Retour

LES "MURIATIQUES"
 c'est-à-dire = les médicaments à base de Chlore
 

 

            Les médicaments dits "muriatiques" forment un groupe autonome dont les caractéristiques pathogénétiques essentielles découlent de l'action métabolique et toxique du chlore

            Lors que l'on réalise une expérimentation pathogénétique, le premier élément qui se constate de visu est ce que l'on appelle "le type sensible".  Le chlore  étant un élément chimique qui intervient dans de nombreux métabolismes de la croissance, il est naturel que tous les médicaments à base de chlore aient le même type sensible = en l'occurrence ici la morphologie longiligne. Ce type sensible est tellement caractéristique que plusieurs auteurs, en particulier ceux qui se sont intéressés aux notions biotypologiques ont été tentés d'en faire le support d'une constitution autonome.

 C'est le cas en particulier pour Henri BERNARD (1895-1980). Mais il a abandonné cette idée et a "resitué" les médicaments muriatiques dans une sous-catégorie comprise entre les sulfuriques (dits "normolignes") et les phosphoriques (dits "longilignes") qu'il a appelée "Sulfur maigre".

A notre humble avis, cette "déclassification" semble justifiée car ce qui caractérise la "constitution longiligne" est avant tout le phosphore et non le chlore.

Cependant, la décompensation du longiligne s'explique avant tout par l'action des causes du mode réactionnel tuberculinique et le symptôme majeur, capital, de cette décompensation est la déshydratation des muqueuses.

C'est là que l'on retrouve le chlore, en particulier son sel le plus important = le chlorure de sodium ou Natrum muriaticum. Sous cet angle, le chlore ne peut être considéré comme le "père" d'une constitution mais comme le remède de différents troubles du longiligne. Voici résumée la conception du mode tuberculinique à partir des thèses de Henri Bernard:

Rappels     =    En évitant les hypothèses et en restant uniquement sur la clinique, on constate que certains sujets réagissent d’une manière commune aux agressions microbiennes d’abord par une déshydratation des muqueuses, puis par une extrême variabilité des symptômes exprimant une congestion veineuse périphérique, enfin par un amaigrissement accompagné d’asthénie et de pâleur.  On remarque également que les sujets qui réagissent de cette manière ont en commun le plus fréquemment mais non exclusivement une constitution longiligne. Là ce sont des faits cliniques incontestables et d’ailleurs non contestés. Ensuite, on peut tenter d’expliquer certains points.         

            La déshydratation des muqueuses s’accompagne d’une fuite minérale que l’on constate dans la polyurie avec urines chargées de phosphates de NATRUM MURIATICUM.  L’extrême variabilité des symptômes et la congestion veineuse se retrouvent dans PULSATILLA. Il est logique de penser que la déshydratation des cellules entraîne aussi et parfois leur destruction du fait de la fuite de l’eau et des minéraux. Ces déchets cellulaires peuvent encombrer la circulation de retour, ce qui explique la congestion veineuse. Dans un deuxième temps, on constate une fixation des troubles au niveau d’une muqueuse ou d’un appareil : muqueuses respiratoires et appareil broncho-pulmonaire par exemple et avec une prédilection certaine. Ou encore muqueuses digestives dont la muqueuse buccale et l’appareil intestinal. Cela permet à M. CONAN-MERIADEC de proposer la définition suivante (voir son livre Michel CONAN-MERIADEC (1921-2000): « L’homéopathie - conception médicale à la dimension de l’homme » - BOIRON 1990) :  

"Le mode réactionnel tuberculinique est une tendance générale à réagir aux facteurs pathogènes par une destruction cellulaire avec hypersensibilité réactionnelle, évoluant de l'instabilité à la fixation, de la variabilité des symptômes à la destruction cellulaire. Le mode tuberculinique procède d'abord par des réactions successives, labiles et variées sur tel ou tel appareil, avant de se fixer sur l'un d'eux et d'y développer sa réaction spécifique = une accélération du catabolisme, entraînant une désassimilation, que le homéopathes qualifient improprement de déminéralisation".

    Le sodium joue un rôle capital dans le métabolisme de l'eau des cellules et des espaces péricellulaires assurant ainsi le transport et la fixation des minéraux. Les troubles de son métabolisme relèvent des sels de sodium = la déshydratation avec le chlorure de sodium ou Natrum muriaticum  - et l'inverse = la rétention d'eau, l'imbibition avec le sulfate de sodium ou Natrum sulfurique.        

horizontal rule

 A quoi le chlore sert-il dans l'organisme ?

            Le chlore n'existe pas à l'état naturel dans l'organisme, on ne le trouve que sous forme combinée. L'ion sodium ou Na est activé par l'eau, dans les deux sens opposés décrits. Or, tous les mécanismes biochimiques de l'organisme se font en milieu aqueux.

            Le chlore peut se combiner facilement à l'hydrogène, en particulier celui de l'eau, avec lequel il forme entre autres de l'acide chlorhydrique avec dégagement d'oxygène naissant. Le chlore joue donc un rôle oxydant, que l'on retrouve dans l'action des médicaments muriatiques, en particulier à la phase dite "oxygénoïde" du mode tuberculinique.

            Le chlore joue un rôle important dans le sang car toute variation de son pH l'influence. Lorsque le pH sanguin baisse, le chlore du plasma passe dans les globules, expliquant l'hypochlorémie constatée dans l'acidose, avec une urémie hypochlorémique de compensation afin de rétablir le pH normal. Il y a un inconvénient = la surcharge en chlore des globules peut se faire au détriment de l'oxygène et retentit ainsi sur les oxydations.  Sans trop détailler, le chlore intervient à trois niveaux = dans les chlorures sanguins, dans l'acide chlorhydrique (suc gastrique) et par l'intermédiaire du chlorure de sodium dans la régulation de la pression osmotique des cellules.

·        Les globules sanguins:

o   La perturbation du métabolisme du chlore à leur niveau favorise la production de dépôts fibrineux que l'on retrouve dans la pathogénésie des remèdes muriatiques, avec un maximum dans celle de Kali muriaticum. Pour mémoire, il faut rappeler que la fibrine est une protéine insoluble dont le rôle est de retenir les globules rouges pour former le caillot. Kali muriaticum a des sécrétions épaisses, adhérentes et visqueuses.

·        L'acide chlorhydrique:

o   Constituant principal du suc gastrique, il explique, en cas de troubles, une dyspepsie atonique hypochlorhydrique retrouvée dans la pathogénésie de tous les remèdes muriatiques. On trouve également de l'acide chlorhydrique dans les sucs intestinaux, pancréatiques et dans la bile.

·        Le chlorure de sodium:

o   C'est sans doute le point le plus important en raison du rôle métabolique de ce sel dans la régulation de la pression osmotique des cellules, expliquant la caractéristique essentielle des médicaments muriatiques = la déshydratation des tissus. On retrouve là le principal médicament muriatique = Natrum muriaticum.

Mais le chlore peut être toxique !

            L'excès de chlore dans le sang entraîne des troubles au niveau de la peau et des muqueuses, notamment digestives et respiratoires. Ces troubles sont détaillés dans les chapitres suivants.

oOo

SIGNES CARACTERISTIQUES COMMUNS
AUX MEDICAMENTS "MURIATIQUES"

 

 

1 – LA DESHYDRATATION:

            Comme dit plus haut, la déshydratation découle d'un trouble du métabolisme du chlore, elle s'exprime au mieux dans Natrum muriaticum, car le sodium joue également un rôle dans ce trouble.

La déshydratation de la peau:

·        La peau est sèche, rugueuse, se craquelle facilement, tout simplement par sécheresse. Les sueurs diminuent, se localisent (aisselles, mains, visage), deviennent huileuses.

·        La déshydratation explique également les troubles des phanères = ongles et cheveux secs et cassants, tendance aux formations verruqueuses.

·        Les principales maladies de la peau sont = l'herpès, l'acné, l'eczéma, plus rarement l'impétigo et  les furoncles. Les lésions cutanées sont sèches ou le deviennent rapidement, elles laissent parfois suinter un écoulement épais, à l'image des éliminations difficiles des muriatiques tuberculiniques.

La déshydratation des muqueuses:

·        Le chlore a une action sympathicotonique sur les muqueuses de l'appareil respiratoire et sur le tube digestif. Cette action et la présence de chlore dans les sucs gastriques, pancréatiques et intestinaux expliquent que les sujets "muriatiques" ont tendance à une lourde pathologie respiratoire et digestive.

·        Les atteintes des muqueuses présentent les caractéristiques suivantes = tendance à la sécheresse, sécrétions épaisses, exsudats fibrineux. Selon l'autre composant du médicament, ces caractéristiques se modulent allant par exemple des exsudats fibrineux spectaculaires de Kali muriaticum à l'alternance de sécheresse et de sécrétion grasse de Natrum muriaticum.

            La sécheresse des muqueuses explique aussi d'autres signes typiques des muriatiques:

·        La soif = sans doute pat compensation pour lutter contre la sécheresse. Cette soif présente quelques variantes selon l'autre composant du médicament.

·        La constipation = la sécheresse des muqueuses intestinales perturbe le transit intestinal = constipation avec atonie rectale (sphincter anal), selles sèches, dures avec une tendance aux fissures anales, provoquant une constriction spasmodique de l'anus et donc rétention des selles. Natrum muriaticum est le principal remède de la constipation du tuberculinique avec alternance de diarrhée et de constipation..

·        Les troubles respiratoires = coryzas, asthme avec sécrétions épaisses, etc.....

·        Les troubles génito-urinaires = leucorrhée, cystites, urétrites…
 

La déshydratation des séreuses:

·        Les éliminations de mode réactionnel tuberculinique sont fréquentes, voire constantes, au niveau des séreuses.

·        Les muriatiques présentent les signes habituels = sécrétions fibrineuses épaisses – avec la déshydratation, on observe une raideur des articulations, une atteinte pleurale, voire même une atteinte méningée.
 

Deux retentissements sur l'état général:

  1. L'amaigrissement:

·        L'amaigrissement est l'une des conséquences de la déshydratation et il s'observe malgré le plus souvent un appétit conservé, voire le plus souvent augmenté.

·        Dans la phase dite "oxygénoïde" du mode tuberculinique, l'amaigrissement est constant et s'accompagne presque toujours d'un appétit augmenté. L'explication est simple = ce mode entraîne une consommation nettement augmentée de minéraux et d'oxygène.

·        Dans ce contexte, une anorexie constitue une menace directe, en particulier pour la minéralisation du squelette et surtout des dents, dont les lésions de carence sont irréversibles. Cette anorexie a le plus souvent une cause psychologique. Natrum muriaticum est ici un médicament irremplaçable.

  1. L'instabilité thermique:

·        La première explication semble être l'amaigrissement lui-même. Ensuite l'augmentation massive et brutale des oxydations explique le dégagement de chaleur.

·        Les sujets ont toujours trop chaud, mais ils sont habituellement frileux et s'enrhument au moindre froid, cherchent le frais après un exercice, même modéré.

Et ce n'est pas tout !

            Il faut ajouter deux autres caractéristiques = l'atonie digestive et surtout les engorgements glandulaires et lymphoganglionnaires.

            Henri BERNARD et Roland ZISSU donnent plusieurs explications à l'atonie digestive. Pour le premier, les tuberculiniques présenteraient une insuffisance hépatique congénitale. Pour le second, le chlore a une action sympathicotonique et une hypochlorhydrie. L'ensemble explique la lenteur des digestions (dyspepsie hyposthénique), les fréquentes indigestions d'autant plus que ces sujets ont habituellement un gros appétit (ils mangent peu mais souvent) et une soif accentuée par période, qui accentue l'hypochlorhydrie.

            Dans le mode réactionnel tuberculinique, la première phase dite "sthénique" ou "oxygénoïde" se décompose en deux étape =  l'étape hépatique, première barrière défensive d'un système immunitaire débordé puis l'étape lymphoganglionnaire, deuxième barrière. Encore une fois, Natrum muriaticum est l'un des médicaments le plus important, il présente des poly-micro-adénopathies dures. Mais d'autres médicaments sont utiles, notamment Iodum, remède incontournable dans l'hyperthyroïdie.

 

QUELQUES MEDICAMENTS "MURIATIQUES"

 

            Il serait normal de commencer l'étude des médicaments muriatiques par le principal d'entre eux = Natrum muriaticum, tant il domine cette série et tant il tient une place importante dans la matière médicale homéopathique. De plus, ce médicament est particulièrement précieux en pratique bucco-dentaire. 

            Cependant, nous avons déjà consacré une très longue étude à ce polychreste que nous avons publiée dans "Les dossiers de l'A.O.S.H".  Nous ne rappelons ici que l'essentiel.

 

LA  BOUCHE  DE  "NATRUM MURIATICUM"

 

D'abord ce que dit la matière médicale:

bullet

·         Grande sensation de sécheresse alors que la bouche reste humide, avec soif, salive profuse (aqueuse et salée). Lèvres sèches et fissurées.

bullet

·         Inflammation, gonflement et saignement de la gencive. Gencive scorbutique.

bullet

·         Aphtes n'importe où dans la bouche ou parfois (rarement) localisés à la langue (seul Zincum metallicum partage cette localisation).

bullet

·         Odontalgies très marquées par le froid.

bullet

·         Langue couverte d'une salive mousseuse, mettant sur ses bords comme un chapelet de bulles.

bullet

·         Langue en carte de géographie. Sensation de cuisson à la langue. Sensation d'un cheveu sur la langue.

bullet

·         Engourdissement avec picotements, démangeaisons au niveau de la langue, des lèvres et du nez.

bullet

·         Goût amer et pâteux.

bullet

·         Désir de sel (par périodes).

 

La déshydratation de la muqueuse buccale :

           La sécheresse buccale se rencontre dans toutes sortes de pathologies et pas uniquement en stomatologie. Le premier signe de sécheresse buccale est celle des lèvres avec fissure d’une lèvre (souvent la lèvre inférieure) ou des deux.

Cette sécheresse buccale explique en grande partie la fréquence d’une gingivite avec des gingivorragies fréquentes, faciles, au moindre contact. Nous avons souvent rappelé que la sécheresse buccale (comme celle de n’importe quelle muqueuse) pouvait affecter les mécanismes de l’immunité locale. Perturbation de la réponse immunitaire que l’on retrouve dans les nombreux troubles allergiques de ce remède. Enfin, Natrum muriaticum est un remède très souvent impliqué dans les maladies auto-immunes comme l’aphtose, le syndrome de Gougerot.

 

                    La déshydratation et la déminéralisation cellulaire compromettent la croissance et la minéralisation osseuse et dentaire. Il n’est donc pas étonnant que l’enfant Natrum muriaticum présente des caries dentaires précoces, globales, débutant très souvent par les faces proximales (forme de carie typiquement tuberculinique), le tout accompagné de douleurs, soit névralgiques par déshydratation des tissus nerveux et inflammatoires par réaction pulpaire. 

"Natrum muriaticum" dans les syndromes douloureux : 

            Dans ce chapitre (comme dans tous les autres) revient le leitmotiv de Natrum muriaticum = déshydratation et déminéralisation. Ces deux mécanismes expliquent les douleurs de ce médicament.  

            D’abord, Natrum muriaticum est un remède important de céphalée = il est classique de l’attribuer à une consommation excessive de minéraux, notamment pendant l’effort mental. Ce n’est sans doute pas le fruit du hasard si l’on retrouve une céphalée dans la matière médicale de plusieurs médicaments à base de phosphore = Phosphorus, Phosphoric acidum, Calcarea phosphorica, etc... Le phosphore et les phosphorides jouent un rôle éminent dans les mécanismes cérébraux. 

            La céphalée de Natrum muriaticum produit les signes suivants = céphalée battante, aggravée par la chaleur, avec la sensation que la tête va éclater, aggravée vers 10 h du matin jusqu’au maximum à midi, puis décroît. En fait, l’aggravation suit la courbe solaire. A l’évidence, cette céphalée est particulièrement fréquente lors des efforts mentaux, chez les écoliers ou étudiants, travailleurs intellectuels en général. Le caractère des douleurs, battantes, serait dû à une congestion cérébrale suscitée par la toxicité du Na Cl en excès. Il en serait de même pour les palpitations après effort avec point de côté et une sensation de froid autour du cœur, que l’on retrouve dans Graphites, Kali chloricum, Lilium tigrinum ou Petroleum (sensation d’un bloc de glace).

            Natrum muriaticum ressent cette sensation de froid autour du cœur après un effort mental prolongé, le tout dans un contexte de tristesse, de déprime, < par la consolation et à 10 heures. NASH affirme que « Natrum muriaticum est l’un de nos meilleurs remèdes de la céphalée des écoliers, avec Calcarea phosphorica ». Mais TYLER proposait de donner également Bryonia, le complémentaire au moment de la céphalée et Natrum muriaticum après.

Natrum muriaticum a bien d’autres douleurs = épine dorsale ou vertèbres sensibles au toucher, > appuyé sur un plan dur – tension douloureuse au niveau des plis de flexion avec sensation de tendons trop courts – craquements dans les articulations (dus aux urates) – douleurs ressenties au niveau des reins ou céphalée au moment des règles – douleurs piquantes et brûlantes au niveau de l’anus après la selle – diverses douleurs brûlantes = lèvres, langue, yeux… 

La névralgie faciale

Natrum muriaticum est cité au degré fort dans le Répertoire de Kent. Sa principale caractéristique est l'apparition le matin avec aggravation progressive jusqu'à midi puis diminution de la douleur. En fait, l'intensité de la douleur de la névralgie suit la courbe solaire (comme Spigelia).

 

LES AUTRES MEDICAMENTS "MURIATIQUES"

 

CALCAREA MURIATICA

 

            Il s'agit du chlorure de calcium, utilisé en médecine classique comme hémostatique ou comme antispasmodique, mais ignoré pratiquement en homéopathie. La quasi-totalité des matières médicales n'en parlent pas, il n'est même pas cité dans le Répertoire de Kent ! Seules trois ouvrages en parlent: 

·        Roland ZISSU: "Matière Médicale Homéopathique Constitutionnelle" T III, p.218-220

·        Henri BERNARD: "Traité de médecine homéopathique", p.236-237

·        Henri VOISIN: "Matière médicale du praticien homéopathe", p.254-255 

Le type sensible de Calcarea muriatica":

            Il semble que l'élément "Calcarea" ne domine pas, n'impose pas l'aspect morphologique des carboniques, car le sujet est faible, surtout physiquement, anxieux, maigre, à la peau sèche qui suppure facilement. Ce sujet présente une tendance aux troubles capillaro-veineux = acrocyanose, engelures, varicosités.

Les signes cliniques:

            Ils sont relativement peu nombreux et concernent essentiellement des troubles digestifs et des problèmes cutanés. On ne trouve rien sur la bouche et sur les dents.

            Ce sujet maigre présente une nette propension aux excès alimentaires, mal supportés cependant et à l'origine de vomissements (après absorption d'aliments !), épisodes diarrhéiques (diarrhée indolore, parfois irritante, avec incontinence, sensation de défaillance après les repas). Il y a de la soif et de la constipation par atonie intestinale et par sécheresse des muqueuses => l'élément "muriatique" domine.

            Sur un fond d'atonie gastrique, d'insuffisance hépatique et de ralentissement nutritionnel, le sujet présente des troubles cutanés = peau sèche, tendance suppurative, acné, furoncles, impétigo, eczéma suintant, le tout avec des adénopathies satellite et œdème local. Ces troubles sont généralement très douloureux, le pus est épais et blanchâtre.

            Malgré la pauvreté pathogénétique, ces troubles montrent d'abord des signes évidemment tuberculiniques avec des souvenirs psoriques. Malheureusement, ce médicament n'a pas fait l'objet d'une pathogénésie suffisante. Faut-il en penser que si tel était le cas, le registre thérapeutique serait plus étendu, peut-être à des signes bucco-dentaires ? Seule une expérimentation pourrait répondre çà cette question. Mais cela reste un rêve !

 

MAGNESIA MURIATICA

 

            Le chlorure de magnésium est un sel contenu en grandes quantités dans l'eau de mer et dans les diverses eaux minérales (Chatel-Guyon, Miers, Montmirail…). Il est utilisé en médecine classique comme laxatif ou purgatif et en application locales sur les verrues ou les polypes. Comme toujours en homéopathie, sa pathogénésie reflète ses deux composants avec tout de même quelques signes originaux.

Les signes dus au magnésium: 

            Le magnésium intéresse le système neveux avec une première phase d'excitation et une seconde de dépression:

·        Système nerveux central = agitation + anxiété.

·        Système nerveux périphérique = les douleurs dont celles de la face et de la bouche.

·        Système nerveux végétatif = les spasmes avec deux électivités => le foie et le tube digestif puis l'utérus et la vessie.

            Il ne faut pas oublier que tous les médicaments magnésiens ont des douleurs et des spasmes, seules les localisations changent peu ou prou selon l'autre composant.

Ce qui revient au chlore:

·        Le chlore accentue les troubles hépato-digestifs avec atonie digestive et insuffisance hépatique (ce que l'on retrouve dans tous les remèdes muriatiques).

·        Le chlore donne des signes évidemment muriatiques ! tels que l'appétit augmenté, et malgré cela la maigreur ou la tendance à l'amaigrissement, la soif et la constipation.

·        Le chlore accentue la dysménorrhée due aux spasmes sympathicotoniques et au magnésium.

Le type sensible de Magnesia muriatica:

            Il s'agit soit de femmes maigres, hypersensibles sur le plan émotionnel, spasmophiles, constipées, se plaignant de douleurs diverses, soit de jeunes enfants, notamment au cours de la dentition, eux aussi constipés surtout par le lait.

Pour quelles raisons Magnesia muriatica consulte-t-il son dentiste ? 

            J.A. Lathoud met en avant des signes linguaux qui peuvent justifier son indication lors de glossodynies, voire de glossites:

bullet

Langue chargée d'un ensuit jaune.

bullet

Langue épaisse comme celle de Mercurius et gardant l'empreinte des d ents.

bullet

Langue ayant un aspect comme si elle avait été brûlée, excoriée, crevassée ou fissurées = les fissures brûlent comme du feu.

 

            Georges Broussalian confirme la sensation de brûlure de la langue, surtout le matin. Il ajoute "sensibilité des incisives".

            Comme on peut le constater, ces signes buccaux sont tout de même banals. Il est donc nécessaire des les valoriser par le contexte général.

Chez le nourrisson:

            Magnesia muriatica peut être un complémentaire de Calcarea phosphorica ou même Calcarea carbonica dans les troubles accompagnant une poussée dentaire = constipation, non digestion du lait, amaigrissement, nervosité, agitation.

Chez l'enfant:

            Magnesia muriatica s'adresse à un enfant tuberculinique, maigre, déminéralisé, menacé de rachitisme. Sa constipation est accentuée par les abus de sucreries, dont il est friand, seul signe original.

Comme tous les tuberculiniques, Magnesia muriatica a des problèmes hépato-digestifs, que l'on retrouve également chez l'adulte. Périodiquement, l'enfant ou l'adulte présente une dyspepsie atonique, sans doute en raison de l'accentuation périodique de l'insuffisance hépatique et de la constipation. Le foie devient sensible au toucher, les selles deviennent dures, sèches, difficiles à expulser. Le tout s'accompagne d'un état d'agitation, de nervosité et d'anxiété. C'est durant ces périodes que la langue devient étalée et se charge d'un enduit jaunâtre, garde l'empreinte des dents, tend à se fissurer, de même que les lèvres se gercent.

On ne peut donc parler ici d'une pathologie buccale autonome, isolée mais d'une pathologie accessoire qui participe à des troubles digestifs. Le malade consulte plutôt le médecin. 

Chez l'adulte:

            On retrouve les signes digestifs déjà décrits. Chez la femme, ces troubles s'accompagnent souvent une congestion utérine avec des règles abondantes et des douleurs lombaires. Surtout, les règles sont précédées d'une excitation nerveuse avec agitation physique et mentale, frisant l'hystérie.

            Les algies sont nombreuses et variables = céphalée surtout temporale > par la pression forte et la tête chaudement enveloppée – palpitations douloureuses < au repos, > au mouvement – sensation de tension dans les cuisses, dans les mollets – douleurs déchirantes dans les membres – sensation de secousses électriques dans le corps – sensation de brûlure à la plante des pieds la nuit. Le tout s'accompagne toujours d'un état d'anxiété, d'agitation, en même temps que de l'asthénie, de la frilosité mais avec désir de grand air, de maigreur malgré l'appétit.

Des troubles urinaires sont fréquents = atonie vésicale, difficultés de la miction, "le patient ne sent pas qu'il urine !", surtout dans l'obscurité, incontinence d'urine car le patient ne se rend pas compte s'il a envie ou non d'uriner !.

En conclusion, Magnesia muriatica n'est pas un médicament d'un intérêt capital en stomatologie. C'est un médicament complémentaire de Natrum muriaticum notamment lorsque domine la tendance spasmodique.

 

KALI MURIATICUM

            Le chlorure de potassium est encore un sel proche de Natrum muriaticum mais avec des signes distincts = disparition de la faim et persistance de la soif. Kali muriaticum est moins déprimé. La présence de potassium explique la nette tendance à la production de sécrétions fibrineuses qui caractérisent les inflammations des muqueuses = exsudats fibrineux gris blanchâtres, épais, tenaces, visqueux, adhérents, avec des fausses membranes. Kali muriaticum est surtout indiqué à la seconde période inflammations des muqueuses ou des séreuses.

            Il existe dans ce médicament des douleurs articulaires ou tendineuses avec gonflement oedémateux et léger épanchement synovial.

            Il présente enfin des éruptions vésiculeuses ou squameuses, avec desquamation fine ou furfuracée.

            A l'évidence, le potassium imprime son action propre = atonie musculaire et anémie, deux caractéristiques des médicaments potassiques.

            Deux mots précisent le comportement = faiblesse irritable. Le sujet est faible mais aussi irritable, grognon, se plaint sans cesse et s'agite constamment. Le sujet devient asocial, hypocondriaque, rabrouant son entourage. Il devient misanthrope, fuit toute consolation ou marques de sympathie (comme Natrum muriaticum) mais il ne pleurniche pas, n'est pas désespéré, ni profondément mélancolique.

Pour quelles raisons Kali muriaticum consulte-t-il son dentiste ? 

            La matière médicale donne les signes suivants:

·        Aphtes, ulcérations blanc-gris dans la bouche des petits enfants.

·        Langue sèche ou visqueuse, recouverte à la base d'un épais enduit blanc ou gris.

·        Pharyngite folliculaire.

·        Amygdales enflammées, avec des cryptes d'où suinte un caséum grisâtre, épais, de mauvaise odeur (Magnesia carbonica).

L'aphtose buccale de Kali muriaticum rappelle d'autant plus celle de Borax qu'elle frappe surtout les enfants.

La production de fausses membranes évoque Mercurius cyanatus et/ou Kali bichromicum, car il y a, en plus des fausses membranes des mucosités adhérentes dans la gorge obligeant le patient à racler sans cesse. Cependant Kali muriaticum est rarement prescrit pour une aphtose buccale parce que celle-ci est rarement isolée mais participe à un ensemble digestif qui conduit le patient à consulter son médecin plus tôt que son dentiste. Et si cette aphtose buccale est isolée, comment penser à ce médicament en l'absence d'autres signes ? Peut-être avec l'aide d'une programme informatique.

 

BARYTA MURIATICA

 

            Le chlorure de baryum n'a qu'une pathogénésie très limitée et pourtant Kent le considérait comme un remède constitutionnel ??!! Il affirmait que ce médicament souvent prescrit par les premiers homéopathes était un peu oublié, du moins du temps cet auteur.

            La présence et l'action du baryum expliquent de nombreux signes de sclérose, comme Baryta carbonica, mais ici plus volontiers localisée au niveau des artères, du muscle cardiaque, de l'utérus et du pancréas. Ce médicament s'adresse donc davantage à l'adulte mûr ou au vieillard, donc médicament de sera de plus en plus utile compte tenu de l'espérance de vie. On le trouvera souvent indiqué dans les parodontopathies ou dans le syndrome de Gougerot.

            Ce sujet justiciable de Baryta muriatica est donc plus volontiers un adulte d'âge mûr ou un vieillard, maigre ou ayant maigri, d'une frilosité excessive, anormale. Il souffre de scléroses variées, tressaille sans cesse ou sans cesse en mouvement convulsif. La bronchite chronique est fréquente, comme l'artériosclérose et l'hypertension. Mais il ne faut pas oublier que ce médicament rend de gros services chez des enfants un peu arriérés ou très en retard pour les fonctions essentielles de la vie (marche, parole, intelligence…).

            Chez l'adulte, Kent décrit son comportement comme anxieux, croit qu'il va mourir, peur de l'avenir. Il est méfiant, peu enclin à parler, reste assis en silence, irritable surtout le soir, coléreux. Il souffre d'illusions = de marcher sur le genoux ! Impression que la pièce dans laquelle il vit a changé, lui paraît étrange. Il a toutes sortes de manies.

Pourquoi Baryta muriatica consulte-t-il son dentiste ? 

            La matière médicale donne les signes suivants, au degré faible:

·        Langue blanche, chargée, parois craquelée.

·        Sécheresse buccale (degré fort), surtout le matin, mais sialorrhée au paroxysme des douleurs (lorsqu'il en a évidemment !).

·        Ulcération de la langue.

·        Gingivite avec gingivorragies.

·        "Déchaussement" des dents avec hypersalivation, goût perturbé (amer, putride, sucré ou acide), les aliments ont un goût putride.

·        Douleurs dentaires lancinantes, obligeant le patient à s'asseoir dans son lit, < après minuit ou après avoir dormi. Douleurs piquantes par saccades.

Malgré les affirmations de Kent, il apparaît, au vu des signes présents, que ce médicament n'ait qu'un intérêt relatif, même en médecine générale.

 

AMMONIUM MURIATICUM

 

            Le radical ammonium signifie "fin de parcours" ! Le malade ne peut plus faire face aux agressions qu'il subit, souvent depuis longtemps = dépression du système nerveux, troubles nutritionnels, stases sanguines, irritation des muqueuses (respiratoires et génitales notamment). Le chlorure d'ammonium représente à peu près le même schéma de déchéance organique, comparable à Ammonium carbonica. 

            La maigreur caractéristique des muriatiques est ici masquée par des infiltrations cutanées, voire des petits oedèmes. Il s'agit d'une infiltration adipeuse malsaine du tissu cellulaire sous-cutané, particulièrement au niveau du ventre, les membres et le cou restant maigres. Dans tous les remèdes muriatiques, on trouve quelques signes que l'on peut considérer comme des tentatives d'éliminations = éruptions cutanées sous forme d'acné, de furoncles, d'eczéma ou d'herpès. Avec Ammonium muriaticum, l'émonctoire cutané ne fonctionne plus.

            Ammonium muriaticum a des muriatiques la même sécheresse des muqueuses, la production anormale de fibrine. Cependant, le patient a perdu le peu de chaleur des autres remèdes de la série. Bien que frileux, il n'a même plus besoin d'air frais.

            Les différentes matières médicales ne donnent qu'une pathogénésie limitée, il s'agit donc d'un "petit remède", qui peut être utile dans certains cas ponctuels qui sont précisés ci-dessous:

·        Douleur des moignons d'amputation, avec sensation de contraction des muscles et des tendons (autour de l'amputation). A comparer à Allium cepa et à Hypericum.

·        La sciatique pire étant assis avec la même sensation de contraction des muscles et des tendons jusqu'aux pieds. Cette sensation serait un signe différentiel avec les autres remèdes de sciatique aggravée assis = Sepia, Kali bichromicum, Ruta, pour les plus connus. Cette sciatique apparaît plus volontiers par temps froid et humide.

·        Les inflammations des muqueuses, avec des sécrétions abondantes, irritantes et excoriantes, notamment chez un sujet indolent présentant des zones adipeuses (ventre surtout, face) = coryza fluent, irritant, excoriant – bronchite par temps froid humide avec toux sèche, saccadée ou suffocante.

·        Constipation flatulente, atonique, opiniâtre, avec des selles durets, sèches, difficiles à expulser, enrobées de mucus, chez un sujet déjà décrit (maigreur des membres et du cou, infiltration adipeuse par ailleurs). L'anus est le siège d'excoriations qui peuvent remonter dans le rectum. Les hémorroïdes sont fréquentes, très douloureuses, avec des brûlures pendant et après la selle (on pressent déjà Muriatic acidum). Cette constipation s'inscrit dans une dyspepsie atonique avec une congestion chronique du foie, douleurs élançantes et flatulence.

·        Autres signes "en vrac":

o   Céphalée avec sensation de plénitude dans la tête.

o   Chute des cheveux avec pellicules et démangeaisons.

o   Sensation de froid dans le dos, entre les épaules. Raideur douloureuse des membres avec sensation de raccourcissement des tendons (Causticum, Natrum muriaticum).

o   Signes psychiques peu marqués = tristesse, se complait dans la pensée de ses malheurs, rumine sa détresse physique, sensible au moindre grief, il lui semble que crier le soulagerait mais ne peut le faire, résigné dans ses souffrances. Antipathie irraisonnée pour certaines personnes. Peur de l'obscurité.

Les signes buccaux => ils sont peu nombreux et peu significatifs.

·        Bouche et lèvres douloureuses et excoriées.

·        Langue chargée, épaisse, sèche, recouverte d'un enduit gluant.

·        Salive épaisse, rare, collante, sialorrhée pendant la toux.

·        Gonflement des sous-maxillaires et des parotides avec douleurs piquantes.

            Ce médicament n'a donc qu'un intérêt relatif. Plusieurs signes le rapprochent de Ammonium carbonicum qui a lui, un registre plus étendu.

 

MURIATIC ACIDUM

 

L'acide chlorhydrique est le constituant principal du suc gastrique. Et c'est aussi un acide particulièrement corrosif et caustique qui explique les ulcérations, en particulier au niveau du tube digestif.

Les remèdes "acides" ont au moins deux points communs importants: l'atonie musculaire (que l'on explique par une dégradation des protéines musculaires dès que le pH diminue) et une action caustique et ulcérative sur tous les tissus.  

L'acide chlorhydrique présente ces deux propriétés au degré fort, expliquant les signes essentiels de sa pathogénésie.

·        Autrefois, Muriatic acid. était utilisé dans les formes les plus graves des fièvres infectieuses dites adynamiques, avec faiblesse musculaire intense, avec les "mâchoires tombantes", glissement du malade au fond de son lit par manque de tonus musculaire pour le maintenir assis, incontinence d'urines, paralysie de la langue et des sphincters de la vessie et du rectum

·        Les ulcérations dominent la pathogénésie à tous les niveaux et en particulier au niveau du tube digestif. En cas d'alitement prolongé, les escarres variqueuses sont souvent graves et saignent facilement. Toutes ces ulcérations se couvrent de fausses membranes dues à la coagulation des albumines par l'acide.

            Georges HODIAMONT explique  ainsi deux autres signes importants de Muriatic acid.= l'aversion pour la viande et l'hypersalivation.

·        L'acide chlorhydrique de l'estomac permet de digérer la viande et l'absorption de cet aliment entraîne ipso facto une sécrétion d'acide dans l'estomac. Lorsqu'un sujet présente déjà des signes de Muriatic acid. une sécrétion d'H Cl  supplémentaire ne peut que l'aggraver. La répulsion pour la viande peut être interprétée comme un réflexe de défense.

·        La salive joue le rôle tampon qu'on lui connaît. En cas d'acidose, l'hypersalivation accentue l'effet tampon. Encore un réflexe de défense.

Muriatic acid. présente un autre signe qui mérite un commentaire = la faim variable. Lorsque l'on mange, l'estomac produit du H Cl et souvent le sujet éprouve une aversion pour tous les aliments, réflexe de défense. Mais parfois, le sujet éprouve une fringale brutale, comme si l'absorption d'aliments pouvait "colmater" l'excès d'acide en le diluant, ce qui diminue la sensation de brûlure. On est un peu loin, là, de la faim habituelle des muriatiques.

            Autre caractéristique = les ulcérations des remèdes acides ont une nette tendance à saigner, du fait de la causticité des acides sur tous les tissus, vaisseaux compris. Bien qu'étant un acide fort, Muriatic acidum saigne moins que les autres remèdes, en particulier Sulfuric acidum.

            Quel que soit le syndrome clinique qui motive la consultation, il est indispensable de retrouver chez le malade les signes suivants, même à des degrés divers:

·        Atteinte profonde de l'état général avec prédominance de l'adynamie par faiblesse musculaire. Cependant, une aphtose buccale, même grave, n'a pas forcément un retentissement grave sur l'organisme.

·        Tendance ulcéronécrotique avec des ulcérations profondes, à bords indurés, noirâtres, ecchymotiques, laissant suinter une sécrétion fétide, sensibles au toucher, saignant facilement.

·        Dans les malades générales graves comme la typhoïde, la scarlatine maligne, la diphtérie, les infections puerpérales…), la sidération organique est le signe d'appel le plus important. A notre époque, ces maladies sont exceptionnelles en Europe, mais se voient encore dans les pays défavorisés. Heureusement, la médecine classique possède des armes efficaces, mais l'homéopathie n'est pas sans intérêt si l'on en croit l'ONG  "Homéopathes sans frontières".

Muriatic acidum au cabinet dentaire: 

            Il est normal que les affections buccales présentant des ulcérations importantes soient une indication préférentielle de ce médicament = aphtoses, gingivites ulcéreuses et ulcéronécrotiques. La sécheresse buccale est alors importante.

            Autres signes = la langue parait trop longue – goût avarié ou d'œufs pourris – goût douceâtre après avoir bu de la bière, atrophie et parésie de la langue.

A noter:

Muriatic acidum concerne tout le tube digestif et en particulier à ses deux extrémités = bouche et anus. Au niveau de l'anus, les hémorroïdes sont fréquentes, excessivement douloureuses, notamment au moindre contact, même pas celui d'un linge.

 

 

        

            La tendance aux ulcérations génitales fait de Muriatic acidum un médicament possible de la maladie de Behçet. On retrouve les aphtes buccaux, les aphtes génitaux et les éruptions cutanées, papulo-vésiculeuses pruriantes et brûlantes.


 

En dehors de ces indications sérieuses, le Dr Michel GUERMONPREZ conseille de prendre Muriatic acidum 4 CH chaque jour avant le bronzage de l'été pour prévenir l'érythème et l'œdème cutané.

En conclusion, Muriatic acidum a conservé aujourd'hui deux grandes indications =la crise d'hémorroïdes aiguë particulièrement douloureuse et tous les syndromes ulcéreux présentant un aspect inquiétant, y compris un épithélioma.

oOo

            Les "muriatiques" forment un groupe important mais la plupart d'entre eux ont peu d'intérêt, surtout en stomatologie.

            Parmi eux, Natrum muriaticum domine largement, loin devant les autres, sans doute du fait de l'universalité de l'action de ce sel dans la pression osmotique de toutes les cellulaires.

            Il ne faut pas oublier non plus Muriatic acidum si précieux dans les inflammations graves des muqueuses. Comme tous les acides, son indication apparaît lors les lésions sont graves, avec parfois retentissement sur l'état général. 

 

 

 
Copyright © 2002 ASSOCIATION ODONTO-STOMATOLOGIQUE D'HOMEOPATHIE
19, avenue de la République  91300 MASSY
Dernière modification : 13 novembre 2011