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LE FOIE ET LES MALADIES PARODONTALES
 



           Chaque praticien sait bien que les seuls facteurs locaux ne suffisent pas, à eux seuls,  pour expliquer l'apparition et le développement de certaines maladies parodontales. Et trop de praticiens, généralistes ou parodontologistes, oublient ou négligent de rechercher une éventuelle cause générale, qui sont hélas très nombreuses. La bouche, plus que n'importe quel autre organe ou tissu ouvert sur l'extérieur, reflète le moindre déséquilibre organique endogène ou exogène. 

            Parmi les causes générales qui peuvent engendrer ou expliquer une maladie parodontale, on doit placer en place importante les troubles de la fonction hépatique, pour de nombreuses raisons qui seront envisagées plus loin.  Et pourtant cette cause semble ignorée en médecine classique. Les ouvrages classiques sur la parodontologie n'en parlent pas.   

            C'est volontairement que nous avons intitulé ce sujet "Insuffisance hépatique et maladie parodontale", parce que c'est une notion que l'on retrouve souvent dans les revues homéopathiques, surtout anciennes. On peut aussi remplacer cette notion par celle de troubles fonctionnels de la fonction hépatique. Cela ne change au problème. Il est incontestable que ces troubles peuvent retentir chez certains patients ou malades au niveau de leur parodonte. En médecine "classique", la notion d'insuffisance hépatique est contestée. 

            Que l'on permette à un dentiste homéopathe de justifier ses affirmations par des arguments basés sur des constatations de la clinique des médicaments homéopathiques impliqués dans le traitement des troubles hépatiques, médicaments qui ont tous, dans leur matière médicale, les deux groupes de signes = hépatiques et bucco-dentaires.  

Quelques rappels sur les causes générales des maladies parodontales: 

            Les rappels ci-dessous sont empruntés à un texte de Alain RIVAULT, publié dans une brochure bien documentée et illustrée, éditée il y a déjà des années (aucune date n'est précisée) par les laboratoires UPSA.

 1/ Facteurs génétiques: 

            Il est probable que le code génétique joue un rôle dans le développement d'une maladie parodontale. Il y a des sujets plus sensibles que d'autres aux causes déclenchantes. C'est la notion de "terrain" pour laquelle les officiels reconnaissent bien volontiers des difficultés de compréhension pour l'instant, mais que les homéopathes interprètent à partir des modes réactionnels.  

2/ Les facteurs nutritionnels: 

            Il est certain que le mode de vie et les conditions alimentaires jouent un rôle dans l'apparition ou l'évolution de la maladie parodontale. Une alimentation trop liquide favorise l'accumulation de la plaque dentaire, l'excès d'hydrates de carbone et de sucres influencent la flore buccale. Les erreurs alimentaires, les carences, la sous-alimentation, etc… sont autant de facteurs aggravants ou déclenchants.  Le scorbut en est une illustration, mais certaines carences minérales évoluent discrètement et perturbent la minéralisation alvéolaire. 

3/ Les facteurs psycho-somatiques: 

            Ce chapitre manque d'arguments définitifs. Mais il est constaté une grande fréquence de maladie parodontale chez les malades mentaux, sans doute due surtout à un manque d'hygiène buccale. Le stress peut affaiblir la résistance des tissus. 

4/ Les facteurs endocriniens: 

            Le diabète, la grossesse, la période pubertaire, la ménopause, l'hypothyroïdie, etc.. sont autant de facteurs prédisposants ou aggravants.  

5/ Les facteurs sanguins:

            Les anémies et les leucémies s'accompagnent de modifications spécifiques de la muqueuse buccale. La gingivite peut être très grave, mais les facteurs locaux ajoutent  leur action iatrogène. 

6 / Les facteurs pharmocologiques: 

            L'exemple le plus frappant est la gingivite hyperplasique due au diphénylhydantoïnate de soude. 

            Cependant, les facteurs locaux sont très nombreux et expliquent très souvent l'apparition et le développement plus ou moins grave d'une maladie parodontale. Citons les principales cause locales: 

7/ Les facteurs iatrogènes: 

·        Les obturations débordantes;

·        Les couronnes mal ajustées;

·        Les travées de bridge mal conçues;

·        Les points de contact mal corrigés. 

8/ Le traumatisme occlusal: 

            L'action des forces qui s'exercent sur la dent peut être excessive, mal orientée et entraîne des phénomènes de résorption osseuse au niveau du cément, du ligament alvéolo-dentaire et du tissu osseux. Les conséquences sont souvent réversibles après traitement, mais parfois la lésion parodontale atteint un stade irréversible, notamment lorsque d'autres facteurs se surajoutent. On peut ajouter les malpositions dentaires dans ce chapitre. 

9/ Autres facteurs locaux: 

            La respiration buccale peut favoriser une hyperplasie gingivale. L'usage excessif du tabac a une action cytotoxique et son action vasoconstrictrice peut perturber les moyens de défense gingivaux. 

            Le tartre est un facteur trop bien  connu pour insister. Voici trois illustrations de constatation hélas courante !

  

DE LA GINGIVITE A LA PARODONTITE

  

            Dans l'immense majorité des cas, les maladies parodontales débutent par une réaction inflammatoire à des causes locales. L'évolution dépend étroitement de la virulence de ces causes elles-mêmes et du pouvoir réactionnel de chaque patient. Nous constatons tous les jours dans nos consultations des patients négligeant leur hygiène dentaire ou alimentaire et ne présentant aucune lésion dentaire ou gingivale. Souvent une cause locale ne provoque d'un trouble local, sans aucune extension. Et à l'inverse, on peut déplorer une atteinte parodontale sans qu'aucune des causes locales, ou même générales, ne puisse être mise en évidence avec certitude. D'une manière générale, la gingivite est réversible dès lors que les causes locales ont été supprimées. Mais lorsque l'origine n'est pas locale, on peut assister à une évolution vers l'aggravation, c'est-à-dire vers le développement d'une maladie parodontale de moins en moins réversible. On peut ainsi expliquer certaines récidives après des traitements parodontaux bien conduits. Et ce, d'autant plus que très souvent des causes générales et locales sont  entremêlées, les dernières pouvant "masquer" la cause générale éventuelle. 

            Cette évolution défavorable peut se voir à l'occasion d'une aggravation de l'état général ou des conditions locales. Le diagnostic d'une parodontite pose parfois un problème car il n'y a pas forcément de corrélation entre l'aspect clinique et le degré véritable de l'évolution, notamment dans les formes chroniques. Alors qu'une banale gingivite réversible peut offrir au praticien des aspects facilement visibles à un examen banal, comme par exemple les gingivorragies ou une mauvaise haleine, ou encore une douleur affirmée par le patient, une parodontite peut très bien évoluer sans signes cliniques apparents, et seul un examen attentif, complété par des radiographies, permet de mesurer l'étendue de l'atteinte parodontale.  

 

L'INSUFFISANCE HÉPATIQUE SEMBLE
 UNE CAUSE OUBLIÉE OU MÉCONNUE
 

      

         Dans un petit ouvrage intitulé: "L'insuffisance hépatique", le regretté Docteur Maurice PLAZY (1907-1985)affirmait d'emblée: "Insuffisance hépatique est un terme vague mais pratique. Employé parfois de façon abusive, il englobe aussi bien les graves altérations de l'organe que les dysfonctionnements légers que l'on rencontre si fréquemment en clientèle".

        Nous sommes heureux de lui rendre hommage ici car il a été membre de notre jury de thèse pour le doctorat en chirurgie dentaire à Paris V  et nous avons particulièrement apprécié ses conseils (Docteur Christian Garcia).

                  Il y a environ 25 ans, Roland ZISSU offrait à ses élèves un cours sur l'insuffisance hépatique et proposait un tableau des principaux médicaments impliqués. Nous avons eu l'idée de regarder la Matière médicale et nous avons constaté que tous ces médicaments étaient également largement impliqués dans le traitement des gingivites ou des maladies parodontales. Notre raisonnement ne reposait que sur des constatations cliniques et nous pensions que la Matière médicale homéopathique corroborait cette thèse. 

            Bien des années plus tard, vers 1992-1993, en créant une base de données informatisées, nous avons découvert deux articles de Octave CASTUEIL (1881-1946), médecin homéopathe à Vichy. Dans ces articles de l'Homéopathie française de 1934 n° 1 et  de 1939 n° 4, il affirmait, arguments cliniques à la clé que "la pyorrhée alvéolo-dentaire avait dans certains cas une origine hépatique". 

Dans l'article de 1939 évoqué ici, il traite de la pyorrhée alvéolo-dentaire, terme générique de l'époque pour ce que l'on appelle aujourd'hui la maladie parodontale ou parodontopathie. Aujourd'hui, le terme de "pyorrhée" n'est plus admis dans la mesure où son origine étymologique signifie "pus" et que toutes les maladies parodontales ne suppurent pas.  

            D'emblée, O. CASTUEIL s'étonne que durant ses études médicales, puis au cours de sa pratique ou dans les réunions auxquelles il assistait, il entendait rarement parler de la pyorrhée alvéolo-dentaire et que dans les réunions avec des dentistes ou des stomatologistes, tous ne parlaient d'elle que comme une maladie locale : "Pour un malade qui  me dit que son dentiste lui a laissé entendre qu'il s'agissait de désordres hépatiques, combien d'autres me parlent d'un traitement local toujours nouveau, toujours infaillible et de plus en plus compliqué qu'on leur a préconisé". On ne peut être que frappé par la pérennité de cette attitude. Et aujourd'hui, cette attitude est encore plus vraie que jamais. Lorsqu'une technique brillante a été réalisée et qu'une récidive est déplorée, il s'est passé un an, voire deux ou trois et entre temps, une nouvelle technique tient la vedette. On a cureté, ligaturé, réalisé des lambeaux de toutes sortes, puis des greffes, aujourd'hui des comblements avec du corail. On explique cette récidive le plus souvent en culpabilisant le patient qui aurait négligé son hygiène bucco-dentaire. Qu'en sera-t-il demain ? Un nouvel espoir pointe, celui des protéines ostéogéniques. Mais qui parle de causes générales, en dehors de quelques affections comme le diabète ? Surtout si le patient semble en bonne santé selon les normes "classiques" ? 

            Or, CASTUEIL souligne qu'en parcourant la Matière Médicale Homéopathique "nous sommes stupéfaits de constater, une fois de plus, combien ceux qui ont réuni les précieux documents qui la composent étaient de merveilleux observateurs et d'incomparables cliniciens". Car dans les pathogénésies, on trouve à l'évidence tous les éléments cliniques qui composent la maladie parodontale, observés par des généralistes homéopathes. CASTUEIL insiste :"Le grand fait sur lequel je veux insister c'est que, pour les homéopathes, la pyorrhée alvéolo-dentaire n'a jamais constitué une affection locale". Et il cite les travaux de Bertrand de NEVREZE (1877-1951 - médecin homéopathe, stomatologiste, collaborateur de Léon Vannier au CHF, professeur d'orthodontie à Paris) publiés dans la revue L'Homéopathie française dès 1912 dans lesquels ce dernier accusait déjà les intoxinations générales, dont la toxine tuberculinique.  

               O. CASTUEIL explique son point de vue: "Il ne faut pas voir, dans ces foyers d'infection alvéolo-dentaire, uniquement un accident local, mais une manifestation externe d'un mauvais état général, le foie ne remplissant plus correctement son rôle. Ils doivent être considérés comme de véritables exutoires. Ils constituent des réactions de défense d'un organisme saturé de toxines et dont ils contribuent à assurer la décharge pour suppléer à la défaillance du foie".

            Et un peu plus loin, il décrit les signes locaux: "Au début les gencives saignent facilement, mais conservent un aspect normal; peu à peu, elles se tuméfient, prenant une teinte livide, les dents commencent à se déchausser. Plus tard, les gencives sont bordées d'un liseré de pus. Les dents finissent par se mobiliser et par s'éliminer l'une après l'autre.... Pour compléter ce tableau ..., les sujets qui en sont atteints ont toujours leurs dents recouvertes de dépôts calcaires plus ou moins abondants, si bien qu'on a cru voir dans ces derniers le point de départ de l'affection. Il n'en est rien et c'est confondre l'effet avec la cause. Il est clair que ces dépôts, une fois constitués, contribuent à entretenir et à aggraver le mauvais état des gencives...". Dans la conception des modes réactionnels, et en particulier du mode psorique, on imagine les conséquences = en supprimant l'exutoire gingival, on suscite le risque d'une métastase morbide, au sens homéopathique. 

            On ne peut être qu'admiratif devant le bon sens de ce praticien. Le Dr CASTUEIL n'était pas dentiste ou stomatologiste, il était généraliste, rappelons-le. Alors, il a l'idée de demander son avis sur cette affection à un vétérinaire et voici la réponse du Dr PIGOT, elle est passionnante: "La pyorrhée semble être, chez les animaux, la conséquence de la sédentarité, d'une alimentation sans doute exagérée, et probablement anormale. C'est une maladie du chien de ville ou du chat d'appartement. Le chien de ferme et le chat qui courent et chassent sont très rarement atteints. Il est à remarquer que les sujets pyorrhéiques sont, comme vous le signalez, souvent atteints d'insuffisance hépatique. Ce sont presque toujours des chiens trop nourris, dont le foie est fatigué par suite de cette alimentation surabondante et de la difficulté rencontrée pour éliminer de nombreux déchets engendrés, qu'un exercice insuffisant ne leur a pas permis de brûler". C'est bien là un procès de la sédentarité  

            Sur le plan thérapeutique, il cite surtout HEPAR SULFUR et préconise une recette qu'il dit avoir apprise en Indochine. Il conseille aux patients de prendre une fois par jour du sulfate de soude anhydre, la valeur d'une pointe de couteau à sec sur la langue ou avec un peu d'eau, en ajustant la quantité selon l'apparition d'une diarrhée. Il conseille bien entendu la suppression de toutes les causes locales d'irritation, le maintien d'une hygiène dentaire et la prise d'un médicament homéopathique de fond, selon les symptômes du patient; sans oublier un régime alimentaire approprié. Bien entendu, il confesse que la recette du sulfate de soude à dose faible mais pondérable n'est pas homéopathique.  Mais ce sulfate de soude n'est rien d'autre que notre Natrum sulfuricum, l'un des médicaments cités par R. ZISSU et  pour lequel les matières médicales précisent: "Les gencives brûlent comme du feu, elles sont rouges et ulcérées… Les dents deviennent branlantes et tombent facilement". 

            Dans son article de 1934, O. CASTUEIL rapporte un cas très intéressant de "pyorrhée" encore peu importante, se manifestant surtout par une haleine très désagréable de vieux fromage. L'observation des dents et de la gencive est admirable pour un médecin généraliste: l'usage d'un cure-dent entre les dents laisse apparaître un magma blanchâtre d'odeur épouvantable, gencive légèrement gonflée notamment au niveau des incisives et des canines inférieures avec début d'alvéolyse (signe caractéristique de congestion de SULFUR).; hyperesthésie des collets au contact, légère hypertrophie des languettes interdentaires, gingivorragies de sang noir et putride au moindre brossage, tartre abondant, "les signes que je viens de décrire ne sont pas manifestes, exception faite de la mauvaise odeur, très atténuée du reste par des soins de bouche constants". Il fallait donc un mérite certain pour les avoir mis en évidence, surtout lorsqu'on n'est pas dentiste. HEPAR SULFUR a été donné d'abord en basse dilution, puis en plus haute (6K, puis 30K, puis 200K). Ce qui est intéressant ici est que le patient est un cas de HEPAR SULFUR chronique,  remède s'intégrant dans la série psorique, le patient en avait d'ailleurs de très nombreux signes digestifs, cutanés et psychiques, au degré faible, et la conclusion de CASTUEIL est parfaitement logique: le patient éliminait ses endotoxines par un émonctoire de suppléance: le parodonte... 

            Le Dr CASTUEIL était, rappelons-le encore, médecin homéopathe à Vichy et il voyait défiler dans son cabinet de nombreux hépatiques. Dans un autre article, "De quelques signes trop souvent méconnus ou négligés de l'insuffisance fonctionnelle du foie" (L'Homéopathie Française" n° 9 - 1936), il affirme que la totalité de la clientèle de Vichy correspond aux remèdes suivants: SULFUR, PSORINUM, NATRUM MURIATICUM, NATRUM SULFURICUM, LACHESIS, THUYA, LYCOPODIUM, KALI CARBONICUM, CALCAREA CARBONICA, SEPIA, PULSATILLA, MERCURIUS et PHOSPHORUS.  Parmi les signes méconnus de l'insuffisance hépatique, il cite: les rêves lugubres (mort, enterrement, serpents, chute...) - l'aérophagie - la sensation de sécheresse buccale avec une salive cotonneuse - la langue et la gorge râpeuse - gonflement de l'angle interne des paupières - le prurit généralisé - la paresse et la difficulté de concentration, etc... Allez décrire cela à des confrères classiques !

            Voilà pour cet article qui reste très intéressant plus de cinquante ans après sa publication.  

            On peut se demander quel peut être le lien de cause à effet entre un trouble de la fonction hépatique et une maladie parodontale. L'explication la plus logique, celle à laquelle on pense d'abord, surtout les praticiens homéopathes, est le développement progressif d'une congestion veineuse qui se répercute petit à petit en raison de la congestion portale ou cave. Il est intéressant de noter que chez certains patients ayant un mode de vie sédentaire, la maladie parodontale peut accompagner, précéder ou suivre l'apparition d'hémorroïdes ou de varices. On pense immédiatement au tandem SULFUR / NUX VOMICA. On constate également et parfois une alternance entre les troubles gingivaux et une poussée d'hémorroïdes.  

            Dans ce cas de figure, et au tout début de cette décompensation, le patient peut venir consulter son dentiste pour de banales gingivorragies que l'absence de causes locales n'explique pas. L'évolution vers le développement d'une maladie parodontale de plus en plus grave peut s'expliquer par le fait que la congestion veineuse des tissus parodontaux favorise des perturbations de la réponse immunitaire buccale et gingivale. Et d'autant plus que le composant sécrétoire qui permet l'agglutination de deux IgA salivaires est en partie élaboré par le foie. Ainsi se constituent progressivement des foyers inflammatoires et on sait bien que l'inflammation gingivale, qui est un des moyens de défense de l'organisme, constitue également une menace pour le parodonte, l'inflammation dépassant son rôle en devenant elle-même pathogène. Or à ce stade, les mesures d'hygiène buccale (brossage, détartrage…) ne suffisent pas à enrayer la maladie parodontale débutant par les gingivorragies, tout simplement parce que la cause n'est pas buccale, mais résulte du mode de vie sédentaire et des troubles fonctionnels de la fonction hépatique qui en découlent. Pourtant, on ne trouve pas ces notions étio-pathogéniques dans les traités de parodontologie.  
 

Quelques rappels sur la clinique de ce que les homéopathes considèrent comme  l'insuffisance hépatique: 

            Elle s'exprime par les signes suivants: 

·        Des douleurs: 

ü      Soit de l'hypocondre droit avec irradiations postéro-antérieures entretenant une gêne respiratoire è BRYONIA, CHELIDONIUM, LYCOPODIUM.

ü      Soit des douleurs épigastrique à rythme pseudo-ulcéreux de périodicité courte, parfois capricieuse et irrégulière è BRYONIA, CHAMOMILLA, CHINA, NUX VOMICA. 

·        Des troubles dyspeptiques: 

ü      Soit une dyspepsie hypersthénique: BISMUTHUM, CAPSICUM, ETHYLICUM, IRIS VERSICOLOR, ROBINIA, SULFURIC ACID.

ü      Soit une dyspepsie hyposthéniante: ANTIMONIUM CRUDUM, CALCAREA CARBONICA, CARBO VEGETABILIS, CHINA, GRAPHITES, KALI CARBONICUM, LYCOPODIUM, NUX VOMICA…

ü      Soit de nausées et de vomissements alimentaires et/ou biliaires sans horaire précise.

ü      Soit enfin des troubles colitiques, des épisodes diarrhéiques irréguliers dont la fréquente diarrhée post-prandiale è CHINA, PODOPHYLLUM, RICINUS. 

·        Des manifestations extra-digestives: 

ü      Les migraines sans douleur de l'hypocondre droit è SULFUR, NUX VOMICA, SANGUINARIA, NATRUM SULFURICUM, PODOPHYLLUM, BRYONIA, IRIS VERSICOLOR…

ü      Les migraines associées aux troubles hépatiques è SEPIA, CARDUUS MARIANUS…

ü      Les migraines avec disparition progressive è LYCOPODIUM, CHINA, CHELIDONIUM, PHOSPHORUS, DIOSCOREA, COLOCYNTHIS…

ü      Des troubles cutanés et des manifestations générales = anorexie, amaigrissement, asthénie, cyclothymie… 

Les causes de l'insuffisance hépatique: 

·        Les atteintes hépatiques antérieures, dont l'hépatite virale (30% des cas).

·        L'alcoolisme (+++).

·        La sédentarité avec ses excès et ses erreurs alimentaires.

·        Les séquelles de certaines maladies (typhoïde, paludisme, parasitoses intestinales…) ou de certaines intoxications, notamment médicamenteuses.

·        Les facteurs héréditaires dont pour les homéopathes le mode réactionnel tuberculinique, mais aussi luétique, ou encore sycotique et pour les facteurs acquis le mode psorique. 

Remarque: le traitement de l'insuffisance hépatique n'appartient pas au chirurgien-dentiste. Mais la constatation de lésions gingivales ou parodontales chez un patient alors qu'aucune cause locale ne l'explique doit inciter le praticien à rechercher une cause extra-buccale par un simple interrogatoire et conseiller ensuite la consultation d'un médecin, homéopathe de préférence. 

 

ÉTUDE DES PRINCIPAUX
MÉDICAMENTS HOMEOPATHIQUES
 

  

S U L F U R

 Le soufre minéral ou organique intervient dans tous les métabolismes importants, dans tous les processus enzymatiques.  Il joue un rôle très important dans les mécanismes de désintoxication et cette seule fonction suffit déjà à justifier son action dans le mode réactionnel psorique.

1/    Les signes bucco-dentaires: 

·   Eruptions diverses autour des lèvres qui sont rouges et brillantes, en même temps que sèches et brûlantes.  L'intérieur de la bouche présente souvent des aphtes, des lésions de stomatite; aucune de ces lésions n'a de symptômes très caractéristiques, mais si d'autres remèdes habituellement employés ici comme MERCURIUS, HYDRASTIS, BORAX.. échouent, il faut penser à SULFUR pour aider leur action.  

·   Mauvaise haleine après le repas, de même qu'un goût amer le matin au réveil, salive de goût salé.  Langue blanche au centre, rouge à la pointe et sur les bords.  Odontalgie aggravée la nuit, en mangeant et par l'eau froide. (LATHOUD). 

·   Eruptions sur les lèvres, fissures des lèvres et des commissures.  Eruptions herpétiques autour de la bouche.  Toutes ces éruptions brûlent ... Gonflement et suppuration des glandes sous-maxillaires; gonflement des parotides.  Les ganglions du cou sont augmentés de volume.   

·    Les dents se déchaussent, les gencives se rétractent en découvrant les dents.  Les dents se gâtent.  Il y a un état malsain de la bouche.  Ulcérations de la bouche avec brûlure et piqûre ... Ulcères phagédéniques profonds qui rongent en cercle la surface interne des joues ... (KENT).

          On trouve plusieurs dizaines de signes buccaux dans l'ouvrage d'HAHNEMANN sur le Traitement des maladies chroniques.  Mais ces signes sont bien résumés par les deux auteurs ci-dessus cités. 

2/    Le contexte général et commentaires: 

SULFUR est l'un des médicaments les plus importants de la Matière médicale homéopathiqueHAHNEMANN  l'a présenté comme le "roi des antipsoriques".  Henri BERNARD (1895-1980) en a fait le support d'une constitution équilibrée, modèle quasi-idéal, réagissant électivement et exclusivement sur le mode psorique, et deux types déséquilibrés - SULFUR MAIGRE réagissant sur le double mode psorique puis tuberculinique et SULFUR GRAS ou scléreux, réagissant sur le mode psorique puis sycotique.  Si ces deux types équilibrés mettent en œuvre un second mode réactionnel, c'est parce que le mode psorique ne suffit plus. 

SULFUR couvre toute la première partie du mode réactionnel psorique, celle des éliminations centrifuges, tapageuses sur le plan clinique, vite résolutives le plus souvent et suivies d'une longue période d'amélioration de l'état général, ce qui explique pourquoi les homéopathes pensent qu'elles sont salutaires et donc à respecter.  Plusieurs situations peuvent être rencontrées, qui exigent toujours SULFUR, mais qui doivent être commentées. 

Pour tenter de faire comprendre les différents tableaux cliniques de SULFUR, il semble utile de commencer par décrire un sujet un peu idéal, bien équilibré à tous points de vue. 

Voici un sujet, généralement jeune (adolescent ou adulte jeune), bien portant, ayant été rarement malade dans son enfance, sinon quelques éruptions cutanées et qui vient consulter pour une aphtose buccale ou pour une gingivite érythémateuse banales, mais périodiques et alternant parfois avec une éruption de boutons ou d'herpès, notamment autour des lèvres.  L'interrogatoire ne révèle aucun signe particulier, sinon la brûlure ou la sécheresse buccale.  L'absence du contexte étiologique habituel (sédentarité et erreurs hygiéno-diététiques) n'explique pas la mise en œuvre du mode psorique, et peut-être faut-il voir là une réminiscence du mode psorique des parents.  L'expérience clinique montre l'efficacité de SULFUR 15 CH une fois par semaine, puis en prises espacées (cette efficacité est sans doute un argument en faveur de l'existence d'une composante héréditaire du mode psorique).

Voici maintenant un sujet du même genre mais entré dans la vie active depuis quelques années, absorbé par son travail, ayant une vie sédentaire avec ce qu'elle comporte d'excès alimentaires.  Ce sujet peut venir consulter son dentiste soit pour des gingivorragies, soit déjà pour une gingivite ulcéreuse, soit encore pour une aphtose ou des éruptions brûlantes sur les lèvres, ces affections s'accompagne d'une mauvaise haleine matinale, d'une langue saburrale avec bouche pâteuse.  Le contexte a changé, des troubles digestifs sont présents depuis quelques mois, voire un an ou deux, banals au début mais plus manifestes: ballonnement intestinal, région du foie douloureuse, renvois acides, brûlures de l'estomac ou du tube digestif, diarrhée brûlante mais aussi constipation avec faux besoins urgents et inefficaces, quelques douleurs hémorroïdaires.  Ce sujet qui jusque-là se moquait du facteur climatique, est devenu thermophobe,    il ne supporte plus la chaleur, surtout confinée, la chaleur du lit (il se découvre dans son lit), qui provoque des bouffées de chaleur ou une céphalée battante, avec rougeur de la peau, sueurs profuses.  Il y a quelques mois, il a eu une poussée de furoncles, comme dans son enfance. 

Dans ce cas, il y a une illustration du mode psorique mis en œuvre pour éliminer les déchets métaboliques que le foie n'arrive plus à dégrader et que l'organisme tente d'éliminer par des voies de suppléance: la peau et les muqueuses, d'où les éruptions cutanées et la gingivite.  A ce stade, la suppression des éliminations devient très dangereuse, soit en raison des métastases induites et consécutives, soit par accentuation de la congestion artérielle ou veineuse qui commence seulement à se développer. C'est ce que l'on fait pourtant en médecine classique, soit par une antibiothérapie itérative, soit par un traitement chirurgical des lésions parodontales. 

  Pour peu que le comportement ait évolué dans le sens de l'excitation, puis de la dépression, on trouve l'indication complémentaire de NUX VOMICA.  A ce stade, la gingivite est encore facilement réversible, mais son traitement exige que le patient accepte quelques règles hygiéno-diététiques. 

Si tel n'est pas le cas, la décompensation va s'accentuer avec apparition d'une pathologie hépato-vésiculo-digestive plus lourde (cholestérol, triglycérides, acides gras...) avec progressivement atteintes organiques puis lésionnelles des grandes fonctions.  Dans un tel contexte, les éliminations, pourtant nécessaires plus que jamais, deviendront difficiles: constituant autant de pathologies qui tendent vers la chronicité au niveau des émonctoires cutanés et muqueux, puis apparition de troubles au niveau des séreuses, toutes pathologies de moins en moins réversibles.  Et selon les cas, d'autres modes réactionnels sont mis en œuvre: tuberculinique avec l'indication de NATRUM MURIATICUM, IODUM, SILICEA.... ou sycotique avec GRAPHITES, NATRUM CARBONICUM, NATRUM SULFURICUM, THUYA ... et d'autres ... 

La gingivite ulcéreuse va évoluer vers une parodontopathie, avec souvent une étape plus ou moins longue de mobilité dentaire, accentuée au niveau du bloc incisivo-canin (signe de congestion veineuse de la circulation de retour).  La tendance aux ulcérations, à la suppuration entraîne la formation de poches, qui suppurent, qui s'étendent dans la profondeur des tissus parodontaux.

 Ainsi, il y a une progressivité dans l'évolution des maladies parodontales, en fonction de la dégradation de l'état général, dans la logique du mode psorique.  Si SULFUR est souvent seul indiqué au début, époque où tout est facilement curable, petit à petit d'autres médicaments dominent momentanément le devant clinique: NUX VOMICA d'abord, puis LYCOPODIUM déjà plus lésionnel, puis d'autres médicaments selon les sujets et les autres modes réactionnels mis en œuvre.  Le pronostic est évident niais si l'on hésite entre plusieurs médicaments, c'est que la situation s'est compliquée, le pronostic devient a] moins bon.  Aussi longtemps que la radiographie ne révèle pas de grosses lésions alvéolaires, on peut tenter le traitement homéopathique seul, associé à des règles hygiéno-diététiques.  Dans le cas contraire, il est nécessaire de traiter le sujet par son médicament de fond, l'intervention chirurgicale ne sera tentée que s'il y a amélioration objective des signes buccaux.  Si la chirurgie était tentée, sans traitement de fond homéopathique, la récidive serait la règle, à moins d'une métastase parfois défavorable (asthme, poussée hypertensive avec les risques qu'elle comprend, etc ... ). 

La posologie tient compte du contexte, et notamment de l'état des émonctoires.  Les basses dilutions, utiles en cas de suppuration, exigent une surveillance attentive.  Les hautes dilutions risquent de bloquer les éliminations et donc d'aggraver la congestion artérielle ou veineuse.  Dès que le tableau clinique est devenu plus compliqué, il faut commencer par un complémentaire. 
 

NUX VOMICA
 

L'expérimentation pathogénétique de la noix vomique, dont le principal alcaloïde est la strychnine, devant la brucine, provoque une hyper excitation avec tendance spasmodique particulièrement au niveau du système nerveux et de l'appareil hépato-digestif. 

1/ Les signes bucco-dentaires: 

·      Sécheresse et sensation de cuisson de la partie antérieure de la bouche et de la langue.

·      Langue chargée d'un enduit blanc jaunâtre dans sa partie postérieure, la moitié antérieure étant propre, bords rouges.

·      Gonflement, inflammation des gencives; les dents semblent trop longues.

·      Stomatite d'origine gastrique avec de petites ulcérations aphteuses et salivation sanguinolente; mauvaise haleine, surtout le matin à jeun, ou après le repas. Goût amer, acide ou putride.

·      Mobilité dentaire, alvéolyse surtout des dents antérieures, gingivorragies, abcès récidivant ou poches suppurées.

·      Nombreuses douleurs dentaires, notamment après avulsion, après obturation[1], ... sujet exaspéré par une douleur, quelle qu'elle soit. 

2/   Le contexte général et commentaires: 

     Actuellement, ou de plus en plus, NUX VOMICA déborde l'image qu'on en dresse d'un médicament indiqué chez un homme d'affaires surmené, toujours sous pression, soumis à toutes sortes d'excès et d'abus, de toxiques surtout (alcool, bière, tabac, médicaments, etc ... ). En fait, NUX VOMICA s'adresse à n'importe quel sujet pourvu qu'on trouve dans son état les conséquences d'une poly-intoxication associée à un mode de vie défavorable, sédentaire avec surmenage, le tout aboutissant à un état d'excitation physique et mentale, alternant avec des périodes de dépression. 

La pathologie bucco-dentaire est souvent la conséquence d'un mode de vie défavorable, ayant surchargé la fonction hépato-vésiculo-digestive par suite d'erreurs hygiéno-diététiques répétées.  La gingivite ulcéreuse et hémorragique ou l'aphtose buccale apparaissent au cours ou à la suite d'excès alimentaires.  Souvent, la gingivorragie exprime une congestion veineuse accentuée par périodes.  Les troubles digestifs dominent, du moins au départ: désir et abus d'alcool, de café ou de thé, de mets relevés, épicés, salés, de plats en sauce, etc ... or, il supporte très mal cette alimentation qui provoque une dyspepsie, et qui pendant un temps provoque une inappétence ou une faim vite rassasiée, avec dégoûts pour de nombreux aliments qu'il aime pourtant.  Après le repas, un ballonnement oblige à desserrer la ceinture, il éprouve ensuite un besoin de faire une sieste, un court sommeil l'améliore, il devient mal à l'aise et irascible s'il ne peut dormir, même quelques minutes.  Progressivement, une constipation apparaît, avec des besoins urgents mais inefficaces, le plus souvent en raison d'un réflexe antipéristaltique.  Ce même réflexe apparaît lors d'un état nauséeux, lui donnant l'impression qu'il serait mieux après vomissement, qui ne se produit pas.  De temps en temps, une poussée d'hémorroïdes le rend irascible en raison de la douleur, de la gêne, des faux besoins, du ténesme après la selle.  Le foie est alors congestionné, douloureux.  C'est au cours de cette période qu'on peut voir ce patient pour une gingivite ulcéreuse, ou même pour une banale gingivorragie, témoin d'une congestion portale et veineuse.  Pendant la période des troubles digestifs aigus, il n'est pas facile de donner des soins dentaires à un tel patient. Tout d'abord, parce qu'il vient au cabinet dentaire contraint le plus souvent par une douleur qu'il ne tolère pas et qu'il exige d'être pris sur le champ, il ne veut jamais attendre, il ne supporte aucune contrainte liée au traitement. Il se réfugie dans une lipothymie au moment critique.  Son mode de vie le rend irascible, coléreux, capable d'impulsions agressives, odieux avec son entourage professionnel et surtout familial.  Heureusement, il parvient parfois à se contrôler avec des étrangers, surtout dans les périodes moins aiguës.  Et autre conséquence, s'il vient au cabinet dentaire lorsqu'il a mal, il est difficile de le faire revenir pour des soins répétés.  Ce comportement résulte essentiellement de l'atteinte- de son système nerveux dans le sens de l'excitation avec spasmes, puis de dépression mélancolique.   

En fait, ce sujet s'est laissé débordé par son mode de vie fait de surcharges de travail, de manque de repos, d'abus de toutes sortes, alimentaires mais aussi médicamenteux, pour combattre les troubles et certains effets désagréables (somnifères puis stimulants, pansements gastriques, laxatifs, antalgiques ... ). Lorsqu'il prend des vacances suffisamment longues, la plupart de ses troubles s'améliorent. 

   Les troubles bucco-dentaires reflètent l'état de la fonction digestive.  Troubles fonctionnels d'abord à type d'éliminations muqueuses ou par suite de la congestion veineuse d'origine portale, puis atteinte de la nutrition du parodonte avec un début d'alvéolyse, gingivite de plus en plus ulcéreuse, premiers pas vers une parodontopathie véritable, NUX VOMICA est alors dépassé au profit d'un autre médicament.  D'une manière générale, NUX VOMICA complète ou fait suite à SULFUR, dont il est le remède d'aggravation du système nerveux et de l'appareil hépato-digestif.  Si ces deux médicaments sont complémentaires, ils sont des modalités différentes.  La thermophobie de SULFUR, puis son instabilité thermique sont ici remplacées par une hypersensibilité au froid et aux courants d'air froid, qui déclenche certains troubles comme la rhinite améliorée au grand air et aggravée dans une chambre chaude. 

  NUX VOMICA peut ainsi jouer un rôle curatif sur les troubles gingivaux, mais surtout préventif sur l'évolution vers une parodontopathie, en agissant sur la cause profonde, les troubles hépato-digestifs et la congestion portale.  Il faut commencer le traitement par une 7 CH une ou deux fois par jour pendant les troubles aigus, puis espacer les prises en élevant la dilution et en recherchant surtout le complémentaire de fond, SULFUR dans une évolution favorable (et dont les troubles sont plus anciens) ou LYCOPODIUM ou ARSENICUM ALBUM en cas d'aggravation. 

Remarque: IRIS VERSICOLOR se montre très utile, comme complémentaire de SULFUR ou de NUX VOMICA dans les inflammations de la muqueuse buccale avec une sensation de brûlure intense, qui peut se retrouver tout le long du tractus digestif, accompagnées souvent de migraines, de dyspepsie acide.
 

  LYCOPODIUM

     Bien que végétal, ce médicament a une action très profonde sur l'organisme, tout d'abord en raison de son tropisme pour le foie dont il perturbe progressivement toute les fonctions (métabolisme de l'acide urique, de l'urée, du cholestérol), puis du fait de son action sur le rein, sur l'appareil génital et enfin sur les émonctoires comme la peau et les muqueuses, sans oublier bien sûr ses conséquences sur le psychisme. 

1/    Les signes bucco-dentaires: 

· Langue sèche, blanchâtre, avec des petites vésicules à la pointe.

· Gencives enflées et douloureuses, dents très sensibles, pyorrhée. (VANNIER et POIRIER).

· Herpès croûteux et pruriant aux commissures labiales.

· Mauvaise haleine le matin principalement.

· Sécheresse de la bouche et de la langue (sans soif - signe inconstant) ... Langue sèche, noirâtre, crevassée, cloques ou aphtes sur la langue.  Dents jaunâtres, sensibles au toucher; mal de dents avec enflure de la joue, soulagé par les applications chaudes.

· KENT ne signale dans sa Matière Médicale qu'un gonflement des parotides ou des sous-maxillaires, avec tendance à la suppuration.

2/   Le contexte général et commentaires: 

LYCOPODIUM est encore un exemple de médicament ayant des signes pathogénétiques bucco-dentaires banals et un usage clinique très important en pratique stomatologique. 

Le point d'impact principal de LYCOPODIUM est le foie, la cellule hépatique et les troubles apparaissent progressivement, allant d'une simple surcharge hépato-digestive à une véritable atteinte lésionnelle du foie.  Aussi est-il normal de décrire plusieurs tableaux de LYCOPODIUM, selon le stade évolutif.  Et la muqueuse buccale ne fait que refléter l'atteinte générale. 

Dans un premier temps, le patient type LYCOPODIUM vient consulter soit pour une éruption d'herpès au coin des lèvres, soit pour une aphtose buccale, soit pour une gingivite érythémateuse banale, mais récidivante, périodique.  Ces troubles s'accompagnent souvent d'une sensation de sécheresse buccale ou d'une mauvaise haleine matinale.  L'interrogatoire met souvent en évidence un mode de vie sédentaire, quelques troubles digestifs à type de dyspepsie flatulente. 

Dans un deuxième temps, le patient vient consulter toujours pour les mêmes raisons, mais les troubles semblent plus tenaces.  L'herpès croûteux des commissures revient plus souvent, la gingivite est devenue ulcéreuse, la gingivorragie est apparue, il peut y avoir des poussées de vésicules brûlantes dans la bouche ou sur la langue.  Des caries sont apparues, alors que ce patient en avait peu jusque-là.  Les troubles digestifs sont plus importants et plus fréquents.  La dyspepsie flatulente est plus manifeste: ballonnement aussitôt après le repas, mais bien plus importante entre 16h et 20h (en fait en fin d'après-midi).  La constipation, épisodique depuis des mois, devient plus gênante avec des faux besoins urgents et inefficaces.  Des poussées d'hémorroïdes entraînent des douleurs, du saignement, de la mauvaise humeur (tous signes qui rappellent Nux vomica).  Des maux de tête perturbent la vie, améliorés en mangeant.  Ce patient avoue toujours un appétit franc, mais est vite rassasié, comme si les premières bouchées lui coupaient l'appétit: il est toujours attiré par les sucreries.  La somnolence postprandiale devient gênante parce qu'il n'a pas le temps de faire une sieste, ce qui l'énerve.  D'ailleurs tout l'énerve, il est rapidement irrité, a une attitude cassante ou méprisante avec sa secrétaire et avec ses subordonnés.  Tous ces signes sont très proches de NUX VOMICA, mais les modalités générales les distinguent souvent.  LYCOPODIUM a une latéralité droite dominante.     

2/   Le contexte général et commentaires: 

LYCOPODIUM est encore un exemple de médicament ayant des signes pathogénétiques bucco-dentaires banals et un usage clinique très important en pratique stomatologique. 

Le point d'impact principal de LYCOPODIUM est le foie, la cellule hépatique et les troubles apparaissent progressivement, allant d'une simple surcharge hépato-digestive à une véritable atteinte lésionnelle du foie.  Aussi est-il normal de décrire plusieurs tableaux de LYCOPODIUM, selon le stade évolutif.  Et la muqueuse buccale ne fait que refléter l'atteinte générale. 

Dans un premier temps, le patient type LYCOPODIUM vient consulter soit pour une éruption d'herpès au coin des lèvres, soit pour une aphtose buccale, soit pour une gingivite érythémateuse banale, mais récidivante, périodique.  Ces troubles s'accompagnent souvent d'une sensation de sécheresse buccale ou d'une mauvaise haleine matinale.  L'interrogatoire met souvent en évidence un mode de vie sédentaire, quelques troubles digestifs à type de dyspepsie flatulente. 

Dans un deuxième temps, le patient vient consulter toujours pour les mêmes raisons, mais les troubles semblent plus tenaces.  L'herpès croûteux des commissures revient plus souvent, la gingivite est devenue ulcéreuse, la gingivorragie est apparue, il peut y avoir des poussées de vésicules brûlantes dans la bouche ou sur la langue.  Des caries sont apparues, alors que ce patient en avait peu jusque-là.  Les troubles digestifs sont plus importants et plus fréquents.  La dyspepsie flatulente est plus manifeste: ballonnement aussitôt après le repas, mais bien plus importante entre 16h et 20h (en fait en fin d'après-midi).  La constipation, épisodique depuis des mois, devient plus gênante avec des faux besoins urgents et inefficaces.  Des poussées d'hémorroïdes entraînent des douleurs, du saignement, de la mauvaise humeur (tous signes qui rappellent Nux vomica).  Des maux de tête perturbent la vie, améliorés en mangeant.  Ce patient avoue toujours un appétit franc, mais est vite rassasié, comme si les premières bouchées lui coupaient l'appétit: il est toujours attiré par les sucreries.  La somnolence postprandiale devient gênante parce qu'il n'a pas le temps de faire une sieste, ce qui l'énerve.  D'ailleurs tout l'énerve, il est rapidement irrité, a une attitude cassante ou méprisante avec sa secrétaire et avec ses subordonnés.  Tous ces signes sont très proches de NUX VOMICA, mais les modalités générales les distinguent souvent.  LYCOPODIUM a une latéralité droite dominante. 

Dans un troisième temps, le patient a beaucoup changé, et d'abord physiquement.  Il a maigri, sauf du ventre.  Il a vieilli, il semble fatigué, émacié, il a perdu sa chaleur vitale habituelle, mais garde un regard vif et pénétrant.  Les troubles buccaux sont beaucoup plus graves avec une véritable parodontopathie, une gingivite ulcéreuse, des poches qui suppurent de temps en temps, plusieurs dents sont réellement menacées, surtout celles du bloc antérieur supérieur et inférieur. 

L'état général est atteint: l'effort intellectuel est devenu difficile, la mémoire baisse, le patient manque de plus en plus de confiance en lui-même.  Les examens de laboratoire sont mauvais: augmentation de l'urée, du cholestérol, de l'acide urique, baisse de l'urée urinaire, augmentation des triglycérides, des acides gras, manifestations d'hypertension artérielle, d'athérosclérose, etc ... La peau est devenue sèche, ridée, pruriante, avec des éruptions diverses (eczéma derrière les oreilles, acné, furoncles, naevi, varicosités ... ). 

L'explication diathésique est assez simple.  LYCOPODIUM est l'un des principaux remèdes du mode réactionnel psorique (l'un des trois antipsoriques avec CALCAREA CARBONICA et SULFUR selon HAHNEMANN).  Son indication intervient lorsque la sédentarité et les excès alimentaires ont fini par atteindre la fonction hépatique.  Celle-ci est atteinte progressivement avec des périodes de réactions sthéniques au cours desquelles on peut voir l'indication de NUX VOMICA ou de SULFUR (comme remède de fond). Puis l'atteinte hépatique devient plus importante en même temps que les émonctoires tendent à faiblir.  LYCOPODIUM est indiqué dès le début, mais encore davantage lorsque les troubles s'aggravent et retentissent sur la nutrition générale.   

La bouche ne fait que refléter la dégradation de l'état général ou de ce que l'on appelle la décompensation.  Au début, la gingivite représente ou participe aux éliminations typiquement psoriques, c'est-à-dire sthéniques, tapageuses, mais efficaces avec retour à l'état normal rapide et amélioration de l'état général.  A ce stade LYCOPODIUM doit être comparé à d'autres remèdes déjà évoqués, mais il faut se rappeler que tous les troubles sont encore réversibles, par un traitement approprié, par un régime alimentaire adapté aux besoins, par une action sur les causes buccales éventuellement. 

Lorsque l'atteinte hépatique est plus importante, les troubles généraux et buccaux deviennent plus lésionnels et progressivement moins facilement réversibles, puis irréversibles.  LYCOPODIUM peut alors être comparé ou complété par d'autres médicaments: LACHESIS, AURUM METALLICUM, ARSENICUM ALBUM, PHOSPHORUS ... Sans oublier HEPAR SULFUR pour les processus suppurés, notamment les poches parodontales.  R. ZISSU signale que lorsque HEPAR SULFUR est donné pour des suppurations chez un sujet LYCOPODIUM, la prise du premier entraîne une diminution de l'azotémie. 

La prescription de LYCOPODIUM est souvent délicate, en raison de l'état des émonctoires naturels ou de suppléance.  Chez un sujet décompensé, il faut être très prudent et très souvent, le traitement sera confié au médecin, car les troubles dentaires ne sont que la conséquence de l'état général. 

LACHESIS 

Médicament d'origine animale, le venin du serpent sururucu ou Lachesis mutus a une action particulièrement toxique. 

1/  Les signes bucco-dentaires: 

·      Gencives molles, spongieuses, saignant facilement; quand cela se trouve,  souvent Lachesis suit bien Mercurius et si les gencives deviennent pourpres, 1'indication est renforcée dans le sens de Lachesis" (NASH cité par   LATHOUD).

·      Aphtes, ulcérations avec brûlure et cuisson (BOERICKE).

·      Stomatite, gingivite, angine de Vincent ... (H. DUPRAT).

·      Ulcérations gangreneuses de la bouche; gangrène des gencives; ulcérations expansives de la bouche, ulcérations malignes. Saignement, hémorragies de sang noir dans la bouche, ou après extraction. (BROUSSALIAN). 

2/    Le contexte général et commentaires: 

       Ce médicament est d'usage très fréquent au cabinet dentaire.  Quel que soit le type sensible  du patient auquel il s'adresse, il y a un certain nombre de signes, de symptômes et de modalités caractéristiques qu'il est indispensable de retrouver: 

·        Alternance de dépression matinale (deuxième partie de la nuit, réveil, matinée) et d'excitation vespérale (et première partie de la nuit). 

·        Aggravation par l'arrêt d'un écoulement physiologique ou pathologique, et inversement amélioration par un écoulement, physiologique (règles) ou pathologique. 

·        Latéralité gauche dominante: les troubles sont pires du côté gauche ou commencent à gauche et évoluent de gauche à droite (tout le contraire de LYCOPODIUM). 

·    Hypersensibilité tactile entraînant une intolérance à la constriction: vêtements serrés au niveau du cou et de la taille. 

A partir de ces signes très importants, complétés par d'autres, l'usage clinique de LACHESIS permet de préciser les sujets les plus sensibles à l'action de ce venin, ou plutôt ceux chez qui il se trouve le plus souvent indiqué. 

La femme et la ménopause climatérique: 

En dehors de la castration chirurgicale, la ménopause évolue par paliers (ménopause climatérique) , les muqueuse gingivale et buccale présentent différents troubles pathologiques au gré de l'état général.  La diminution des hormones sexuelles entraîne une atrophie de 1'épithélium gingival, une involution des acini des principales glandes salivaires, le tout aboutissant à une gingivite érythémato-oedémateuse desquamative avec hyposialie, cette dernière pouvant être à l'origine de douleurs brûlantes.  Les répercussions cardio-vasculaires expliquent les gingivorragies.  Dans certains cas, les troubles du comportement retentissent sur la pathologie buccale, les douleurs constituent des stomatodynies, et l'inefficacité des traitements chimiques entraîne petit à petit une véritable cancérophobie (THUYA).  Enfin, le ralentissement endocrinien peut expliquer l'évolution de la gingivite vers une véritable parodontopathie avec des poches suppurées, alvéolyse, dénudation gingivale, etc ...

On trouve l'ensemble de ces troubles dans la pathogénésie de LACHESIS avec la progressivité dans l'aggravation qui permet une action précoce, avec une évolution classique de SULFUR à LACHESIS, par le biais notamment de la suppression des éliminations que représente la ménopause. 

Le choix de LACHESIS est assez facile à mettre en évidence: bouffées de chaleur avec tête chaude, thermophobie (chaleur confinée), céphalées congestives intolérance à toute constriction (col largement ouvert), palpitations violentes avec angoisse, sensations de constriction précordiale, ecchymoses au moindre choc, sommeil perturbé par des cauchemars (manque d'air, morts, d'enterrements dont le sien, ... ). Les troubles du comportement sont explicites. Au cours des périodes de dépression, on constate de la tristesse, de l'abattement, une jalousie excessive, surtout vis-à-vis du conjoint, une peur de la folie, la conviction d'être persécutée. Au cours des périodes d'excitation, on trouve une loquacité extrême avec incohérence, une agitation physique et mentale en fin d'après-midi, le soir, au début de la huit, avec vanité, autoritarisme, manie religieuse, etc ... A cela s'ajoute, très souvent, une "persécution" du praticien qui se trouve, au moment de la consultation, agressé par un débordement de discours, de détails, de réponses aux questions aussi longues et embrouillées que certains discours politiques, puis lorsque la patiente est rentrée chez elle, des persécutions téléphoniques au cours desquelles cette femme donne de nouvelles explications et apportent d'autres précisions sur  des symptômes ou des troubles qu'elle a oubliés de décrire lors de la consultation. 

LACHESIS couvre toute cette période, parfois au début associé à SULFUR, dès lors qu'il supporte mal les blocages éliminatoires puis par d'autres remèdes selon la symptomatologie. L'arrêt progressif des règles constitue bien un blocage éliminatoire.   Au début, la patiente peut venir consulter pour des gingivorragies abondantes les jours précédents les règles, qui disparaissent avec aussitôt leur apparition.  Ou pour une aphtose buccale ou pour une gingivite érythémateuse.  Ensuite, progressivement, la gingivite devient de plus en plus ulcéreuse.  Si les causes locales le permettent, une ou plusieurs poches peuvent apparaître, avec une tendance à la suppuration, dans un contexte de gingivite ulcéreuse hémorragique: Théoriquement, il devrait exister une latéralité gauche prédominante, qui reste à vérifier par des radiographies panoramiques lorsque l'alvéolyse a commencé. 

Donné en temps utile, LACHESIS donne d'excellents résultats, souvent spectaculaires sur l'état buccal.  Bien entendu les troubles buccaux sont rarement isolés, il est donc normal de demander la Collaboration du médecin. 

L'alcoolique: 

LACHESIS est l'un des médicaments homéopathiques de l'alcoolisme chronique dont 1es conséquences sur 1 'appareil digestif d'abord, puis sur 1 'ensemble de 1 'organisme sont bien connues.  Au stade LACHESIS, le patient présente les deux phases d'excitation vespérale et la dépression matinale, les troubles hépato-digestifs sont ici plus marqués. inappétence, soif et désir d'alcool, foie douloureux et hypertrophié, nausées, hoquet, vomissements, sensibilité de la région épigastrique, mauvaise haleine, langue chargée, gingivite ulcéreuse très hémorragique, constipation opiniâtre, hémorroïdes procidentes, douloureuses ou diarrhée fétide et irritante par périodes. 

Si l'on reçoit le patient le matin, il est alors de mauvaise humeur, bredouille les réponses, ne se sent pas bien, radote, tremble de tous ses membres. le soir, il semble plus en forme, parle d'abondance, il peut être agité, voire agressif. 

L'état buccal reflète celui de l'état général: gingivite ulcéreuse périodique au début avec gingivorragies, "bouche sale" par manque d'hygiène, dépôts crémeux blanchâtres sur les dents, tartre abondant, puis des poches apparaissent avec des ulcérations plus ou moins profondes, hypersalivation nauséabonde, etc ... 

LACHESIS couvre encore ici les différentes étapes, on en retrouve les principaux signes.  Il faut parfois compléter son action par d'autres médicaments selon le contexte clinique: SULFUR et NUX VOMICA très souvent, NITRI ACIDUM, MERCURIUS, THUYA, PHOSPHORUS, AURUM METALLICUM, LYCOPODIUM ... Très souvent, on trouve une évolution physio-pathologique tant sur le plan général qu'odonto-stomatologique depuis le stade fonctionnel initial marqué par 1'indication de SULFUR et de NUX VOMICA, au stade de 1 'atteinte hépatique et glandulaire avec LYCOPODIUM et LACHESIS, puis au stade lésionnel de 1 'hépatocyte avec PHOSPHORUS. 

Les autres cas: 

LACHESIS n'est pas indiqué exclusivement chez la femme ménopausée ou chez 1'alcoolique que.  Il donne de bons résultats chez 1'hypertendu congestionné, chez des sujets présentant des congestions diverses: foie, tête, ovaires, etc ... chez lesquels on retrouve les principaux signes, dont les signes buccaux, dominés par la tendance hémorragique (gingivorragies, hémorragie per et postopératoire, hémorragie de la pulpectomie ... ). 

La posologie tient compte du contexte clinique.  En raison de la toxicité du venin, les basses dilutions surtout répétées sont à proscrire (jamais en dessous de la 7 CH).  A notre avis, il faut toujours commencer le traitement par une moyenne dilution, 7 CH une à deux fois par semaine, et ensuite moduler la dilution et la répétition des prises selon le résultat. 

S E P I A 

L'encre de seiche est une substance complexe, riche en divers éléments minéraux, dont le chlorure de sodium (NATRUM MURIATICUM), des sels de calcium et de magnésium, de la silice, du cuivre et pigments (dont la mélanine) ... Son action sur l'organisme est par conséquence variée, complexe, étendue, au point que M. GUERMONPREZ affirme que "SEPIA agit comme un véritable stimulant hormonal non spécifique". 

1/  Les signes bucco-dentaires: 

· Bouche sèche, lèvres gonflées le matin, surtout la lèvre inférieure avec craquelures et herpès. Chaque chose a un goût trop salé.

· Carie dentaire avec douleurs aiguës aggravées de 18h à minuit, empêchant le sommeil. Pyorrhée. (VANNIER et POIRIER).

· Les gencives se rétractent en découvrant les dents.

· Mal de dent et névralgie dentaire en prenant froid. (KENT).

· Les dents se gâtent rapidement ...

· Branlement des incisives inférieures..

· Toutes les dents deviennent branlantes et douloureuses, la gencive saigne aisément ... Gonflement douloureux de la gencive, ulcération de la gencive ... Saignement de la gencive, presque sans cause (HAHNEMANN) 

2/  Le contexte général et commentaires: 

L'action de SEPIA s'exerce électivement sur le système circulatoire (stase veineuse a polarité portale, retentissement congestif hépatique ... ), sur les tissus élastico-conjonctifs (élastopathies: ptoses, varices, hypokinésie), sur les muqueuses (irritation et catarrhes), sur la peau (dermatoses ,,variées) et sur le système nerveux (comportement). 

Les maladies parodontales découlent directement de la congestion veineuse porto-hépatique, comme dans PULSATILLA (congestion veineuse généralisée), mais avec dans SEPIA une nette aggravation du fait de la localisation.  Cette atteinte de la circulation de retour résulte le plus souvent d'un mode de vie défavorable, sédentaire avec ses excès alimentaires ( dont l'alcool) et de toxiques (dont le tabac).  Sont aussi incriminés: les excès sexuels, la colibacillose, la blennorragie, et chez la femme la ménopause, les grossesses, les avortements. 

Dans SEPIA, l'atteinte hépatique est assez importante, bien que progressive mais toutes les fonctions du foie sont concernées: fonction biliaire avec hypocholie ou acholie, passage dans le sang des sels biliaires donnant un teint bistre et taches marrons ou brunes dites hépatiques; fonction glycogénique avec perturbations du métabolisme des glucides (désir de sucreries), fonction uro-poïétique avec augmentation de l'acide urique dans le sang (douleurs rénales), dysurie ... Le résultat en est une dyspepsie atonique: digestion lente et pénible, sensation de vide au creux épigastrique vers 10-11 h du matin, non améliorée en mangeant (parce qu'il s'ajoute souvent une ptose gastrique), nausées le matin à jeun ou à la vue des aliments, dysgueusies, langue sale et gardant l'empreinte des dents (sauf au moment des règles, la langue redevient propre), aversion pour les graisses (qui sont mal digérées), la viande, la bière, le pain, le lait (ce dernier provoque de la diarrhée), constipation due sans doute à l'hypocholie, avec sensation de pesanteur, d'une boule lourde dans le rectum, selles dures, noueuses, qui s'accumulent et ne sont que partiellement évacuées, hémorroïdes suintantes, saignantes, avec élancements douloureux, varices ... 

Chez la femme s'ajoute une congestion utéro-ovarienne avec sensation de pesanteur pelvienne, sensation que l'utérus est tiré vers le bas, tendance à la ptose utérine ou rectale, douleurs sacro-lombaires, besoin de s'asseoir et de croiser les jambes, jambes lourdes; règles irrégulières accompagnées de nombreux troubles: céphalée, douleurs dentaires ... 

En dehors des troubles hépato-digestifs ou génitaux, la congestion veineuse peut expliquer les bouffées de chaleur avec transpiration et sensation de malaise, de défaillance; sensation de froid au sommet du crâne ou entre les épaules. 

La constipation exprime déjà une tendance au blocage émonctorial, elle s'aggrave petit à petit, en même temps que l'organisme tente des éliminations par les voies de suppléance: peau et muqueuses.  Au niveau de la peau, outre les taches dites hépatiques, le sujet SEPIA a une peau atone, terreuse, de mauvaise odeur, des sueurs irritantes et fétides, localisées (aisselles, pieds). "SEPIA transpire difficilement et aux endroits où il est le plus facile de transpirer" R. ZISSU).  SEPIA a également des éruptions (cataméniales), le plus souvent vésiculeuses, notamment autour de la bouche, aux plis articulaires, aux régions génitales, avec prurit puis brûlure, et parfois ulcérations.  Les muqueuses sont le siège d'inflammations, avec catarrhes irritants, de mauvaise odeur. 

Dans ce contexte, le mode réactionnel psorique est évident.  Les troubles parodontaux s'y inscrivent, avec d'abord la tendance aux gingivorragies, traduisant la congestion veineuse.  Comme dans PULSATILLA, la répétition de ces états congestifs favorise l'évolution vers la maladie parodontale, après des épisodes de gingivites ulcéreuses et hémorragiques.  Heureusement, il y a progression dans l'évolution des signes, tendance à la chronicité des troubles, gingivo-parodontaux entre autres.  Ce qui peut permettre, dans certains cas de consultation en temps utile, une action efficace. 

Un autre aspect de SEPIA est la tendance aux élastopathies, expliquant les varices (par congestion veineuse et relâchement des fibres élastiques des parois veineuses), les ptoses à différents niveaux (estomac, rectum, utérus, paupières ... ). Cet aspect physio-pathologique indique SEPIA dans certains troubles luétiques.  La gencive comprend des fibres élastiques, sont-elles concernées elles aussi par la tendance au relâchement ? En tout cas, cela expliquerait certaines formes graves chez des sujets SEPIA. 

La présence de troubles hépato-digestifs acquis par le mode de vie sédentaire et les difficultés éliminatoires expliquent d'abord le mode psorique, car on retrouve dans l'anamnèse les alternances de troubles cutanés et muqueux.  Puis avec le blocage éliminatoire, les troubles tendent à la torpidité, à la chronicité, et évoquent alors le mode sycotique, confirmé progressivement par l'apparition de productions type papillomes, polypes, par la persistance de dermatoses comme le psoriasis, l'apparition de mycoses ou de candidoses ... 

L'insuffisance hépatique, surtout chez l'enfant, évoque le mode tuberculinique.  Ainsi, SEPIA est-il un remède poly-diathésique.  La mise en œuvre du mode tuberculinique chez l'enfant explique un signe souligné déjà par HAHNEMANN: la tendance aux caries dentaires d'évolution rapide et globale. 

Malgré l'importance des signes somatiques, déjà caractéristiques sur bien des plans, il est indispensable de confirmer l'indication de SEPIA par ses signes psychiques et par son comportement.  SEPIA est asthénique, dépressif, triste, progressivement indifférent à tout et à tous, notamment à son entourage familial, avec un besoin de solitude, de se replier sur lui-même, avec aggravation par les tentatives de consolations qui l'exaspèrent, en même temps que naît un sentiment de remord sur ses manquements à ses devoirs (vis-à-vis du conjoint ou des enfants).  Sur ce fond dépressif, des périodes d'irritabilité, de colères pour des futilités traduisent un état d'excitation, généralement de courte durée, et fréquent chez la femme au moment des règles, qui sont une période difficile. 

La pratique montre la fréquence de l'indication de SEPIA pour les troubles gingivaux et parodontaux au moment de la grossesse, après la grossesse et durant la ménopause climatérique (les règles, même pénibles, constituent sans doute une élimination favorable chez une psorique). 

De plus, l'expérience clinique montre que des résultats surprenants peuvent être obtenus avec SEPIA dans des cas où la logique imposerait des avulsions en nombre.  Notamment, au cours ou après la ménopause, chez des femmes psychologiquement fragiles, chez lesquelles des avulsions seraient ressenties comme une mutilation qui s'ajouterait déjà aux conséquences de la ménopause.  SEPIA se montre efficace comme remède d'accompagnement des solutions chirurgicales, ou même comme solution palliative dans l'attente d'un moment psychologique plus opportun. 

Sa prescription ne pose pas de problème si l'on tient compte du blocage éliminatoire.  Dans ce cas, il semble préférable de commencer le traitement par une 7 CH deux à trois fois par semaine, durant un temps suffisant permettant d'ailleurs la remise en état satisfaisant de la denture.  Ensuite, la posologie peut être adaptée selon l'évolution et surtout selon le contexte clinique, complexe et variable d'un patient à un autre en raison des différentes tendances diathésiques. 

NATRUM SULFURICUM 

On peut opposer la tendance à la rétention hydrique du sulfate de soude à la tendance inverse du chlorure de sodium. 

1/ Les signes bucco-dentaires: 

· Mucus épais, tenace et visqueux, goût amer.

· Sécheresse brûlante de la bouche comme par du poivre. Les gencives brûlent comme du feu, elles sont rouges, ulcérées.

· Les dents deviennent branlantes et tombent facilement.

· Langue recouverte d'un enduit gris vert ou vert brun ou langue en "carte de géographie" ... (LATHOUD).

· "Il se forme beaucoup de mucus dans la bouche et dans la gorge. Ptyalisme. Rétractions des gencives et déchaussement des dents, qui tombent, dans les états sycotiques. Eruptions de vésicules brûlantes sur la lèvre inférieure et autour de la bouche..." (KENT). 

2/    Le contexte général et commentaires: 

       Alors que NATRUM MURIATICUM s'annonce par des signes de sécheresse, par la soif et le désir de sel, NATRUM SULFURICUM se manifeste par une sensibilité inhabituelle à l'humidité et au froid humide.  Dans son ouvrage "Homéopathie et Physiologie" (Baillière et Similia - réédition 1983); G. HODIAMONT écrit: "Le rôle capital du sulfate de soude dans le métabolisme de l'eau, l'état hydrogénoïde d'un individu qui peut être poussé jusqu'aux extrêmes, fait que toute maladie, quelle qu'elle soit, quelle que soit sa localisation ou l'étiquette clinique que l'on pose, lorsque l'aggravation par l'humidité est très marquée, doit faire penser à rechercher les symptômes de Natrum sulfuricum". 

Bien avant, plusieurs mois, voire plusieurs années avant "que les dents deviennent branlantes et tombent facilement", ce médicament s'annonce par la sensibilité à l'humidité surtout au froid humide, et le patient vient consulter son dentiste soit pour une aphtose banale, soit pour une gingivite érythémateuse, soit pour des douleurs brûlantes imprécises, soit pour des névralgies dentaires, en général bilatérales et variables dans leur expression.  "Docteur, j'ai mal à toutes mes dents", c'est ce que l'on entend souvent.  Ou encore une autre réflexion fréquente: "Docteur, je viens vous voir parce que j'ai des aphtes.  Avant, j'en avais une ou deux fois par an et ils passaient vite; mais depuis quelques temps, ils reviennent plus souvent et durent bien plus longtemps".  Souvent, les patients n'ont pas encore remarqué que leurs douleurs (surtout) apparaissent par temps humide et froid.  Mais ils ont noté que le froid humide ne les laisse plus indifférents, comme autrefois,  qu'ils le sentent arriver par de vagues douleurs dans les articulations. 

En fait, tous ces troubles s'expliquent par la mise en œuvre du mode sycotique dans son étape hydrogénoïde, c'est-à-dire la période d'imbibition hydrique, de rétention d'eau dans les espaces péri-cellulaires avec ralentissement des échanges.  Certes, au début, les patients n'ont pas encore de modifications morphologiques, qui vont se développer progressivement pour aboutir longtemps après à une silhouette empâtée, infiltrée, parfois d'une manière intense (voir la photographie d'un tel sujet dans l'ouvrage de J. JOUANNY "Notions essentielles de thérapeutique homéopathique" Boiron 1977 - p.59). 

Au stade initial, les douleurs dentaires (entre autres, mais celles-ci concernent le dentiste) sont imprécises en dehors de l'apparition et de l'aggravation par temps humide.  Plusieurs autres médicaments doivent être comparés, souvent complémentaires: DULCAMARA le plus fréquent (à notre avis), avec sa sécheresse buccale, sa gingivite ulcéreuse, ou ARANEA DIADEMA avec sa névralgie faciale ou trigéminale revenant chaque jour à la même heure ou encore RHODODENDRON ou enfin RHUS TOXICODENDRON qui a aussi une névralgie, une gingivite ulcéreuse, une sécheresse buccale. 

L'indication d'un de ces médicaments et de NATRUM SULFURICUM plus particulièrement, doit inciter à rechercher les causes habituelles du mode sycotique et à les neutraliser si possible, avec l'aide du médecin traitant homéopathe.  Car il est important, sur tous les plans, de bloquer l'évolution vers le mode sycotique, dont les troubles sont plus tenaces et plus résistants. 

Hélas, on peut voir le patient en consultation pour des troubles bucco-dentaires déjà plus lésionnels.  En général, ce patient présente alors les signes les plus caractéristiques de NATRUM SULFURICUM, dont la morphologie imbibée (cuisses, hanches, abdomen ... ). La rétention d'eau peut expliquer de nombreux signes: doigts bouffis le matin (la bague ne sort plus facilement, comme le soir), diarrhée après le petit déjeuner, tristesse et tendance dépressive lorsque le temps est humide (ce qui aggrave la rétention) ... Les troubles hépato-vésiculo-digestifs sont fréquents et peuvent être à l'origine de l'évolution psoro-sycotique: inappétence, soif, bouche pâteuse, langue sale, foie gros et douloureux, douleur pire couché sur le côté gauche, flatulence avec borborygmes, coliques venteuses, digestion lente, nausées, régurgitations acides, digestion difficile des féculents.  Le matin, le malade est tiré du lit par des borborygmes et après son petit déjeuner et après avoir remué (comme si ces deux situations favorisaient une mobilisation de l'eau ayant stagnée durant le sommeil), une diarrhée apparaît brusquement, avec des selles aqueuses, jaunâtres, évacuées en jets bruyants avec de nombreux gaz qui soulagent le ballonnement.  Mais la constipation existe, avec des selles dures, noueuses, grosses.

La gingivite peut très bien s'inscrire dans cet ensemble digestif, interprétée comme une élimination muqueuse.  Elle a déjà quelques caractères sycotiques par un début de torpidité, "elle ne passe aussi vite qu'autrefois". 

L'aggravation de la gingivite et le développement d'une véritable parodontopathie accompagnent l'atteinte générale de la nutrition, avec un ralentissement métabolique.  Les éliminations cutanées sont devenues, elles aussi, typiquement sycotiques: peau jaune, terreuse, pruriante, verrues (cuir chevelu, face, paupières, parties génitales, anus..), condylomes génitaux, autres manifestations tumorales, dont l'épulis.  L'atteinte des séreuses, notamment articulaires traduit un blocage éliminatoire des autres émonctoires: douleurs articulaires, arthrites, myalgies, craquements, enraidissement, le tout aggravé par l'humidité et amélioré par le mouvement lent et continué, sauf au début. 

Les muqueuses respiratoires (irritation catarrhale avec excrétions jaunâtres épaisses, verdâtres) et génito-urinaires (urétrorrhée, leucorrhée ... ) traduisent la prédilection du mode sycotique pour ces localisations.  Enfin, le moral est toujours concerné: la dépression domine avec la mélancolie, la tristesse, les pleurs faciles (en écoutant de la musique, par exemple), le besoin de solitude pour ressasser ses malheurs ... et des manifestations d'irritabilité, de mauvaise humeur (surtout le matin, améliorée après la selle), l'hypersensibilité sensorielle (bruits ... ). 

Ainsi petit à petit se développe un état d'atteinte nutritionnelle profonde avec parfois une hypothyroïdie), dont les répercussions sur l'appareil dento-parodontal expliquent l'apparition progressive d'une alvéolyse, avec parodontopathie mutilante.  Heureusement, il se passe généralement du temps entre les premières manifestations de sensibilité à l'humidité dont les douleurs dentaires peuvent être le signal d'alarme, et les parodontopathies graves.  Il faut alors ne pas manquer 1 'indication de ce remède à une époque où la pathologie est encore facilement réversible.  Ensuite, si le patient vient consulter trop tard, il est bien évident que, si NATRUM SULFURICUM reste encore indispensable, le traitement est plus difficile parce que le potentiel réactionnel du patient peut être plus ou moins profondément atteint. 

T H U Y A 

Thuya occidentalis est le remède central du mode sycotique, parce sa pathogénésie l'indique aussi bien dans les troubles de la phase hydrogénoïde, que dans ceux de la phase scléreuse. 

1/   Les signes bucco-dentaires: 

·      Irritation de la muqueuse buccale avec aphtes.  Langue saburrale, très sensible à la pointe.  Varicosités dans la bouche, surtout sous la langue.  Grenouillette.

·      Les dents se déchaussent et sont très sensibles, caries des collets radiculaires.  Ou caries dentaires aux collets peu après l'éruption. Ou encore dents cariées seulement sur le bord tranchant (Staphysagria).

·      DUPRAT écrit textuellement: "Odontalgie; gingivite expulsive; épulis; psoriasis lingual; varices sublinguales; grenouillette". 

2/   Le contexte général et commentaires: 

Les médicaments de fond du mode sycotique ne sont pas très nombreux, au contraire des remèdes de syndromes dans lesquels ce mode est très souvent impliqué.  Comme THUYA "couvre" les deux grandes étapes, son indication est fréquente, d'autant plus que les facteurs susceptibles de provoquer la mise en œuvre du mode sycotique abondent, se multiplient, notamment avec la pollution au sens le plus large (médicaments chimiques particulièrement et les vaccins).  Le mode sycotique est mis en jeu, puis imprime sa marque, à la suite de maladies traînantes, notamment les infections O.R.L. ou génito-urinaires (deux secteurs électifs), de vaccinations répétées, des traitements chimiques opposés à ces troubles, notamment ceux qui agissent sur la réponse immunitaire, dans le sens de la dépression (ce qui entraîne à nouveau une certaine torpidité des troubles, en véritable cercle vicieux). 

Cette "actualité" du mode sycotique, on peut la voir dans l'augmentation des cas de stomatodynies ou de glossodynies, dont THUYA est souvent le remède, de même que NATRUM SULFURICUM ou CAUSTICUM.  La glossodynie se retrouve presque totalement dans la pathogénésie de THUYA avec sa douleur à la pointe de la langue et son contexte dépressif avec sa cancérophobie initiale ou secondaire. 

La Matière Médicale précise pour THUYA: "Les dents se déchaussent, caries des collets radiculaires".  Mais avant la dénudation des racines et leur carie, il se passe du temps. Si la patient vient consulter à ce stade, le traitement par THUYA, complété éventuellement par d'autres médicaments, permet d'espérer une certaine pérennité de la solution chirurgicale.  Heureusement, le patient peut venir à un stade bien antérieur, alors que la parodontopathie n'existe pas ou est encore discrète.  Le traitement homéopathique permet alors une action préventive.  Tout ce que l'on sait du mode sycotique et de ses remèdes de fond les plus importants (THUYA, NATRUM SULFURICUM, CAUSTICUM, mais aussi NATRUM CARBONICUM, LACHESIS, MEDORRHINUM et d'autres), montre à l'évidence le risque potentiel de maladies parodontales.  Aussi, chaque fois que l'on se trouve en présence d'un patient, venant consulter pour une raison quelconque, et que l'on trouve quelques signes de sycose, ou de troubles correspondant à un mode psorique en difficulté, il y a nécessité et utilité pour le patient de proposer un traitement préventif, le plus souvent avec le con cours d'un médecin homéopathe, car le risque bucco-dentaire n'est pas isolé. 

Un sycotique se reconnaît à une multitude de signes, que l'on retrouve à des degrés divers dans THUYA: infiltration hydrique plus ou moins importante (notamment hanches et cuisses), aggravation par l'humidité sous toutes ses formes (modalité inverse à la phase scléreuse, penser alors à CAUSTICUM), tendance aux infections persistantes des muqueuses, aux mycoses rebelles, aux proliférations cellulaires (verrues, condylomes, polypes, molluscums ... ), fréquentes douleurs tiraillantes des articulations avec besoin de s'étirer, etc ... Sur le plan mental, THUYA se distingue par une tendance dépressive et obsessionnelle, avec idées fixes (d'être suivi, d'avoir des membres fragiles d'être surveillé, d'un malheur imminent, d'un corps étranger remuant dans le ventre ... et la fameuse cancérophobie, parfois prémonitoire). 

On décrit dans tous les livres le type sensible de THUYA: cellulite sur tout le corps et surtout aux hanches, face huileuse, avec des rides profondes surtout les sillons naso-géniens, queues des sourcils manquantes, cheveux gras, veines superficielles gonflées et très marquées...Il existe aussi un type maigre, moins fréquent, dont la cellulite est uniquement fessière.

                                       Quel que soit le type, il est fréquent de constater des formations cutanées sur le visage comme (verrues, molluscums ... ). 

La prescription de THUYA peut poser quelques problèmes.  M. GUERMONPREZ écrit textuellement dan s sa Matière Médicale Homéopathique: "Cette pathogénésie décrit la sycose infiltrante et génératrice de tumeurs.  THUYA entretient avec le cancer des rapports qui le rendent dangereux.  On s'en méfiera chez les sujets à risque, chez les cancéreux guéris.  Il semble que toute médication modifiant l'immunité puisse favoriser la sycose et les signes de THUYA.  De même, les thérapeutiques symptomatiques qui laissent évoluer à bas bruit les maladies chroniques: antibiothérapies longues et répétées, corticoïdes, tranquillisants, sédatifs, antalgiques, anti-inflammatoires.  Bref, "THUYA devient, plutôt que Nux vomica, le principal antidote des thérapeutiques modernes en usage au long cours ou excessif". 

PHOSPHORUS 

Le phosphore blanc est une substance présente dans les noyaux cellulaires de toutes les cellules, qui participe à pratiquement tous les métabolismes importants, mais elle est en même temps très toxique, et de cette action toxique découle de nombreuses indications cliniques. 

1/    Les signes bucco-dentaires:      

· Gencives enflammées, œdématiées, ulcérées, très hémorragiques, abcès.  Toute la muqueuse buccale peut être ulcérée, les aphtes saignent facilement.  Aphtes sur la face interne des lèvres et des joues. Lèvres sèches, parcheminées, saignant facilement.

· "Les dents se gâtent rapidement.  Les gencives saignent et découvrent les dents..." (KENT).

· Enflure, hypertrophie du maxillaire inférieur, nécrose du maxillaire inférieur, ostéite du maxillaire inférieur; déchaussement des dents avec gingivorragies faciles .... (BROUSSALIAN). 

2/ Le contexte général: 

La Matière Médicale est très précise: PHOSPHORUS est un médicament très important de gingivite ulcéreuse hémorragique et de parodontopathies, parfois graves.  Le phosphore fait partie des éléments indispensables à la biologie cellulaire, il joue un rôle prépondérant dans l'ostéo-morphogenèse au point que certains auteurs ont donné à la constitution longiligne le nom de "phosphorique".  Le phosphore est aussi un produit très toxique, et cette action peut se produire chez n'importe qui, quel que soit le biotype. 

                      Comme quelques autres médicaments d'action profonde, PHOSPHORUS a    des indications en pathologie aiguë et d'autres en pathologie chronique.  Ainsi, PHOSPHORUS est souvent indiqué dans les syndromes hémorragiques, quels qu'ils soient, il se trouve indiqué aussi bien en cas d'augmentation du temps de coagulation que du temps de saignement.  La gingivite quelle que soit sa forme clinique saigne abondamment.  Dans l'hépatite virale aiguë, l'indication quasi-systématique repose sur la similitude lésionnelle ou anatomo-pathologique et donc sur l'action toxique.  PHOSPHORUS est encore souvent indiqué dans la néphrite hématurique aiguë, dans la pancréatite aiguë, dans la gastro-entérite aiguë, dans les vomissements acétonémiques graves.  Son indication dans ces pathologies est à discuter par rapport à ARSENICUM ALBUM, remède d'états graves également. 

En pathologie aiguë, PHOSPHORUS reste donc un médicament de gingivite ulcéreuse ou de parodontite aiguës et d'évolution grave, très hémorragique, on le donne alors une à deux fois par jour en 7 ou 9 CH. 

Comme remède de fond, PHOSPHORUS peut avoir une action curative et même dans certains cas, une action préventive sur l'évolution d'une gingivite ulcéreuse vers une parodontopathie grave. 

Tout d'abord, PHOSPHORUS peut être un remède de fond de certaines maladies chroniques du foie et des voies biliaires, de préférence chez un adulte d'âge mûr ou chez un vieillard, allant d'une banale insuffisance hépato-biliaire jusqu'à une atteinte profonde par dégénérescence graisseuse.  Il s'en suit des indications fréquentes chez l'alcoolique.  Dans cet ouvrage, les répercussions sur la pathologie gingivale et parodontale des affections hépato-digestives ont été souvent évoquées.  Le choix du remède repose sur les signes locaux, banals en dehors de la tendance hémorragique qui peut surprendre, et sur les signes généraux et digestifs: douleur dans la région hépatique, aggravée couché sur le côté droit, foie et rate hypertrophiées, éventuellement signes d'ictère, constipation par insuffisance biliaire coexistant ou alternant avec une diarrhée par hypercholie ou par entérocolite: diarrhée abondante, indolore, jaillissante, décolorée, parfois brûlante, comportant parfois des graisses ou constipation de petites selles, blanchâtres, dures, expulsées avec efforts (cette alternance s'explique par l'excès ou l'insuffisance biliaire, selon les cas et les périodes).  La tendance hémorragique est encore présente: sang dans les selles, hémorragies digestives. 

PHOSPHORUS peut être indiqué également dans l'insuffisance rénale chronique dont la parodontopathie est l'une des conséquences.  Le choix de ce remède repose sur la présence de quelques signes: hématurie, phosphaturie, albuminurie, augmentation de l'urée et de la créatinine, oligurie, etc ... Parfois ces signes s'inscrivent dans une insuffisance cardio-vasculaire (cœur droit, palpitations violentes, dyspnée intense, ... ), avec petit à petit des manifestations scléreuses à différents niveaux, dont les vaisseaux (céphalée congestive, vertige, hémorragie rétinienne, artériopathies des membres inférieures, etc ... chez le vieillard. 

Cependant, sur un plan moins lésionnel de l'état général, PHOSPHORUS apparaît souvent chez un sujet longiligne jeune (adolescent ou adulte encore jeune), typiquement tuberculinique oxygénoïde, c'est-à-dire ayant un métabolisme accéléré dans le sens des oxydations et du catabolisme cellulaire décrit comme un sympathicotonique, ou un hyperthyroïdien, un hyposurrénalien.  Physiquement élancé, longiligne maigre, un peu voûté, ce sujet a une démarche et des gestes souples et élégants, une intelligence vive et rapide, mais

facilement cyclothymique, hypersensible, hyperémotif, idéaliste exalté et passionné, instable, velléitaire, vite découragé, abattu.  Tout évoque l'image du phosphore qui s'enflamme rapidement avec une flamme intense, brûlante, et qui s'éteint aussi rapidement.  Il y a donc alternances de phases d'excitation (euphorique, optimiste, aimable, sentimental, plein d'idées grandioses, de projets extraordinaires, ayant souvent une très haute estime de lui-même, et donc un comportement  dominateur.  Les émotions provoquent des palpitations, le font trembler, provoquent des sensations de chaleur, une hyperesthésie sensorielle (contact, odeur).  L'éréthisme cardiaque explique la céphalée congestive, avec bouffées de chaleur, battements' artériels.  Ces périodes d'excitation sont suivies rapidement de périodes d'abattement, de dépression, avec apathie, irritabilité, peurs (crépusculaire, obscurité, orage ... ), difficulté pour le travail intellectuel.  Comme tous les oxygénoïdes, ce sujet a un appétit important, avec des fringales, besoin de manger souvent, même la nuit, sous peine de sensation de défaillance.  C'est aussi un sujet instable sur le plan thermique: aggravé par la chaleur (interprétée comme la résultante des nombreuses oxydations exothermiques et la chaleur aggrave les congestions fréquentes dans ce remède); il cherche donc la fraîcheur surtout lorsqu'il a ses extrémités ou sa tête brûlantes, aime les boissons froides ... Mais il est aussi aggravé par le froid, surtout à la phase de dépression, il aime alors se couvrir chaudement. 

Chez un tel sujet, la gingivite peut être interprétée comme une élimination de signification tuberculinique, résultat d'une congestion veineuse passive, elle-même conséquence de troubles qui se sont produits, ayant abouti à des destructions cellulaires dont les déchets encombrent la circulation de retour.  Lorsque la gingivite récidive, il est fréquent, outre la très nette tendance à l'hémorragie, de constater une mobilité dentaire, souvent transitoire (du moins au début), qui est un signe de déminéralisation osseuse, les minéraux étant mobilisés pour les processus de défense tuberculiniques.  Mais la réversibilité ne dure pas éternellement, petit à petit, la déminéralisation tend vers la chronicité, c'est le départ de la parodontopathie, surtout s'il y a sur le plan général, des troubles du métabolisme phosphocalcique.  Une fois encore, l'homéopathie permet une action préventive, curative aussi bien-sûr, tant que le seuil de réversibilité n'a pas été dépassé.  Dans certains cas, on peut commencer le traitement avec PHOSPHORIC ACIDUM, remède très proche, très utile chez l'adolescent épuisé par une longue période de veillées, de travail intellectuel intense.  On peut également compléter l'action de fond de PHOSPHORUS par CALCAREA PHOSPHORICA en deux dilutions, très basses (3 à 6 X trituration avant les repas) et hautes ou moyennes selon la similitude.  Ce tandem donne de bons résultats pour reminéraliser l'os alvéolaire. 

Comme toujours lorsqu'il s'agit de substances particulièrement toxiques, PHOSPHORUS ne doit pas être prescrit en trop basse dilution (en dessous de la 4 CH) ni répété trop souvent.  De plus, la tuberculose évolutive ou récente constitue une contre-indication à la prescription de PHOSPHORUS. 

 

CONCLUSION 

     Dans la présente étude, seuls quelques médicaments ont été détaillés. Ce qui ne signifie pas pour autant qu'ils soient les seuls ! Hélas !!     

     L'indication de ces médicaments autorise l'hypothèse d'une cause de parodontopathies souvent méconnue des "officiels", à savoir = l'insuffisance hépatique, liée le plus souvent à la vie sédentaire, si fréquente aujourd'hui. Sa méconnaissance explique peut-être des récidives, décevantes évidemment pour le patient et pour le praticien, ce dernier pouvant se féliciter à juste titre d'une prouesse chirurgicale. 

     Quoi qu'il en soit des causes réelles ou supposées, en dehors des causes locales bien entendu, la méthode homéopathique doit s'appliquer = résoudre l'équation de la similitude à partir des signes et symptômes du patient, comparés à ceux de la matière médicale. Le reste n'est que conjecture, mais intéressante n'est-ce pas ?

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Dernière modification : 13 novembre 2011