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NOS CHERS BAMBINS
AU CABINET DENTAIRE

 

Regard d'un chirurgien-dentiste homéopathe



 

   Tout praticien, et ceci est sans doute encore plus évident pour le chirurgien-dentiste, se trouve confronté â chaque instant au problème de la relation patient praticien, surtout lors de la première consultation. La consultation du "dentiste" véhicule tout un ensemble de peurs plus ou moins manifestes, plus ou moins conscientes, remontant à la nuit des temps. Cependant, il faut constater tout de même que l'enfant de notre époque commence à échapper à la fatalité de l'anxiété inscrite peut-être sur quelque gène. Et pour répondre à l'éventuelle crainte, plusieurs médicaments homéopathiques offrent autant de possibilités thérapeutiques. Mais ceci n'est pas l'objet de la présente étude.
 

Quel est donc l'objet de la présente étude ? 

Un chirurgien-dentiste "homéopathe" ne peut s'empêcher lorsqu'il aperçoit uni nouveau patient, de chercher dans sa mémoire la relation éventuelle entre ce qu'il voit et le type sensible d'un médicament homéopathique, puis plus ou moins consciemment d'en supputer les risques potentiels pour la dent plus spécifiquement, même s'il lui vient aussitôt â l'esprit les mises en garde maintes fois réitérées qu'on ne prescrit pas sur un type sensible, que ce dernier n'est pas de nature pathogénétique, qu'il n'est ni suffisant ni nécessaire, etc... Mais comment y échapper ? 

Cette "manie" typiquement homéopathique, plutôt que la déplorer, pourquoi ne pas la mettre au service du patient? Par exemple, la reconnaissance du type sensible de NATRUM MURIATICUM, enfant timide, réservé, peu disert, maigre, avec ses lèvres sèches et fendillées, doit inciter le praticien â rechercher les signes présents qui confirment cette première impression, car le dentiste, comme le médecin, connaissent toutes les menaces potentielles qui pèsent sur la minéralisation dentaire, en fonction de l'âge de l'enfant. 

En élargissant cette première approche, il semble non seulement intéressant, mais très utile, de se renseigner sur le comportement de l'enfant dans sa famille ou â l'école. Car les troubles du comportement témoignent de l'indication de médicaments homéopathiques plus ou moins importants, dont la plupart possèdent dans leur Matière Médicale, des signes bucco-dentaires qu'il est parfois possible de prévenir. C'est cela l'objet de cette présente étude. 

             Dans un excellent article publié dans Les Annales homéopathiques françaises (1977 - n°3), le Docteur Robert Bourgarit traite du sujet qui nous intéresse ici: "Les signes objectifs chez l'enfant valables pour une prescription homéopathique". En voici quelques extraits:

     

Au cabinet médical, on peut observer: 
 

 
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Ceux qui cherchent à s'échapper: généralement en pleurant ou en criant: HYOSCYAMUS, BELLADONA, puis ARSENICUM ALBUM, CUPRUM  METALLICUM, NUX VOMICA, STRAMONIUM, VERATRUM ALBUM...

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Ceux qui se roulent sur le sol: OPIUM, CALCAREA CARBONICA sont indiqués dans le Kent, mais R. BOURGARIT pense que la liste est bien plus longue.

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Ceux qui sont anormalement calmes: PHOSPHORIC ACID., ARNICA, BORAX, NATRUM MURIATICUM, PULSATILLA, SILICEA. La timidité de SILICEA ou de PULSATILLA, ou encore de NATRUM MURIATICUM est bien connue, mais il faut ajouter: BARYTA CARBONICA, GELSEMIUM, NATRUM CARBONICUM, LYCOPODIUM,, KALI CARBONICUM.

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Ceux qui sont trop "affectueux", qui sautent au cou du praticien dans des élans d'amour immotivé. R. BOURGARIT ajoute que ces enfants cherchent â vaincre leur anxiété par cette attitude: ANTIMONIUM CRUDUM, IGNATIA, PULSATILLA, NATRUM MURIATICUM.

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Les bavards: qui interviennent dans la consultation, interrompent sans cesse les parents: HYOSCYAMUS, LACHESIS, STRAMONIUM. S'ils contredisent les parents avec agressivité: HEPAR SULFUR - sans agressivité: AURUM METALLICUM, CAUSTICUM, IGNATIA, LACHESIS, LYCOPODIUM. . .

 

Il y a dans cet article bien d'autres chapitres et précisions. Mais déjà, dans la liste ci-dessus, plusieurs médicaments évoquent des enfants susceptibles de présenter des problèmes bucco-dentaires, soit que l'on pourra hélas déjà déplorer à l'examen endo-buccal, soit qui ne sont encore que potentiels et qu'il faudra prévenir, si possible. 

L'aspect morphologique donne également quelques éléments d'appréciation. Un autre pédiatre, Jacques LAMOTHE a publié un article, également très intéressant et très documenté sur le plan répertorial, sur "l'obésité de l'enfant", qui ne peut être reproduit ici in extenso, mais que l'on peut lire dans HOMEOPATHIE 1988/4. En voici quelques extraits en donnant d'abord les remèdes dont les signes morphologiques apparaissent d'emblée au premier regard du praticien: 
 

Lorsque que l'on connaît mieux l'enfant, les signes suivants évoquent:
 

Obèses "frileux": CALCAREA CARBONICA, CAPSICUM, FERRUM METALLICUM, GRAPHITES, SEPIA, NUX VOMICA, BARYTA CARBONICA.
 

Obèses "réchauffés": SULFUR, LACHESIS, ANTIM0NIUM CRUDUM, PULSATILLA, APIS, LYCOPODIUM, OPIUM.

Obèses "manquant de réaction": CAPSICUM, CALCAREA SULFURICA, MEDORRHINUM, CARBO VEGETABILIS.

Obèses "lents": CALCAREA CARBONICA, GRAPHITES, NUX MOSCHATA, OPIUM, PULSATILLA, SEPIA, THUYA.

Obèses "timides": BARYTA CARBONICA, CALCAREA CARBONICA, GRAPHITES, LYCOPODIUM, OPIUM, PULSATILLA, SULFUR.

Obèses "couards": BARYTA CARBONICA, CALCAREA CARBONICA, GRAPHITES, LYCOPODIUM, OPIUM, PULSATILLA, SEPIA, SULFUR, THUYA.

 Obésité à prédominance abdominale: CALCAREA CARBONICA, THUYA. De grande taille:     LYCOPODIUM, de petite taille: BARYTA CARBONICA, CALCAREA CARBONICA, MEDORRHINUM, SULFUR, THUYA.

Bien entendu, il ne s'agit là que de quelques extraits tirés de cet article. Les indications proviennent des Répertoires de KENT et de BARTHEL, mais comme toujours, on peut être surpris de quelques citations: SEPIA est rarement obèse, surtout chez l'enfant qui est presque toujours avec ce remède un tuberculinique déminéralisé. De plus, ceux qui liront cet article seront sans doute surpris que cet auteur, moderne" à l'évidence, continue de parler des "remèdes selon les miasmes", le miasme est tout de même non seulement un terme obsolète, mais représente une conception largement dépassée. Il n'en reste pas moins vrai que le simple "coup d'œil" jeté sur un enfant que l'on découvre, laisse deviner de nombreuses perspectives sur le plan bucco-dentaire. 

En restant toujours sur le seul aspect morphologique:

--> Les petites tailles évoquent NATRUM MURIATICUM, LYCOPODIUM, GRAPHITES, PSORINUM, THUYA, BARYTA CARBONICA, CALCAREA CARBONICA, mais il faut encore distinguer les "petits gros" (CALCAREA CARBONICA, GRAPHITES, THUYA, PULSATILLA (type plutôt rare), SULFUR - puis des "gros" qui ont pu maigrir: CALCAREA CARB. encore, MAGNESIA CARBONICA, etc... des "petits maigres": NATRUM MURIATICUM, LYCOPODIUM, PSORINUM, SILICEA, THUYA (type maigre) ou aussi BARYTA CARBONICA.

--> Les grandes tailles: CALCAREA PHOSPHORICA, PHOSPHORUS et parfois CALCAREA FLUORICA (taille variable).
 

On peut également, à travers quelques signes non seulement typologiques, mais plus franchement pathologiques, avoir une première impression sur le mode réactionnel dominant, impression qu'il faudra bien entendu confirmer par l'interrogatoire. Comme l'écrit le Docteur Micheline DELTOMBE, pédiatre, dans son article: "Introduction à l'homéopathie infantile" (L'Homéopathie Française - 1984/6):
 

 
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L'alternance de crises d'asthme, de céphalées, de colopathies et de parasitoses évoquent le mode psorique.

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Des écoulements ou des infections traînantes répétées, notamment rhino-pharyngées, associés à une hypersensibilité au froid humide, chez un enfant ayant par ailleurs des verrues, souvent secondaires à des vaccinations, évoquent le mode sycotique.

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Les mêmes écoulements et les mêmes infections respiratoires chez un enfant maigre, souvent affamé ou assoiffé, présentant des poussées fébriles sine materia, des périodes de fatigue avec pâleur, yeux cernés, des lèvres sèches et fendillées, évoquent le mode tuberculinique.

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Les mêmes écoulements et infections respiratoires, mais chez un enfant à la croissance disharmonieuse, au comportement paradoxal et agité, présentant de nombreux troubles ostéo-articulaires et lympho-ganglionnaires (dont des amygdales hypertrophiées et des angines à répétition), font penser au mode luétique.

 

AINSI en quelques instants, après seulement la vision de la morphologie de l'enfant, la constatation de son comportement et les réponses aux premières questions, le praticien se trouve largement informé sur son nouveau patient et peut déjà imaginer les menaces éventuelles qui pèsent sur la dent. Toutes ces impressions ou informations seront ensuite confirmées en approfondissant l'interrogatoire et l'anamnèse. II est notamment intéressant de s'intéresser au comportement de l'enfant au sein de sa famille et à l'école.

L' ENFANT DANS SA FAMILLE

          Il est bien classique de constater l'influence de la famille sur le comportement et sur le développement physique et psychique de l'enfant. Les troubles du comportement sont bien différents selon le niveau social de la famille, selon l'entente ou la mésentente qui y règne. De même, la réaction de l'enfant a son environnement familial est différente selon qu'il s'agit de l'aîné, du cadet ou du petit dernier, ou d'un enfant unique, ou encore lorsque les deux parents travaillent à l'extérieur, ou encore lorsque surviennent des incidents ou des malheurs: disputes, divorce, décès, déménagements, etc... L'enfant peut s'adapter parfaitement à son entourage, y évoluer à l'aise, notamment lors de modifications mineures ou graves. 

Il peut aussi, hélas, ne pas s'adapter et il manifeste alors son malaise par différents troubles et selon son âge: modifications mineures de son comportement et de son humeur, mais aussi régression orale comme par exemple un retour aux goûts alimentaires de la première enfance (désir de bouillies, de "petits pots"...), troubles du sommeil, perte de l'appétit, pleurnicheries, caprices, etc.. .On retrouve alors et souvent l'indication de: CALCAREA CARBONICA, CALCAREA PHOSPHORICA, PULSATILLA, CAUSTICUM. 

Ou encore, l'enfant manifeste son inadaptation par des troubles du comportement plus pathologiques: encoprésie (défécation incontrôlée), désordre, saleté (du corps, des vêtements, des livres ou cahiers, de la chambre, etc...). Jacqueline BARBANCEY (1920-1995) nomme ces enfants "crypto-agressifs" parfois culpabilisés, parfois photo-obsessionnels, affirme qu'il s'agit surtout de garçons entre 7 et 12 ans et cite les remèdes les plus fréquents: MERCURIUS, LYCOPODIUM, ARGENTUM NITRICUM, parfois ARSENICUM ALBUM (qui n'est soigneux que pour ce qui l'intéresse). 

D'autres enfants manifestent leur inadaptation par un comportement agressif, violent: colères, bris d'objets, brutalités, jalousies, menaces, insultes, grossièreté, refus d'obéissance, vols, déprédations... J. BARBANCEY les classe en deux grands groupes: les impulsifs hyperréactifs dits "primaires": NUX VOMICA, HYOSCYAMUS, LACHESIS, HEPAR SULFUR, parfois AURUM - les vulnérables indignés pouvant "passer à l'acte" sous l'effet d'une colère, d'une indignation ou d'une injustice: LYCOPODIUM et STAPHYSAGRIA. 

Enfin, certains enfants traduisent leur trouble profond par une attitude négative, comme le refuge dans l'isolement de SEPIA avec son mutisme bien connu, ou le refus de toute participation â la vie familiale comme LYCOPODIUM, AURUM, NATRUM MURIATICUM.

 

L’ENFANT A L'ECOLE

Le milieu scolaire peut être source d'épanouissement ou de conflits pour l'enfant: confrontation aux autres (il les accepte ou les rejette, il est accepté ou rejeté), relations avec les camarades (envies, jalousies, moqueries), relations avec les enseignants (valorisation, rejet, humiliation, découragement, encouragement...), influence ou retentissement des résultats scolaires (sentiment de normalité, de supériorité ou d'infériorité). Plusieurs médicaments répondent aux troubles d'adaptation:

 

 

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PULSATILLA, SILICEA et CALCAREA PHOSPHORICA ou même CAPSICUM peuvent éprouver un sentiment d'abandon de la part de leur famille. C'est surtout le cas de l'entrée à la maternelle, c'est-à-dire du "premier abandon" ou sentiment d'abandon. 

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LYCOPODIUM et AURUM ont du mal â s'adapter au milieu scolaire par réaction d'indépendance. LYCOPODIUM peut être un véritable "ours social", aussi bien dans l'enfance qu'à l'âge adulte (mais cet "ours" cache souvent un être sensible, qui camoufle sa sensibilité ressentie comme une faiblesse par un comportement qui le rend antipathique).

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MERCURIUS, ARSENICUM ALBUM ou PHOSPHORUS réagissent douloureusement aux moqueries des autres enfants, surtout lorsqu'ils arrivent dans une nouvelle école, après un déménagement. C'est aussi une indication majeure de CAPSICUM, qui convient bien aux enfants immigrés, mais également transplantés d'une région à une autre, ou d'un quartier d'une ville auquel ils sont habitués à un autre inconnu, nostalgiques conscients ou pas. 

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AURUM, STAPHYSAGRIA, PLATINA, LYCOPODIUM ou SEPIA, entre autres, supportent mal des erreurs de relations avec l'enseignant, comme les maladresses qui créent une réaction de susceptibilité.

 


1/         "Les refus scolaires sont des discours révolutionnaires adressés aux parents"
. Ce "on-dit" rappelé par J. BARBANCEY traduit une situation d'échecs scolaires, ici volontaires, associés à un comportement de refus, obérant l'avenir scolaire puis professionnel de l'enfant. Ce cri d'angoisse, cet appel de la part d'un enfant en difficulté permettent parfois, souvent, une prise de conscience des parents: leur enfant "existe", il est "en difficulté", il ne répond pas à l'image qu'ils s'en faisaient! Les médicaments souvent impliqués sont: LYCOPODIUM, AURUM, PLATINA associant précocité intellectuelle et affectivité hypersensible ou encore MERCURIUS, FLUORIC ACID. et HEPAR SULFUR dont la personnalité est déjà plus engagée dans la pathologie, avec refus de se plier volontairement à toute règle ou loi et qui sont déjà des remèdes de pré- ou de délinquance.
 

Micheline DELTOMBE donne des exemples sur le problème du refus scolaire dans un article fort intéressant publié dans la revue "Le médecin homéopathe" (1989/1). En voici quelques extraits:

 

2/       Le refus "pur et simple" devant les contraintes comme la discipline ou les contrôles du niveau (ex-compositions).
 

 
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AURUM explose d'abord puis se culpabilise et déprime.

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LYCOPODIUM ergote, pinaille puis risque de somatiser (eczéma, troubles digestifs).

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NATRUM MURIATICUM se replie et rumine dans son monde fermé dès qu'il croit découvrir une injustice.

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PLATINA surcompense par son attitude hautaine.

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SEPIA commence par somatiser (céphalées, troubles digestifs) puis déprime: il devient triste, indifférent.

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STAPHYSAGRIA commence par se vexer en intériorisant ce qu'il croit être une injustice et il devient violent si l'on tente de forcer sa volonté ou si on le punit (encore une injustice).

 

3/     Le refus scolaire avec opposition masquée concerne surtout des "personnalités fragiles, obsessionnelles et culpabilisées" comme:
 

 
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ARSENICUM  ALBUM rejette le milieu "étouffant" de l'école en étouffant dans ses crises d'asthme.

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MEDORRHINUM "traîne les pieds", tente "d'échapper à la règle" par un comportement dispersé et instable.

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MERCURIUS se réfugie dans le désordre, la saleté, les jurons, l'encoprésie.

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ARGENTUM NITRICUM a peur de tout et de l'école en particulier: de l'enseignant, des autres élèves, de ne pas y arriver. Le "ras le bol" n'est pas loin.

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STAPHYSAGRIA encaisse d'abord en silence et sans le montrer, puis exprime ses problèmes â sa manière: eczéma, troubles du sommeil, incontinence, masturbation...

 

4/     Mais d'autres enfants expriment leur refus scolaire par une réaction violente:
 

 
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HEPAR SULFUR, HYOSCYAMUS, LACHESIS, AURUM sont vite coléreux, grossiers, jaloux, instables.

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NUX VOMICA, LYCOPODIUM et MERCURIUS expriment leur colère par des troubles digestifs.

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ANACARDIUM hésite sur ses réactions: ange ou démon, soumis ou agressif, mais toujours mieux en mangeant.

 

         La typologie homéopathique permet quelquefois une évaluation du comportement de l'enfant sur le point d'être scolarisé. Par exemple, on ne se fera aucun souci pour les enfants normolignes, comme on ne s'en fait pas pour leur santé. Mais, les enfants brévilignes sont déjà plus délicats: ils sont en général lents dans toutes leurs activités, physiques ou intellectuelles, ils peuvent donc se retrouver plus ou moins déphasés par rapport à leurs copains. C'est là un vrai problème pour eux et pour leur épanouissement. Mais, qualité pour la vie en groupe, ils acceptent l'autorité du maître et se plient à la discipline de la classe. Attention au froid humide à l'origine de troubles O.R.L. cause fréquente d'abstention scolaire. 
 

                  Les enfants longilignes sont plus que d'autres sensibles sur le plan
affectif. Ils ont besoin de sympathie, de confiance, voire d'affection de la part de
l'enseignant et des autres élèves. Et de plus, ils sont vite fatigués et n'arrivent pas toujours â garder le rythme de la classe. Et ils sont aussi
 très frileux et sensibles au froid.
 

Enfin, les enfants dystrophiques, s'ils apportent souvent un peu de fantaisie, adorent la pagaille, le désordre, le chahut. Souvent déroutants dans leurs réactions, ils ont besoin d'autorité, mais à condition qu'elle soit manifestée avec doigté.
 

Au sein de chaque groupe morphologique, des personnalités se distinguent: 

LYCOPODIUM caracole en tête de sa classe, il comprend tout avant les autres, le manifeste, mais se rend souvent antipathique par non maîtrise de sa sensibilité, qui passe souvent inaperçue (il regrette souvent l'absence de sa mère, mais n'ose pas le montrer). PLATINA veut dominer ses camarades, sait tout mieux que les autres, ou du moins en est persuadé(e), le fait savoir avec morgue, de même qu'il adopte une attitude ostentatoire, notamment dans sa mise vestimentaire. ARSENICUM ALBUM, souvent asthmatique, exaspère parfois par sa méticulosité. 

Alors que THUYA fait une phobie des résultats et s'applique parfois à l'excès. Comme KALI PHOSPHORICUM qui risque de craquer dès que l'effort dure longtemps. Quant aux cancres, ils se distinguent en GRAPHITES toujours indécis, peu expressif, qui a parfois des possibilités limitées, mais moins que celles de BARYTA CARBONICA. Sans oublier les pitres au rendement scolaire irrégulier et au comportement autant imprévisible qu'agité. Etc...

                                                                                        

 

A PROPOS DE QUELQUES TROUBLES 
DU COMPORTEMENT DE L 'ENFANT

Il ne s'agit pas ici d'une étude exhaustive qui relève davantage du médecin traitant ou du psychiatre, mais de troubles décelables par le chirurgien-dentiste ou encore avoués par les parents, comme l'anorexie mentale ou les phobies par exemple. 

Dans une première partie seront données des indications répertoriales, puis dans une deuxième partie des portraits d'enfants seront dessinés à partir du médicament homéopathique correspondant. 

L'ANOREXIE MENTALE: 

Il n'est pas question d'entreprendre ici une étude détaillée de ce problème, avec ses implications psychiques ou psychologiques qui peuvent exiger une prise en charge par un psychiatre ou par un psychologue. On lira à ce sujet le chapitre passionnant dans "Pratique homéopathique en psycho-pathologie" (Tome 2 - Ed. Similia - p.235-244) de J. BARBANCEY

Pour un dentiste "homéopathe", l'anorexie mentale doit être une préoccupation chez tous les enfants, mais plus particulièrement chez les tuberculiniques ou certains luétiques à la phase oxygénoïde, celle qui entraîne une consommation accrue de minéraux, dont la dent en cours de minéralisation a un besoin crucial et parce que les troubles à son niveau sont irréversibles. 

Voici les indications que l'on peut retrouver dans le Répertoire de KENT, traduction G. BROUSSALIAN ou A. HORVILLEUR. 

Broussalian: "Psychisme" -> Refuse de manger (159, p.73): 

Ars., Bell., Caust., Cocc., Croc., Grat., HYOSCYAMUS, Ign., KALI CHLOR., Kali ph., Opium, PHOSPHORIC ACID., Phytolacca, Plat., Puis., Sepia, TARENTULA H., VERAT. ALB., VIOLA ODORATA. 

 Broussalian: "Estomac" —> Appétit absent, diminué, anorexie (36, p.494). Liste très longue :

Au degré fort: ARSENICUM ALBUM, ASARUM EUROP., CALCAREA CARB., CHAMOMILLA, CHELIDONIUM, CHINA, COCCULUS, CYCLAMEN, FERRUM METAL., KALI BICHROMICUM, LYCOPODIUM, NATRUM MURIATICUM, NUX VOMICA, PHOSPHORUS, PULSATILLA, RHUS TOX., SEDIA, SILICEA, SULFUR.

Plusieurs autres rubriques existent mais il serait fastidieux de les reproduire ici in extenso.

 

LES PHOBIES DE L 'ENFANT

 

       J. BARBANCEY écrit "Toute phobie a un sens, veut dire quelque chose et quelque chose d'autre que sa signification apparente: c'est une peur de conversion, correspondant à un
 mécanisme de défense".

Peur d'une personne "étrangère":

Le dentiste peut en être l'objet, qu'il assimile à tort â une peur des soins dentaires. Le bébé sourit â tout le monde. Ensuite, il sait reconnaître ses proches et ne sourit qu'à eux. Parfois, l'étranger est ressenti comme une menace, l'enfant alors se réfugie dans une attitude de refus, de crainte, de recherche de protection auprès de sa mère ou de son père. L'exagération de cette crainte devient une phobie. Les principaux remèdes sont: PULSATILLA, SILICEA, CALCAREA CARBONICA, CALCAREA FLUORICA...

Peur de l'obscurité, du noir, de la nuit:

Selon certains psychiatres, « Hypnos est frère de Thanatos » (la mort). Sans nous engager plus avant dans ces problèmes, ne retenons que les indications de médicaments homéopathiques:
 

 
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CALCAREA PHOSPHORICA ou CAUSTICUM pleurent, demandent de la lumière ou veulent quelque chose (boire par exemple, ou aller faire "pipi"...). 

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PULSATII.LA demande qu'on lui raconte sempiternellement la même "histoire", sans en modifier les termes. 

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CALCAREA PHOSPHORICA ou SILICEA apprécient la présence sécurisante d'un "nounours", alors que CAUSTICUM ou PULSATILLA préfèrent la présence encore plus sécurisante des parents dans... leur lit! 

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Les terreurs nocturnes troublent le sommeil de SILICEA, de STRAMONIUM CRUDUM (avant minuit) ou de KALI BROMATUM (après minuit). 

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L'énurésie peut exprimer une forme de peur de la nuit: KREOSOTUM est difficile à réveiller, il arrose son lit au cours du premier sommeil, comme CAUSTICUM ou SEPIA. Mais ce problème aurait des significations multiples, associant peur du noir à un refus d'autonomie (PULSATILLA), ou à une lenteur évolutive (CALCAREA CARBONICA ou SILICEA).

 

              Et en vrac:
 

 
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CALCAREA CARBONICA, TUBERCULINUM, ou encore BELLADONA, CHINA ou STRAMONIUM ont peur des chiens. PHOSPHORUS a peur d'être dévoré par un animal effrayant. LUESINUM redoute les souillures. Déjà! 
 

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ARGENTUM NITRICUM, sans avoir conscience de ses problèmes avec le temps qui passe trop vite ou de ses conflits avec l'espace trop restreint, se croit poursuivi. SILICEA pour des raisons inverses mais tout autant confuses, se sent perdu ou abandonné alors que son espace, trop grand, est peuplé d'animaux dangereux, voire d'aiguilles ou d'épingles.

 


On pourrait ainsi multiplier les exemples et citer bien d'autres médicaments.
 

 

QUELQUES « TYPES D’ENFANTS »

Dans ce long chapitre, nous proposons des portraits d'enfants choisis en fonction de critères qui n'ont rien de méthodique, qui relèvent du privilège et de la liberté de l'auteur. Autant que possible, nous ne donnerons pas de portraits de remèdes souvent et abondamment étudiés dans le passé, comme les trois CALCAREA, SILICEA, LYCOPODIUM, SULFUR, etc... Le seul critère est celui d'éveiller l'intérêt sur un médicament chaque fois que ce dernier offre des indications en pratique bucco-dentaire, en privilégiant les problèmes de la minéralisation dentaire, mais non exclusivement, car sont aussi importants les remèdes des troubles du comportement dont le chirurgien-dentiste peut être la victime. En voici quelques exemples:

L'ENFANT "AGARICUS MUSCARIUS"

Ce médicament est peu connu du dentiste, pour qui il évoque la névralgie avec sensation d'aiguilles de glace, key-note bien connu. Pourtant, cet enfant (parfois arriéré ou idiot au sens médical) est d'un comportement difficile notamment après une colère (c'est le cas éventuel au cabinet dentaire par peur des soins ou plus souvent par épuisement et donc faiblesse irritable), ou après une réprimande, le tout chez un enfant surmené par son travail scolaire. C'est là l'une des clefs de ce remède: surmenage et fatigue scolaires, aptitude quasi nulle au travail, esprit lent, retard dans les études, maladresses, mouvements spasmodiques (tics de la face). Face à son dentiste, l'enfant est agité, refuse de répondre, bafouille des réponses mal articulées (tremblements de la langue lors de l'agitation), il a horreur d'être touché (HEPAR SURIR). Il a quelquefois des aphtes (1'd) ou des ulcérations de la langue (1' d), des douleurs dentaires (2° d), déchirantes (2° d), piquantes (2°d). Si l'on répertorise à partir de trois signes: suite de colère, suite de surmenage intellectuel, maladresse, deux médicaments "sortent" = AGARICUS et NATRUM MURIATICUM. Si l'on ajoute "Tremblements", AGARICUS "sort" seul.
 

Observation: D. GRANDGEORGE (L'Homéopathie exactement - T2, p.12 - JOLLOIS 1990)
 

"Joachim C..., 8 ans, est un enfant en cours d'adoption. Jusque-là, il vivait dans divers placements de la DDASS. La mère adoptive note qu'il est maladroit, nerveux, tremble facilement, présente des rhino-pharyngites fréquentes, des aphtes et enfin un problème d'incontinence la nuit. A l'examen, le 24 juillet 1985, je remarque une érythrose palmaire importante (K980 Agar.). Je lui prescris Agaricus 15 CH, une dose. Revu le 25 septembre 1985, le pipi au lit a disparu, il est moins maladroit et moins nerveux, a fait une bonne rentrée en CE2. Le remède n'a été répété que deux â trois fois dans l'hiver qui suivit, lors de fatigue ou de nervosité. Revu en 1988, la mère a redonné récemment une dose d'Agaricus 30 CH car il était instable à l'école; depuis tout va bien".
 

On peut très bien imaginer le comportement de cet enfant en cas de soins dentaires. Qui d'entre nous aurait pensé à Agaricus muscarius ? 

L 'ENFANT "CAPSICUM ANNUUM"

 

CAPSICUM ANNUUM est connu des O.R.L., des pédiatres ou des généralistes pour son action de prévention d'une mastoïdite lors d'une otite. P. CHAVANON considère 6 remèdes comme particulièrement dangereux dans cette affection: SULFUR, SULFUR IODATUM, HEPAR SULFUR, LYCOPODIUM, DROSERA (en hautes dilutions) et PULSATILLA. Dans son Traité d'O.R.L., il donne plusieurs observations d'aggravation par ces remèdes. Il préconise: OSCILLOCOCCINUM 200, ARSENICUM ALBUM, AURUM METALLICUM, BELLADONA, CAPSICUM, FERRUM PHOSPHORICUM, PYROGENIUM... M. GUERMONPREZ ajoute: "Actuellement, il est prescrit pour protéger l'oreille interne, préventivement, dans l'otite bénigne. Mais on le néglige trop dans les algies des os de la face, où il se compare â AURUM, KALI BICHR., ASA FOETIDA, PHOSPHORUS". Mais CAPSICUM offre d'autres possibilités, qui en font un remède d'actualité.
 

Dans son "Traité de matière homéopathique" (traduction des Drs SIMON, tome 2, vers 1876), HAHNEMANN donne une pathogénésie de ce médicament. Cependant, la Matière Médicale d'HAHNEMANN est difficile à "exploiter" parce que non synthétique, les symptômes sont donnés dans l'ordre chronologique de leur apparition chez les sujets "volontaires". Au chapitre "bouche", on peut lire: Gonflement des gencives - Douleur tractive dans les gencives - Douleur tractive dans une dent, qui n'est augmentée ni par l'attouchement de la dent, ni en mangeant - Il semble que les dents sont plus longues et agacées - Eruption de boutons â la face interne des joues - Sur le bout de la langue, petits boutons qui causent une douleur lancinante quand on y touche - Sialorrhée - Sécheresse de la bouche - Sentiment de sécheresse à la partie antérieure de la langue, sans soif, le matin (au bout de 8 heures) - Mucus visqueux dans la bouche (au bout de 2 heures).
 

Heureusement, l'expérience clinique des praticiens est là, riche d'enseignements pratiques. Chez l'enfant, KENT précise: "il s'agit d'écolières qui ne peuvent ni étudier ni travailler, qui ont la nostalgie de la maison, qui veulent retourner à la maison...". Le mot clef est lâché: la nostalgie (qui reste ce qu'elle est dans ces cas là), qu'il faut comprendre au sens large: nostalgie de la maison, du "cocon familial", nostalgie de l'école précédente qu'on a dû quitter, ou de la région ou du pays: déménagements, émigration, changement de quartier de résidence, d'école, etc... Cette "nostalgie" provoque ainsi différents troubles: insomnie du nourrisson lorsqu'il quitte son berceau habituel; rêves anxieux, tristes, de chutes chez l'enfant... Dans un ensemble psychosomatique lié à la nostalgie, l'enfant devient déprimé: il est plongé dans ses pensées, il est oublieux (il oublie l'objet de la commission dont il est chargé), aversion pour tout, entêtement, insoumission, maladresse. L'enfant présente un comportement contradictoire, avec peur d'être critiqué sans raison, paresse, susceptibilité, ne souhaite que retourner chez lui (problèmes majeurs chez des enfants pensionnaires).
 

Comment se présentent ces enfants ? Le plus souvent, ils sont gros, gras, obèses et frileux (CALCAREA CARBONICA, ANTIMONIUM CRUDUM, GRAPHITES...). KENT précise: "Nous trouvons l'indication de CAPSICUM chez des enfants gras, aux muscles mous, florides, dont les parents sont de grands mangeurs de piments ou autres condiments stimulants; aussi chez les buveurs de bière...". Un autre signe général est intéressant 'marque de réaction' qui explique que les petits CAPSICUM mettent du temps à se relever d'une maladie, notamment après les maladies éruptives de l'enfance. Mais peut-être les psychiatres interprètent-ils ce signe comme le désir plus ou moins conscient de rester au chaud à la maison .
 

Connaissant mieux le psychisme de ces sujets, quels sont les troubles somatiques pour lesquels ce médicament est indiqué ? D'abord, ils sont frileux et craignent le froid, les courants d'air, le froid humide: pathologie respiratoire liée au froid => angines, pharyngites, bronchites. CAPSICUM n'est généralement pas indiqué au début, mais plus tard, bien après ACONIT, BELLADONA, BRYONIA ou PULSATILLA, à un stade où dominent les frissons: commençant dans le dos, entre les épaules, avec soif, frissons chaque fois que le malade a bu, salivation pendant les frissons. Après le stade "chaleur", les sueurs apparaissent âcres, fétides, < la nuit, tachant le linge. CAPSICUM produit des fièvres intermittentes, avec splénomégalie, répugnance pour le mouvement, < vers 16h, le soir, le froid, après avoir mangé ou bu. L'angine est une affection de choix: pharynx enflé, rouge sombre, douleur brûlante comme par du poivre, < en buvant froid, > en buvant chaud, sensation de constriction, < entre les déglutitions (ténesme). Le patient a soif, frissonne quand il a bu, a mal de tête après avoir bu (sensation que le crâne va éclater). Le tout avec menace de complication auriculaire. La bronchite s'accompagne d'une toux douloureuse, spasmodique, < par les boissons chaudes, > par les boissons froides. Lors de la toux, le patient éprouve des douleurs dans des parties éloignées du corps: tête, oreilles, cou, vessie. Remède de douleurs des os de la face d'origine névralgique ou liées â une sinusite. 

En dehors des troubles respiratoires, souvent liés au froid, l'enfant CAPSICUM peut avoir des troubles digestifs, bien que ceux-ci concernent plus volontiers l'adulte "alcoolique": glossite, stomatite, gingivite, avec des douleurs brûlantes "comme par du poivre", gastro-entérite avec des douleurs brûlantes, diarrhée peu abondante mais selles brûlantes avec ténesme rectal, formées d'un mucus sanguinolent, suivies de soif (frissons après avoir bu).

L 'ENFANT « ANTIMONIUM CRUDUM »

 

Cet enfant constitue un "classique" en homéopathie. Chacun de nous connaît sa gloutonnerie, son comportement hargneux, maussade, acariâtre, boudeur, ne supportant pas qu'on le touche ou qu'on l'examine ou même qu'on le regarde. On sait également qu'ANTIMONIUM CRUDUM n'aime pas les bains froids, qui provoquent de nombreux troubles: aphonie, coryza, céphalée, toux, aménorrhée chez la jeune fille, et même des troubles digestifs, ce qui est tout de même étonnant.

 
             Car les troubles digestifs découlent souvent d'excès alimentaires, surtout de certains aliments: viande de porc, pain, pâtisseries, acidités et en plus si tous ces aliments sont froids. L'embarras gastro-intestinal est aussi bien connu: sensation de poids à l'estomac, ballonnement, éructations ayant le goût des aliments, nausées, vomissements, et langue blanche. Si les troubles digestifs se renouvellent, et c'est fréquent, alternance de constipation et de diarrhée. Au cours des troubles digestifs, outre la langue blanche, les lèvres sont sèches et gercées aux commissures, les narines croûteuses, avec blépharite. Enfin, la peau d'ANTIMONIUM CRUDUM exprime à la fois un mode psorique déjà insuffisant et la mise en œuvre du mode sycotique: éruptions de toutes sortes, croûteuses, eczémateuses, sèches ou suintantes (écoulement épais rappelant GRAPHITES) et des verrues (dont les verrues plantaires).
 

ANTIMONIUM CRUDUM est cité au degré fort â la rubrique "Dents cariées" du Répertoire de KENT. On va donc le rencontrer au cabinet dentaire, et on sait que son comportement ne va pas faciliter les soins. On sait également que cet enfant mange beaucoup. Voici ce qu'on peut lire à ce sujet dans l'article de D. GRANDGEORGE cité plus bas: "Les dents sont souvent atteintes de caries, qui sont très douloureuses, < par les boissons froides, après avoir mangé ou touché les dents avec la langue. Il s'agit d'un des quatre enfants redoutables pour le dentiste, car hypersensibles". Mais on peut se demander pourquoi ANTIMONIUM CRUDUM mange autant et le plus souvent depuis sa toute enfance ? Les psychanalystes proposent des explications ou plutôt des interprétations. Citons un expert, Didier GRANDGEORGE (L'Homéopathie française - 1987/4): "Dans les premiers jours de la vie, bébé va former son identité personnelle grâce à l'amour maternel qui lui est abondamment octroyé, dans ce stade fusionnel que les psychologues appellent la "dinde mère-enfant". Si un problème survient au cours de cette période, blessure psychique par séparation de la mère ou manque de relations valables au niveau du couple mère-enfant, blessure physique atteignant l'intégrité de l'enfant, au moment où celui-ci réalise son schéma corporel...L'enfant va lutter contre l'angoisse de dépersonnalisation en mangeant plus qu'il ne faut, et persévérer par la suite dans une fixation sur la nourriture...La maladie d'amour d'ANTIMONIUM CRUDUM apparaît donc très archaïque, il s'agit de l'amour primitif de la mère". Cet auteur pousse encore l'analyse: "Si le soleil est considéré dans les traditions comme étant le symbole du père, la lune est le symbole de la mère, et il n'est pas étonnant de retrouver notre ANTIMONIUM CRUDUM en extase au clair de lune. ANTIMONIUM CRUDUM ne supporte pas d'être touché, d'être regardé, car c'est avec le toucher, et grâce au regard de la mère, de l'autre, que l'on forme son identité. Or il présente une identité trop fragile pour l'exposer ainsi. Le toucher peut être structurant mais aussi être blessant...et que dire du regard.".
 

Pour terminer ce chapitre, quelques mots de la jeune fille ANTIMONIUM CRUDUM: jeune fille souvent triste, rêveuse, déprimée, présentant une tendance aux ptoses abdominales (qui vont se réaliser pleinement avec les grossesses), souvent complexée par son corps "enrobé", mais alors que NATRUM MURIATICUM exprime sa dysmorphophobie par l'anorexie mentale (qui n'arrange rien à l'évidence), elle exprime son complexe en mangeant trop, ce qui accentue encore son obésité! Son hypersensibilité s'exprime, elle, par de la sensiblerie, par un débordement affectif désordonné, frisant parfois l'hystérie, notamment par nuit de clair de lune et à la lumière douce ou tamisée, elle aime alors déclamer des vers!! KENT ajoute: "un éclairage doux comme celui qui filtre à travers un vitrail, ou la pâle clarté de la lune le soir provoque une violente émotion...". Ce que D. GRANDGEORGE explique par "le souvenir des sensations confuses de la vie entra utero où l'amour fusionnel avec la mère existait encore...". C'est fou ce qu'une verrue ou un péché de gourmandise peuvent cacher de sens profond ?
 

L 'ENFANT "A U R U M  M E T A L L I C U M" 

Comment se présente l'enfant AURUM METALLICUM lorsqu'il vient consulter ? Citons R. ZISSU (Matière médicale homéopathique constitutionnelle - T 4-p262-263): 

"Nous avons deux types d'enfants AURUM, qui correspondent exactement aux deux phases d'action de l'or: phase d'excitation donnant un type nerveux, phase de dépression suscitant un type lymphatique. Le plus souvent, on a affaire â un type mixte, lympho-nerveux, candidat à la scrofule". 

Le type nerveux apparaît comme le plus petit et le plus intelligent de sa classe, mais violent, irascible et hypersensible, particulièrement frileux alors qu'il est sans cesse agité. L'anamnèse révèle: des convulsions lors des poussées dentaires, ou en cas de verminose; des rhino-pharyngites qui ont conduit à l'ablation des amygdales ou des végétations, qui n'a pas empêché des otites â répétition ou une mastoïdite, puis des otorrhées chroniques. Pour R. ZISSU il s'agit d'un enfant réagissant sur les modes tuberculinique et luétique, puis sycotique â cause des vaccinations ou des médicaments chimiques, d'où l'enchevêtrement des indications d'autres médicaments comme NATRUM MURIATICUM, SILICEA, LUESINUM et une tuberculine. Penser à l'alcoolisme des parents, expliquant alors la tendance luétique (aphtose buccale récidivante dans l'enfance). 

Le type lymphatique donne toujours un enfant petit, mais très émotif, timide, affectueux, hypersensible, rêveur et facilement pleurnichard mais à d'autres moments irritable, rageur, coléreux, ce qui peut expliquer ses problèmes scolaires. Le rachitisme est fréquent, mais AURUM est cité au degré faible à la rubrique "Dents cariées". Les problèmes O.R.L. sont importants: sensibilité au streptocoque, otorrhées, amygdalites suppurées, suppurations osseuses, réactions lympho-ganglionnaires, etc... A cela s'ajoutent les mauvais effets de la scarlatine, la susceptibilité au R.A.A., les troubles respiratoires `toux, asthme par temps humide...), l'ectopie testiculaire, etc... 

Les troubles digestifs ne sont pas absents et dès l'enfance s'affirment les goûts et aversions alimentaires: désir de pain, de viande (parfois aversion), de lait, de friandises, de boissons froides. 

Pour revenir aux troubles du comportement, un auteur anglo-saxon, BORLAND explique: "Ils manquent d'énergie, de mémoire, mais réagissent à une chose: la contradiction. Ils sont terriblement sensibles à toute déception, leur chagrin dure des jours et ils sanglotent même en dormant sans s'éveiller". Mais la déprime alterne avec des phases d'excitation: bagarreurs, dictatoriaux, autoritaires." BARBANCEY les décrit comme souvent de bons élèves en raison de leurs facultés intellectuelles, de leur mémoire, de leur expression orale, avec un inconvénient: le besoin d'un bon climat affectif et chaleureux. Qui peut faire défaut. 

           Selon l'importance du rachitisme de la première enfance, les dents peuvent être plus ou moins bien minéralisées. De plus, cet enfant adore les friandises. Cela explique peut-être des caries en plus grand nombre que ne le laisse supposer le Répertoire. En tous cas, l'enfant peut avoir mal à ses dents, parfois très mal, avec une tendance aux congestions pulpaires (BELLADONA) puis aux complications suppurées apicales. L'état gingival présente volontiers des inflammations allant jusqu'aux ulcérations, ce qui exprime la tendance luétique.

L'ENFANT « ARGENTUM  NITRICUM » 

On se demande parfois ce qui peut faire courir aussi vite un adulte ARGENTUM NITRICUM. Pour l'enfant, on en a au moins une explication: il a peur d'arriver en retard à l'école et d'en être puni, alors il part tôt et marche vite. Il rencontre parfois sur son chemin son copain MEDORRHINUM qui est parti tôt lui aussi, mais pas par crainte du retard, seulement pour avoir le temps de jouer avant le début de la classe. Car tous deux sont en conflit avec le temps. L'enfant MEDORRHINUM demande toujours: "Et après qu'est-ce qu'on fera ?", alors que ARGENTUM NITRICUM dit "déjà ?", parce que le temps est passé trop vite, du moins en a-t-il ce sentiment (cf L'Homéopathie française - 1987/5). 

R. ZISSU dit que l'enfant ARGENTUM NITRICUM est un luétique, à aspect de "petit vieux". NASH ajoute "enfants qui ressemblent à des petits vieillards ratatinés". On peut ajouter l'amaigrissement (de bas en haut, au contraire de NATRUM MUR.) et ce qui est curieux chez le jeune, des bouffées de chaleur, recherche du frais, intolérance aux vêtements serrés, aux pièces pleines de monde. 

Déjà chez l'enfant apparaissent les signes psychiques, dominés par le conflit avec le temps (comportement hâtif) et avec l'espace (instabilité, phobies de certains lieux), expliquant le comportement somme toute typiquement luétique. Le résultat de cet ensemble est qu'ARGENTUM NITRICUM est un enfant peu sociable, souvent solitaire, impulsif, obstiné, opposant, parce qu'il ressent certaines peurs qu'il ne veut pas expliquer aux autres, par crainte du ridicule ou de l'incompréhension. II n'ose rien entreprendre par crainte de l'échec, il s'imagine qu'on le méprise. Les phobies de l'adulte existent déjà: peur de la foule, des lieux publics, des immeubles trop hauts, des places trop vides, des rues étroites, des ponts avec impulsion à se jeter dans le vide. Avec en plus une anxiété par anticipation, notamment au moment d'un contrôle ou d'un examen, ou même d'une entrevue avec l'enseignant ou le directeur, et même de la visite chez le dentiste!!! 

Voyons maintenant ce qui peut conduire l'enfant ARGENTUM NITRICUM au cabinet dentaire. LATHOUD ne détaille pas les signes buccaux de l'enfant de ceux de l'adulte: bouche sèche, langue sèche avec papilles proéminentes, bout de la langue douloureux, gencives sensibles et saignant facilement, douleurs au niveau de dents saines, haleine fétide, salive visqueuse. ARGENTUM NITRICUM n'est pas cité à la rubrique "Dents cariées" du Répertoire de KENT. Ceci est d'autant plus curieux qu'ARGENTUM NITRICUM a un gros désir de sucre, de sucreries, même s'il ne les digère pas bien. De même, ce remède est absent des différentes rubriques concernant les ulcérations de la bouche et pourtant le nitrate d'argent a une action inflammatoire et ulcéreuse sur les muqueuses (action qui s'exprime davantage et à l'évidence avec l'acide nitrique). Georges HODIAMONT (1906-1984) souligne l'action ulcéreuse du nitrate d'argent et précise "sur toutes les muqueuses". D'ailleurs ARGENTUM NITRICUM est un remède important d'ulcère de l'estomac. Personnellement, nous n'excluons pas ce remède de la liste des remèdes d'aphtose ou de gingivite ulcéreuse. Quant à la carie, elle nous semble possible, ne serait-ce qu'en raison du rôle du sucre dont cet enfant abuse, peut-être d'ailleurs pour apaiser parfois son angoisse. 

Ce qui semble important avec ce remède est le comportement de l'enfant au cabinet dentaire. Tout d'abord, du fait de l'anxiété par anticipation, cet enfant se précipite au cabinet, bien longtemps avant l'heure du rendez-vous, ce qui ne le calme pas à l'évidence. Lorsqu'arrive le moment de s'asseoir dans le fameux fauteuil, une fatigue brutale et divers signes somatiques expriment son angoisse: l'abondance de paroles un peu incohérentes (toujours par précipitation dans l'élocution), ensuite des tremblements plus ou moins visibles, le besoin d'aller aux toilettes (mais à notre avis il est rare de voir une selle ou une miction involontaire au cabinet dentaire). Les jours précédents, et surtout la veille, l'enfant a souvent un sommeil agité, peuplé de cauchemars. Si l'attitude rassurante du praticien n'y suffisait pas, il faudrait alors penser à prescrire ce remède.
 

L 'ENFANT "ANACARDIUM ORIENTALE"
 

La plupart des matières médicales sont quasi muettes sur les signes bucco-dentaires de ce remède. HAHNEMANN et le Répertoire permettent de souligner les signes suivants: gingivite saignant au moindre contact, diverses douleurs dentaires (notamment lorsqu'on met un aliment chaud dans la bouche = PULSATILLA.), salive abondante, haleine fétide, mauvais goût, vésicules douloureuses, langue blanche et parfois râpeuse. Tous ces signes sont certes banals, mais peuvent motiver la consultation du dentiste.
 

Tout d'abord, il faut rappeler la circonstance étiologique principale de ce médicament: le surmenage intellectuel qui provoque un état d'asthénie avec modifications du comportement: dépression, irrésolution, perte de la mémoire d'apparition souvent brutale, irritabilité, colère. L'enfant est devenu triste, indifférent, méfiant, contradictoire parce qu'hésitant sur l'attitude â adopter (comme s'il y avait en lui deux volontés opposées). Au cabinet dentaire, il peut se montrer agressif, grossier, très désagréable, simplement par manque de capacité à surmonter son anxiété. Dans cet état dépressif, il manque de confiance en lui, se réfugie dans la solitude, il devient particulièrement exécrable avec ses proches, notamment avec sa mère s'il éprouve un sentiment d'abandon. G. SELLEM (L'Homéopathie exactement, t2, p.28) dit de cet enfant: "C'est au fond un brave gosse, ayant d'excellentes intentions à l'égard de son entourage et pourtant enclin à faire du mal. Le repas est le seul moment qui calme cet ouragan". VANNIER et POIRIER ajoutent: "Est parfaitement désagréable avec les personnes qu'il aime et respecte tout en se rendant compte de son attitude et ne peut s'en empêcher. Rit des choses sérieuses et est sérieux devant des choses gaies".
 

L'amélioration en mangeant et durant les deux heures qui suivent le repas n'empêche pas l'appétit capricieux: il a souvent faim, il sait que manger calme son anxiété ou son irritation, mais il est vite rassasié. De nombreux malaises disparaissent en mangeant: sensation de défaillance à l'épigastre, état vertigineux, nausées ou envies de vomir.
 

Ce "petit" remède est un complémentaire précieux d'autres plus importants, mais il n'est pas facile à classer. Par exemple, sa circonstance étiologique laisse deviner une petite place parmi les remèdes "tuberculiniques" = le surmenage intellectuel. Mais il est également décompensé par "les querelles, les vexations ou une frayeur" et enfin la "suppression d'une éruption". A notre avis, ce petit remède peut avoir des relations avec LYCOPODIUM, PULSATILLA, NATRUM MURIATICUM et quelques autres.
 

L'ENFANT « BARYTA CARBONICA »
 

On peut dire de cet enfant qu'il n'a pas de chance, au sens homéopathique et diathésique du terme. Homéopathique parce d'un côté le carbone représente un élément de ralentissement et de sclérose, surtout centré sur le tube digestif (constipation opiniâtre, atonie rectale, hémorroïdes saillantes...), de l'autre la baryte développe une action toxique de sclérose, d'hypertrophie et d'induration des glandes et ganglions, de congestion. Diathésique en raison de l'hérédité "chargée". Le plus souvent, il est né de parents autrefois appelés "carboniques" ayant eu de gros problèmes de santé, dans lesquels les quatre modes réactionnels sont largement impliqués, surtout au stade lésionnel. Ou encore de parents alcooliques. R. ZISSU décrit deux types d'enfants BARYTA CARB.: 

·         Un type gras – grand, vigoureux, bien charpenté, avec une grosse tête, une grande bouche, une forte mâchoire, mais avec des yeux trop gros, inexpressifs, et un rire niais, en retard pour tout, onychophage. 

·         Un type maigre = grêle, souffreteux, d'aspect vieillot, retardé lui aussi pour tout, peureux, apathique, tête et ventre gros, jambes incurvées et graciles, très sensible au froid.

Dans son ouvrage Children's types, Douglas M. BORLAND affirme n'avoir jamais rencontré d'enfants BARYTA CARB. de taille normale, ils les appelle des "sous-développés physiquement et mentalement, et en plus très timides, surtout en présence d'étrangers. Ce sont aussi des enfants peureux pour tout, enclins à des cauchemars ou â des terreurs nocturnes". VOISIN écrit: "Le sujet est timide, honteux, a peur des figures qu'il ne connaît pas, joue seul et â des babioles, se cache quand vient une visite". BORLAND ajoute qu'en les étudiant, on s'aperçoit que ces enfants ont toujours été en retard: pour parler, marcher, pour la dentition, pour le développement pondéral, etc... En plus, ils sont lents et semblent ne rien comprendre en classe, inattentifs par faiblesse de la mémoire: incapables de retenir longtemps une leçon qu'ils savaient par cœur quelques instants plus tôt. PONCET ajoute que ces enfants présentent une "immaturité affective, un comportement infantile, une timidité excessive, un manque de confiance en eux". Pas étonnant que certains d'entre eux puissent être de véritables arriérés mentaux, voire des idiots (au sens médical). 

Ces enfants sont particulièrement sensibles au froid, ils s'enrhument facilement et présentent une hypertrophie des amygdales ainsi que des autres formations lymphoïdes, avec tendance â l'induration. 

           On peut voir ces enfants au cabinet dentaire pour des caries (2'd), des aphtes (signe absent dans le Répertoire de KENT mais signalé par LATHOUD, indiqué au 2° d à "ulcérations de la langue"), salivation très abondante. Leur comportement est celui déjà décrit, mais nous pensons qu'avec beaucoup de tact, on parvient â les mettre en confiance et â les soigner sans trop de problème.
 

L ENFANT "BORAX" 
 

       Dans l'ouvrage cité, BORLAND compare BORAX à BARYTA CARBONICA: 'Je pense que la façon dont l'enfant est effrayé vous permettra de reconnaître s'il est Baryte car& ou Borax. Le Baryta carb. et le Borax sont tous deux des enfants peureux, très souvent d'aspect â peu près semblable mais, tandis que chez l'enfant Baryta carb, c'est quelque chose d'étrange dans son entourage qui le terrifie, chez l'enfant Borax, c'est tout bruit soudain, à proximité, qui est une véritable cause de terreur". 

             L'enfant Borax  n'est pas aussi déficient sur le plan intellectuel que le remède précédent, mais il est très paresseux, et c'est cette paresse qui explique ses problèmes scolaires, avec en plus une incapacité à poursuivre longtemps la même occupation, jeu ou devoir, il se lasse vite et veut passer â autre chose. De même, l'enfant Baryta carb. pleure très facilement lorsqu'il est dépassé ou confronté à un problème, alors que Borax devient coléreux, irritable, crie et donne des coups de pieds. L'enfant Borax a des cauchemars, ou des terreurs nocturnes, surtout les soirs des jours où il s'est beaucoup dépensé physiquement. Chacun de nous connaît la fameuse modalité d'aggravation de l'anxiété: penché en avant, mouvement de descente (peur de tomber, surtout en descendant un escalier).

On peut voir Borax au cabinet dentaire pour une gingivite hémorragique, une stomatite surtout herpétique ou aphteuse, avec une salivation abondante malgré la sensation de sécheresse buccale. Borax a très souvent des poussées d'herpès sur les lèvres ou sur tout le corps. Ces troubles buccaux peuvent participer à un ensemble digestif: nausées, vomissement, crises de diarrhée avec selles douloureuses, expliquant la mauvaise humeur, aggravation après avoir mangé des fruits ou encore nausées ou vomissements sans cause apparente, après avoir eu peur (bruit surtout, comme le tonnerre), après un mouvement de balancement. C'est surtout au cours de troubles aigus que cet enfant a un comportement difficile.

L'ENFAN'T "CARBO VEGETABILIS" 

Certains seront étonnés de voir citer ce remède parmi les portraits d'enfants, tant est grande sa réputation de remède de "fin de vie", "d'agonisants", de "dernière chance". Cela est bien vrai et la symbolique est explicite: CARBO VEG. est le charbon de bois, c'est-à-dire une substance calcinée, qui a brûlé jusqu'au bout. Mais ce même charbon peut fournir de l'énergie, encore une fois. Comme il le fait en dilution homéopathique chez des malades très décompensés. Verrons-nous un enfant CARBO VEG. au cabinet dentaire ? Voici d'abord les signes bucco-dentaires: ils concernent essentiellement une maladie parodontale très grave, et donc inexistante chez l'enfant. Mais ce remède est cité au degré moyen à "Aphtes", à "Ulcérations des gencives", à "Dents cariées"

A quoi ressemble un enfant CARBO VEG. ?  Dans « L'Homéopathie exactement »  (tome 2, p.86-94), Jacques LAMOTHE, pédiatre, en propose une étude passionnante et pratiquement unique. Nous le pillons donc largement. Mais d'abord, quelques précisions sur ce médicament pour mieux le comprendre, empruntées à R. ZISSU. 

CARBO VEGETABILIS est un charbon impur, dont le composant principal est le carbone, l'un des éléments essentiels de l'organisme: poids moléculaire peu élevé lui permettant des liaisons faciles, une polymérisation aisée en une molécule lourde (d'où la lenteur et la passivité des réactions des sujets "carboniques". Le carbone est un puissant réducteur, il forme de l'anhydride carbonique (CO2) en s'unissant à l'oxygène, responsable de nombreux troubles asphyxiques. La résultante de son action est l'insuffisance des oxydations, l'encombrement par le CO2 avec de nombreuses conséquences tissulaires, circulatoires, respiratoires, digestives, nerveuses...), la production de ptomaïnes explique des éliminations cutanées et muqueuses brûlantes et caustiques (ulcérations). 

J. LAMOTHE décrit les circonstances étiologiques de ce remède que l'on peut retrouver chez l'enfant: maladies débilitantes, généralement graves, qui peuvent expliquer une décompensation plus tard, par fragilisation: affections aiguës néo-natales, souffrance fœtale, détresse respiratoire, etc...puis les toxi-infections: alimentaires, typhoïde, viroses, paludisme, fièvres prolongées, rougeole, coqueluche, oreillons, scarlatine... - les agressions physiques importantes, notamment par le froid ou la chaleur (climat tropical, enfant abandonné dans une voiture par temps chaud), par des efforts excessifs et épuisants (sport), par accident, opération, etc..., plus quelques causes typiquement "homéopathiques": suppression (transpiration, éruption, écoulement) avec les métastases habituelles. LAMOTHE dit que CARBO VEG. est le principal remède des complications des maladies infectieuses de l'enfance, notamment de la rougeole. Ce qui s'explique par le fait que l'enfant CARBO VEG. se défend mal: son système immunitaire peut être déficient par l'insuffisance circulatoire et la tendance asphyxique des tissus, d'où de nombreuses complications après une maladie banale chez un autre, ou après une intervention chirurgicale (cicatrisation difficile). Ces enfants seraient aggravés par les anti-inflammatoires chimiques "véritables suppresseurs d'un processus habituellement curatif'. Tout cet ensemble de causes lointaines ou proches peuvent expliquer les troubles du comportement de l'enfant: 

1/ Lenteur intellectuelle, paresse, manque de réactivité = enfant diminué, retardé en classe, borné, étourdi, entêté, menteur, désobéissant, indocile.

2/ Manque de sensibilité affective = "invalide du cœur", d'où indifférence émotionnelle, intérêts et passions limités, scepticisme vis-à-vis de tout, n'aime pas trop sa famille, insensible à la compassion, indifférent à la musique.

J. LAMOTHE affirme que CARBO VEG., comme LYCOPODIUM, a conscience de ses faiblesses physiques et mentales, cela le gêne et explique certains signes comme: timidité en public, s'imagine qu'il rapetisse alors que l'environnement grossit, crainte du jugement des autres, embarras en société (il rougit et son cœur bat fort), peur des étrangers, aversion pour la compagnie quand des étrangers sont présents, toux quand des gens l'approchent. Mais LYCOPODIUM reste ambitieux, volontaire et a l'intelligence nécessaire, alors que CARBO VEG. n'a ni l'ambition, ni l'énergie, ni la volonté. CARBO VEG. développe un manque total de confiance en lui et cela l'angoisse, avec anticipation, comme CAUSTICUM ou KALI CARB. (qui contiennent aussi du carbone). Lorsqu'il en a les moyens, la conscience de ses faiblesses le pousse à tenter de donner le change, mais il le fait avec maladresse: sentiments affectés, affectation, hilarité sans bornes, manque de naturel, manières niaises ou puériles, devient aimable et généreux envers les étrangers, indifférent et avare avec ses proches. J. LAMOTHE explique ce comportement par un sentiment narcissique caché. Citons-le: "A la différence de CAUSTICUM qui vit dans l'angoisse - des réactions agressives de KALI CARBONICUM., déchiré entre son angoisse et sa rébellion contre les autres - et de LYCOPODIUM, qui malgré ses angoisses et ses doutes arrive à avoir un certain pouvoir sur les autres - ou de SILICEA qui, aussi très craintif et doutant de lui, obtient la sécurité et l'affection par le perfectionnisme et la gentillesse (exemple Claude FRANCOIS)".

Alors, et ce peut être le cas au cabinet dentaire, l'enfant CARBO VEGETABILIS, pour "cacher ses carences fondamentales", devient "susceptible, avec des colères violentes pour des futilités, l'enfant peut frapper, mordre, donner des coups de pieds (KENT) et le regretter ensuite. Lent à la base, ses réactions sont fugaces et mal contrôlées. Vexé, il se replie dans un silence offensé".


          Quelques clés pour comprendre: "Terne comme le charbon, CARBO VEG. cache son jeu la plupart du temps et en pratique l'enfant ne se présente que rarement ainsi car ce serait trop mal vu" ou "Les réactions de CARBO VEG. sont impétueuses, précipitées, inattendues, tout cela contraste avec la lenteur et la lourdeur habituelles". Et enfin pour terminer, J. LAMOTHE donne quatre tableaux d'enfants CARBO VEG.:

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L'enfant CARBO VEG. "doux": très gentil, docile, timide et gauche en public, mais il ne s'agit que d'une apparence. Il manque de personnalité = ce type est proche de PULSATILLA.

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L'enfant CARBO VEG. "mauvais": impossible, indocile, têtu, menteur, violent, insensible = ce type est proche de MERCURIUS.

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L'enfant CARBO VEG. "peureux": couard, pusillanime, angoissé la nuit, ayant très peur d'être abandonné, anticipant beaucoup = ce type est proche de CALCAREA CARB. mais celui-ci se défend par une recherche de la sécurité dans l'absence de changement (la calcification). Proche aussi de LYCOPODIUM et de CAUSTICUM.

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L'enfant CARBO VEG. "stupide": entêté, borné, lent, oublieux, frileux = ce type ressemble â CAPSICUM qui craint aussi beaucoup la critique mais qui réagit par des réactions psychosomatiques dont la clé est la nostalgie du "paradis perdu".

  Voici donc un portrait, certes incomplet, de ce remède "trompeur" â plus d'un titre, et pour cela méconnu dans de nombreux cas. Il resterait bien d'autres signes â décrire, mais nous laissons chacun d'entre vous libre de compléter et d'assouvir sa soif d'apprendre et de comprendre.
 

L’ENFANT « CAUSTICUM » 

R. ZISSU écrit: "L'enfant Causticum est un scrofuleux (peau et muqueuses à suppurations torpides), maigre (membres inférieurs), mais à gros ventre, peureux, faible, retardé (pour apprendre à marcher, tombe facilement, apprend tard à parler), anxieux au crépuscule et à l'obscurité (LUESINUM), croit voir des revenants, énurésie après s'être endormi" (MMHC).
 

Selon le travail d'un groupe de pédiatres (G.R.E.P.H.) présenté par  J. LAMOTHE (L'Homéopathie exactement, T.2, p.95), le nourrisson ou l'enfant CAUSTICUM a subi des traumatismes physiques ou psychiques dans sa courte vie, pendant la gestation ou au cours de l'accouchement. "C'est un enfant qui a souffert au départ, à qui il est arrivé "quelque chose". L'enfant traduit ce traumatisme par de la faiblesse pouvant aller jusqu'aux paralysies, et de la peur avec inhibition. CAUSTICUM est un enfant disharmonieux dans son apparence, son évolution psychique et physique et dans sa pathologie". Cette dernière phrase, tirée du livre cité ci-dessus, peut être retrouvée textuellement dans l'ouvrage de j. BARBANCEY ("Pratique homéopathique en psychopathologie" T2, p.40). J. BARBANCEY reprend les mêmes traumatismes psychiques et physiques autour de la naissance et décrit la pathologie de l'enfant Causticum ainsi, du plus simple au plus grave: 
 

 
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Retard et lenteur de l'évolution et des acquisitions. Instabilité caractérielle avec anxiété irritable.
 

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Des troubles neurologiques: retard psychomoteur, parésies (énurésie, encoprésie), paralysies fonctionnelles.
 

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Pathologie psychiatrique: altération des moyens instrumentaux, blocage réactionnel de type psychotique: troubles du langage, de la marche, du comportement.

 

 

Pour l'enfant CAUSTICUM, les pédiatres accusent les causes suivantes:
 

-> Les traumatismes psychiques: suite de chagrin profond (deuil, séparation, hospitalisation, dépression des parents, frustration importante...). Suite de peurs, de frayeur, d'émotions fortes, d'humiliation... 

-> Les traumatismes physiques: suite d'anesthésie générale, de manque de sommeil, d'affection débilitante (anémie, hémorragies, déshydratation...), de suppression d'éruptions (délire, paralysies), d'écoulement nasal, suites de froid sec...
 

              FARRINGTON disait: "Plus de trois peurs = CALCAREA CARBONICA". Cette affirmation n'a rien de pertinent car plusieurs médicaments ont plus de trois peurs. Causticum notamment: du noir (2° d), d'aller se coucher, de dormir (il exige qu'une lumière reste allumée dans sa chambre), d'un malheur imminent (3° d), des animaux (I°d) et des chiens (2°) et du "loup", du bruit (2° d), des étrangers (2° d), des fantômes (2° d), dans la foule (1'd), du démon (2° d), de la mort (2° d), d'être seul la nuit (2° d). LAMOTHE ajoute: "Il aura peur d'aller au lit, d'autant qu'il sait qu'il va y retrouver avec hantise ses fantasmes angoissants et obsédants, qui le feront pleurer, parfois même jusque dans son sommeil". 

Voici donc l'enfant CAUSTICUM et ses peurs. Dans les cas les plus bénins, l'examen neurologique ne montre aucune séquelle de ses ennuis néo-nataux ou per-nataux. L'électro­encéphalogramme est normal. Tout au plus peut-on déplorer des chutes fréquentes, ou des difficultés dans la coordination gestuelle, ou quelques parésies discrètes (doigts recroquevillés au repos mais normaux par la volonté, petite gêne à la marche...). En cas de difficultés psychiques, le comportement se trouve modifié, avec d'abord les troubles du sommeil (les différentes peurs déjà décrites), puis des troubles de l'alimentation (refus des repas, dégoûts inhabituels, sélectivité de certains aliments, anorexie véritable, rarement une boulimie), enfin des troubles des sphincters (énurésie, encoprésie = lorsque cette dernière se manifeste le jour, elle peut être interprétée comme un signe de régression). Voila le contexte dans lequel un petit CAUSTICUM peut arriver au cabinet dentaire. Sa visite peut être motivée par, selon LATHOUD = CAUSTICUM ne serait qu'un remède de gingivite hémorragique et de paralysies de la langue, voire même une paralysie des lèvres. Selon KENT, CAUSTICUM est indiqué à "ulcérations" (1'd), "ulcérations des gencives" (1°d), "douleurs dentaires" (2° d), "caries" (1'd). Bref, tous ces signes sont peut significatifs. Le petit CAUSTICUM vient consulter le plus souvent pour des caries banales, résultat d'une mauvaise hygiène et non pathogénétiques. Seul son comportement peut être ici pris en compte.

L'ENFANT "KALI CARBONICUM"
 

Il ne faut pas se culpabiliser si l'on se sent dérouté face à un enfant KALI CARB. présentant des symptômes opposés et contradictoires. KENT lui-même écrivait: "Il y a un grand nombre de symptômes opposés les uns aux autres, de symptômes changeants, aussi est-il apparenté aux malades qui dissimulent leurs symptômes et qui ont beaucoup de symptômes vagues". Pourquoi ce flou dans la Matière Médicale ?
 

R. ZISSU nous a appris que le carbone a une action dépressive sur le tube digestif, sur le système nerveux et sur l'appareil respiratoire. Ensuite, le potassium ajoute sa propre action métabolique et toxique: hypofonctionnement cellulaire, atonie musculaire, anémie, asthénie mentale avec irritabilité, tendance parêtique, douleurs, irritation des muqueuses allant jusqu'à l'ulcération et la nécrose. Selon H. BERNARD et R. ZISSU, KALI CARB. marque une étape dans la décompensation d'un sujet réagissant un temps sur le mode psorique, puis sur le mode sycotique: fond de faiblesse avec sursauts réactionnels sthéniques, tendance â l'infiltration hydrique, troubles nutritionnels par insuffisance hépato-digestive avec retentissement sur le système immunitaire, troubles digestifs (flatulence, constipation entre autres), troubles circulatoires, cardiaques, respiratoires, cutanés. Qu'en est-il de ces troubles chez l'enfant ?

 

D'abord, la croissance est perturbée avec asthénie et tendance anémique. KALI CARB. a une morphologie hypotrophique, il est faible, frileux, sensible sur le plan sensoriel (contact, bruit), il se fatigue vite, il a besoin de sucre. Il n'est pas étonnant, dans ce contexte, qu'une maladie, quelle qu'elle soit, le fatigue beaucoup (convalescence longue et pénible). Sur ce fond, KALI CARB. est irritable et il a une grande peur: d'être abandonné = peur de la solitude, qui induit un sentiment de crainte avec peur de mourir si on le laisse tout seul. La nuit, il est tourmenté par des rêves anxieux: d'être écrasé, ou qu'il est couché sous un rocher, il a alors besoin d'aide, il rêve qu'il appelle au secours, que personne ne vient. Le tout avec les modalités d'amélioration par la compagnie, ou lorsqu'on le porte dans les bras. Comme le dit J. LAMOTHE (L'Homéopathie Française - 1988/6): "KALI CARB. enfant a besoin de douceur, au sens propre (affection) comme au sens figuré (sucreries)". Et ce même auteur dresse le portrait psychologique de cet enfant: KALI CARB. a conscience de sa faiblesse, ne la cache pas comme LYCOPODIUM trop fier, mais s'il la reconnaît, il ne l'accepte pas pour autant: elle le révolte d'où les symptômes de rébellion: il est désagréable, irritable, se lamente sans cesse, mécontent, insatisfait de tout et de lui-même, refusant l'aide ou la consolation qu'il réclame pourtant, le tout allant jusqu'à somatiser sa révolte, notamment par des troubles digestifs (ictère). Et voilà l'explication des symptômes opposés décrits par tous les auteurs: tantôt tendre, tantôt agressif, demandant la consolation pour la rejeter aussitôt, enfant "soupe au lait", etc...
 

Le fond "carbonica" explique sans doute les nombreuses peurs: peur qu'on le laisse seul, qu'on l'abandonne, qu'on l'oublie; peur d'aller se coucher = sensation d'abandon. Et ce sentiment profondément ancré dans le conscient ou l'inconscient peut peut-être expliquer l'hypersensibilité sensorielle, comme s'il restait constamment à l'état de veille: ouïe, toucher. Et dans certains cas, l'enfant peut régresser psychiquement: énurésie, encoprésie, ou dans des cas bénins, refus de manger après une contrariété, ou vomissement en cas d'excitation nerveuse.
 

          Quels sont les moments les plus pénibles dans la vie de cet enfant, qui peuvent induire l'indication de KALI CARB.? D'abord, certaines maladies infantiles sont mal vécues: la rougeole notamment, la coqueluche, oreillons (avec parotidite côté droit) puis les maladies banales dues au froid: rhino-pharyngites, bronchites souvent compliquées en asthme, toux spasmodique, troubles digestifs (l'angoisse est ressentie à l'estomac), avec constipation de fond et épisodes diarrhéiques (< par le lait), verminoses, parfois des convulsions. 

Pourquoi l'enfant KALI CARB. vient-il consulter son dentiste ? D'abord pour des caries (2'd), pour des douleurs dentaires (2'D) parfois en rapport avec des troubles respiratoires (rhinites, sinusites maxillaires), pour des aphtes (2° d), pour une gingivite (2° d), pour des abcès des dents de lait. 

Le chirurgien-dentiste en reconnaissant un enfant KALI CARB. doit adopter un comportement rassurant, ne doit pas exiger que la maman reste dans la salle d'attente. Comme nous l'avons dit et écrit très souvent, l'intérêt de l'homéopathie réside dans le fait de ne pas aggraver la pollution médicamenteuse chez ces enfants, chez lesquelles la fréquence et la torpidité des inflammations muqueuses expriment le mode sycotique, lui-même suscité ou entretenu par les médicaments â action sur les réactions immunitaires, notoirement déficientes dans ces cas. Or, combien de chirurgiens-dentistes prescrivent-ils des antibiotiques pour des abcès des dents de lait, pour rassurer la maman, ou le plus souvent pour se rassurer eux-mêmes, ou dégager leur responsabilité en cas de complication ? 

L'ENFANT "KALI BROMATUM" 

Autrefois largement utilisé dans les casernes pour éviter les préoccupations sexuelles des jeunes recrues, le bromure de potassium est plus connu en homéopathique comme remède de terreurs nocturnes des enfants. 

Dans un article "KALI BROMATUM chez l'enfant et l'adolescent" (« Les Annales homéopathiques » -1961/7), J. BARBANCEY en donne une étude intéressante illustrée par des observations. Elle décrit deux types d'enfants: 

1/ L'enfant instable: à la fois rêveur et agité, rarement présent à ce qui se fait en classe, impatient à table, en visite, en public. Le "key-note" de NASH: "agitation des mains' est typique chez lui. II faut qu'il tripote quelque chose: crayon, stylo (qu'il visse et dévisse), papier (qu'il enroule et déroule), boutonnière, fermeture-éclair (qu'il ouvre et ferme). Mais c'est surtout un inquiet et moins un "remuant": difficultés affectives (mésentente des parents, inadaptation au milieu scolaire). Les vrais "remuants" demandent plutôt AGARICUS, TARENTULA HISPANICA, CHAMOMILLA,  SULFUR. 

2/ L'enfant mieux: il craint toujours d'être moins aimé des siens, ou d'être laissé seul. II est sujet aux crises de larmes, se réveille la nuit pour appeler sa mère (qui le rassure par sa simple présence). Vers 23 h, il est parfois en proie à des terreurs nocturnes, il se réveille a demi halluciné, tremblant, secoué de spasmes, de hoquets et de pleurs, grincements des dents pendant le sommeil. KALI BROMATUM est cité au degré fort à "rêves effrayants" dans le Kent, au degré fort également à "somnambulisme" par VOISIN (agitation habituelle des extrémités ou tendance aux terreurs nocturnes). 

Sur le plan bucco-dentaire, il n'y a que peu de signes intéressants. La plupart des Matières Médicales sont très discrètes. On peut donc penser que cet enfant a des caries banales. On pensera à ce médicament en présence d'un enfant anxieux, agité, lorsqu'on retrouve la notion de terreurs nocturnes, surtout s'il est en difficultés scolaires: surmenage, < par les efforts mentaux, fatigue intellectuelle, troubles graves de la mémoire, difficultés d'expression (oublie ou confond des mots, bégaiement), incapacité de concentration ou de penser, le tout pouvant aller jusqu'au repli sur soi (autisme) et de préférence chez un enfant amaigri, cachectique, perdant déjà ses cheveux.

 

Pour clore ce chapitre et en guise de pause, voici une observation vétérinaire due à  Anaïs LE TREGUILLY, vétérinaire homéopathe,  (L'Homéopathie française - 1984/1):

 

"" Miss Setter est indécise: agitée, nerveuse, elle ne cesse de se dandiner d'une patte sur l'autre, de faire mine d'aller flairer les gens et de leur dire bonjour, sans toutefois se laisser approcher ou caresser (elle montre les dents â toutes tentatives en reculant). Elle tire sur sa laisse, ce qui aggrave sa propension â tousser. Elle hoquette fréquemment et s'étouffe parfois en buvant. Lorsque ses propriétaires la grondent ou rentrent, elle est encore plus agitée. Par contre, les promenades et les jeux la calment. Enfin, il lui arrive, à l'âge de 1 an, de faire encore pipi sous elle la nuit. Kali bromatum 9 CH est son remède ».

  

L’enfant « KREOSOTUM » 

Cet enfant fréquente souvent le cabinet dentaire en raison de l'état très délabré de sa denture. Cette fois, les Matières Médicales sont prolixes: "les dents sont gâtées, noires, cariées, s'effritant facilement (Staphysagria., Antimonium crudum); elles sont le sage de douleurs tractives….Les dents se carient presque dès qu'elles sont sorties; la dentition est difficile, douloureuse, l'enfant ne peut pas dormir, et ces dents, si difficiles à percer, elles s’abîment très rapidement... Un enfant qui a la bouche pleine de dents cariées, avec des gencives enflammées et douloureuses, trouve son meilleur ami dans Kreosotum » (Nash)'. Ce texte est tiré de la Matière Médicale de LATHOUD. Tout cela correspond en partie à la mélanodontie infantile. Car M. DECHAUME décrit surtout des lésions carieuses noirâtres qui atteignent la face vestibulaire des dents, des incisives supérieures d'abord, avec fracture ultérieure des bords incisifs, puis des autres dents, notamment des dents de six ans avec disparition progressive des faces triturantes, le tout accompagné d'une gingivite, avec in fine une denture réduite â des racines noirâtres, sans lésions pulpaires le plus souvent. Et heureusement, la denture définitive n'est pas concernée.
 

KREOSOTUM concerne d'abord la première dentition, car non seulement les dents sont rapidement cariées, mais l'éruption est très douloureuse, expliquant les pleurs et les cris du nourrisson et de l'enfant, avec des signes d'accompagnement: buccaux (gingivite hémorragique) et extra-buccaux: système nerveux (convulsions), troubles O.R.L. (rhino-pharyngites), respiratoires (bronchites, avec toux importante), digestifs (gastro-entérites, vomissements, diarrhées, selles vertes d'odeur repoussante, gros érythème fessier, haleine fétide) et cutanés (éruptions diverses, prurigineuses et brûlantes).

 

        La deuxième dentition est également concernée: caries rapides, dentine noire, effritement parfois important, douleurs, gingivite hémorragique (qui serait pire du côté gauche supérieure, haleine fétide, salivation, aphtes ou ulcérations, fissures des commissures, éruptions péribuccale. Ce tableau évoque à l'évidence le scorbut. West sans doute pour cette raison que des auteurs anciens impliquaient l'avitaminose C dans la mêlanodontie. Photo = ce qu’il faut empêcher 


               Le Docteur Henri Voisin (1896-1975)  décrit l'enfant KREOSOTUM comme grandissant vite, maigre ou maigrissant rapidement, d'aspect plus
âgé que son âge, à face pâle, aux yeux cernés avec une irritation des bords des paupières et des commissures labiales (sécrétions irritantes), frileux, grincheux, têtu, grognon, jamais satisfait. KENT le décrit comme "bébé hurleur, ayant des troubles digestifs et un abdomen distendu par les gaz". Et J. LAMOTHE ajoute des ennuis vésiculaires chez l'enfant: besoins fréquents et impérieux d'uriner, l'enfant doit se presser sous peine de se souiller, < en voyant de l'eau courante, ou besoin urgent en touchant de l'eau froide, ou encore énurésie du premier sommeil (comparer à STAPHYSAGRIA). Et ces signes sont sans doute importants car J. LAMOTHE ajoute encore: "Lorsque l'énurésie est associée à une pyorrhée alvéolo-dentaire avec caries et dents effritées, l'indication du remède est alors probable".
 

Mais ensuite, la démonstration semble plus contestable. LAMOTHE propose une synthèse de l'action de KREOSOTUM et donne une explication psychanalytique. En voici quelques extraits. "L'organe le plus spectaculairement touché, par rapport aux autres remèdes, est la dent; les individus les plus atteints sont le bébé et le vieillard = c’est-à-dire aux âges où les dents tombent". "La créosote est un goudron de hêtre qui, s'il tue les êtres vivants, conserve et fume la viande, laquelle est mangée par les dents...L'individu Kreosotum a donc un problème pour manger la viande avec ses dents: aussi, elles tombent, s'effritent, etc...Or, qu'implique manger de la viande pour l'homme, si ce n'est, entre autres, d'imaginer le cannibalisme, manger du mort? Qu'implique d'avoir des dents pour un bébé, si ce n'est d'abord de mordre le sein de sa mère? Les dents sont ainsi le premier instrument de l'agressivité orale". Cet auteur ne dit rien d'éventuels sujets à la fois Kreosotum et végétariens. Et nous aimerions être rassurés pour la tenue des dents sur les prothèses des vieillards!!! Mais heureusement, il conclut sa communication par 36 symptômes fiables chez l'enfant ou chez l'adolescent, que l'on peut retrouver dans l'ouvrage (L'Homéopathie exactement - T2, p. 158-165).

L 'ENFANT "LACHESIS"
 

Polychreste s'il en est (5000 symptômes dans le KENT, 90 pages dans HERING qui a fait la première pathogénésie), LACHESIS est bien connu chez l'adulte, notamment chez la femme au moment de sa ménopause pour la maladie parodontale, il est aussi un médicament important chez l'enfant, à condition de savoir retrouver son indication, car les grandes caractéristiques manifestes chez l'adulte ne sont plus aussi évidentes chez l'enfant en raison de l'absence des facteurs étiologiques habituels (sédentarité notamment). En fait, l'explication du comportement de l'enfant LACHE5LS est bien plus complexe qu'il n'y paraît et la tentative d'une synthèse, que l'on voudrait à la fois objective et équilibrée, se heurte aux analyses des psychiatres et des pédiatres, qui ajoutent des interprétations psychanalytiques, intéressantes certes, mais difficiles â résumer.
 

J. LAMOTHE (toujours dans le même ouvrage déjà cité) affirme que la clef de Lachesis, chez l'enfant, réside dans le sentiment réel ou imaginaire d'avoir été abandonné. A partir de ce point, l'enfant plus ou moins consciemment va se construire une bonne image de lui-même, ne comprendra pas pourquoi il est rejeté, reportera la responsabilité sur les autres, ce qui expliquerait ainsi de nombreux signes de son comportement: agressivité violente, exigence autoritaire d'affection, refus de partager avec un tiers, jalousie haineuse (gare au petit frère ou â la petite sœur!). Cependant, personne ne peut vivre constamment dans un état d'excitation, aussi "la logorrhée, l'hyperactivité, la méchanceté jalouse laissent place à des symptômes dépressifs avec misanthropie, angoisse, décompensation, épuisement...". Et les "moments difficiles", les caps les plus délicats sont bien connus pour l'adulte: puberté chez l'enfant puis grossesse, menstruations, ménopause, mais aussi les changements brusques du temps, les violences atmosphériques (orages, fortes chaleurs, vent) et dans la journée: le réveil (tristesse, abattement, mélancolie), le coucher (anxiété). Et enfin les aléas de la vie: voyages, mariage, deuils, chagrins, chocs affectifs, chocs physiques (toucher, bruit, vêtements serrés...). Par compensation, LACHESIS se trouve amélioré par la "libération de ce qu'il retient (sécrétions, extériorisation de ses peines) et qui le retient (vêtements serrés par exemple). Au contraire de l'introversion de LYCOPODIUM, avec LACHESIS "ça sort", plutôt trop que pas assez. En dehors des "moments" liés au fonctionnement hormonal, sauf la puberté, ces circonstances sont retrouvées chez l'enfant.

 

Chez le nourrisson et l'enfant, LACHESIS se reconnaît par un certain nombre de signes évocateurs:
 

 
bullet Refus de tout abandon, même momentané => le bébé hurle dès qu'on le repose dans son berceau, il exige les bras en permanence, et pourtant. LAMOTHE dit que ce bébé n'aime pas trop les caresses.
bullet Difficultés d'endormissement le soir qui seraient dues à l'angoisse du sommeil (solitude, peur du noir, rêves effrayants...), tout cela aggravé lors d'un voyage, d'un changement des habitudes. 
bullet Pleure quand on l'habille (n'aime pas les vêtements serrés) ou qu'on le "tripote (< contact), n'aime pas les bruits, ni le bain => pleurs. Mais, et à notre avis, ces signes ne sont pas tous valables et doivent inciter â la circonspection. Par exemple: l'aggravation par les vêtements serrés ne se voit qu'en cas de congestion artérielle, est-elle fréquente chez l'enfant ?
 
 


 

Alors que retenir (en synthèse) du comportement de l'enfant LACHESIS ? C'est un enfant difficile, agité, capricieux, coléreux, hypersensible â différents stimuli (bruits, contact, chaleur), il est facilement boudeur après une remarque ou critique. C'est surtout un enfant jaloux et envieux: jaloux d'affection, notamment après la naissance d'un autre enfant, ou lorsqu'il croit que l'enseignant en préfère un autre, envieux parce qu'il désir toujours ce que les autres possèdent (comparer à CHAMOMILLA, CINA, HEPAR SULFUR, NUX VOMICA...). Mais, il peut dissimuler sa jalousie, sous une apparence amicale, il peut être méchant, voire féroce et sournois (aimable en présence des parents ou de l'enseignant ou simplement d'un tiers, il est méchant lorsqu'il se trouve en tête-à-tête avec celui dont il est jaloux). Enfin, G. DANO (Les Annales Homéopathiques Françaises 1962-18) affirme qu'il est très bavard, fatigue son entourage et perturbe la classe. Il arrive aussi que le comportement odieux et insupportable de cet enfant se manifeste les jours précédents une maladie, plus ou moins grave, notamment une fièvre éruptive (tous les signes s'améliorent alors avec la sortie de l'exanthème).
 

Pourquoi vient-il consulter le dentiste ? LACHESIS est cité au T d â "Dents cariées" et â "Effritement des dents", au 2'd également à "Aphtes" et â "Gingivite ulcérée", au 3'd â "Ulcérations buccales" (2°d pour la langue et la gencive). La tendance ulcéreuse évoque le complémentaire fréquent de ce remède, LUESINUM, biothérapique du mode 1-L'étique. D'où d'ailleurs l'éventualité d'une morphologie dystrophique chez l'enfant LACHESIS, mais ce n'est pas obligatoire (tous les luétiques ne sont pas "fluoriques"). 

L'ENFANT « SEPIA »
 

           Si la femme SEPIA est largement décrite dans tous les ouvrages, il n'en est pas de même pour l'enfant. Mais plusieurs pédiatres de la nouvelle génération, J. LAMOTHE et D. GRANDGEORGE plus particulièrement, insistent sur l'importance de SEPIA chez l'enfant. Selon notre habitude, nous proposons ici une synthèse à partir des publications de R. ZISSU (MMHC – Tome l - Ed. Boiron 1989), de J. BARBANCEY (Pratique homéopathique en psychopathologie, T2), de deux articles de la revue "HOMEOPATHIE'" (1984/5) = J. LAMOTHE: "SEPIA en pédiatrie", D. GRANDGEORGE: "L'enfant SEPIA en pratique quotidienne", sans oublier bien-sûr, le Répertoire de KENT.
 

            Le nourrisson ne concerne pratiquement jamais le chirurgien-dentiste. SEPIA peut être utile à cet âge (ictère néo-natal, constipation sans besoin...), D. GRANDGEORGE cite les signes de SEPIA présents chez la mère, jeune accouchée, qui annoncent l'indication de ce remède chez elle et chez son enfant, en insistant sur les risques psychiques qui ont une répercussion chez le nourrisson, voire même chez l'enfant: persistance d'un masque de grossesse important, chute des cheveux après l'accouchement, pleurs en racontant ses problèmes, eczéma, hémorroïdes aggravées par l'accouchement, les règles ne reviennent pas après l'accouchement. Mais le plus important est la dépression du post partum avec rejet de son enfant. Devant ce tableau, il est important pour le médecin de ne pas "rater" l'indication de SEPIA, qui donne d'excellents résultats ("des miracles" D.G.). Sinon, le nourrisson peut présenter différents troubles, relevant toujours de SEPIA.
 

 
bulletProblèmes cutanés: eczéma vers le 2-3° mois, éruptions sèches (plis de flexion des jambes ou rétro-auriculaires).
 
bulletProblèmes O.R.L.= rhino-pharyngites, otites, compliquées de broncho-pneumopathies dyspnée sanies, écoulement purulent rétro-nasal pouvant induire des troubles gastriques (avec rejet du lait, vomissements, régurgitations...) et intestinaux (diarrhée, marasme surtout si s'ajoutent une anorexie et un dégoût du lait).
 

 

D. GRANDGEORGE ajoute que le nourrisson SEPIA fait volontiers des troubles au moment des poussées dentaires: diarrhée, irritation des fesses. L'aspect physique peut évoquer CALCAREA CARBONICA type "maigre" ou SILICEA, d'autant plus que SEPIA a un retard de fermeture des fontanelles et transpire de la tête pendant le sommeil. Mais SEPIA n'a pas de retard dentaire.
 

Ces auteurs insistent également sur les perturbations de la réponse immunitaire chez ces enfants, expliquant soit des troubles par insuffisance de la réponse (anergie = infections O.R.L. répétées et traînantes), soit de type allergique (rhinites, bronchites, trachéites spasmodiques, asthme, dermatoses atopiques ou mycosiques).
 

L'enfant SEPIA consulte le médecin pour différents troubles cutanés (eczéma, herpès labial ou péri-labial, orgelets) et surtout O.R.L. et respiratoires. L'énurésie et l'anorexie sont deux motifs fréquents de consultation, soulignés par R. ZISSU.
 

Les circonstances étiologiques de SEPIA chez l'enfant sont les suivantes:

 

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Antécédents chez la mère: dépression du post-partum ou durant la première enfance, rejet de son enfant ou indifférence affective; frayeur durant la grossesse. Anesthésie générale pendant l'accouchement (ictère néo-natal)
 

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Personnels: frayeur ou peur ou émotions, anesthésie générale chez l'enfant (asthénie, migraines, troubles digestifs ou psychiques). Manque de sommeil. Suppression de la transpiration ou d'une éruption. Séjour à la mer, coup de chaleur, refroidissement, humidité, après avoir été mouillé, temps venteux, orage, avant l'orage.

Comment se présente l'enfant SEPIA sur le plan morphologique: petit et maigre, avec des muscles peu développés et des articulations hyperlaxes, hypotoniques. La peau est souvent mate, bistrée, parfois jaune terreuse par périodes, notamment autour des orifices lorsque l'enfant a des troubles digestifs. Il y a des taches brunes, des éphélides, des naevi. Les lèvres sont souvent fissurées (NATRUM MUR.. = fissure médiane), surtout la lèvre inférieure, et perlèche fréquente. Le système pileux est développé (moustache fine insolite chez un jeune enfant et â plus forte raison chez une petite fille!).
 

L'enfant est frileux, craint le froid humide (mais 89 remèdes dont 16 polychrestes à cette rubrique), n'aime pas le climat marin, le temps venteux ou orageux. Il n'aime pas non plus les vêtements serrés (LACHESIS, LYCOPODIUM), les enlève et s'enrhume. Quand il est enrhumé, il aime la chaleur du lit.
 

Et enfin, quid de son comportement psychique ? 

Comme l'adulte, l'enfant SEPIA est introverti, inhibé sur le plan affectif et souvent déprimé. Sur ce fond, il peut être irritable, anxieux et obsédé. Comme NATRUM MURIATICUM dont il est le remède d'aggravation le plus fréquent, l'enfant SEDIA n'est pas facile â vivre, il s'enferme dans son monde et fuit les relations avec autrui. Le Répertoire de KENT fourmille de signes de ce type: indifférent aux êtres chers (3° d), aversion pour les membres de sa famille (3°d), aversion pour la compagnie (2°d) et aggravation par la consolation (3°d), mais crainte de la solitude (2°d} et pourtant amélioré quand il est seul (3°d), aversion pour la présence d'étrangers (2°d), peur des gens (1°d), timide (3°d), besoin de tranquillité (1°d). Tout cela ne facilite pas la vie scolaire. L'enfant SEPIA est solitaire, timide, réservé, peu communicatif, ne regarde pas en face, n'aime pas les réunions, ni jouer avec des camarades, préfère la compagnie des adultes. Mais il n'est pas impossible de le "dégeler" par un comportement approprié. Souvent, cet enfant a des problèmes de communication orale: aggravé par la conversation (1°d), irritable quand on lui parle (1°d), répond par monosyllabes (1°d), avec lenteur (1'd), place mal ses mots, fatigué quand il parle, aggravé par les discours des autres. Et lorsqu'une situation ne lui convient pas, il se réfugie volontiers dans une lipothymie: malaises, pertes de connaissances pour des riens. 

Dans un article intéressant, "SEPIA et l'ombre" (L'Homéopathie française - 1977/1), le psychiatre Michel BOUJARD insiste sur l'ambivalence du comportement de SEPIA. Dans cette étude, l'auteur ne traite que du comportement de la femme adulte, mais plusieurs traits sont retrouvés chez l'enfant. Cette ambivalence n'est pas l'apanage exclusif de SEPIA. Qui n'a pas été trompé par un NUX VOMICA calme, poli, réservé, presque timide au cabinet dentaire et qui n'exprime sa véritable personnalité qu'avec ses proches (famille, collègues de travail? Il en est de même avec SEPIA: "Il n'y a pas de lumière sans ombre" (Jung). La Matière Médicale avance des signes ambivalents: réservée, timide, déprimé, indifférente, irritable, mais aussi femme délicate, sensible aux impressions, docile, conventionnelle, tout comme l'enfant. Il accepte souvent les activités qu'on lui impose: école, sport, musique, il s'occupe de ses frères et sœurs, etc... mais accomplit tout cela avec ennui, sans entrain parce qu'on le lui impose, que cela ne procède pas d'un choix personnel. LAMOTHE ajoute: "L'expérience de maternage précoce sans affection ne fera que renforcer sa rancœur et son dégoût des enfants, aussi plus tard, elle reproduira cette relation pathogène avec son propre enfant et cela pourra continuer longtemps...". Ainsi, l'enfant SEPIA peut-il donner de lui une image qui ne lui convient pas. Ambivalence et contradictions! A l'image de la seiche qui se dissimule dans son environnement et s'entoure d'encre noire en cas de danger, les sujets SEPIA sont des "malades â la fois actifs, irritables, insatisfaits revendicatifs, ayant besoin de contacts sociaux - mais qui, facilement blessés, se rétractent, se renferment, se font transparents, dans une solitude qui les aggrave, mais qu'ils la recherchent, non sans masochisme" (J. BARBANCEY). Et encore une clef pour comprendre l'enfant SEPIA = Il fait des efforts en classe pour ne pas se faire remarquer, pour être conforme à ce qu'on attend de lui, pour ne pas laisser apparaître son ennui et son indifférence: c'est alors un enfant obéissant, sage, appliqué, sérieux, qui ne donne aucun soucis. Mais en même temps, il se réfugie dans un monde imaginaire d'où il n'aime pas qu'on le dérange: il rêve d'une autre vie, ce que J. BARBANCEY appelle la pathologie du désir et de la communication ou d'une pathologie du refoulement, que l'on retrouve ensuite chez l'adulte. Et ainsi, cette psychiatre explique divers comportements, dont l'homosexualité: "l'homosexualité est une manière pour la fille SEPIA en niant son propre sexe, de renier sa mère, et par un acte public de protection virile, de refuser les rôles féminins auxquels elle était destinée: partenaire affective et sexuelle de l'homme, mère et gouvernante du foyer". Ou encore l'anorexie mentale de l'adolescente qui refuse l'image de son corps (dysmorphophobie, hantise de grossir alors qu'elle est maigre): il s'agit d'un refus du corps qu'on désirerait diaphane, impondérable, immatériel. On pourrait continuer ainsi, mais il faudrait citer tous ces articles in extenso. Les références bibliographiques permettent â ceux qui le désirent de les retrouver et de les étudier â fond.

L'ENFANT « PLATINA » 

Certains seront étonnés de voir citer ce remède dans cette étude du comportement de l'enfant, tant est largement diffusée l'image de PLATINA correspondant à une femme à l'élégance voyante, au comportement hautain, exclusivement tracassée par le désir effréné de séduire, tourmentée essentiellement par sa sexualité d'autant plus exacerbée que non ou mal réalisée. Ce remède peut malgré tout être très utile chez l'enfant. Voici une observation de D. GRANDGEORGE (toujours tirée de L'Homéopathie exactement - T2, p.260).
 

Karina L... est une petite fillette de trois ans dont le remède de fond, SULFUR, a toujours agi rapidement, la guérissant des divers rhumes et bronchites que les hivers et la collectivité des garderies lui concoctaient. Et puis brusquement, rien ne va plus. Les bronchites traînent, une infection urinaire survient, le poids stagne, son petit minois reste pâle et cerné. Cependant, cela n'altère pas son dynamisme et sa séduction. Invité â un cocktail chez ses parents, je discute avec cinq confrères, quand, ayant remarqué que l'on forme un cercle, elle intervient avec autorité pour nous demander de faire la ronde avec elle. Puis elle se place au centre de la ronde et se met à chanter des chansons. Parents ravis - bon public - applaudissements: elle rayonne tout â coup.

"Dès que nous avons du monde, il faut qu'elle se fasse remarquer" me confie sa mère. Par ailleurs, elle est d'une grande coquetterie, choisit ses robes chaque matin, en change souvent. PLATINA 30 CH. Un mois après, nouvelle bronchite et là, de nouveau, succès instantané de SULFUR 15 CH qui marche depuis, immanquablement - l'enfant n'étant d'ailleurs presque plus malade...".
 

J. BARBANCEY propose une étude détaillée de PLATINA, avec une comparaison point par point avec SEPIA (ouvrage déjà cité, tome 2, p.128 et suivantes). En voici quelques extraits concernant l'enfant, qui est presque toujours une petite fille.
 

PLATINA est le plus souvent une petite fille blonde ou châtain, svelte, très féminine, parlant avec aisance, extravertie, qui fait la "grande", recherche les compliments et veut se faire remarquer. SEPIA est brune, "garçon manqué", sans féminité, parle peu, introvertie, cherche à passer inaperçue.
 

A l'école, PLATINA est susceptible, orgueilleuse, elle cherche "à briller". S'il s'agit d'une fille "sotte", elle se fait remarquer jusqu'au ridicule, mais si son intelligence est normale, son désir de se mettre en valeur peut l'inciter à s'en donner les moyens, en travaillant, ou en trichant. Son seul but est le succès. Dès l'enfance, la petite PLATINA veut séduire, veut se rendre intéressante, veut dominer son entourage, cherche à plaire notamment à ceux qui sont plus brillants qu'elle. Elle le fait parfois avec charme, d'autres fois avec arrogance. Les garçons la trouvent belle, les filles insupportable ou odieuse, ce qui la ravit. Par la suite, son adolescence et sa vie de femme seront caractérisées par le même comportement, opposé de celui de SEPIA.

 

PLATINA vient-elle consulter son dentiste ? La Matière Médicale donne les signes suivants: "Sensation de froid dans la bouche. Douleurs de pulsation, vrillantes, creusantes, à travers la mâchoire inférieure, surtout du côté droit, avec des sensations d'engourdissement et de froid. Sensation comme si la langue avait été brûlée, échaudée. Sensation de tiraillements dans la langue " (LATHOUD). HAHNEMANN souligne "des fissures de la langue et surtout une sensation de brûlure" (2°d dans le KENT) et décrit de nombreuses douleurs ressenties dans les dents ou au niveau de la langue. Dans le Répertoire de Kent, PLATINA est cité au l°d à "dents cariées", à "douleurs dentaires", à "bouche sèche", et au 3°d à "névralgies faciales". Les douleurs augmentent et disparaissent graduellement. Enfin, "les symptômes physiques disparaissent quand se montrent les symptômes mentaux et vice-versa" (LATHOUD).

L'ENFANT "STAPHYSAGRIA"
 

Comme de nombreux polychrestes, STAPHYSAGRIA laisse dans le cerveau de pratiquement tous les homéopathes l'image d'un sujet hypersensible, facilement coléreux, blessé par un mot maladroit, frustré sur le plan sexuel, familial ou professionnel, mais refoulant et intériorisant sa colère ou son indignation, ne la laissant paraître qu'avec ses proches, et l'exprimant souvent par différents troubles somatiques. Bref, l'image de STAPHYSAGRIA en fait le remède principal de troubles psychosomatiques (muqueuses génito-urinaires, ganglions lymphatiques, tissus osseux et dentaires, peau dont les verrues, les condylomes ou les orgelets).

 

Cette image classique, stéréotypée, mais réelle, ne se rencontre pas fréquemment chez l'enfant. Ce que J. LAMOTHE souligne très bien (L'Homéopathie exactement - T2, p.283): "En pédiatrie, si l'on cherche à prescrire STAPHYSAGRIA sur les notions classiques d'indignation refoulée, de colère rentrée, de suites de masturbation, etc..., il est évident qu'on ne le donnera que très rarement, sauf après des événements traumatisants de la vie d'un enfant et en tous cas presque jamais comme remède de fond d'un enfant présentant une maladie chronique. Or, il doit faire partie des trente principaux polychrestes infantiles...

Pourquoi est-il difficile de mettre en évidence l'indication de ce médicament chez un enfant ? Une première explication provient sans doute du fait que les troubles somatiques de STAPHYSAGRIA résultent d'un autocontrôle des indignations, plus facile chez un adulte que chez un enfant qui n'en a pas forcément une conscience complète. Ainsi, on peut distinguer un comportement différent de l'enfant selon son âge: le tout petit, de moins de 3-4 ans, n'intériorise pas, il exprime directement et "sans se masturber la cervelle" ses colères ou son mécontentement: il est irritable, agressif, coléreux, grognon, pleureur ou hurleur, capricieux, hypersensible et volontiers spasmodique (colique spasmodique). L'enfant plus grand peut déjà se contrôler et c'est alors qu'on aura une double image de son comportement: doux, obéissant, sage avec des étrangers, à l'école par exemple ou au cabinet dentaire malgré sa peur des soins, mais odieux, coléreux ou agressif lorsqu'il est chez lui avec ses proches. Enfant modèle, sage comme une image a l'école, il matérialise cependant ses colères déjà contrôlées en rougissant facilement, en fondant en larmes apparemment sans raison, par une timidité un peu excessive. Et au fur et â mesure que l'enfant grandit, vont se préciser les signes psychiques classiques: hypersensibilité, susceptibilité, indignation, refoulement, préoccupations sexuelles, sentiment d'injustice, etc..., mais avec un contrôle de plus en plus maîtrisé et des signes somatiques plus avérés.

Lorsqu'on parcourt les différents chapitres sur le psychisme dans le Répertoire de KENT, on trouve en vrac les signes suivants: affectueux, attaché â sa maison, timide, tranquille, irritable, rougit facilement, peu enclin à parler, pleurnichard sans raison, pensif, capricieux, envieux, jaloux, orgueilleux, ne supporte pas la consolation, aime la solitude, coléreux (jette, casse les objets), anxieux, triste, difficultés de concentration, confusion... 

Alors comment comprendre l'enfant STAPHYSAGRIA ?

Les élèves de R. ZISSU, ou même les lecteurs de sa MMHC, n'ont pas de difficultés. L'enfant STAPHYSAGRIA est malingre, irritable, capricieux, instable et présente divers troubles: adénites indurées, hypertrophie des amygdales, éruptions torpides récidivantes, croûteuses, suintantes ou prurigineuses, douleurs abdominales, vers intestinaux, etc... C'est que, sans doute pour des raisons héréditaires, puis par suite de son mode de vie, cet enfant réagit préférentiellement sur les modes tuberculinique ET luétique. Conjonction diathésique que nous avons personnellement maintes fois déplorée pour la minéralisation des dents, expliquant ainsi les signes dentaires si souvent décrits dans toutes les matières médicales (sauf dans celle de KENT !, mais il y a plus de deux pages de signes bucco-dentaires dans celle de HAHNEMANN): "Les dents noircissent ou sont striées de noir; elles ne peuvent être tenues blanches; elles tombent en morceaux, elles se carient sur leur bord"...On décrit aussi de nombreuses douleurs ressenties dans les dents saines ou cariées (après le repas, au contact des aliments mais non au cours de la mastication, < par les boissons froides ou par un courant d'air froid...Sialorrhée, gencives spongieuses, saignant facilement, ulcérations, gonflement des sous-maxillaires...(LATHOUD). La précocité de l'attaque carieuse, l'effritement des bords ou des collets (émail) expriment bien la conjonction bi-diathésique. Et cet aspect de la carie est bien différent de celui de l'adulte frustré: carie avec dentine noire et dure, â évolution très lente, sans signe pulpaire. Sans oublier que sur ce fond tuberculino-luétique, viennent s'ajouter les conséquences des causes typiquement sycotiques: vaccinations, médicaments chimiques répétés lors de troubles infectieux (O.R.L. notamment du fait de la sensibilité au froid et des hypertrophies ganglionnaires).
 
             Dans un tel contexte, il est naturel que le praticien soit souvent embarrassé et ne retrouve pas d'emblée l'indication de STAPHYSAGRIA. J. LAMOTHE dit: "Il s'agit d'un remède difficile à voir car ces clients sont parmi ceux qui cachent le mieux leur jeu". Quels sont les médicaments qui apparaissent ? Selon la tendance diathésique, tantôt des remèdes tuberculiniques = NATRUM MURIATICUM, SILICEA - tantôt des remèdes luétiques = MERCURIUS, MEZEREUM, PHYTOLACCA ou LUESINUM. Et en guise de conclusion pour ce médicament, voici une observation proposée par J. LAMOTHE qui montre que STAPHYSAGRIA sait se dissimuler, laisse volontiers apparaître d'autres facettes de son "polyèdre réactionnel":
 

"Adeline, 7 ans, a une longue histoire d'insuccès thérapeutiques. Eczéma apparu â 4 mois, > par un traitement homéopathique pluraliste.

Urticaire généralisée évoluant par poussées épisodiques à partir de deux ans et demi, ayant également disparu après un traitement pluraliste. A 3 ans, début des rhinos, sinusites, bronchites, en hiver: SULFUR, PULSATILLA, MEDORRHINUM ? A cinq ans et demi: zona. Apparition de bronchites asthmatiformes à 6 ans, cinq jours après la naissance de son frère, un mois après le B.C.G.. Amélioration psychique et somatique par PULSATILLA.

Trois mois après: rougeole, ayant bien évolué avec ARSENICUM. Six mois après: réapparition de l'asthme bronchique, pour cette fois-ci toujours sensible â ARSENICUM en aigu, mais PULSATILLA donné à toutes les dilutions ne donne plus rien!

A 7 ans: STAPHYSAGRIA a été trouvé lors d'une consultation: fille coquette, très gentille, très raisonnable, très bon travail scolaire, très réservée: parle toujours très peu au cabinet. Elle semble PULSATILLA, mais en fait on me rapporte qu'elle est au fond très susceptible et boudeuse, ce qui n'avait jamais été dit: elle avait paru améliorée psychiquement par la naissance de son frère car elle supportait mal la solitude. En fait, elle était secrètement jalouse et un peu écrasée par ce "petit roitelet" bruyant et audacieux. On me rapporte aussi que l'été dernier, en vacances, elle avait été très jalouse d'une de ses amies. L'enfant est d'ailleurs un peu trop raisonnable, elle obéit par crainte, elle s'occupe du bébé par devoir: sa mère est une femme autoritaire, directrice du personnel dans une entreprise, jusqu'au jour où elle a eu un fils: elle est devenue alors une femme très douce. L'enfant me donne l'impression d'être incomprise par ses parents et de se taire en permanence. STAPHYSAGRIA, une dose en 10.000, a arrêté son asthme qui commençait à devenir chronique: d'abord il a laissé place à une bronchite grasse, non asthmatiforme, puis une autre dose trois semaines après a fait disparaître cette bronchite...Nous avions par ailleurs une profonde amélioration psychique qui se lisait dans le regard d'Adeline: elle semblait moins "coincée", plus épanouie. Nous avons alors conseillé à la famille quelques entretiens avec un psychothérapeute...Cela n'a provoqué que le départ définitif de ces clients, que le conseil a rebuté...Il est des cas où la parole doit dénouer ce qui a été noué par elle". Il est dommage que ce pédiatre ne dise pas un mot de l'état de la denture de cette petite fille. 

 

EN CONCLUSION

 

A travers les quelques cas et remèdes vus dans cette étude, on peut mesurer l'intérêt que revêt le comportement d'un enfant au cabinet dentaire. Le chirurgien-dentiste "homéopathe" peut deviner, â travers le remède qu'indique ce comportement, les conséquences éventuelles sur la bouche et les dents, proposer chaque fois que possible des mesures de prévention.

 

C. GARCIA

 

 

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Dernière modification : 13 novembre 2011