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INDIVIDUALISATION HOMEOPATHIQUE
DANS LES MALADIES AIGUËS

 

Docteur Robert BOURGARIT

 

 

Quelques notions biographiques:

Né à Grenoble le 20 août 1916, décédé en 2007

           

Fils d’un chirurgien-dentiste de Grenoble, il accomplit ses études dans cette ville, y compris ses études médicales pratiques comme médecin interne des hôpitaux de Grenoble, pendant quatre années, suivies d’une année en pédiatrie chez le Pr Bertoye.

            Installé en 1942 comme spécialiste de médecine infantile, il exerce pendant dix ans selon les critères universitaires. Intrigué par les succès des traitements homéopathiques, il s’inscrit aux cours dispensés par P. Schmidt à Lyon et à Genève. Au bout d’une dizaine d’années d’apprentissage théorique et pratique, il inclut l’homéopathie dans sa pratique pédiatrique quotidienne.

Après quelques publications dans les Cahiers du Groupement hahnemannien du Dr Schmidt, il fonde avec Georges  Demangeat, l’Ecole hahnemannienne Dauphiné-Savoie. A sa retraite, il poursuit sont activité de médecin et d’honnête homme en résumant, sur le papier, son expérience de deux façons. La première, éditée chez Marabout, est destinée aux familles: “Soignez votre enfant par homéopathie” (1984) et “Dicoguide de l’homéopathie” (1986). La seconde, publiée chez Maloine, est destinée aux étudiants: “Thérapeutique homéopathique du nouveau-né et du nourrisson” (1987) et “Thérapeutique homéopathique de l’enfant (de 3 à 13 ans)" (1989). 

Notice biographique tirée du « Dictionnaire des auteurs d’ouvrages homéopathiques en langue française » de Olivier Rabanes et Alain Sarembaud (Boiron – 2003).

 

oOo

L'INDIVIDUALISATION d'un malade est un acte diagnostic spécifique de l'homéopathie, qui consiste à déterminer ce qui est particulier à un malade donné, par rapport aux autres malades atteints de la même maladie.

Après avoir fait, comme tout médecin, le diagnostic nosologique d'une maladie, le médecin homéopathe doit reconnaître ce qui est original, chez un malade déterminé, pour en déduire un diagnostic thérapeutique.

* * * * *

C'est là une conception très particulière qu'il sera peut-être plus facile d'assimiler si l'on en comprend :

LE PRINCIPE et LA LOGIQUE

LE PRINCIPE DE L'INDIVIDUALISATION

Il est de donner priorité aux symptômes personnels, originaux, particuliers apparus chez le malade à l'occasion d'une maladie, sur les symptômes communs à tous ceux qui en sont atteints.

Etant donné que dans tout état pathologique l'ensemble de l'économie de l'être vivant est perturbé, cela se manifeste par ce qu'il est convenu de nomme "DES SYMPTÔMES". Or tout malade présente deux ordres de symptômes :

Les uns sont caractéristiques de la MALADIE, ils permettent de la reconnaître, de la décrire et de la retrouver chez tous les individus qui les présentent. Ils permettent de lui donner UN NOM. Ces symptômes sont des symptômes COMMUNS à tous ceux qui sont atteints de cette maladie. Ils peuvent être très violents ou mineurs, objectifs ou subjectifs, lésionnels ou fonctionnels, en tout cas ils doivent être présents chez le malade pour que l'on puisse savoir le nom de sa maladie. Le mot de "commun" n'a rien de péjoratif. Certains peuvent être même tout à fait singuliers, mais en tout cas ils se retrouvent dans la majorité ou la totalité des cas de la maladie considérée.

Les autres sont CARACTÉRISTIQUES DU MALADE, ils peuvent être très différents d'un malade à l'autre, sans pour autant que la maladie soit différente. Ils peuvent être aussi bien objectifs que subjectifs, ils sont très souvent fonctionnels que lésionnels bien qu'il puisse exister de sensibles différences chez les uns et chez les autres à ce niveau lui-même. En tout cas ils ne présentent aucune constance d'un malade à l'autre et ils ne changent rien ni la nature, ni le cours de la maladie qui les provoque. Et cependant :

Il s'agit là de phénomènes cliniques indiscutables.

Ce qui peut être discutable, c'est la VALEUR que l'on attribue, sur le plan médical en général et sur le plan thérapeutique en particulier, à chacun de ces groupes de symptômes. Ce qui fait problème c'est que :

La médecine officielle ne considère comme valables que les symptômes COMMUNS A TOUS (ceux qui permettent de diagnostiquer la maladie).

La médecine homéopathique considère comme plus importants les symptômes particuliers qui INDIVIDUALISENT un malade parce qu'ils lui permettent de poser un diagnostic thérapeutique.

IL Y A L’ OPPOSITION TOTALE SUR UN JUGEMENT DE VALEUR

Est-ce que les uns ont raison et les autres tort ?

Y-a-t-il une seule vérité ou plusieurs ?

On peut essayer de résoudre ces problèmes en étudiant : 

LA LOGIQUE HOMÉOPATHIQUE par rapport à la LOGIQUE ALLOPATHIQUE :

Tout homéopathe étant d'abord médecin (tout au moins en France) il a étudié la médecine officielle qui répond à une logique EXPÉRIMENTALE. Bien mise au point depuis CLAUDE BERNARD chez nous, la médecine tend à être scientifique. Elle considère au départ toute maladie comme un phénomène anormal survenant chez un être vivant. Ce phénomène a généralement une cause qu'il est logique de découvrir. Il détermine un certain nombre de troubles qu'il faut essayer de comprendre. Il évolue dans un sens donné qu'il faut essayer de prévoir. Il est souvent nécessaire de le reproduire chez des animaux pour mieux l'étudier. De tout cela résultera une thérapeutique, si possible préventive, en tout cas curative dans la plupart des cas, mais toujours déterminée en fonction de ce que l'on sait de LA MALADIE en tant qu'entité toujours semblable et éventuellement reproductible. Cette logique expérimentale (pour employer le terme cher à Claude Bernard) est tout à fait valable et elle a permis à la médecine de faire de très importants progrès. En tout cas elle élimine radicalement de son étude tout ce qui est inconstant, variable et personnel chez un malade. Elle considère cette zone symptomatique comme ne présentant aucun intérêt puisqu'elle ne permet pas de préciser la compréhension de la maladie ni la détermination du traitement.

LA LOGIQUE HOMÉOPATHIQUE est opposée.

Elle part du principe que tout malade est différent des autres, et qu'il n'y a aucune raison valable pour que le remède d'une maladie donnée soit le même pour tous.

Du moment que la réaction d'un malade est sensiblement différente de celle d'un autre atteint de la même maladie, il est tout à fait logique de penser que l'action d'un remède particulier de chaque malade en fonction des symptômes particuliers qu'il présente.

Hahnemann a formulé cette idée (§ 82 de son ORGANON).

Il l'a expérimenté et vérifié.

Mais conjointement, il a imaginé de retrouver une analogie entre l'action des remèdes et cette symptomatologie individuelle.

En effet, parallèlement à ses réflexions sur la nature propre de l'homme, il remit en question ce que l'on disait des "MÉDICAMENTS" dans les matières médicales de son temps. On n'y parlait que de "VERTUS" astringentes, topiques, résolutives, drastiques, etc... sans aller plus loin. Il pensa donc qu'il était nécessaire de mieux connaître les médicaments par leur expérimentation objective sur les sujets sains. Il constata alors que tous provoquaient une sorte de maladie médicamenteuse, variable selon les doses absorbées, variables selon les sujets, mais en tout cas présentant comme les maladies naturelles : un ensemble de symptômes variables selon les expérimentateurs, et un ensemble de symptômes communs à tous.

Il y avait donc ANALOGIE entre maladie et médicament.

Sa logique le conduisit tout naturellement à supposer d'abord, à vérifier ensuite et à affirmer enfin qu'il était possible d'utiliser les médicaments selon une "LOI DE SIMILITUDE" dans laquelle ni le mécanisme des maladies, ni la nature profonde des médicaments n'avait plus d'importance : seuls comptant l'observation des symptômes provoqués par les unes et les autres sur l'homme sain.

Mais encore fallait-il rechercher cette analogie non seulement dans les zones symptomatiques les plus évidentes et les plus grossières, mais surtout dans les zones les plus personnelles, les plus subtiles. Etant donné par exemple que de très nombreux remèdes sont capables de provoquer de la diarrhée, il est bien évident que pour choisir le meilleur, dans un cas de diarrhée particulier, il faudra également envisager de mettre en compte les symptômes qui font en sorte qu'il est, lui-même, différent des autres drastiques.

C'est ainsi que la LOGIQUE HOMÉOPATHIQUE s'est trouvée parfaitement établie... et acceptée par un certain nombre de praticiens à qui elle convenait.

Pratiquement l'essentiel de l'acte clinique devenait la nécessité d'INDIVIDUALISER les malades, après que les expérimentateurs eurent INDIVIDUALISÉS les remèdes.

Il existe donc une différence plutôt qu'une opposition entre la méthodologie allopathique et la méthodologie homéopathique. Chacun obéit à une logique différente. Comment dire que l'une est supérieure à l'autre ?

Dans les deux méthodes le raisonnement part de données valables, se poursuit selon un déroulement dans lequel il n'existe pas de faille, et donne des résultats satisfaisants aux uns et aux autres.

Il me semble difficile de conserver une attitude d'opposition, de contradiction qui a été celle de deux écoles jusqu'à maintenant. Il me semblerait plus sain et plus normal de considérer que ces deux types de médecine puissent et doivent coexister en déterminant peut-être, plus nettement qu'il n'est fait, les limites de l'une et de l'autre méthode. Faute de limites (qui ne dépendent souvent que de la compétence des praticiens - surtout en homéopathie) il serait en tout cas peut-être possible de déterminer un certain nombre d'indications majeures de l'une et de l'autre médecine.

Mais ceci est un autre problème !

LES SYMPTÔMES CARACTÉRISTIQUES dans une maladie aiguë :

Par définition ce sont ceux qui permettent d'INDIVIDUALISER un malade par rapport à un autre atteint de la même maladie. Ce sont :

- LES PLUS FRAPPANTS,
- LES PLUS ORIGINAUX,
- LES PLUS INUSITÉS,
- ET LES PLUS PERSONNELS.

               (§153 de l'Organon)

 

qu'ils soient OBJECTIFS ou SUBJECTIFS, ... en principe !

En fait, comment faire au lit du malade ?

Il est d'abord important de recueillir le plus de renseignements possibles par un interrogatoire et un examen bien conduit mais ceci est une autre question.

L'enquête clinique étant considérée comme complète le problème de l'homéopathe est de VALORISER et de HIÉRARCHISER les symptômes qui seront utiles à sa prescription, c'est à dire ceux qui permettent d'individualiser le malade.

Pratiquement le problème est le suivant :

1°) En quoi un symptôme est il singulier, caractéristique ?
2°) Où faut-il rechercher de tels symptômes ?
3°) Combien en faut-il pour prescrire ?
4°) Quelle importance relative faut-il leur attribuer ?
5°) Comment caractériser un symptôme ?

1°) SYMPTÔME CARACTERISTIQUE :

Pour être caractérisé un symptôme doit être accompagné d'adjectifs ou de qualificatifs qui en précisent la nature :

UNE DOULEUR THORACIQUE est un symptôme brut ;

UNE DOULEUR THORACIQUE PIQUANTE devient plus précise ;

SI ELLE EST SITUÉE EXACTEMENT A LA PARTIE LATÉRALE ET EN BAS DU THORAX elle est encore mieux caractérisée.

SI ELLE EST AMÉLIORÉE EN SE COUCHANT SUR LE CÔTÉ DOULOUREUX, elle devient un symptôme tout à fait caractérisé et caractéristique d'un seul remède : BRYONIA (pp. 870 et 871 du répertoire).

Dans ce cas particulier il y eu qualification du type de douleur + localisation précise + Modalisation par les effets du mouvement et de la position. C'est un très bon symptôme.

Il faut retenir de cet exemple :

QU'UN SYMPTÔME BRUT n'a, en soi, aucune valeur :

QUE PLUS IL EST PRÉCISÉ par sa LOCALISATION (et ses irradiations), les SENSATIONS EXACTES qu'il donne, les MODALITÉS d'aggravation et d'amélioration, les CIRCONSTANCES d'apparition, meilleur il devient parce que CARACTÉRISÉ.

Un symptôme ainsi caractérisé représente d'ailleurs à lui seul un véritable ensemble de symptômes groupés autour d'un symptôme principal. Dans certains cas, nous le verrons un peu plus loin, il arrive qu'il soit à lui tout seul (mais aussi caractérisé) suffisant pour constituer une excellente raison de prescrire. 

2°) OU TROUVER LES SYMPTÔMES CARACTÉRISTIQUES ?

Dans une maladie aiguë ?

Etant donné que tout malade, atteint de quelque maladie que ce soit réagit dans la totalité de sa personne, il est possible de prendre en compte, sur le plan de l'individualisation, des symptômes en n'importe quel point de l'organisme.

Pour schématiser un malade peut être imaginé comme un tout, comme un ensemble sphérique par exemple. Pour le médecin chargé de le soigner il représente un ensemble symptomatique où il peut situer les symptômes de la surface à la profondeur.

1°) Il observe en surface des symptômes les plus violents et les plus difficiles à supporter par le malade : douleur, fièvre, diarrhée, vomissements, hémorragie, syncope, etc... Ils font généralement partie des symptômes communs qui permettent, avec l'aide quelquefois de quelques examens complémentaires, de faire le diagnostic de la maladie. Ils comportent cependant très souvent des CARACTÉRISTIQUES personnelles qu'il faut apprendre à observer.

2°) Sur un second plan le praticien découvre des manifestations réactionnelles, réflexes ou fonctionnelles dues à l'atteinte pathologique primitive. c'est une zone de SYMPTÔMES SECONDAIRES, mais qui peuvent eux-mêmes présenter d'importantes caractéristiques. Leur association est quelquefois également caractéristique de la réponse personnelle du malade à sa maladie.

3°) Plus profondes encore se situent les SYMPTÔMES GENERAUX, qui concernent l'ensemble de l'organisme : lassitude, faiblesse, fatigue, frilosité, intolérance à la chaleur, transpirations, appétit, soif. Dans ce domaine, les symptômes communs deviennent de moins en moins nombreux. Par contre le symptômes individuels se précisent de plus en plus : mais encore dans la mesure où ces symptômes généraux présenteront des caractères particuliers ou des modalités précises.

4°) Les manifestations psychologiques révèlent encore de façon plus particulière la personnalité de chaque malade et elles ne sont jamais un symptôme commun. Si l'on excepte les convulsions et les comas qui font partie intégrante de certains tableaux cliniques bien connus, les modifications d'humeur, du comportement et du sommeil représentent trop de différences d'un malade à un autre pour être prises en considérations dans le diagnostic d'une maladie aiguë. Ces symptômes que l'on a l'habitude de qualifier de "MENTAUX" en homéopathie ont donc quelquefois une très grande valeur dans l'INDIVIDUALISATION d'un malade, mais encore à condition qu'ils représentent un changement important dans le comportement habituel du sujet, et que ce changement soit très nettement contemporain de la maladie aiguë qui l'affecte.

On peut donc trouver des symptômes caractéristiques à tous les niveaux de la souffrance et il n'y a aucune raison valable d'accorder plus d'importance aux uns ou aux autres selon la profondeur à laquelle ils se situent. Il est simplement important de savoir qu'ils peuvent se trouver dans la TOTALITÉ de la personne malade et qu'il ne faut surtout jamais se contenter d'explorer seulement une partie de la symptomatologie.

 3°) COMBIEN FAUT-IL DE SYMPTÔMES CARACTÉRISTIQUES pour être assuré de faire une prescription valable ?

On a essayé de schématiser ce problème en parlant de "TREPIED" symptomatique indispensable. Or je crois que c'est là une erreur.

LA QUALITÉ DES SYMPTÔMES COMPTE BEAUCOUP PLUS QUE LEUR QUANTITÉ.

Le corollaire de cet énoncé consiste à dire que plus les symptômes d'un malade sont caractéristiques moins il est nécessaire qu'ils soient nombreux.

A l'inverse, moins les symptômes d'un malade sont caractérisés, plus il est nécessaire qu'ils soient nombreux.

A l'extrême : UN SEUL SYMPTÔME très bien localisé, et valorisé peut suffire à lui seul à préciser le remède ou une maladie. Mais il représente en réalité à lui seul un ensemble symptomatique.

Par ailleurs DIX SYMPTÔMES banaux et communs ne permettront jamais de distinguer un remède d'un autre, et, sauf une chance peu probable, de guérir un malade.

 
4°) VALORISATION DES SYMPTÔMES dans les cas aigus :

Autant ce problème est difficile à résoudre dans les maladies chroniques, autant il est généralement simple dans les maladies aiguës récentes.

Quel que soit leur niveau et leur localisation, les symptômes ont d'autant plus de valeur qu'ils sont caractérisés et personnalisés.

Le meilleur est celui qui comporte trois ou quatre caractéristiques,

le plus mauvais est celui qui n'en comporte aucune. A ce stade d'ailleurs, ce symptôme n'est même plus un symptôme homéopathique. Il peut peut-être servir à établir un diagnostic de la maladie, mais il ne peut en aucun cas permettre de choisir un remède. Il vaut donc mieux l'oublier, l'écarter de son attention dès le moment où, ayant fait le diagnostic de la maladie, on envisage de personnaliser le malade, de l'INDIVIDUALISER, pour déterminer son remède.

 
5°) COMMENT CARACTERISER UN SYMPTÔME ?

Ce n'est pas le médecin qui caractérise un symptôme : c'est le malade. Le rôle du médecin consiste à découvrir en quoi un symptôme est ou n'est pas caractéristique. Il doit y arriver en OBSERVANT et en INTERROGEANT, puis en réfléchissant.

Il existe une technique d'observation et d'interrogation spécifiquement homéopathique. Il est indispensable de l'acquérir sous peine d'échecs presque constants.

Mais en ce qui concerne tout spécialement l'INDIVIDUALISATION c'est essentiellement affaire de jugement.

Si ce que nous avons dit plus haut a été bien compris, il s'agit de juger un symptôme en fonction de ses caractères VARIABLES selon les sujets, et non pas en fonction de ses caractères stables qui sont ceux de la maladie. Or en quoi un symptôme peut-il varier ?

SELON SA QUALITÉ,
SELON LES MOMENTS DU JOUR ET DE LA NUIT,
SELON LES INFLUENCES EXTÉRIEURES,
SELON LES CONDITIONS DE SON APPARITION,
SELON SA LOCALISATION.

Pour mémoriser ces notions, et pour essayer de ne rien oublier lors de l'examen et de l'interrogatoire le plus rapide dans un cas aigu, il est possible de retenir qu'il faut essayer de trouver une réponse à quelques unes des questions élémentaires :

- OU ?
- QUAND ?
- COMMENT ?
- POURQUOI ?
- AVEC QUOI ?

OU : permet quelquefois de préciser la localisation exacte d'une douleur ou d'une sensation (le langage ordinaire ne permet pas toujours de le faire aussi bien qu'un geste). Les irradiations sont une caractérisation importante de certaines douleurs. La latéralité peut-être capitale.

QUAND : les horaires d'apparition et de disparition d'un symptôme (fièvre, douleur, troubles fonctionnels) sont souvent différents d'un malade à un autre sans que la maladie en soit en rien modifiée.

COMMENT : les réponses à cette question donne quelquefois des précisions sur les types de douleurs ou les variantes d'une sensation. Mais elle permet surtout de préciser les MODALITÉS D'AGGRAVATION et d'AMÉLIORATION.

Si des réponses dans ce sens ne viennent pas spontanément suggérer que le froid ou le chaud, la position ou le mouvement peuvent influencer un symptôme.

POURQUOI : la notion de causalité (homéopathique) qui est très différente de l'étiologie allopathique concerne le problème des circonstances qui ont entouré l'apparition d'un symptôme et surtout celles qui l'ont précédé. Il faut être très prudent dans cette interprétation, mais si elle se révèle vraisemblable, la caractérisation ainsi obtenue est sérieuse.

AVEC QUOI : précise la possibilité d'ACCOMPAGNEMENTS symptomatiques et d'ALTERNANCE dans certains cas. Il est toujours intéressant de noter la coïncidence de deux manifestations si elles sont peu banales. L'association FIÈVRE + Mal de TÊTE n'a évidemment aucune signification, celle de DIARRHÉE + COLIQUES non plus ; mais s'il y a FIÈVRE + DOULEUR DE VENTRE sans maladie digestive, ou MAL DE TÊTE + DIARRHÉE sans autre raison pathologique, ces associations symptomatiques deviennent importantes.

 

LES SITUATIONS CLINIQUES HABITUELLES :

Elles se résument à trois :

1°) LES SYMPTÔMES CARACTÉRISTIQUES SONT ÉVIDENTS et donc l'individualisation très facile. Les caractéristiques d'un symptôme, sa causalité, sa localisation, sa latéralité et ses modalités sont "CRIÉES" par le malade, soit par son comportement, soit par ses propres descriptions (ou celles de son entourage).

2°) LES SYMPTÔMES CARACTÉRISTIQUES SONT A RECHERCHER : C'est de loin le cas le plus fréquent. Il convient alors de faire préciser quelques caractéristiques du symptôme d'appel (fièvre, douleur ou signe fonctionnel). A ce moment un certain nombre de remèdes paraissent possibles. D'autres questions ou d'autres signes objectifs permettront généralement de choisir entre le groupe des "POSSIBLES".

3°) ON NE TROUVE AUCUN SYMPTÔME CARACTERISTIQUE : c'est très rare dans un cas aigu. Il faut le plus souvent admettre que l'on n'a pas su bien examiner le cas et réfléchir à de nouvelles explorations ainsi qu'à de nouvelles questions que l'on à oublié de poser. Si réellement il n'y a pas de réponse valable : il ne faut pas donner de remède homéopathique et se tourner vers une autre solution thérapeutique.

* * * * *

CONCLUSION

L'INDIVIDUALISATION est, avec l'OBSERVATION, LA LOI DE SIMILITUDE, et l'INFINITESIMAL le fondement de l'homéopathie. Ce sont là les quatre piliers d'un édifice logique qui à résisté au temps. S'il fallait cependant donner une valeur relative à chacun d'eux, je ferais passer les deux premiers avant les autres. Il est indispensable qu'un étudiant sache OBSERVER et INDIVIDUALISER avant de rechercher le semblable et de prescrire son remède.

Pour diminuer les risques d'erreurs, donc d'échec, je demande d'abord aux débutants de bien OBSERVER et INDIVIDUALISER les malades aigus qu'ils auront la possibilité d'étudier. 

 

Copyright © Robert Bourgarit 1999
Scanné et mise en page Sylvain Cazalet H.I.
Homéopathie Internationale

 

 

 
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Dernière modification : 13 novembre 2011