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NITRICUM ACIDUM

HNO3

     

             L'acide nitrique a été expérimenté par HAHNEMANN et figure dans son Traité des maladies chroniques, paru en 1828. D'emblée, on peut préciser que son expérimentation produit un état de dénutrition ressemblant à celui que provoque une intoxication chronique par le mercure. Cela annonce déjà les rapprochements cliniques et diathésiques entre NITRI ACID. et MERCURIUS.
 

        L'acide nitrique n'existe pas à l'état naturel mais les médias rappellent tous les jours la pollution par des nitrates. Georges. HODIAMONT (1906-1984)  constate que dans l'organisme, l'ammoniaque provenant de la désassimilation des acides aminés et des sels ammoniacaux produit de l'acide nitrique, ce qui pourrait expliquer certains troubles lésionnels. Il constate également que la similitude lésionnelle avec les troubles du mode luétique permet de formuler l'hypothèse que le tréponème pourrait agir, par ses toxines, de la même manière par désintégration des molécules azotées d'albumines aboutissant à la production d'acide nitrique. 


            Il existe plusieurs abords d'un médicament homéopathique. Tout d'abord, la substance en cause existe depuis toujours et n'a pas attendu la découverte du principe de similitude des homéopathes. Elle a ses propriétés physiques, chimiques, parfois biochimiques, organoleptiques, etc… 

            Cela pour préciser une première observation de l'action de l'acide nitrique = sa causticité, qui se manifeste sur tous les tissus et en particulier au niveau des orifices = fissures, crevasses, ulcérations, toutes lésions particulièrement douloureuses et hémorragiques (l'acide ulcère les vaisseaux). Lorsque le patient est encore capable de réagir aux facteurs d'agression, c'est-à-dire lorsque son pouvoir réactionnel n'est pas encore entamé, il va tenter de réparer les lésions ulcéreuses par un bourgeonnement périphérique aboutissant à des polypes, des condylomes, des verrues, etc... saignant facilement. 

            Ensuite, il y a l'approche homéopathique qui découle de l'expérimentation pathogénétique = telle substance provoque des symptômes, un agent pathogène suscite des symptômes chez un sujet devenu malade. Si l'on constate la similitude des deux groupes de symptômes, cette substance devient le médicament homéopathique de ce malade et pour une maladie bien précise. C'est cette méthode qu'HAHNEMANN a appliquée au tout début. Et certains s'en contentent aujourd'hui encore = un malade, un remède, une dose du médicament semblable et l'on attend. mais HAHNEMANN lui-même a constaté que dans les rechutes aiguës des maladies chroniques, l'application stricto sensu n'empêchait pas la récidive à la moindre occasion. On sait ce qu'il en advint = la conception des maladies chroniques d'origine miasmatique. Puis les diverses théories qui ont tenté de moderniser ces conceptions au gré des découvertes scientifiques et médicales. Les miasmes sont devenus des toxines, puis l'ensemble a reposé sur la conception des diathèses, pour devenir en cette fin de siècle des modes réactionnels. Le débat n'est pas encore épuisé et sans doute ne le sera-t-il jamais !    

            Enfin, il y a l'approche clinique d'un médicament. La pathogénésie fournit un outil que les praticiens utilisent ensuite dans leur pratique. Ils en tirent des enseignements, qui complètent ainsi les sources pathogénétiques et toxicologiques. De ces observations, il résulte que le même médicament peut avoir des indications différentes selon l'âge du malade ou selon son sexe.  

            Enfin, la pratique permet de comprendre ou d'expliquer l'action d'un médicament, notamment pour des troubles traduisant un mode réactionnel.  

            Voici donc tous les aspects d'un médicament qui seront tour à tour étudiés pour NITRI ACID., médicament important en pratique bucco-dentaire, comme en médecine générale ou spécialisée. 

            La toxicologie, la chimie et la biochimie permettent de comprendre l'action d'une substance = l'arsenic étranger à l'organisme ne peut avoir qu'une action toxique, les sels de sodium concernent le métabolisme de l'eau et leur excès suscite des troubles toxiques, etc… . NITRI ACID. se compose d'un élément azoté (Nitri) et de la fonction acide (un acide minéral particulièrement caustique).  

            L'azote se combine facilement à l'hydrogène pour donner de l'ammoniaque et à l'oxygène pour donner de l'oxyde nitrique. La combinaison avec des métaux produit des nitrites. Toutes ces réactions sont endothermiques, c'est-à-dire qu'elles consomment de la chaleur et instables. Cela explique deux signes importants de NITRI ACID. = sa frilosité et son comportement instable. Ces mêmes réactions sont oxydantes = elles expliquent en clinique la tendance à la cachexie et à l'anémie. 

            La fonction acide explique les autres tendances du médicament: 

¨      les ulcérations par causticité surtout au niveau des muqueuses et plus particulièrement aux orifices.

¨      Les hémorragies qui accompagnent les lésions, notamment les ulcérations par causticité sur les vaisseaux.

¨      L'asthénie, commune à tous les acides par faiblesse musculaire.

¨      L'aggravation nocturne ou au petit matin, par acidose favorisée par le ralentissement respirable du fait du sommeil. 

            Les cibles de NITRI ACID. sont: 

¨      Les muqueuses et la peau (les orifices) = muqueuses digestives dont la bouche, respiratoires, génito-urinaires et oculaires è inflammation, ulcération, hémorragie, nécrose.

¨      Les os: ostéite tendant à la nécrose.

¨      Le tissu lympho-ganglionnaire  = surtout chez l'enfant.

¨      Le système nerveux = la faiblesse irritable è la dépression domine avec désespoir sur sa santé mais irritabilité de l'humeur et du comportement.

¨      Le système circulatoire = anémie et hémorragie.

¨      L'état général = la dénutrition, la cachexie, le tout aboutissant à un état précancéreux ou cancéreux.

 

MATIERE MEDICALE

 

            Rappelons pour les nouveaux (et pour les anciens qui l'auraient oublié) que la Matière médicale réunit des signes et des symptômes provenant de trois sources distinctes et complémentaires = la pathogénésie, la toxicologie et l'expérience clinique des praticiens. 

1/ LES CIRCONSTANCES ETIOLOGIQUES:  

¨      Le surmenage nerveux ou intellectuel et les chocs affectifs (deuils, chagrin, mauvaises nouvelles…)

¨      Les insomnies répétées et prolongées

¨      Le traumatisme des centres nerveux spino-cérébraux, du rachis

¨      Le froid et le froid humide

¨      Abus de mercure (Hepar sulfur)

¨      Suites de diverses suppressions: condylomes, coryza, éruptions, transpiration dont la sueur des pieds…

¨      Abus de médicaments
 

2/ SIGNES ET SYMPTOMES PSYCHIQUES: 

¨      Fond dépressif dominant = apathique, indifférent, refuse la sympathie.

¨      Irritable (quand on lui parle), coléreux, vindicatif, têtu, rancunier (inimitiés invétérées). Se met en colère à la suite de ses propres erreurs; colères avec tremblements, pour des riens, jurons.

¨      Anxieux, agité, anxieux pour sa santé et désespère de guérir.

¨      Las de la vie mais peur de la mort.

¨      Ressasse ses maux passés et en redoute d'autres pour l'avenir.

¨      Peurs dont peur morbide du choléra.

¨      Pleure facilement, ne supporte pas la consolation.

¨      Hypersensible au bruit, à la douleur.

¨      Avare, misanthrope, nostalgique.

¨      Difficultés pour se concentrer et aversion pour le travail mental.

¨      Triste (avant et pendant les règles)?

¨      A noter une caractéristique = les symptômes mentaux sont améliorés quand il se promène en voiture !
 

3/ SIGNES ET SYMPTÖMES  GENERAUX: 

¨      Tendance à l'amaigrissement, voire à la cachexie.

¨      Frilosité, aggravation par le froid, s'enrhume facilement.

¨      Hypersensibilité à la douleur, d'où son comportement vindicatif et hargneux.

¨      Tendance aux inflammations ulcératives de la peau et des muqueuses, surtout chroniques  = ulcérations à bords élevés, à contour irrégulier, à fond sanieux et saignant facilement. Localisation préférentielle au niveau des orifices. 

¨      Tendance phagédénique des ulcérations.

¨      Douleurs piquantes comme par une écharde enfoncée dans la chair, notamment au niveau des ulcérations. Par ailleurs douleurs apparaissant et disparaissant brusquement.

¨      Tendance aux hémorragies passives de sang rouge, coagulant mal.

¨      Excrétions et sécrétions irritantes, excoriantes, ichoreuses, fétides, sanguinolentes.
 

4/ MODALITES GENERALES: 

Aggravation:

¨      Froid = temps froid, bains froids, changements de temps, humidité froide.

¨      Mais aussi par temps chaud.

¨      La nuit, le soir.

¨      Les secousses, le bruit. 

Amélioration:

¨      Chaleur locale

¨      Climat tempéré

¨      Mouvement passif = transport en voiture à condition qu'il n'y ait pas de secousses trop fortes.

  

QUELQUES GRANDS SYNDROMES LOCAUX

 

Troubles digestifs:

¨      Inflammation gastrique avec tendance à l'ulcère

¨      Éructations acides  ou à goût d'    aliments

¨      Nausées, pyrosis, acidités, < par les graisses

¨      Brûlures et crampes d'estomac > au cours des repas

¨      Appétit souvent augmenté = désir d'aliments épicés, indigestes, de gars, aversion pour la viande, le pain et les sucreries.

¨      Digestion difficile pour le lait et les graisses

¨      Diarrhée irritante, fétide, suivie de ténesme, gros efforts pour la défécation.

¨      Fréquence des hémorroïdes douloureuses, de fissures, de fistules anales.

Troubles génitaux:

¨      Homme = herpès du prépuce, brûlures, ulcérations, urétrite chronique à écoulement verdâtre et brûlant.

¨      Femme = leucorrhée chronique irritante, sanguinolente, fétide. Ulcération du col, prurit. Nodosités douloureuses des seins pendant l'allaitement et pendant les règles, gerçures douleurs des mamelons.

¨      Dans les deux sexes = condylomes très sensibles au toucher, saignant facilement, sensation d'écharde. Trio des condylomes = NITRI ACID. - STAPHYSAGRIA - THUYA.

¨      Urines foncées d'odeur forte (comme celles du cheval !!!).

Les troubles cutanés:

¨      Ulcérations  irrégulières, à fond bourgeonnant, sanguinolent, douleurs d'écharde, brûlures.

¨      Crevasses ulcérées au niveau des orifices.

¨      Eczéma impétigineux (face, derrière les oreilles, mains, doigt).

¨      Acné inflammatoire et suppurée.

¨      Verrues larges, dentelées, pédiculées, saignant facilement.

¨      Chute des cheveux et des poils.

¨      Taches blanches aux ongles.

 Troubles oculaires:

¨      Inflammation à tendance ulcérative avec douleurs piquantes, larmoiement irritant

¨      Photophobie intense

¨      Douleurs brûlantes < la nuit, < en passant d'une chambre chaude au froid

¨      Petites verrues au bord des paupières supérieures, molles, pédiculées, saignant facilement

 Troubles osseux:

¨      Ostéite ou périostite tendant à la nécrose

¨      Douleurs périostées ou osseuses déchirantes, < la nuit, localisées le plus fréquemment aux os du crâne, aux tibias, aux osselets des oreilles (avec surdité > en roulant en voiture ou en train)

 La bouche: 

¨      Commissures labiales crevassées, perlèche, lèvres sèches et fissurées, le tout saignant facilement, avec parfois des douleurs piquantes.

¨      Aphtes et ulcérations dans toute la bouche. Tendance phagédénique des ulcérations = elles commencent comme un point et s'étendent vers la périphérie (degré fort).

¨      Gencive enflammée, spongieuse, d'aspect scorbutique, ulcérée, saignant facilement, avec une salivation abondante, irritante, fétide et souvent sanguinolente. Parodontopathies évolutives.

¨      Dents jaunâtres, cariées, striées de taches noires, douloureuses (chaud, froid, soir, nuit, pendant la mastication, pendant les règles).

¨      Langue généralement nette, rouge ou géographique, ulcérations (bords), vésicules, verdâtre…

¨      Sécheresse sans soif.

¨      Brûlure dans toute la bouche.

¨      Lichen, leucoplasie. 

 A cela, il faut ajouter = des craquements dans les articulations temporo-mandibulaires pires en mangeant
 

ASPECTS DIATHESIQUES

 

            Une simple lecture de la matière de médicale de ce médicament permet de constater que NITRI ACID. est avant tout un remède lésionnel, dont le trait caractéristique est l'ulcération nécrotique et hémorragique. La tendance à la chronicité a été soulignée. Ce qui domine, c'est la tendance aux inflammations évoluant vers l'ulcération, avec électivité cutanée, muqueuse et osseuse. Cela évoque à l'évidence la mode luétique. De plus, l'acide nitrique est un acide instable sur le plan chimique, cette instabilité se retrouve dans le comportement du remède, de la même manière que dans les caractéristiques du mode luétique. L'acide nitrique est également un oxydant sur le plan chimique et ce n'est sans doute pas par hasard qu'on le retrouve dans des troubles cliniques correspondant à une augmentation des oxydations,  c'est-à-dire ceux du mode tuberculinique, à deux périodes = d'abord lors de la phase dite oxygénoïde (augmentation des oxydations et donc consommation d'oxygène). Ensuite, la fonction acide reprend le dessus, ce qui explique l'indication de NITRI ACID. lors de troubles de la nutrition, confinant à la cachexie.
 

Aspects luétiques de NITRI ACID.: 

            Pour ceux qui l'auraient oublié, le mode luétique se caractérise par l'instabilité physique et mentale, par la dissémination de processus irritatifs notamment au niveau des vaisseaux, favorisant des oblitérations vasculaires (micro-endartérites), le tout aboutissant soit à des ulcérations nécrotiques (dont les aphtes buccaux), soit à des constructions cellulaires par troubles de la cicatrisation. Les tissus atteints subissent d'abord une irritation, puis une hypertrophie, enfin une atrophie suivie de sclérose. On retrouve en particulier ces processus au niveau des formations lympho-ganglionnaires, au niveau de l'os et du périoste (et donc de l'os alvéolaire). 

            NITRI ACID. est très proche de MERCURIUS SOLUBILIS par sa physiopathologie. On l'a utilisé longtemps contre les effets néfastes des traitements à base de mercure opposés à la syphilis. Mais, il y a la fonction acide qui traduit en clinique une étape d'aggravation. Autrement dit, NITRI ACID. constitue un remède complémentaire de MERCURIUS quand celui-ci a épuisé son action. Tous les médicaments acides sont indiqués chez des sujets décompensés, asthéniques, hypersensibles. 

            Le mercure a été longtemps le principal médicament, pour ne pas dire l'unique, utilisé dans le traitement de la syphilis, à des doses le plus souvent toxiques, au point que la plupart des troubles attribués à la phase tertiaire de la syphilis ont pu être mis au compte de l'intoxication mercurielle par certains auteurs. On sait également qu'HAHNEMANN, longtemps avant d'avoir expérimenté sur lui-même l'écorce de quinquina (1790), s'élevait contre les abus de médicaments à base de mercure. Il proposait l'emploi du mercure rendu soluble (le MERCURIUS SOLUBILIS des homéopathes) et préconisait déjà des doses très faibles, alors qu'il n'avait encore aucune conscience de l'action des dilutions infinitésimales.  

            On sait également qu'HAHNEMANN avait fait de la syphilis sa seconde maladie chronique, loin derrière la psore, devant la sycose. Nous avons déjà décrit à plusieurs reprises les querelles d'écoles sur la syphilis, l'existence des miasmes en général, leur remplacement par les diathèses, puis la conception actuelle des modes réactionnels. Nous avons lourdement insisté sur le fait qu'il ne fallait pas confondre différentes notions = psore et gale, sycose et blennorragie, tuberculose et tuberculinisme, syphilis et luétisme. Le luétisme n'est qu'une manière de réagir à certains facteurs d'agression qui présente certes certaines similitudes avec la syphilis, mais similitudes seulement, et non identification. L'homéopathie est la médecine des "semblables". Si le mercure est efficace contre la syphilis, cela ne signifie pas pour autant qu'un sujet justiciable de MERCURIUS lors d'une angine ou d'une aphtose buccale soit un syphilitique. Il y a seulement similitude dans les réactions. Toutes ces répétitions semblent indispensables pour bien préciser ces notions.            

            Pour ceux que cela intéresse, le programme informatique PCKENT 1.6 permet une comparaison de deux (ou plusieurs) médicaments symptômes par symptômes qu'ils ont en commun mais avec des modalités différentes. Cela permet de poser des questions aux patients, auxquelles on n'avait pas pensé afin de compléter l'observation et de différencier les deux médicaments arrivés en tête dans la répertorisation. Un exemple parmi des centaines, MERCURIUS est aggravé par la musique alors que NITRI ACID. l'a en aversion ou encore MERCURIUS a l'illusion d'aller bien même s'il est malade, NITRI ACID. croit qu'il est malade alors qu'il va bien. Ce sont là des détails mais qui peuvent parfois emporter la décision, surtout pour les unicistes. 

            Ce ne sont pas les circonstances étiologiques de NITRI ACID. qui permettent de le classer parmi les médicaments du mode luétique, mais seulement son action lésionnelle. D'où son indication principale en pathologie bucco-dentaire dans l'aphtose buccale. 

            Pourtant dans cette indication, NITRI ACID. est cité au degré moyen, alors que MERCURIUS SOLUBILIS l'est au degré fort. Mais c'est l'inverse au chapitre "Ulcérations buccales" ! En fait ces nuances ne doivent pas être prises stricto sensu car au moment où les pathogénésies ont été réalisées, l'immunologie n'était pas encore connue et personne ne soupçonnait l'existence des maladies auto-immunes. Que ce soit un aphte véritable ou une ulcération d'une autre origine, NITRI ACID. se trouve indiqué lorsque l'on trouve ses signes et notamment: 

¨      des ulcérations à bords surélevés, irréguliers

¨      fond lardacé saignant au moindre contact

¨      douleurs d'écharde ou piquantes

¨      nette tendance phagédénique (le seul au degré fort) 

            On oppose souvent l'aspect des ulcérations de NITRI ACID. à celui de KALI BICHROMICUM = ulcérations à bords réguliers et nets, profondes, donnant l'impression d'avoir été faite à l'emporte-pièce.  

            Malgré son action lésionnelle importante, notre expérience personnelle nous incline à penser que NITRI ACID. n'a pas une action aussi profonde que celle de MERCURIUS, dont il est souvent le complémentaire, notamment MERCURIUS CORROSIVES dans les aphtes aiguës. C'est certes un remède lésionnel, souvent de lésion importante ou grave. Mais il n'a pas la profondeur d'action du mercure.  Aussi, lorsque le contexte luétique est mis en évidence dans l'histoire du patient, nous conseillons fortement de prescrire une dose de LUESINUM 30 CH mensuelle pendant quelques mois afin d'éviter la récidive. La décision récente et imbécile de l'Agence nationale du médicament  pose des problèmes certains par l'interdiction de mise sur le marché de LUESINUM  qui n'a pas de produit de substitution. Nos patients sont ainsi privés d'un médicament indispensable.  

            Un autre commentaire s'impose. LUESINUM ne figure dans aucun chapitre concernant les aphtes et ulcérations buccales, sauf à celui des ulcérations syphilitiques. Pourtant, notre expérience personnelle nous avait conduit à l'ajouter à la liste "Bouche/aphtes" du programme AIDE-HOMEO et il nous est agréable de constater que ce médicament figure dans ce chapitre dans PCKENT 1.6 avec la précision d'origine = expérience personnelle de Edouard BROUSSALIAN.  

            Enfin, la fameuse sensation d'écharde plantée au milieu de l'ulcération est sans aucun doute une indication précieuse, d'autant plus utile que NITRI ACID. est pratiquement le seul à l'avoir. Mais ce n'est pas un signe éliminateur. Cela signifie que si les autres signes agréent, NITIR ACID. doit être prescrit. 

            Un autre fait mérite un commentaire. Nous n'avons pratiquement jamais rencontré un sujet NITRI ACID. qui n'ait que des signes buccaux.  Il y a toujours des signes digestifs concomitants = troubles gastriques à type d'ulcère ou recto-colite hémorragique plus ou moins prononcée ou des fissures anales très douloureuses, avec la fameuse sensation d'écharde. De même que les signes du comportement sont toujours présents, notamment la très humeur améliorée étant en voiture. A propos des troubles digestifs, il faut noter que NITRI ACID; souffre d'une hyperacidité gastrique qui explique les brûlures et le pyrosis, les crampes de l'estomac, les douleurs perforantes, puis les troubles intestinaux avec beaucoup de gaz, de crampes intestinales, l'hypersensibilité du ventre au toucher, enfin les difficultés et les douleurs de la défécations, notamment les fissures anales qui sont un signe quasi pathognomonique de NITRI ACID. On peut constater de nombreuses similitudes avec NUX VOMICA, remède de décompensation d'un psorique de type SULFUR qui s'abandonne aux excès alimentaires et qui subit une vie sédentaire et trépidante. Les troubles gastriques évoquent également un autre médicament nitré = ARGENTUM NITRICUM, remède certes moins grave sur le plan lésionnel que NITRI ACID. 

L'atteinte parodontale: 

            NITRI ACID. se trouve rarement indiqué dans une forme bénigne ou banale de la gingivite. Son indication survient le plus souvent lorsque le tableau local s'est aggravé, avec une gencive particulièrement ulcérée, ayant pris un aspect scorbutique, avec une haleine fétide, des gingivorragies abondantes, des adénopathies volumineuses, etc… 

            Il faut bien admettre que devant un tel tableau, le choix du remède n'est pas toujours facile. On pense très souvent à MERCURIUS SOLUBILIS, ou CORROSIVUS, parfois à MEZEREUM ou à d'autres comme ARSENICUM ALBUM. La répertorisation informatique semble très utile, mais à condition de retrouver deux ou trois signes incontestables, ce qui est tout le problème. NITRI ACID; l'emporte lorsqu'on a la chance de retrouver la fameuse sensation d'écharde, ou l'amélioration des douleurs ou du comportement en voiture (mais Arsenicum album ou Phosphorus possèdent cette modalité, à un degré faible), ou encore un désir de gras, surtout s'il est inhabituel.

  Dans une forme suppurée de gingivite ou de parodontopathie, NITRI ACID. cède le pas à MERCURIUS SOLUBILIS. Ou bien est-il possible de les prescrire en alternance. Mais l'alternance, qui fait hurler les "unicistes" stricts,  n'a de justification que dans la mesure où les symptômes du patient ne sont pas suffisamment différenciés pour choisir un seul médicament. Seul le médicament réellement indiqué se montre efficace. Voici une illustration empruntée à Georges VINCENT (1910-2001):

                  "Il s'agit d'un jeune homme d'une vingtaine d'années, souffrant d'une belle gingivo-stomatite, avec des gencives gonflées, enflammées, sanguinolentes, purulentes et très douloureuses, non seulement au toucher mais même spontanément. La langue était chargée et l'haleine nauséabonde, fétide. MERCURIUS SOL. et puis CORROSIVUS furent essayés sans succès. Le patient, interrogé à nouveau, confia que les douleurs brûlantes qu'il ressentait constamment, disparaissaient presque tout à fait lorsqu'il roulait en voiture. De plus, il était faible et frileux et avoua qu'il aimait beaucoup manger gras. NITRI ACID. le guérit très rapidement". 

            Pour clore ce chapitre, il faut rappeler que chaque fois qu'une tendance à la chronicité s'esquisse, il faut rechercher le mode réactionnel en cause et le prendre en charge aussitôt que possible, éventuellement avec le concours d'un médecin homéopathe.
 

Aspects psoriques de NITRI ACID.: 

            Il y a entre l'action lésionnelle de NITRI ACID. et le processus physiopathologique du mode luétique, une similitude et une adéquation qui expliquent pourquoi ce médicament figure en bonne place parmi ceux de ce mode réactionnel. Mais si l'on examine les facteurs étiologiques, on constate son indication dans les suites de nombreuses suppressions = coryza, condylomes, éruptions, transpiration. Cela évoque à l'évidence le mode réactionnel psorique. 

            G. HODIAMONT avait expliqué que de l'acide nitrique pouvait se former par l'action de l'ammoniaque provenant de la désintégration des acides aminés et des sels ammoniacaux. Et l'action au niveau des orifices, c'est-à-dire des jonctions cutanéo-muqueuses a été soulignée. Il y a là des rapports évidents avec SULFUR, médicament central du mode psorique notamment dans la phase des éliminations centrifuges. On sait que dans la Matière médicale de SULFUR, on trouve des signes lésionnels au niveau des orifices, en particulier la rougeur et la sensation de brûlure. D'autre part, on sait que les déchets métaboliques qui ne peuvent pas être éliminés par les voies habituelles, envahissent la circulation sanguine pour différentes raisons et se retrouvent en concentration dans les secteurs où la circulation sanguine tend à la stagnation. Par exemple, la gencive et notamment la partie antérieure de la denture, car il s'agit là d'une circulation terminale.  

Il est donc normal d'imaginer que dans cette hypothèse, les déchets métaboliques s'accumulent au niveau des orifices et sont transformés, du moins certains d'entre eux, en acide nitrique. Seulement si l'on voit les relations entre SULFUR et NITRI ACID., il s'agit en fait de deux extrémités d'une même chaîne = SULFUR au début, NITRI ACID. à l'autre bout. Cela signifie que l'indication de NITRI ACID. chez un sujet réagissant sur le mode psorique survient lorsque les éliminations sont devenues difficiles, les déchets s'accumulent en différents endroits. C'est ce que l'on constate en clinique = NITRI ACID. se trouve indiqué chez des sujets ayant un état général très déficient, c'est le cas pour la plupart des médicaments acides. C'est pour cette raison que la banale inflammation des orifices, avec rougeur et brûlure ou la gingivite érythémateuse de SULFUR vont laisser la place à des lésions plus graves, caractérisées par l'ulcération et l'hémorragie. 

Nous avons souvent répété que lorsqu'un seul mode réactionnel suffit à maintenir l'équilibre de santé, l'organisme n'a nul besoin d'en utiliser un autre. Ceci est plus particulièrement vrai pour le mode psorique qui est le seul physiologique. Le schéma est bien connu = les apports nutritionnels doivent équilibrer les dépenses énergétiques. Un déséquilibre entraîne soit une carence, soit une surcharge. Dans ce dernier cas, l'organisme subit d'abord une surcharge fonctionnelle de l'appareil digestif, fonction hépatique en tête. Lorsque ce dernier connaît des faiblesses, il laisse passer dans le sang des protéines mal dégradées et donc impossible à éliminer par les voies naturelles. D'où le recours à des émonctoires de suppléance, dans l'ordre = la peau, les muqueuses et les séreuses, le tout caractérisé par la périodicité et l'alternance, chaque épisode aigu est suivi d'une période d'amélioration plus ou moins durable. C'est le schéma classique du mode psorique qui correspond à SULFUR. 

Là où les problèmes apparaissent, c'est lorsque les éliminations ne se font plus ou mal, soit par excès de la surcharge, soit par déficience des émonctoires, souvent résultant d'erreurs thérapeutiques (corticoïdes par exemple sur une éruption). On mesure ainsi l'importance des médicaments qui ont dans leur Matière médicale "suite de suppression d'élimination". NITRI ACID. n'est que l'un de ces médicaments. Mais pourquoi ce dernier et pas un autre ? C'est là qu'intervient la notion de "terrain" qui n'est que le résultat de brassages différents. 

Un bréviligne confronté au problème du blocage des éliminations verra plutôt l'indication de GRAPHITES, remède carrefour ou de transition entre deux modes réactionnels = psorique d'abord mais devenu insuffisant par blocage des éliminations et insuffisance des émonctoires et sycotique ensuite car il existe une prédisposition constitutionnelle. GRAPHITES, comme SULFUR ou comme NITRI ACID. aime bien les orifices au niveau desquels se développe une pathologie lésionnelle comme des éruptions croûteuses et suintantes.  

Un autre point est à souligner = les formations cellulaires que l'on retrouve dans GRAPHITES ou dans NITRI ACID., dont les verrues et les condylomes, toutes manifestations classiques du mode sycotique, qui est un autre aspect de NITRI ACID. (voir plus loin). Il y a bien d'autres différences entre ces deux médicaments pour ne pas se tromper.   

NITRI ACID. peut trouver sa place chez un psorique décompensé dès lors que l'on retrouve ses signes évidemment, notamment une pathologie caractérisée par l'ulcération et l'hémorragie. On voit encore un lien avec LACHESIS, autre remède de blocage des éliminations (dont la menstruation) et d'inflammations ulcéreuses et hémorragiques. Mais LACHESIS voit, entre autres,  la thermophobie de SULFUR s'aggraver considérablement, en même temps que sa congestion artérielle. NITRI ACID. est surtout un grand frileux, comme GRAPHITES. De plus NITRI ACID. amorce dès lors une atteinte de l'état général et de sa nutrition qui va évoluer vers un état de cachexie progressive. Chez ces patients, il est fréquent qu'il y ait auparavant une période pendant laquelle MERCURIUS SOLUBILIS peut répondre à une atteinte parodontale plus ou moins grave. Ceci est particulièrement vrai chez des sujets brévilignes du type CALCAREA CARBONICA, c'est-à-dire ralentis sur le plan métabolique, très frileux et particulièrement sensibles au froid humide. On trouve une fois encore des liens entre MERCURIUS SOLUBILIS et NITRI ACID. chez lesquels les manifestations ulcéreuses traduisent bien le mode luétique de fond mais qui sont tous deux également des médicaments du mode sycotique (froid humide, constructions cellulaires…). Il y a donc une logique dans l'évolution et l'aggravation progressive depuis CALCAREA CARBONICA vers MERCURIUS SOLUBILIS puis NITRI ACID. 

Nous avons dit que dans les suites médicamenteuses, il y a des signes dans un médicament qui annoncent déjà le suivant, ou l'un des suivants. Ainsi, l'évolution de CALCAREA CARBONICA vers NITRI ACID. a été évoquée, même si son parcours peut être jalonné d'autres étapes médicamenteuses. Voici une illustration de ces affirmations. CALCAREA CARBONICA et NITRI ACID. sont bien différents sur de nombreux points mais pourtant, les désirs alimentaires de NITRI ACID. rappellent très fort ceux de CALCAREA CARBONICA = aversion pour la viande et pour le lait, désir d'aliments indigestes comme la chaux, la craie, le plâtre, le charbon. G. HODIAMONT explique ces rapprochements par le déséquilibre du métabolisme du calcium commun à ces deux médicaments.
 

Aspects sycotiques de NITRI ACID.: 

            Même si le fond luétique domine, le fond sycotique est là également et il ne faut pas oublier qu'HAHNEMANN en avait l'un de ses principaux remèdes du "miasme" sycotique, surtout du fait de ses signes génitaux. Si l'on veut bien revenir un instant sur les conceptions d'HAHNEMANN sur les maladies chroniques, on sait qu'il distinguait le "miasme" psorique comme universel des deux autres dont il croyait trouver l'origine dans les maladies vénériennes = la syphilis pour la luèse ou le luétisme et la blennorragie pour la sycose. C'est dire que le pôle génital est très important dans le mode sycotique avec le carrefour O.R.L. C'est l'un des aspects sycotiques de NITRI ACID. avec ses condylomes génitaux.            

G. HODIAMONT expliquait les constructions cellulaires de NITRI ACID. comme une tentative de construction après l'ulcération. Cela explique sans doute l'indication possible de NITRI ACID. dans la péri-adénite de SUTTON, dont on sait que les aphtes sont suivis d'une perte de substance et d'une cicatrice.  

            Dans l'évolution du patient vers NITRI ACID., les tendances luétiques s'expriment en clinique par des ulcérations tourmentées alors que les tendances sycotiques se manifestent par des constructions cellulaires dont surtout: 

¨      Les polypes saignant facilement dans le nez, le larynx, les organes génitaux, l'intestin, l'anus…

¨      Les condylomes, surtout génitaux, bourgeonnant, saignant très facilement.

¨      Les verrues le plus souvent cornées, ayant une teinte jaune d'or caractéristique, mais saignant facilement. Ces verrues se fissurent également très souvent et présentent les douleurs piquantes très caractéristiques du remède.

¨      Toutes excroissances ayant ces caractères, dans la bouche entre autres localisations.

     Un autre aspect est souligné par G. HODIAMONT: "Un tissu littéralement détruit par l'acide nitrique ou une toxine analogue va devenir tout d'abord la proie des leucocytes qui vont chercher à phagocyter pour éliminer de l'organisme les tissus ainsi désorganisés, et d'autre part l'infection microbienne, qui va y créer une véritable pollution cadavérique. En outre, l'organisme intoxiqué n'a plus la résistance normale aux infections. C'est pourquoi les crevasses, fissures et polypes de NITRI ACID. vont suppurer, laissant s'écouler en général un pus sanieux, putride, sanguinolent, âcre, un pus fétide mal lié et irritant…". Les caractères de ces sécrétions affectent toutes les inflammations suintantes, cutanées ou muqueuses. 

Bien entendu, la sycose génitale ne concerne en rien le chirurgien-dentiste. Mais les médicaments indiqués, dont surtout THUYA, STAPHYSAGRIA et NITRI ACID. ont des signes, symptômes et indications bucco-dentaires. 

On ne peut pas conclure ce chapitre sans évoquer une menace très nette qui pèse sur ces sujets = les affections cancéreuses. Elles échappent certes au seul traitement homéopathique, même si certains auteurs affirment des guérisons. L'état cancérinique ou précancéreux existe et là, l'homéopathie peut être précieuse. NITRI ACID. est cité souvent dans les différentes rubriques "cancer", notamment au degré moyen pour le cancer de la langue. 

Aspects tuberculiniques de NITRI ACID.: 

Cet aspect tuberculinique de NITRI ACID. se rencontre chez des sujets particulièrement atteints sur le plan général, qui confine déjà à la cachexie. Et dans ces états d'aboutissement, deux modes réactionnels se trouvent intriqués = le mode tuberculinique et le mode luétique

Nous avons très souvent insisté sur le fait de la mise en œuvre simultanée de ces deux modes réactionnels chez le nourrisson et le jeune enfant constitue une très nette menace sur la croissance en général et sur la minéralisation des dents en particuliers. La prévention de ces troubles ne demande pas NITRI ACID. mais d'autres médicaments qui le précèdent dans la décompensation = SILICEA en particulier. 

Par ailleurs, on sait que les troubles des muqueuses dans le mode tuberculinique peuvent être interprétés comme dus à l'accumulation dans la circulation veineuse de déchets provenant de la destruction cellulaire inhérente à ce mode. Ce mode exige une consommation très importante de minéraux que, si l'organisme ne trouve pas dans l'alimentation (soit par carences d'apport, soit par non assimilation dans l'intestin), il cherche dans les cellulaires au prix de leur destruction. Ainsi, une même gingivite chez un psorique ou chez un tuberculinique n'a pas la même signification. Chez le premier, elle peut être interprétée comme une élimination salutaire, que l'on constate par l'amélioration consécutive de l'état général. Chez le second, la gingivite est le témoin d'une lutte qui vient de se réaliser, qui a entraîné des destructions cellulaires, qui n'améliore en rien l'état général, bien au contraire = le sujet maigrit, s'anémie, éprouve une grande fatigue et peut mettre deux ou plusieurs semaines avant de surmonter cet état. Il s'agit là d'une grande distinction entre ces deux modes réactionnels. 

Pour ces inflammations cutanées ou muqueuses de type tuberculinique, il est possible que NITRI ACID. se trouve indiqué, évidemment si ses signes originaux sont présents. Il voisine alors un autre médicament utile en pratique dentaire = KREOSOTUM, complémentaire de SILICEA. Tous les sujets justiciables de ces médicaments ont des problèmes dentaires et notamment la mélanodontie avec ses conséquences apicales et gingivales chez l'enfant.  

Roland ZISSU explique que "Que ce soit la cachexie ou l'élimination avec ulcération et hémorragie, l'aggravation diathésique de ces sujets tuberculino-luétiques se fait vers ARSENICUM ALBUM, gros remède évolutif de cachexie profonde, polydiathésique, voire: cancérinique et cancéreuse".

 
                               CONCLUSION

            Pour des praticiens peu familiers des approches diathésiques, toutes ces explications peuvent sembler bien complexes. Elles le sont effectivement. mais on peut les rassurer, elles ne sont pas indispensables pour pratiquer l'homéopathie. Car il suffit de se contenter de procéder d'abord à un examen rigoureux et à une observation minutieuse afin de mettre en évidence l'indication du médicament qui correspond exactement au cas précis d'un patient. 

            Ce n'est qu'ensuite que l'on peut tenter de donner une signification à l'indication de tel ou tel médicament.  

            NITRI ACID. est un toxique puissant qui peut se trouver indiquer dans différents troubles chez des patients bien différents les uns des autres et à tous les âges. Il faut seulement savoir que, comme pour tous les acides forts, NITRI ACID. correspond à des malades le plus souvent profondément atteints sur le plan général ou local. Cette atteinte de l'état général peut s'expliquer par des facteurs héréditaires et c'est logique de trouver l'indication de NITRI ACID; (parmi d'autres) chez des enfants déminéralisés, cachectiques, mal partis dans la vie et qui réagissent simultanément sur les deux modes pathologiques = tuberculinique et luétique. Ces enfants ont souvent des problèmes respiratoires et digestifs avec des retentissements à tous les niveaux. Nous avons souvent expliqué que le mode tuberculinique exigeait des minéraux et de l'oxygène, ce qui sollicite l'appareil respiratoire. L'acidose les guette du fait de l'excès de CO2 qu'il faut éliminer. On retrouve toutes ces conséquences dans tous les remèdes acides, dont NITRI ACID. qui n'y échappe pas et ce qui explique ses nombreux troubles respiratoires.  

            Chez le jeune adulte, ce sont surtout les problèmes génito-urinaires qui dominent ou les problèmes digestifs si le mode de vie est défavorable. On retrouve les deux aspects diathésiques de NITRI ACID. = mode sycotique et mode psorique. Bien entendu, les troubles des autres modes réactionnels peuvent être présents. Chaque individu est un mélange complexe de tendances diverses. 

            Chez le vieillard, c'est surtout l'état cancérinique, précancéreux ou cancéreux qui domine. 

            Heureusement, sur le plan bucco-dentaire, les problèmes peuvent être moins graves et l'aphtose buccale constitue une indication courante, quel que soit l'âge. Mais il faut systématiquement donner la priorité à la matière médicale, avant de tirer des conclusions diathésiques.


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Dernière modification : 13 novembre 2011