses contemporains. Ces auteurs avançaient l’hypothèse de l’action de la toxine tuberculeuse dans une lignée familiale, action centrée sur le foie et la fonction hépatique.  

            Pour ces raisons, qui mériteraient certes un développement approfondi, le sujet tuberculinique réagit à une agression microbienne ou virale par une brusque accélération du métabolisme que l’on peut constater  en clinique par divers signes = l’enfant n’est pas bien durant deux à trois jours, « Il couve quelque chose » dit sa maman. Ses lèvres deviennent sèches et se fendillent avec de petites squames, la bouche est sèche, l’enfant a soif, devient pâle, se fatigue encore plus vite que d’habitude. Il peut souffrir de maux de tête, surtout durant les efforts scolaires. Il devient grognon, irritable, veut rester couché. Puis une fièvre modérée apparaît, les signes s’aggravent. Le tout évolue en plusieurs jours, puis l’amélioration apparaît, et l’enfant entame alors une convalescence qui peut durer une ou deux semaines, au cours de laquelle il maigrit, alors qu’il est déjà habituellement maigre. Il a peu d’appétit.  

            La déshydratation des muqueuses s’accompagne d’une fuite minérale que l’on constate dans la polyurie avec des urines chargées de phosphates comme dans NATRUM MURIATICUM.  L’extrême variabilité des symptômes et la congestion veineuse se retrouvent dans PULSATILLA. Il est logique de penser que la déshydratation des cellules entraîne aussi et parfois leur destruction du fait de la fuite de l’eau et des minéraux. Les déchets cellulaires en résultant peuvent encombrer la circulation de retour, ce qui explique la congestion veineuse. Dans un deuxième temps, on constate une fixation des troubles au niveau d’une muqueuse ou d’un appareil : muqueuses respiratoires, rhinopharyngées et appareil broncho-pulmonaire par exemple, avec une prédilection certaine pour ces cibles. Ou encore les muqueuses digestives dont la muqueuse buccale et l’appareil intestinal. Cela permet à Michel CONAN-MERIADEC (1921-2000) de proposer la définition suivante, dans son ouvrage  : « L’homéopathie - conception médicale à la dimension de l’homme » (Boiron 1990) =

 « Le mode réactionnel tuberculinique est une tendance générale à réagir aux facteurs pathogènes par une destruction cellulaire avec hypersensibilité réactionnelle, évoluant de l’instabilité à la fixation, de la variabilité des symptômes à la destruction cellulaire. Le mode tuberculinique procède d’abord par des réactions successives, labiles et variées sur tel ou tel appareil, avant de se fixer sur l’un d’eux et d’y développer sa réaction spécifique : une accélération du catabolisme, entraînant une désassimilation, que les homéopathes qualifient improprement de déminéralisation ».         

            Cette définition présente, à notre avis, l’avantage d’expliquer en grande partie la pathologie bucco-dentaire qui  concerne donc directement le chirurgien-dentiste, sans occulter d’autres aspects généraux. 

            En effet, le tuberculinique a toujours des problèmes avec ses minéraux, qui sont, avec l’oxygène, son principal « carburant ». Dès qu’il est agressé par un microbe, il réagit par une poussée thermique = consommation d’oxygène et de minéraux (Cl, Na, K, P, Ca, Si, etc. ). Puis il se déshydrate (ce que le psorique ne fait pas d’ailleurs, autre différence importante entre ces deux modes réactionnels) = perturbation des métabolismes du chlore, du sodium et du potassium. Ensuite avec sa polyurie, il perd ses phosphates (on retrouve cela dans NATRUM MURIATICUM). Enfin, pour reconstruire ses cellules détruites, il a encore besoin de minéraux. On comprend ainsi que chez l’enfant qui est en train de minéraliser ses dents, qui a donc besoin de minéraux pour cette tâche, ces mêmes minéraux peuvent momentanément manquer à leur niveau puisqu’ils sont utilisés ailleurs pour des réactions défensives sans doute plus urgentes. Ce qui explique la tendance aux caries dentaires qui se révèlent précocement, peu après l’éruption des dents, avant même que les facteurs étiologiques comme la plaque dentaire ou les excès de sucreries n’exercent leurs effets nocifs. La dent se carie rapidement parce qu’elle est mal minéralisée. Ceci est une évidence clinique, même s’il faut souligner et rappeler qu’il n’y a pas de fatalité. Dans ces processus, le carbone, le phosphore, la silice, le fluor et d’autres jouent un rôle capital. 

            Chez l’adulte, l’organisme a également besoin de minéraux aussi bien pour assurer ses métabolismes fondamentaux que pour réagir occasionnellement à telle ou telle agression microbienne. S’il n’y a aucune carence d’apport ou d’assimilation, il n’y a pas de conséquences. Mais dans le cas contraire, l’organisme puise dans les réserves que constitue le tissu osseux, os alvéolaire compris. Voilà ce qui peut expliquer des mobilités dentaires transitoires au cours de maladies infectieuses et dans la période de leur convalescence. C’est ce que l’on peut observer également au cours de certaines grossesses. Il n’est pas impossible que ces mobilités dentaires favorisent des caries proximales par inefficacité temporaire des points de contact des dents. Mais contrairement à ce que l’on dit depuis longtemps, une dent bien minéralisée ne se carie pas en perdant ses minéraux par métabolisme. Les sels de calcium de la dent se trouvent dans un état non soluble.

            Ce très gros besoin de minéraux explique d’autres faits. Par exemple, les sujets réagissant sur le mode tuberculinique sont généralement affamés, ils ont toujours faim, mangent souvent, généralement peu à la fois mais d'une manière répétée. Et pourtant ils ne grossissent pas, restent maigres et même maigrissent à la moindre occasion. Ensuite, leur très gros besoin d’oxygène oblige l’appareil respiratoire à des efforts répétés. Or, ces sujets ont habituellement une constitution longiligne caractérisée entre autres par une cage thoracique étroite et aplatie. Ce qui peut expliquer la fréquence de la pathologie respiratoire, broncho-pulmonaire notamment, qui peut rendre compte de la fréquence autrefois de la tuberculose pulmonaire constatée chez des populations défavorisées répondant à ce type morphologique longiligne. Ce qui était fréquent au temps de NEBEL. 

            Dernier fait de constatation courante: les sujets tuberculiniques se fatiguent très vite, aussi bien physiquement qu’intellectuellement. Il sont incapables de fournir un effort physique et surtout mental prolongé. C’est sans doute parce qu’ils consomment beaucoup de minéraux, notamment des phosphates. Or le métabolisme des cellules cérébrales en exige beaucoup et rappelons que la dentine est constituée à environ 85% de phosphate tricalcique. Et c’est sans doute là que l’on peut trouver une explication à la fréquence des troubles tuberculiniques chez des sujets longilignes appelés « phosphoriques » par NEBEL et d’autres auteurs. 

            On peut voir là à travers l’appétit une autre différence entre le mode psorique et le mode tuberculinique. Un psorique, surtout lorsqu’il est déjà engagé dans la sédentarité, non seulement peut supporter une diète transitoire, mais il s’en trouve bien mieux sur le plan général. Alors qu’un tuberculinique est incapable de supporter une diète même très courte. Il se trouve vite « en manque » et fait un malaise. Et curieusement, on retrouve une fois encore NATRUM MURIATICUM, l’un des principaux remèdes de l’anorexie mentale de l’enfant ou de l’adolescent, avec SEPIA ou même LYCOPODIUM. 

            Où la place de SILICEA se trouve-t-elle ? 

            Roland ZISSU précise que l’on peut considérer SILICEA comme un Natrum muriaticum  aggravé.

       C’est un remède très important du rachitisme, il est donc logiquement le complémentaire de CALCAREA PHOSPHORICA et/ou de NATRUM MURIATICUM dans une évolution vers l’aggravation progressive du rachitisme. Bien entendu, le médecin vérifiera s’il y a une carence en vitamine D et donnera éventuellement le traitement nécessaire

          Qu’est-ce qui explique l’indication de SILICEA ? D’abord le froid sous toutes ses formes : SILICEA est un frileux qui n’arrive pas à se réchauffer. Et l’on n’a pas l’aggravation par la chaleur confinée de CALCAREA PHOSPHORICA ou NATRUM MURIATICUM. 

            Ensuite, SILICEA se trouve souvent indiqué chez l’enfant tuberculinique après des vaccinations répétées et mal adaptées, comme notamment le B.C.G. trop précoce. Il faut ajouter comme autre facteur étiologique les traitements chimiques des rhino-pharyngites ou autres troubles ORL ou respiratoires provoqués et aggravés par le froid, médicaments qui ont une action dépressive sur le système immunitaire. Et qui peuvent déclencher, chez certains malades, la mise en œuvre concomitante du mode réactionnel sycotique. 

Tout cela explique une autre caractéristique de ce médicament = la tendance aux suppurations chroniques avec participation ganglionnaire (gonflement douloureux et induration). On voit ainsi chez des enfants tuberculiniques des dents de lait délabrées et présentant des fistules asymptomatiques. L’expérience de laboratoire montre que la silice a une action sur les macrophages dans le sens de l’inefficacité, ce qui explique les suppurations interminables    (B. POITEVIN « De l’utilisation de Silicea en homéopathie à l’effet des hautes dilutions de silice sur les macrophages » - Les Annales homéopathiques françaises n°1 de 1975).

            SILICEA peut avoir une action préventive et/ou curative sur le rachitisme à condition de le donner en temps utile et longtemps. Lorsque l’on constate de nombreuses caries chez un enfant tuberculinique, cela signifie qu’il a eu dans sa première enfance une période de rachitisme qui a été préjudiciable sur le plan dentaire car les séquelles sont définitives.  Dans ce cas, il est trop tard évidemment pour l’action préventive, mais les soins dentaires seront assurés d’une certaine pérennité à condition de donner le remède de fond correspondant qui peut être SILICEA si l’on en trouve ses signes caractéristiques. Et de le donner suffisamment longtemps.
 

LE MODE RÉACTIONNEL SYCOTIQUE 

            On retrouve deux causes majeures dans la mise en œuvre du mode réactionnel sycotique et dont les troubles, dentaires entre autres, peuvent relever de l’indication de Silicea = les mauvais effets du froid humide et les vaccinations massives et répétées. 

            Les vaccinations répétées et massives dès le plus jeune âge peuvent déprimer le système immunitaire, sans doute chez des enfants prédisposés.  Le froid humide provoque très souvent des infections hivernales, notamment du carrefour ORL, le plus souvent itératives. L’enfant passe toute la saison froide sous traitement antibiotique, les antibiotiques étant eux même facteurs sycotisants.   

            Chez ces enfants, on trouve comme remèdes de fond très fréquents = THUYA et SILICEA et il y a une logique qui semble évidence aux homéopathes. 

            Chez l'adulte, notamment d'âge mûr, on retrouve la pathologie tumorale bénigne ou maligne.

 

LE MODE RÉACTIONNEL PSORIQUE 

            La place de Silicea dans les traitements des troubles du mode psorique semble moins évidente. Il est évident que le psorique sthénique n’en a aucun besoin. Mais il lui suffit d’attendre, un jour les troubles chroniques apparaîtront, d’autant plus précocement que le sujet cèdera aux sirènes de la sédentarité et de la « bonne bouffe ». Le signe curieux de Silicea "Douleurs dentaires après suppression de la sueur des pieds" peut-il être interprété comme un blocage éliminatoire du type psorique ? C'est à voir. 

            SILICEA trouve sa place dans diverses pathologiques traînantes, comme en particulier les suppurations chroniques, sans fin. Mais alors, le patient a perdu l’aspect sthénique de SULFUR. Les éliminations centrifuges du début des processus psoriques qui amélioraient le sujet, ne se font pas ou plus. Diverses pathologiques lésionnelles se développent, particulièrement tenaces et récidivantes, évoluant vers la sclérose. SILICEA a donc sa place, à côté de CARBO VEGETABILIS ou PSORINUM, mais aussi bien d’autres. 

 

LE MODE RÉACTIONNEL LUÉTIQUE 

            La place de Silicea est plus évidente, en particulier chez l’enfant dans les manifestations du rachitisme car les facteurs étiologiques des modes tuberculinique et luétique sont souvent intriqués. L’association CALCAREA FLUORICA et SILICEA est alors très précieuse = laxité ligamentaire et déminéralisation expliquent, entre autres, les troubles orthodontiques et ceux de la minéralisation des dents (qui seront étudiés plus loin). 

            Mais aussi chez l’adulte d’âge mûr ou chez le vieillard dans les troubles articulaires et dans les manifestations scléreuses, de tous les tissus. 

Conclusion pour ce chapitre

            C’est par souci didactique que les modes réactionnels sont ici séparés car la réalité clinique est bien plus complexe, hélas. Si l’on tente de proposer un traitement à partir des données réactionnelles, on risque à l’évidence de ne rien comprendre. Aussi, il faut garder à l’esprit ce que disait Roland ZISSU, ce que nous avons rappelé plus haut = priorité à la matière médicale.  

            Il faut d’abord rechercher les signes cliniques, objectifs et subjectifs, de chaque patient pour déterminer son « médicament semblable ». Ensuite, mais ensuite seulement, on peut tenter de comprendre le canevas diathésique. 

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L'ENFANT "SILICEA"

C’est le problème de la minéralisation des dents
(dont les séquelles sont irréversibles)

 

            On peut "naître" Silicea ou le devenir ! 

   Un enfant peut sembler tout à fait en bonne santé et l'être réellement. Mais une série de facteurs peut faire apparaître l'indication de Silicea, qui ont déjà été décrits = des carences minérales par sous-alimentation ou troubles digestifs répétés, nombreuses vaccinations, une maladie ou des maladies infantiles ayant entraîné une convalescence très difficile. 


           Cet enfant devient pâle, maigrit, voit sa frilosité s'accentuer, devient nerveux, voire craintif, avec un regard caractéristique (photo de J. Jouanny), il se fatigue vite à l'école. Le signe qui révèle Silicea = des sueurs fétides des pieds apparaissent, inhabituelles.

          Sur le plan digestif, on peut voir le plus souvent une anorexie ou au contraire une boulimie inhabituelle, mais dans tous les cas une constipation provoquée ou aggravée par le lait de vache et une diarrhée par le lait maternel chez le nourrisson !

            L'enfant né Silicea semble heureusement plus rare aujourd’hui du fait de la surveillance de la grossesse. Peut-être n'est-ce qu'une impression personnelle car les facteurs étiologiques qui l'expliquent sont toujours présents.  L'enfant n'a pas souffert de maladies particulières, ses vaccinations obligatoires semblent ne pas avoir entraîner de troubles. Et pourtant, un examen attentif, tant pédiatrique que stomatologique oriente vers Silicea. Chez un tout jeune enfant, il faut s'en préoccuper car la croissance est en marche et les répercussions bucco-dentaires sont parfois graves, sans négliger les autres conséquences. 

            En l'absence de facteurs étiologiques directs chez l'enfant, il faut envisager des causes qui concernent les parents. Roland ZISSU décrit 4 types de causes. 

  1. La tuberculose latente ou déclarées des procréateurs = deux types d'enfants en résultent => type SILICEA ou type PHOSPHORUS. Or la tuberculose n'a pas été éradiquée, les autorités sanitaires françaises dénombrent entre 5000 et 8000 cas par an, certes concernant surtout des populations immigrées, avec de plus une résistance du BK aux antibiotiques.

L'enfant SILICEA a généralement des yeux bleus (mais pas obligatoirement) largement ouverts, le front est large alors que la mandibule est souvent atrésique, ce qui explique les problèmes ODF. Cet enfant est particulièrement sensible sur le plan affectif = émotif, craintif (peurs irraisonnées), terreurs nocturnes, crises de colère, etc... Il a une tendance aux parasites intestinaux. Mais le pire danger est le rachitisme avec ses conséquences osseuses et bucco-dentaires. 

  1. La syphilis, qui n'a jamais disparue et qui est elle aussi en recrudescence, surtout depuis l'apparition du SIDA.
     
  1. L'alcoolisme, des parents en général et de la mère plus particulièrement durant la grossesse, problème dont on parle de plus en plus actuellement avec de plus l'usage de drogues.
     
  1. Des procréateurs trop âgés et à plus forte raison débilités. La tendance actuelle de favoriser des grossesses chez des femmes âgées est heureusement compensée par la prise en charge médicale.

Les conséquences bucco-dentaires chez enfants: 

Georges HODIAMONT (1906-1984)  annonçait la couleur: "Le manque de fixation des minéraux fera de lui un maigre, un malingre, éventuellement un rachitique… Cela pourra conduire à de graves troubles de la croissance, à des troubles de la dentition…". 

Le premier risque est donc celui d’une minéralisation défectueuse des dents au cours de l’enfance. L’enfant tuberculinique, lorsqu’il est décompensé, a une croissance irrégulière, il grandit vite avec des poussées de croissance à la suite d’épisodes fébriles. Il est souvent pâle par anémie. Il est fatigable, frileux, constipé. Lorsqu’il ne supporte plus l’air confiné, la chaleur confinée, il faut se méfier, c’est une sonnette d’alarme car il a besoin d’oxygène et il en manque dans ces circonstances, plus qu’un autre. Il maigrit facilement malgré un appétit souvent au dessus de la moyenne. Lorsqu’il perd son appétit, c’est encore une sonnette d’alarme parce qu’il a besoin de minéraux et que l’anorexie le prive de la seule source d’apport. Enfin, il est vite fatigué et notamment le travail scolaire l’épuise et provoque parfois des céphalées. C’est encore une sonnette d’alarme. Pendant ces périodes, il y a conflit avec les minéraux. Il faut aussi se méfier particulièrement des troubles digestifs, surtout intestinaux. Car il y a un risque très important de malabsorption alors que l’apport peut être suffisant. Les troubles de la minéralisation des dents sont irréversibles, alors que le rachitisme a moins de conséquence sur le squelette.  

            Alors que peut faire le chirurgien-dentiste ? Normalement, il ne lui appartient pas de prendre en charge le traitement de fond car les problèmes dentaires ne sont là qu’un épiphénomène. Il peut demander la collaboration du médecin homéopathe, mais il a aussi le devoir de prescrire le médicament de fond correspondant pour amorcer le traitement, surtout si les parents ne souhaitent pas consulter un médecin homéopathe. Heureusement, les parents sont généralement très réceptifs aux conseils concernant leurs enfants et l’homéopathie est de mieux en mieux acceptée.

            Le second risque est aussi menaçant pour la dent = c'est celui de la mise en œuvre simultanée du mode réactionnel luétique, du fait de facteurs étiologiques chez les parents, comme la syphilis et/ou l'alcoolisme. Chaque dentiste sait que la minéralisation d'une dent nécessite à l'évidence des minéraux mais également un système vasculaire optimal. Or le mode réactionnel luétique peut perturber la vascularisation des bourgeons dentaires. D'où une situation clinique complexe = les minéraux sont présents mais ne peuvent être utilisés favorablement par troubles vasculaires. Ou bien,  les minéraux manquent, au moins par périodes. De toute façon, la dent est mal ou insuffisamment minéralisée.
           

LE PROBLÈME DE LA CARIE DENTAIRE
DE « SILICEA »
 

Tout d'abord, voici ce qu'écrivait J.T. KENT, dans sa Matière médicale = "Les dents se gâtent par suite de l'altération de leur émail, chez un sujet qui manque de silice, la dentine contient beaucoup de silicate de chaux; chez un tel individu, la surface de la dent devient rugueuse, perd son apparence émaillée et la carie s'installe peu à peu, surtout au niveau des collets. Les dents sont jaunes, se gâtent rapidement et au niveau des collets, elles se déchaussent, la gencive se rétractant".

Il est évident que ce type de carie ne peut survenir que chez des sujets ayant une lourde hérédité tuberculinique et luétique, développant plus ou moins un rachitisme.  Cette photo montre les différentes étapes 


 

  1. Une dent devient sensible au froid et une vague opalescence apparaît dans sur l'émail.
  2. L'opalescence devient une tache blanche, plus ou moins étendue.
  3. La surface devient rugueuse, la couleur devient progressivement brune et une perte de substance débute.
  4. Une carie est alors présente, la dentine devient brune ou sombre.
  5. La perte de substance devient beaucoup plus importante.
  6. L'image correspond à Silicea, mais aussi à Kreosotum et à Staphysagria.

Cette forme de carie acquise peut survenir à n'importe quel âge, mais elle semble peut-être plus fréquente à l'adolescence ou chez des adultes jeunes, sans exagération sur cette fréquente. Ce que nous voyons, ce sont des jeunes gens qui se plaignent de douleurs au froid sur des dents en apparence saines = air froid, boissons froides.  Puis les lésions carieuses se développent heureusement très lentement.

Quelle peut-être l'attitude du chirurgien-dentiste ? 

            Il faut bien le reconnaître, au stade de vagues douleurs au froid sur des dents saines, il est exceptionnel qu'un chirurgien-dentiste quelconque s'en préoccupe outre mesure, il se contente le plus souvent de conseiller des applications de fluor, qui améliorent très souvent. 

            Que ce soit chez l'enfant ou chez l'adulte, l'attitude du chirurgien-dentiste homéopathe est déterminée par le contexte: 

Il n'y a pas encore ébauche d'une lésion carieuse: 

            La prévention classique s'impose par des applications de fluor, des conseils d'hygiène. Puis il faut penser à la prévention homéopathique = anamnèse complète et minutieuse à la recherche du "remède de fond", souvent Silicea

            Il ne faut pas oublier que ce type de pathologie exige un traitement de longue durée, il faut prévenir le patient. C'est particulièrement le cas pour Silicea qui a une action lente du fait de son métabolisme. Ensuite, la silice n'est pas le seul minéral qui peut poser des problèmes et il ne faut pas oublier la vitamine D. 

Il y a déjà une ou des lésions: 

Les lésions peuvent être plus ou moins discrètes (taches blanches) ou plus avancées (pertes de substances). De toute façon, il faut dispenser les soins dentaires et entreprendre le traitement homéopathique.

Nous avons vu souvent des taches blanches disparaître après plusieurs semaines de traitement, la sensibilité au froid diminuant progressivement, ce qui est un excellent signe.
 

LES COMPLICATIONS DE LA CARIE 

Même actuellement, il est courant de voir des dentures très délabrées avec des lésions carieuses particulièrement abondantes ayant abouti à des destructions quasi totales. On peut voir aussi et encore aujourd'hui des dents traitées insuffisamment depuis longtemps  présenter des fistules

         Si  le traitement endodontique est conduit correctement,  la fistule disparaît  plus ou moins rapidement.  Si tel  n'est pas le cas, trois médicaments peuvent être prescrits selon le contexte clinique: 

·      Surtout SILICEA,  remède de la suppuration chronique sans tendance à la guérison,  sans signe inflammatoire. Remède d'élimination de corps étranger (pâte canalaire en excès dans le péri-apex). Commencer par une basse dilution d’action centrifuge deux  fois  par  jour,  puis  élever  la  dilution  jusqu'à  amélioration  (action lente). 

·      FLUORIC ACID. (acide fluorhydrique) a une action élective sur la suppuration osseuse avec fistule très pruriante, pus corrosif et irritant, élimination  d'esquilles  osseuses.  Son  indication exige  une  similitude plus  grande que les seuls signes locaux: sujet dystrophique, ne supportant pas la chaleur, ayant  une tendance aux caries dentaires délabrantes,  notamment par atteinte de l'émail (mode réactionnel luétique). 

·      HEKLA  LAVA  (lave volcanique du Mont Hekla en Islande)  est  un  "petit"  remède  (pathogénésie limitée) de suppuration osseuse plus ou moins chronique avec induration douloureuse de la zone atteinte, notamment de parodontopathies. On le donne en 5 CH une à trois fois par jour jusqu'à l'amélioration

Les photos ci-dessous montrent des fistules d'origine dentaire:


LA MALADIE PARODONTALE

elle concerne plus particulièrement l'adulte

             La matière médicale est explicite (et elle a la priorité !): "La gencive se rétracte" (Kent), "Mal de dents dont la douleur est profondément située, dans le périoste, dans la gaine fibreuse des racines et qu'un abcès s'est formé. Abcès à la racine des dents. Pyorrhée; abcès aux gencives…" (Lathoud). 

            Silicea n'est pratiquement jamais un médicament de début de maladie, notamment dans les maladies parodontales. Certes, il est évidemment possible, voire fréquent, de voir des patients arriver à la consultation avec une maladie parodontale déjà très grave et ayant besoin de Silicea.  

           Lorsque l’on voit un patient présentant une maladie parodontale, il est évident qu’il faut commencer par réaliser les soins nécessaires.  Silicea est prescrit après une étude minutieuse des symptômes locaux et généraux, et même après une anamnèse précise. Mais, Silicea n’a pas d’action immédiate, il a au contraire, une action lente, très lente. D’ailleurs, sa pathogénésie a été surtout réalisée chez des sujets atteints de silicose. 

            Il est donc utile de proposer des médicaments d’action plus rapide et plus ponctuelle sur les signes buccaux, notamment sur la suppuration. On peut penser  à l’un des médicaments suivants : 

HEPAR SULFUR :  

            Ce médicament est préparé en calcinant en parties égales de la fleur de soufre (Sulfur) et du carbonate de chaux impur provenant de la couche moyenne de l’écaille d’huître (Calcarea carbonica). Sa pathogénésie reflète ses deux composants mais le mode de préparation explique la présence de symptômes différents de ses deux composants, qui en font un remède de fond de nombreux troubles, dont la carie dentaire et le rachitisme. Sa prescription dans un processus suppuré aigu est justifiée lorsque les signes suivants sont présents : 

·        Inflammation aiguë avec suppuration et avec des douleurs violentes (la sensation d’écharde décrite dans les livres n’est pas constante lors d’un abcès dentaire).

·        Hyperesthésie sensorielle à la douleur = le patient ne supporte pas le moindre attouchement ou contact de la zone douloureuse (il est donc difficile d’apprécier le stade évolutif).

·        Aggravation par le froid et surtout les courants d’air (le patient s’enveloppe souvent la tête dans un foulard).

·        Amélioration par la chaleur (compresses chaudes).

·        Souvent le pus a une odeur désagréable qui rappelle le “ vieux fromage ” (signe inconstant dans un abcès dentaire).

·        Suppuration parfois chronique, que l’on oublie trop souvent. 

            En fait Hepar sulfur  « couvre » toutes les étapes de la suppuration, le plus souvent dans les cas aigus. Mais ne pas oublier que c'est aussi un médicament de fond avec deux versants = le versant « carbonique » dû à Calcarea carbonica et le versant éliminatoire dû à Sulfur. La dilution tient compte de l’état de la suppuration = s’il y a une suppuration, même discrète, il faut commencer par une 4 ou 5 CH et poursuivre en élevant la dilution.           

PYROGENIUM : 

            Il s’agit d’un biothérapique que l’on utilise en homéopathie depuis 1880 et qui est  préparé à partir d’un lysat septique de viandes animales et de placenta humain. Il contiendrait des produits de dégradation, des germes variés et des substances pyrogènes. Il a fait l’objet d’une pathogénésie mais c’est surtout l’usage clinique qui a confirmé son activité dans tous les processus infectieux et suppurés : abcès, furoncles, anthrax, plaies et blessures infectées, otites, sinusites, fistules, etc.... 

            La matière médicale ajoute : 

·        Suite de tous états septiques avec prostration, agitation (le lit paraît trop dur), endolorissement général, sensation de meurtrissure, de courbature, de brisure.

·        Discordance entre le pouls et la température.

·        Fétidité de toutes les sécrétions et excrétions: haleine, sueurs, urines.

·        Autre indication = suite d’intoxication alimentaire par produits avariés (Arsenicum album).           

Bien entendu, on le prescrit sur la seule notion de processus suppuré sans attendre le tableau clinique d’une grave atteinte de l’état général. 

ECHINACEA ANGUSTIFOLIA :

      Cette composée est utilisée empiriquement en homéopathie contre les suppurations de toutes sortes. Des études récentes ont montré que la plante fraîche avait bien une activité immunostimulante et anti-inflammatoire en basse dilution (3 à 6 DH) et immunosuppressive en haute dilution.

 La matière médicale montre bien quelques signes = asthénie, adynamie, sensation d’épuisement, courbatures ressenties dans les membres. Mais il est essentiellement prescrit lors d’un processus suppuré, quel qu’il soit, soit en 4 CH, soit en 6 DH (quelques gouttes dans un peau d’eau deux à trois fois par jour), le plus souvent associé à d’autres remèdes. 

CALENDULA : 

            Utilisée empiriquement dans les plaies infectées, cette composée (le souci des jardins) a vu, elle aussi, son action confirmée par des études récentes. 

            Ses différents composants expliquent une action anti-infectieuse, antibiotique, antifongique, anti-inflammatoire, etc...

            On l’utilise souvent en bains de bouche (quelques gouttes de T.M. dans un peu d’eau), soit en 4 ou 5 CH deux à trois fois par jour, soit au cours et après la chirurgie dentaire à titre préventif, ou à titre curatif.  

On peut envisager également : 

SIEGESBECKIA :

     L’herbe divine peut être un petit remède de suppuration surtout chronique. Sa pathogénésie limitée le confine à une action ponctuelle, complémentaire éventuellement de Silicea = suppuration n’importe où dans l’organisme, indiqué aussi bien lorsque le pus est collecté ou lorsqu’il est en train de se collecter, avec ou sans douleur (contact) et accompagnée ou non de fistulisation. Il complète bien Silicea.

     On le donne classiquement dans les ostéites, les mastoïdites, les otites, etc...

Le plus utile sans doute = MICA 

         Le plus utile parce qu’il s’agit d’un double silicate d’alumine et de potassium.  La matière médicale précise : "Les dents se déchaussent et remuent dans leurs alvéoles".  

            Cependant, ces signes ne suffisent pas. Il faut que le patient ait une mauvaise nutrition par mauvaise assimilation, qu'il manque de chaleur "vitale", qu'il soit sensible au froid. Le comportement évoque également Silicea = sujet découragé, désespéré de guérir, dégoûté de la vie, constamment irritable et de mauvaise humeur, ne veut pas manger (toute nourriture l'écoeure et surtout il ne voit pas l'intérêt de prolonger une vie aussi triste !). 

            Ce médicament est sans doute plus utile chez des sujets insuffisants cardiaques, asthéniques, avec des engourdissements cutanés et des douleurs dans les membres.

            On voit donc qu'il complète bien Silicea. On le prescrit en 5 CH une à deux fois par jour puis en 9 CH dès amélioration. 

oOo 

            On vient de voir que SILICEA a besoin d’être encadré par des médicaments d’action limitée et ponctuelle qui le complètent. Il y a aussi une explication = la lenteur de l’action de ce minéral. Il faut le donner durant plusieurs semaines, voire plusieurs mois. Cela ne pose pas de problème devant une parodontopathie déjà évoluée, qui nécessite de nombreux traitements, chirurgicaux souvent. On peut même dire que si l’on se contente de cureter les poches parodontales, il y a une forte probabilité de récidive, faute d’une action sur le « terrain ». 

            Ceux qui ont suivi l’enseignement de Roland ZISSU connaissent ses fameux tableaux. Il en proposait à toutes occasions, tout en affirmant qu’ils étaient forcément incomplets. Mais cependant, avec un peu d’habitude, ils donnent une bonne appréciation de la place d’un médicament parmi les autres, auxquels il succède ou qu’il précède dans une suite médicamenteuse. 

            Il faut lire ces tableaux de haut en bas. En haut, les médicaments du départ, c’est pour cette raison que l’on y trouve des médicaments constitutionnels, les trois « Calcarea » de base. En bas du tableau se trouvent les médicaments d’aboutissement dans la décompensation.  On peut ainsi suivre une éventuelle évolution. Pour chaque médicament, il est intéressant d’ouvrir une matière médicale et relire les circonstances étiologiques pour comprendre quels sont les facteurs qui expliquent cette évolution. Chaque médicament est « entouré » de médicaments qui complètent l’action de ce dernier. 

            Voici un tableau de R. ZISSU sur les relations de Silicea

Attention = le tableau ci-dessous représente les relations de Silicea sur un plan général. Il convient d’en extraire les enseignements utiles en pratique bucco-dentaire.
 

             Sous Calcarea carbonica, on peut voir les étapes du mode psorique. Sous Calcarea phosphorica, celles du mode tuberculinique et sous Calcarea fluorica, celles du mode luétique. En fin du tableau, on trouve les biothérapiques diathésiques, ce qui est logique. 

Comme on peut le voir sur le tableau, l’évolution vers l’aggravation se fait  de Natrum muriaticum vers Silicea est classique, du moins chez les sujets réagissant sur le mode tuberculinique. Elle se comprend par les troubles de la minéralisation. Lorsqu’une cellule se déminéralise, il y a d’abord des perturbations du métabolisme de l’eau. La cellule se déshydrate et perd ses minéraux. C’est le stade couvert par Natrum muriaticum, car le chlorure de sodium joue un rôle métabolique important dans ces mécanismes.  Ensuite vient le stade de Silicea qui est l’un des minéraux impliqués, mais pas le seul.  

La gingivite de Natrum muriaticum s’aggrave vers la maladie parodontale dont Silicea est le remède de premier niveau, notamment lorsque des poches suppurées apparaissent et surtout tendent à la chronicité. Une étude déjà ancienne a montré l’action de dilutions de silice sur les macrophages.  

Rappels de conseils de posologie = Silicea doit être donné longtemps car son action est essentiellement chronique. En cas de suppurations, il faut commencer par les basses dilutions à action centrifuge = 4 CH, puis 7 CH, puis 9 CH , etc.....Compléter par des « petits médicaments » à action ponctuelle.
 

LES AUTRES INDICATIONS
BUCCO-DENTAIRES DE SILICEA
 

            D’abord voici ce que l’on peut lire dans la matière médicale de J. A. LATHOUD : 

            " Il y a, au niveau des lèvres, des symptômes marqués. D'abord la lèvre supérieure est souvent gonflée comme dans Hepar sulfur. D'une manière générale, les lèvres sont gercées, sèches, fendillée, squameuses, particulièrement au niveau du bord externe; il y a tout le long de leur rebord un liseré crevassé, croûteux. Egalement, leurs commissures peuvent être ulcérées, crevassées (Ammonium carbonicum, Arum triphyllum, Condurango, Graphites, Natrum muriaticum, Nitri acidum, Hepar sulfur).

         La bouche est sèche et cela peut s'accompagner d'une soif vive.

         La langue est revêtue d'un enduit brunâtre, est tuméfiée, excoriée, paraissant engourdie. On a noté à ce niveau un symptôme particulier: sensation d'un cheveu sur la langue au degré fort = Allium sativum (a cette sensation au degré faible, marquée surtout la nuit et le matin) – Natrum muriaticumNatrum phosphoricum (surtout à la pointe de la langue) – Kali bichromicum (à la base de la langue).

         Les dents se gâtent par suite de l'altération de leur émail chez le sujet qui manque de silice, chez lequel la déminéralisation de Silicea est marquée. La dentine contient en effet beaucoup de silicate de chaux et chez un tel individu, la surface de la dent devient rugueuse, perd son apparence émaillée et la carie peu à peu s'installe. Ceci est surtout marqué au niveau du collet (Kent).

         Les dents font mal quand le temps est humide et froid; maux de dents par un temps pluvieux.

         Les dents sont jaunes, elles se gâtent rapidement et au niveau des collets, elles se déchaussent, la gencive se rétractant (Kent).

         Violent mal de dents la nuit, quand ni la chaleur  ni le froid ne soulagent et après que le sujet a eu très froid aux pieds.

         Cependant, il faut noter que, d'une manière générale, les maux de dents de Silicea sont améliorés dans une chambre chaude, par les boissons chaudes.

         Mal de dents dont la douleur est profondément située dans le périoste, dans la gaine fibreuse des racines et qu'un abcès s'est formé; fistules dentaires; abcès à la racine des dents. Pyorrhée (Mercurius solubilis). Gencives gonflées et sensibles au froid.

         Chez l'enfant, la dentition est difficile.

         Gonflement et induration des glandes salivaires, surtout des parotides; les parotides grossissent à chaque rhume et deviennent dures…".           

Commentaires: 

            Comme on peut le constater les signes bucco-dentaires de Silicea sont nombreux. On peut constater aussi que chacun d'entre eux évoque tel ou tel médicaments. C'est là tout le problème de l'homéopathie car, pour résoudre l'équation de la similitude, il est nécessaire de faire la synthèse et de déterminer le médicament qui a le plus de signes du malade, de préférence des signes hautement hiérarchisés.

            C'est là que le recours à l'informatique rend d'immenses services par la rapidité, le temps gagné sur la recherche manuelle pouvant être consacré à l'approfondissement de l'observation. 

            Cependant, il ne faut pas croire que le répertoire informatisé va dispenser le praticien de tout effort intellectuel !!! Pour commencer, il faut apprendre à s'en servir. Par exemple, le terme de "perlèche" n'est pas dans le Répertoire de Kent, qui classe les symptômes tels qu'apparus lors de l'expérimentation pathogénétique sans corrélation avec une maladie précise. « L’homéopathie soigne des malades, non des maladies ». Il faut donc chercher à "Lèvres crevassées, aux commissures".  Et l'on trouve 25 remèdes. Ce problème n’est pas spécifique des logiciels d’homéopathie car ceux-ci ne sont généralement que la traduction informatique des répertoires en papier.
 

Une indication souvent méconnue ou oubliée : l’élimination de corps étrangers 

            Silicea a un pouvoir éliminateur étonnant vis-à-vis de corps étrangers ou de séquestres osseux ou encore d'un débris dentaire laissé volontairement ou non lors d'une extraction. Henri VOISIN (1896-1975) précise qu’il semble que cette action soit encore plus manifeste lorsqu’il existe ou a existé un commencement de suppuration ou si le séquestre est dû à une ostéite ou une arthrite chronique suppurée. 

            Mais l’action est également efficace lorsque le corps étranger est enkysté et entouré de tissus fibreux. Il faut y penser en cas par exemple d’un apex dentaire oublié ou d’un séquestre osseux après extraction. 

            Il est évident qu’il faut commencer par une basse dilution d’action centrifuge suffisamment longtemps et contrôler l’évolution du séquestre par des radios.
 

CONCLUSION 

            SILICEA est le type même de médicament de fond, ce qui s'explique par sa double action = métabolique et toxique. 

            La première action, métabolique, s'explique par la présence de silice dans l'organisme dans lequel elle joue un rôle éminent dans la croissance et le développement osseux et dentaire, alors même qu'elle n'est présente qu'en faible quantité. La silice joue également un rôle dans les systèmes immunitaires. La perturbation de son métabolisme explique le rôle de Silicea dans les processus suppurés. Mais, à l'image de son métabolisme très ralenti, Silicea n'intervient que la suppuration chronique. 

            L'idéal est de pouvoir le prescrire suffisamment longtemps avant les troubles, ce qui suppose une consultation précoce et tout de même quelques signes d'appel encore très discrets, comme par exemple de légères opalescences de l'émail ou une sensibilité anormale au froid.


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Dernière modification : 13 novembre 2011