Retour

Un peu d'histoire ...

FREDERIC CHOPIN

et son médecin homéopathe

            Comme chacun le sait, Frédéric Chopin souffrait d'une tuberculose pulmonaire qui devait l'emporter au paradis des musiciens le 17 octobre 1849. La maladie s'est manifestée très tôt. Sa plus jeune sœur en est morte à l'âge de 14 ans. Au cours du mois de Mars 1827, Emilie, la petite sœur, doit s'aliter, elle s'est mise à tousser, à cracher le sang. Le médecin ordonne une saignée, puis une seconde, pose des sangsues, des vésicatoires, des sinapismes. Mais elle a perdu l'appétit et a tant maigri qu'on ne la reconnaît plus. Un mois plus tard, la famille éplorée conduit la jeune Emilie au cimetière. On peut lire sur sa tombe:
 

Emilia Chopin

Décédée au quatorzième printemps de sa vie

Comme une fleur épanouie

Avec l'espoir d'un fruit magnifique

10 avril 1827

 Tout enfant, Chopin a souffert constamment de ses bronches, de son appareil respiratoire en général avec des ganglions cervicaux, de la toux. L'un de ses médecins de l'époque (en 1826) lui fait poser des sangsues sur la gorge après avoir diagnostiqué un catarrhe. Il n'a jamais été gros, au contraire, c'est un longiligne frileux, fragile, très sensible au froid et ses nombreux ganglions, tous ces signes  évoquent Natrum muriaticum. Et tout au long de sa vie, Chopin a souffert de ses troubles respiratoires, passant par des périodes de grande faiblesse, suivies d'autres de meilleure santé. Dans les livres, les auteurs le décrivent tantôt comme un être souffreteux, tantôt comme un athlète (?) plein de santé. En fait, Chopin a toujours été chétif et malingre (1,70 m à la fin de sa croissance et il ne dépassera jamais 50 Kg). On a tenté de le faire grossir en le gavant, mais rien n'y a fait. Il est aussi difficile de faire maigrir un obèse constitutionnel que de faire grossir un longiligne, de surcroît tuberculeux. Il est frileux, se couvre beaucoup. Enfin, il y a de nombreux tuberculeux autour de Chopin. On ne connaissait ni la tuberculose et encore moins sa contagiosité ! 

            La vie poursuit son cours. Chopin est contraint à l'exil du fait de l'occupation de la Pologne par les russes. Il arrive à Paris en septembre 1831. Il n'a que 21 ans ! Et ne reviendra jamais dans son pays natal. C'est toute sa nostalgie douloureuse qu'il exprime dans sa musique. Et comme tous les sujets Natrum muriaticum, il ne se confie pas facilement, seulement à quelques très proches amis. Alors il ne peut que s'exprimer par le moyen du piano. C'est la clef pour comprendre sa musique.            

            Voici une anecdote significative = au conservatoire de Varsovie, il remarque une jolie fille, musicienne de talent et cantatrice délicate. Un jour, la belle le regarde et lui sourit.  C'est ainsi que Chopin tombe amoureux de Constance Gladkowska. Mais il ne lui déclarera jamais son amour, il se confiera à son piano et à l'un de ses amis, Titus Woyciechowski. 

            Après son dernier concert à Paris, le 16 février 1848, Chopin part pour la Grande-Bretagne, un voyage organisé par Jane Stirling et sa sœur. Jane est riche, encore belle à 44 ans, et elle est amoureuse de Chopin ! Elle veut le faire connaître et le montre partout. Elle rêve secrètement de l'épouser. C'est elle qui dira un jour, au moment de la mort du musicien: "Il était pur comme une larme..". Cependant, le surmenage et le climat froid et pluvieux épuisent le compositeur. Les médecins de Londres lui conseillent de rentrer à Paris. Ce qu'il fait le 23 novembre. Il fait appeler son médecin de l'époque, le Docteur Jean-Jacques Molin, "le seul qui le comprend !". Mais hélas, le Dr Molin est mort le 6 septembre 1848 à Bièvres (Essonne) à l'âge de 51 ans. D'autres médecins sont consultés, ils n'ont d'autres conseils que d'imposer un changement de domicile. Fin juin 1849, une épidémie de choléra frappe Paris et fera 20.000 morts, dont le compositeur Friedrick Kalkbrenner (1785-1849) et la cantatrice Angelina Catalani '1780-1849). Elle avait remis une montre en or à Chopin alors qu'il avait 10 ans et avait joué du piano devant elle. Trois médecins (dont un pédiatre !) conseillent un nouveau déménagement = 12, place Vendôme, un appartement exposé au Sud. C'est là que le compositeur mourra dans la nuit du 16 au 17 octobre 1849, vers 2 heures du matin. 

            Bien entendu, on ne peut savoir ce qu'aurait pu faire le Dr Molin. Mais au fait, qui est-ce médecin ?

            Jean-Jacques Molin est né à Annecy le 13 juin 1797. Alors qu'il était élève au Lycée de Grenoble, il parvient à s'engager dans les troupes de Napoléon, sous le commandement de son père, durant les campagnes de 1813-1814. Jeune sous-lieutenant, il est viré de l'armée au retour des Bourbons, avec une demi-solde. Mais au retour de l'Empereur, il s'engage à nouveau dans son armée et devient lieutenant. Malheureusement pour lui, ce retour ne dure que 100 jours ! Les Bourbons reviennent encore une fois, Molin est définitivement renvoyé dans le civil ! Il parvient à se faire accepter comme Officier de Santé, il passe son doctorat de médecine à la Faculté de Strasbourg en 1829. D'octobre 1831 à 1836, il exerce à la station thermale de Luxeuil (Haute-Saône), comme médecin inspecteur des eaux thermales. Il apprend l'homéopathie et commence à exercer à Paris. Il devient membre de la Société homéopathique gallicane en 1832, puis président de la Société de médecine  homéopathique. Il édite en 1840  le "Journal de la doctrine homéopathique" en 2 volumes. Il collabore ensuite et jusqu'à sa mort, le 6 septembre 1848, au "Bulletin de la Société de médecine homéopathique de Paris". Il publie également une brochure: "Lettre à MM. Les membres de la Faculté de médecine de Paris, en réponse aux attaques dirigées contre la doctrine homéopathique, dans la séance solennelle de la Faculté du 3 novembre 1842" (1843). Cette même année disparaît Samuel Hahnemann, le 2 juillet dans son appartement du 1, rue de Milan à Paris. On sait que le Dr Jean-Jacques Molin a rencontré Hahnemann.

 

Sur le site http://www.homeoint.org/seror/biograph/molin2.htm, le Docteur Robert Séror écrit:

Le British Journal de Janvier 1849, écrit :

L’ homéopathie a perdu un de ces plus importants représentants, en la personne du Docteur Molin, Président de la Société de Médecine Homéopathique. Il est décédé le 3 septembre passé, d’un cancer aigu, dans l’année de ses 51 ans.

La terrible maladie, contre laquelle, à de rares exceptions près, la science est impuissante, avait plusieurs fois, alarmée notre collègue, et surtout, durant les derniers mois de l’année passée.

Grand expert en diagnostic, Le Docteur Molin, fit lui même son diagnostic, avec la tranquillité et la résignation, d’un homme profondément imprégné de religion, et de foi dans les remèdes du nouveau système.

Et en fait, la première poussée de son cancer fût jugulée, et durant quelques mois, sa santé revînt.

Mais cela ne fût que temporaire.

En mai, une tumeur suspecte apparue sur les faces latérales du maxillaire inférieur, et après une incision exploratrice, une suppuration formidable, ainsi que d’énormes végétations furent découvertes.

La diathèse cancéreuse et l’absence de nourriture, due à la présence d’un obstacle mécanique (les métastases cancéreuses osseuses sous formes d’excroissances), épuisèrent rapidement sa force vitale, paralysant toutes les tentatives de réaction de son organisme, et précipitèrent l’arrivée de la catastrophe finale.

Le Docteur Molin présida la société, pour la dernière fois, le 27 Avril 1848.

 

Retour

 

 

 
Copyright © 2002 ASSOCIATION ODONTO-STOMATOLOGIQUE D'HOMEOPATHIE
19, avenue de la République  91300 MASSY
Dernière modification : 13 novembre 2011